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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Avoir une fille par Ellie

[12 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Songfic sur Avoir une fille, écrit par Gérard Presgurvic pour la comédie musicale Roméo & Juliette.

Note de chapitre:

Merci à Ouistiti pour la relecture !
Avoir une fille
Une petite opale
Des yeux qui brillent
Une peau si pâle


— C’est… une fille ? souffla Ron, ému.
— Une magnifique petite fille, répondit la Médicomage, tout sourire.

Elle s’approcha du lit et déposa un petit paquet dans les bras d’Hermione. Ron déposa un baiser sur le front en sueur de sa femme, sans néanmoins quitter le paquet – sa fille – des yeux. Il tendit les bras, hésita, et tourna vers Hermione des yeux incertains.

— Je peux ?

Elle laissa échapper un rire où pointait l’épuisement de vingt heures de travail. Elle hocha la tête, puis déposa doucement le paquet dans les bras tendus de son mari. Incertain pendant un instant, Ron finit par serrer la petite chose contre sa poitrine, sentant quelque chose qui se situait entre l’amour, la fierté, la tendresse et l’envie de courir à travers l’hôpital en hurlant qu’il avait une fille jusqu’à ce que même les patients dans le coma le sachent, l’envahir.

Il dévorait le minuscule visage de sa fille des yeux, comme s’il s’était agi d’une pierre précieuse. Non, une pierre précieuse aurait eu moins de valeur que ce qu’il tenait dans ses bras. Un compte à Gringotts rempli de pierres précieuses aurait valu moins.

À ce moment, elle ouvrit les yeux et son regard se posa sur le visage de son père pour la première fois de sa vie. Ron sourit, retenant à grand-peine les larmes qui menaçaient de s’échapper de ses yeux.

— Elle a tes yeux, murmura-t-il à l’intention d’Hermione, qui les regardait avec un sourire attendri. Brillants, comme toi quand tu apprends quelque chose de nouveau.

La Médicomage s’était à nouveau approchée du lit, un formulaire à la main.

— A-t-elle un prénom ?

Les regards des nouveaux parents se rencontrèrent. Ils n’avaient pas réussi à se décider et étaient arrivés à l’hôpital, la veille, avec une liste de cinq prénoms de fille et huit de garçon. Le regard d’Hermione disait à Ron de choisir. Il regarda la petite. Ses lèvres roses, posées sur une peau pâle. Un prénom s’imposait.

— Rose, dit-il. Elle s’appelle Rose.

Avoir une fille
C'est faire une femme
Une petite virtuose
Avant ses gammes


Appuyé au chambranle de la porte de la chambre de son fils, Ron regardait Rose, du haut de ses quatre ans, lire une histoire à son petit frère. De son petit lit, Hugo, dix-huit mois, buvait les paroles de sa sœur adorée, tentant bravement de garder les yeux ouverts assez longtemps pour entendre la fin du conte.

— Et paf ! lisait Rose de sa voix enfantine. Le vi… vieillard assomme l’archer. C’était Robin, bien sûr. Et Petit-Jean le suit. Les voici dans le chaton… non, le château !

Ron se mordit la lèvre pour retenir un rire. Assise comme ça, le dos droit et les jambes pliées sous elle, Rose ressemblait tellement à Hermione. Une version minuscule et rousse d’Hermione. Une bouffée d’affection envahit Ron. Un jour, cette petite chose serait une femme.

Il espérait quand même que ce jour n’arrive pas trop vite.

— Tout doucement, sans faire de… bruit, Robin met au point une sorte de té… téli… télé…

Ron s’approcha à pas de loup et jeta un coup d’œil par-dessus l’épaule de Rose.

— Téléphérique, chuchota-t-il, sans savoir ce que le mot voulait dire.

Il s’assit dans un coin de la chambre, attendant que Rose finisse, même si Hugo était endormi depuis déjà plusieurs minutes. Hermione avait transmis à sa fille son amour de la lecture et Ron savait à quel point il était hasardeux de l’interrompre. Elle avait déjà commencé à copier le regard « laisse-moi tranquille ! » de sa mère.

Dans quelques semaines, Rose commencerait l’école primaire. Hermione avait insisté pour l’y inscrire, disant qu’une fois qu’elle serait entrée à Poudlard, elle n’aurait presque aucun contact avec le monde moldu, et elle voulait que sa fille connaisse l’univers de sa famille maternelle. Bien sûr, Hermione étant Hermione, elle avait déjà appris à Rose à lire, autant des contes moldus que sorciers, à compter jusqu’à cent et même à écrire les prénoms des membres de sa famille – ce qui, connaissant l’étendue de la famille Weasley, était un exploit conséquent.

Quand Rose finit le conte et le replaça dans la bibliothèque, Ron alla la prendre dans ses bras et lui déposa un baiser sur la tête.

Ron Weasley était un homme comblé : sa femme était la sorcière la plus brillante de Poudlard, et Rose serait bientôt la fillette la plus brillante de l’école primaire moldue du village.

Avoir une fille
Un cœur de sable
Cadeau de Dieu
Cadeau du diable


— Je te déteste, papa !

Ron regarda avec des yeux ébahis sa fille de neuf ans monter l’escalier en faisant autant de bruit qu’un troupeau d’éléphants, l’entendit entrer dans sa chambre et claquer la porte si fort qu’un des tableaux accrochés au mur du corridor tomba. Hermione sortit de la cuisine, s’essuyant les mains sur une serviette.

— Qu’est-ce qui se passe encore ?
— Je n’en sais trop rien…

Hermione soupira, s’assit sur le fauteuil du salon et tapota le coussin voisin pour que son mari vienne la rejoindre.

— Explique-moi tout.
— Eh bien, elle est revenue toute triste de l’école, alors je lui ai demandé ce qui n’allait pas, et elle m’a raconté que son amie Mélanie ne l’avait pas invitée à son anniversaire, et qu’elle voulait vraiment y aller parce qu’il serait sur le thème de princesses, et qu’elle avait déjà acheté sa robe, et que toutes ses amies y allaient, et qu’elle était très triste.

Hermione hochait la tête d’un air entendu, comme si elle comprenait déjà tout.

— Et qu’est-ce que tu lui as dit ?
— Je lui ai fait un câlin et je lui ai dit qu’elle pourrait mettre la robe pour Halloween. Et puis…

Ron fit un geste vers l’escalier, d’où sa fille n’était toujours pas redescendue. Hermione secouait la tête avec un petit sourire.

— Quoi, quoi ? demanda Ron. Qu’est-ce que j’ai fait de mal ?
— Ce n’est pas juste la robe, le problème, explique patiemment sa femme. Elle ne veut pas la porter pour Halloween : elle voulait la porter avec ses amies à l’anniversaire de Mélanie.
— Alors maintenant je fais quoi ?

Hermione haussa une épaule.

— Attends qu’elle se calme. Et ne lui reparle plus jamais de cette robe.

Ron jeta ses deux bras dans les airs.

— J’y comprendrai jamais rien aux femmes !

Avoir une fille
C'est faire un crime
Où le coupable est la victime
Avoir une fille


— ELLE A QUOI ?!

Dans le feu vert de la cheminée du bureau de Ron, Hermione leva les yeux au ciel.

— Elle a été répartie à Serpentard, Ron.
— Mais… je… elle…
— Ron, c’est pas un drame !
— Mais oui !

Ron se passa une main sur le visage.

— Tu te rends compte ? A Serpentard, ma fille à Serpentard…

Il se figea, frappé par une soudaine pensée effroyable.

— Elle est avec Malefoy ! Oh non…
— Ron…
— Si Malefoy corrompait son cerveau avec les bêtises de sa famille ?
— Ron !
— Ou pire, s’ils devenaient amis !
— RON !

Abasourdi, le roux cligna des yeux et regarda sa femme. Hermione le fixait encore d’un air plus amusé qu’exaspéré.

— Scorpius est à Gryffondor.
— Scorp… Gryff…, bégaya Ron. Mais c’est le monde à l’envers !

Ron se frotta les tempes, comme s’il était assailli par un mal de tête – ce qui serait sans doute le cas quand Hermione lui dirait, ce soir-là, que Rose et Scorpius avaient entamé une amitié qui durerait toute leur scolarité.

— Bon, dit Hermione, le tirant de ses lamentations. Je te laisse songer aux façons de renier ta fille tout seul, je dois retourner travailler moi. À ce soir, Ron !

Lui laissant à peine le temps de lui souhaiter un bon après-midi, elle disparut des flammes. Presque au même moment, quelques coups se firent entendre à la porte entrebâillée et la tête de Harry fit son apparition.

— Ron ? demanda-t-il en fronçant les sourcils. Je t’ai entendu crier de mon bureau, ça va ?
— Rose est à Serpentard, dit-il du même ton de voix qu’il aurait employé pour annoncer son décès.

Harry éclata de rire. Il resta un long moment appuyé contre la porte, plié en deux par le fou rire, des larmes d’amusement perlant au coin des yeux, jusqu’à ce que Ron se lève, le visage rouge d’énervement. Il bouscula son ami en sortant du bureau.

— C’est ça, moque-toi, grommela-t-il. Les tiens sont à Gryffondor, mais attends, il reste encore Lily.

Elle est ma vie, elle est mon sang
Elle est le fruit de mes vingt ans
Et je maudis tous ses amants
Elle est ma vie, elle est mon sang
Et je maudis tous ses amants


Ron se leva en entendant la porte d’entrée de leur maison s’ouvrir. Hermione rentrait de sa journée au Chemin de Traverse. Il s’approcha d’elle pour l’embrasser et la débarrassa des livres qu’elle tenait dans ses bras, faute de place dans ses sacs. En les déposant sur la table de cuisine, il s’empara du petit ouvrage qui trônait sur la pile. « 101 sortilèges pour bien se coiffer ».

— Chérie ? demanda-t-il et lui montrant le livre. Tu ne l’as pas déjà, celui-là ?
— C’est pour Rosie, répondit-elle en rangeant les ingrédients à potion qu’elle avait achetés. C’est bientôt son anniversaire, tu te souviens ?
— Oui oui, bien sûr ! Mais pourquoi a-t-elle besoin d’un livre pour apprends à se coiffer ?

Hermione se tourna vers son mari en levant les yeux au ciel.

— Elle va avoir quatorze ans, Ron. Et elle a hérité de mes cheveux.
— Bah je les aime vos cheveux, moi…
— Elle va à Pré-au-Lard avec son copain la semaine après son anniversaire. Je suis sûre que Lily et elle vont se faire un plaisir de chercher une –
— Copain ? Tu as bien dit copain ?

Hermione se mordit la lèvre, comme si elle avait trop dit, puis hocha la tête.

— Depuis quand Rosie a un copain ? Pourquoi elle m’en a rien dit ?
— Eh bien, c’est –
— Et puis elle est bien trop jeune pour avoir un copain ! C’est quoi cette histoire !
— Ginny était plus jeune que ça quand elle a commencé à sortir avec Colin. Et Harry n’avait qu’un an de plus, avec Cho.
— Oui mais… tu… elle…

Exaspéré, Ron vira sur ses talons et partit en direction de la bibliothèque. Peut-être trouverait-il un livre sur le vaudou qui l’aiderait à se débarrasser de ce prétendant. Lui et tous les suivants, d’ailleurs.

Avoir une fille, c'est trembler de peur
Qu'elle se maquille pour un menteur


Salut papa !

Tu voulais le résultat de la finale de Quidditch, alors voici : Gryffondor a gagné contre Serpentard, 140 à 110. Tu devrais être content, c’est ta maison qui a gagné ! Lily est super déçue, surtout que James et Albus se font un malin plaisir de se moquer d’elle. Ils sont pas très gentils, mes cousins ! Hugo a même daigné sortir de la bibliothèque pour regarder le match avec nous, c’est dire !


Avec un grand sourire, Ron appela vers la cuisine :

— Hermione ! Gryffondor a gagné la coupe de Quidditch !
— Je m’en fiche, Ron ! répondit-elle. Ta fille est à Serpentard et ton fils n’aime pas le Quidditch !

Grommelant, Ron retourna à sa lecture.

Vendredi, Gryffondor va faire une grosse fête dans sa salle commune pour célébrer la coupe. Scorpius m’y a invitée. Je vais devoir sortir de la salle commune sans que Lily me voie, sinon elle va m’assassiner. Scorp a essayé de l’inviter aussi, mais elle est devenue toute rouge et est sortie de la salle en claquant la porte.

Je sais que tu n’approuves pas de notre amitié à Scorp et moi (je souligne parce que tu ne sembles pas comprendre que c’est tout ce qu’il y a entre nous) mais je le répète, il n’est pas comme son père ! Même James et Albus l’aiment bien, alors t’en fais pas, il va pas me tuer dans mon sommeil. De toute façon, j’ai mes cousins et mon frère pour me surveiller – pas que j’en aie besoin, je te rappelle que j’ai quatorze ans – mais tu peux dormir en paix.

Je dois aller me préparer, je rencontre Albus pour préparer notre devoir de Métamorphoses. On se revoit bientôt !
Je t’aime,
Ta Rosie


Ron posa la lettre devant lui et s’affaissa sur le fauteuil, une main posée sur ses yeux fermés. Hermione sortit de la cuisine.

—Ça va pas ?
— J’ai pas envie d’être grand-père d’un petit Malefoy, moi !

Avoir une fille, c'est plus jamais
Traiter les femmes comme je l'ai fait
Avoir une fille


Ron avait pris son après-midi de congé pour attendre ses enfants à la gare avec Hermione. Rose finissait aujourd’hui sa cinquième année, et Hugo sa troisième. Les trois années précédentes, Ron avait dû travailler les jours où ses enfants revenaient à la maison, et donc quand il rentrait pour souper, les deux rouspétaient quand il leur demandait de tout lui raconter. « Mais on l’a déjà dit à maman. » Cette année, il était décidé à ne rien rater.

Le grand train rouge s’arrêta dans la gare et des élèves commencèrent immédiatement à en sortir, se matérialisant entre les volutes de fumée pour faire leurs adieux à leurs amis et retrouver leurs parents.

— C’est fou qu’ils n’aient pas encore changé le Poudlard Express, fit Ron. Avec tous les nouveaux trains rutilants côté moldu, ils auraient pu moderniser un peu.

Hermione se tourna pour le regarder, l’air prête à lui servir un discours sur l’origine du Poudlard Express, mais heureusement, à ce moment, il vit Rose se diriger vers eux. Il ouvrit grand les bras.

— Rosie, ma chérie, viens me donner un gros câlin !

Mais sa fille continue à avancer tout droit, le visage baissé et le pas rapide. Confus, Ron se tourna vers sa femme.

— Je sens mauvais ?

Hugo arriva à son tour, la cage du chat que lui avait acheté Hermione pour son anniversaire précédent – pas un descendant de Pattenrond, une chance ! – sous le bras.

— Qu’est-ce qui se passe avec ta sœur ? demanda Hermione après l’avoir embrassé.
— Oh, c’est Paul, il sort avec Marion, et elle vient de les voir s’échanger un peu de salive, dit-il, balayant du revers de la main la vie amoureuse de Rose.

Paul était le garçon, aussi de Serpentard, de qui Rose était amoureuse depuis au moins la fin de sa troisième année. Elle parlait de lui dans presque toutes ses lettres. Hermione et Ron savaient bien que, comme toute adolescente, Rose croyait que personne autour d’elle ne s’était rendu compte de ses sentiments, mais tout le monde de la famille l’avait deviné.

Ron plissa les yeux et se tourna vers les élèves qui sortaient du train. Il n’avait aucune idée de ce à quoi ressemblait Paul – ni Marion, d’ailleurs – mais il envoya un regard méchant à tous les jeunes couples qui s’embrassaient, pour bonne mesure. Ce n’est qu’en se retournant pour prendre le chariot sur lequel Hugo avait posé sa malle qu’il vit Hermione. Sa femme le regardait d’un air mi-amusé, mi-exaspéré, et il eut soudain le souvenir d’oiseaux, de beaucoup de petits oiseaux, qui l’attaquaient, Lavande et lui, lors de leur sixième année… Il sentit le rouge lui monter aux joues.

— Oui, c’est bon, j’ai compris, grommela-t-il en poussant le chariot, sous les rires d’Hermione.

Je hais les hommes et leurs regards
Je sais leurs ruses et leurs victoires


Assis au soleil devant chez Florian Fortarôme, Ron grignotait sa glace au chocolat en attendant sa fille. Rose entrerait la semaine prochaine en dernière année à Poudlard, et elle avait accepté de passer un moment en compagnie de son vieux père sur le Chemin de Traverse, entre ses achats scolaires avec ses amis.

Il avait presque terminé son cornet quand elle arriva finalement sur la terrasse, les bras emplis de paquets. Ses longs cheveux roux étaient remontés en une queue de cheval folle et sa courte robe d’été blanche mettait en valeur ses longues jambes fines légèrement bronzées par les trois semaines qu’elle venait de passer à la plage en France avec la famille de Lola Quincey, sa meilleure amie.

Il lui fit un clin d’œil et lui indiqua la chaise qui lui faisait face, où un verre de thé glacé froid – sa boisson estivale préférée – l’attendait déjà. Elle laissa irrévérencieusement tomber tous ses paquets et se pencha pour embrasser son père sur la joue.

— Salut papa ! Tu m’excuses quelques minutes, je vais faire un petit saut à la salle de bains ?

Ron hocha la tête et la regarda se diriger vers la porte, réprimant un soupir. Il avait l’impression que même pas une semaine auparavant, sa petite Rose lui grimpait sur les genoux, réclamant un baiser avant de se coucher. Et maintenant, regardez-la, une femme, grande, belle, intelligente.

Un sifflement admiratif lui fit tourner la tête. À une table dans le coin de la terrasse, deux garçons d’une vingtaine d’années regardaient Rose s’éloigner avec un regard qui était loin de l’affection paternelle de Ron. Elle n’avait pas entendu le sifflement ni vu les regards lubriques que les deux lascars avaient fixés sur une certaine partie de son anatomie. Ron plissa les yeux et se leva, traversant la terrasse en quelques pas et se plaçant entre leur table et la porte, les bras croisés sur la poitrine.

— Vous voulez une photo, peut-être ?

Il vit leurs regards passer de sa fille à lui puis, notant la ressemblance, s’emplir de gêne.

— Pardon, monsieur, nous ne voulions rien de mal…

Ron haussa un sourcil. Il connaissait les garçons de cet âge. Il avait été un garçon de cet âge. Il ne pouvait que trop bien imaginer ce qui leur avait passé par la tête en admirant le postérieur de sa fille.

Et quand viendra le jour où l'un d'eux
Me prendra ma fille en m'appelant monsieur
Alors ce jour et pour toujours
Je fermerai à double tour
Mon cœur et je deviendrai sourd


Quand Ron ouvrit la porte de la maison le soir en rentrant du bureau, il fut étonné d’entendre des voix provenant du salon. Hermione et lui n’attendaient pas de visite en ce mercredi soir, pourtant. Il posa ses clés et sa serviette et entra dans le salon en enlevant son manteau. Sur le fauteuil, sa femme était assise avec un jeune homme de dos. Celui-ci se leva à l'arrivée de Ron et se tourna vers lui.

— Bonjour, monsieur Weasley, dit-il en lui serrant la main. J’espère que je ne vous dérange pas, j’ai quelque chose à vous demander et madame Weasley m’a gentiment invité. Ça ne devrait pas prendre longtemps.
— Je t’ai dit de m’appeler Hermione, Nathan ! le reprit gentiment Hermione.

Nathan était le petit ami de Rose. Ils s’étaient rencontrés à Sainte-Mangouste deux ans auparavant, Nathan était l’infirmier qui assistait Rose lors de l’opération qu’elle réalisait pour obtenir son grade de Médicomage. Il l’avait invitée à prendre un verre pour célébrer le soir même, et ils ne s’étaient pas quittés depuis.

Ron sourit en disant à Nathan qu’il était le bienvenu. Il avait toujours bien aimé Nathan. Plus que le rejeton Malefoy que Rose avait vu quelque temps à la fin de sa scolarité, en tout cas. Ils se rassirent, Hermione et Nathan sur le fauteuil et Ron sur sa chaise préférée. Le sourire en coin d’Hermione laissait croire qu’elle savait déjà ce que Nathan venait faire, mais Ron regardait le jeune homme se triturer les mains avec un air interrogateur sur le visage.

— Bon, dit soudain Nathan après près d’une minute de silence. J’imagine qu’il n’y a qu’une façon de dire ça. Ce samedi, Rose et moi fêtons nos deux ans de vie de couple. J’ai l’intention de la demander en mariage. J’ai déjà acheté la bague et tout. Je sais qu’il n’est plus requis de demander la permission aux parents de la fiancée, mais j’ai grandi dans une famille qui tenait beaucoup aux traditions et j’aimerais beaucoup avoir votre approbation avant de demander la main de votre fille.

Il avait récité tout son discours d’une traite, comme s’il avait peur d’être interrompu, et sans quitter ses mains des yeux. Ron avait graduellement perdu son sourire. Il n’avait compris qu’une chose du discours du jeune homme : il voulait lui voler sa fille adorée.

Hermione tourna un grand sourire vers son mari, expression de joie qui se transforma en regard meurtrier quand elle vit l’expression de celui-ci. Ron lui adressa un coup d’œil lui laissant les rennes de la conversation. Il entendit à peine Hermione donner son accord à Nathan, et lui demander avec un intérêt non feint où, quand et comment il allait faire sa demande. Il ne vit pas non plus les yeux étincelants que sa femme tournait vers lui, se remémorant sans doute sa demande à mariage à lui, le lendemain du mariage de Ginny et Harry. Ça avait été fait impulsivement, après près de trois ans de séparation. Il n’avait même pas de bague.

Une vingtaine de minutes plus tard, Nathan se leva pour les laisser. Hermione prit son futur gendre dans ses bras, les yeux un peu plus humides que d’habitude, et Ron lui serra la main, toujours sans entendre ce qu’on lui disait. La seule chose qui lui envahissait l’esprit était qu’il allait perdre sa petite Rose. Il ne remarqua pas le regard étrange que lui adressa le jeune homme en remettant son manteau.

Quand la porte se referma derrière leur jeune invité, Hermione prit le bras de son mari et posa la tête sur son épaule.

— C’est si charmant, notre petite Rose va se marier, je suis heureuse, Ron, pas toi ? dit Hermione. Ron ?

Ron fusillait la porte du regard sans écouter un mot de ce que disait sa femme.

— Je ne lui fais pas confiance, à ce Nathan. Qui dit qu’il pourra s’occuper adéquatement de ma Rose ?

Hermione leva les yeux au ciel et partit vers la cuisine, marmonnant quelque chose sur son mari, la tête de mule.

Avoir une fille c'est continuer à espérer
Et croire encore que quand viendra le jour de ma mort
Elle portera tout au fond de son corps
Cette étincelle de celui ou celle qui à son tour
Et par amour viendra crier le cœur si lourd


— Tu vois le monsieur là derrière maman, Suzy chérie ? C’est grand-papa.

Rose s’arrêta sur la dernière marche de l’escalier et observa son mari et sa fille dans le salon. Nathan montrait une photo à leur fille de dix-huit mois. Sur celle-ci, on voyait Rose, Nathan, Hermione et Ron, le jour où Rose avait annoncé sa grossesse à ses parents. Ron souriait de toutes ses dents et agitait la main frénétiquement vers l’appareil.

— Gand-papa ! répondit Suzy en tendant ses mains potelées vers l’image. Gand-mama !
— Oui, c’est grand-maman, rit doucement Nathan.

Rose passa ses deux mains sur ses cuisses, effaçant des plis invisibles dans sa robe noire, et se racla la gorge pour annoncer sa présence. Nathan se tourna vers elle et elle s’efforça d’afficher un sourire.

— Vous êtes prêts ?

Nathan posa un baiser sur le haut de la tête de Suzy et se leva, la hissant dans ses bras. Il tendit un bras vers Rose et lui serra la main quand elle prit la sienne.

— Ça va aller ma belle ?lui chuchota-t-il dans l’oreille.

Rose hocha la tête, ne faisant pas confiance à sa voix de pouvoir contourner la grosse boule qui s’était formée dans sa gorge. Elle prit Suzy des bras de son mari, sans lâcher la main de celui-ci, et hocha la tête pour signaler qu’elles étaient prêtes. Nathan prit l’invitation à l’enterrement de Ron Weasley qui était posée sur la table basse, visualisa une dernière fois l’endroit où il allait, et la petite famille transplana vers le centre funéraire d’Ottery-Saint-Catchpole.

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