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De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


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A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


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De L'équipe des Podiums le 01/11/2022 19:00


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De L'équipe de modération le 23/10/2022 17:22


126ème Nuit d'HPF


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De L'équipe des Nuits le 16/10/2022 11:07


Severus et la rose blanche. par bellatrix92 New!

[432 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

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Note d'auteur :

Voici la première romance que j'ai écrite sur l'univers hp.

 

commencée en 2012, achevée en 2020, elle est en cours de réécriture et j'en suis actuellement et c'est pour cela qu'elle rappelera peut-être des souvenirs à certains!

 

Bonne lecture!

Note de chapitre:

Salut à tous, 

bienvenue sur ma première romance qui subit, courant 2020 et 2021, un sérieux coup de plumeau pour la débarrasser du plus de fautes et maladresses possibles.

Ainsi, n'hésitez pas à me faire des remarques en ce sens et je remercie toutes les personnes qui, depuis 2012 (quand-même!), ont pris le temps de me laisser des commentaires constructifs. Ceux-ci sont toujours les bienvenus même s'ils doivent être négatifs!! 

Bonne lecture!

 

La ligne Londres/Pré-au-lard, contrairement à ce que croyait la plupart des élèves, ne fonctionnait pas uniquement pour desservir Poudlard le jour de la rentrée scolaire.

En réalité, elle faisait partie d'un vaste réseau de transport européen et les trains s'y succédaient plusieurs fois par jour, transportant à travers la Grande Bretagne bon nombre de voyageurs qui, pour une raison ou pour une autre, n'avaient pas d'autre moyen de transport: cracmols, familles avec de jeunes enfants, sorciers trop malades ou trop âgés pour pouvoir transplanner ou emprunter sans risque les réseaux de cheminette, voyageurs internationaux, simples touristes européens peu pressés... ou même moldus vivant dans les villages de sorciers comme Godric's Hollow...

Tout cela faisait du monde sur la voie 9 3/4. La ligne magique était ainsi un moyen de transport prisé, surtout par certaines personnes marginales au sein du monde magique. Elle comportait donc plusieurs arrêts à travers tout le pays et le train mettait une petite journée pour traverser la Grande-Bretagne du Nord au Sud.

 

Originaire des Cotswolds mais vivant à Bristol, Gilda Marty prit le train à Oxford sur les coups de neuf heure et s‘installa dans la dernière voiture avec ses deux enfants. Tous les trois avaient du se lever tôt bien qu'ils aient soigneusement préparé leur valise la veille et ils pouvaient remercier leur voisine de les avoir menés à bon port dans les temps.

- Le train est presque vide, souffla Gilda avec soulagement tout en indiquant à Sebastian, son fils aîné de sept ans, un compartiment inoccupé.

 

Elle s'installa après avoir détaché Moon de son cosy. Comme d'habitude, la petite fille bougonna un peu mais, lorsque le train se mit en mouvement et qu'elle fut calée dans les bras de sa mère, elle se blottit contre elle et ne tarda pas à somnoler.

Gilda sourit tout en observant Sebastian qui venait de sortir un coloriage de son sac, puis elle se renfonça confortablement sur la banquette pour prendre un peu de repos.

 

Elle pouvait voir en face d'elle son visage aussi parfaitement ovale qu'un œuf qui se reflétait dans la vitre sombre du compartiment, fin et délicat comme son cou, constellé de taches de rousseur avec des pommettes un peu marquées, et encadré par une courte mais épaisse chevelure brun foncé.

Gilda avait aussi un petit nez en pointe, une bouche coquette et de grands yeux couleur taupe.

Cependant, pour l'heure ils étaient mi-clos et soulignés de cernes, signe d'une ou deux nuits passées à ruminer de sombres pensées. Elle était plutôt jolie mais tout dans son allure annonçait une femme encore jeune mais déjà fatiguée par la vie, quand bien même elle tentait de faire front et ne pas se laisser dominer par la déprime, un combat de tous les instants.

 

En soi, cela n'avait rien d'étonnant, car bien qu'elle n'ait que trente-trois ans, Gilda Marty était veuve depuis un an et demi à présent. Et depuis la mort subite de son mari qu'un infarctus aussi brutal qu'inexpliqué avait emporté durant son sommeil, elle avait beaucoup de peine à jongler entre son travail de femme de ménage et ses deux enfants.

 

 

Le train resta presque vide jusqu'à la gare de Londres où il s'anima assez brusquement. Gilda n'en fut pas étonnée, c'était chaque fois la même chose et l'arrêt à la Gare de King's Cross était toujours beaucoup plus long que les autres.

Tout d'abord, et dès l'arrêt du train, deux gobelins montèrent à bord est s'installèrent à quelques compartiments du leur. Sebastian et Moon qui n'en avaient encore jamais vus ouvrirent de grands yeux étonnés et un peu effrayés qui la mirent dans l'embarras.Puis deux sorcières vraisemblablement françaises grimpèrent péniblement sur le marchepied, chacune tirant avec difficulté une lourde valise et Gilda en déduisit qu'il s'agissait probablement de Cracmoles, à moins qu'elles ne soient tout simplement en attente de leurs autorisations du ministère pour pratiquer la magie. La seconde était d'ailleurs peut-être mineure.

Enfin, elle reconnut deux personnes âgées qu'elle identifia sans peine comme des moldus de Godric's Hollow et qu'elle salua avec un sourire.

Comme souvent, elle était incapable de dire où, mais elle était certaine de les avoir déjà rencontrés et elle était sûre que cela s'était révélé positif. Par contre, elle aurait été bien incapable de dire pour quelle raison ils prenaient le train dans ce sens, leur village se trouvant cent kilomètres à l'Ouest de Londres. Mais peut-être se rendaient-ils dans le Nord, comme elle.

 

Gilda et ses enfants prenaient en effet le train jusqu'à Pré-au-lard. Ils en avaient donc pour la journée et, alors que le train s'ébranlait une nouvelle fois, elle songea que cela risquait d'être bien long pour eux. Toutefois, Sebastian et Moon s'endormirent juste après le repas de midi qu'ils prirent une heure après avoir passé Londres.

Eux aussi étaient fatigués par les dernières semaines qui s'étaient révélées éprouvantes.

 

Sebastian en particulier avait eu du mal à encaisser la nouvelle en apprenant qu'il allait devoir quitter son école. C'était un petit garçon qui avait toujours été scolaire, posé et réfléchi, et qui détestait les changements brutaux. Il était extrêmement sensible au stress.

Depuis le début du trajet, Gilda pouvait lire dans le regard de son fils la même anxiété qu'au moment où ils avaient quitté leur appartement de Bristol, et se demandait ce qui pouvait tant l'effrayer, lui qui d'habitude ne semblait pas craindre l'inconnu pour peu qu'on le prépare à l'affronter.

Malheureusement elle peinait à le comprendre, en effet Sebastian n'avait pas dit un mot depuis la mort de Yannick et avait une très forte tendance à se refermer sur lui-même.

Aucun médecin moldu, ou même sorcier, n'avait pu y faire quoi que ce soit.

D'ailleurs, Gilda n'était même pas sûre que Sebastian soit sorcier, puisqu'il n'avait jamais manifesté de pouvoirs magiques à sa connaissance.

En soi, cela n'aurait rien eu d'étonnant. En effet, les pouvoirs magiques de Gilda étaient déjà très faibles, tout comme ceux de sa sœur d'ailleurs. Et Yannick étant moldu, le fait que Sebastian puisse être un cracmol était probable. Et pour dire vrai, de cela elle s'en fichait pas mal, d'autant qu'elle aurait été assez mal placée pour lui reprocher la faiblesse de ses pouvoirs magiques.

 

Moon, de son côté, était très différente. A deux ans et demi, elle n'avait que très peu connu son père et c'était une fillette bouillante (sauf aujourd'hui où elle semblait avoir décidé de rattraper les dernières nuits), vive, espiègle et parfois extrêmement capricieuse, qui possédait en plus une capacité assez extraordinaire à charmer les uns pour mieux exaspérer les autres (et Gilda faisait plutôt partie des autres, pour son grand malheur).

 

Ses enfants restèrent très longtemps endormis, bercés par les chaos du train tandis qu'elle-même regardait défiler le paysage dans le soleil couchant de cette après midi d'hiver. Cela donna à Gilda le temps de se reposer un peu, mais également de se perdre une fois de plus dans ses états d'âme.

 

C'est qu'elle avait de nombreuses raisons de douter : elle venait en effet d'obtenir un poste à Poudlard, après des années de boulots alimentaires et sans bien comprendre comment une telle opportunité lui avait été donnée.

Jusqu'à ce jour, Gilda avait parfois le sentiment de ne pas avoir été reconnue à sa juste valeur, mais cela ne la contrariait pas plus que cela pour dire vrai. Elle ne détestait pas faire le ménage et pensait qu'il n'y avait pas de sous-métiers.

 

Avoir un travail purement alimentaire et qui ne corresponde pas à ses qualifications, elle pouvait largement l'accepter et cela ne la choquait même pas à vrai dire.

En effet, elle avait toujours su que cela risquait fort de lui arriver, surtout au vu des valeurs qu'elle défendait dans ses publications. Cependant, elle avait tout de même pris le risque car elle était une érudite passionnée par ses recherches en Histoire de la magie depuis sa prime jeunesse, alors qu'elle s'enfermait pour lire dans la bibliothèque familiale. L'histoire tout court la passionnait en vérité et en particulier l'histoire de la criminalité.

D'Hitler à Grindelwald (dont elle connaissait parfaitement les liens) en passant par Jack l'éventreur, Voldemort et bien d'autres, elle avait progressivement élaboré un schéma de pensée qui la conduisait à classifier les meurtriers et à démontrer que le fait d'être sorcier ou moldu n'avait que peu d'incidences...

Une véritable bombe à retardement dans son milieu d'origine et des orientations politiques qui lui avaient rapidement valu des inimitiés féroces.

 

Après ses études à Poudlard, Gilda avait en effet travaillé d'arrache-pied durant plusieurs années, étudiant notamment en France où le contexte politique de la société sorcière était plus serein. Mais le contenu de sa thèse lui avait, sans grande surprise, attiré de nombreuses inimitiés venues de toutes parts : Ministère, sangs purs... auxquels elle appartenait d'ailleurs puisque son nom de jeune fille était Selwyn et que sa famille faisait partie des vingt-huit sacrés, académiques barbus qui la traitaient de folle... Dans la société sorcière britannique, il ne faisait pas bon être une femme aux idées peu conventionnelles...

De plus, elle était loin d'être une sorcière aux pouvoirs remarquables, ce qui enlevait encore à sa crédibilité.

 

Gilda avait bien dû s'y résigner : on ne voudrait jamais la prendre au sérieux malgré son travail et la qualité de ses recherches. Le monde magique n'était pas prêt à croiser ses sources avec celles des moldus.

Aussi elle n'avait pas cherché plus loin et s'était refusée à en devenir malheureuse, se concentrant sur son mari, puis sur sa famille qui s'agrandissait petit à petit... Et délaissant peu à peu complètement le monde magique, sachant qu'elle n'avait déjà plus vraiment de contacts avec sa propre famille.

Déjà à cette époque-là en effet, se contenter de voir son frère de temps à autre lui suffisait amplement, et quelquefois même sa mère lorsqu'il prenait soin de l'emmener avec lui. Elle n'adressait plus la parole, ni à son père qui n'était qu'une brute épaisse et bornée, ni à sa sœur pour à peu près les mêmes raisons.

 

Et puis, elle avait trouvé à ce moment-là bien des raisons de disparaître totalement des radars du monde magique : Entre-temps en effet, Yannick était apparu dans sa vie et représentait à lui-seul l'ensemble de toutes les raisons possibles de rompre définitivement les ponts.

C'était de cet homme qu'elle était, contre toute attente, tombée profondément amoureuse. Lui, le chauffeur de taxi babacool pratiquement illettré qui n'avait jamais été capable de réciter correctement ses tables de multiplication et encore moins ses dates d'Histoire, qui la surprenait lorsqu'elle travaillait et lui piquait ses lunettes. Mais surtout, qui ne laissait jamais brûler le repas par inattention, qui sortait vis et perceuse pour remettre en place la rampe branlante de l'immeuble au lieu de râler contre la copropriété et laisser les personnes âgées se faire mal en tombant dans l'escalier.

Il était tout le bon sens qu'elle-même ne possédait pas. Il faisait mettre des bonnets aux petits en hiver, jouait au foot avec les jeunes qui traînaient devant l'immeuble lorsque cela lui était possible également. Tout le quartier l'aimait et Gilda plus que tout.

 

Aussi différents que possible, Yannick et Gilda s'étaient trouvés par le plus rocambolesque des hasards alors qu'ils participaient à une soupe populaire pour les sans-abris de Bristol. Ils s'étaient tout de suite plus, s'étaient revus et avaient entamé une relation discrète mais suivie et de plus en plus intense au fur et à mesure que le temps passait.

Terrorisée par la réaction de son milieu d'origine, Gilda avait rapidement conçu le plan de disparaître sans laisser de traces et d'aller vivre incognito chez les moldus. Elle avait tout prévu et de la façon la plus méthodique possible, y compris comment faire entrer ses enfants à l'école de Poudlard sans révéler leurs liens avec sa propre famille lorsque ce temps viendrait, s'il devait venir bien-sûr.

 

La vie de Gilda avait pris un tournant qu'elle pensait alors irréversible, mais au moins cela lui avait valu un bonheur qu'elle n'aurait jamais osé espérer. Elle s'était alors félicitée d'avoir coupé les ponts avec le monde magique pour vivre sa propre vie sans connaître l'épée de Damoclès d'un mariage arrangé ou d'une famille insistante. Elle vivait modestement certes, mais elle avait un mari qu'elle aimait, une famille qu'elle chérissait plus que tout et se trouvait plus épanouie qu'elle ne l'avait jamais été. Durant toutes ces années de bonheur et alors qu'elle était persuadée que son passé se trouvait désormais derrière elle, jamais Gilda n'aurait imaginé se retrouver aussi seule et désemparée qu'aujourd'hui.

 

Un an à peine après leur mariage en effet, Gilda et Yannick avaient eu en effet leur premier enfant : Sebastian, puis quatre ans plus tard une petite fille qu'ils avaient prénommée Moon.

Mais Yannick était un joyeux oiseau qui avait pris son envol pour toujours, sans aucun avertissement, sans même qu'elle ne puisse comprendre ce qui lui était arrivé.

A présent, chaque nuit, le cœur de Gilda était transpercé par la douleur lorsqu'elle se réveillait en sursaut à cause d'un bruit quelconque et sentait sa place vide et froide à côté d'elle. Sa simple respiration lui manquait, ainsi que la chaleur qu'il dégageait et elle en rêvait toutes les nuits, s'abrutissant dans le travail la journée lorsque ses enfants étaient à la garde de leur nounou, l'énergique Anna Boungou.

 

Cette dernière, une sorcière d'origine congolaise au caractère chaleureux, qui avait toujours vécu parmi les moldus, était la meilleure amie de Gilda et la seule autre sorcière qu'elle connaisse et fréquente dans la ville de Bristol.

D'ailleurs, c'était au départ parce qu'il n'y avait presque aucun sorcier dans cette ville que Gilda et Yannick Marty s'y étaient établis. « Pour vivre heureux, vivons cachés » était en effet devenu leur devise dès l'instant où Gilda avait révélé son identité véritable à son compagnon. Il n'était absolument pas question qu'ils prennent le moindre risque vis-à-vis de sa famille, car celle-ci n'aurait jamais accepté leur union.

 

Malgré tout, durant la petite décennie pendant laquelle elle et Yannick avaient vécu ensemble, Gilda n'avait eu que peu d'aigreur vis à vis du monde magique et même du milieu des sang-purs, qu'elle ne côtoyait plus du tout d'ailleurs. C'est qu'il y avait bien assez de bonnes choses dans la vie pour qu'elle tourne la page après tout, et au sens propre puisqu'elle travaillait tout de même sur un livre qu'elle comptait bien faire publier un jour.

 

Elle s'était faite oublier certes, mais elle avait continué ses recherches sans trop rien dire à personne, sinon à quelques personnes proches et suffisamment sûres pour l'épauler sans la dénoncer et mettre sa famille en danger.

 

Elle avait ainsi publié un ouvrage dans le monde moldu sous son nom marital et en se faisant passer pour une journaliste, sur l'histoire de la criminalité. Celui-ci avait connu un certain succès qui l'avait encouragée dans se démarche et, inexplicablement, ravivé l'envie qu'il pouvait lui rester de faire ses preuves dans le monde magique. C'était juste après la naissance de Sebastian.

Poussée par Yannick qui voyait bien à quel point elle brûlait de réaliser ce projet, elle s'était risquée à faire éditer par Fleury et Bott l'intégralité de son travail dans le monde sorcier.

On pouvait dire que l'ouvrage, signé G. Marty pour ne pas s'attirer les foudres de son milieu d'origine qui ignorait jusqu'à son nom marital, avait connu également un succès parfaitement honorable. Gilda se sentait alors enfin utile à quelque-chose, puisqu'elle défendait les valeurs auxquelles elles croyait. Elle avait même commencé à travailler sur le sujet des actes criminels liés à la haine entre les deux communautés.

 

Cependant, son euphorie n'avait pas duré et elle savait à présent que dès l'instant où elle avait commencé à publier dans le monde sorcier, elle s'était mise en danger et sa famille avec elle.

D'ailleurs le sentiment que son bonheur serait de courte durée ne l'avait plus quittée, et la culpabilité qui l'accompagnait non plus. Elle savait parfaitement et depuis de nombreuses années ce qu'elle risquait si son identité était dévoilée.

Un an et demi après la sortie de son livre, elle enterrait Yannick victime d'une attaque cardiaque et, depuis, la tristesse et l'étrange sentiment d'être responsable de cette tragédie la rongeaient au plus profond d'elle-même malgré le fait qu'il soit décédé d'une mort naturelle.

C'était comme si le destin s'était finalement retourné comme elle, contrarié d'être forcé une fois de plus.

 

 

Tandis que Gilda se morfondait en regardant le soleil disparaître complètement derrière les montagnes d'Écosse, le paysage devint peu à peu de plus en plus familier. On approchait de Pré-au-Lard et une demi-heure seulement les séparait à présent de l'arrivée.

Aussi, la trentenaire se leva et lissa un peu sa robe de sorcière qu'elle avait remise pour la première fois depuis une dizaine d'années. Grise foncée avec des manches en fuseau un peu plus claires et une ceinture de la même couleur, c'était sa plus jolie et la plus appropriée à ses nouvelles fonctions. Par contre, elle ne possédait plus de cape ni de chapeau, seulement un manteau gris foncé en laine et une gavroche assortie.

 

Sebastian et Moon de leur côté étaient totalement habillés à la moldue, comme ils l'avaient toujours été : jean, baskets et sweat-shirt rouge pour le premier, sous-pull blanc cassé et salopette prune en velours pour la seconde.

Gilda sortit les affaires de ses enfants puis réveilla Sébastian:

- On va bientôt arriver, Canard, murmura t-elle avec douceur à son oreille.

 

L'enfant grimaça et sortit péniblement de sa torpeur en baillant et en s'étirant. Puis, une fois bien réveillé, il se dirigea sans bruit vers son manteau et le goûter que sa mère avait posé à côté, un jus d'orange et deux cookies.

Gilda essaya alors d'habiller sa fille qui dormait dans son cosy sans trop la réveiller, elle lui enfila les manches de son gilet qu'elle avait ôtées dans le train puis s'assura d'un simple regard que Sebastian ne mette pas des miettes de cookies partout.

 

Lorsque les freins du convois grincèrent de façon sonore, Moon qui dormait dans son siège grimaça dans son sommeil et poussa un gémissement contrarié. Gilda qui s'était rassise se leva de nouveau, souleva délicatement sa fille et l'enroula dans une couverture avant de lui mettre un bonnet, puis elle attrapa de sa main libre leur valise qui était très lourde et la traîna péniblement de son compartiment à la porte du wagon. Sebastian la suivit avec son sac à dos magique qui contenait une bonne partie de ses jouets et surtout de ses livres, ainsi que quelques effets personnels et son bloc à dessin avec ses crayons de couleurs, il portait également le cosy vide.

Bientôt, le train fut immobile et la porte du wagon s'ouvrit sur la gare de Pré-au-Lard.

 

Dumbledore en personne les attendait exactement devant, comme s'il avait prévu dans quelle partie du train Gilda voyagerait. Il était décidément extraordinaire.

La jeune femme descendit les marches et fit léviter sa valise avec précaution (et difficulté puisque cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas utilisé sa baguette) jusque sur le quai, Sebastian la suivit d'un pas mesuré.

 

- Bonsoir, professeur Dumbledore, dit-elle avec un sourire.

- Je suis heureux de vous revoir Gilda, dit le vieil homme en s'avançant. Cela faisait très longtemps.

- Depuis ma lamentable présentation de thèse si je me souviens bien, répondit la jeune femme avec un sourire sans joie et presque honteux.

 

Dumbledore inclina la tête sur le côté avec une moue septique:

- Si je puis me permettre, répliqua t-il. Elle n'avait de lamentable que la qualité de son public et de son jury. Quant-à votre livre, il était encore plus intéressant et je pense que Minerva McGonagall est du même avis que moi.

- Quoi qu'il en soit, répliqua Gilda. Il est peu probable que cela devienne un jour un ouvrage phare dans la culture sorcière.

- Qui sait...

 

Dumbledore semblait douter mais Gilda lui fit signe de clore le sujet et ils arrivèrent à une diligence tirée par les traditionnels sombrals.

Sebastian eut un mouvement de recul en apercevant l'animal à l'allure squelettique, noir et luisant. Sa mère le poussa en avant d'un air rassurant et tous grimpèrent. Moon se réveillait à présent dans les bras de sa mère.

La valise disparut de son côté, le petit garçon ouvrit de grands yeux mais Gilda savait qu'elle la retrouverait dans leur appartement. Aussi elle se sentait sereine à présent.

 

Albus Dumbledore s'installa en face d'elle et engagea immédiatement la conversation :

- Les enfants poussent à ce que je vois.

- Oui, en effet professeur, répondit Gilda. Vous avez déjà vu Sebastian tout petit, et ma fille s'appelle Moon. Sebastian, je te présente le directeur de Poudlard, le professeur Dumbledore.

 

Sebastian acquiesça en silence tout en regardant le vieil homme avec intérêt, puis il fouilla un instant dans son sac et en sortit une carte de chocogrenouille qu'il montra à Albus Dumbledore en lui jetant un regard entendu. Moon de son côté se contenta de fixer un instant le vieil homme avant de se blottir un peu plus dans les bras de sa mère.

Le vieil homme leur sourit à tous les deux puis se tourna vers Gilda:

- Comme je vous le disais dans ma lettre, il va vous falloir être très prudente pendant le reste de cette année. J'ai préféré vous prévenir bien que vous connaissiez déjà bien Dolores Ombrage...

 

Gilda hocha la tête à l'affirmative et répondit sur un ton amer :

- J'ai une idée de ce qui m'attend en effet, j'ai entendu dire qu'elle faisait du dégât à Poudlard...

- Elle a harcèle Sybille qu'elle ne va sans doute pas tarder à révoquer et cherche à faire de même pour Rubeus. Je suis très heureux que vous ayez si vite accepté le poste quand Binn a disparu, car je n'ose imaginer qui elle aurait choisi si elle en avait eu la possibilité, mais faites extrêmement attention à vous et à vos enfants.

- Elle ne s'en prendra pas à eux, répliqua Gilda qui se sentait soudain devenir plus agressive. Je ne lui en laisserai pas le pouvoir quand bien même elle aurait un décret du Ministère à me présenter. Plutôt mourir! Quant à moi j'ai bec et ongles. Nous le savons toutes les deux étant donné que nous sommes cousines.

 

Dumbledore lui lança tout de même un avertissement:

- Dolores Ombrage est une sorcière plus puissante qu'elle n'y paraît, dit-il sur un ton grave. En plus d'être profondément portée sur la malveillance. Certains disent qu'elle n'hésite pas à utiliser de puissants maléfices contre ses ennemis Gilda, et je sais fort bien que dans ce domaine vous auriez des difficultés à vous défendre si elle décidait de s'en prendre à vous.

- Le genre de personne qui applique la loi aux autres mais pas forcément à elle-même, compléta la jeune femme d'un air indifférent. Je connais ça, c'est assez répandu au sein du milieu Sang-Pur... J'y prendrai garde, ne vous inquiétez pas professeur.

 

Gilda se pencha vers la fenêtre pour observer le paysage que Sebastian contemplait déjà. Peu à peu le château de Poudlard apparaissait à l'horizon et une vague d'émotion inexpliquée l'envahit, il y avait tant de temps qu'elle n'était pas revenue ici...

 

Sa n'avait pas été un long fleuve tranquille et ne correspondait en aucun point aux souhaits de sa famille qui aurait bien voulu un fille dans la maison Serpentard, et la plus proche possible des élites de la société sorcière.

 

Cependant, Gilda avait été admise à Poufsouffle par le Choixpeau qui avait longuement hésité avec Serdaigle. Elle s'était toujours efforcée de faire honneur à sa maison, ce qui lui avait valu le trophée de major de sa promotion en Histoire de la Magie, Arithmencie, astronomie, étude des moldus et étude des runes anciennes. Et à force de travail et de persévérance, elle avait également obtenu des notes très honorables en potion, les disciplines demandant le maniement d'une baguette restant sa seule grosse difficulté.

 

Contrairement à Dumbledore, elle ne se sentait pas vraiment soucieuse à l'idée de croiser Dolores Ombrage, bien qu'elle la déteste depuis sa prime. Sa seule appréhension était le rapport qu'elle pourrait entretenir avec les élèves à qui elle devrait enseigner.

Cependant, elle savait qu'elle pourrait très difficilement faire pire que son prédécesseur. Et si elle se montrait compétente et captivante, cela passerait sûrement et elle n'avait guère de problème pour cela en temps normal. Gilda avait toutes les raisons de le penser car elle avait déjà enseigné dans le milieu moldu en temps que remplaçante, deux fois justement en histoire, et l'expérience lui avait bien plu. Il lui semblait d'ailleurs que l'on avait été plutôt content de son travail.

 

Cependant, elle savait déjà que, pour des raisons morales plus qu'évidentes, elle devrait déroger au programme d'enseignement édicté par le Ministère de la Magie depuis la rentrée. C'était une vraie honte et une horrible propagande pro-Sang-Pur telle qu'il savait en faire. La xénophobie qui s'en dégageait était à vomir.

 

Dans l'immédiat, un autre point la préoccupait cependant :

- Pensez-vous, professeur Dumbledore, que Dolores Ombrage soit responsable de la disparition du Professeur Binns ? Demanda t-elle bientôt au directeur.

- Je n'aime pas du tout cette idée, répondit-il. Mais c'est en effet le plus probable car le Ministère a ce pouvoir-là. Cependant, nous nous en sommes rendus compte très rapidement et nous avons pu vous contacter aussitôt. Votre réponse rapide nous a évité un candidat du Ministère.

 

Gilda acquiesça gravement. Contrairement à beaucoup de sorciers qui les ignoraient ou les minimisaient, elle connaissait très bien les idées profondément racistes et xénophobes de Dolores Ombrage, qu'elle avait par deux fois entendu s'exprimer sous l'effet de la boisson à l'occasion de soirées organisées par l'élite de la société sorcière.

Cette garce de trois ans plus jeune qu'elle n'avait pas perdu de temps depuis sa sortie de Poudlard, et elle avait gravi les échelons avec une rapidité fulgurante. Bref, un sombre personnage qui avait en plus le bras long, surtout depuis qu'elle collaboraient avec leur autre cousine à toutes les deux : cette ordure de Rita Skeeter.

 

Et alors qu'elle venait de répondre oui à l'offre d'Albus Dumbledore, Gilda avait reçu les directives du Ministère accompagnées d'un courrier au ton glacial et découvert avec horreur quelle marque la secrétaire d'état avait laissée sur les programmes d'éducation de cette année.

- Cela ne va pas être facile, lui dit Albus Dumbledore avec gravité, comme pour faire écho à sa propre angoisse.

 

Gilda hocha la tête. Elle ne regrettait pas d'avoir accepté le poste, mais elle ne pouvait nier qu'elle avait mis le pied dans un sacré panier à crabes. De plus, l'évasion d'une dizaine de Mangemorts de la prison d'Azkaban avait largement de quoi l'inquiéter. Quelque-part, elle se sentait presque soulagée de recevoir la protection de Poudlard.

 

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