S'identifier | | Identifiants perdus | S'enregistrer |
Lien Facebook

En savoir plus sur cette bannière

News

127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Sélections du mois


Félicitations à AliceJeanne et TeddyLunard, qui remportent la Sélection Action/Aventure !

Vous voulez revenir dans le Futur ? Lors du mois de novembre c’est possible avec la Sélection Next-Gen ! Vous avez jusqu'au 30 novembre pour lire les 10 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter ici.

Et pour le mois de décembre, le thème et les textes vous attendent déjà avec la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez découvrir ces 12 histoires jusqu’à la fin de l’année et vous pourrez voter à partir de décembre. Pour en savoir plus, rendez-vous ICI !


De L'équipe des Podiums le 01/11/2022 19:00


15ème Échange de Noël


Le traditionnel Échange de fics de Noël est de retour pour sa 15ème édition !



Et cette année, vous pouvez écrire et recevoir : des fanfictions Harry Potter, des histoires originales... mais aussi des fanfictions sur d'autres fandoms ! Envie de nous rejoindre ?


Ça se passe d'ici le 31 octobre sur ce topic du forum HPF !


De L'équipe de modération le 23/10/2022 17:22


126ème Nuit d'HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 126 édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 21 octobre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De L'équipe des Nuits le 16/10/2022 11:07


Sélections du mois


Félicitations à Fleur d’épine, Ella C, Eejil9 et CacheCoeur, qui remportent la Sélection Femslash !

Vous voulez de l’action ? De l’aventure ? Ce mois de Sélections est fait pour vous ! Le Jury des Aspics vous invite à lire sur ce thème en octobre avec la Sélection Aventure/Action ! Vous avez jusqu'au 31 octobre pour lire les 5 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter par ici.

Et au mois de novembre, partez dans le futur avec la Next-Gen ! Vous avez jusqu’à la fin du mois d'octobre pour nous faire découvrir sur ce thème si vaste vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots. Pour proposer des textes, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news !

Il y a également la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos nuits d’insomnies ! Jusqu’au mois de décembre, venez découvrir 12 histoires incroyables ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De L'équipe des Podiums le 03/10/2022 23:05


Le médicomage par Persis

[6 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Ce texte a été écrit spécialement pour la saint-Valentin. Le personnage principal est un OC, héroïne de la fic "Le diaire d'Innogene".
Il n'est pas nécessaire d'avoir lu la fic longue pour comprendre cet OS, mais quelques petites explications peuvent rendre la lecture plus facile.
Innogene, élève à Serpentard, prend le titre de dame, quand ses parents sont assassinés par les Mangemorts dont ils n'ont pas voulu épouser la cause. Elle profitera de la bataille finale pour venger leur mémoire.
Elle reconnut sa façon de frapper à la porte, décidée et légère à la fois. Tracey avait un coup de poignet plus hésitant. Stanford y allait plus franchement, sans toutefois faire montre d’une force exagérée.

Elle sut qu’il ne venait pas seul, sans doute Tracey l’accompagnait-elle, mais il y avait un autre pas, un autre son de voix qu’elle n’avait pas encore entendu jusqu’alors. Elle se redressa comme elle put dans son lit et remit rapidement de l’ordre dans ses cheveux.

— Oui ... Entrez ! dit-elle avec autant d’assurance qu’elle en était capable.

La porte blanche s’ouvrit laissant place aux visiteurs. Stanford entra le premier, précédant un homme jeune, hâlé et étrangement vêtu ; Tracey fermait la marche. Dès qu’Innogene aperçut l’inconnu, elle le fixa sans pouvoir détacher ses yeux de sa personne. Il était élancé, racé, élégant dans son genre et, surtout, il rayonnait d’une chose qui lui faisait bien défaut à elle : le bonheur. Elle comprit très vite qu’il était aveugle ; le regard de l’inconnu ne s’arrêtait sur rien.

— Innogene, je te présente Arkie, annonça Stanford, un ami médicomage.
— Je suis ravie de faire votre connaissance, monsieur.
— Tout le plaisir est pour moi, répondit-il avec un large sourire.

Elle se sentit en confiance. Il avança vers elle, sans l’ombre d’une hésitation et, spontanément, à son propre étonnement même, elle lui tendit les bras. Il s’assit au bord de son lit et lui prit les mains. Le reste du monde avait cessé d’exister, toute trace de la déception concernant les fiançailles de Stanford et de Tracey venait de s’évaporer à tout jamais.

— Vous êtes bien maigre, madame, lui dit-il.
— Elle a autant d’appétit qu’un petit oiseau, commenta Stanford.
— Un oiseau mange plusieurs fois son poids sur la journée, répliqua Arkie, toujours souriant.
— Innogene pense qu’elle est victime d’une malédiction ..., risqua Tracey, un peu maladroitement.
— Elle va me raconter ça elle-même, déclara Arkie, n’est-ce pas ?

Innogene s’éclaircit la voix. Le médicomage se retourna vers le jeune couple. Stanford comprit, sans plus d’explication, qu’il désirait rester seul avec sa patiente et il quitta aussitôt la pièce en emmenant sa fiancée avec lui.

— Stan m’a parlé de vous, mais vous ne savez rien sur moi, déclara Arkie. Je m’appelle Archimedes Great Horned Owl, j’ai vingt-trois ans, je suis Cherokee et homme-médecine. Medicomage, comme l’on dit par chez vous.
— Et vous êtes legilimens, poursuivit Innogene, toujours sous le charme.
— En effet. Comment vous en êtes vous rendu compte ? Je n’ai pourtant pas sondé votre esprit.
— Je ne sais pas ... murmura-t-elle en rougissant. Une intuition.
— Alors, racontez-moi ... Cette histoire de malédiction ?
— Dans la famille, on dit que les filles héritières qui transmettent le nom de leur père, faute de descendance masculine, et qui ne sont pas mariées avant l’âge de vingt ans se meurent de consomption. C’est une malédiction qui a été jetée en 1666, la nuit de la sainte-Walpurgis. C’est ce qu’on dit, car je n’ai jamais trouvé une seule trace écrite de cette tradition
— Et quel âge avez-vous ? s’enquit-il tout en lui tenant toujours les mains.
— Dix-neuf ans, un mois et une semaine.
— C’est une bonne nouvelle, il nous reste an pour agir, répondit-il, rieur. Et comment votre mal se manifeste-t-il ?
— Je perds connaissance, parfois je convulse, parfois je reste plusieurs jours sans reprendre mes esprits.
— Pas d’appétit ?
— Très peu.
— Des insomnies ?
— ... pas vraiment.
— Je vais devoir sonder votre esprit, dit-il presqu’en s’excusant.
— Faites, répondit-elle avec bienveillance.

C’est avec une pointe de regret qu’elle sentit ses mains abandonner les siennes et le contact se rompre. Pas pour bien longtemps d’ailleurs, puisqu’il posa ses longs doigts sur ses tempes. Elle se surprit à soupirer d’aise. Elle n’avait jamais éprouvé ce genre de sentiment, pas même envers le regretté professeur Snape, qui lui avait inspiré un subtil mélange de respect et fascination. Etait-ce le soulagement d’avoir enfin à faire à quelqu’un de compétent, capable de pouvoir la guérir pour de bon ?

Archimedes ne puisa dans ses souvenirs que ceux qui allaient lui être utiles. Et bien qu’elle s’abandonnât à lui, en toute confiance, le fait de se laisser ainsi avoir accès à son esprit lui mangeait ses maigres forces. Elle se laissa retomber sur l’oreiller, trempée de sueur.

Le médicomage sortit un bâton épais et court de sa poche, orné de toutes sortes de motifs étranges. Il l’agita en murmurant une incantation et fit apparaître une carafe et un verre puis la fit boire et boire encore.

Archimedes se plaça au centre de la pièce et d’un geste ample, lança le sortilège qui troqua sa tenue déjà hors du commun contre des vêtements de peau frangés et un couvre-chef en tête d’ours. Il fit apparaître un tambour qui se mit à battre tout seul, puis un chaudron sur son bec de gaz et des flacons d’ingrédients pour potions. La cécité n’était pas un obstacle à l’exercice de son art. Ses gestes étaient précis, les récipients et les objets venaient d’eux-mêmes se loger dans sa main.

Des volutes de fumée odorantes emplissaient déjà la pièce. Après vingt minutes de préparation et d’incantation, il lui apporta un énorme bol de potion à bonne température et le lui fit avaler en entier. Innogene buvait lentement. Elle sentait le breuvage descendre le long de son œsophage jusqu’à son estomac et l’irradier de ses effets bénéfiques. Peu à peu, les forces lui revenaient. Quand elle en eut absorbé la dernière goutte, Arkie ouvrit le lit et la fit lever. Elle se redressa, mal assurée, mais elle se sentait assez vaillante pour tenir debout sur ses jambes et faire quelque pas.

Tout à coup, l’obscurité se fit dans la pièce, une obscurité totale où ne filtrait aucun rai rétif de lumière. Elle serra la main de son médicomage qui la tenait encore. Il posa son autre main sur son épaule et la fit avancer puis s’asseoir sur un siège bas. L’atmosphère était moite, lourde d’humidité, l’eau lui coulait sur la peau. Le tambour jouait encore et Arkie se mit à chantonner dans une langue inconnue.


/\_/\
((@v@))
():::()
VV-VV




Innogene passa la robe avec laquelle elle avait fêté ses dix-huit ans. Elle lui allait encore parfaitement et Slooby, son elfe de maison dévoué n’avait pas dû la réajuster. Elle se demandait juste si cela allait n’allait pas dénoter, vu le caractère décontracté des Américains. Mais après tout, pourquoi jouer à celle qu’elle n’était pas ? La longue robe bleue aux reflets argentés, parsemée de motifs cosmiques, planètes, lunes, étoiles, avait une encolure carrée et un empiècement rectangulaire plus foncé qui descendait du haut de la poitrine jusqu’au sol. Les manches bouffaient légèrement sur le bras, se resserraient au niveau du coude pour s’évaser sur les avant-bras. Coupée près du corps sur le haut, elle s’élargissait progressivement à partir de la taille. L’étoffe était légère et soyeuse.

Lug, le fidèle corbeau acheva le tableau en venant se percher sur son épaule. Innogene, descendit dans le hall, un peu anxieuse en attendant les réflexions qu’elle pourrait susciter. Elle ne récolta que des compliments, d’abord ceux des parents de Stanford, puis ceux de son amie Tracey, ensuite ceux des différents invités qui se présentèrent à la fête.

Elle s’employa à serrer toutes les mains avec le même sourire convenu en réfrénant son impatience et en ne laissant rien paraître de ses émotions. Celui qu’elle attendait ne se fit pas trop attendre. Elle aurait été déçue s’il avait été retenu ailleurs.

Archimedes lui prit la main et se pencha pour lui octroyer un baiser.

— Vous voilà bien cérémonieux, professeur ! s’exclama Innogene en riant.
— Professeur ? ! Qui vous a vendu la mèche, Madame ? dit-il sur le même ton.
— Sans doute la même personne qui vous a dit que j’étais une Lady, répondit-elle, amusée.
— Alors, comment trouves-tu ta patiente, Arkie ? questionna Stanford.
— Splendide ! Et en bonne voie de guérison.

Contrairement aux usages, Archimedes retenait toujours la main de la jeune Anglaise et celle-ci n’y trouvait rien à redire.

— Qu’est-ce que tu as lui raconté sur mon compte ? poursuivit-il.
— Rien que la vérité. Que tu aurais voulu entrer à Salem à huit ans, qu’il t’a fallu patienter comme tout le monde mais que tu n’as pas perdu ton temps. Que tu es sorti de l’école à quinze ans et ...
— Et si on le laissait parler tout seul ? interrompit le médicomage.
— Oh, volontiers ! acquiesça Innogene.

Ils s’éloignèrent et rejoignirent la terrasse où l’on servait des rafraîchissements.

— Je préfèrerais que vous m’appeliez par mon prénom, comme tout le monde, si ça n’est pas interdit à une Dame, dit-il
— Eh bien, Arkie, appelle-moi Innogene.
— Comment s’appelle ton corbeau ?
— Lug. Mais tu entends tout, ma parole ?
— Je vois de l’intérieur.
— Les couleurs aussi ?
— Ta robe est bleu nuit. Mais je ne vois pas le bleu nuit, je sais simplement qu’elle est comme ça. Comme je sais que tu as bien meilleur teint que la première fois qu’on s’est rencontrés... et que tu es en train de rougir.
— Eh bien... est-ce que tu m’autorises à prendre une boisson alcoolisée ? Je veux dire : il n’y a pas de contrindication avec tes potions ?
— Pas plus d’un verre par heure et pas plus de trois par jour.
— Je ne risque pas de perdre la tête pour si peu, badina-t-elle.
— Je veillerai à ce que ça n’arrive pas, répondit-il sur le même ton.

Innogene n’avait pas du tout l’intention de s’enivrer. Elle voulait profiter à fond de cette soirée et c’est ce qu’elle fit. Dès que le souper fut terminé, un petit orchestre se mit à jouer des airs nouveaux et anciens, légers et entraînants sur lesquels on avait plaisir à danser. L’ambiance était au rendez-vous. C’était une soirée mémorable, une soirée comme elle n’en avait pas vécue depuis longtemps. Elle aurait fêté son propre anniversaire, elle n’en aurait pas été plus heureuse. Innogene s’amusait de tout son cœur. C’était tellement agréable d’avoir du souffle et de l’énergie, de profiter de chaque instant, de rire librement et de danser à cœur joie.

Archimedes ne manqua pas de l’inviter à plusieurs reprises. C’était un bon cavalier et d’agréable compagnie. Il avait de la conversation et Innogene était heureuse qui fût là. Pourtant plusieurs jeunes gens s’intéressaient à elle et gravitaient autour de la jeune Anglaise comme des papillons autour d’un abat-jour. Son petit accent d’actrice shakespearienne devait y être pour quelque chose, pensait-elle. Un corbeau comme animal de compagnie et des expressions châtiées qui dénotaient sur l’ambiance décontractée générale, cela lui conférait un cachet « vieux continent » qui ne manquaient pas de charme ni d’exotisme. Elle faisait son petit effet.

L’appareil photographique de Stanford passait de main en main pour immortaliser la petite sauterie et les boissons coulaient à flot. Entre deux danses, on s’asseyait pour faire la conversation, échanger des nouvelles, raconter des blagues.

C’est avec regret qu’elle vit la fête se terminer et les invités se retirer les uns après les autres. En prenant congé, Archimedes lui recommanda de bien prendre ses remèdes.

— C’est dommage que ce soit déjà fini, lui dit-elle. Je me suis bien amusée. Et tu y es pour beaucoup.
— Je ne sais pas si je mérite tous ses compliments, répondit-il. Prends bien soin de toi et fais la grasse matinée demain.
— J’y compte bien. J’espère que je pourrai te revoir bientôt.
— Je ne manquerai pas de faire un saut jusqu’ici.

En effet, il n’y manqua pas. Les jours passants, Innogene se sentait de mieux en mieux et elle devait honnêtement envisager un retour au pays. Depuis un moment, Stanford et Tracey envisageaient de partir en voyage mais la présence de leur invitée les faisait reporter ce projet à plus tard. Innogene ne voulait pas être un poids pour eux.

— Maintenant que je suis quasiment guérie, il va falloir que je rentre en Angleterre, expliqua-t-elle à Archimedes, lorsqu’il passa la voir. Je ne veux pas abuser plus longtemps de l’hospitalité de Stanford.

— Pourquoi ne pas profiter de ton séjour en Amérique pour voir un peu de pays ? proposa le médicomage. Ce serait un peu bête de t’en aller sans visiter ce continent. Il y a tellement de belles choses à voir. Tu as déjà vu les chutes du Niagara ?
— ... Non. Mais c’est une bonne idée.
— Je peux t’organiser ça, si tu veux.
— Vraiment ? Ça ne t’embête pas ?
— Alors là, pas du tout. Sinon je ne te le proposerais pas. J’ai pas mal d’amis qui seraient ravi d’accueillir une sorcière anglaise et son corbeau. Mais peut-être que toi, tu as le mal du pays ?
— Oh non, pas du tout. Je ne suis pas pressée de rentrer.
— Alors, c’est entendu. Prépare tes valises, demain nous dormirons sur les rives du Niagara.


/\_/\
((@v@))
():::()
VV-VV





Après trois jours de villégiature près des rives du Niagara, ses chutes et après un petit tour sur the Grand Island , Innogene partit pour les plaines du Middle West . Archimedes ne l’accompagnait pas dans tous ses déplacements. Son métier le retenait souvent ailleurs, mais il s’arrangeait pour la rejoindre dès qu’il le pouvait. Il lui fit rencontrer pas mal de monde, surtout des amis des premières nations. En leur compagnie, elle parcourut les plaines de l’Oklahoma, descendit le cours du Missouri et du Missisipi, puis alla s’émerveiller devant les méandres du Colorado. Enfin, on lui fit visiter quelques domaines incartables qui contenaient bien des merveilles.

Elle était en train de terminer son petit tour du Massachussetts quand un hibou vint lui porter du courrier. Archimedes, qui se trouvait à ses côtés, la sentit se rembrunir.

— Quelque chose ne va pas ? demanda-t-il.
— Il va falloir que je rentre en Angleterre, répondit-elle avec une pointe de déception. J’ai des affaires à régler avec mon banquier.
— Des ennuis ?
— Non ... Non, au contraire, les choses s’arrangent, mais on a besoin de moi pour les signatures et autres démarches. Ça fera bientôt deux mois que je suis ici et la vie ne s’est pas arrêtée entre temps. Maintenant que je vais mieux ... je dois m’occuper de mes affaires. Il faut que je réponde à cette lettre et que je prévoie un mode de transport pour revenir chez moi. Où peut-on réserver un portauloin ?
— Je m’en charge. Tu le voudrais pour quand ? demanda-t-il avec un sourire triste.
— Pour demain ou après-demain, si c’était possible, répondit-elle gravement... Tu vas me manquer.
— Les distances ne sont pas un problème pour un sorcier. J’irai te rendre visite, pour voir comment tu te portes.
— C’est vrai ? s’exclama-t-elle, ravie. Ça, c’est gentil. Je te ferai visiter la Grande-Bretagne. C’est un peu plus petit que l’Amérique.

Ils rirent de bon cœur.





/\_/\
((@v@))
():::()
VV-VV




Bill Weasley lui présenta l’encrier et une plume. Il ne restait plus qu’une trois pages à signer pour que l’affaire soit terminée.

— Eh bien voilà, les choses sont en ordre, dit-il avec un sourire satisfait. A quelques détails près. Je ne peux pas te dire combien de temps le rapatriement des biens qui sont encore aux Fidji va durer.
— Ce n’est pas grave, déclara Innogene. Tant que j’ai de quoi vivre, c’est le principal.
— Tu as bien meilleure mine que quand tu nous as quittés. Le médicomage qui t’a soignée a fait un petit miracle.

Innogene sourit de toutes ses dents.

— Il te répondrait que j’aurais fini par guérir spontanément.
— En attendant, il a bien fait d’accélérer le processus.
— Je ne vais pas m’en plaindre.
— Pourquoi pense-t-il que tu aurais pu guérir de toi-même ?
— ... Parce que la malédiction dont je pensais être l’objet est une légende... l’idée que j’y étais soumise se nourrissait de ma propre magie qui se retournait contre moi. Mais comme je ne suis pas suicidaire et que j’ai envie de vivre, j’aurais fini par prendre le dessus.
— Que comptes-tu faire, maintenant ?
— Franchement, je n’en sais rien. Je vais mettre un peu d’ordre dans mes affaires.
— Fleur et moi, on organise une petite soirée dans une semaine. Ça nous ferait plaisir de t’y voir. Tiens, voilà une invitation.

Bill sortit une enveloppe d’une poche intérieure et la lui tendit.

— C’est une réunion de famille ? demanda Innogene en ouvrant la lettre.
— Pas vraiment, il y aura aussi des amis et des connaissances, des gens que tu connais.
— Je ne sais pas si c’est vraiment ma place, murmura-t-elle.
— On n’est pas assez bien pour toi ? ironisa-t-il.
— Tu sais bien que ce n’est pas ça que je voulais dire, rétorqua-t-elle avec une pointe de vivacité.
— Tu n’es pas rentrée en Angleterre pour te claquemurer, insista Bill.
— Ce n’est pas la question.
— Alors, où est la question ?
— Bill Weasley, je vous serais reconnaissante de ne me laisser le temps de respirer.
— Faites à votre aise, madame !
— Tous mes compliments à Fleur ... Et pour l’invitation, je t’enverrai ma réponse, conclut-elle avec un grand sourire.
— J’attends ton hibou avec impatience.

Innogene le dévisagea avec un air amusé et étonné.

— ... Je voulais dire « ton corbeau », se reprit Bill.




/\_/\
((@v@))
():::()
VV-VV





Tout était parfaitement en ordre. Slooby, l’elfe de maison, avait bien pris soin de la propriété. Le manoir était propre et accueillant. Les champs étaient ensemencés et bien entretenus. Innogene n’avait plus le moindre prétexte pour refuser d’aller à cette soirée. Lug emmena donc sa réponse à la Chaumière aux coquillages. Une chose chiffonnait Lady Blueraven ; ce n’était pas la tenue qu’elle allait porter. Elle avait, dans sa garde-robe, de quoi affronter plusieurs soirées sans arborer la même tenue. Non, ce qui embarrassait Innogene, c’est qu’elle allait s’y rendre sans cavalier.

Inexorablement, sa pensée la ramenait aux Etats-Unis, aux grandes plaines du Middle West, aux fleuves puissants et majestueux et surtout, à celui qui lui avait servi de guide par intermittence. Elle ne pouvait s’empêcher de penser à Archimedes, même si elle tâchait de se faire une raison.

Il était loin, il avait du travail, d’autres patients, et elle ne devait certainement pas être la première à éprouver ce genre de sentiment envers un médicomage aussi prévenant et sympathique. Et pourtant, force lui était de constater qu’il lui manquait, qu’elle aurait été heureuse de le revoir et qu’elle attendait de ses nouvelles. Lug n’aurait pas pu suivre à envoyer toutes les lettres qu’elle avait écrites aux personnes qu’elle avait connues sur le nouveau continent. Elle avait dû avoir recours aux hiboux postaux.

Il ne lui restait plus qu’à attendre les réponses. Elle en avait déjà reçues quelques-unes, de Tracey et de son fiancé, notamment. Mais rien encore du professeur Great Horned Owl.

Le soir venu, elle se rendit à la petite sauterie, revêtue d’un ensemble vert émeraude. Comme il s’y attendait, elle y retrouva une grande partie de la tribu Weasley et surtout, la bande à Potter. Neville était en pleine conversation avec Hannah Abbot, Ronald Weasley riait de bon cœur en compagnie de la brune mal coiffée. Innogene ne vit pas tout de suite le jeune Potter et ne chercha pas non plus à savoir où il était.

Fleur l’accueillit et la présenta à quelques invités qu’elle ne connaissait que de nom, pour la plupart des gens qui travaillaient au ministère. Très rapidement, Neville vint la rejoindre, avec quelques anciens de la bande à Potter.

— C’est un plaisir de vous revoir, madame, déclara-t-il.
— C’est un plaisir partagé, monsieur, répondit-elle.
— Vous portez haut les couleurs de Serpentard, ajouta Ernie Macmillan.
— Au propre ou au figuré ? s’enquit-elle, amusée.
— Les deux, décréta Angelina Johnson.
— Merci, vous êtes bien gentils.

Autant Innogene s’était empressée de demander à ses amis américains de ne pas faire d’embarras et de l’appeler par son prénom, autant elle tenait à garder les distances avec ses anciens condisciples. Seuls Bill et Fleur, qui s’étaient offert pour l’héberger alors qu’elle était au plus mal, étaient assez proches d’elle pour être dispensés de l’appeler « madame ».

De fait, Innogene se sentait un peu l’oiseau rare de la soirée et même si elle se mêlait volontiers aux conversations, elle se sentait en décalage vis-à-vis des invités. Harry Potter lui-même se crut obligé de venir lui faire la causette, de s’enquérir de sa santé, de sa situation et de lui partager les dernières nouvelles. Ainsi, elle apprit que Théodore Nott vivait désormais avec une de ses grands-tantes et que Draco Malfoy avait pris de longues vacances loin de sa famille, à l’étranger. Il lui parla aussi de Quidditch, un domaine pour lequel elle ne manifestait qu’un intérêt poli. La brunette mal coiffée était en train de lui communiquer les derniers changements au ministère concernant la réglementation des créatures magiques quand son attention fut soudain attirée par un bruit incongru. Elle détourna la tête vers l’une des fenêtres et regarda fixement vers l’extérieur.

— Un instant ! intima-t-elle.

Un hululement traversa la nuit.

— Un grand duc de Virginie ! s’exclama-t-elle.
— Mais ... mais cet oiseau ne vit pas en Angleterre, s’exclama son interlocutrice.

Innogene formula de vagues excuses du bout des lèvres et se précipita vers la porte, perdant au passage une de ses chaussures. La fiancée de Ron Weasley la ramassa.

— Cendrillon ! dit-elle.
— ... Qui ?! interrogea le jeune Weasley. Elle était de quelle année et de quelle maison ?

Harry Potter se mit à rire.

— Cendrillon ! C’est un conte de Moldus. Une fille pauvre habillée en princesse perd sa pantoufle en quittant le bal où elle a dansé avec le prince charmant.
— Pffff ! ... un peu niais, non ?

Il reçut un coup de semelle de la chaussure de Lady Blueraven sur le crâne. Sa fiancée n’avait pas l’air d’apprécier ses réflexions.

Innogene avait ôté son soulier orphelin et courait vers la dune. Elle s’arrêta à quelques mètres du seuil pour pousser un croassement. Le hululement lui répondit et une silhouette se dessina dans l’obscurité naissante.

— Je savais ce que c’était toi, cria-t-elle, enjouée.
— Tu me manquais, répondit Arkie, tout en s’avançant vers elle. Je suis passé chez toi ; ton elfe de maison m’a dit que tu étais absente. Je t’ai attendue un moment mais ... à vrai dire, je m’ennuyais.
— Tu as bien fait de venir. Toi aussi, tu m’as manqué.

Archimedes s’approchait quand une chaussure traversa l’espace et lui atterrit dans la main. Innogene se retourna et vit la jeune Granger, baguette à la main, lui faire un petit signe avant de s’esquiver.

— J’ai perdu une chaussure en chemin. Je ne sais pas pourquoi elle te l’a donnée. Cette fille est née de Moldus, c’est une de leur coutume ?
— Tu ne connais pas l’histoire de Cendrillon ? s’étonna Arkie, enjoué. Attends !

Il était tout près d’elle. Il posa la main sur son bras, elle lui donna la main. Il mit un genou en terre et lui remit sa chaussure puis se releva. Ils restèrent un court instant face à face. Innogene comprit qu’il ne prendrait pas d’initiative sans son assentiment tacite. Elle lui fit l’accolade et il la prit dans ses bras avec une tendre maladresse.

— Je suis tellement heureuse de te revoir, confessa-t-elle.
— Je t’avais dit que je passerais te faire une petite visite.
— Pas trop petite la visite, tout de même. Tu veux bien me servir de cavalier pour la soirée ?
— Ben, je ... je n’ai pas été invité.
— Je ne pense pas que les Weasley feront des embarras pour une personne de plus. Ils vont être ravis de faire ta connaissance, j’en suis certaine.

Elle le tira par la main à l’intérieur de la chaumière.



/\_/\
((@v@))
():::()
VV-VV






Un petit coup de baguette magique envoya la théière remplir sagement les tasses de porcelaine disposée sur la nappe brodée tandis qu’Archimedes beurrait ses toasts coupés en triangle. C’était un lendemain de la veille pour tous les deux. Arkie avait eu du mal à s’endormir à cause du décalage horaire et Innogene était encore sensible aux changements de rythme. Ils échangeaient peu de paroles, et encore, à voix basse. Elle était en train de garnir sa tranche de pain grillé avec de la marmelade quand elle pouffa brusquement.

— Qu’est-ce qu’il y a ? demanda Arkie.
— On se croirait dans une maison de repos.

Le rire fut communicatif et la bonne humeur poignit comme le soleil sur leur journée.

— Tu vas me faire visiter ton pays ? demanda Archimedes.
— Qu’est-ce que tu voudrais voi ... visiter ? se corrigea-t-elle.
— Tu peux dire « voir », tu sais, ça ne me dérange pas ! répondit-il en riant. Alors, dis-moi donc ce qu’il y a à voir en Grande-Bretagne.
— Eh bien, c’est vert et il pleut souvent.

Ils pouffèrent, tous les deux.

— Je suppose qu’il y a des endroits où la nature est particulièrement belle, reprit Arkie, et il doit y avoir des lieux historiques.
— Je peux t’emmener à l’endroit où mes ancêtres saxons ont débarqué en Grande-Bretagne, proposa-t-elle avec enthousiasme. Ou bien on peut aller à York, c’est plein de fantômes, là-bas.
— Et les Highlands, tu trouves ça comment ?
— C’est très particulier, mais ça vaut le détour. Je ne sais pas de combien de temps tu disposes.
— Pas longtemps, malheureusement. Trois jours. Et j’espère qu’on ne me rappellera pas en urgence.
— Alors, ne perdons pas de temps.



/\_/\
((@v@))
():::()
VV-VV





Le feu crépitait dans la cheminée. Même en août, le temps pouvait être pluvieux et frisquet dans les hautes terres. Arkie et Innogene avaient revêtu des lainages et, blottis l’un contre l’autre, ils se réchauffaient les mains sur un bol de chocolat chaud.

— ... Le prince lui passa la pantoufle de verre qui allait parfaitement à son pied, racontait Arkie. Il l’emmena sur son cheval jusqu’au palais et il l’épousa. Quant à la belle-mère et aux demi-sœurs, elles furent châtiées pour leur méchanceté.
— Alors ce n’est que ça ? Un conte pour enfants, avec un peu de magie.
— Tous les contes de Moldus ont pour origine une histoire de sorciers qui ont vraiment existé et qu’on a transformée en fable pour enfants, expliqua Arkie. Mais, pour Cendrillon, je ne connais pas la vraie histoire. Ça s’est passé en Europe bien avant que nos continents n’entre en contact... Tu as froid ?
— Non, ça va, dit-elle en posant la tête sur son épaule, alors qu’il passait le bras sur la sienne.

Il lui effleurait distraitement l’avant-bras du bout des doigts.

— Arkie, je voulais te dire que ... que je n’avais jamais aussi près d’un garçon comme je suis proche de toi.
— Eh bien, je dois t’avouer que j’ai eu l’une ou l’autre petite amie, il y a quelques années.
— Des patientes ? s’inquiéta Innogene.
— Non, jamais une patiente. Et d’ailleurs, je ne te considère plus comme une patiente... ce n’est pas ta santé qui m’a poussé à te rejoindre, répondit-il avec un sourire béat.
— Tu dois me trouver bien jeune.
— ... La vie s’est chargée de te faire mûrir.
— Arkie, j’ai l’impression d’être en train de tomber amoureuse.
— Et ça te fait peur ?
— Un peu... oui... Je me fais sans doute une trop grande idée de ce que ça doit être.
— Et si tu te laissais vivre ... simplement ... tout en restant toi-même.
— En restant moi-même ?... Mais je suis en train de devenir quelqu’un d’autre. Je n’avais jamais été comme ça auparavant.
— Je n’ai pas l’intention de précipiter les choses, ni de t’entrainer quelque part où tu ne voudrais pas aller.
— Je peux quand même t’embrasser ?
— Je suis votre serviteur, madame !

Ils frottèrent doucement leur joue l’une contre l’autre, puis Innogene déposa un baiser sur la joue d’Archimedes, très près de la commissure des lèvres. Arkie le lui rendit. Elle s’enivrait lentement de son contact, de sa présence. Enfin leurs lèvres se rencontrèrent et ils échangèrent de menus baisers jusqu’au moment où leurs bouches s’ouvrirent l’une à l’autre.


/\_/\
((@v@))
():::()
VV-VV
Vous devez s'identifier (s'enregistrer) pour laisser une review.