S'identifier | | Identifiants perdus | S'enregistrer |
Lien Facebook

En savoir plus sur cette bannière

News

113ème édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 113e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 31 juillet à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt!
De L'équipe des Nuits le 20/07/2021 18:47


Sélections du mois


Les votes de thèmes pour la sélection du Jury des Aspics de septembre 2021 sont ouverts ! Vous pouvez venir voter ici pour Famille Weasley-Delacour ou bien Famille !


De L'équipe des Podiums le 15/07/2021 21:26


24ème édition des Nuits Insolites


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 24e édition des Nuits Insolites se déroulera le samedi 10 juillet à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 07/07/2021 11:27


Sélections du mois


Félicitations à Lyssa7, Whitewolf et Seonne qui remportent la Sélection sur la plus peste des Serpentard alias Pansy Parkinson !

Pour août 2021, la maison verte et argent sera encore à l'honneur avec la mystérieuse Narcissa Malefoy. Vous pouvez dès à présent proposer vos deux fanfictions favorites sur ce thème en vous rendant ici ou bien en répondant à cette news.

Enfin, durant le mois de juillet, prenez votre dose de bonne humeur grâce à nos histoires d'amitié. Venez voter pour vos histoires préférées juste ici.

Que votre été soit ensoleillé et rempli de lectures !


De L'équipe des Podiums le 05/07/2021 23:26


Sélections du mois


À voter !

Les votes pour le thème d'août 2021 sont ouverts ! Venez choisir entre : Moldu ou Narcissa Malefoy.

Rendez-vous sur ce topic pour voter jusqu'au 30 juin 2021, 23h59.


De L'équipe des Podiums le 16/06/2021 18:19


2ème édition du Tour du monde des Nuits


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que le Tour du monde des Nuits d'HPF se déroulera du vendredi 25 juin à partir de 20h au samedi 26 juin jusqu'à 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt!
De L'équipe des Nuits le 15/06/2021 12:48


Sous les paupières par Bloo

[15 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Les personnages appartiennent à J.K Rowling. Ce texte a été écrit dans le cadre du projet « PhotoGinnyque » organisé par les membres de club Ginny is B.I.T.C.H.Y.

Si toi aussi tu aimes Ginny Weasley, n'hésite pas à rejoindre notre club !
Note de chapitre:

Mon deuxième et dernier texte pour le projet PhotoGinnyque. J'ai oublié de le préciser dans le dernier, mais le but est de poster un OS sur Ginny du point de vue de quelqu'un d'autre (ce quelqu'un ayant été décidé au préalable par les membres du club).

Voici donc Ginny du point de vue de Dennis Crivey. Bonne lecture !

-Tu peux aller ouvrir Ginny ? demanda Harry, qui tentait désespérément d’empêcher James de monter sur la table où le dîner était en préparation tout en donnant le biberon à Albus.

-J’y vais !

Ginny, qui se trouvait à l’étage pour la rédaction d’un article, dévala les escaliers en se demandant qui pouvait bien venir leur rendre visite à cette heure-ci, un dimanche après-midi. Elle se préparait déjà à saluer sa mère, qu’elle pensait être la seule personne capable de venir les voir à un tel moment, lorsqu’elle ouvrit la porte et tomba nez-à-nez avec Dennis Crivey, qui tenait par la main une petite fille aux épais cheveux bruns.

-Dennis ! s’exclama-t-elle avec un large sourire. Et…

Elle se pencha vers la petite fille et lui offrit un plus beau sourire encore, auquel l’enfant ne fut pas sensible puisqu’elle se contenta de se serrer un peu plus contre Dennis en baissant les yeux.

-Elle est très timide, l’excusa ce dernier. Je suis désolé d’arriver à l’improviste comme ça mais il faut absolument que je te parle. Je peux entrer ?

-Bien sûr, viens.

Ginny accompagna Dennis, que la petite fille suivait comme son ombre, jusqu’au salon où Harry avait visiblement réussi à détourner l’attention de James, momentanément au moins, en enchantant des petites figurines. Lorsqu’il vit que Dennis suivait son épouse, il sembla d’abord étonné avant de sourire à son tour et d’aller saluer leur ami. Il remarqua alors la présence de l’enfant qu’il tenta de saluer lui aussi, sans obtenir plus de réaction que Ginny.

-Tu veux peut-être qu’elle aille avec James ? proposa Ginny.

-J’aimerais bien oui.

La fillette ne sembla pas enthousiasmée le moins du monde par cette idée mais lorsque Dennis lui demanda calmement d’aller jouer avec James, elle s’exécuta. Le petit James parut ravi d’avoir une camarade de jeu, mais il s’aperçut bien vite qu’elle n’était guère bavarde : elle s’installa en silence à côté de lui et le regarda jouer, sans faire un seul geste pour participer elle aussi.

-C’est une enfant de l’institut ? demanda Harry.

Après la guerre, plusieurs enfants s’étaient retrouvés orphelins, ou privés de leurs parents pendant un laps de temps plus ou moins longs à cause de blessures graves. Certaines familles, notamment d’origine « douteuses » aux yeux des Mangemorts, ayant été entièrement décimées, il était difficile de trouver un foyer pour tous ces jeunes sorciers. D’autant plus au lendemain de la guerre qui avait fait tant de victimes et frappé tant de familles. Harry savait que les Weasley, pour ne citer qu’eux, étaient tout à fait du genre à accueillir un enfant séparé de ses parents, mais ils avaient alors leurs propres problèmes à gérer et ne pouvaient imposer une telle ambiance à un enfant. Une sorte d’orphelinat sorcier avait alors été mis en place et accueillait ces enfants tout en faisant le maximum pour que ce ne soit que provisoire et qu’ils retrouvent une famille, biologique ou non. Dennis avait rejoint ce centre, quelques années plus tôt, après s’être d’abord éloigné du monde sorcier. C’était Ginny, l’une des rares avec qui il avait gardé contact, qui l’avait justement incité à ne pas tourner le dos à ce monde malgré la mort de son frère et il avait découvert avec elle, alors qu’ils se promenaient sur le Chemin de Traverse, l’existence de cet orphelinat. Il n’en était pratiquement plus sorti depuis.

-Depuis peu, répondit Dennis. Son père est mort pendant la guerre et sa mère a été horriblement torturé, elle est dans le coma depuis 1997 et n’a jamais montré un quelconque signe de vie. Jusqu’à présent, leur fille était élevée par sa grand-mère maternelle. La famille paternelle est Moldue et n’avait apparemment plus aucun contact avec lui -ils ne savaient même pas qu’il avait une fille-, et la mère était fille unique. La grand-mère est décédée il y a une semaine. On a donc récupéré la petite et ça risque de durer un moment, impossible d’avoir le moindre contact avec un membre de sa famille encore en état de l’accueillir.

-Mais quel est le problème ? demanda Ginny, qui avait déjà vu Dennis s’occuper d’autres enfants dans ce cas.

-Le problème…

Dennis baissa les yeux un instant. Il se sentait honteux d’être venu ainsi ici pour cette raison. Ginny avait déjà tant fait pour lui. Il savait qu’elle avait été une bonne amie de Colin, que sa mort l’avait attristée, mais pas une fois elle ne s’était plainte ou n’avait évoqué sa douleur devant lui lorsqu’il lui parlait de son frère. C’était toujours elle qui trouvait les mots pour le consoler, pour l’encourager à regarder en avant, c’était elle qui l’aidait à bâtir des projets, elle encore qui lui avait permis de faire aujourd’hui quelque chose d’utile. Dans un sens, elle était pourtant plus à plaindre que lui. Elle avait perdu son ami mais également un frère, elle aussi, ainsi que d’autres amis encore qui pour la plupart étaient de l’Ordre. Et pourtant c’était elle l’éternelle, l’incorrigible optimiste.

-Le problème, c’est qu’elle s’appelle Coleen, lâcha Dennis en évitant de croiser le regard de Ginny.

 

(…)

 

-Regarde Coleen, dit doucement Ginny en sachant que la fillette était rapidement apeurée, tu vois James sur son petit balai-jouet là-bas ? Il y en a un deuxième, tu vas aller jouer avec lui, il veillera bien sur toi. Moi, je dois parler avec Dennis.

La petite hocha longuement la tête, comprenant bien qu’elle n’avait pas le choix, mais il fallut que Dennis lui fasse signer d’y aller pour qu’elle se décide enfin à rejoindre James. Le petit garçon, qui avait déjà oublié le calme et la timidité de Coleen, l’accepta joyeusement comme compagne de jeu.

-Je ne sais pas pourquoi elle s’est attachée comme ça à moi, dit Dennis en la regardant tâter le manche du petit balai. Je pense que c’est parce que je suis la première personne qu’elle a vu, à l’institut, mais elle refuse pratiquement tout contact avec qui que ce soit d’autre que moi. C’est presque miraculeux d’ailleurs que tu arrives à lui parler.

-Et toi, ça va ? Tu tiens le coup ?

Les yeux de Dennis se voilèrent et il détourna le regard, ne regardant ni Ginny, ni la petite Coleen qui ne semblait pas décidée à monter sur le balai.

-Tu sais Ginny, tu en as déjà fait assez pour moi…

-Tu es venu chez moi, je ne vais pas te laisser tomber quand même.

-Je m’en veux. Je n’aurais pas dû.

-Pourquoi ? Tu sais très bien que je peux te comprendre. Et puis, il m’a semblé qu’on était amis toi et moi. Entre amis, on ne se laisse pas tomber.

-Oui mais toi…

-Moi quoi ?

-Toi, tu as refait ta vie. Tu es mariée, tu as deux beaux petits garçons, peut-être même que tu auras encore d’autres enfants, tu as été une des meilleures joueuses de Quidditch de notre pays et maintenant tes articles de sports sont reconnus par toute la profession. T’as réussi à tourner la page, Ginny. Je me sens mal de venir te reparler de vieilles histoires qui n’intéressent plus personne…

Sa voix s’était faîte de plus en plus faible au fur et à mesure qu’il parlait et lorsqu’il se tut, Dennis avait les yeux emplis de larmes.

Il n’avait jamais été particulièrement proche de Ginny, avant la fin de la guerre. Il n’entendait parler d’elle que par Colin, qui la considérait vraisemblablement comme une amie, mais n’avait jamais cherché à discuter avec elle. Il pensait qu’ils auraient bien le temps, tous, quand le climat aurait changé et que la guerre serait terminée. Il pensait que Ginny et les autres amis de Colin pourraient venir à la maison, un jour, qu’ils discuteraient et riraient tous ensemble. S’il avait su que Colin ne survivrait jamais à la guerre, peut-être aurait-il fait les choses différemment, peut-être aurait-il cherché à s’approcher des amis de son frère.

C’était Ginny qui lui avait parlé, ensuite. Qui lui avait raconté les après-midi dans le parc, avec Colin, Demelza, Luna, Neville, et d’autres encore dont Dennis ne se souvenait pas. Qui lui avait raconté les escapades nocturnes dont Colin lui avait souvent montré les photos. Qui lui avait dit à quel point Colin avait compté pour elle. Il avait même pu comprendre qu’ils avaient plus ou moins été amoureux l’un de l’autre lors de leurs premières années, ou du moins aussi amoureux que l’on puisse l’être à douze ans.

Colin lui avait d’abord présenté Ginny comme étant une fille « épatante », mais il avait tendance à utiliser ce qualificatif à tout bout de champ. Elle était ensuite devenue « trop chouette », puis « super sympa », et avait finalement reçu le titre d’« amie », que Colin n’attribuait pas à n’importe qui. Bien sûr, elle continuait à être « trop forte », « courageuse », « super drôle », et même « jolie », mais elle était avant tout l’« amie ». Dennis s’était très vite rendu compte, lorsqu’il l’avait connu à son tour, que Colin lui avait peint un portrait assez fidèle de la jeune fille. Lui aussi l’avait trouvé courageuse, forte, jolie, sympathique, et tout ce que Colin voulait bien. La seule chose qu’il n’avait pas réussi à trouver chez elle était le côté « super drôle ». Il avait d’abord mis cela sur le compte de la guerre et du deuil qu’elle traversait, avant de se rendre compte que c’était tout simplement une question de complicité. Il l’avait vu rire plus d’une fois aux côtés de Harry ou d’un de ses amis proches, il l’avait entendu raconter des blagues que lui-même trouvait hilarantes. Elle et Colin avaient été proches, complices. Avec lui, ce n’était pas la même chose. Elle mettait, consciemment ou non, une certaine distance entre eux. Lui ne s’en formalisait pas plus que cela, mais parfois il se prenait à espérer qu’un jour, Ginny aurait autant de considération pour lui qu’elle n’en avait eu pour Colin. Même s’il savait qu’il était bien loin d’être aussi génial que son grand frère disparu.

-Qu’est-ce que tu veux dire au juste, par « de vieilles histoires qui n’intéressent plus personne » ? demanda alors Ginny en fronçant les sourcils.

-Je veux dire que les gens ne s’intéressent plus à la guerre. Ou plutôt si, mais… tout le monde est d’accord pour dire que c’était horrible et que ça ne doit plus jamais se produire. Mais ils ne se préoccupent plus des victimes. Pour eux, c’est terminé tout ça, il y a eu des morts, sûrement trop, mais ça fait des années alors c’est terminé.

-Je ne pense pas que ce soit vrai.

-Et moi je pense que oui. On le voit très bien, à l’institut. Au début, beaucoup de gens venaient se renseigner, on arrivait à placer pas mal d’enfants dans des familles aimantes. Maintenant, presque plus personne ne vient. Je peux te le dire Ginny, il y a tout un tas de gosses qui resteront là-dedans jusqu’à leur majorité au moins. Regarde Coleen ! Pour la majorité des sorciers, c’est absurde de se retrouver là-dedans après tant d’années, ils ne comprennent pas que la guerre a laissé des traces bien plus profondes que ce qu’ils pensent ! Et puis qui…

Dennis baissa brusquement la voix. Son regard se faisait fuyant une nouvelle fois et il ne retenait plus qu’avec difficulté les larmes qui perlaient aux coins de ses yeux.

-Qui se souvient encore de Colin ? Qui se souvient encore qu’un gamin de seize ans est mort là-dedans ? Et qui sait que ses parents ne s’en sont jamais remis et que son frère ne sait pas s’il est vraiment plus avancé qu’eux ?

-Dennis…

Ginny avait l’air bouleversée. C’était normal, Dennis ne pouvait pas lui en vouloir. Elle avait connu sa peine, partagé sa douleur, elle savait que sa mère s’était donné la mort et que son père sombrait dans une profonde dépression. Elle savait que revenir dans le monde sorcier, faire de la magie à nouveau, avait été un véritable combat pour Dennis : elle l’avait aidé à le mener. Mais elle avait pensé, elle avait cru qu’effectivement, tout était terminé. Ou plutôt, que Colin manquerait toujours à Dennis mais qu’il avait réussi à surmonter sa mort et à aller de l’avant.

Sauf qu’à la différence d’un certain nombre de personnes qui pensaient la même chose parce que « Ça fait des années maintenant », comme Dennis l’entendait souvent sur le Chemin de Traverse, Ginny le pensait parce qu’elle-même avait réussi à surmonter la mort de son frère et à aller de l’avant. Ginny le pensait parce qu’elle vivait dans l’optimisme, quand lui s’enfonçait chaque jour dans son pessimisme.

Ginny était de ceux qui pouvaient dire en y croyant « Qu’importe, le soleil brillera toujours ».

-Tu sais, dit-elle d’une voix étrange, un peu étranglée, j’ai entendu Maman parler de ce problème à l’institut, des gens qui maintenant oublient ou plutôt veulent oublier la guerre. Ce que je peux comprendre, dans un sens. Mais je ne savais pas que tu… que Colin…

En prononçant ce mot elle ne put s’empêcher de poser son regard sur la petite brunette, à l’autre bout de la pièce, qui s’était finalement décidé à monter sur le balai sous l’impulsion de James mais qui ne décollait qu’à peine du sol, visiblement apeurée. La petite Coleen qui avait vraisemblablement décidé de faire de Dennis son père.

-C’est elle qui… ?

Sa question resta en suspens mais elle n’avait pas besoin d’en dire plus, Dennis avait compris et hocha doucement la tête de haut en bas.

-Quand j’ai entendu son nom… j’ai d’abord cru qu’on me faisait une blague. Et puis je l’ai vu… elle est née en avril, Ginny, un mois seulement avant la mort de Colin. C’est comme si elle était une part de lui qui avait survécu à la guerre, elle. Elle lui ressemble tu sais. On ne dirait pas comme ça parce qu’elle est vraiment timide… mais c’est lui. Quand je suis seul avec elle, je me dis vraiment qu’elle est lui. Elle a la même façon de sourire, le même rire, elle est incroyablement curieuse et… elle a un attrait irrésistible pour la photographie.

-Tu lui as déjà parlé de Colin ?

-Une seule fois. En parlant de la guerre, parce que c’est comme ça qu’elle a perdu ses parents… je lui ai dit que moi aussi j’avais perdu quelqu’un que j’aimais et que je pouvais comprendre ce qu’elle ressentait. Elle m’a demandé de lui parler un peu de Colin. Je l’ai fait. Mais elle n’en sait pas beaucoup.

-Il ne faut pas qu’elle croit qu’elle doit remplacer Colin pour que tu l’aimes.

-Je ne lui ai jamais dit ça, ne t’en fais pas.

-Je n’en doute pas, mais je pense que les enfants sont capables de s’imaginer des choses qu’on ne soupçonne même pas.

Ginny continuait à regarder du coin de l’œil Coleen s’élever de plus en plus haut -ou du moins, aussi haut que le permettait le jouet- sous l’œil attentif de son aîné.

-Tu sais, avec Harry, on a beaucoup discuté avant d’appeler nos enfants James et Albus. On s’est mis d’accord sur le fait que c’est une façon de rendre hommage à des gens que l’on a aimé, mais aussi une façon pour nos enfants de se sentir davantage rattachés à leur famille. Mais on ne veut pas non plus qu’ils se sentent obligés de leur ressembler. Parfois, quand je regarde James, je me dis que c’est amusant qu’il soit aussi taquin, aussi farceur que l’était son grand-père. Mais en même temps, je ne voudrais pas qu’il se sente obligé d’exacerber ce trait de son caractère pour nous faire plaisir, ou quelque chose comme ça. Alors je veille. Et je pense qu’avant qu’il ne parte pour Poudlard, avec Harry, on lui expliquera tout ça. Autant prendre les devants.

-Tu as raison. Mais c’est juste… c’est compliqué de penser à tout ça. Moi, dans l’absolu, je ne voudrais pas qu’elle ressemble trop à Colin. C’est déjà suffisamment dur de prononcer son prénom chaque jour. Mais en même temps, si elle est comme ça…

-Je pense que tu fais les choses comme il faut, Dennis, dit alors Ginny en posant doucement sa main sur celle de son ami. C’est normal de ne pas toujours se sentir au mieux. Mais sache que dans ces moments-là, et même quand ça va bien d’ailleurs, ma porte t’est toujours ouverte.

-Je sais.

Ils auraient pu rester un long moment ainsi à se regarder dans les yeux, chacun voyant dans le regard de l’autre la même tristesse et les mêmes fantômes. A cet instant, le visage de Colin les hantait tous les deux. Mais ils furent interrompus par une petite voix toute fluette, que Ginny entendait d’ailleurs pour la première fois :

-Je crois que James il s’est fait mal.

Ginny se redressa brusquement, comme si quelque chose l’avait piqué, et regarda au fond de la pièce où effectivement, James se massait le genou en tentant sans grand succès de retenir ses larmes. Le balai-jouet gisait à côté de lui. Ginny se précipita vers son enfant et s’empressa d’appliquer sur son genou un sortilège qui transforma la grimace du petit garçon en un soupir de soulagement, tandis que Coleen se rapprochait un peu plus de Dennis et murmurait, en regardant Ginny s’affairer autour de James :

-C’est vrai qu’elle est gentille, Ginny…

 

(…)

 

Le soleil était déjà haut dans le ciel quand les paupières de Coleen se soulevèrent doucement. Il lui fallut quelques secondes plus pour distinguer le visage souriant de Dennis au-dessus d’elle.

Elle se dit que cela faisait longtemps qu’elle ne l’avait pas vu l’air aussi joyeux.

-J’ai l’accord de la directrice. Aujourd’hui, toi et moi, on va se promener, dit Dennis.

Coleen cligna plusieurs fois des yeux en une seconde pour les habituer à la lumière avant d’adresser un petit sourire comme elle seule en avait le secret à Dennis. Ce dernier sortit de sa chambre pour la laisser se préparer et une demi-heure plus tard, il transplanait avec elle dans le sud de l’Angleterre, près d’une plage. Ils marchèrent longuement sur le sable fin, Coleen pieds nus pour sentir les grains de sable couler entre ses doigts de pieds. Ils s’arrêtèrent dans une petite auberge le midi et déjeunèrent en silence sans qu’aucun ne se formalise du silence de l’autre. Coleen savait que Dennis était triste et souvent perdu dans ses pensées, ces derniers temps, quant à lui, il avait remarqué que la fillette était moins bavarde avec lui depuis quelques temps. Il ne s’en inquiétait pas outre-mesure. Il lui restait encore toute une après-midi pour vaincre le silence.

Ils reprirent leur marche sur la longue plage et traversèrent plusieurs petits villages dans lesquels ils s’arrêtaient parfois pour regarder les vitrines des magasins. Et puis, brusquement, alors qu’ils s’apprêtaient à redescendre sur une plage malgré le temps qui se gâtait, Coleen se tourna vers Dennis.

-Est-ce que je suis mieux, comme ça ?

-Comment ça ?

-Est-ce que comme ça, en parlant moins et en ne posant pas trop de questions, je ne ressemble pas trop à l’autre Coleen ?

Elle ne savait pas que le prénom du frère de Dennis s’écrivait avec un « i », et quand bien même elle le saurait, elle aurait toujours l’impression qu’il s’agissait du même prénom.

A chaque fois que Dennis était allé trouver Ginny pour parler avec elle, elle avait entendu les conversations, même si on la reléguait au fond de la pièce avec James. Elle n’avait jamais donné l’impression d’être triste de ce qu’elle avait entendu, empêchant ainsi Ginny et Dennis de comprendre son désarroi. Mais cela ne l’empêchait pas d’essayer de faire des efforts pour changer, pour être le plus différente possible de celui qu’elle appelait « l’autre Coleen », dont le visage venait parfois la hanter. Elle ne l’avait jamais vu, pourtant. Mais elle avait suffisamment entendu parler de lui pour arriver à se l’imaginer. Pour que dans ses yeux, danse son fantôme entre les visages peinés de Ginny et Dennis.

-Coleen, qu’est-ce que tu crois avoir compris exactement ? demanda doucement Dennis en s’agenouillant pour être à sa hauteur.

-Bah… ton frère il est mort. Et il s’appelait Coleen, aussi. Du coup, tu es triste quand tu me vois. Et comme en plus tu trouves que je lui ressemble…

-D’abord, sache une chose Coleen : je ne suis pas triste quand je te vois. Je pense à mon frère, oui, et c’est vrai que ça me rend triste parce qu’il me manque. Mais toi tu ne me rends pas triste. Je t’aime beaucoup, Coleen. Tu es une petite fille adorable et j’aime m’occuper de toi. Tu n’es peut-être pas ma fille, biologiquement, mais pour moi c’est tout comme. Je t’aime comme si tu étais ma fille.

-Et Madame Ginny, tu l’aimes comment ? demanda innocemment la fillette.

A ces mots, Dennis ne put s’empêcher de rire. L’air innocent de Coleen l’attendrissait au plus haut point et il imaginait la tête de Ginny si on venait à l’appeler « Madame Ginny ».

-Ginny, c’est quelqu’un pour qui j’ai énormément de respect, dit-il alors. Jusqu’à présent, elle a été pour moi cette fille courageuse, qui a combattu pendant la bataille de Poudlard, qui a fait partie de la Résistance, et qui même après à continuer à s’engager, à assumer ses opinions. Celle, aussi, qui réussissait à surmonter ses propres deuils, à se reconstruire une vie. Mais maintenant, je vois les choses différemment… En fait Ginny est avant tout, je crois… mon amie. C’est mon amie. Je peux aller la voir quand ça ne va pas, mais aussi quand ça va bien. Je peux lui dire ce que je ressens, je peux parler de tout et de rien avec elle. Oui. Je pense que, comme mon frère à une époque, Ginny est maintenant et avant toute chose, une amie à mes yeux. De ces amis qui, je pense, le restent tout une vie. Et je comprends aussi pourquoi Colin ne l’appelait plus « que » son amie, à un moment. Parce que oui, elle est forte et courageuse, elle est une héroïne de guerre, elle est sympathique et jolie. Mais parce qu’elle est tout ça, parce qu’elle a toutes ces qualités, elle est mon amie. Et c’est ça, le plus important.

Dennis prit alors Coleen dans ses bras et la souleva de terre, la faisait d’abord voler un instant parce qu’il savait qu’elle aimait ça avant de la serrer dans ses bras, de mettre autant d’amour qu’il le pouvait dans son étreinte :

-Et toi Coleen, tu es ma petite fille parce que tu es gentille, curieuse, parce que tu as un beau sourire, parce que tu aimes la photographie… mais pas parce que tu ressembles à mon frère. J’aimais mon frère pour tout ça, pour ses qualités qui faisaient de lui ce qu’il était. Pas parce qu’avec ses qualités, il ressemblait à quelqu’un d’autre que je connaissais. C’est la même chose pour toi, Coleen. C’est la même chose pour toi.

 

(…)

 

Colin Crivey

1981 – 1997

Parti si jeune et pourtant si grand

 

-Je n’y étais pas retournée depuis des années, souffla Ginny. Je ne pensais pas que ce serait aussi fort.

-Tu es triste ?

-Oui, bien sûr. Mais en même temps je suis fière de ce que Colin a laissé derrière lui. Un petit frère qui a parcouru bien du chemin, un monde libre et plus juste et surtout beaucoup d’amour… Et puis, regarde…

Dennis suivit le regard de Ginny. Il se pencha sur la tombe de marbre blanc, regarda l’épitaphe que regardait aussi Ginny. Il ne vit rien, d’abord. Et puis peu à peu, les mots disparurent -seul restait le prénom de Colin- pour laisser leur place à d’autres : tous un tas de petits messages, très courts et pourtant si touchants, tous signés. Une quarantaine au moins, dont un de chacun des membres de l’Armée de Dumbledore ayant survécu à la guerre.

-Qu’est-ce que…

-C’est Hermione qui a réalisé le sortilège, dit Ginny. Je lui en ai parlé après ta deuxième visite, quand tu as dit que plus personne ne se souvenait de Colin. Il y avait Harry et Seamus avec elle, pour un truc à propos des Aurors. Je n’ai rien eu à faire. Seamus en a parlé à Lavande, qui en a parlé à Parvati, qui en a parlé à tous les anciens membres de l’AD. J’ai juste contacté Demelza qui a elle-même contacté les gens de sa promotion. Tu vois ? Ils ont tous laissé un mot pour Colin. Personne ne l’a oublié, Dennis.

L’émotion le prit de court. Sans qu’il n’ait pu faire quoi que ce soit, amorcer le moindre geste, il sentit ses yeux le piquer très fort et l’instant d’après, de grosses larmes roulaient sur ses joues. A côté de lui, la petite Coleen lui serrait très fort la main, émue elle aussi par tous ces messages. Elle ne connaissait pas les gens qui les avaient rédigé et pourtant elle sentait qu’il s’agissait de gens très biens et surtout, que c’était important pour Dennis. Alors c’est important pour elle, aussi.

Mais surtout, elle se sentait pleinement reconnaissante envers Ginny, grâce à qui tout cela avait pu être possible. Ginny qui tenait Dennis par les épaules et qui pleurait, elle aussi, devant la tombe de son ami disparu.

Lorsqu’ils regagnèrent la maison de Ginny où cette dernière les avait invités à déjeuner, Coleen put en apprendre davantage sur ce garçon qui portait le même prénom qu’elle. Ginny et Dennis s’échangèrent des anecdotes sur lui, se remémorèrent des souvenirs, et les sourires s’élargirent au fur et à mesure en même temps que les rires.

-Oh et puis cette fois où il a réussi à nous entraîner Demelza et moi dans une balade nocturne, tout ça parce qu’il voulait absolument photographier le parc de Poudlard depuis la tour d’astronomie de nuit ! Sur le chemin du retour, il regardait son appareil photo et il ne faisait pas attention à où il mettait les pieds. Il a trébuché sur un tapis, il est tombé sur Demelza qui est tombé sur moi et on a renversé une armure, on a fait un boucan d’enfer et en courant vers notre salle commune, on riait tellement qu’on a dû réveiller tout le château ! Et pourtant, Rusard n’a jamais réussi à nous avoir.

Ginny et Dennis riaient aux éclats, maintenant. Et Dennis ne s’en rendit même pas compte au début. Il réalisa seulement après, lorsqu’il rentra avec Coleen, que pour la première fois il avait pu rire ainsi avec Ginny. Rire comme Colin riait avec elle. Il avait pourtant compris, maintenant, que ce n’était pas par manque de considération ou d’amitié que Ginny riait moins avec lui qu’avec ses autres amis : ne lui avait-elle pas trouvé maintes et maintes fois qu’elle avait tout d’une amie fidèle ? Seulement, il avait toujours été trop triste, trop pessimiste, pour qu’elle n’arrive à se sentir aussi à l’aise avec lui.

En riant ainsi, il n’eut donc pas l’impression qu’elle lui accordait son amitié : c’était déjà fait. En revanche il se rendit compte du chemin qu’il avait parcouru depuis la mort de son frère, grâce à la petite Coleen sûrement, mais aussi et surtout grâce à Ginny, Ginny qui était sans aucun doute la meilleure personne qu’il connaissait. La meilleure, avec la jeune Coleen. « L’autre Coleen ».

Coleen dont désormais, les grands yeux verts sous les paupières verraient une Ginny et un Dennis souriants, avec entre eux deux un Colin un peu en retrait, un peu effacé, et pourtant presque plus souriant encore.

Note de fin de chapitre :

Merci d'avoir lu ! J'ai hésité à mettre "Romance/Amour" parce qu'il n'y a pas vraiment de "couple amoureux", à part Harry et Ginny en arrière-plan, mais finalement il y a bien de l'amour dans ce texte, non ?

N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé en tout cas, et à aller commenter les autres textes du projet !

Si toi aussi tu aimes Ginny, viens nous rejoindre sur le forum, on a des meringues ! o/
Vous devez s'identifier (s'enregistrer) pour laisser une review.