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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


L'Empreinte du Doute par Ielenna

[6 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

YO, mes petits lamas radioactifs au gingembre !

Dans le projet Take a Picture, j'ai eu un coup de coeur pour un sublime montage (voir image associée) qui m'a permis de mettre des mots sur un instant T de la vie des Whispers : la veille du mariage de Grace et Phil, les parents de Kate Whisper. Cela faisait quelques mois que je réfléchissais à mettre en forme cette journée si particulière, surtout aux yeux de Grace, et le déclic (et la motivation) me sont parvenus grâce à ce montage. SO, MERCI EDWILYA !

Vous pouvez bien sûr lire ce OS pour le plaisir, mais il est toujours préférable d'avoir lu Ludo Mentis Aciem, ma fiction principale, pour capter tout le concept de la chose. Histoire de vous imprégner du caractère des deux protagonistes au centre de cet OS (ou des autres aussi !) et du contexte dans lequel ils ont évolué, au fil des ans.

Bref. Dans cet OS, il y a zéro personnage originel à Harry Potter, so, si les OCs ne vous branchent pas, mieux vaut quitter cette page... Pour les autres : BONNE LECTURE !

Note de chapitre:

4 juillet 1986.
Ce n’était qu’une poupée, toute vêtue de blanc. Du voile à ses gants brodés. Oui. Le miroir ne semblait pas lui renvoyer son propre reflet, mais celui d’une autre, tant elle pouvait se méprendre sur sa propre identité à ce moment précis. Elle n’osait pas même mouvoir son expression de crainte d’enfin se reconnaître.

— Hého, Grace, tu m’entends ?

La concernée pivota la tête en direction de la femme accroupie à côté d’elle, occupée à repriser quelques endroits de la robe.

— Excusez-moi, Harmony, je ne vous ai pas entendue... ! bredouilla-t-elle, toute confuse.
— Je te demandais si tu voulais plus de perles sur ta ceinture.
— J-je crois que j’en ai déjà assez sur le col !
— Bon. Si tu veux, on peut essayer d’ajouter des petites pierres violettes, ça irait bien avec les rubans et ton pendentif.

Dans un réflexe, Grace porta ses doigts frissonnants à la pendeloque mauve, disque en pierre, chaud contre sa peau. Sa plus grande protection. Un cadeau que lui avait offert sa propre mère, Ellen, quand elle avait été hospitalisée, étant enfant. Et dans les moments de faiblesse, de doute, jamais rien n’avait pu la rassurer plus que ce bijou. Si Phil ne l’avait pas nié, elle aurait attesté sans nul doute qu’il possédait des vertus magiques, comme le lui avait avancée sa mère le jour où elle le lui céda. Sauf que Phil était sorcier, Ellen ne l’était pas.

C’était d’ailleurs bien là la source de ses craintes de ce jour...
Harmony, le visage imperturbable, secoua alors à nouveau sa baguette magique en murmurant :

Amethistus.

Aussitôt, des petits fragments de cristaux violets parsemèrent la large ceinture en satin qui ceignait la taille de Grace.

— En effet, c’est très joli ! constata-t-elle en animant un léger sourire sur ses lèvres. Merci beaucoup !
— Il n’y a pas de quoi !

Harmony se releva et adressa un bref rictus qu’elle voulut avenant à sa future belle-fille. Ce n’était pas une question d’inimitié qui la forçait à arborer une face dépourvue d’expression, un peu comme sa propre mère, mais les conséquences d’un caractère tenace et sans faille. Il avait fallu au moins ça pour concevoir, élever et surtout supporter un énergumène tel que Phil.
Et aujourd’hui, elle allait l’épouser. Elle peinait encore à se rendre compte de tout ce que cela allait impliquer.

— Tu es ravissante, Grace, la complimenta Harmony alors que Grace continuait de pivoter devant le miroir pour contempler la robe du jour le plus important de sa vie.
— C’est grâce à vous, Harmony ! Elle est... sublime !
— Pas de quoi.

Cependant, elle décela sur le visage de sa belle-fille ce sourire pincé, un peu forcé, qui en disait long sur ses pensées. La sorcière lui attrapa le menton, la forçant à croiser son regard gris acier, les yeux caractéristiques des Whisper, agrandis par les verres de ses lunettes rectangulaires.

— Et arrête de te ressasser ce genre de pensées...
— De... pardon ? bredouilla-t-elle, confuse.
— Ne crois pas que tu ne seras pas à la hauteur parce que tu n’es pas une sorcière. S’il t’a choisi, s’il t’aime, c’est que tu vaux mieux que n’importe quelle sorcière qui soit ! Point barre. C’est ok ?
— O-oui, d’accord. Merci, Harmony...

Un lent sourire, plus franc, s’étira sur ses lèvres pas encore maquillées, accompagnant celui de la sorcière aux courts cheveux gris, qui recula de quelques pas.

— Bon. Tu ne vas pas la porter jusqu’à demain ! Je vais t’aider à te rhabiller puis je ferai les dernières petites reprises.

Mais Grace continuait de réfléchir alors qu’elle renfilait son jean qu’elle reboutonna sur sa taille svelte. Ce n’était pas tant épouser un homme comme Phil qui lui faisait peur, mais en embrasser les conséquences. Lier par ce jour deux familles qui ne partageaient rien en commun : des sorciers au sang-pur mais assez tolérants pour accepter que leur benjamin s’amourache d’une moldue et une famille de médecins qui regrettait que leur fille n’ait pas trouvé meilleur parti qu’un homme aux origines incertaines.
Lorsqu’Harmony quitta l’endroit, Grace se retrouva seule dans son immense chambre d’appoint, sous les combles de cette grange rénovée dans laquelle s’étaient réparties les différentes familles pour l’événement. Le bois avait été repeint il y a peu, le plancher reverni, les fenêtres troquées par des neuves, tout avait été remanié de manière à rendre l’endroit avenant. Et nombre de personnes auraient été séduit par le charme typique que cette chambre dégageait. Mais la jeune fille trouvait la pièce froide et presque glauque, avec ces planches blanches, ces broderies beiges campagnardes et cette odeur de poussière. Mais elle avait voulu une cérémonie intime, dans le calme et la sérénité, elle n’était plus en position de se plaindre… !
Dans quoi s’embarquait-elle ? Grace se reposa cette question sempiternelle alors qu’elle s’assit sur le grand lit, trop moelleux pour être confortable, son visage caressé par les rayons du soleil qui perçaient par la vitre, les mains liées sur ses cuisses en se triturant les doigts. À sa manière, elle avait toujours manifesté un courage marginal aux yeux de ses proches, qui, aujourd’hui, pesait sur ses entrailles. Là où toute sa famille avait suivi la voie de la médecine, elle avait privilégié la passion des lettres. Et là où ils auraient voulu la voir avec un mari de grande prestance, elle s’engageait avec un sorcier au métier audacieux, un homme qui ne pouvait rien dévoiler de son secret à sa belle-famille… Du haut de ses dix-neuf ans, bientôt vingt, Grace n’aurait jamais cru qu’un jour, elle réunirait deux familles que tout opposait pour sceller une union bien particulière.
Mais un plus grand doute encore lui ceignait le cœur… Rien que d’y accorder sa pensée éveillait en elle un terrible tremblement.
Au même moment, quelqu’un frappa à la porte de la chambre, détournant brusquement Grace de ses pensées.

— Qui est-ce ? lança-t-elle en redressant la tête.
— Ta sœur préférée. J’apporte ce que tu m’as demandé. Je fais quoi, je dois tirer sur la bobinette et la chevillette cherra ?

Son cœur fit un bond si grand dans sa poitrine qu’il se coinça dans sa gorge. Grace bondit sur ses pieds et se précipita vers la porte pour ouvrir la porte à Rebecca. Sa sœur aînée semblait encore très loin de l’élégance propre aux mariages qu’elle devait revêtir le lendemain. Son abondante chevelure noire était emmêlée, son débardeur de la même teinte, sur lequel était marqué « Read BOOKS, instead of eyeing what is written on my BOOBS », mettait en valeur son décolleté pâle et avantageux, sans compter son ample pantalon kaki qui retombait sur ses vieilles sandales en cuir. Elle portait au bout du bras, d’un air nonchalant, un sac plastique blanc.

— Livraison spéciale pour mademoiselle ! claironna Rebecca, avec son sourire communicatif.

Pourtant, la situation n’avait rien de réjouissante.

— Papa et maman ne t’ont pas vue ? préféra s’assurer Grace, qui ne partageait pas le même enthousiasme que sa sœur aînée, la faisant entrer dans la chambre pour vite refermer la porte derrière elle.
— Nop ! Tu penses, ils sont trop stressés pour oser sortir de leur chambre !

Puis, elle lui tendit en sac en plastique, dont le contenu faisait battre plus fort le cœur de Grace, qui l’attrapa d’une main fébrile. Avant d’en sortir une petite boîte rectangulaire, que la jeune femme examina sous toutes les coutures.

— J’aurais préféré que tu me demandes une prise de sang pour ça, déplora faussement Rebecca en haussant les épaules. Mais bon, le résultat se serait peut-être fait plus tardif !

Mais sa petite sœur ne lui répondit pas, toute tremblante et les yeux toujours fixés sur l’emballage.

— Tu es certaine que tu as envie de savoir ça maintenant ? se soucia Rebecca, mettant de côté sa bonne humeur.
— Je ne serai pas tranquille si je ne le sais pas… ! J-je dois le faire.
— Bien. Je reste dans la chambre au besoin, alors, lui lança-t-elle alors que Grace se dirigeait vers la salle de bains, accolée à la pièce. Je t’attends.

Après qu’elle eut refermé la porte, sa grande sœur s’assit sur le lit, au même endroit où Grace se fut placée il y avait quelques minutes de cela, et examina son environnement. Tout était soigneusement rangé, trié. Grace démontrait toujours un sens maniaque de l’organisation en situation de stress. Elle semblait même avoir arrangé les affaires de son fiancé dans la valise de ce dernier ! La seule chose qui entachait ce tableau d’ordre, c’était ce mug de café vide et encore sale sur la table de chevet. Sous ce dernier, un petit papier, sur lequel il était marqué « Bonjour, petit rayon de soleil. :) Je t’aime. Encore. Il paraît. À ton grand malheur. *coeur* ».

Cela fit sourire Rebecca. Phil était vraiment un homme attentionné. Mais elle semblait être la seule de sa famille, à l’exception de Grace, bien entendu, à s’en rendre compte. Les Matthews étaient tellement renfermés dans leur bulle d’élitisme qu’ils ne parvenaient pas à voir les bons côtés de cet homme, ceux que Grace affectionnait tant. Sa cadette avait bien de la chance. Dans cette situation familiale étouffante, Phil devait être une véritable bouffée de fraîcheur. Mais si seulement Rebecca savait qui il était derrière tout cela : un sorcier comme beaucoup d’autres, camouflé au milieu des Moldus.
Dans l’attente, Rebecca commença à siffloter tout en se balançant d’avant et arrière. Jusqu’à ce qu’un bruit soudain n’éclate dans la salle de bains.

— Grace ?!

Alarmée, Rebecca se précipita vers la porte, qui n’avait pas été verrouillée, et l’ouvrit à la volée. Grace était affaissée derrière le lavabo, s’étant agrippée au rebord de ce dernier et à la barre de serviette dans sa chute. Son souffle était rapide et bruyant, son visage rouge et humide. Sa sœur se pressa à sa rescousse et la soutint pour la maintenir debout.

— Respire, Grace, respire ! Ce n’est rien, tu as juste fait un petit malaise ! Calme-toi !
Sur le carrelage blanc, le test de grossesse qu’elle avait lâché se révélait positif.
— Je suis enceinte, Rebecca, je suis… s’angoissa Grace, le souffle court.
— Oui, oui, je sais !
— Qu’est-ce que je vais faire ! Mais qu’est-ce que… !
— Tu vas te calmer, d’abord ! Ok ? Viens… !

Sa sœur aînée la traîna jusqu’à son lit pour l’y allonger, alors que les larmes avaient commencé à couler sur les joues de Grace. Pourquoi avait-elle voulu le savoir aujourd’hui ?! Pourquoi devait-elle s’infliger ça en plus ? Davantage d’appréhension. Davantage de doutes.
Comme toute future mariée, Grace rêvait de fonder une famille avec l’homme qu’elle allait épouser. Mais elle n’escomptait pas mettre en œuvre cela aussi précocement ! Comment allait-il réagir ? Et qu’adviendrait-il de cet enfant : serait-il aussi un sorcier ?
Toutes ces questions accentuaient son vertige, alors que Rebecca lui plaçait les jambes en déclive.

— Respire, calmement, la guidait-elle alors qu’elle palpait sa gorge pour calculer son pouls.

Grace suivit les paroles de sa sœur, à laquelle elle vouait toute confiance. Une chance que cette dernière soit une future doctoresse en formation.

— Ca devrait aller… C’est juste le choc de l’émotion, la rassura-t-elle.

Cherchant le réconfort, Grace attrapa la main de sa soeur alors qu’elle commençait à l’éloigner. Rebecca crut revivre les nombreux moments de son enfance, lorsque Grace renouvelait les séjours à l’hôpital à cause de sa santé fragile. Elle, la bordant dans son lit.

— Hé, souris, c’est une belle nouvelle ! lui murmura-t-elle rayonnante, tout en lui caressant le dos de la main.

Grace se surprit à ricaner en même temps, encore les yeux embués de larmes.

— Oui, mais… je ne pensais pas maintenant ! Tu te rends compte ! Je n’aurais que… vingt ans !
— J’ai envie de te dire, tu te maries à dix-neuf, un peu plus de deux ans après ta rencontre avec l’homme de ta vie ! Tu as toujours pris de l’avance sur tout, poulette ! On n’y peut rien ! Tu ne vas tout de même pas...

Elle buta sur ses mots en grimaçant :

— ... songer à l’avortement ?
— Je... Non ! Phil ne me le pardonnerait jamais !
— Tu n’es pas obligée de lui dire, c’est ton corps !
— Je ne peux pas lui mentir, je ne peux rien lui cacher. Et c’est son bébé. J-je... je ne veux pas m’en débarrasser comme ça. Oui... Je le garderai... !

Heureuse de constater que sa sœur prenait sûrement l’une des plus belles décisions de sa vie, Rebecca sourit.

— Mais… tu crois que les parents vont bien le prendre ? tressaillit Grace.
— Sans vouloir être désobligeante vis-à-vis de ton fiancé, je pense que rien ne peut être pire à leurs yeux… ! Ils vont devenir grands-parents, ils n’ont pas à se plaindre ! Mais ne leur annonce peut-être pas ça aujourd’hui…

Bien à sa manière, Rebecca se révélait d’un soutien insoupçonnable. Bien plus appréciable que n’importe lequel. Grace se rasséréna et commença à partager avec sa sœur une longue discussion sur cet avenir qui lui semblait si flou.
Elles quittèrent la chambre d’appoint une heure plus tard, pour rejoindre les Matthews au rez-de-chaussée. Le crépuscule tomba et plongea la pièce dans une ambiance singulière, dans des teintes lumineuses, roses et orangées, accentuant les ombres des meubles. Harmony ouvrit la porte sans frapper, sachant que la chambre serait déserte. Et elle déposa la lourde robe de mariée, qu’elle faisait léviter avec sa baguette magique, sur le lit. Elle aussi esquissa un sourire sincère en tombant sur le mot que son fils avait laissé à l’élue de son cœur. C’était qu’il l’aimait, cette Moldue. Et Harmony le connaissait trop bien pour savoir que ce n’était pas qu’à moitié ! D’un geste délié du poignet, elle en profita pour laver la tasse posée sur le billet : la crasse laissée par le café séché se volatilisa. Puis, elle rejoignit le reste des convives au repas, le dernier dîner avant le jour de la cérémonie.
La nuit tomba. La pièce se rafraîchit. La fenêtre, qui avait été laissée entrouverte, faisait passer des filets d’airs, qui s’insinuaient sous les tissus, faisant valser avec langueur les fins rideaux de dentelle. Le message sous le mug frémit de même, le petit cœur comme s’animant au gré du vent. Les ombres coulissèrent sur le plancher selon la position de la lune gibbeuse, très lumineuse en cette nuit de juillet, faisant scintiller tour à tour les petites améthystes incrustées sur la robe de la mariée. Ces lucioles violettes qui semblaient butiner la soie immaculée rejoignirent le spectacle dans le silence respectueux de la nuit. Cette dernière nuit.
Bien plus tard dans la soirée, de la lumière perça dans le couloir. De même que des cris modérés.

— Je ne veux pas en parler ici !
— Tu as bien raison ! Allons dans ta chambre !

La porte s’ouvrit à la volée et Grace, furibonde, sollicita ses parents à entrer, eux-même sur les nerfs.

— Non mais vous vous rendez compte de la manière dont vous vous comportez ? fulmina Grace après avoir refermé la porte et allumé la lumière, quoique légèrement fébrile. J-je veux bien croire que vous ne portez pas Phil dans votre cœur, mais vous pourriez au moins être un peu respectueux envers sa famille !
— Tu as bien vu leurs manières ! s’exclama Ellen, sa mère, qui n’avait aucune connaissance de leur appartenance au monde des sorciers au nom de leur secret. Ces gens n’ont aucune… culture ! Comment diable penses-tu partager des discussions censées avec eux !
— Ils appellent même des médecins des… guérisseurs ! Ils ont fait des études dans leur vie, ces gens ?! renchérit Robert, sa barbe taillée bougeant au rythme de ses syllabes.
— Les Whisper sont particuliers, leur accorda Grace en calmant le ton, mais ce n’est pas une raison pour les railler à ce point… !
— Non, tu as raison. Il n’y a que leur beau-fils qui paraît sensé !

Il fallait avouer que Peter Burbage, marié à la sœur de Phil, Charity, était lui-même moldu. Il était donc le plus amène à se comporter de manière normale aux yeux des Matthews !

— J’espère d’ailleurs pour eux que le fils de ce dernier relèvera le niveau… ! ricana Ellen, sarcastique, en parlant du petit Eliot, à peine âgé de deux ans.
— Vous ne pouvez pas faire des efforts ? Rien qu’un peu ! Au lieu de vous comporter comme des… enfants ! Vous vous écoutez un peu, des fois ?
— Parce qu’ils en font à notre égard ?
— Plus que tu ne le penses, à mon avis !

Croyant que sa fille accusait leur caractère, Ellen se renfrogna. Pourtant, elle se retint d’exprimer sa colère, bien propice à exploser.

— Et Phil, tu penses qu’il en fera des efforts, avec toi ?
— Je ne vois pas ce que tu veux dire, maman…
— Tu t’engages pour toute ta vie. Voyons, ma biche, sois raisonnable ! Ouvre les yeux !
Grace fronça les sourcils tandis que ses parents se rapprochèrent, comme pour lui annoncer quelque chose d’important.
— Je ne comprends pas, marmonna-t-elle, sèche.
— Chérie, débuta Robert, sérieux. Ta mère et moi… pensons que tu fais… une erreur de jeunesse. Phil ne te rendra pas heureuse…
— Qu’est-ce… qu’est-ce que tu en sais ! bredouilla Grace, estomaquée. Tu ne le connais même pas !
— Ce n’est pas ton genre d’homme ! intervint Ellen à son tour. Il n’est pas… naturel ! Il ne te mérite pas ! Allons, Grace, chaton… ! Tu as dix-neuf ans ! Tu ne trouves pas ça trop précoce, de te marier si vite ?
— Oui, nous n’avons pas envie que tu regrettes ton erreur, Grace…
— Même James le pense… Et tu sais que ton frère ne dit pas les choses à moitié.

Un silence plombé retomba sur leurs épaules. Grace serrait les dents autant que son poing contre sa cuisse. Un seul mot résonna :

— Sortez…

Ses parents tardèrent à essayer de réagir :

— Chérie, nous voulons juste…
— Sortez ! hurla Grace, éplorée. Tout de suite !!

Choqués par la réaction de leur fille cadette, les Matthews ne se firent pas prier davantage pour quitter les lieux, lui lançant un dernier regard qui la pensait perdue. Lorsque la porte se referma, Grace s’empoigna la racine des cheveux et ravala au possible ses larmes de colère. Elle devait respirer, lui avait dit Rebecca. Elle ne devait pas faire un nouveau malaise… Pas maintenant. Pas ici. Pas seule.
Quand Grace se retourna, sans retenir ses sanglots, elle aperçut la magnifique robe qu’elle revêtirait le lendemain. Sa simple vue berça son cœur. Car quand elle la porterait, elle ne serait plus Grace Matthews. Mais Grace Whisper. Émancipée de ses parents. Celle qu’elle avait toujours rêvé devenir, malgré tout ce qu’ils pouvaient penser. Mais surtout, en compagnie de Phil. Et d’un futur enfant… Tout ce qui lui importait, en somme.
Pourtant, elle ne parvenait pas à cesser de pleurer, encore bouleversée par ce qu’on venait de lui asséner. Les paroles de ses parents résonnaient encore en elle. Elle déplaça la robe, la déposant sur la chaise adjacente, et se recroquevilla sur le lit, dos à la porte. Deux minutes plus tard, un poing attentionné frappa à cette dernière puis s’ouvrit après l’absence de réponse de celle qui l’habitait.

— Grace ?

La jeune femme ne réagit que d’un nouveau sanglot, ramenant davantage ses genoux contre sa poitrine. La porte se referma doucement.

— Chérie ?

A pas silencieux, Phil s’approcha du lit et glissa jusqu’à elle. Lorsqu’elle perçut l’épais matelas qui s’affaissa, Grace roula en sa direction pour lui accorder un regard gonflé de larmes. Cette seule vision lui suffit à ravaler ses sanglots. Ce sourire perché aux coins des lèvres, cet air malicieux dissimulé derrière le gris nuageux de ses yeux, ces reliques de l’adolescence qui demeuraient encore dans la forme de son visage juvénile.

— Qu’est-ce qui ne va pas... ? lui murmura-t-il alors qu’elle se réfugiait contre lui, caressant ses longs cheveux bruns.

— Mes parents... renifla-t-elle. Rien d’inhabituel... !

Ils préférèrent en ricaner. Puis, Phil se pencha au-dessus d’elle et déposa un long baiser à l’encoignure de sa paupière.

— Ca ne durera plus, lui chuchota-t-il à l’oreille. Demain, tu ne dépendras plus d’eux...
— Oui, je sais, souffla-t-elle, frémissante.
— Plus que tous les deux.

Frictionnant un morceau de la chemise de son fiancé entre ses doigts, Grace hésitait à lui avouer bien plus. Le fait qu’ils ne seraient non pas deux, comme il le pensait si bien, mais trois. Pourtant, les mots demeuraient coincés dans sa gorge. Elle ne désirait pas briser l’intimité de cet instant et retrouver de nouvelles discussions qu’elle n’était pas apte à aborder. Pas maintenant. Pas après cette entrevue familiale. C’en était déjà trop...

— Allez. Je vais te faire un bon petit thé, comme tu l’aimes, soupira Phil en se redressant, avant de pivoter pour attraper le mug vide et lavé sur la table de chevet. C’est plus efficace que n’importe quelle potion pour ton gros chagrin...

Il sortit sa baguette magique de sa poche et murmura une formule. De l’extrémité de celle-ci jaillit un filet d’eau sombre qui tourbillonna au fond de la tasse, jusqu’à ce que le breuvage bouillant n’atteigne presque le rebord.

— Merci... marmonna Grace en se relevant en position assise, essuyant d’un revers de la main les sillons de ses larmes, avant de réceptionner son thé.

Ils restèrent ainsi la moitié d’une heure, l’un contre l’autre. Grace buvait son thé autant que les paroles de Phil, qui évoquait la journée unique du lendemain. Elle n’avait jamais été très loquace, toujours d’un caractère très réservé, mais elle semblait vivre par procuration en s’imprégnant des histoires de son fiancé. Ils avaient trouvé leur équilibre.
Après qu’ils se furent couchés, Grace ne put s’empêcher de sourire alors que Phil l’enlaçait dans son sommeil, sa grande main chaude posée sur son ventre. Si seulement il savait ce qu’il s’y trouvait...
Elle ferma les yeux et versa une dernière larme. Une larme de joie. En cet instant précis, elle n’avait rarement été aussi heureuse. Il n’y avait plus de doute. Car elle avait fait les bons choix.
Dans leur sommeil, un coup de vent fila dans l’embrasure de la fenêtre ouverte. Et le petit mot couché sur la table de chevet s’envola dans la chambre et rejoignit la robe de mariée, collé contre la ceinture aux améthystes.
Note de fin de chapitre :

Voilà. Pour les lecteurs de LMA, j'espère que cet OS bonus vous a plu et qu'il vous a permis de comprendre certaines choses ! Pour les non-lecteurs de LMA, je vous aime aussi, et j'espère que votre curiosité vous mènera sur les traces de Kate, qui n'est qu'à l'état de haricot dans cet OS, CERTES, je vous l'accorde (mais c'est une gamine très attachante, donc il faut aller lire LMA ! Si vous n'allez pas lire, tant pis, je vous aime quand même !)

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