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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Les cousins de Normandie par Persis

[5 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

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Note de chapitre:

Merci à Azenor pour avoir traduit en breton la phrase annotée (4).
Deux minutes avant seize heures, l’âtre des Malfoy normands crépita et vira au vert. Mme Inguier vit ses deux filles et leur cousin débarquer dans le salon. Le récit de leurs aventures laissa Thorvald mi-figue, mi-raisin, il avait projeté d’amener son cousin dans le même endroit.

— Il y avait d’autres endroits à voir, ronchonna-t-il.
— Moi, je veux bien y retourner, fit remarquer Draco, c’est un endroit plutôt sympathique. Mais à condition qu’on y aille directement, par la cheminée. J’ai mon compte de déguisement.
— On pourrait aller en Bretagne, ce n’est pas loin, par cheminée, proposa Dagmar.
— On verra, je vais réfléchir, répondit Thorvald.
— En tout cas, je voudrais tout de même voir comment vous fabriquez des baguettes magiques de fortune, rappela Draco.
— Ah oui, mais non, intervint Birgit ! Faites vos expériences où vous voulez mais pas à la maison !

Les jumelles éclatèrent de rire.

— Je me doutais bien que c’était dangereux, murmura Draco.
— Tout est relatif, répondit Ansgar. Je veux bien présider l’atelier d’expérimentation. Ce ne sont pas les endroits adaptés qui font défaut.
— Tu as de bonnes couleurs, Draco, fit remarquer Birgit.
— Le calva-flamme lui réussit, expliqua Gudrun.
— Si tu as encore une petite place dans l’estomac, j’ai quelques spécialités locales de prêtes, dit Birgit.
— Bien volontiers, les sandwichs de la gargote écossaise ne m’ont pas rassasié.
— La gargote éc ... ? s’étonna Ansgar en fronçant les sourcils.
— Le Mc Do ! s’exclama Thorvald.
— Evidemment, si tu as descendu quelques Calva-flamme, tu sais maintenant ce qu’est un trou normand : ça creuse l’appétit, expliqua Ansgar.
— Je vais chercher les bourdelots, déclara Birgit. Au fait, c’est Ansgar qui les a préparés.
— C’est un papa-gâteau, s’exclamèrent en chœur les deux sœurs.

Birgit alla chercher les bourdelots, des pommes cuites dans un carré de pâte feuilletée, pendant qu’Ansgar dressait la table en quelques sortilèges. Tout le monde se mit à table et fit honneur au goûter. Draco avait un bon coup de fourchette et il appréciait les talents de pâtissier de son hôte. Après le goûter, il se sentit légèrement somnolant et se retira dans sa chambre pour s’y reposer. Il piqua un petit somme puis alla rejoindre ses cousins au salon, qui discutaient joyeusement ensemble. Sur le coup de six heures et demie, un hibou heurta légèrement la vitre. Thorvald alla ouvrir.

— Du courrier de Merlin, annonça-t-il.
— On a reconnu le hibou, fit remarquer Gudrun.
— C’est sûrement les photos, ajouta Dagmar. Combien est-ce qu’on lui doit ?
— Chaipas, répondit Thorvald. La note est certainement dans l’enveloppe.

Il la lui tendit et elle l’ouvrit avec empressement.

— He ! Génial ! s’exclama-t-elle.
— Fais voir ! dit Gudrun en se collant à elle.
— Vous me direz combien je vous dois, intervint Draco.
— Merlin ne demande pas cher. De toute façon, on t’en fait cadeau pour ton petit Noël, répondit Thorvald.
— Je peux quand même voir les photos ? insista-t-il lourdement.
— Tiens, regarde : avec petit papa Noël, dit Gudrun en lui passant la première.

Draco la prit et la considéra, satisfait. Il n’y avait pas à dire, ce Merlin connaissait son métier. Le développement était réussi et il pouvait en tirer un bon prix auprès du Daily Prophet ou de Witch Weekly (2).

— Les négatifs ? demanda-t-il, pensif, tout en examinant la seconde photo.
— Ils sont dans l’enveloppe, avec le reste, répondit Thorvald.
— Parfait ! C’est parfait ! Du travail bien fait.
— Contente que ça te plaise, fit Gudrun, non sans ironie.

Les clichés avaient de quoi alimenter la conversation jusqu’au repas du soir. On y parla de tout et de rien. Ansgar attendit le dessert pour annoncer qu’il mettrait sur pied un atelier de fabrication de baguettes dans la matinée. Thorvald enchaîna en informant qu’il se chargerait de son cousin, l’après-midi, mais qu’il ne dévoilerait pas encore leur destination.

Draco alla se coucher, satisfait de sa journée, malgré les tours pendables que lui avaient joués les jumelles. Il pensait Thorvald plus raisonnable et ne s’inquiéta pas pour le lendemain. Il dormit d’un sommeil de plomb.

La matinée du lendemain promettait d’être des plus intéressantes. Ansgar emmena son petit monde dans une caverne où il avait allumé des feux magiques, pour la réchauffer. Deux établis attendaient les participants. Des bouts de bois, des becs de gaz, des tiges de cuivres, du papier à poncer, des couteaux.

Travailler de ses mains n’était une chose assez nouvelle pour Draco. Pourtant, la curiosité l’emporta sur la répugnance et les préjugés de parvenu embourgeoisé. La tenue d’Ansgar le fascinait. Il portait une robe de sorcier noire, ornée de motifs scandinaves comme il n’en voyait que trop rarement. C’était l’une des rares choses qu’il appréciait chez ses cousins normands : leurs tenues sorcières. Mais ils les portaient si peu souvent ! Il fallu, scier, poncer, chauffer les tiges, évider les baguettes, et enfiler de longues aguilles, sans jamais avoir recours à la magie si ce n’est sous sa forme naturelle, telle qu’elle était présente pendant l’enfance.

Toutefois, le résultat fut à la hauteur. Après deux heures de travail acharné, de ratages multiples et de fou-rires adolescents, les baguettes artisanales furent prêtes. Il ne restait plus qu’à les essayer. Les résultats n’étaient pas très probants ; elles se révélèrent peu fiables et peu puissantes. Cependant, Draco se rendit compte qu’à force d’essayer et d’utiliser son petit bricolage, la baguette de fortune gagnait en précision en efficacité toute relative. Il pouvait jeter des sorts basiques comme un Accio ou un Wingardium leviosa et arriver à un résultat visible.

Le cousin britannique sortit détendu et heureux de cette matinée récréative. Il garderait sa baguette de fortune en souvenir. Mais il n’eut pas le temps de regagner la demeure des Malfoy normands. Alors qu’il était en chemin, Thorvald posa la main sur son épaule.

— Alors, tout va bien, cousin ? demanda-t-il.
— Mais oui ! Pourquoi cette quessssss...

Le reste de la phrase se perdit dans un grand tourbillon ; Thorvald venait de transplaner en emmenant son hôte avec lui. Les deux garçons se retrouvèrent dans un pré, face au Mont Saint Michel.

— Ça va, l’effet de surprise ? s’enquit Thorvald pour la forme.

Draco réajusta ses vêtements et regarda tout autour de lui, bouche bée.

— Oui ... répondit-il, un peu hébété. Qu’y a-t-il au programme ?
— Une petite balade en balai, en rase-flotte.

Il se dirigea à grandes enjambées vers une petite cabane et en sortit deux balais. Il en jeta un à Draco qui le rattrapa au lancer. Les deux garçons enfourchèrent leur engin et tapèrent du pied pour prendre de l’altitude. Thorvald fila droit devant, à toute vitesse, presque à ras de l’eau. Il était quasiment arrivé au pied du Mont quand il vira brusquement à gauche. Draco, fut surpris par la manœuvre mais il parvint à redresser sa course. Thorvald devait être redoutable sur un terrain de Quidditch, pensa-t-il. Le garçon ralentit un instant sa course, le temps que Draco puisse bien voir où il allait, puis il se dirigea droit vers une anfractuosité de la roche. Elle l’aspira littéralement. Draco fonça lui aussi droit sur l’endroit. Il vit l’ouverture s’agrandir comme il s’en approchait et il pénétra dans la cavité où l’attendait Thorvald. Le sol était égal et le plafond voûté. Des torches allumées illuminaient l’endroit.

— Fantastique ! s’exclama Draco, ravi.
— Attends d’avoir rencontré la tribu Jézéquel, répondit Thorvald, en avançant.
— C’est une famille de Sang- ... ?

Il s’interrompit avant d’avoir terminé, réalisant subitement qu’il venait de gaffer. Thorvald se retourna et le dévisagea, d’un air peu engageant.

— C’est une famille de sorciers, répondit-il, froidement.

Draco se maudit intérieurement. Ses hôtes n’accordaient pas la même importance à la généalogie que ses parents. Les deux garçons s’engagèrent dans une galerie qui les mena à un large escalier hélicoïdal. Un lourd silence plombait l’atmosphère et Draco fut heureux quand il se trouva enfin en face d’autres personnes. La « tribu », au grand complet, l’attendait sur un pallier et l’accueillit avec un large sourire. De toute évidence, il y avait là le père, la mère et leurs nombreux enfants, qui faisaient l’effet d’une série de poupées russes alignées l’une à côté de l’autre. Ils étaient tous blond vénitien, la mère plutôt blonde et le père plutôt roux. Ils avaient des cheveux frisés et vaporeux, de grands yeux bleus et des taches de rousseurs.

— Bienvenue chez nous, Draco Malfoy! s’exclamèrent-ils en chœur.
— Merci ! Merci pour ce chaleureux accueil, bredouilla Draco.
— Alors, Draco, je te présente Elzéar Jézéquel et Eurydice Bailly, commença Thorvald, en l’amenant aux parents. Et voici Evodie, Eleuthère, Ephrem, Eulalie, Eloi, Emérence, Elfride, Eponine, Eudes et Enésidème, le petit dernier.

La version française des Weasley ? se demanda Draco. Sur le nombre d’enfants, ils les battaient largement. En tout cas, leurs rejetons se suivaient de près, l’aînée devait avoir une vingtaine d’années et le plus jeune, huit ou neuf ans.

— ... Sans vouloir paraître indiscret, risqua le jeune homme, les prénoms commençant par E, c’est une tradition ?
— Oui, la tradition, répondit Elzéar. Mais uniquement pour cette génération, puisque nos deux prénoms commençaient par E, nous avons tenu à ce qu’il en soit de même pour nos enfants.
— Mais libre à eux d’en inaugurer une autre, continua Eurydice. Ils peuvent choisir une autre lettre ...
— ... ou suivre l’ordre alphabétique, conclut son mari.

Evodie, l’aînée, leur décocha un regard mi-figue, mi-raisin. Les plus âgés avaient l’air blasé par la question, les plus jeunes pouvaient encore en rire sous cape.

— La tradition veut que le couple de sorcier montois soit mixte : breton et normand, expliqua Eurydice. Parfois ça saute une génération.
— Mais la génération suivante ... poursuivivit Elzéar.
— Et allez-vous-en savoir les enfants Jézéquel sont l’un ou l’autre, ou les deux à la fois, continua Eleuthère.
— Ben, ça vous laisse le choix, répliqua Eurydice.
— Et si je veux épouser une Coréenne, je ferai en sorte qu’elle ait été adoptée par une famille des environs, répondit son fils.
— Allons, évitons ce genre de discussion devant nos hôtes, conclut Elzéar, avec bonhomie. Je suis sûr que ces jeunes gens meurent de faim.
— Mon cousin vient de m’enlever sans crier gare et je suis malheureusement venu les mains vides, s’excusa Draco.
— Mais le kidnappeur a prévu de quoi ne pas faire affront à ses hôtes, rectifia Thorvald.

Il tira d’on ne sait où deux bouteille de cidre, en précisant qu’il ne savait pas trop s’il était normand ou breton, ce qui fit rire tout le monde, sauf Draco qui ne saisissait pas l’allusion.

— Ne restons pas là, nous pourrions prendre racine, plaisanta Elzéar en poussant ses invités vers une lourde porte de chêne.

Ils accédèrent à une grande salle à manger au décor rustique : murs de pierres, lourd mobilier de chêne, tapisseries anciennes et verrières frappées d’armoiries et d’animaux fantastiques. Le repas fut pantagruélique et l’ambiance conviviale. Draco trouvait tout de même plus de style au Jézéquel qu’au Weasley. Le service était de porcelaine et les couverts en argent. La famille était bien habillée, à la mode moldue pour les enfants, sauf les deux aînés qui, comme leurs parents, portaient des tenues sorcières.

Lorsqu’on se leva de table, Eurydice emmena ses invités dans son atelier. Elle était horlogère et tenait une petite fabrique de pendules et de montres magiques. La maître artisan avait un apprenti sous ses ordres qui était déjà à l’ouvrage quand les jeunes gens arrivèrent. Draco fut soufflé quand il en découvrit l’intérieur de l’officine. Un assortiment de pendules les plus originales les unes que les autres recouvraient deux pans de murs. Sur le troisième s’appuyaient plusieurs étalages de montres aux formes et aux usages des plus divers et surprenants.

Le jeune sorcier britannique aurait voulu acheter une bonne partie de la marchandise tant il était subjugué par la qualité et la diversité qu’il découvrait la boutique. Mais Eurydice lui expliqua qu’elle ne travaillait que sur commande. Elle lui fit cependant cadeau d’une montre à gousset qui indiquait également la position des étoiles et la météo pour les jours à venir. Eulalie et Ephrem, qui était sœur et frère jumeaux, rejoignirent leur mère pour lui donner un coup de main, tandis qu’Elzéar emmenait les cousins Malfoy. Eleuthère leur emboîta le pas.

Avant de franchir le seuil de la boutique, le père et son fils échangèrent leur tenue sorcière pour des vêtements moldus, par un simple sortilège de métamorphose.

— Même à cette saison, c’est plein de touristes, expliqua Eleuthère.
— Des Moldus ? demanda Draco.
— Forcément. Les sorciers viennent ici en balai ou par les cheminées.
— Il y en a aussi qui se promènent en rue, tempéra Elzéar. Voici ma petite boutique.

Il poussa la porte d’une petite maison qui ne payait pas de mine, même si elle ne manquait pas de pittoresque. L’intérieur était tout différent : une boutique de haute couture pour sorciers. Différents modèles étaient exposés. Monsieur Jézéquel ne faisait que du sur mesure. Draco jeta un coup d’œil sur le catalogue et ne manqua pas de passer commande pour une robe de cérémonie. Il assura le tailleur qu’il recommanderait sa boutique à ses parents. Thorvald emmena, ensuite, Draco faire un tour sur le Mont, pour admirer le paysage.

— Il y a des fleuristes dans les environs ? demanda le jeune homme.
— A cette période de l’année ? s’étonna Thorvald. Tu trouveras plutôt des boutiques de souvenirs. Moldus, naturellement.
— J’aurais voulu offrir des fleurs à Madame Jézéquel.
— Bailly, corrigea Thorvald. Ici, les femmes mariées gardent leur patronyme. Tu pourras en acheter là où je vais t’emmener et les faire livrer.
— Aujourd’hui ?! s’étonna Draco.
— Oui, aujourd’hui, même.
— C’est parfait. Et les Jézéquel, tu les as connus à l’école ?
— J’ai côtoyé la plupart de leurs gosses à Beauxbâtons, sauf les derniers. Mais je les connaissais d’avant. Les Jézéquel sont assez connus dans la région. Ils sont très réputés pour leur savoir-faire et ils sont apparentés à pas mal de familles sorcières normandes et bretonnes. Donc, on les rencontre souvent dans les réunions, les mariages, les enterrements, etc.
— Mais ce n’est pas un village sorcier, ici ?
— Non, pas vraiment, c’est plein de Moldus.
— Alors pourquoi venir s’installer ici ?
— Il y a toujours eu des sorciers montois, expliqua Thorvald avec conviction. C’est une tradition aussi ancienne que le Mont, du temps où s’appelait encore le Mont Tombe. Comme il y a toujours un Cracmol ou un Moldu au courant de notre existence parmi l’autorité locale. Ça facilite la vie.
— Un Moldu au courant ? s’étrangla Draco.
— Parent de sorciers ou conjoint de sorcier, répondit Thorvald, lapidaire.
— Ce n’est quand même pas pratique pour faire ses courses.
— Tu as déjà entendu parler des balais et des cheminées ? demanda Thorvald ironiquement. Ce n’est pas la clientèle qui manque aux Jézéquel. Et les sorciers d’ici ne rechignent pas à sortir de la boutique pour se mêler aux Moldus. Ça fait exotique.

Cette fois Draco se garda de réagir. Tout en conversant, les deux jeunes gens déambulaient dans les rues et gravissaient de nombreuses marches. Thorvald invita Draco à s’approcher du petit groupe de Moldus qui s’apprêtaient à visiter l’abbaye. Ils pressèrent le pas et entrèrent les premiers, le groupe suivit de peu. Thorvald profita de ce que les Moldus s’engouffraient dans l’entrée pour pousser son cousin vers une porte que personne ne semblaient avoir remarquée.

Les deux garçons pénétrèrent précipitamment dans l’endroit exigu. Le Français sortit sa baguette et en tapota le mur. Un passage s’ouvrit sur un escalier très étroit. Ils s’y engagèrent et l’ouverture se referma derrière eux ; ils grimpèrent une première volée puis se retrouvèrent sur un palier se prolongeant par un long couloir au trajet biscornu. Au terme d’un parcours qui alternait escaliers et couloirs méandreux, ils se retrouvèrent devant un escalier à vis. Dès qu’ils eurent mis le pied sur la première marche, l’escalier se mit en marche et les mena, après une longue ascension, au sommet de l’édifice. Un autre accès magique s’ouvrit sur le clocher d’où ils purent admirer le panoramique.

— Epoustouflant ! s’exclama Draco. Je vais prendre quelques photos ... Oh, c’est dommage, je n’ai pas d’appareil avec moi.
— Moi, bien ! répondit Thorvald. J’avais prévu le coup. Tiens, prends-le.

Il lui tendit un petit appareil du même genre que celui dont il s’était servi la veille. Draco put prendre autant de photos qu’il le voulait.

— Où va-t-on, maintenant ? demanda-t-il, une fois qu’il en eut terminé.
— Accroche-toi bien, on va transplaner.

Sitôt dit, sitôt fait. Les deux cousins se retrouvèrent tout d’un coup dans un autre paysage. Ils avaient atterri sur un chemin au sein d’une forêt. L’endroit n’était pas tout à fait inconnu à Draco, mais il arrivait difficilement à le resituer dans la foule de ses souvenirs.

— Où sommes-nous ? demanda-t-il à son cousin.
— A Brocéliande, pas loin du domaine de Viviane. Tu connais ?
— J’ai visité, avec mes parents, quand j’étais un petit garçon ; je devais avoir cinq ou six ans, je ne me souviens plus très bien.
—Il y a un petit village sorcier, assez touristique, c’est pas là ... Autant te prévenir, l’accueil risque de ne pas être très chaleureux. Entre les Normands et les Bretons, ce n’est pas le grand amour... Sauf chez les Jézéquel.
— Je suppose qu’ils feront un effort d’amabilité commerciale avec un Britannique. J’aimerais acheter des fleurs.
— Tu vas trouver ça facilement.

Deux chênes se dressaient de part et d’autre du chemin, une fois qu’ils furent parvenus à leur hauteur, les deux jeunes gens virent apparaître le village. Des petites maisons de pierres au toit de chaume et aux châssis peints en bleu encadraient les méandres de la chaussée. Des enseignes de bois peints annonçaient les différents commerces.

Draco se précipita sur la première boutique de fleuriste pour faire livrer sur le champ un énorme bouquet à Mme Bailly. Ensuite Thorvald lui fit visiter les lieux : le palais de Viviane, le tombeau de Merlin, ... Le village sorcier qui s’était construit dans ces lieux mythiques était, évidemment, incartable. La visite se termina au puits de Morgane, une taverne construite autour d’un puits enchanté.

L’eau du puits était réputée pour donner beaucoup d’efficacité aux potions mais elle perdait sa propriété si elle était utilisée plus d’une fois par mois par le même sorcier. Elle avait également le don de faire revenir un objet perdu, à condition qu’on y jette une piécette d’or ou quelque chose à quoi on tenait. Beaucoup de sorciers présents dans la taverne portaient les cheveux longs et la barbe. Ils étaient vêtu de longues robes lignées ou à carreaux. On parlait peu français dans la taverne.

— On dirait du gallois, fit remarquer Draco.
— C’est du breton. Et on va se faire tout de suite repérer parce qu’on ne le parle pas, dit ironiquement Thorvald.

Il jeta un coup d’œil circulaire, certains visages le fixaient déjà, d’un air peu engageant.

— On a aussi nos originaux, dans les High Lands. En général, le sens du commerce, prend le dessus, susurra Draco.

Il se racla bruyamment la gorge avant d’aller s’asseoir à une table libre. Thorvald le suivit, goguenard. Le jeune Britannique se retourna vers le barbu à carreaux mauves et or, assis derrière lui.

— Bonjour ! Permettez-moi de me présenter : Draco Malfoy. Je suis anglais, dit-il en prononçant son nom à l’anglaise.
— Salud dit, Draco Malfoy, répondit le barbu. Erwan Gouellec eo ma anv.(3)
— Ravi de vous connaître !

Mais le sorcier avait déjà tourné la tête et il poursuivait sa conversation avec la sorcière attablée avec lui. Un serveur approcha et prit la commande. Draco opta pour une cervoise, Thorvald s’en tint au cidre. Ils sirotaient tranquillement leur consommation quand une jeune femme entra dans la taverne, belle à couper le souffle, élancée, la peau laiteuse, les cheveux blond filasse.

— Kerydwen Argoat, chuchota Thorvald à Draco.
— Vélane ?
— Un joli métissage. Ne te fie pas à son allure juvénile, elle doit être plus âgée que toi et moi réunis. C’est une sorcière redoutable, très réputée. Il vaut mieux être de ses amis que de ses ennemis.
— ... Mm, autant être avertis !
— Dites-moi que je rêve. C’est pas l’accent normand, ça ? demanda un gars qui longeait leur table pour en rejoindre une autre.
— Good afternoon, Sir, répondit Draco avec son pur accent Oxford-English. Let me introduce myself. My name is Draco Malfoy. I’m English.
— Il n’y a pas deux secondes tu parlais français ! s’exclama le gaillard, un homme bien baraqué aux cheveux bruns et courts.
— La bienséance voudrait que vous vous présentiez, répondit Thorvald. Et quand mon cousin parle français, c’est avec l’accent de la Touraine.
— Ouais, toi avec ton accent normand, tu vas pas me donner des leçons de politesse, grogna le gaillard, ici chez moi. Malfoïe ou Mal-foi, c’est du pareil au même, hein. On sait comment les Normands ont joué de la sorcellerie pour arriver là où ils en sont. Tu vois pas ce que je veux dire ? Hein ? Alors qu’il vienne d’Angleterre ou du Danemark, qu’est-ce que ça change ?
— Pourriez-vous nous dire en quoi nous vous avons importuné ? demanda, tranquillement Draco, avec un regard méprisant.
— Ecoute, l’angliche, ton existence-même est ...
— Ro peoc'h dezhañ, ma vefe posubl deomp evañ hon banne chistr trankilik !(4) interrompit Erwan Gouellec, mécontent, en criant par-dessus son épaule.

Le gaillard se redressa surpris et ravala sa salive. Il était sur le point de répliquer quand un sifflement strident le fit sursauter. Tous les regards se dirigèrent vers la semi-vélane qui venait de se faire entendre. Aussitôt, deux korrigans sortis dont ne sait où, se précipitèrent sur l’individu. L’un lui grimpa sur la tête et lui tira les oreilles tandis que le second lui mordillait les mollets. Il n’eut d’autre recours que de sortir au plus vite de la taverne, accompagné des rires et des quolibets qui fusait dans la salle.

— Trugarez, dit Thorvald à Gouellec.
— Mann ebet,(5) répondit-il. On en a assez de ce genre de type qui se ramène avec des guéguerres d’un autre âge. Et puis j’ai des parts dans la taverne. Je n’ai pas envie qu’on me l’abime.

Cette dernière sortie contribua à détendre l’atmosphère. Draco acheva sa cervoise, puis se rendit au comptoir pour acheter une fiole d’eau du puits. La belle Kerydwen ne le quittait pas des yeux. Elle se rapprocha de lui, subrepticement.

— Bonjour, petit garçon, lui susurra-t-elle à l’oreille. C’est bien, tu es resté calme, cette fois.
— Bonjour Madame, lui répondit-il, poliment, mais un peu embarrassé. Draco Malfoy, pour vous vous servir.
— Je sais qui tu es, dit-elle, taquine et même un brin moqueuse. Je reçois pas mal de monde, y compris des Anglais... Et je suis abonnée au Daily Prophet. Tu sais quoi ? ... J’ai même déniaisé ton ami, le jeune Nott ...

Draco la dévisagea, étonné, comment pouvait-elle savoir qu’il était l’ami de Théodore ?

— Ne rougis pas, comme ça ..., dit-elle, rieuse. Tu sais que ton professeur venait ici, de temps en temps, chercher de l’eau pour ses potions ?
— Ah ... Vous voulez parler du professeur Snape ?
— Evidemment ! Je ne parlais pas du gros morse ! s’exclama-t-elle, très gaie. Ah celui-là ! Il aurait voulu m’ajouter à sa collection de célébrités, comme on pose une potiche sur une étagère.

Elle se retourna vers le tenancier et le héla en haussant la voix

— Tanguy, tu as une dette envers les Bihan ?
— Ben ... Non ! Pourquoi ?
— Comment est-ce que tu supportes encore ce type, alors ?
— Non mais, j’étais sur le point de le faire sortir quand Erwan lui a crié dessus. On en a tous ras le chaudron de cette tête de veracrasse, dit le tenancier en rangeant la vaisselle. Je vous sers autre chose ? demanda-t-il à Draco.
— Pas pour le moment, je vais ... rejoindre mon cousin.
— Dommage, dit Kerydwen, câline, en lui caressant la joue du bout de l’index. Si je n’avais pas déjà un rendez-vous, je me serais bien occupé de toi. Allez, remets leur une bolée sur mon compte, Tanguy, qu’ils sachent qu’ils sont les bienvenus chez nous.
— Comme tu veux, ma princesse, répondit le cafetier, conciliant.

Draco la remercia et prit congé, embarrassé. Il se hâta de retrouver Thorvald.

— La demi-vélane, chuchota-t-il, elle me fait du rentre-dedans. Elle vient de nous offrir un verre, à tous les deux.
— Petit veinard, répondit Thorvald sur le même ton.
— Non mais, elle a l’air de connaître tout le monde et ...
— Elle n’a pas l’air. Elle connaît tout le monde et tout sur tout le monde. Sois sûr que si elle en avait eu le temps, elle se serait occupée de toi de façon très courtoise. Ta famille est fortunée et tu es passé entre les mailles du filet.
— C’est mon compte en banque qui l’intéresse ?
— Et ta jolie petite bouille. Quand quelqu’un ne lui plaît pas, elle le laisse sur le côté.
— Franchement, je ne serais pas très à l’aise si je devais me retrouver seul avec elle.
— Elle te mettrait très vite à ton aise, fais-lui confiance, répliqua Thorvald, en riant.

Le serveur revint avec les deux bolées. Thorvald se racla la gorge, leva le bol et lança un yec’hed mad ! (6) reconnaissant à la belle Kerydwen. Une fois les consommations terminées, le jeune homme se chargea d’aller les régler directement au comptoir. Il ne manqua pas de saluer la jeune femme.

— Salut, mon garçon. La prochaine fois que ton cousin vient en France, fais-moi signe.
— Tu sais, en France, j’y suis tous les jours, dit-il, non sans malice.
— Ts ts ! ... Toi, tu as tout ce qui faut. Il y a bien une fille de ton âge qui s’intéresse à toi.
— Pas que je sache, répondit-il, un peu gêné.
— Ouvre tes yeux ! Une petite demoiselle ... dont le prénom commence ... par E.
— Par E ? ... Une Jézéquel ? demanda-t-il, étonné.
— Peut-être bien, répondit-elle, amusée.
— Evodie, non, ça c’est sûr ; elle n’aime pas les garçons plus jeunes qu’elle, murmura-t-il. Eulalie, elle a déjà un petit ami. Emérence ? ! Mais elle est ...
— Elle est quoi ? ... Plutôt pas mal ! A ta place, je ne cracherais pas dans la soupe.
— ... Merci du renseignement ... et des conseils, bredouilla-t-il, troublé.

— Qu’est-ce qu’elle t’a dit ? Tu es tout rouge, fit remarquer Draco quand Thorvald l’eut rejoint.
— Rien ... une histoire de gamine ... Bon ! On prend la cheminée ?
— Comme tu veux ? Et où va-t-on ?
— Suspens ! Kenavo, dit-il à l’adresse de ses voisins de table.

Draco en fit autant et suivit son cousin vers la cheminée. Thorvald jeta la poudre de cheminette et invita son cousin à s’y engager.

— Tombeau de Rollon, lui souffla-t-il.

Les deux cousins se retrouvèrent donc assez vite dans la taverne normande. Thorvald salua ses connaissances et prit place à une table où se trouvaient déjà deux de ses copains.

— Je ne te cache pas que suis plus à l’aise ici, dit-il à Draco.
— Pourquoi ? Ils se sont montrés plutôt de bonne volonté, tes Bretons, répondit le cousin.
— Vous revenez du Puits Enchanté ? demanda Matthieu, l’un des amis.
— Oui, et on a dû se coltiner une tête de pioche, un certain Bihan, à ce que je crois.
— Oh, la vache ! s’exclama le premier copain.
— Au fait, je suis breton, dit l’autre ami.
— Draco, je te présente Matthieu et Cédric, on se connaît de Beauxbâtons. Draco, mon cousin anglais.
— Ravi de faire votre connaissance, fit Draco.
— Pleased to meet you, répondit Matthieu en riant.
— Et alors quoi, la tête de pioche ? s’enquit Cédric.

Thorvald raconta l’incident à ses deux amis. Tout le monde pouffa en y ajoutant son petit commentaire. Les jeunes gens commandèrent une bouteille de Calvaflamme et lui firent honneur. De verre en verre, les langues se déliaient et la prononciation devenait de moins en moins certaine. Draco devait faire de plus en plus d’efforts pour trouver ses mots.

— Thorvald, bafouilla-t-il, qui est-ce la ’tite T’wesse ?
— La p’tite Tresse ? s’interrogea Matthieu en grimaçant.
— Non, la petite ... tes sœurs, là ... avec le clergyman, dans la cassf’... cathédrale ... il a parlé de la petite Tré ...t’resse !
— Hein ? ... la petite traîtresse ?! s’écria Matthieu.
— La petite Thérèse ! s’exclama Cédric, qui venait de saisir.

La bande des copains s’esclaffèrent.

— Mais qui est-ce ? ! insistait Draco.
— C’est une sainte nonne de Dieu, s’écria Matthieu en riant.
— Il doit pas savoir ce que c’est, ça ‘xiste pas en Angleterre, bredouilla Thorvald.
— De quoi ? demanda Cédric.
— Des nonnes !
— Quoi ? Z’ont pas un moine, là-bas ? à Hogwarts ? Un moine grassouillet, qué’qu’chose comme ça ? enchérit Matthieu.
— Le Moine Gras, déclara Draco, sur un ton solennel.
— Eh ben, expliqua Matthieu, la nonne, c’est comme un moine, sauf que c’est une femme.
— I know ... ce que c’est une nonne, protesta Draco. Il y a des ... des ... des choses comme ça, en Irlande ... les fantômes ... du monastère ... Sainte Dymphna. Donc, la p’tite Th’rèse, c’est un fantôme.
— Non ! s’exclama Cédric. C’pas un fantôme, c’t’ une nonne qu’est morte, y a une centaine d’années. Elle a écrit sa vie, même si elle était très jeune ... quand elle est morte. Après les Moldus ont lu le livre, ça leur a plu ... ils la trouvaient sympa.
— Et ils ont été faire leur petite prière près de sa tombe, ajouta Matthieu. Et puis, on sait pas très bien comment ça s’est passé mais ...
— ... Ben, poursuivit Thorvald, ce qu’est sûr, c’est qu’y a eu des sorciers qu’ont exaucé des prières ... avec des sortilèges.
— D’ailleurs, c’est devenu un sport, ajouta Cédric. On se mêle aux Moldus, on écoute ce qu’ils racontent, ou on lit ce qu’ils écrivent ... dans les grands livres des églises et, quand c’est pas trop compliqué, on envoie un petit sortilège.
— Quoi ? ! s’étrangla Draco.
— Comment « Quoi ? « ! C’est le seul endroit où on a le droit de faire de la magie ...quand on n’est pas majeur ! s’esclaffa Cédric.
— Pour aider des Moldus ? ! s’étrangla Draco, en passant au rouge vif.
— Ben oui, quoi ! Et alors ? ! rétorqua Matthieu.
— Attends, tu sais c’qu’il a demandé, l’aut’fois ? grogna Thorvald. Si l’Jézéquel étaient Sang-Pur !
— Mais on s’en taaaaaaaaaape ! hurla Matthieu.
— Rien à cireeeeer ! renchérit Cédric. T’sais quoi ? Chui un pur Né-Moldu !
— Et ton ... ton Lord Volapluk, là ... dit Matthieu, c’était d’jà un Sang-Mêlé. Comme moi !
— Et du côté des Gaunt, du Sang de Purs Dégénérés, ajouta Cédric, une famille de tarés.

Draco se resservit rapidement un verre et l’avala cul sec.

— Ecoute Dragon, là, poursuivit Thorvald, ma grand-mère paternelle est Née-Moldue et mon grand-père maternel EST un Moldu ! Mais par le calecif de Merlin, tu le savais en débarquant chez nous, non ? ! ... Toutes ces années à nous snober parce que ... et là ... tu débarques et tu ... tu ... tu sais quoi !
— Et mais je je ... je ne ... n’ai rien dit contre ... contre... ta famille ! prostesta Draco en bafouillant et en se resservant.
— T’as pas intérêt, répliqua Thorvald.
— Je ne com ...prends pas pourquoi twè ... tu es faché ! marmonna le cousin. Je suis ... seule ... seulement étonné de vos sports now... normands !
— Mwrf ! pouffa Cédric. Tu le tiens pas le coup, le coucou !
— Et tout ça ... pour une ssssaintttte ... neunnnnnne ... nonne ... de D ... de Dieu ! marmonna Draco.

Il fit au moins l’unanimité sur cette phrase ; tous les copains pouffèrent. Leif approcha, un hibou sur l’épaule.

— Thorvald, tu n’aurais pas oublié l’heure du dîner, des fois ? demanda-t-il à son client.
— Chaipas ! L’est quelle heure ?
— L’heure pour Birgit de m’envoyer un hibou pour savoir si tu ne traînerais pas par ici.
— Ben ... on va r’tourner, ’lors !
— Et tu retournes comment, dans cet état-là ?
— Ch’m’née !
— HHHouuuullla ! ... Fameuse, l’élocution ! Je te conseille de goûter à la potion du patron, histoire de pas vous retrouver de l’autre côté de la ville.
— Bn’idée ! T’ajouteras ça à la note.
— Compte sur moi, dit Leif en s’éloignant pour ramener sa potion de clairidée.

Quand les deux cousins eurent avalé le petit dé à coudre de la liqueur jaune qui leur permettait de parler sans bredouiller et qu’ils en ressentirent les premiers effets, Thorvald paya régla ce qu’il devait puis il poussa Draco vers la cheminée C’est ainsi qu’ils atterrirent sans dommage dans le salon familial. Birgit les attendaient, les poings sur les hanches.

— Ah vous voilà ! C’est pas trop tôt.
— Désolé, maman, on n’a pas vu passer l’heure.
— A sentir son ton haleine, tu n’as pas perdu ton temps, déclara Ansgar, un sourire en coin.
— Oui, ben ... Leif nous a servi sa petite potion, pour pas prendre de risque au retour.
— Ah ... vous m’en direz tant ! répondit Birgit, une bonne soupe à l’oignon, c’est ça qui vous faut, pour vous remettre d’aplomb.

Ansgar se dit qu’il ferait mieux de tenir à l’œil les deux garçons, surtout leur invité qui semblait avoir la descente facile. Il laissa soigneusement ses meilleures bouteilles, les réservant pour le lendemain. Thorvald et Draco n’eurent droit qu’au cidre, comme leurs cousines, tout au long de la soirée.
Note de fin de chapitre :

1. Normand et Breton
2. Sorcière-Hebdo
3. Bonjour Draco Malfoy, je m'appelle Erwan Gouellec
4. Fiche-lui la paix, que nous puissions boire notre cidre tranquillement
5. Merci / De rien
6. Santé !
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