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De Conseil d'Administration le 26/05/2024 18:10


144e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 144e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Samedi 18 mai à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits et à vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De L'équipe des Nuits le 12/05/2024 11:00


Nouvelles des Podiums du joli mois d'avril


Bonsoir à toustes !

En ce début de printemps, c'est la nouvelle pousse des sélections nouveau format qui fait sa germination !

Vous pouvez donc voter pour le thème du prochain trimestre de lectures, ici, entre le personnage Hagrid, la catégorie Romance ou le genre Aventure/action, jusqu'au 30 avril !

Egalement jusqu'au 30 avril, vous pouvez lire ici les textes de la Sélection Enfances, puis voter ! Nous vous encourageons fortement à laisser un petit mot après votre lecture, cela motive et encourage toujours, et donne corps à notre volonté de favoriser les échanges autour des textes sélectionnés.

De jolies récompenses sont prévues grâce aux créations graphiques de lilychx ! Rendez-vous au début du joli mois de mai...


De L'Equipe des Podiums le 03/04/2024 00:05


143e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 143e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Vendredi 12 avril à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits. C'est ici pour vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
À très bientôt !

 


De L'équipe des nuits le 31/03/2024 15:51


Journées Reviews de mars !


Aux membres d'HPF,

Les prochaines Journées Reviews auront lieu du vendredi 22 au lundi 25 mars. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page jusqu'au jeudi 21 mars.

A bientôt !


De Journées Reviews le 17/03/2024 18:35


142e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 142e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Samedi 23 mars à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits. C'est ici pour vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
À très bientôt !

 


De L'équipe des nuits le 12/03/2024 11:27


Les créatures magiques par Tykk

[68 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

C'est ma première fic, je vais tenter de faire une fic plutôt légère, avec une enquête en fond. Dîtes moi si j'y arrive ou si je vous perd en route !

Note de chapitre:

Note : Je veux juste faire quelques remarques avant que vous commenciez cette histoire. Premièrement, je n'ai pas de bêta, j'essaye de me relire mais il reste évidemment des fautes, n'hésitez pas à me les signaler. Deuxièmement, sachez que les personnages principaux sont une OC, Dominique W., Fred II et JSP. Troisièmement, le récit se concentre sur une étudiante française à Poudlard. J'ai conscience que ça a déjà été exploité et que le côté "dialogue en anglais et français" est pas facile à gérer. Pour me se représenter le côté "échange linguistique" et par challenge personnel, j'a décidé d'utiliser certains noms propres en anglais. Voici leur traduction française officielle pour ce chapitre :

Hogwarts : Poudlard
Neville Longbottom : Neville Londubat
NEWTS : Aspics
Leaky Chaudron : Chaudron Baveur
Diagon Alley : Chemin de Traverse
Galleons, Sickles, Knut : Gallions, Mornilles, Noises.

Enfin, tout est évidemment à JKR, bonne lecture !

EDIT du 04/04/2015 : J'ai désormais une beta, qui a fait un boulot de correction incroyable. Je tiens donc à remercier très sincèrement Les Nerles, et je mets à jour ce chapitre. 

Chapitre 1 - Le cerveau plein de flamme

 

 

Assise sur l'un des canapés bleus de la pièce, je change pour la énième fois de position. Je n'aime pas attendre, en général, mais aujourd'hui, la boule au ventre, je suis encore plus impatiente que d'habitude. Mon avenir va se décider dans les prochaines minutes. Bon, peut-être que je dramatise un peu.


J'ai le temps d'observer à nouveau la salle, en me disant que ce sont peut-être mes dernières heures à l'Académie de Beauxbâtons. Ces six années sont décidément passées trop vite. Les autres élèves présents - une vingtaine - semblent être dans le même état d'inquiétude et d'attente que le mien, mais personne n'ose rompre le silence angoissant qui s'est installé depuis une bonne dizaine de minutes. On se regarde tous avec méfiance - il faut dire qu'on est un peu en compétition pour partir pendant notre septième année. Depuis maintenant deux ans, notre Académie a ouvert un programme d'échange avec Hogwarts et Dumstrang. C'est une occasion en or d'aller à Hogwarts : l'école n'accepte jamais personne après la première année, à part de rares exceptions en temps de guerre.


C'est un pas, certes mince, vers une meilleure coopération entre les différentes communautés magiques internationales. Le plus gros événement, cependant, c'est la coupe des Trois Sorciers, qui a repris depuis 1994, mais comme elle se déroule tous les cinq ans, ça profite qu'à peu d'élèves. La dernière avait eu lieu à Dumstrang il y a deux ans, et seuls les meilleurs élèves de plus de dix-sept ans avaient eu l'honneur de s'y rendre. Pour le reste de l'école, c'était juste une année normale où il manquait le quart de la promo de dernière année, à part pendant l'épreuve finale en juin. Tous les élèves de toutes les écoles étaient présents. Voir le champion de Beauxbâtons vaincre une armée d'inféris, entre autres joyeusetés, était clairement le point fort de ma cinquième année.


Mais pour revenir à l'échange qui me fait stresser présentement, il y a trois places offertes pour les élèves de l'Académie, tous les ans, dans chacune de ces écoles. Une trentaine d'élèves attendent dans la salle, certains assis sur les canapés, et d'autres faisant les cent pas debout. Bref c'est pas gagné. Les notes qu'on a eues à nos examens anticipés de Baccalauréat magique, notre dossier scolaire et un entretien avec les trois co-directeurs des Ecoles détermineront si nous pouvons partir ou pas. Parmi les étudiants présents, j'en remarque cinq qui font partie du top dix de ma promo. J'espère fortement qu'ils veuillent tous partir à Durmstrang ou alors que leur niveau d'anglais soit catastrophique.


« Tu souhaites partir où toi ? me demande en chuchotant Cassiopée Trèfeuille, assise sur le même canapé que moi, à ma gauche.

- Hogwarts, je lui réponds brièvement sans me tourner vers elle.

- Moi aussi, me confie-t-elle (tu parles d'une confidence) toujours en chuchotant alors qu'avec le silence qui règne dans la salle tout le monde l'entend parfaitement.

- Bonne chance alors » et sur ce j'espère lui signifier vouloir clore la conversation.


Je m'entends bien avec Cassiopée, sans plus, et pour être honnête je ne prends pas sa candidature très au sérieux. Elle a plutôt des mauvaises notes, et à moins d'un désintérêt général des élèves pour l'Ecosse, ses chances de prendre le Hogwarts Express sont faibles.


Cependant elle a cassé la glace et les langues commencent à se délier dans la salle.

« Moi aussi je souhaite partir à Hogwarts, ajoute Arthur Penmor, assis à ma droite.

- Eh bien c'est super » je lui dis en souriant, un peu crispée.

Je le connais pas très bien, mais assez pour savoir que contrairement à Cassioppée, c'est l'un des élèves les plus brillants de notre promo. Et en plus très beau gosse. Et plutôt sympa. Et assez solitaire, ce qui augmente son image romantique. Bref le mec parfait un peu agaçant mais sur lequel je ne peux pas m'empêcher d'avoir un léger crush, ce qui est assez ridicule vu qu'on a qu'un seul cours ensemble et qu'on a dû se parler dix fois cette année.


Je le regarde : il a des traits harmonieux, les yeux gris et les cheveux châtains un peu bouclés. Il me sourit de ses lèvres fines. Ce type a l'air complètement inoffensif et pourtant il me met mal à l'aise. Il se dégage de lui une impression de décalage avec la réalité humaine : il est toujours un peu à côté des codes sociaux. Mais comme il beau, et que la beauté est la règle numéro un de la popularité adolescente, il est l'un des élèves les plus appréciés de l'école. Si je ne fais pas exception et que je l'apprécie, je suis aussi un peu gênée en sa présence.


Pendant que j'oscille entre le scénario catastrophe (Arthur part à Hogwarts sans moi, privant toutes les filles restantes de Beauxbâtons, moi comprise, de sa sublime présence) et le meilleur des cas (nous partons tous les deux, c'est le début d'une grande histoire d'amour), Cassioppée enchaîne :


« Ah ben t'es sûr de partir toi, tu as tout les temps les meilleures notes.

- Je ne sais pas » nous avoue-t-il un peu gêné. »


Je lève un sourcil étonné en le regardant. Il peut arriver que Cassioppée dise n'importe quoi mais là elle vient d'énoncer une vérité générale. Ce qui me rappelle qu'Arthur est d'une modestie assez énervante. Enfin, il n’est peut-être pas le meilleur de l'école - il y a Agénor de Montmercy, Louisa Taleus et Edmund Dampierre qui doivent lui prendre les trois premières places. Mais Agénor et Louisa ne sont pas dans la salle et ne souhaitent a priori pas partir. Quant à Edmund Dampierre, c'est un secret pour personne qu'il souhaite aller à Dumstrang. Il fait les cent pas devant moi en révisant son vocabulaire de russe en vue de l'entretien avec Rogojine, le directeur de l'école.


Personnellement je suis pas en l'état de le contredire dans une discussion qui s'annoncerait très ennuyeuse (- Mais non t'es trop fort - Mais si je t'assure je suis nul), je laisse Cassioppée exprimer bruyamment son désaccord. Entre temps, heureusement, le volume sonore de la salle a monté et tout le monde parle un peu dans son coin.


« C'est mon niveau d'anglais qui m'inquiète » répond-il. Et puis, en s'adressant à moi : « Pour toi c'est facile, tu es irlandaise.

- Franco-irlandaise, je corrige

- Ouais enfin tu es bilingue quoi. »

Il vient d'énoncer le seul point qui me fait espérer pouvoir partir : contrairement à moi, presque personne à Beauxbâtons ne parle anglais, ou alors mal. La direction a mis en place des enseignements ponctuels d'anglais comme d'allemand et de russe avant les Tournois des Trois Sorciers, ainsi que des cours facultatifs en sixième année, mais c'est très insuffisant. Pour préparer leur échange, la plupart des élèves ont dû suivre des cours par correspondance ou apprendre en autodidacte.


Tandis que moi, j'ai toujours parlé la lange de Shakespeare avec mon père, et moins souvent avec mon frère et ma soeur. Il n'est pas sorcier et par lui je connais pas mal la culture moldue anglophone, et puis on va souvent voir ma famille paternelle qui habite dans la banlieue dublinoise. Pendant longtemps je n'aimais pas qu'il refuse qu'on lui parle en français mais aujourd'hui je lui en suis reconnaissante.


Arthur Penmor commence doucement à m'agacer. C'est de plus un peu vexant qu'il voie mon niveau d'anglais, que je ne dois qu'à la chance, comme le seul avantage me permettant d'aller à Hogwarts. Ce qui me rappelle pourquoi un mec comme Arthur Penmor ne m'attire pas plus que ça, finalement : c'est quelqu'un qui a une vision très restrictive de l'excellence. Je ne suis pas parmi les cinq meilleurs élèves de Beauxbâtons, mais je fais probablement partie des vingt premiers. Sur les cent vingt élèves de ma promo, ce n'est quand même pas rien, et quand je ne suis pas aussi stressée que maintenant j'en suis même fière. Mais je suis sûre que si Arthur Penmor était à ma place il le vivrait comme un échec personnel. D'ailleurs je pense qu'il vit mal le fait de ne pas être le premier de toute l'école.


Pendant qu'Arthur continue en disant qu'il a quand même pris des cours d'allemand et de russe, les deux langues d'enseignement de Dumstrang, « au cas où je ne serais pas pris à Hogwarts », trois personnes sortent de la salle de délibération du jury et toutes les conversations s'interrompent.

Les trois directeurs adjoints des écoles se tiennent devant nous. J'identifie tout de suite celui d'Hogwarts, Neville Longbottom, qui même en France est reconnu comme un héros de guerre. À ses côtés se tiennent notre professeur d'Alchimie, Mme Longjean, fière comme un pape, et M. Rogojine, dont je me désintéresse pour me replonger dans l'admiration du Professeur Longbottom.

Longjean prend la parole et explique le déroulement des entretiens : dix minutes par personne, pour évaluer notre motivation et notre niveau linguistique. Les élèves sont appelés en fonction de leur moyenne générale et les résultats sont donnés à la fin de l'entretien individuel, ce qui fait que si les six premiers à passer sont pris tout le reste de la salle pourra partir. Un murmure de protestation s'échappe de la quasi-totalité des élèves et je comprends que je ne suis pas la seule à trouver ce système de sélection complètement nul.


De manière générale, Beauxbâtons repose énormément sur la compétition entre élèves et les classement aux examens. C'est assez lourd et c'est une des raisons pour laquelle je serais bien contente de changer d'air pour ma dernière année.


L'autre raison, c'est que je me suis faite plaquer il y a deux semaines (oui, pendant les examens !) par mon petit-ami, Mark Reynders. C'était pas l'amour fou et je me remettrai de cette rupture. Le problème c'est surtout que comme les couples ne sont pas si fréquents que ça, toute l'Académie est au courant qu'il a rompu car je manquais de « passion », et que j'étais « tellement frigide qu'on croirait l'effet d'un sortilège de glaciation », sur quoi, je lui avais répondu que c'était normal vu qu'il ressemblait à un troll des neiges. Notre erreur était probablement d'avoir eu cette petite discussion en plein repas dans le réfectoire de l'Académie, devant les plats les plus sophistiqués les uns que les autres et entourés d'étudiants et de nymphes d'arbre qui chantent. Parce que oui, quand on mange à Beauxbâtons, on mange au milieu de nymphes des bois qui chantent. Et clairement, ce n'est pas l'accompagnement musical idéal pour une rupture.


Pour ne rien améliorer, les nymphes adaptent parfois leurs chants aux conversations étudiantes, ce qui fait que la table où nous étions assis a eut le droit pendant une semaine à la complainte de la Reine des Neiges, sorcière du Moyen Âge ayant fait voeu de chasteté et massacrant tout homme qui s'approchait d'elle, pour continuer sur le thème de la frigidité féminine. Cela coupe l'appétit mais honnêtement, ça donne aussi des idées. Notamment, Mark aurait l'air plus intelligent avec ma baguette dans l'oeil. Mais cela salirait ce magnifique bâton de 30 cm, bois de houx, coeur de dragon, que je chéris depuis près de six ans.


Enfin, tout cela pour dire que la rumeur s'était répandue et dernièrement je me suis demandé s'il était pas temps de changer d'air. Et puis à cela il faut ajouter l'appel du large, et l'envie de mieux connaître la communauté magique anglophone.

Pendant que je me remémore ma rupture très publique et très humiliante, le professeur Longbottom commence à appeler le major de promo, qui n'est pas présent. C'est seulement au troisième nom qu'Edmund Dampierre est appelé et que les entretiens commencent.


Plusieurs entretiens s'enchaînent. Je remarque que si Edmund et Arthur sont ressortis le sourire aux lèvres, ce n'est pas le cas de tout le monde. Je regarde mi-désolée mi-satisfaite des étudiants déçus sortir de la salle. Au fond, je sais que cette dernière sélection linguistique est injuste, mais c'est ma seule chance d'être prise.


Une heure plus tard, la salle est moins remplie. Il ne reste qu'une place pour partir à Hogwarts, puisque Mathilde Dauriac a été prise entre-temps. Longbottom appelle encore deux personnes, toutes deux absentes, puis :

« Meagher, Siobhán »

Je me retiens de grimacer en entendant, encore une fois, mon prénom si mal prononcé. Je lui souris et en entrant dans la pièce, j'ai les genoux qui tremblent, mais au fond je sais déjà que c'est gagné et je le corrige en anglais :

« Cela se prononce Shiwan, Professeur. »


*.*.*


Quelques heures après, je déambule toujours dans Beauxbâtons. Ma prévision s'est avérée juste, je suis effectivement prise. J'ai encore deux heures avant de prendre le prochain Portoloin qui me ramènera chez moi à Paris. En attendant, je parcours l'Académie comme si elle m'appartenait. Je suis prise à Hogwarts, je suis prise à Hogwarts, je suis prise à Hogwarts. J'ai envie de le crier à tout le monde mais le couloir est vide. J'en informe alors le seul tableau à proximité, un portait d'une sorcière du seizième siècle en habit de nonne.


« Je suis prise à Hogwarts, je suis prise à Hogwarts !

- Chez les scots ? Bon débarras ! Ils viennent de créer un Ministère de la Magie. A-t-on déjà entendu plus ridicule ? »


C'est pas la réaction que j'attendais mais on s'en fiche. Après tout, Soeur Jeanne des Anges est connue pour avoir terrifié tout un couvent moldu. C'est pas comme si l'avis de son double sur toile, qui est désormais en train de hurler « Ne vous détournez pas de moi, insolente ! Qu'on la brûle, qu'on la brûle ! », était important pour mes choix de vie.


Je m'approche ensuite de la fameuse fontaine de Pernelle Flamel. D'habitude, la cour qui l'entoure est bondée, mais aujourd'hui, il n'y a personne - tous les autres élèves sont déjà en vacances. Tout étudiant, et même professeur de Beauxbâtons se rend fréquemment à cette source : elle a des pouvoirs de guérison. Il est aussi dit qu'elle rend plus beau, mais en vérité elle a seulement des pouvoirs limités, contre les éruptions cutanées par exemple. Enfin c'est déjà ça, et elle a sauvé toute l'école, moi comprise, de diverses blessures et poussées d'acné. Je regrette de ne pas pouvoir emporter un peu de cette eau magique avec moi - elle est enchantée pour que personne ne puisse la mettre en bouteille et la conserver.


Je poursuis mon chemin dans les couloirs de Beauxbâtons. J'évite le réfectoire et ses nymphes chantantes, mauvais souvenirs, et j'arrive dans les jardins, suspendus et magnifiques, comme toujours. Ils sont construits sur le modèle des jardins en lévitation des mages de Babylone et font le paradis de tout botaniste. D'ailleurs, on les appelle les jardins d'Eden. Mais après six ans, je sais cependant qu'il ne faut pas se fier à leur calme apparent : je suis déjà tombée par le passé sur un filet du Diable dans un coin un peu éloigné. Je m'approche du bord d'un des jardins et je regarde le ravin en dessous. Pour la première fois de ma vie, j'ai une sorte de vertige. C'est ridicule, aussi loin que je m’en souvienne je n'ai jamais eu peur du vide.


Je prends une bouffée d'air des Pyrénées, ma fierté de tout à l'heure faiblit et je me mets à douter. Est-ce une si bonne idée, de partir ?


*.*.*


Ma mère a une réponse à cette question : non. Atrope Meagher, née Trencavel, me regarde de ses yeux verts perçants.

« Je ne comprends pas pourquoi tu veux aller au fin fond de l'Ecosse. C'est loin et ça compliquera l'obtention de ta licence » dit-elle en coupant avec énervement son steak.


La licence ès arts magiques, dont ma mère parle comme si c'était le Graal de Merlin, est le diplôme final de Beauxbâtons depuis des siècles, et n'a évidemment rien à voir avec les licences universitaires. D'ailleurs, il n'existe pas d'université pour les sorciers, au désespoir de mon père moldu, qui voudrait que ses enfants entament de « vraies » études supérieures.


« Pas du tout maman, c'est un double diplôme, soupire ma soeur, Aoife. On te l'a dit plein de fois déjà, ses résultats aux N.E.W.T.S. seront comptabilisés avec les épreuves anticipées de la licence.

- L'échange existe depuis des années, personne n'a jamais échoué, intervient en même temps mon frère.

- On en parle depuis des mois, renchérit mon père. Je maintiens que c'est une très bonne idée. ».


Ma mère prend le temps d'avaler sa nourriture face au concert unanime, bruyant et désordonné des protestations du reste de ma famille. Je suis assez contente qu'ils aient répondu à ma place, j'ai déjà eu cette discussion maintes et maintes fois avec elle. Franchement, on a fait le tour.


Ma mère, ayant fini son assiette, pose ses couverts. Tout en nous observant d'un oeil mauvais, elle  sort sa baguette et lance, comme à son habitude, un sortilège informulé de nettoyage sur sa propre main. Visiblement sous le coup de l'émotion, son sortilège au lieu d'avoir l'effet attendu colore son poignet. Elle met quelques secondes à se rendre compte qu'une légère teinte vert clair se propage de sa main au reste de son corps et sursaute de manière assez comique. Elle relance ensuite le sortilège, correctement cette fois. Puis elle reprend, faisant outre de nos mines amusées :


« Mais enfin, vous vous rendez compte ? On ne la verra qu'à Noël ! Depuis l'âge de onze ans, les pauvres gosses ne voient leur famille que deux mois l'an !

- Mais elle a plus onze ans, justement. Elle survivra de ne pas nous voir chaque week-end. » Mon père lui lance un sourire mi rassurant mi moqueur.


C'est vrai que c'est un truc bizarre de Hogwarts : les enfants sont très tôt séparés de leur famille. A Beauxbâtons, l'internat est obligatoire, mais en semaine seulement. Le samedi et dimanche, chacun doit rentrer chez soi, par Portoloin ou cheminée.


Pour tout avouer, une séparation familiale de quelques mois ne me ferait pas de mal. J'adore ma famille, mais Aoife, plus âgée, n'habite de toute façon plus l'appartement parisien de mes parents, et mon frère…

« Tu écriras, hein, hein ? » demande Paul. Parce que oui, mon petit frère de 13 ans s'appelle Paul. Mes parents nous ont donné, à ma soeur et moi, des noms irlandais imprononçables pour tout francophone et mon frère a le droit de s'appeler Paul. Le monde est injuste.

Je culpabilise quand même de laisser ce petit crabe de feu surexcité qu'est mon petit frère tout seul, mais il survivra. J'ai 16 ans, j'ai envie de liberté et je suis égoïste.


Pas que mes parents soient des monstres, loin de là. Mais la relation entre ma mère affirmée, parfois sévère, et mon père plus amical et conciliant, est détonante. Même physiquement, ils ne s'accordent pas. Le visage émacié, entouré de cheveux noirs coupés courts d'Atrope Trencavel est en fort contraste avec la figure plus lunaire de Liam Meagher. L'un moldu irlandais, l'autre sorcière sang-pur française : le moins que l'on puisse dire c'est que mon frère, ma soeur et moi n'aurions probablement jamais dû exister. Ou peut-être que si : à bien y réfléchir, mon père était exactement ce qu'il fallait à ma mère, et vice versa. Cela n'évitait pas à leur couple des frictions dont le spectacle hebdomadaire me lassait.


Mais bizarrement, ce soir, les protestations maternelles, au lieu de m'agacer, me font sourire et n'altèrent pas ma bonne humeur. Je vois l'inquiétude dans ses yeux verts. Je me lève de table et embrasse brièvement sa joue, une main sur son épaule.

« Maman, tout va bien se passer. »


*.*.*



Nous sommes déjà fin août et les vacances ont filé plus rapidement qu'un vivet doré. Je suis d'abord restée quelques temps sur Paris et ai assisté à de nombreuses soirées d'étudiants de Beauxbâtons. Fin juillet, j'ai passé une semaine sur la côte atlantique avec mes amis Melwyn et Gwénaëlle, chez Arianne. On est une bande d'amis assez soudée et je sais qu'il vont me manquer. Cela me fait un peu bizarre de savoir qu'ils vont continuer leurs aventures à Beauxbâtons sans moi. Mais bon, c'est moi qui ai voulu partir, j'imagine qu'il faut assumer.


Puis, mon frère, ma soeur et moi avons passé une semaine à Bénaudry, un village sorcier du sud-est de la France, chez mes grands-parents Trencavel. Un séjour chez les Trencavel c'est toujours spécial, vu que mes grands-parents sont déjà centenaires. Ma mère est née alors qu'ils avaient dépassé la cinquantaine et étaient déjà grands-parents, et même pour des sorciers ce n'est pas courant. La maison a encore quelques siècles de plus, et j'ai passé une bonne partie de mon enfance à courir dans ce dédale avec mes cousins éloignés, sous le regard suspicieux des tableaux de mes aïeux.

Aoife, le rat de bibliothèque de base, s'était donné pour mission de fouiller toutes les archives familiales sans que mes grands-parents s'en aperçoivent. J'étais un peu curieuse - Aoife ayant refusé de me dire ce qu'elle cherchait, précisément - mais je n'avais aucune envie de passer l'été entre quatre murs. Pendant ce temps, Paul et moi étions bien trop occupés à faire des courses de balais avec mes cousins. Balais qui provenaient tous des années 60, et n'étaient pas top niveau confort, ce qui rajoutait de la difficulté.


Une autre semaine a été consacrée à mes grands parents irlandais, à Dublin. J'ai vu mon oncle et ma cousine et j'ai réussi à convaincre Aoife d'aller faire de l'escalade dans les environs. C'était génial, mais elle a détesté. Clairement, dans cette famille, l'une est l'intello et l'autre la casse-cou. C'est à se demander comment on peut être soeurs.


Enfin, nous nous sommes rendus à Londres en famille. Je ne suis pas la seule Meagher à quitter notre doux pays pour la perfide Albion, puisqu'Aoife va y commencer un apprentissage auprès d'Alan Turpin, le grand arithmancien. Nous avons donc loué des chambres au Leaky Cauldron et mes parents ont aidé ma soeur à trouver un appartement.


Pendant que ma mère aidait donc Aoife à agrandir magiquement le studio trouvé, en évitant d'attirer la suspicion des voisins moldus, je passais mes journées à Diagon Alley avec Paul et mon père. Et franchement, nous n'étions pas trop de trois pour comprendre comment changer nos écus, livres et sols en Galleons, Sickles et Knuts.


« Pour la dernière fois, une livre fait 7 sols, et un sol fait avec le taux actuel d'échange 1,7854 Sickles… » nous a répété un gobelin acariâtre, sur un ton qui nous faisait clairement comprendre que nous étions particulièrement stupides. Mon père avait fini par prendre l'argent échangé par le gobelin sans qu'on soit sûrs que la somme soit correcte. « Il serait vraiment temps que les sorciers fassent une union monétaire » avait-il grommelé.


Et aujourd'hui, me revoilà au point de départ : ma chambre parisienne. Aurélien Durance, gardien des Augureys Loirains, me fait un sourire charmeur depuis le poster accroché au dessus de mon lit. Sur ce même lit, mes affaires étalées en vrac : l'uniforme de Hogwarts, acheté la semaine précédente (version été et version hiver), quelques vêtements moldus, diverses robes de sorciers, plusieurs plumes et encre, du matériel de potions, et des livres en français et en anglais dont A History of Hogwarts que j'ai lu durant l'été. Mon père y ajouté une dizaine de livres moldus en anglais et français. Il est professeur de littérature à l'université et tient à ce que ses enfants connaissent « certains classiques ». Pour faire simple et court, disons que ses voeux se sont exaucés en ce qui concerne son aînée, et qu'il désespère de faire de moi et mon frère des littéraires cultivés.


Ma mère inspecte les affaires que j'ai étalées pour vérifier que je n'oublie rien.

« Tu es sûre de ne pas vouloir emmener cette combinaison auto-chauffante ?

- Euh… c'est un peu superflu… non ?

- Tu sais, il vaut mieux trop prendre que regretter après. »

Je regarde le vêtement d'un oeil circonspect. Après tout, sait-on jamais, peut-être que cela pourrait servir ? Je la prends et la dépose près de mon maillot de bain.

Ma mère hoche la tête et énonce « Golligendo ». Toutes mes affaires volent dans les différents tiroirs de ma valise, qui dispose magiquement de plus d'espace que le laisse penser son apparence extérieure. Un silence s'ensuit. Ma mère me prend brusquement dans ses bras. Puis me relâche tout aussi brusquement. Oui, elle n'est pas très tactile.


« Fais attention à toi.

- Maman, la Grande Bretagne n'est pas plus dangereuse que la France. »


Elle me regarde, l'air sérieux. Elle ouvre la bouche, puis la referme. Et l'ouvre à nouveau :

« Je ne parlais pas forcément de dangers extérieurs. » Elle me sourit. « Mon petit bandimon. Ne relance pas de troisième guerre magique !

- Maman ! Et ne m'appelle pas mon petit bandimon ! » Elle surnomme ses enfants comme ça. C'est affectueux, n'empêche que les bandimons sont des animaux magiques et nuisibles qui sentent le moisi. Beurk.


« Repose-toi bien, ma chérie, demain est un grand jour ».


Puis je me retrouve seule dans ma chambre. Je me couche dans mon lit et regarde le plafond. Un pli se forme entre mes sourcils. Et si je me réveillais pas à temps demain ? Et si je ratais le Portoloin pour Londres ? Et si Mathilde, Arthur et moi n'arrivions pas à monter à bord du Hogwarts Express ? Et si le départ n'était pas le premier septembre mais le 31 août ?


Bon, je vérifie : le départ est bien demain 1er septembre. Demain soir je serai à Hogwarts. Cela va être bonne année, c'est sûr. C'est une excellente idée de quitter sa famille et ses amis pour un an. Une excellente idée.


Je peste contre les larmes au coin de mes yeux. Merlin, je suis une aventurière ! J'aime l'inconnu ! Pourquoi suis-je si triste de quitter ce qui m'est familier ?

Tout d'un coup, j'entends la porte de ma chambre grincer. Dans l'obscurité, je devine la silhouette de Paul.


« Siobhán ? Je peux dormir dans ton lit ce soir ? »


Je hoche la tête. Mon petit frère me rejoint et me serre dans ses bras.

 

« Tu vas me manquer »

Note de fin de chapitre :

Merci de donner votre avis, j'attends avec impatience vos opinions ! Enfin, le titre du chapitre est une référence à un poème de Baudelaire, Le voyage (c'est donc approprié au chapitre !). Il m'est très tentant de rajouter un "s" à flamme mais Charlie ne l'a pas fait donc...

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