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127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Sélections du mois


Félicitations à AliceJeanne et TeddyLunard, qui remportent la Sélection Action/Aventure !

Vous voulez revenir dans le Futur ? Lors du mois de novembre c’est possible avec la Sélection Next-Gen ! Vous avez jusqu'au 30 novembre pour lire les 10 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter ici.

Et pour le mois de décembre, le thème et les textes vous attendent déjà avec la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez découvrir ces 12 histoires jusqu’à la fin de l’année et vous pourrez voter à partir de décembre. Pour en savoir plus, rendez-vous ICI !


De L'équipe des Podiums le 01/11/2022 19:00


15ème Échange de Noël


Le traditionnel Échange de fics de Noël est de retour pour sa 15ème édition !



Et cette année, vous pouvez écrire et recevoir : des fanfictions Harry Potter, des histoires originales... mais aussi des fanfictions sur d'autres fandoms ! Envie de nous rejoindre ?


Ça se passe d'ici le 31 octobre sur ce topic du forum HPF !


De L'équipe de modération le 23/10/2022 17:22


126ème Nuit d'HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 126 édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 21 octobre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De L'équipe des Nuits le 16/10/2022 11:07


Sélections du mois


Félicitations à Fleur d’épine, Ella C, Eejil9 et CacheCoeur, qui remportent la Sélection Femslash !

Vous voulez de l’action ? De l’aventure ? Ce mois de Sélections est fait pour vous ! Le Jury des Aspics vous invite à lire sur ce thème en octobre avec la Sélection Aventure/Action ! Vous avez jusqu'au 31 octobre pour lire les 5 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter par ici.

Et au mois de novembre, partez dans le futur avec la Next-Gen ! Vous avez jusqu’à la fin du mois d'octobre pour nous faire découvrir sur ce thème si vaste vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots. Pour proposer des textes, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news !

Il y a également la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos nuits d’insomnies ! Jusqu’au mois de décembre, venez découvrir 12 histoires incroyables ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De L'équipe des Podiums le 03/10/2022 23:05


Ginnia par alwyn13

[21 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Bonjour ! Ravie de vous accueillir sur cette nouvelle fic.
Je tenais juste à dire que certains petits dialogues seront cités d'après les oeuvres de JK Rowling et signalés par des astérisques (*) juste avant le tiret. Ces répliques-là ne m'appartiennent en aucun cas.

Pour ce qui est des reviews, je vous répondrai à tous avec plaisir. N'ayez pas peur de me laisser vos impressions, bonnes ou mauvaises.

Voilà ! Vous êtes prêts ? On va plonger ensemble dans les mondes de Tom Jedusor et de Ginny Weasley ! 1, 2, 3, c'est parti ! ("pop" de transplanage)
Note de chapitre:

Les passages précédés d'une * sont issus du tome 2, Harry Potter et la Chambre des Secrets.
Chapitre 1 : Ginny ou Ginnia ?

La plus jeune des Weasley poussa un soupir désespéré face à l'escalier délabré qui menait à sa chambre. "Je n'y arriverai jamais..." Elle devait atteindre le deuxième étage, mais Ginny tanguait sous le poids de son chaudron. Il débordait de nouvelles fournitures scolaires. Enfin... nouvelles... Chaque livre, chaque robe était d'occasion. Mais il n'y avait là rien d'étonnant. Tous ses frères étaient aussi passés par là. Ginny s'estimait heureuse d'avoir au moins obtenu une baguette neuve pour son entrée à Poudlard. Une grande surprise. Ses parents n'avaient même pas eu à se ruiner pour lui faire plaisir.

La jeune fille se souvenait encore du sentiment de malaise qu'elle avait ressenti au moment d'entrer dans la boutique d'Ollivander. Ginny s'était imaginé voir sa mère supplier le fabriquant de baguette de leur faire une ristourne sur les sept Gallions qu'il demandait habituellement. Car les baguettes d'occasion... ça n'existait pas chez Ollivander. Il le disait souvent : c'est la baguette qui choisit son sorcier.

Mais les Weasley n'avaient pas eu besoin de s'humilier. Dès l'instant où le vieil homme avait posé les yeux sur Ginny, il s'était plongé dans un profond mutisme, s'interrompant alors qu'il saluait Molly et Arthur. Était-il surpris de voir entrer une fille Weasley ? Ou était-ce dû au fait qu'elle était couverte de suie ? En tout cas, il n'avait pas l'air d'en croire ses yeux. Et, sans un mot, Mr Ollivander s'était éclipsé dans le fond de sa boutique avant de revenir vers eux avec une unique baguette entre les mains. 33,75 centimètres, en bois d'if, et crin de licorne.

Ginny avait glissé un regard inquiet à son père avant de prendre la baguette. On lui avait pourtant dit qu'Ollivander devait d'abord mesurer différentes parties de son corps avant de passer aux essayages. S'il avait choisi cette baguette au hasard, Ginny pouvait provoquer une véritable catastrophe en l'agitant sans réfléchir. Que ferait-elle si le plafond s'effondrait sur leurs têtes ?

Heureusement, il ne s'était rien passé de tel. Quand Ginny avait saisi la baguette d'une main tremblante, elle s'était tout de suite sentie en connexion avec le petit bout de bois. La jeune fille n'avait pu s'empêcher de sourire, émerveillée tandis qu'elle produisait instinctivement quelques étincelles or et argent.

Alors qu'il la dévisageait, Ollivander avait lâché le mot : stupéfiant. Molly et Arthur n'y avaient pas prêté attention, trop soucieux de connaître la somme qu'allait leur demander le fabriquant. Mais le vieil homme leur avait alors annoncé contre toute attente qu'il était décidé à offrir cette baguette à Ginny.

Ni elle, ni ses parents ne savaient pourquoi Ollivander lui avait fait un tel cadeau. S'abstenant de leur donner une explication claire, il s'était contenté de dire à Ginny : Elle est à vous.

En sortant de la boutique avec ses parents, la jeune fille avait entendu Ollivander ajouter en marmonnant : Warlow... c'était Warlow...

Ginny s'était vaguement interrogée sur ces derniers mots, jusqu'à ce qu'elle raconte à ses frères ce qui venait de lui arriver. Aucun d'eux n'avait voulu la croire, et la colère avait balayé ses interrogations. Même si elle était appuyée par ses parents, les garçons pensaient qu'ils venaient d'inventer une excuse pour qu'elle n'ait pas l'air favorisée.

Elle avait clairement perçu la jalousie maladive de Ron à ce propos, car cela faisait un an qu'il devait se contenter de la vieille baguette de Charlie. Elle s'était à nouveau vue qualifiée de préférée des parents.

Ginny ne supportait pas ce genre de remarque, et elle était fatiguée d'être constamment taquinée par ses frères. D'ailleurs, elle ne se privait jamais de répliquer et elle les avait envoyés se faire voir chez les Détraqueurs puisqu'ils persistaient à refuser de la croire.

La plus jeune de la fratrie savait faire entendre sa voix. Ginny l'avait très bien prouvé tout à l'heure, chez Fleury et Bott, en tenant tête à Drago Malefoy. Elle lui avait même lancé un regard assassin. Comment avait-il osé ? En sa présence ! Faire une remarque méprisante à...

- Un peu d'aide ?

Le cœur de Ginny fit un bond dans sa poitrine lorsqu'elle reconnut la voix de Harry. La jeune fille tourna lentement la tête vers lui et, croisant son regard, elle se rappela la suite des évènements au sein de la librairie.

*Alors, Potter, tu t'es trouvé une petite amie ?

Ginny rougit aussi violemment qu'elle l'avait fait face à la remarque de Drago. Oui, elle n'était pas du genre à se laisser marcher sur les pieds. Oui, elle était considérée par ses proches comme une enfant extravertie. Mais depuis l'arrivée de Harry au Terrier, Ginny n'était plus elle-même. Le simple fait d'être en sa présence la rendait incroyablement nerveuse, et surtout... très maladroite. Comme si elle n'avait plus aucune coordination dans ses mouvements ou dans ses pensées. Pire qu'un troll...

Harry Potter occupait continuellement son esprit. Comme une obsession. Avant même qu'il arrive chez elle, Ginny avait bombardé Ron de questions. Harry portait un nom célèbre, mais elle voulait surtout en savoir plus sur ce qui s'était passé lors de leur première année à Poudlard. Toute cette histoire autour de la pierre philosophale et d'un professeur possédé par Voldemort que Harry aurait affronté seul... Fred et George en avaient soufflé quelques mots à Ginny, suffisamment pour éveiller sa curiosité. Apparemment, tout Poudlard était au courant. Elle aussi voulait savoir, et comme toujours, ses frères s'étaient amusés à la faire languir. Mais deux mois de vacances à harceler Ron, et celui-ci avait fini par rendre les armes.

Il ne s'était pas trouvé avec Harry face à Quirrell, mais Ron lui avait parlé du reste. Du Quidditch, du troll des montagnes, de la forêt interdite, du chien à trois têtes... Ginny était tombée amoureuse de ce récit d'aventures sur Harry. Il en devenait encore plus exceptionnel à ses yeux. Voilà comment elle s'était entichée d'un garçon avant même qu'ils aient réellement été présentés, ce qui semblait complètement idiot. D'ailleurs, elle devait avoir l'air d'une parfaite idiote à le fixer, muette comme une carpe, alors qu'il attendait sa réponse. Aussi se reprit-elle :

- N... non merci.

Ginny planta Harry là pour monter à toute vitesse l'escalier qu'elle était certaine, une minute plus tôt, de ne pas pouvoir gravir en portant son lourd chaudron à bout de bras. Finalement, avec une bonne poussée d'adrénaline, tout était possible. Ginny ne sentit à nouveau le poids de la charge qu'une fois enfermée dans sa chambre. Le chaudron lui échappa des mains, comme tant d'autres objets jusque là, chaque fois qu'elle était en présence d'un certain garçon brun aux yeux verts.

- Mince ! marmonna-t-elle en se baissant pour ramasser les affaires éparpillées au pied de son lit. Bravo Ginny...

Elle se mit à ranger aussi vite que possible avant de voir sa mère débarquer. On avait sûrement entendu le fracas dans toute la maison. Rassemblant ses manuels, Ginny mit la main sur les livres flambant neufs de Gilderoy Lockhart. "C'est vrai... Harry me les a donnés" se rappela-t-elle en rougissant un peu plus. Puis elle attrapa le Guide des débutants en métamorphose. La jeune fille haussa les sourcils lorsqu'un autre ouvrage s'en échappa. Il était plus petit et il avait l'air encore plus miteux que les autres livres d'occasion. Mais sur la couverture noire, il n'y avait aucun titre. Seulement une date : 1942-1943. "On dirait un journal" pensa-t-elle perplexe. "Qu'est-ce que ça fichait dans mon chaudron ?" Il était évident que ce journal ne lui appartenait pas. Après tout, il était vieux de 50 ans... De plus, un cordon noir était noué autour, comme si on avait voulu éviter que le carnet s'ouvre.

Poussée par la curiosité, Ginny tira lentement sur le cordon, et le nœud se défit très facilement. Finalement, ce n'était peut-être qu'une décoration, comme le ruban pour les cadeaux. Quelqu'un aurait voulu lui offrir ce journal ? Dans ce cas, cette personne aurait pu en trouver un plus récent. "Ça doit être une blague de Fred et George" supposa-t-elle en soulevant la couverture pour essayer d'en savoir plus. À la seconde où le journal s'ouvrit, Ginny entendit une voix masculine murmurer :

- Anima... Nectum...

Poussant un cri de surprise, elle voulut lâcher le carnet qui s'était mis à briller fortement. Mais Ginny s'en trouva incapable, comme si ses mains y étaient solidement collées. Peu à peu, elle eut l'impression qu'on extirpait... quelque chose... hors de son corps. Elle avait la tête qui tournait et sa vue devint floue. Ginny tomba à genoux au sol, ses mains toujours irrémédiablement agrippées au journal. Elle essaya vainement d'appeler au secours avant de se laisser submerger par l'inconscience. Ginny n'eut même pas le temps de sentir sa tête toucher le sol, elle était déjà dans le noir complet.

oOo


Le 13 juin 1943, un jeune homme portant l'insigne des préfets de Serpentard feuilletait un épais volume dans la réserve de la bibliothèque de Poudlard. Et même s'il était occupé à prendre des notes au fil de sa lecture, le garçon savait parfaitement que la bibliothécaire l'observait depuis la section voisine. Elle faisait mine de vérifier que tous les ouvrages étaient à leur place, comme s'il était fréquent que les livres de la réserve soient déplacés... Ce n'était qu'un prétexte pour l'espionner, il le savait. Elle n'appréciait pas de le voir rôder trop souvent autour des précieux livres que contenait la réserve.

Depuis qu'il pouvait y entrer librement, le préfet avait épluché une quantité phénoménale de livres jugés dangereux pour les jeunes élèves. Mais l'information qu'il cherchait semblait se dérober sans arrêt. Jusqu'à ce soir. Pour la première fois depuis des mois, Tom Jedusor sentait qu'il touchait au but. Grâce à ce livre : Secrets les plus sombres des forces du Mal. L'un des chapitres avait pour titre : Les Horcruxes.

Horcruxes... voilà un mot que Tom avait déjà vu plusieurs fois au cours de ses longues recherches sur la Chambre des Secrets, sans jamais en trouver la définition exacte. Il parcourut rapidement la page, et le jeune homme en cria presque de joie lorsqu'il lut :

Cette pratique permet d'atteindre une sorte d'immortalité par la division de l'âme dont une partie devra être cachée à l'intérieur d'un réceptacle, alors nommé Horcruxe. De cette façon, si le corps du sorcier est détruit, son âme survit sous forme spectrale et peut alors investir temporairement le corps d'autres êtres.
Mais sachez qu'un meurtre est indispensable pour que l'âme puisse être divisée. N'essayez surtout pas d'accomplir le rituel sans ce "préparatif", vous risqueriez d'extirper entièrement votre âme hors de votre corps.
On ne divise pas son âme à la légère. Le seul moyen pour la réassocier au fragment arraché serait de ressentir un sincère remord face à son crime. Un remord qui provoquerait une douleur si atroce qu'elle pourrait en devenir fatale.
Il est conseillé de bien protéger son Horcruxe, et de choisir un objet inanimé comme réceptacle, car les êtres vivants sont peu fiables. Un Horcruxe peut être détruit, mais il faudrait utiliser contre lui un élément si destructeur que l'Horcruxe ne pourrait pas se réparer de lui-même.
(Voir ci-dessous, les détails de la méthode pour fabriquer un Horcruxe).


Ce chapitre était bourré d'avertissements, mais Tom n'avait d'yeux que pour le mot "immortalité".

- C'est ça, murmura-t-il avec excitation en lisant avidement les détails de la méthode pour fabriquer un Horcruxe.

Le voyant se concentrer sur la page pour en mémoriser chaque mot, la bibliothécaire tendit le cou. Mais elle ne pouvait rien distinguer depuis sa position. Pas même la lueur malveillante qui venait de passer dans le regard de Tom alors qu'il se demandait déjà qui ferait office de sacrifice pour qu'il puisse obtenir une vie éternelle.

Un meurtre. Ni plus ni moins. Il devrait arracher la vie à quelqu'un afin de devenir tout puissant. Ce serait une première pour lui, pourtant il s'en sentait capable. Tom n'était âgé que de 16 ans, mais il n'était ni du genre à renoncer, ni à prendre peur. S'il devait sacrifier une vie pour assurer la sienne... soit. Du moment que cela lui permettait d'aller plus loin que n'importe quel autre sorcier avant lui.

Lorsqu'il eut tout assimilé, Tom referma l'ouvrage avec un petit sourire satisfait. Puis il rangea les livres de la réserve à leur place, avant de se diriger vers la sortie. Passant devant la bibliothécaire, Tom lui offrit un sourire goguenard.

- Au revoir, lança-t-il sur un faux ton aimable.

En s'éloignant, il la vit du coin de l’œil se précipiter sur les livres qu'il avait étudié. Pour vérifier leur état. Peut-être aussi pour essayer de deviner l'objet de ses recherches. "Cette idiote devrait se méfier" pensa-t-il en disparaissant dans le couloir. "Ou c'est elle que j'utiliserai pour mon premier Horcruxe".

Tom prit la direction du deuxième étage. Après avoir vérifié qu'il n'y avait personne aux alentours, il entra discrètement dans les toilettes des filles. Le soleil matinal éclairait la pièce qui semblait vide à première vue. Il verrouilla donc la porte, s'avança rapidement jusqu'aux lavabos, et s'arrêta devant l'un d'eux en particulier. Celui dont le robinet arborait une gravure en forme de serpent.

- Ouvre-toi, siffla-t-il en Fourchelang.

Immédiatement, les lavabos s'écartèrent pour faire apparaître un trou béant dans le sol. Puis il appela la créature tapie dans l'ombre :

- Viens à moi.

Tom n'eut pas à attendre longtemps. Plusieurs sifflements, accompagnés de puissants frottement contre la pierre souterraine, retentirent dans le tuyau. Rapidement, une bête émergea de l'obscurité. Le Basilic. "Mon... Basilic" pensa le jeune homme en prenant garde à ne pas croiser le regard du serpent géant.

- J'ai une nouvelle mission à te confier, siffla Tom en reculant pour le laisser sortir du tuyau. Cette fois... il me faut un mort.

Le serpent siffla en réponse, lui signifiant qu'il avait compris. Le Basilic était sur le point de retourner dans son trou lorsque la porte de l'une des cabines s'ouvrit à la volée.

- Hé ! Sors d'ici ! s'exclama la voix haut perchée d'une fille.

- Attaque ! siffla rapidement Tom pris de panique.

- Tu n'as rien à faire dans les toilettes des f...

La fille se tut brusquement lorsque le serpent géant se propulsa devant elle. L'élève avait à peine eu le temps de mettre un pied hors de la cabine. Elle tomba raide morte en arrière avant d'avoir pu terminer sa phrase. De là où il était, Tom n'entendit qu'un bruit sourd. Puis le silence. Il s'approcha lentement de la cabine, tandis que le Basilic s'écartait pour le laisser passer. Alors il l'aperçut... le corps.

C'était une élève de Serdaigle. Petite. Elle n'avait certainement pas plus de 14 ans. Ses longs cheveux noirs étaient éparpillés autour de son visage et elle portait de grosses lunettes aux verres épais. Ses yeux encore ouverts reflétaient l'effroi qu'elle avait ressenti en croisant le regard jaune du serpent. Tom l'observa un bon moment en silence. C'était fait, il avait tué quelqu'un. En lançant le Basilic sur elle, Tom endossait la responsabilité de sa mort.

Au fond de lui, le jeune homme perçut une étrange sensation. Il était fébrile, son pouls rapide. De la peur ? "Non... de l'excitation" pensa-t-il avec un léger sourire aux lèvres.

- Va t'en, ordonna-t-il au serpent tout en tâtonnant dans sa poche.

Le Basilic obéit et Tom leva sa baguette. C'était le moment. Déjà, il avait l'occasion de se fabriquer un Horcruxe. Il se ferait un plaisir de saisir cette opportunité.

- Même si j'espérais un peu mieux comme sacrifice.

En effet, il utilisait la mort d'une inconnue. Une pauvre gamine qui s'était trouvée au mauvais endroit, au mauvais moment. Le jeune homme aurait préféré prendre la vie d'un ennemi. D'une personne puissante. Quelqu'un comme... Dumbledore. Son professeur de métamorphose, l'un des rares qui n’idolâtrait pas le jeune préfet. "C'est lui qui m'a fait entrer dans le monde de la magie. Mais je sais qu'il se méfie de moi. Il sent que je prépare quelque chose. Heureusement, quand il en aura la certitude, ce sera déjà trop tard". Cet homme, dès le moment où ils s'étaient rencontrés à l'orphelinat, avait essayé de montrer au garçon que ce n'était pas à lui de faire la loi. Que Tom n'était supérieur à personne et qu'il devait se montrer respectueux envers les autres. "Respectueux" pensa Tom amusé. "À partir d'aujourd'hui, c'est à moi qu'on doit le respect. Pour ce que je vais accomplir..."

- Aujourd'hui, je deviens immortel, murmura-t-il en crispant ses doigts sur sa baguette.

Mais avant ça, il devait choisir un objet à transformer en Horcruxe. Cela aussi, c'était un regret. Tom aurait souhaité enfermer une partie de son âme dans un objet de grande valeur. Quelque chose d'ancien ou détenant un grand pouvoir magique. Mais il n'avait rien de comparable à cela en sa possession et il voulait absolument réaliser le rituel maintenant. "Tout ce que j'ai sur moi..." songea-t-il en fouillant impatiemment son sac d'une main. "Ce sont mes cours et..."

Tom se figea brusquement. Il venait de mettre la main sur quelque chose et le Serpentard sortit lentement l'objet de son sac. Son journal intime... Il le fixa quelques secondes en silence. Jamais Tom n'avait réussi à écrire la moindre information sur lui dans ce carnet. Parce qu'il n'était pas du genre à s'épancher, même dans un journal, et surtout parce que tout ce qui rythmait sa vie depuis quelques mois était trop dangereux pour être répertorié sur papier. Le fait qu'il était l'héritier de Serpentard, qu'il avait ouvert la Chambre des Secrets et qu'il lançait le Basilic sur les nés-Moldus depuis. Tom serait perdu si un tel journal tombait entre de mauvaises mains. Non, il ne pouvait rien écrire sur lui à l'intérieur, excepté son nom, afin d'attester que ce journal était sa propriété.

"Je ne peux même pas y écrire que j'ai tué cette fille pour me fabriquer un Horcruxe. Ce journal ne me sert vraiment à r..." Tom retint soudainement sa respiration. Il venait de songer à un détail crucial. Maintenant qu'une élève était morte... qu'allait-il se passer ? L'école pourrait fermer ? Allait-on l'obliger à rester cloîtré dans son maudit orphelinat jusqu'à sa majorité ? Non, c'était hors de question. Tom ferait tout pour que ça n'arrive pas. Poudlard était sa véritable maison. Son sanctuaire. Il était prêt à tout pour ne pas y renoncer. "L'école ne devrait pas fermer si un coupable est arrêté" pensa Tom. "Je m'occuperai de ça plus tard".

Le jeune homme devait se concentrer sur ce qu'il s'apprêtait à faire. Il n'avait pas toute la journée. Quelqu'un pouvait essayer d'entrer à tout moment.

- Tu vas enfin me servir à quelque chose, souffla-t-il en observant son journal d'un air amusé.

Il leva d'une main le carnet devant lui. Le procédé était simple, mais il fallait l'effectuer à la perfection pour que l'Horcruxe soit stable. Tom devait penser très fort au meurtre qu'il venait de commettre tout en appuyant le bout de sa baguette contre son torse. Juste au niveau du cœur. Il fixa le corps de la jeune fille morte, se rappelant en détail la façon dont il avait lancé le Basilic sur elle. Et le moment où elle était tombée dans le silence à jamais. Puis il prononça la formule :

- Anima.

Soudain, Tom ressentit une violente douleur au creux de sa poitrine. Quelque chose se déchirait en lui. La souffrance en était presque insupportable. Haletant, il tira sur sa baguette pour l'éloigner de son torse. Tom serra les dents. C'était donc ce qu'on ressentait lorsqu'on s'arrachait une part de soi-même ? Puis la douleur cessa aussi vite qu'elle était venue. Le bout de la baguette de Tom brillait. Il était là... Le jeune homme pouvait le voir. Son fragment d'âme. Ses pensées, ses souvenirs... représentés par cette petite lueur ? Tom s'attendait à quelque chose de bien plus spectaculaire. Il était déçu... C'était son âme après tout ! Mais il devait s'en satisfaire et terminer le rituel. Il abaissa sa baguette sur le journal et, touchant la couverture, il dit :

- Nectum.

Le carnet se mit à briller un instant, puis il reprit son aspect normal. À nouveau, il avait l'air d'un vulgaire cahier. Mais ce qu'il contenait à présent... était très précieux. Ce stupide journal dans lequel Tom n'avait jamais réussi à écrire quoi que ce soit, excepté son nom, était à présent dominé par son fragment d'âme.

- Maintenant, plus rien ne peut m'atteindre, jubila-t-il avant d'ouvrir le journal.

Mais Tom n'eut même pas l'occasion d'apercevoir son nom sur la première page, car le journal se remit brusquement à briller, si fort qu'il en fut ébloui. Tom lâcha l'Horcruxe et bascula en arrière lorsqu'un poids fut propulsé sur lui.

Allongé au sol, il cligna des yeux pour retrouver une vue claire. Tom pouvait sentir qu'une personne pesait sur son torse. Baissant le regard, il se rendit compte qu'il s'agissait d'une très jeune fille aux cheveux roux. Elle remuait à peine et le jeune homme remarqua qu'elle ne portait pas l'uniforme de Poudlard.

- D'où sort cette gamine ? marmonna-t-il en se redressant alors qu'elle remuait en poussant une faible plainte.

Tom fronça les sourcils. Puis il jeta un coup d’œil à son journal. Ce dernier reposait par terre, juste à l'entrée de la cabine. Fermé. Il ne brillait plus. "Ce n'est pas possible... Elle n'a pas pu sortir du journal" pensa-t-il perplexe en reportant son attention sur la jeune fille qui devait être âgée d'une dizaine d'années. Tom l'attrapa par les épaules, avant de la secouer pour lui remettre les idées en place.

- Hé ! Qui es-tu ? la questionna-t-il. Qu'est-ce que tu fais là ? Pourquoi le journal s'est-il illuminé ? Oh ! Tu m'entends ?!

- Je... murmura-t-elle en papillonnant des yeux. Je...

- Qui es-tu ?! insista-t-il en la secouant à nouveau sans ménagement.

- Je suis Gin... dit-elle confuse. Gin... Ginny... AAAAH !

La gamine se prit brusquement la tête dans les mains, son visage tordu dans une expression de douleur.

- Quoi ? dit Tom en fronçant les sourcils. Qu'est-ce que tu as dit ? Ginnia ?

Mais elle ne semblait plus apte à parler. Ni à l'écouter. La petite poussait maintenant de véritables cris de souffrance, les mains toujours crispées sur ses tempes.

- Mais qu'est-ce qui t'arrive ? demanda Tom avec un mouvement de recul comme s'il craignait qu'elle soit atteinte d'une maladie contagieuse.

Brusquement, les cris de la petite s'arrêtèrent et elle s'affaissa de nouveau contre lui dans un soupir. Cette fois, elle avait bel et bien perdu connaissance. Tom grimaça en la poussant sur le côté pour qu'elle aille rouler par terre. Puis il se releva, décidé à récupérer son journal. Le jeune homme désirait savoir comment cette fille avait pu en sortir, mais la gamine était dans l'incapacité de lui répondre pour l'instant. Et il ne devait pas oublier le corps de la Serdaigle. "Si jamais quelqu'un me trouve ici..."

Tom fourra rapidement le journal dans son sac avant de se diriger vers la sortie. Déverrouillant la porte des toilettes, il se glissa dans le couloir du deuxième étage et prit la route des cachots. Ses pas étaient rapides, mais il garda un air naturel. Tom ne croisa presque personne et on ne lui posa pas de questions, jusqu'à ce qu'il entre dans la salle commune des Serpentard.

- Tom ? s'étonna un jeune homme blond en le voyant passer en coup de vent. Où étais-tu ? On n'attendait plus que toi pour aller déjeun...

Le préfet fit claquer la porte du dortoir des cinquième année, étouffant la voix de son camarade. Tom se précipita vers son lit et ouvrit d'un coup de pied sa malle avant de la vider fébrilement. Il cacha son journal tout au fond et redisposa toutes ses affaires par dessus, dans un désordre anarchique. Puis il referma d'un coup sec le couvercle et verrouilla la malle à l'aide de la magie :

- Clausurae.

Désormais, il était le seul à pouvoir ouvrir cette valise. Même si, personne dans ce dortoir n'aurait l'idée d'aller fouiller dans les affaires de Tom Jedusor. Tous savaient qu'il était très doué en magie et qu'il pouvait le leur faire payer très cher. Tom était sûrement l'élève le plus respecté parmi les Serpentard, toutes années confondues.

"Et maintenant... qu'est-ce que je fais ?" s'interrogea-t-il en se relevant pour faire les cent pas. Il s'était enfui en laissant la fille rousse dans les toilettes, inconsciente. Mais elle avait vu son visage ! Les professeurs allaient forcément interroger cette gamine. Si jamais elle le désignait comme coupable... "J'aurais dû la tuer elle aussi. Maintenant, c'est trop tard !" Tom repensa à la façon dont la gamine avait hurlé en se tenant la tête avant de s'effondrer. Qui sait ? Elle était peut-être tombée dans le coma.

- Faites qu'elle soit morte ! marmonna Tom en sortant de la chambre.

Alors qu'il redescendait les marches, le Serpentard s'obligea à se calmer. Il ne devait rien laisser paraître. Pour l'instant, rien n'était perdu. Excepté peut-être... son journal ? Pourquoi cette fille était-elle sortie des pages lorsqu'il l'avait ouvert ? Et s'il l'ouvrait à nouveau ? Est-ce qu'une autre personne pouvait apparaître ?

- Est-ce que tout va bien ? demanda le garçon blond en le voyant revenir dans la salle commune. Tu m'as l'air un peu pâle. Qu'est-ce que tu faisais...?

- Fiche-moi la paix, Abraxas ! le coupa Tom d'un ton vif.

- Mais je voulais juste... répliqua son camarade en adoptant un air vexé.

- Laisse tomber, intervint un grand garçon élancé aussi brun que Tom et qui arborait un air bien trop sérieux pour son âge.

- Oui, approuva un quatrième Serpentard qui les attendait près de la sortie. Allons plutôt manger, avant que mes admiratrices viennent me chercher.

Il jeta un regard bleu rieur à son ami Malefoy, lequel trainait des pieds derrière Tom en marmonnant dans sa barbe. C'était le genre de regard qui faisait craquer toutes les filles, mais qui avait le don d'exaspérer Abraxas.

- Pitié Brax, ne te mets pas à bouder, ricana le Serpentard aux yeux bleus en se plaçant à hauteur d'Abraxas alors qu'ils rejoignaient tous les quatre la Grande Salle. Prends exemple sur moi et Thadeus. Ne te mêle pas trop des affaires de Tom si tu ne veux pas qu'il t'envoie promener.

- Ferme-la, Ed, s'énerva le jeune Malefoy. Et je ne boude pas !

Edouard Rosier ne se priva pas de rire et ils rejoignirent la table des Serpentard pour s'apercevoir que tout le monde en était déjà au dessert. Abraxas pesta de nouveau dans son coin, sous l’œil exaspéré de Tom qui n'était pas d'humeur à l'écouter râler. Ni à voir Ed provoquer par sa seule présence d'insupportables gloussements féminins de la part d'une pléiade de filles Serpentard. "Je me demande comment j'arrive encore à les supporter" songea le préfet en ignorant le bout de tarte à la mélasse que venait de lui servir Thadeus Nott. Tom n'avait pas faim. Il fixait la table des professeurs et notamment Dumbledore. Combien de temps avant que quelqu'un découvre la mort de la Serdaigle ? Tom allait-il être soupçonné ? Son destin reposait sur ce que la rousse pouvait dire si jamais elle se réveillait. "Elle est morte... Il faut qu'elle soit morte !"

Le repas se termina sans que personne ne hurle au meurtre et Tom ne perçut aucune rumeur à la table voisine sur l'absence intrigante d'une Serdaigle. Cette pauvre fille ne devait avoir aucun ami. Il rejoignit donc son cours de sortilèges et se distingua comme toujours par son habileté à tout réussir du premier coup. Puis il assista au cours de potions, enseigné par le professeur Slughorn, directeur de la maison Serpentard.

- Parfait Tom, comme toujours, apprécia Horace en passant devant le chaudron du préfet.

- Et moi ? ronchonna Abraxas qui avait aidé Tom à confectionner ce filtre de Paix. Je suis invisible ?

- Remue trois fois, ordonna le préfet en lui lançant un regard noir. Dans le sens inverse des aiguilles d'une montre.

Abraxas s'exécuta à contre-coeur. Il était très difficile de prouver ses talents, quand on se trouvait à côté de Tom Jedusor. Mais c'était aussi à cette place qu'on profitait le mieux de son charisme. Jamais Abraxas ne renoncerait à sa position au sein du cercle très fermé des "amis" de Tom. Sans parler du fait qu'il valait mieux ne pas être son ennemi. "Même à moi... il me fait froid dans le dos. Parfois". Des fois comme aujourd'hui. Le regard ombrageux que Tom venait de lui lancer était un avertissement. Abraxas ferait mieux de cesser immédiatement de geindre et ce pour au moins deux semaines. Autrement dit, il avait intérêt de se tenir à carreaux jusqu'à la fin de l'année.

En effet, même s'il le cachait habilement, Tom était au bord de la rupture. Il n'en pouvait plus de cette attente. Cela faisait déjà quatre heures qu'il avait quitté les toilettes des filles et personne d'autre n'y était entré entre temps ? Ou bien, Dumbledore avait décidé de le faire mariner exprès... et Tom tomberait face à lui dès qu'il franchirait la porte de cette classe. Mais lorsque le cours de Slughorn prit fin, le préfet constata que son professeur de métamorphose ne lui avait tendu aucune embuscade. Personne ne l'attendait dans le couloir.

Tom retourna donc à la Grande Salle et se força à avaler quelque chose. Il ne devait pas alerter davantage ses camarades. Mais il eut à peine le temps d'avaler deux bouchées de son dîner, avant qu'un hurlement strident retentisse à l'extérieur de la salle. Le cri fut à moitié étouffé par le brouhaha des élèves qui discutaient en mangeant et seuls ceux qui étaient assis près des portes le remarquèrent. Mais le hurlement se fit de plus en plus puissant à mesure que le responsable se rapprochait et le silence s'installa progressivement dans la Grande Salle. Tout le monde avait les yeux rivés sur les portes, devinant qu'elles s'ouvriraient d'une seconde à l'autre.

Une élève entra précipitamment, terrorisée, hurlant à pleins poumons alors qu'elle courait vers la table des professeurs. Tom remarqua vaguement qu'il s'agissait d'une Serdaigle. Ce n'était pas le plus préoccupant. Plusieurs personnes poussèrent des cris de surprise, ou d'effroi, en voyant entrer juste derrière la jeune fille ce qui semblait la poursuivre. Un amas grisâtre flottant à plus d'un mètre du sol, tel un nuage de fumée. Un fantôme.

"C'est elle" comprit Tom en sentant ses entrailles se nouer. Une pauvre fille portant des lunettes aux verres épais. La Serdaigle qu'il avait tué dans les toilettes. Un fantôme... Elle était revenue à l'état de fantôme ! Et elle criait dans les oreilles de sa camarade apeurée qui venait de trébucher et de s'étaler par terre :

- Tout est de ta faute, Olive ! Si je me suis réfugiée dans ces toilettes, c'est à cause de toi !

- Au secours ! gémit la Serdaigle recroquevillée devant la table des professeurs. Faites-la partir ! Faites-la partir !

- Oh non, je ne partirai pas ! répliqua le fantôme. Tu regretteras de t'être moquée de moi !

- Je regrette... pleura sa camarade. Je te demande pardon, Mimi ! Va t'en !

- Ce n'est pas aussi simple que ça ! Je ne te laisserai jamais tranquille, Olive ! Jamais !

L'ensemble de la Grande Salle assistait à cette scène effroyable sans pouvoir réagir. Même les professeurs étaient sous le choc. Mais Dumbledore fut le premier à se reprendre. Il se leva d'un bond et obligea le fantôme à s'écarter de la jeune Olive en lui lançant un sortilège informulé. Mimi fut poussée sur le côté comme par une force invisible.

- Miss Warren... souffla le directeur-adjoint en dévisageant la Serdaigle fantomatique.

D'étranges larmes coulaient sur ses joues transparentes et elle se mit à geindre :

- Vous aussi ? Vous vous en prenez à moi ? Le fait que je sois morte ne vous suffit pas ?!

Mimi poussa une longue plainte déchirante en passant à travers Dumbledore, puis elle fit le tour de la salle en sanglotant. Au moment où elle longea la table des Serpentard, Tom sentit un grand souffle froid lui frôler le dos. La mâchoire crispée, il la regarda disparaître dans le hall. "Je me serais bien passé de ça..." songea-t-il alors que le brouhaha se réinstallait peu à peu le long des tables, bien plus fort qu'auparavant. Ils venaient tous de réaliser pleinement ce qu'il s'était passé, dès l'instant où Mimi avait elle-même prononcé le mot "morte".

- Silence, je vous prie ! s'exclama le directeur Dippet. Miss Hornby, que s'est-il passé ?

Olive répondit par des pleurs alors que Dumbledore contournait rapidement la table des professeurs pour la rejoindre. Il l'aida à se relever et lui tapota doucement le dos pour la calmer.

- Eh bien ? insista le directeur. Racontez-nous !

- Je... je suis allée... chercher Mimi, expliqua Olive d'une voix pleine de trémolos. Comme vous me l'aviez demandé... mais... quand je suis entrée dans les toilettes... je... je les ai vues ! Toutes les deux, allongées sur le sol, comme si elles dormaient... mais elles étaient mortes ! Et Mimi... Mimi...

- Toutes les deux...? Vous voulez dire qu'une autre élève est...

- Armando, intervint fermement Dumbledore. Nous ferions mieux d'emmener Miss Hornby au calme.

- Oh... Oui, acquiesça Dippet en jetant un regard aux élèves catastrophés. Oui, vous avez raison.

- Je demande à tous les élèves de rester dans la Grande Salle durant l'absence des professeurs, dit Dumbledore d'une voix forte. Mr Picott, ajouta-t-il en s'adressant au concierge. Veillez à ce que personne ne sorte.

Les professeurs emmenèrent Olive hors de la salle et Apollon Picott referma les portes derrière eux. Aidé par Ogg, le garde-chasse, il obligea les quelques élèves souhaitant découvrir les faits à se rasseoir et cesser de crier. Mais la rumeur se propageait de tables en tables. L'héritier de Serpentard avait encore frappé... Fatalement, cette fois.

- Je me demande qui est la deuxième victime, murmura un deuxième année assis non loin de Tom en se redressant pour observer la salle. Est-ce qu'une autre Sang-de-Bourbe est absente ?

- Boucle-la, Orion, intervint une brune à l'air pincé.

Walburga Black portait comme Tom l'insigne des préfets de Serpentard, à ceci près qu'elle avait un an de plus que lui. La jeune fille lança un regard noir au jeune Orion qui baissa aussitôt les yeux. Puis elle attrapa sa fourchette et fit mine de finir son repas, tout comme Thadeus et Edouard.

Mais Abraxas fixait son assiette sans pouvoir y toucher. Il glissa un imperceptible regard vers Tom dont les yeux étaient rivés vers les portes fermées de la Grande Salle. Comme tout le monde, il attendait de les voir s'ouvrir à nouveau. "Mais... Est-ce que Tom...?" s'interrogea Abraxas en songeant à la tension qu'avait dégagé le préfet au cours de la journée. Soudain, Tom tourna les yeux en une fraction de seconde. Son regard croisa celui d'Abraxas. Il l'avait surpris à l'observer et le blond sentit une terrible vague glacée l'envahir.

- Brax.

Abraxas tourna la tête si rapidement vers Edouard qu'une douleur fulgurante lui transperça la nuque. Son ami lui avait attrapé le poignet. Abraxas réalisa soudainement qu'il avait retenu sa respiration inconsciemment. Son cœur battait la chamade.

- Tu devrais manger un peu, ajouta Ed. Je n'ai pas envie de passer ma nuit à écouter les gargouillements de ton ventre.

Les mots d'Edouard semblaient anodins, mais Abraxas savait que son ami n'était pas intervenu par hasard. "Il m'a détourné de Tom. Ed a vu que je..." Abraxas souffla légèrement avant d'inspirer à nouveau. Les battements de son cœur commencèrent à ralentir. Puis, feignant qu'il n'y avait eu aucun malaise, Abraxas lança :

- De quoi tu te plains ? Je passe bien les miennes à t'écouter ronfler.

- Je ne ronfle pas ! s'insurgea Edouard avec un léger sourire au coin des lèvres.

Et ils se lancèrent dans l'une de leurs chamailleries habituelles, sous l'arbitrage de Thadeus. Mais Abraxas sentait le poids du regard de Tom qui pesait toujours sur son dos, jusqu'à ce que le préfet décide qu'il était plus intéressant de fixer les portes de la Grande Salle. Elles se rouvrirent vingt minutes plus tard. Mais Dippet, ainsi que les quatre directeurs de maisons, n'étaient pas parmi les professeurs venus les rassurer.

- Vous pouvez regagner vos dortoirs, annonça la vieille Galatea Têtenjoy. Nous vous escorterons.

- Pourquoi ? demanda un élève de Poufsouffle. Sommes-nous en danger ?

- N... non, bien sûr que non, répondit-elle. C'est seulement...

- Dans ce cas, qu'est-il arrivé à Mimi ? s'enquit une Serdaigle. Nous avons tous vu son fantôme, alors... Qu'est-ce qui l'a... tuée ?

- Nous avons en effet retrouvé le corps de Mimi Warren dans les toilettes des filles du deuxième étage. Mais nous ne savons encore rien des circonstances exactes de sa mort. Le directeur fera un discours officiel demain matin lorsque les parents de Miss Warren seront...

- Et la deuxième victime ? demanda le préfet de Gryffondor.

- Que ce soit clair, il n'y a pas de deuxième victime ! assura le professeur de défense contre les forces du Mal.

Les jeunes élevèrent tous brusquement la voix, persuadés qu'il s'agissait d'un mensonge pour minimiser la gravité de la situation. Ils avaient clairement entendu ce qu'avait dit Olive Hornby. Mais aucun d'eux n'obtint de réponses et les professeurs les emmenèrent vers leurs dortoirs respectifs. Tom marchait en tête des Serpentard, se demandant pour la énième fois ce qu'il était advenu de la petite rousse. "Pas de deuxième victime... Ils mentent, forcément. Ou bien ils l'ont retrouvée vivante et d'une minute à l'autre on va venir me..."

- Tom !

Tous les Serpentard s'arrêtèrent près de l'entrée des cachots et jetèrent un coup d’œil vers leur préfet. Le professeur Slughorn descendait l'escalier de marbre pour les rejoindre. Bien que le préfet n'était pas le seul à se prénommer Tom dans l'école, il était en revanche l'unique élève que leur professeur de potion appelait par son prénom.

- Quelle histoire... soupira Slughorn en passant entre les élèves des autres maisons avant de s'arrêter devant le professeur Têtenjoy qui accompagnait les Serpentard. Merci de les avoir pris en charge Galatea, je m'occupe du reste.

- Très bien... dit lentement Têtenjoy en glissant un regard vers Tom. Mais...

- Qu'y a-t-il ? Vous tenez quand même à nous accompagner ?

- Il y a un instant, vous avez interpellé Mr Jedusor, lui rappela sèchement le professeur de défense contre les forces du Mal qui n'appréciait pas la familiarité entre enseignants et élèves.

- Oh, oui ! acquiesça Slughorn en se frappant légèrement le front. Tom, le directeur souhaite vous parler.

Le préfet sentit ses entrailles se contracter alors que de légers murmures se faisaient entendre dans son dos. Il fit de son mieux pour les ignorer et demanda d'un ton innocent :

- Pour quelle raison ?

- Je ne sais pas, avoua Horace. Il vous attend dans son bureau. Dépêchez-vous d'y aller avant que le soleil soit couché.

- Je vais l'accompagner au deuxième étage, décida Têtenjoy.

- Si vous voulez. Mais Tom est un garçon débrouillard, dit Slughorn en adressant un clin d’œil à son élève favori. Je suis sûr qu'il peut...

- Mr Jedusor est un garçon comme les autres, trancha-t-elle froidement. Personne ne doit se déplacer seul tant qu'on ne saura pas clairement ce qu'il s'est passé.

Un garçon comme les autres ? Un garçon comme les autres ? Sur le chemin qui les menait vers le bureau de Dippet, Tom dut se faire violence pour ne pas s'en prendre à Galatea Têtenjoy. Ainsi, ils les auraient eues avec certitude leurs deux victimes. "Du calme" s'enjoignit Tom alors qu'ils passaient devant les toilettes des filles. Sur la porte fermée était inscrit en grosses lettres scintillantes : CONDAMNÉES.

L'inscription brillait d'autant mieux dans l'obscurité du couloir silencieux et Tom ne fut débarrassé de cette lueur désagréable que lorsqu'il tournèrent à l'angle du mur pour s'arrêter devant la gargouille protégeant l'entrée du bureau directorial.

- Cake aux oli... annonça Têtenjoy à la statue.

- OLIIIIIIIIIVE ! hurla soudainement une voix suraiguë.

Surgi de nulle part, le fantôme de Mimi traversa le couloir alors que la gargouille se déplaçait pour leur ouvrir le passage. Tom fit un bond de côté pour éviter Mimi qui ralentit en posant les yeux sur lui. Le préfet retint son souffle, dans l'attente des mots qu'elle comptait lui adresser. Mais Mimi ne proféra aucune accusation. Il vit seulement les joues du fantôme devenir étrangement opaques. Tom se fichait de ce que cela voulait dire, du moment qu'il la voyait poursuivre son chemin en criant :

- Olive ! Où te caches-tu ? Tu n'aurais jamais dû te moquer de mes lunettes !

- Miss Warren ! s'exclama le professeur Têtenjoy d'un ton outré. Cessez de harceler Miss Hornby !

La vieille femme se lança à la poursuite du fantôme qui n'en faisait qu'à sa tête, laissant Tom seul au milieu du couloir. L'idée de fuir le château traversa l'esprit du jeune homme. Personne n'aurait pu l'en empêcher à présent. Et il se savait capable de disparaître sans laisser de trace. Mais fuir et se cacher comme un rat dans un trou... ce n'était pas digne de lui, l'héritier de Salazar Serpentard. "Dumbledore serait venu me chercher lui-même si j'étais vraiment soupçonné d'avoir commis un meurtre" décida Tom en montant l'escalier de la gargouille. Mais sa certitude vacilla au moment de frapper à la porte du directeur, lorsqu'il l'entendit lui répondre d'une voix faible :

*- Entrez.

Tom poussa la porte en retirant son chapeau pointu. C'était le moment de faire preuve du peu d'humilité dont il était capable.

*- Ah, c'est vous, Jedusor.

*- Vous vouliez me voir, professeur Dippet ? demanda Tom d'un ton qu'il aurait voulut plus assuré.

*- Asseyez-vous. Je viens de lire la lettre que vous m'avez envoyée.

*- Ah.

Ce fut tout ce que Tom était capable de répondre sur le moment. Il ne s'attendait absolument pas à ça. Le Serpentard était partagé entre la surprise, le soulagement et la curiosité. Tom brûlait d'envie d'entendre la réponse du directeur au sujet de sa demande pour rester à Poudlard pendant les vacances d'été. Il en avait presque oublié la tension qu'il avait trainé avec lui jusqu'ici. Mais Dippet ne lui dit pas ce qu'il voulait entendre. Le directeur refusa sa requête et il parla même de fermer l'école.

Tom ne voulait pas en entendre parler. Il ne pouvait pas perdre Poudlard. À aucun prix. Le Serpentard revint alors à une pensée qu'il avait eu dans les toilettes, juste avant de créer son Horcruxe. L'école ne devrait pas fermer si un coupable est arrêté.

*- Et si le coupable se faisait prendre, monsieur ?... Tout serait terminé...

*- Que voulez-vous dire ? s'enquit aussitôt le directeur. Jedusor, sauriez-vous quelque chose concernant ces agressions ?

*- Non, monsieur.

Cette réponse n'aurait certainement pas pu duper Albus Dumbledore, mais Armando Dippet se laissa convaincre facilement. Aux yeux de Tom, il n'avait jamais fait un directeur très compétent. Cela l'arrangeait aujourd'hui.

*- Vous pouvez sortir, Tom.

Il obéit et redescendit l'escalier. Le jeune homme s'arrêta dans le couloir de la gargouille et il se mit à réfléchir. Il lui fallait absolument faire accuser quelqu'un d'autre à sa place. Tom savait déjà qui serait le coupable idéal et où il pourrait le trouver à cette heure tardive. Ainsi, le Serpentard se mit en route. Mais lorsqu'il eut atteint le grand hall, une voix l'arrêta :

*- Que faites-vous à vous promener si tard dans le château, Tom ?

"Lui" pensa-t-il frustré en se tournant vers Dumbledore. Son professeur de métamorphose le fixait avec son habituel regard inquisiteur. Tom se demanda si Dumbledore ne nourrissait pas quelques soupçons à son égard sur ce qui venait de se passer. Essayant de garder une expression neutre face au directeur-adjoint, le Serpentard fixa ses cheveux légèrement roux qui lui rappelaient ceux de la gamine sortie de son journal. Tom n'avait pas pu questionner Dippet à ce sujet sans risquer d'avoir l'air suspect. "Si cette fille est entre les mains de Dumbledore... me disculper devient une question de vie ou de mort".

*- Je suis allé voir le directeur, monsieur, répondit-il poliment comme si ses faits et gestes regardaient ce vieux renard.

*- Dépêchez-vous d'aller vous coucher. Mieux vaut ne pas traîner dans les couloirs, depuis que...

Dumbledore se tut pour soupirer. Oui, Tom savait très bien pourquoi il ne fallait pas traîner dans les couloirs. Inutile de le lui préciser.

- Bonne nuit, Tom, dit le professeur avant de le laisser.

Les derniers mots de Dumbledore lui firent penser que le directeur-adjoint n'était pas si soupçonneux que cela. Il le laissait regagner seul son dortoir. "Ou bien il attend d'obtenir une preuve contre moi. Dumbledore ne peut pas s'empêcher de me soupçonner".

Dès que le professeur eut disparu, Tom s'engagea dans l'escalier menant aux cachots. Il se cacha dans la salle de potions et attendit un long moment. Puis il se glissa silencieusement dans le couloir lorsqu'une personne passa devant la porte entrebâillée. Il s'agissait de l'élève qui allait lui servir de tête de turc : Rubeus Hagrid. Un Gryffondor massif de troisième année qui ne se doutait pas une seconde qu'il était suivi. Ce gros balourd de Hagrid était dénué du sens de la discrétion, contrairement à Tom. "Dénué de toute intelligence en fait" pensa le Serpentard en s'arrêtant au coin du couloir alors qu'une porte grinçait un peu plus loin.

Tom entendit Hagrid parler seul à voix basse. Mais le Serpentard savait parfaitement à qui il s'adressait. Ou plutôt... à quoi. Une créature hideuse et repoussante. Une Acromentule qui aurait parfaitement pu tuer une jeune fille dans les toilettes du deuxième étage, avant de s'enfuir par la fenêtre en tissant sa toile. "C'est parfait !" jubila Tom en se précipitant pour prendre Hagrid la main dans le sac.

Le Gryffondor fut très surpris de le voir apparaître. Et bien sûr, il tenta vainement de convaincre Tom que son monstre n'y était pour rien, qu'il n'avait jamais tué personne. Parfaitement inutile. Voire même risible. Si Rubeus s'était seulement douté que le véritable coupable se tenait devant lui... Tom en avait mal au ventre à force de se retenir d'éclater de rire. Il neutralisa Hagrid d'un mouvement de baguette en le projetant contre un mur et il ouvrit à la volée la porte que le Gryffondor avait essayé de protéger.

La bête sortit de la pièce. L'énorme araignée, faisant claquer ses pinces meurtrières. Mais elle fut plus rapide qu'il ne le pensait, malgré sa taille imposante. Tom manqua son coup et l'Acromentule s'échappa en le projetant à terre. Il tenta bien de se relever, mais cette fois, ce fut Rubeus qui intervint pour lui arracher sa baguette des mains.

*- NOOOOOOOOOON ! hurla le Gryffondor.

Furieux, Tom se redressa pour se jeter sur lui. Si Hagrid s'échappait, tout serait fichu. Ils se battirent au sol, Tom essayant de récupérer sa baguette et Hagrid agitant les poings en tous sens. Le Gryffondor réussit à cogner la mâchoire de Tom, lequel vit des étoiles durant quelques secondes. Rubeus en profita pour se relever. Mais dans sa précipitation, il n'avait pas remarqué que sa propre baguette était tombée de sa poche durant le combat. D'un geste vif, Tom s'en saisit pour pétrifier le Gryffondor.

Le Serpentard crut d'abord avoir échoué en voyant Hagrid continuer à avancer de quelques pas. Mais finalement, le Gryffondor s'immobilisa avant de tomber en avant sur le sol, raide.

- Sale hybride, marmonna Tom en se relevant et se passant une main dans les cheveux pour les replacer en arrière.

Puis il s'essuya la bouche d'un revers de main. Le coup de Hagrid lui avait fendu la lèvre, il saignait. D'autant plus en rage, Tom avança à grands pas vers le Gryffondor pour récupérer sa propre baguette.

- Reste sagement ici, je vais prévenir le directeur, dit-il à l'élève pétrifié.

Tom se retourna pour sortir des cachots, mais il n'eut pas le temps de faire un pas, car le Serpentard se retrouva nez à nez avec la gamine rousse. Il poussa une exclamation de surprise et fit un bond en arrière, manquant de trébucher sur Hagrid. La petite s'était tenue dans son dos tout ce temps et elle le fixait maintenant avec un sourire aux lèvres.

- Qu... qu'est-ce que tu fiches là ? demanda-t-il en essayant de reprendre contenance.

La gamine ne répondit pas. Mais à la grande surprise du Serpentard, son sourire s'élargit et elle dit simplement :

- Tom.

oOo


Ginny s'était sentie flotter comme sur un nuage. Mais à présent, elle percevait la pression d'une surface solide contre son dos, bien qu'elle soit encore incapable d'ouvrir les yeux. Elle était calme, stoïque. Presque comme... paralysée. Et elle se sentait faible. Comme si on l'avait vidée d'une partie de ses forces.

Lorsque Ginny ouvrit enfin les paupières et qu'elle aperçut le visage de sa mère penché sur elle, la jeune fille ne put retenir ses larmes.

- Ma chérie, s'inquiéta Molly. Est-ce que ça va ? Qu'est-ce qui t'est arrivé ?

Ginny ne répondit pas, jetant un coup d’œil autour d'elle. La jeune fille était dans sa chambre, allongée sur son lit. Ginny remarqua les visages soucieux des membres de sa famille, ainsi que celui de Harry. Mais elle détourna rapidement la tête. Elle ne voulait pas qu'il la voie pleurer. Surtout que Ginny ne comprenait pas pourquoi elle versait ces larmes. Elle avait juste l'impression d'avoir perdu quelque chose d'important. Comme une part d'elle-même.

- On a entendu le fracas de ton chaudron, expliqua son père. Puis tu as crié.

- J'ai eu la peur de ma vie en te trouvant inerte par terre, au milieu de tes livres, dit sa mère en caressant les cheveux de Ginny.

Lorsqu'elle l'entendit parler de livres, Ginny retint son souffle. Puis elle chercha du regard l'étrange journal qui était à l'origine de tout. La jeune fille le trouva sur son bureau, mélangé aux autres livres. Ses parents n'y avaient certainement pas fait attention lorsqu'ils les avaient ramassés. Le journal ne leur avait donc rien fait ? Ils ne lui avaient rien trouvé d'anormal ? Avait-elle rêvé en entendant la voix murmurer ? Le journal s'était-il vraiment mis à briller ? "Je n'ai pas pu tout imaginer..."

- Raconte-nous ce qui s'est passé, Ginny, demanda Fred. Quelque chose t'a fait peur ?

- Je... dit-elle faiblement en hésitant. Je ne sais plus...

Elle roula sur le côté pour leur tourner le dos, en essuyant rapidement ses larmes. Quoi que ce journal lui ait fait... elle n'avait pas envie d'en parler. Mais les autres restaient perplexes et Ron supposa :

- Elle a peut-être vu une araignée.

- Il n'y a que toi pour avoir peur des petites araignées, s'amusa George en levant les yeux au ciel.

- Une grosse araignée ! se défendit Ron en rougissant.

- Ou bien, c'est ce vieux rat pouilleux qui l'a surprise, rit Fred en tirant sur la queue qui dépassait sous l'un des coussins de sa sœur.

- Croûtard ! s'exclama Ron en récupérant son rat. Qu'est-ce que tu fais là ? Combien de fois je dois te dire de ne pas dormir n'importe où ?

- C'est bizarre, réfléchit Percy. Croûtard n'a jamais fait peur à Ginny.

- Ça suffit, intervint Arthur. Laissons Ginny tranquille. C'est sûrement le stress de la rentrée.

Il força tout le monde à sortir, même sa femme, bien qu'elle prit le temps d'embrasser sa fille sur la joue. Ginny ne bougea pas d'un pouce jusqu'à ce que la porte soit fermée. Puis elle se redressa tout en fixant le journal. La jeune fille avait peur de s'en approcher à présent. Mais en même temps... plus elle le regardait, plus elle se sentait attirée. Et avant de s'en rendre compte, Ginny l'avait en main.

Elle ignorait toujours comment ce journal était arrivé jusqu'à elle. Grâce à qui et pourquoi ? Ginny n'obtiendrait peut-être jamais les réponses à ces questions. Mais, malgré ce qui s'était passé, elle n'avait pas envie de le jeter. Car il y avait quelque chose dans ce journal... quelque chose de familier. C'était une impression à la fois joyeuse et triste. Plus elle le regardait, plus elle sentait à nouveau les larmes lui monter aux yeux.

La jeune fille hésita à le rouvrir. Ce n'était certainement pas une bonne idée, mais elle se rendit compte qu'elle en avait affreusement envie. Ginny se sentait vraiment bizarre.

Elle passa son pouce sous la couverture et, prenant une inspiration, elle ouvrit le journal d'un coup sec en fermant très fort les yeux. Mais aucun murmure ne retentit et elle ne perdit pas connaissance. Il ne se passa rien du tout. La jeune fille rouvrit donc les yeux. Le journal avait l'air tout à fait normal.

Ginny put enfin voir la seule inscription qui ornait la première page. Sans savoir pourquoi, plusieurs sanglots lui échappèrent lorsqu'elle posa les yeux sur les lettres noires. Elle était incapable de les retenir. Pourtant ce n'était qu'un nom. Celui d'un inconnu : T. E. Jedusor.
Note de fin de chapitre :

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