S'identifier | | Identifiants perdus | S'enregistrer |
Lien Facebook

En savoir plus sur cette bannière

News

Le Savant Fou - Effraction au Ministère - Deuxième Edition du concours !


Vous aviez aimé le concours du « savant fou » ? Les aurors Scamender et Gaunt sont de retour avec une nouvelle mission pour les cadets en formation!

Votre histoire sera cette fois centrée sur la médicomagie, et plus précisément sur les maladies sorcières et les accidents magiques. En effet, la communauté sorcière est en danger à cause d’un virus qui s’attaque aux noyaux des sorciers, et les forces de l’ordre ont besoin de mains supplémentaires. Etes -vous donc prêt à relever le défi et à rejoindre le bureau des aurors ? »

Les inscriptions seront ouvertes jusqu’au 16 mars 2024 . Une fois que vous serez inscrit, vous devrez choisir votre POV : écrire du côté des médicomages ou des patients.
Venez nous rejoindre au bureau des aurors . Nous avons vraiment besoin de vous ! C'est par ici pour transplaner ! !

A très vite, les cadets !


De Le Savant Fou - Effraction au Ministère ! le 24/02/2024 21:24


Journées Reviews de Février 2024 !


Aux membres d'HPF,

Les prochaines Journées Reviews auront lieu du vendredi 23 au lundi 26 février. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page jusqu'au jeudi 22 février.

A bientôt !


De Equipe des JR le 15/02/2024 22:17


141e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 141e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Vendredi 23 février à partir de 20h. Venez fêtes avec nous la fête des amoureux. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !



De L'équipe des Nuits le 11/02/2024 10:09


Nuit érotique de février !


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 140e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Vendredi 16 Fevrier à partir de 20h. A l'occasion de la St-Valentin, il s'agira d'une nuit érotique. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De L'Equipe des Nuits le 09/02/2024 19:58


JR de Janvier


Aux membres d'HPF,

Les prochaines Journées Reviews auront lieu du vendredi 26 au lundi 29 janvier. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page jusqu'au jeudi 25 janvier.

A bientôt !


De Journées Reviews le 23/01/2024 19:51


139e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 139e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Samedi 20 Janviet à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !



De L'équipe des Nuits d'HPF le 09/01/2024 19:07


Ginnia par alwyn13

[21 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Bonjour ! Ravie de vous accueillir sur cette nouvelle fic.
Je tenais juste à dire que certains petits dialogues seront cités d'après les oeuvres de JK Rowling et signalés par des astérisques (*) juste avant le tiret. Ces répliques-là ne m'appartiennent en aucun cas.

Pour ce qui est des reviews, je vous répondrai à tous avec plaisir. N'ayez pas peur de me laisser vos impressions, bonnes ou mauvaises.

Voilà ! Vous êtes prêts ? On va plonger ensemble dans les mondes de Tom Jedusor et de Ginny Weasley ! 1, 2, 3, c'est parti ! ("pop" de transplanage)
Note de chapitre:

Les passages précédés d'une * sont issus du tome 2, Harry Potter et la Chambre des Secrets.
Chapitre 1 : Ginny ou Ginnia ?

La plus jeune des Weasley poussa un soupir désespéré face à l'escalier délabré qui menait à sa chambre. "Je n'y arriverai jamais..." pensa-t-elle. Elle devait atteindre le deuxième étage, mais Ginny tanguait sous le poids de son chaudron. Il débordait de nouvelles fournitures scolaires. Enfin... pas tout à fait nouvelles... Chaque livre, chaque robe était d'occasion. Mais il n'y avait là rien d'étonnant. Tous ses frères étaient aussi passés par là. Ginny s'estimait heureuse d'avoir au moins obtenu une baguette vraiment neuve pour son entrée à Poudlard. Une grande surprise. Ses parents n'avaient même pas eu à se ruiner pour lui faire plaisir.

La jeune fille se souvenait encore du sentiment de malaise qu'elle avait ressenti au moment d'entrer dans la boutique d'Ollivander. Ginny s'était imaginé voir sa mère supplier le fabriquant de baguette de leur faire une ristourne sur les sept Gallions qu'il demandait habituellement. Car les baguettes d'occasion... ça n'existait pas chez Ollivander. Il le disait souvent : « C'est la baguette qui choisit son sorcier. »

Mais les Weasley n'avaient pas eu besoin de s'humilier. Dès l'instant où le fabriquant de baguettes avait posé les yeux sur Ginny, il s'était plongé dans un profond mutisme, s'interrompant alors qu'il saluait Molly et Arthur. Était-il surpris de voir entrer une fille Weasley, succédant à ses six frères ? Ou était-ce simplement dû au fait qu'elle était encore couverte de suie et de poudre de cheminette ? "Non..." songea-t-elle en dévisageant le vieil homme qui n'avait pas l'air d'en croire ses yeux. "Il y a plus que tout cela". Et, sans un mot, Mr Ollivander s'était éclipsé dans le fond de sa boutique avant de revenir vers eux avec une unique baguette entre les mains. Faite en bois d'if, longue de 33,75 centimètres et son cœur en crin de licorne.

Ginny avait glissé un regard inquiet à son père avant de prendre la baguette. On lui avait pourtant dit qu'Ollivander devait d'abord mesurer différentes parties de son corps avant de passer aux essayages. S'il avait choisi cette baguette au hasard, Ginny pouvait provoquer une véritable catastrophe en l'agitant sans réfléchir. Que ferait-elle si le plafond s'effondrait sur leurs têtes ? Mais Ollivander devait bien savoir ce qu'il faisait... n'est-ce pas ?

Heureusement, elle n'avait provoqué aucune catastrophe. Bien au contraire. Quand Ginny avait saisi la baguette d'une main tremblante, elle s'était tout de suite sentie en connexion avec le petit bout de bois. La jeune fille n'avait pu s'empêcher de sourire, émerveillée tandis qu'elle produisait instinctivement quelques étincelles or et argent.

Et alors qu'il la dévisageait toujours très attentivement, Ollivander avait lâché le mot : « Évidemment ». Ginny ne comprenait toujours pas ce qu'il y avait d'évident dans toute cette situation. Quant à Molly et Arthur, ils n'y avaient pas prêté attention, trop soucieux de connaître la somme qu'allait leur demander le fabriquant. Mais le vieil homme leur avait alors annoncé contre toute attente qu'il était décidé à offrir cette baguette à Ginny.

Ni elle, ni ses parents ne savaient pourquoi Ollivander lui avait fait un tel cadeau. S'abstenant de leur donner une explication claire, il s'était contenté de dire à Ginny : « Elle est à vous. »

Puis, en sortant de la boutique avec ses parents, la jeune fille avait entendu Ollivander ajouter en marmonnant : « Warlow... C'était Warlow... »

Ginny s'était beaucoup interrogée sur ce qu'il s'était passé dans la boutique de baguettes, notamment au sujet des derniers mots d'Ollivander, jusqu'à ce qu'elle raconte à ses frères ce qui venait de lui arriver. Aucun d'eux n'avait voulu la croire et la colère avait balayé ses interrogations. Même si elle était appuyée par ses parents, les garçons pensaient qu'ils venaient d'inventer une belle histoire en guise d'excuse pour qu'elle n'ait pas l'air favorisée.

Elle avait clairement perçu la jalousie maladive de Ron à ce propos, car cela faisait déjà un an qu'il devait se contenter de la vieille baguette de Charlie. Et elle s'était à nouveau vue qualifiée de « préférée des parents ».

Ginny ne supportait pas ce genre de remarque et elle était fatiguée d'être constamment taquinée par ses frères. D'ailleurs, elle ne se privait jamais de répliquer et elle les avait envoyés se faire voir chez les Détraqueurs puisqu'ils persistaient à refuser de la croire.

La plus jeune de la fratrie savait faire entendre sa voix. Ginny l'avait encore très bien prouvé tout à l'heure, chez Fleury et Bott, en tenant tête à Drago Malefoy. Si elle avait pu l'assassiner d'un regard... Comment avait-il osé ? En sa présence ! Faire une remarque méprisante à...

- Un peu d'aide ?

Le cœur de Ginny fit un bond dans sa poitrine lorsqu'elle reconnut la voix de Harry Potter. La jeune fille tourna lentement la tête vers lui et, croisant son regard, elle se rappela la suite des évènements au sein de la librairie.

Alors, Potter, tu t'es trouvé une petite amie ? »

Ginny rougit aussi violemment qu'elle l'avait fait face à la remarque de Drago. Oui, elle n'était pas du genre à se laisser marcher sur les pieds. Oui, elle était considérée par ses proches comme une enfant extravertie. Mais depuis l'arrivée de Harry au Terrier, Ginny n'était plus elle-même. Le simple fait d'être en sa présence la rendait incroyablement nerveuse et surtout... très maladroite. Comme si elle n'avait plus aucune coordination dans ses mouvements ou dans ses pensées. Ginny avait la désagréable impression de se transformer en troll...

Harry Potter occupait continuellement son esprit. Comme une obsession. Avant même qu'il arrive chez elle, Ginny avait bombardé Ron de questions. Harry portait un nom célèbre, mais elle voulait surtout en savoir plus sur ce qui s'était passé lors de leur première année à Poudlard. Toute cette histoire autour de la pierre philosophale et d'un professeur possédé par Voldemort que Harry aurait affronté seul... Fred et George en avaient soufflé quelques mots à Ginny, suffisamment pour éveiller en elle une vive curiosité. Apparemment, tout Poudlard était au courant. Elle aussi voulait savoir et, comme toujours, ses frères s'étaient amusés à la faire languir. Mais deux mois de vacances à harceler Ron et celui-ci avait fini par rendre les armes pour tout lui raconter, non sans une pointe de fierté pour son « importante » contribution.

Il ne s'était certes pas trouvé avec Harry face à Quirrell, mais Ron lui avait parlé du reste. Du Quidditch, du troll des montagnes, de la forêt interdite, du chien à trois têtes... Ginny était tombée amoureuse de ce récit d'aventures sur Harry. Le Survivant en devenait encore plus exceptionnel à ses yeux. Voilà comment elle s'était entichée d'un garçon avant même qu'ils aient réellement été présentés, ce qui semblait complètement idiot. D'ailleurs, elle devait avoir l'air d'une parfaite idiote à le fixer, muette comme une carpe, alors qu'il attendait sa réponse. Aussi se reprit-elle :

- N... non, merci.

Ginny planta Harry là pour monter à toute vitesse l'escalier qu'elle était certaine, une minute plus tôt, de ne pas pouvoir gravir en portant son lourd chaudron à bout de bras. Finalement, avec une bonne poussée d'adrénaline, tout était possible. Ginny ne sentit à nouveau le poids de la charge qu'une fois enfermée dans sa chambre. Le chaudron lui échappa des mains, comme tant d'autres objets jusque là, chaque fois qu'elle était en présence d'un certain garçon brun aux yeux verts.

- Mince ! marmonna-t-elle en se baissant pour ramasser les affaires éparpillées au pied de son lit. Bravo, Ginny...

Elle se mit à tout ranger aussi vite que possible avant de voir sa mère débarquer. On avait sûrement entendu le fracas dans toute la maison. Rassemblant ses manuels, Ginny mit la main sur les livres flambant neufs de Gilderoy Lockhart. "C'est vrai... Harry me les a donnés" se rappela-t-elle en rougissant un peu plus. Puis, en attrapant le Guide des débutants en métamorphose, la jeune fille haussa les sourcils lorsqu'un autre ouvrage s'en échappa. Il était plus petit et il avait l'air encore plus miteux que les autres livres d'occasion. Mais sur la couverture noire, il n'y avait aucun titre. Seulement des dates : « 1942 - 1943 ». "On dirait un journal" pensa-t-elle perplexe. "Qu'est-ce que ça fichait dans mon chaudron ?" Il était évident que ce journal ne lui appartenait pas. Après tout, il était vieux de 50 ans... De plus, un cordon noir était noué autour, comme si on avait voulu éviter que le carnet s'ouvre.

Poussée par la curiosité, Ginny tira lentement sur le cordon et le nœud se défit très facilement. Finalement, ce n'était peut-être qu'une décoration, comme le ruban pour les cadeaux. Quelqu'un aurait voulu lui offrir ce journal ? Dans ce cas, cette personne aurait pu en trouver un plus récent. "Ça doit être une blague de Fred et George" supposa-t-elle en soulevant la couverture pour essayer d'en savoir plus. Puis elle se tétanisa. Car à la seconde où le journal s'ouvrit, Ginny entendit une voix masculine murmurer :

- Anima... Nectum...

Poussant un cri de surprise, elle voulut lâcher le carnet qui s'était mis à briller fortement. Mais Ginny s'en trouva incapable, comme si ses mains y étaient solidement collées. Peu à peu, elle eut avec terreur l'impression qu'on extirpait... quelque chose... hors de son corps. Elle avait la tête qui tournait et sa vue devint floue. Ginny tomba à genoux au sol, ses mains toujours irrémédiablement agrippées au journal. Elle essaya vainement d'appeler au secours avant de se laisser submerger par l'inconscience. Ginny n'eut même pas le temps de sentir sa tête toucher le sol. Elle était déjà dans le noir complet.

oOo


Le 13 juin 1943, un jeune homme portant l'insigne des préfets de Serpentard feuilletait un épais volume dans la réserve de la bibliothèque de Poudlard. Et même s'il était occupé à prendre des notes au fil de sa lecture, le garçon savait parfaitement que la bibliothécaire l'observait depuis la section voisine. Elle faisait mine de vérifier que tous les ouvrages étaient à leur place, comme s'il était fréquent que les livres de la réserve soient déplacés... Ce n'était qu'un prétexte pour l'espionner, il le savait. Elle n'appréciait pas de le voir rôder trop souvent autour des précieux livres que contenait la réserve.

Depuis qu'il pouvait y entrer librement, le préfet avait épluché une quantité phénoménale de livres jugés dangereux pour les jeunes élèves. Mais l'information qu'il cherchait semblait se dérober sans arrêt. Jusqu'à ce soir. Pour la première fois depuis des mois, Tom Jedusor sentait qu'il touchait au but. Grâce à ce livre : Secrets les plus sombres des forces du Mal. L'un des chapitres avait pour titre : « Les Horcruxes ».

Horcruxes... voilà un mot que Tom avait déjà vu plusieurs fois au cours de ses longues recherches sur la Chambre des Secrets, sans jamais en trouver la définition exacte. Il parcourut rapidement la page et le jeune homme en cria presque de joie lorsqu'il lut :

Cette pratique permet d'atteindre une sorte d'immortalité par la division de l'âme dont une partie devra être cachée à l'intérieur d'un réceptacle, alors nommé Horcruxe. De cette façon, si le corps du sorcier est détruit, son âme survit sous forme spectrale et peut alors investir temporairement le corps d'autres êtres.
Mais sachez qu'un meurtre est indispensable pour que l'âme puisse être divisée. N'essayez surtout pas d'accomplir le rituel sans ce « préparatif », vous risqueriez d'extirper entièrement votre âme hors de votre corps.
On ne divise pas son âme à la légère. Le seul moyen pour la réassocier au fragment arraché serait de ressentir un sincère remord face à son crime. Un remord qui provoquerait une douleur si atroce qu'elle pourrait en devenir fatale.
Il est conseillé de bien protéger son Horcruxe et de choisir un objet inanimé comme réceptacle, car les êtres vivants sont peu fiables. Un Horcruxe peut être détruit, mais il faudrait utiliser contre lui un élément si destructeur que l'Horcruxe ne pourrait pas se réparer de lui-même.
(Voir ci-dessous, les détails de la méthode pour fabriquer un Horcruxe).


Ce chapitre était bourré d'avertissements, mais Tom n'avait d'yeux que pour le mot « immortalité ».

- C'est ça, murmura-t-il avec excitation en lisant avidement les détails de la méthode pour fabriquer un Horcruxe.

Le voyant se concentrer sur la page pour en mémoriser chaque mot, la bibliothécaire tendit le cou. Mais elle ne pouvait rien distinguer depuis sa position. Pas même la lueur malveillante qui venait de passer dans le regard de Tom alors qu'il se demandait déjà qui ferait office de sacrifice pour qu'il puisse obtenir une vie éternelle.

Un meurtre. Ni plus ni moins. Il devrait arracher la vie à quelqu'un afin de devenir tout puissant.

Tuer... serait une première pour lui. Pourtant, il s'en sentait capable. Tom n'était âgé que de 16 ans, mais il n'était ni du genre à renoncer, ni à prendre peur. S'il devait sacrifier une vie pour s'assurer l'immortalité... soit. De toute façon, la mort, c'était pour les faibles. Et... « faible »... il ne l'était pas. Il allait bientôt le prouver. Mais il ne s'arrêterait pas là. Tom ne s'arrêterait pas tant qu'il n'aurait pas prouvé qu'il était capable d'aller plus loin que n'importe quel autre sorcier avant lui.

Lorsqu'il eut tout assimilé, le Serpentard referma l'ouvrage avec un petit sourire satisfait. Puis il rangea les livres de la réserve à leur place, avant de se diriger vers la sortie. Passant devant la bibliothécaire, Tom lui offrit un sourire goguenard.

- Au revoir, lança-t-il sur un faux ton aimable.

En s'éloignant, il la vit du coin de l’œil se précipiter sur les livres qu'il avait étudié. Pour vérifier leur état. Peut-être aussi pour essayer de deviner l'objet de ses recherches. "Cette idiote devrait se méfier" pensa-t-il en disparaissant dans le couloir. "Ou c'est elle que j'utiliserai pour mon premier Horcruxe".

Tom prit la direction du deuxième étage. Et après avoir vérifié qu'il n'y avait personne aux alentours, il entra discrètement dans les toilettes des filles. Le soleil matinal éclairait la pièce qui semblait vide à première vue. Il verrouilla donc la porte avant de s'avancer rapidement jusqu'aux lavabos. Tom s'arrêta devant l'un d'eux en particulier. Celui dont le robinet arborait une gravure en forme de serpent.

- Ouvre-toi, siffla-t-il en Fourchelang.

Tom parlait parfaitement la langue des serpents et il en était très fier. C'était l'une de ces choses dont il était le seul à en être capable.

Le serpent gravé lui obéit aussitôt. Immédiatement, les lavabos s'écartèrent pour faire apparaître un trou béant dans le sol. Puis il appela la créature tapie dans l'ombre :

- Viens à moi.

Tom n'eut pas à attendre longtemps. Plusieurs sifflements, accompagnés de puissants frottement contre la pierre souterraine, retentirent dans le tuyau. Rapidement, une bête émergea de l'obscurité. Le Basilic. "Mon... Basilic" pensa le jeune homme en prenant garde à ne pas croiser le regard du serpent géant.

- J'ai une nouvelle mission à te confier, siffla Tom en reculant pour le laisser sortir du tuyau. Cette fois... il me faut un mort.

Le serpent siffla en réponse, lui signifiant qu'il avait compris. Le Basilic était sur le point de retourner dans son trou lorsque la porte de l'une des cabines s'ouvrit à la volée.

- Hé ! Sors d'ici ! s'exclama la voix haut perchée d'une fille.

- Attaque ! siffla rapidement Tom pris de panique.

- Tu n'as rien à faire dans les toilettes des f...

La fille se tut brusquement lorsque le serpent géant se propulsa devant elle. L'élève avait à peine eu le temps de mettre un pied hors de sa cabine.

Elle tomba en arrière, raide morte, avant d'avoir pu terminer sa phrase.

De là où il était, Tom n'entendit qu'un bruit sourd. Puis le silence. Il s'approcha lentement de la cabine, tandis que le Basilic s'écartait pour le laisser passer. Alors il l'aperçut... le corps.

C'était une élève de Serdaigle. Petite. Banale. Insignifiante... sauf pour lui.

Elle n'avait certainement pas plus de 14 ans. Ses longs cheveux noirs étaient éparpillés autour de son visage et elle portait de grosses lunettes aux verres épais. Ses yeux encore ouverts reflétaient l'effroi qu'elle avait ressenti en croisant le regard jaune du serpent géant. Ses joues et le bout de son nez humides indiquaient qu'elle était en train de pleurer avant de mourir. Vraiment... elle avait l'air pitoyable. Alors, seulement, il la reconnut. Elle était aussi en cinquième année. Tom ignorait son nom, mais il se rappelait s'être déjà agacé de l'entendre geindre dans un coin de leur classe. Et... le destin faisant bien les choses... c'était une Sang-de-Bourbe. De cela, il en était sûr. Car il les avait tous... débusqués.

Tom l'observa un bon moment en silence. C'était fait. Il avait tué quelqu'un. En lançant le Basilic sur elle, Tom lui avait pris la vie aussi sûrement que s'il lui avait lancé un couteau en plein cœur... ou le plus impardonnable des sortilèges.

Au fond de lui, le jeune homme perçut une étrange sensation. Il était fébrile, son pouls rapide. De la peur ? "Non... de l'exaltation" pensa-t-il avec un léger sourire aux lèvres.

- Va t'en, ordonna-t-il au serpent tout en tâtonnant dans sa poche.

Le Basilic obéit et Tom leva sa baguette. C'était le moment. Déjà, il avait l'occasion de se fabriquer un Horcruxe. Les évènements s'étaient peut-être précipités, mais il se ferait un plaisir de saisir cette opportunité.

- Même si j'espérais un peu mieux comme sacrifice.

En effet, il utilisait la mort d'une inconnue. Une pauvre fille au sang sale qui s'était trouvée au mauvais endroit, au mauvais moment. Le jeune homme aurait préféré prendre la vie d'un ennemi. D'une personne puissante. Quelqu'un comme... Dumbledore. Son professeur de métamorphose, l'un des rares qui n'idolâtrait pas le jeune préfet. Mais ça ne s'arrêtait pas là. Tom le soupçonnait d'être à l'origine de la surveillance intempestive que lui faisait subir la bibliothécaire. Cela faisait déjà quelques temps qu'il sentait l'ombre de son professeur hanter ses pas. "C'est lui qui m'a fait entrer dans le monde de la magie" pensa-t-il avec ironie. "Mais je sais qu'il se méfie de moi. Il sent que je prépare quelque chose. Heureusement, quand il en aura la certitude, ce sera déjà trop tard". Cet homme, dès le moment où ils s'étaient rencontrés à l'orphelinat, avait essayé de montrer au garçon que ce n'était pas à lui de faire la loi. Que Tom n'était supérieur à personne et qu'il devait se montrer respectueux envers les autres. "« Respectueux »" pensa Tom amusé. "C'est à moi qu'on doit le respect. Pour ce que je vais accomplir..."

- Aujourd'hui, je deviens immortel, murmura-t-il en crispant ses doigts sur sa baguette.

Mais avant ça, il devait choisir un objet à transformer en Horcruxe. Cela aussi, c'était un regret. Tom aurait souhaité enfermer une partie de son âme dans un objet de grande valeur. Quelque chose d'ancien ou détenant un grand pouvoir magique. Mais il n'avait rien de comparable à cela en sa possession et il devait absolument réaliser le rituel maintenant. "Tout ce que j'ai sur moi..." songea-t-il en fouillant impatiemment son sac d'une main. "Ce sont mes cours et..."

Tom se figea brusquement. Il venait de mettre la main sur quelque chose et le Serpentard sortit lentement l'objet de son sac. Son journal intime... Il le trimbalait partout avec lui, pourtant jamais Tom n'avait réussi à écrire la moindre ligne sur lui dans ce carnet. Parce qu'il n'était pas du genre à s'épancher, même dans un journal, mais surtout parce que tout ce qui était digne d'intérêt dans sa vie et rythmait ses jours depuis quelques mois était trop dangereux pour être répertorié sur papier. Le fait qu'il était l'héritier de Serpentard, qu'il avait ouvert la Chambre des Secrets et qu'il lançait le Basilic sur les nés-Moldus depuis. Tom serait perdu si un tel journal tombait entre de mauvaises mains. Non, il ne pouvait rien écrire sur lui dans ce journal... excepté son nom, afin d'attester qu'il en était le propriétaire.

"Je ne peux pas non plus y écrire que j'ai tué cette fille pour me fabriquer un Horcruxe" pensa-t-il. "Ce journal m'a toujours été inutile, mais cette fois..."

- Cette fois, tu vas enfin me servir à quelque chose, souffla-t-il en observant son journal d'un air amusé.

Tom n'en imprègnerait pas les pages avec de l'encre. Pas avec des mots. Ce qu'il comptait cacher à l'intérieur était d'essence bien plus noble. Bien plus puissante.

Il lui fallait faire vite. Quelqu'un pouvait essayer d'entrer à tout moment. Tom leva donc d'une main le carnet devant lui. Le procédé était simple, mais il devait l'effectuer à la perfection pour que l'Horcruxe soit stable. Tom devait penser très fort au meurtre qu'il venait de commettre tout en appuyant le bout de sa baguette contre son corps. Il choisit un point sur son torse, quelque part au niveau de son cœur. Puis il fixa le corps de la jeune fille morte, se rappelant en détail la façon dont il avait lancé le Basilic sur elle. Et le moment où elle était tombée dans un bruit sourd, avant de laisser à jamais place au silence. Finalement, il prononça la formule :

- Anima.

Soudain, Tom ressentit une violente douleur au creux de sa poitrine. Il en eut le souffle coupé. Quelque chose... avait pris feu... et se déchirait... en lui. Il aurait pu penser qu'il s'agissait de son cœur, mais il savait que ce n'était pas ça. Quoi qu'il en soit, c'était en train de s'étioler... comme de la cendre emportée par le vent. La souffrance était insupportable. Il devait arrêter ça. Haletant, il tira sur sa baguette pour l'éloigner de son torse. Tom serra les dents. C'était donc ce qu'on ressentait lorsqu'on s'arrachait une part de soi-même ?

Il prit brusquement une grande inspiration, surpris lorsque la douleur cessa aussi vite qu'elle était venue. Il y était. Le bout de la baguette de Tom brillait. C'était là... Le jeune homme pouvait le voir. Son fragment d'âme. Ses pensées, ses souvenirs... représentés par cette... petite lueur ? Il ne pouvait s'empêcher d'être déçu. Sans parler des risques de la procédure et de la douleur qu'il venait de s'infliger pour en arriver à... ce résultat... C'était son âme après tout ! Tom s'était imaginé quelque chose de bien plus spectaculaire... d'un peu plus spécial... qu'une lueur. Mais il n'avait pas d'autre choix que de s'en satisfaire. Il devait terminer le rituel. Tom abaissa alors sa baguette sur le journal et, touchant la couverture, il dit :

- Nectum.

Le carnet se mit à briller un instant avant de reprendre son aspect normal. À nouveau, il ne ressemblait à rien de plus qu'un vulgaire cahier. Mais ce qu'il contenait à présent... était très précieux. Ce stupide journal dans lequel Tom n'avait jamais réussi à écrire quoi que ce soit, excepté son nom, était à présent dominé par son fragment d'âme. Le jeune homme tenait entre ses mains la sauvegarde de tout ce qu'il était.

- Maintenant, plus rien ne peut m'atteindre, jubila-t-il avant d'ouvrir le journal.

Mais Tom n'eut même pas l'occasion d'apercevoir son nom sur la première page. À peine eut-il soulevé la couverture que le journal se remit brusquement à briller, si fort qu'il en fut ébloui. Tom lâcha l'Horcruxe et bascula en arrière lorsqu'un poids fut propulsé sur lui.

Allongé au sol, il cligna des yeux pour retrouver une vue claire. Tom pouvait sentir le poids d'un corps peser sur son torse. Baissant le regard, il se rendit compte qu'il s'agissait d'une très jeune fille aux cheveux roux. Elle ne devait pas avoir plus d'une dizaine d'années. Tom remarqua aussi tout de suite qu'elle ne portait pas l'uniforme de Poudlard. Elle avait l'air inconsciente.

- Mais d'où tu sors, toi ? marmonna-t-il en essayant de se redresser.

Son mouvement provoqua une faible plainte chez la fillette qui commença à remuer. Tom fronça les sourcils, paniqué, et il se mit à chercher son journal du regard. Ce dernier reposait par terre, juste à l'entrée de la cabine. Aux pieds du cadavre de la Serdaigle. Il lui fallait réfléchir très vite. Avant que cette fille reprenne ses esprits et qu'elle réalise... ce qu'il avait fait. Mais peut-être... le savait-elle déjà ?

Le journal était fermé. Il ne brillait plus. Mais Tom savait ce qu'il avait vu. La lumière qui l'avait aveuglé s'était échappée de son journal. Et c'était là que cette petite fille... était apparue. "Ce n'est pas possible... Elle n'a pas pu sortir du journal" pensa-t-il incrédule en reportant son attention sur la rousse toujours effondrée contre son torse. Tom l'attrapa brusquement par les épaules pour l'écarter de lui, avant de la secouer pour lui remettre les idées en place.

- Hé ! Qui es-tu ? la questionna-t-il. Qu'est-ce que tu fais là ? Pourquoi le journal s'est-il illuminé ? Oh ! Tu m'entends ?!

Si elle savait quoi que ce soit sur le journal de Tom, il devait en avoir le cœur net.

- Je... murmura-t-elle en papillonnant des yeux. Je...

- QUI ES-TU ?! insista-t-il en la secouant à nouveau sans ménagement.

- Je suis Gin... répondit-elle confuse. Gin... Ginny... AAAAH !

La gamine se prit brusquement la tête dans les mains, son visage tordu dans une expression de douleur.

- Quoi ? s'impatienta Tom. Qu'est-ce que tu as dit ? Ginnia ?

Mais elle ne semblait plus apte à parler. Ni à l'écouter. La petite poussait maintenant de véritables hurlements de souffrance, les mains toujours crispées sur ses tempes.

- Mais qu'est-ce qui t'arrive ? demanda Tom avec un mouvement de recul comme s'il craignait qu'elle soit atteinte d'une maladie contagieuse. Arrête ça !

Elle allait rameuter tout le château si elle continuait comme ça. Tom tâtonna pour ramasser sa baguette magique qui avait roulé sur le sol. Il devait la faire taire. Mais au moment où il pointa sa baguette sur elle, les cris de la petite s'arrêtèrent brusquement et elle s'affaissa de nouveau contre lui dans un soupir. Cette fois, elle avait bel et bien perdu connaissance. Tom grimaça en la poussant sur le côté pour qu'elle aille rouler par terre. Puis il se releva, décidé à récupérer son journal.

Le jeune homme devait absolument élucider le mystère du lien qui pouvait exister entre cette fille et son journal. Avait-elle réellement pu en sortir ? Mais la gamine était dans l'incapacité de répondre à ses questions pour l'instant. Et il ne devait pas oublier le corps de la Serdaigle. "Si jamais quelqu'un me trouve ici..."

Le Serpentard eut un haut le cœur lorsqu'il entendit des éclats de rire retentir dans le couloir, juste devant les toilettes. Un groupe de filles venait de passer devant la porte. Elles auraient aussi bien pu essayer d'entrer. Il n'allait pas attendre que les prochaines se présentent.

Tom fourra rapidement le journal dans son sac avant de se diriger vers la sortie. Il lança un sortilège pour s'assurer que le couloir du deuxième étage était désert puis, déverrouillant la porte des toilettes, il se glissa hors de la pièce et il prit directement la route des cachots. Ses pas étaient rapides, mais il garda un air naturel. Tom ne croisa presque personne et on ne l'interpela pas une seule fois, jusqu'à ce qu'il entre dans la salle commune des Serpentard.

- Tom ? s'étonna un jeune homme blond en le voyant passer en coup de vent. Où étais-tu ? On n'attendait plus que toi pour aller déjeun...

Le préfet fit claquer derrière lui la porte du dortoir des cinquième année, étouffant la voix de son camarade. Tom se précipita vers son lit et il ouvrit d'un coup de pied sa malle avant de la vider fébrilement. Il cacha son journal tout au fond avant de redisposer ses affaires par dessus, dans un désordre anarchique. Puis il referma d'un coup sec le couvercle et il verrouilla la malle à l'aide de la magie :

- Clausurae, articula-t-il avec application.

Désormais, il était le seul à pouvoir ouvrir cette valise. Même si, personne dans ce dortoir n'aurait l'idée d'aller fouiller dans les affaires de Tom Jedusor. Tous savaient qu'il était très doué en magie et qu'il pouvait le leur faire payer très cher. Tom était sûrement l'élève le plus respecté parmi les Serpentard, toutes années confondues. Même par ses aînés.

"Et maintenant... Qu'est-ce que je fais ?" s'interrogea-t-il en se relevant pour faire les cent pas. Il s'était enfui en laissant la rousse dans les toilettes, inconsciente. Mais elle avait vu son visage ! Les professeurs allaient forcément interroger cette gamine. Si jamais elle le désignait comme coupable... Il était parti si vite, mais... Aurait-il dû la tuer, elle aussi ? Ou l'emmener ? La cacher quelque part pour pouvoir mieux l'interroger plus tard ? "Non..." fulmina Tom. "Cela aurait été encore plus risqué. Surtout quand Albus Dumbledore semble avoir décidé de mettre son foutu nez dans mes affaires ! Comment garder une prisonnière dans ces conditions ? J'aurais dû la tuer..." Mais il ne l'avait pas fait. Et la véritable raison n'était ni la simple bêtise, ni la précipitation. C'était l'avidité. Son avidité maladive qui le poussait à obtenir tout ce qui semblait vouloir lui échapper. Et tout ce qui entourait cette fille... son identité, sa présence ici, le fait qu'elle ait pu le surprendre de cette façon... tout cela lui échappait totalement ! Tom avait besoin de réponses. La tuer aurait enterré ces réponses avec elle.

L'ignorance pouvait très bien les exposer lui et son Horcruxe à un danger encore plus grand que le meurtre qu'il venait de commettre.

Tom repensa alors à la façon dont la rousse avait hurlé en se tenant la tête avant de s'effondrer. Elle avait à peine pu lui dire son nom quand il l'avait questionnée. Cette fille ne pourrait peut-être pas être interrogée tout de suite. Allez savoir. Elle pouvait même très bien être tombée dans le coma. Quoi qu'il arrive, Tom ne devait pas céder à la précipitation. Il avait encore le temps de s'assurer que tout irait dans le sens qu'il avait décidé. D'une façon ou d'une autre. "Si elle me cause le moindre tort... je saurai comment m'occuper d'elle" songea-t-il en reprenant son calme.

- Comme je me suis occupé des autres, marmonna Tom en sortant de la chambre.

Pour l'instant, rien n'était perdu. Il ne devait donc rien laisser paraître. Tom finirait par découvrir comment cette fille était sortie soit de nulle part, soit des pages de son journal. Et s'il s'agissait du deuxième cas, comme il en avait l'intime conviction... il ne lui restait plus qu'à espérer que, la prochaine fois qu'il voudrait ouvrir son journal, personne d'autre n'en sortirait.

- Est-ce que tout va bien ? demanda le garçon blond en le voyant revenir dans la salle commune. Tu m'as l'air un peu pâle. Qu'est-ce que tu faisais... ?

- Fiche-moi la paix, Malefoy ! le coupa Tom d'un ton vif.

- Mais je voulais juste... répliqua son camarade en adoptant un air vexé.

- Laisse tomber, Abraxas, intervint un grand garçon élancé aussi brun que Tom et qui arborait un air bien trop sérieux pour son âge.

- Thadeus a raison, approuva un quatrième Serpentard qui les attendait près de la sortie. Allons plutôt manger, avant que mes admiratrices viennent me chercher. C'est qu'elles s'inquiètent que je prenne correctement mes repas.

Il jeta un regard bleu rieur à son ami Malefoy qui trainait des pieds derrière Tom en bougonnant alors qu'ils se dirigeaient tous les quatre vers la Grande Salle. C'était le genre de regard qui faisait craquer toutes les filles, mais qui avait le don d'exaspérer Abraxas.

- Pitié, Brax, ne te mets pas à bouder, ricana le Serpentard aux yeux bleus en se plaçant à la hauteur d'Abraxas. Prends exemple sur moi et Thadeus. Évite de te mêler des affaires de Tom si tu ne veux pas qu'il t'envoie promener.

- Ferme-la, Ed, s'énerva le jeune Malefoy. Et je ne « boude » pas !

Edouard Rosier ne se priva pas de rire et ils rejoignirent la table des Serpentard pour s'apercevoir que tout le monde en était déjà au dessert. Abraxas pesta de nouveau dans son coin, sous l'œil exaspéré de Tom qui n'était vraiment pas d'humeur à l'écouter râler toute la journée. Ni à voir Ed provoquer par sa seule présence d'insupportables gloussements de la part d'une pléiade de filles. "Je me demande comment j'arrive encore à les supporter" songea le préfet en ignorant le bout de tarte à la mélasse que venait de lui servir Thadeus Nott. Tom n'avait pas faim. Il fixait la table des professeurs et, notamment, Dumbledore. Combien de temps avant que quelqu'un découvre la mort de la Serdaigle ? Tom allait-il être soupçonné ? Son destin reposait sur ce que la rousse pouvait dire si jamais elle se réveillait.

Le repas se termina sans que personne ne hurle au meurtre et Tom ne perçut aucune rumeur à la table voisine sur la question de l'absence d'une Serdaigle. Cette pauvre fille ne devait avoir aucun ami. Il rejoignit donc son cours de sortilèges où il se distingua comme toujours par son habileté à tout réussir du premier coup. Puis il assista au cours de potions, enseigné par le professeur Slughorn, directeur de la maison Serpentard.

- Parfait, Tom, apprécia Slughorn en passant devant le chaudron du préfet. Comme toujours.

- Et moi ? ronchonna Abraxas qui avait aidé Tom à confectionner la potion. Je suis invisible ?

- Tu pourrais vite le devenir quand j'aurai plongé ta tête dans ce chaudron, menaça le préfet en lui lançant un regard noir. Maintenant, je ne veux plus t'entendre.

Abraxas lui rendit son regard, mais il finit par obtempérer à contrecœur. Il était très difficile de prouver ses talents quand on se trouvait à côté de Tom Jedusor. Mais il y avait aussi des avantages. Jamais Abraxas ne renoncerait à sa position au sein du cercle très fermé des « amis » de Tom. Et par dessus tout... n'importe quel crétin savait qu'il valait mieux ne pas être son ennemi. "Même à moi... il me fait froid dans le dos" pensa Abraxas. "Parfois". Des fois comme aujourd'hui. Le regard assassin que Tom venait de lui lancer était un avertissement que le jeune Malefoy ne saurait ignorer. Abraxas le connaissait trop bien. S'il ne se taisait pas... une chose terrible allait se produire.

En effet, même s'il le cachait habilement, Tom était au bord de la rupture. Il n'en pouvait plus de cette attente. Cela faisait déjà quatre heures qu'il avait quitté les toilettes des filles et personne d'autre n'y était entré entre temps ? Ou bien, Dumbledore avait décidé de le faire mariner exprès... et Tom tomberait face à lui dès qu'il franchirait la porte de cette classe. Mais lorsque le cours de Slughorn prit fin, le préfet constata que son professeur de métamorphose ne lui avait tendu aucune embuscade. Personne ne l'attendait dans le couloir.

Tom retourna donc à la Grande Salle et se força à avaler quelque chose. Il ne devait pas alerter davantage ses camarades. Mais il eut à peine le temps d'avaler deux bouchées de son dîner avant qu'un hurlement strident retentisse à l'extérieur de la salle. Le cri fut à moitié étouffé par le brouhaha des élèves qui discutaient en mangeant et, dans un premier temps, seuls ceux qui étaient assis près des portes le remarquèrent. Mais les hurlements se firent de plus en plus puissants à mesure qu'ils semblaient se rapprocher et le silence s'installa progressivement dans la Grande Salle. Tout le monde avait les yeux rivés sur les portes, devinant qu'elles s'ouvriraient d'une seconde à l'autre.

Une élève entra alors précipitamment, terrorisée, hurlant à pleins poumons alors qu'elle courait vers la table des professeurs. Tom remarqua vaguement qu'il s'agissait d'une Serdaigle. Ce n'était pas le plus préoccupant. Plusieurs personnes poussèrent des cris de surprise, ou d'effroi, en voyant entrer juste derrière elle ce qui semblait la poursuivre. Un amas grisâtre flottant à plus d'un mètre du sol, tel un nuage de fumée. Un fantôme.

"C'est elle" comprit Tom en sentant ses entrailles se nouer. Une pauvre fille portant des lunettes aux verres épais. La Serdaigle qu'il avait tué dans les toilettes. Un fantôme... Elle était revenue à l'état de fantôme ! Et elle criait dans les oreilles de sa camarade apeurée qui venait de trébucher et de s'étaler par terre :

- Tout est de ta faute, Olive ! Si je me suis réfugiée dans ces toilettes, c'est à cause de toi !

- Au secours ! gémit l'élève recroquevillée devant la table des professeurs. Faites-la partir ! Faites-la partir !

- Oh non, je ne partirai pas ! répliqua le fantôme en lui criant dans les oreilles. Tu regretteras de t'être moquée de moi !

- Je regrette... pleura sa camarade. Je te demande pardon, Mimi ! Va t'en !

- Ce n'est pas aussi simple que ça ! Je ne te laisserai jamais en paix, Olive ! Jamais !

L'ensemble de la Grande Salle assistait à cette scène effroyable sans pouvoir réagir. Même les professeurs étaient sous le choc. Mais Dumbledore fut le premier à se reprendre. Il se leva d'un bond et il obligea le fantôme à s'écarter de la jeune Olive en lançant à Mimi un sortilège informulé. Le fantôme fut aussitôt poussé sur le côté comme par une force invisible.

- Miss Warren... souffla le directeur-adjoint en dévisageant la Serdaigle fantomatique.

D'étranges larmes coulaient sur ses joues transparentes et elle se mit à geindre :

- Vous aussi ? Vous vous en prenez à moi ? Le fait que je sois morte ne vous suffit pas ?!

Mimi poussa une longue plainte déchirante en passant à travers Dumbledore, puis elle fit le tour de la salle en sanglotant. Au moment où elle longea la table de Serpentard, Tom sentit un grand souffle froid lui frôler le dos. La mâchoire crispée, il la regarda disparaître dans le hall. "Je me serais bien passé de ça..." songea-t-il exaspéré alors que le brouhaha se réinstallait peu à peu le long des tables, bien plus fort qu'auparavant. Ils venaient tous de réaliser pleinement la signification de ce qu'il venait de se passer. Dès l'instant où Mimi avait elle-même prononcé le mot « morte ».

- Silence, je vous prie ! s'exclama le directeur Dippet. Miss Hornby, que s'est-il passé ?

Olive Hornby répondit par des pleurs alors que Dumbledore contournait rapidement la table des professeurs pour la rejoindre. Il l'aida à se relever et il lui tapota doucement le dos pour la calmer.

- Eh bien ? insista le directeur. Racontez-nous !

- Je... Je suis allée... chercher Mimi, expliqua Olive d'une voix pleine de trémolos. Comme vous me l'aviez demandé... professeur Dumbledore... Mais... quand je suis entrée dans les toilettes... Je... Je les ai vues ! Toutes les deux, allongées sur le sol, comme si elles dormaient... mais elles étaient mortes ! Et Mimi... Mimi...

- « Toutes les deux »... ? releva Dippet. Vous voulez dire qu'une autre élève est... ?

- Armando, intervint fermement Dumbledore. Nous ferions mieux d'emmener Miss Hornby au calme.

- Oh... Oui, acquiesça Dippet en jetant un regard aux élèves catastrophés. Oui, vous avez raison.

- Je demande à tous les élèves de rester dans la Grande Salle durant l'absence des professeurs, dit Dumbledore d'une voix forte. Mr Picott, ajouta-t-il en s'adressant au concierge. Veillez à ce que personne ne sorte.

Les professeurs emmenèrent Olive hors de la salle et Apollon Picott referma les portes derrière eux. Aidé par Ogg, le garde-chasse, il obligea les quelques élèves souhaitant découvrir les faits à se rasseoir et à cesser de crier. Mais la rumeur se propageait déjà de tables en tables. L'héritier de Serpentard avait encore frappé. Mortellement... cette fois.

- On dirait qu'une Sang-de-Bourbe est vraiment morte cette fois, s'amusa un deuxième année assis non loin de Tom. Je me demande qui est la deuxième victime, murmura-t-il en se redressant pour observer la salle. Vous en voyez une autre qui manque à l'appel ?

- Boucle-la, Orion, intervint une brune à l'air pincé.

Walburga Black portait comme Tom l'insigne des préfets de Serpentard, à ceci près qu'elle avait un an de plus que lui. La jeune fille lança un regard noir au jeune Orion qui baissa aussitôt les yeux. Puis elle attrapa sa fourchette et elle fit mine de finir son repas, tout comme Thadeus et Edouard.

Mais Abraxas fixait son assiette sans pouvoir y toucher. Il glissa alors un imperceptible regard vers Tom dont les yeux étaient rivés sur les portes fermées de la Grande Salle. Comme tout le monde, le préfet guettait le moment où elles s'ouvriraient à nouveau. "Mais... Est-ce que ça veut dire que Tom... ?" s'interrogea Abraxas en songeant à la tension dégagée par le préfet au cours de la journée. Soudain, Tom tourna les yeux en une fraction de seconde. Son regard croisa celui d'Abraxas. Il l'avait surpris à l'observer et le blond sentit une terrible vague glacée l'envahir.

- Brax.

Abraxas tourna la tête si rapidement vers Edouard qu'une douleur fulgurante lui transperça la nuque. Son ami lui avait attrapé le poignet et ce simple contact le ramena à la réalité. Abraxas réalisa soudainement qu'il avait retenu sa respiration inconsciemment. Son cœur battait la chamade.

- Tu devrais manger un peu, lui conseilla Ed. Je n'ai pas envie de passer ma nuit à écouter les gargouillements de ton ventre.

Les mots d'Edouard semblaient anodins, mais Abraxas savait que son ami n'était pas intervenu par hasard. "Il m'a détourné de Tom" réalisa-t-il. "Ed a vu que je..." Abraxas souffla lentement avant d'inspirer à nouveau. Les battements de son cœur commencèrent à ralentir. Puis, feignant qu'il n'y avait eu aucun malaise, Abraxas lança :

- De quoi tu te plains ? Je passe bien les miennes à t'écouter ronfler.

- Je ne ronfle pas ! s'insurgea Edouard avec un léger sourire au coin des lèvres.

Et ils se lancèrent dans l'une de leurs chamailleries habituelles, sous l'arbitrage de Thadeus. Mais Abraxas sentait le poids du regard de Tom qui pesait toujours sur sa nuque, jusqu'à ce que le préfet décide qu'il était à nouveau plus intéressant de fixer les portes de la Grande Salle. Elles se rouvrirent vingt minutes plus tard. Mais Dippet, ainsi que les quatre directeurs de maisons, n'étaient pas parmi les professeurs venus les « rassurer ».

- Vous pouvez regagner vos dortoirs, annonça la vieille Galatea Têtenjoy, professeur de défense contre les forces du Mal. Nous allons vous escorter.

- Pourquoi ? demanda un élève de Poufsouffle. Sommes-nous en danger ?

- N... Non, bien sûr que non, répondit-elle d'un ton peu convainquant. C'est seulement...

- Dans ce cas, qu'est-il arrivé à Mimi ? s'enquit une Serdaigle. Nous avons tous vu son fantôme, alors... Qu'est-ce qui l'a... tuée ?

- Nous avons en effet retrouvé le corps de Mimi Warren dans les toilettes des filles du deuxième étage, confirma Têtenjoy en provoquant une nouvelle vague de murmures. Mais nous ne savons encore rien des circonstances exactes de sa mort. Le directeur fera un discours officiel demain matin lorsque les parents de Miss Warren seront...

- Et la deuxième victime ? demanda le préfet de Gryffondor.

- Que ce soit clair, il n'y a pas de deuxième victime ! leur assura fermement le professeur de défense contre les forces du Mal.

Les élèves haussèrent immédiatement le ton, persuadés qu'il s'agissait d'un mensonge pour minimiser la gravité de la situation. Ils avaient clairement entendu ce qu'avait dit Olive Hornby. Mais aucun d'eux n'obtint davantage de réponses et les professeurs les emmenèrent vers leurs dortoirs respectifs. Tom marchait en tête des Serpentard, réfléchissant en boucle à ce qu'il était advenu de la petite rousse. "Pas de deuxième victime..." nota-t-il. "Elle est donc toujours vivante. Et personne n'est encore venu m'arrêter. C'est donc qu'elle n'a pas encore parl..."

- Tom !

Le jeune homme se figea et tous les Serpentard s'arrêtèrent derrière lui, près de l'entrée des cachots. Ils dévisagèrent leur préfet alors que le professeur Slughorn descendait rapidement l'escalier de marbre pour les rejoindre. Bien que le préfet n'était pas le seul à se prénommer Tom dans l'école, il était en revanche l'unique élève que leur professeur de potion appelait par son prénom.

- Quelle histoire... soupira Slughorn en passant entre les élèves des autres maisons avant de s'arrêter devant le professeur Têtenjoy qui accompagnait les Serpentard. Merci de les avoir pris en charge, Galatea. Je m'occupe du reste.

- Très bien... dit lentement Têtenjoy en glissant un regard vers Tom. Mais...

- Qu'y a-t-il ? Vous tenez quand même à nous accompagner ?

- Il y a un instant, vous avez interpellé Mr Jedusor, lui rappela sèchement le professeur de défense contre les forces du Mal qui n'appréciait pas la familiarité entre enseignants et élèves.

- Oh, oui ! acquiesça Slughorn en se frappant légèrement le front. Tom, le directeur souhaite vous parler.

Le préfet sentit ses entrailles se contracter alors que de légers murmures se faisaient entendre dans son dos. Il fit de son mieux pour les ignorer et Tom demanda d'un ton innocent :

- Pour quelle raison ?

- Je ne sais pas, avoua Horace. Il vous attend dans son bureau. Dépêchez-vous d'y aller avant que le soleil soit couché.

- Je vais l'accompagner au deuxième étage, décida Têtenjoy.

- Si vous voulez. Mais Tom est un garçon débrouillard, dit Slughorn en adressant un clin d’œil à son élève favori. Je suis sûr qu'il peut...

- Mr Jedusor est un garçon comme les autres, trancha-t-elle froidement. Personne ne doit se déplacer seul tant qu'on ne saura pas clairement ce qu'il s'est passé.

Un garçon... comme les autres ? « Un garçon comme les autres » ?! Sur le chemin qui les menait vers le bureau de Dippet, Tom dut se faire violence pour ne pas s'en prendre à Galatea Têtenjoy. Ainsi, ils les auraient eues avec certitude leurs deux victimes. "Du calme" s'enjoignit Tom alors qu'ils passaient devant la porte des toilettes des filles sur laquelle était désormais inscrit en grosses lettres scintillantes : CONDAMNÉES.

L'inscription brillait d'autant mieux dans l'obscurité du couloir silencieux et Tom ne fut débarrassé de cette lueur désagréable que lorsqu'il tournèrent à l'angle du mur pour s'arrêter devant la gargouille protégeant l'entrée du bureau directorial.

- Couleur oliv... annonça Têtenjoy à la statue.

- OLIIIIIIIIIVE ! hurla soudainement une voix suraiguë.

Sortant de nulle part, le fantôme de Mimi traversa le couloir alors que la gargouille se déplaçait pour leur ouvrir le passage. Tom fit un bond de côté pour éviter Mimi qui ralentit en posant les yeux sur lui. Le préfet retint son souffle, dans l'attente des mots qu'elle comptait lui adresser. Mais Mimi ne proféra aucune accusation. Il vit seulement les joues du fantôme devenir étrangement opaques. Tom se fichait de ce que cela voulait dire, du moment qu'il la voyait poursuivre son chemin en criant :

- Olive ! Où te caches-tu ? Tu n'aurais jamais dû te moquer de mes lunettes !

- Miss Warren ! s'exclama le professeur Têtenjoy d'un ton outré. Cessez de harceler Miss Hornby !

La vieille femme se lança à la poursuite du fantôme qui n'en faisait qu'à sa tête, laissant Tom seul au milieu du couloir. L'idée de fuir le château traversa l'esprit du jeune homme. Personne n'aurait pu l'en empêcher à présent. Et il se savait capable de disparaître sans laisser de trace. Mais fuir et se cacher comme un rat dans un trou... ce n'était pas digne de lui, l'héritier de Salazar Serpentard. "Dumbledore serait venu me chercher lui-même si j'étais vraiment soupçonné d'avoir commis un meurtre" décida Tom en montant l'escalier de la gargouille. Mais sa certitude vacilla au moment de frapper à la porte du directeur, lorsqu'il l'entendit lui répondre d'une voix faible :

*- Entrez.

Tom poussa la porte en retirant son chapeau pointu. C'était le moment de faire preuve du peu d'humilité dont il était capable.

*- Ah, c'est vous, Jedusor.

*- Vous vouliez me voir, professeur Dippet ? demanda Tom d'un ton qu'il aurait voulut plus assuré.

*- Asseyez-vous. Je viens de lire la lettre que vous m'avez envoyée.

*- Ah.

C'était tout ce que Tom fut capable de répondre sur le moment. Il ne s'attendait absolument pas à ça. Le Serpentard était partagé entre la surprise, le soulagement et la curiosité. Tom brûlait d'envie d'entendre la réponse du directeur au sujet de sa demande pour rester à Poudlard pendant les vacances d'été. Il en avait presque oublié la tension qu'il avait trainé avec lui jusqu'ici. Mais Dippet ne lui dit pas ce qu'il voulait entendre. Le directeur refusa sa requête et il parla même de... « fermer l'école ».

Lorsqu'il entendit cela, Tom se trouva incapable de respirer et il darda un regard perçant sur le directeur de Poudlard. C'était une chose dont il n'aurait jamais voulu entendre parler. Une chose qu'il n'avait même pas envisagé tant cela lui semblait aberrant. Comment Dippet... le ministère... ou qui que ce soit se prétendant apte à diriger leur monde pouvait prendre la décision de fermer Poudlard ?! Comment pouvaient-ils se montrer aussi faibles ? C'était trop facile. Ils n'avaient même pas vraiment essayé de le démasquer. Ainsi, ils voudraient tous obliger Tom à rester cloîtré dans son maudit orphelinat jusqu'à sa majorité ? Et pourquoi ? Parce qu'une Sang-de-Bourbe était morte ? Tom ne le permettrait pas. Cette école était sa véritable maison. Son sanctuaire. Il ne pouvait pas perdre Poudlard. À aucun prix.

*- Nous n'avons malheureusement toujours pas réussi à savoir où se situait la... heu... source de ces désagréments... déplora Dippet en éveillant à la fois le mépris mais aussi la malice du Serpentard.

Ces idiots étaient prêts à baisser les bras. La solution était donc toute trouvée. S'il leur fallait un coup de pouce... Si tout ce qu'il leur fallait, c'était un coupable... Tom pouvait le leur donner.

*- Et si le coupable se faisait prendre, monsieur ?... Tout serait terminé... suggéra-t-il.

C'était l'évidence même. Il n'y avait aucune raison de fermer Poudlard si un coupable était arrêté. "Rien de plus simple" pensa Tom. "Je vais vous montrer".

*- Que voulez-vous dire ? s'enquit aussitôt le directeur. Jedusor, sauriez-vous quelque chose concernant ces agressions ?

*- Non, monsieur.

Cette réponse n'aurait certainement pas pu duper Albus Dumbledore, mais Armando Dippet se laissa convaincre facilement. Aux yeux de Tom, il n'avait jamais fait un directeur très compétent. Cela l'arrangeait aujourd'hui.

*- Vous pouvez sortir, Tom.

Le Serpentard obéit et il redescendit l'escalier. Mais il ne retourna pas immédiatement à sa salle commune. Tom s'arrêta dans le couloir devant la gargouille et il se mit à réfléchir. Il lui fallait absolument faire accuser quelqu'un d'autre à sa place. Rapidement. Tom savait déjà qui serait le coupable idéal et où il pourrait le trouver à cette heure tardive. Ainsi, sans plus attendre, le Serpentard se mit en route. Mais lorsqu'il eut atteint le grand hall, une voix l'arrêta :

*- Que faites-vous à vous promener si tard dans le château, Tom ?

"Lui" pensa-t-il frustré en se tournant vers Dumbledore. "Toujours lui". Son professeur de métamorphose le fixait avec son habituel regard inquisiteur. Tom avait parfaitement conscience d'être le premier suspect sur la liste de Dumbledore dans sa quête de l'héritier de Serpentard. Son nom était peut-être même le seul sur cette liste. Essayant de garder une expression neutre face au directeur-adjoint, le Serpentard fixa ses cheveux aux reflets roux qui lui rappelaient ceux de la gamine sortie de son journal. Tom n'avait pas pu questionner Dippet à ce sujet sans risquer d'avoir l'air suspect. "Si cette fille est entre les mains de Dumbledore... me disculper devient une question de vie ou de mort".

*- Je suis allé voir le directeur, monsieur, répondit-il poliment comme si ses faits et gestes regardaient ce vieux renard.

*- Dépêchez-vous d'aller vous coucher. Mieux vaut ne pas traîner dans les couloirs, depuis que...

Dumbledore se tut pour soupirer. Oui, Tom savait très bien pourquoi il ne fallait pas traîner dans les couloirs. Inutile de le lui préciser.

- Bonne nuit, Tom, dit le professeur avant de le laisser.

Le fait que Dumbledore le laissait regagner seul son dortoir lui fit penser que le directeur-adjoint n'était pas si soupçonneux que cela. Mais ça pouvait tout aussi bien être un piège. Une ruse pour pousser Tom à baisser sa garde. "Il attend d'obtenir une preuve contre moi" pensa le Serpentard. "Bien sûr qu'il me soupçonne. Dumbledore ne peut pas s'en empêcher".

Dès que le professeur eut disparu, Tom s'engagea dans l'escalier menant aux cachots. Mais ce n'était toujours pas pour regagner la salle commune de Serpentard. Le fait d'avoir croisé Dumbledore n'était pas suffisant pour le faire prendre peur ou renoncer. Tom avait bien l'intention d'aller au bout de son plan. Il se cacha donc dans la salle de potions et le jeune homme attendit un long moment. Puis il se glissa silencieusement dans le couloir lorsqu'une personne passa devant la porte entrebâillée de la salle de classe. Il s'agissait de l'élève qui allait lui servir de bouc émissaire : Rubeus Hagrid. Un Gryffondor massif de troisième année qui ne se doutait pas une seconde qu'il était suivi. Ce gros balourd de Hagrid était dénué du sens de la discrétion, contrairement à Tom. "Dénué de toute intelligence en fait" pensa le Serpentard en s'arrêtant au coin du couloir alors qu'une porte grinçait un peu plus loin.

Tom entendit Hagrid parler à voix basse. Le Serpentard savait parfaitement à qui il s'adressait. Ou plutôt... à quoi. Une créature hideuse et repoussante. Une Acromentule qui aurait parfaitement pu tuer une jeune fille dans les toilettes du deuxième étage, avant de s'enfuir par la fenêtre en tissant sa toile. "C'est parfait !" jubila Tom en se précipitant pour prendre Hagrid la main dans le sac.

Le Gryffondor fut très surpris de le voir apparaître. Et bien sûr, il tenta vainement de convaincre Tom que son monstre n'y était pour rien, qu'il n'avait jamais tué personne. Parfaitement inutile. Voire même risible. Si Rubeus s'était seulement douté que le véritable coupable se tenait devant lui... Tom en avait mal au ventre à force de se retenir d'éclater de rire. Il neutralisa Hagrid d'un mouvement de baguette en le projetant contre un mur et il ouvrit à la volée la porte que le Gryffondor avait essayé de protéger.

La bête sortit de la pièce. L'énorme araignée, faisant claquer ses pinces meurtrières. Mais elle fut plus rapide qu'il ne le pensait, malgré sa taille imposante. Tom manqua son coup et l'Acromentule s'échappa en le projetant à terre. Il tenta bien de se relever mais, cette fois, ce fut Rubeus qui intervint pour lui arracher sa baguette des mains.

*- NOOOOOOOOOON ! hurla le Gryffondor.

Furieux, Tom se redressa pour se jeter sur lui. Si Hagrid s'échappait, tout serait fichu. Ils se battirent au sol, Tom essayant de récupérer sa baguette et Hagrid agitant les poings en tous sens. Le Gryffondor réussit à cogner la mâchoire de Tom, lequel vit des étoiles durant quelques secondes. Rubeus en profita pour se relever. Mais dans sa précipitation, il n'avait pas remarqué que sa propre baguette était tombée de sa poche durant le combat. D'un geste vif, Tom s'en saisit pour pétrifier le Gryffondor.

Le Serpentard crut d'abord avoir échoué en voyant Hagrid continuer à avancer de quelques pas. Mais finalement, le Gryffondor s'immobilisa avant de tomber en avant sur le sol, raide.

- Sale hybride, pesta Tom en se relevant et passant ses doigts dans ses cheveux désordonnés pour les replacer en arrière.

Puis il s'essuya la bouche d'un revers de main. Le coup de Hagrid lui avait fendu la lèvre, il saignait. D'autant plus en rage, Tom avança à grands pas vers le Gryffondor pour récupérer sa propre baguette.

- Attends-moi sagement ici, lança-t-il d'un ton méprisant à l'élève pétrifié. Je vais t'envoyer à Azkaban.

Tom se retourna pour sortir des cachots, mais il n'eut pas le temps de faire un pas. Car le Serpentard se retrouva nez à nez avec la gamine rousse. Il poussa une exclamation de surprise et le jeune homme fit un bond en arrière, manquant de trébucher sur Hagrid. La petite s'était tenue dans son dos tout ce temps et elle le fixait avec un sourire aux lèvres.

- Qu... Qu'est-ce que tu fiches là ? la questionna-t-il en essayant de reprendre contenance.

La rousse ne répondit pas. Mais à la grande surprise du Serpentard, son sourire s'élargit et elle dit simplement :

- Tom.

oOo


Ginny s'était sentie flotter comme sur un nuage. Mais à présent, elle percevait la pression d'une surface solide contre son dos, bien qu'elle soit encore incapable d'ouvrir les yeux. Elle était calme, stoïque. Presque comme... paralysée. Et elle se sentait faible. Comme si on l'avait vidée d'une partie de ses forces.

Lorsque Ginny ouvrit enfin les paupières et qu'elle aperçut le visage de sa mère penché sur elle, la jeune fille ne put retenir ses larmes.

- Ma chérie, s'inquiéta Molly. Est-ce que ça va ? Qu'est-ce qui t'est arrivé ?

Ginny ne répondit pas, jetant des regards apeurés autour d'elle. La jeune fille était dans sa chambre, allongée sur son lit. Ginny remarqua les visages soucieux des membres de sa famille, ainsi que celui de Harry. Mais elle détourna rapidement la tête. Elle ne voulait pas qu'il la voie pleurer. Surtout que Ginny ne comprenait pas pourquoi elle versait ces larmes. Elle avait juste l'impression d'avoir perdu quelque chose d'important. Comme une part d'elle-même.

- On a entendu le fracas de ton chaudron, expliqua son père. Tu as crié.

- J'ai eu la peur de ma vie en te trouvant inerte par terre, au milieu de tes livres, dit sa mère d'une petite voix en caressant les cheveux de Ginny.

Lorsqu'elle l'entendit parler de livres, Ginny retint son souffle. Puis elle chercha du regard l'étrange journal qui était à l'origine de tout. La jeune fille le trouva sur son bureau, mélangé aux autres livres. Ses parents n'y avaient certainement pas fait attention lorsqu'ils les avaient ramassés. Le journal ne leur avait donc rien fait ? Ils ne lui avaient rien trouvé d'anormal ? Avait-elle rêvé en entendant la voix murmurer ? Le journal s'était-il vraiment mis à briller ? "Je n'ai pas pu tout imaginer..." pensa-t-elle confuse.

- Raconte-nous ce qu'il s'est passé, Ginny, demanda Fred. Quelque chose t'a fait peur ?

- Je... dit-elle faiblement en hésitant. Je ne sais plus...

Elle roula sur le côté pour leur tourner le dos, en essuyant rapidement ses larmes. Quoi que ce journal lui ait fait... elle n'avait pas envie d'en parler. Mais les autres restaient perplexes et Ron supposa :

- Elle a peut-être vu une araignée.

- Il n'y a que toi pour avoir peur des petites araignées, s'amusa George en levant les yeux au ciel.

- Une grosse araignée ! se défendit Ron en rougissant.

- Ou bien, c'est ce vieux rat pouilleux qui l'a surprise, rit Fred en tirant sur la queue qui dépassait sous l'un des coussins de sa sœur.

- Croûtard ! s'exclama Ron en récupérant son rat. Qu'est-ce que tu fais là ? Combien de fois je dois te dire de ne pas dormir n'importe où ?

- C'est bizarre, réfléchit Percy. Croûtard n'a jamais fait peur à Ginny.

- Ça suffit, intervint Arthur. Laissons Ginny tranquille. C'est sûrement le stress de la rentrée.

Il força tout le monde à sortir, même sa femme, bien qu'elle prit le temps d'embrasser sa fille sur la joue. Ginny ne bougea pas d'un pouce jusqu'à ce que la porte soit fermée. Puis elle se redressa tout en fixant le journal. La jeune fille avait peur de s'en approcher à présent. Mais en même temps... plus elle le regardait... plus elle se sentait attirée. Et avant de s'en rendre compte, Ginny l'avait en main.

Elle ignorait toujours comment ce journal était arrivé jusqu'à elle. Par qui et pourquoi ? Ginny n'obtiendrait peut-être jamais les réponses à ces questions. Mais, malgré ce qui s'était passé, elle n'avait pas envie de le jeter. Car il y avait quelque chose dans ce journal... quelque chose de familier. C'était une impression à la fois joyeuse et triste. Plus elle le regardait, plus elle sentait à nouveau les larmes lui monter aux yeux.

La jeune fille hésita à le rouvrir. Ce n'était certainement pas une bonne idée, mais elle se rendit compte qu'elle en avait affreusement envie. Ginny se sentait vraiment bizarre.

Elle passa doucement son pouce sous la couverture et, prenant une inspiration, elle ouvrit le journal d'un coup sec en fermant très fort les yeux. Mais aucun murmure ne retentit et elle ne perdit pas connaissance cette fois. En fait, il ne se passa rien du tout. La jeune fille rouvrit donc les yeux. Le journal avait l'air tout à fait normal.

Ginny put alors enfin voir la seule inscription qui ornait la première page. Sans savoir pourquoi, plusieurs sanglots lui échappèrent lorsqu'elle posa les yeux sur les lettres noires. Elle était incapable de les retenir. Pourtant ce n'était qu'un nom. Celui d'un inconnu : T. E. Jedusor.
Note de fin de chapitre :

Dites-moi ce que vous en pensez ;)
Vous devez s'identifier (s'enregistrer) pour laisser une review.