S'identifier | | Identifiants perdus | S'enregistrer |
Lien Facebook

En savoir plus sur cette bannière

News

Concours hommage à Barbara - Ma plus belle histoire


De plus loin, que nous revienne
L’ombre de nos amours anciennes,
Du plus loin, de la première écoute…


Durant l'été 2022 (juin à août), nous, Juliette54 et Amnesie, vous proposons de déclarer votre amour à Barbara.
En un concours en trois manches, nous vous proposons de (re)découvrir ses chansons et son univers. Le premier chapitre (de 500 à 5000 mots) doit être écrit et mis en ligne d'ici le dimanche 10 juillet à 23h et doit s'inspirer d'une chanson de Barbara de ton choix et du thème Ma plus belle histoire...

Pour t'inscrire, nous donner le lien vers ton chapitre et pour plus d'info, nous t'invitons à consulter ce post sur le forum HPF !

Notre plus belle histoire d'amour, c'est toi, Barbara...


De le 03/07/2022 11:03


125éme édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 125e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 22 juillet à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Délaissez le temps d'une soirée la plage et les cocotiers,
votre clavier vous appelle, vous avez plein d'histoires à raconter !

Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt !
De Équipe des Nuits le 03/07/2022 00:26


125éme édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 125e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 22 juillet à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Délaissez le temps d'une soirée la plage et les cocotiers,
votre clavier vous appelle, vous avez plein d'histoires à raconter !

Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt !
De Équipe des Nuits le 28/06/2022 07:52


Concours officiel HPFanfic


Les 25 ans de Harry Potter

 

L'équipe de modération HPFanfic vous propose un concours d'écriture afin de célébrer dignement les 25 ans de Harry Potter.

Vous avez jusqu'au 25 août 2022 pour publier votre texte ! Les votes seront lancés dans la foulée.

Laissez-vous tenter par l'aventure en suivant ce lien ! Vous y trouverez les différentes modalités de ce concours.

A bientôt !


De L'équipe de modération d'HPFanfic le 25/06/2022 17:25


Assemblée Générale Ordinaire 2022


Bonjour à toustes,

L'assemblée générale annuelle de l'association Héros de Papier Froissé est présentement ouverte sur le forum et ce jusqu'à vendredi prochain, le 24 juin 2022, à 22h.

Venez lire et discuter, et voter pour les candidats au conseil d'administration.

Bonne AG !
De Le CA le 17/06/2022 23:08


124ème édition des Nuits


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 124e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 24 juin à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt !
De L'équipe des Nuits le 08/06/2022 18:45


L’Arme à Lame – Larme à l’âme par Iris

[7 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Ron, c'est toujours la dernière roue du carrosse. Il a l'air un peu babache, comme ça, un peu tartufe, un peu pataud, un peu... enfin bref, on dirait bien qu'il sert un peu à rien. Mais dans sa tête, que se passe-t-il réellement ? Et si, au lieu de ne penser à rien, ce charmant garçon pensait juste à d'autres choses ?
Note de chapitre:

Je me suis toujours dis que Ron, à partir de la 4ème année, était un peu mis de coté par JKR. Il a le rôle de l'ami fidèle, mais c'est seulement à la fin du 7ème tome qu'on retrouve son courage, son intelligence, son sens du devoir et du dévouement, sa loyauté. Entre les deux, par le biais d'une adolescence complexée, notre auteur favorite nous laisse entrevoir un jeune homme plus léger qu'il ne me semble vraiment être.

Et beaucoup de FanFics amplifient ce mouvement "anti-Ron", déjà parce que caser Hermionne avec Drago, Harry, Voldemort, Sirius ou n'importe qui d'autre devient compliqué quand on a un Ron adorable et totalement fait pour elle, ensuite parce que c'est tellement plus simple de profiter et d'amplifier ses défauts plutôt que de montrer les qualités discrètes mais pourtant très belles de ce personnage.

Alors voilà, cadeau pour lui : une petite plongée dans sa tête... pour expliquer peut-être le sentiment perpétuel de "passer après" et d'être "moins bien que les autres" qui semble faire partie de lui !
Lumière.

Plissage des yeux.

Grognement.

Rabattage des couvertures sur soi, même si la chaleur est déjà étouffante.

Noir.
Sentiment de satisfaction et détente des yeux.

Mise en marche d’un sens autre que la vue : L’ouïe.

Regret d’être l’heureux détenteur d’un tel sens lorsqu’il permet d’entendre ce qui se passe dans le coin.

Voix féminine bien connue commençant comme d’ordinaire à houspiller un tas de couvertures.

Brusque sensation de froid et lumière aveuglante.

Grognements furibonds rapidement réprimés par une tape sur le sommet de l’ex tas de couvertures, désormais éparpillé par terre.

Soupir intérieur et furtive jalousie à l’adresse du colocataire provisoire du tas de couverture qui, lui, a reçu l’interdiction absolue de se faire frapper de bon matin.

Retour de la voix féminine, trop forte pour être étouffée par un oreiller.

Impossibilité totale de continuer à faire comme si de rien n’était.

Je me redresse brusquement dans ce qui était il y a peu de temps encore un lit, mais dont les draps, couvertures et traversin désormais par terre démentent cette qualification à l’heure actuelle.

-Hermione, qu’est-ce que tu fiches ici ! Tu pourrais pas nous laisser dormir, non ? Je te rappelle qu’on s’est couché ce matin à quatre heures passées !

-Arrête un peu de râler, Ron ! Il est bientôt quatorze heures, tu as largement eu le temps de dormir. Aller, debout, avant que ce ne soit ta mère qui vienne te chercher ! Et toi aussi, Harry, ajoute la dénommée Hermione à l’adresse de mon colocataire qui, à ce que je peux constater avec encore un peu plus d’amertume, a la chance d’avoir conservé un lit composé d’autre chose qu’un simple matelas sur un sommier.

La porte grince puis se referme, puis un silence incroyablement doux à mes oreilles revient prendre possession de ma chambre et j’en déduis qu’Hermione est repartie. Je dois me fier à mon ouïe pour émettre cette hypothèse parce que mes yeux n’arrivent pas encore à s’accommoder de la luminosité puissante qui règne également sur ma chambre, comme la reine d’un royaume orange où le moindre rayon de soleil fait croire qu’il y a un incendie de forêt derrière cette porte du Terrier.

La menace que ma mère vienne me secouer pour me forcer à émerger fait disparaître mes dernières velléités de me recoucher, mais elle ne m’empêche pas de continuer à râler et bougonner en cherchant mes vêtements – que je ne trouve pas, bien sûr. Evidement. Hier, on s’est habillé avec les robes les plus chics qu’on puisse avoir, histoire de n’être pas du tout dans le ton de la fête totalement incontrôlable qu’on a pu vivre. Donc, ce matin, il n’est pas question de se revêtir de la tenue pingouin. En désespoir de cause, je me dirige vers mon armoire, zigzagant entre les choses éparpillées sur le sol, et je trouve cette fois rapidement un jean et un T-shirt dont je suis à peu près sûr qu’ils sont propres ou assimilables à cet adjectif.

Je vois Harry se lever à regret et mon amertume à son égard disparaît comme par enchantement, remplacée par une vague culpabilité. Ce n’est pas sa faute si Hermione le traite différemment de moi. Ce n’est pas Harry qui décide du fait qu’Hermione se contente de le secouer alors qu’elle m’a arraché les couvertures et flanqué une chiquenaude sur le crâne. Ce n’est pas la faute de Harry si Hermione et moi sommes toujours en train de nous disputer, alors qu’ils peuvent, eux deux, presque toujours se parler normalement. Comme deux amis. Pas comme les deux amis d’un ami commun qui, eux deux, n’auraient pas du tout envie d’être amis mais feraient un effort pour leur ami commun. Bon, c’est peut-être un peu exagéré, mais c’est souvent l’impression que j’ai. Des fois, on s’entend très bien, et puis ensuite, il suffit que je dise quelque chose pour qu’« elle » se mette à s’énerver et à me traiter d’andouille.

Si au moins je savais ce que j’ai dis de mal pour la mettre dans un état pareil… Mais bien sûr, quand un balai s’emballe, en général, il dit rarement pourquoi il le fait, il se contente de foncer droit vers l’arbre le plus proche. Faut croire que les filles ont un fonctionnement plus proche des balais volant que des garçons. Etrange.

Je suppose que si je disais ça en face d’Hermione, elle hausserait les épaules avec dédain comme elle sait si bien le faire, me dirait que je suis un imbécile et qu’elle ne voit pas pourquoi je l’insulte alors qu’elle ne m’a rien fait. Encore une fois, j’aurai l’air d’un idiot, je m’attirerai très certainement des regards glacés de quelques personnes qui me diraient que je suis vraiment d’une méchanceté gratuite détestable, et je n’aurai aucune possibilité de comprendre pourquoi ils s’imagineraient tous que j’ai parlé pour être méchant, alors que je voulais simplement faire une constatation générale basée sur une observation personnelle des choses.

Je quitte mon T-shirt qui me sert de pyjama et sort torse nu dans le couloir.

Ça aussi c’est un truc. Dés que je remarque quelque chose, tout le monde dit que je suis un crétin, voir un sale type, alors que j’ai juste été, soit parfaitement franc, soit détaché de toute mauvaise intention. C’est vraiment quelque chose que je ne comprends pas. Pourquoi toutes les personnes à qui je parle – et surtout Hermione – se croient concernées lorsque je parle pour n’importe qui sauf elles ? Y’a un proverbe qui dit « Plus l’ignorant est insignifiant, plus il se croit le centre du monde ». Si je dis a Hermione que, par certains cotés, les filles me paraissent ressembler plus à des balais qu’aux hommes, elle pense que je la traite de balai. Aurais-je jamais dis ça ? Non, bien sûr. Je n’aurais pas parlé d’elle. Et ce n’aurait pas été une critique. Mais elle l’aurait pris comme tel. Du coup, j’aurais encore été le méchant de l’histoire, et elle qui comprend et retient tout ce que dit tout le monde sauf ce que je dis moi n’aurait encore une fois pas compris ce que JE voulais dire.

Je rentre dans la salle de bain et attrape mon rasoir. En quelques coups de blaireau, je suis barbouillé de crème blanche et je me replonge dans mes pensées tout en esquissant les grimaces les plus ridicules possibles pour permettre a la lame que je possède depuis un peu plus d’un an de faire disparaître toute trace de la barbe qui est sensée faire dire à tout le monde que je suis un homme. Sauf que ça n’empêche personne de continuer à me parler comme à un petit garçon. Normal, j’ai cinq frères plus âgés que moi, ils travaillent tous, le plus grand est même marié depuis un peu plus de 24 heures, bref, ce sont des hommes.

Moi, je suis le plus jeune des six, donc je suis un gosse. Oh, bah, je commence à avoir l’habitude. Ça fait plus de 17 ans que ça dure, je ne vois pas pourquoi les gens se mettraient soudain à changer de comportement avec moi. C’est vrai, c’est pas comme si j’étais comme Harry qui doit tuer Vous-Savez-Qui et qui a déjà participé activement à plusieurs grandes batailles. Bon, j’y ai participé aussi, mais… Mais forcément, pas comme lui. Lui, c’est quelqu’un d’important, de respectable. Moi, je suis insignifiant. C’est pas comme si j’avais eu un rôle important dans ces batailles. Et puis, je ne suis pas non plus comme mes frères, qui ont tous quelque chose qui les fait sortir du lot. Ou comme ma sœur, qui a beau être plus jeune que moi, a plus d’expérience des choses que moi, et qui sait se faire respecter de tout le monde, même maman. Ou comme Hermione, qui est la fille la plus intelligente que j’ai jamais rencontré.

Oui, bon. C’est vrai que les gens que j’ai rencontrés ne sont pas des références, vu qu’ils me connaissent. Mais ce que je voulais dire, c’est que c’est une fille vraiment impressionnante. Point de vu de l’intellect, bien sûr. Enfin peut-être pas que ça… Oh, et puis flûte. Je renonce à dresser la liste de toutes les qualités qu’ont mes proches, ça ne sert à rien. Tout le monde les connaît, moi y compris, et tout le monde sait que je n’ai aucune d’entre elle, moi y compris aussi. Inutile de recommencer ce petit jeu de comparaisons inversées pour la trois centième fois. « Bill a telle et telle qualités, moi j’ai les défauts inverses ; Charlie celle-ci et celle-là, et moi pas… » Et ainsi de suite. C’est stupide, et oiseux. Tout à fait à mon niveau.

Aïe ! Et Mer…lin. Je me suis encore coupé. Je soupire et me rince le visage, avant d’essuyer la petite rigole de sang qui glisse sur ma joue. Pas la peine de chercher dans l’armoire à potions, je risque encore de rater le seul truc qui m’intéresse. Je retourne dans ma chambre pour constater que Harry est déjà parti. J’attrape un bout de mouchoir et déchire une bande de sorcier collant, avant de me fabriquer un pansement grossier et d’enfiler mon T-shirt propre. J’use avec une certaine satisfaction de ma baguette pour refaire à peu près mon lit et ranger rapidement ma chambre. Depuis que je suis rentré à la maison après l’enterrement de Dumbledore, j’ai le droit de me servir de la magie chez moi. Je suis majeur. Mais ça non-plus n’a pas l’air de faire beaucoup d’impression sur la façon dont mes parents et ma famille me considèrent.

Je descends rapidement les escaliers. A pied. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai toujours eu la sensation de ne me sentir bien dans une maison que quand il y a des escaliers à gravir et descendre un peu partout. J’ai horreur des appartements ou des maisons de plain-pied. Je ne supporte pas ça, j’ai vraiment l’impression d’être terriblement mal à l’aise. Du coup, même si j’ai mon permis de transplanner, je continue d’aimer descendre les escaliers a pied.

Mon permis, je l’ai depuis le trente juin, date a laquelle j’ai pu le passer pour la seconde fois, avec un mois d’avance par rapport a ce que j’escomptais. J’aurais dû le passer avec Harry, pour la session de juillet, mais avec la mort de Dumbledore et la fin des cours un peu précipités, les élèves ont été renvoyés chez eux en quatrième vitesse huit ou dix jours avant la fin des classes habituelle et donc, j’ai pu me présenter à l’examen du permis de transplannage à la fin du mois de juin. Encore une fois, ça n’a rien changé pour personne. Je sais transplanner ; formidable. Et alors ? Mes cinq frères aussi savent le faire. Et Ginny saura le faire dés l’année prochaine. D’ailleurs, elle, elle n’aura certainement pas besoin de le repasser. Douée comme elle est…

J’arrive dans la cuisine. Tout le monde est déjà là, sauf Bill et Fleur, bien sûr. Eux, ils sont rentrés chez eux. Un petit appartement trois pièces plutôt sympa. Et de plain-pied.
Bon, Fred et Georges ont aussi leur appart au dessus de leur boutique, mais ils ont décidé de revenir squatter leur chambre pour les quelques jours précédant et suivant le mariage de Bill. Ils se sont pris quelques vacances. Le magasin est fermé depuis les cinq jours précédents et pour les dix jours suivants. Charlie aussi a pris trois semaines de vacances pour venir. Trois semaines, dont une seulement est passée. Une semaine seulement, ou une semaine déjà ? Je n’ai pas envie qu’il reparte. Mes deux frères les plus âgés, je les adore mais je ne les connais que peu par rapport aux autres. Aussi loin que je puisse me souvenir, on ne se voyait que l’été. Et Charlie est celui qu’on voit le moins, vu qu’il est toujours en Roumanie.

Ça me fait bien plaisir de le retrouver. Il n’est pas comme les jumeaux qui me tournent toujours en ridicule, ni comme Percy–le–pointilleux. Bien sûr, Percy n’est pas là. Celui-là, c’est peut-être le seul qui me bat parfois question idiotie dans la famille. Cet imbécile ne sait même pas que son frère est marié. L’oiseau que lui avait envoyé Bill est revenu à son expéditeur avec la carte d’invitation toujours dans son enveloppe fermée à la patte du hibou. Donc, Percy ne sait même pas qu’il a une belle-sœur. Dommage, c’est une très belle sœur. Mais, j’oubliais ! Il la connaît déjà. C’est vrai qu’il lui a donné la note de 5 sur 10 à la deuxième tâche du tournoi des trois sorciers. Oui, parce que monsieur Percy, lui, a déjà eu de très bons jobs. Et ça aussi, c’est important. Ouais, comme quoi, même lui, il est et sera toujours meilleur que moi. Décidément, je suis vraiment le boulet de la famille. Oh, flûte. Pas de ce genre de réflexions de bon matin. Ou même de début d’après-midi.


Je grommelle un vague « b’jour » avant de m’attabler et d’attraper une assiette et des couverts. Les trois de mes frères qui sont ici, ainsi que ma sœur, Harry et mon père me répondent. Maman me répond à sa façon, c’est à dire qu’elle remplit largement mon assiette, et je la remercie d’un sourire qu’elle me rend. Hermione, elle, continue sa discussion avec mon père après un vague coup d’œil à mon égard. Apparemment, elle a l’air de considérer qu’elle m’a déjà dis bonjour en venant m’arracher mes couvertures et m’assaillir d’ordres de promptitude. Je crois que je préfère tout de même la manière de me dire bonjour de ma mère plutôt que de ma p– d’elle. J’ai encore failli penser une ânerie.

-Qu’est-ce que tu t’es fait à la joue ? demande brusquement Hermione.

Tiens ? Finalement, le rapide coup d’œil qu’elle m’a jeté a été suffisant pour qu’elle détecte l’anomalie principale de la journée sur moi. Je ne m’y attendais pas. Du coup, bien sûr, je me mets à bredouiller. Histoire de relever le niveau…

-Euh… Je me suis coupé… Le rasoir…

Je vois ma sœur et les jumeaux qui attaquent de rire et je me sens devenir aussi rouge que mes cheveux. Même Hermione sourit. Il n’y a que Papa, trop perdu dans son journal, et Harry, pour ne pas se ficher de moi. Harry, mon cher vieil ami.

Maman, elle, ronchonne et hausse les épaules en secouant la tête avec agacement. De toute évidence, elle doit se demander comment il est possible qu’elle ait engendré un pareil ahuri.

-Tu es donc incapable de penser, même pour faire ta toilette ? lance-t-elle avec irritation.
Je sens mes oreilles devenir très chaudes et je dois faire des efforts pour répondre calmement.

-Je pensais à beaucoup d’autres choses en me rasant, aussi incroyable que ça puisse paraître.

-Oui, mais pas à ce que tu faisais, rétorque maman aussi sec. Enfin quoi ! Quand on fait quelque chose, il ne s’agit pas de penser à ce qu’on a fait trois minutes avant, où à ce qu’on va faire trois minutes après ! Pense à ce que tu fais quand tu le fais, au lieu de divaguer comme ça !

Je hausse les épaules et attaque mes pommes de terre sans rien ajouter. Pour moi, ce qu’elle vient de dire est passablement stupide. Regarder autour de la table permet de le démontrer immédiatement : Papa est en train de boire son thé tout en lisant la Gazette. Visiblement, il pense à sa lecture, mais pas à sa tasse. Ginny beurre son toast, mais elle n’est absolument pas en train de penser à son couteau à beurre, ça, j’en mettrai ma main à couper. Rien qu’à voir les petits coups d’œil furtifs qu’elle jette à Harry lorsqu’elle est sûre qu’il ne la regarde pas, je mettrai même mes deux mains sous la baguette de mon bourreau ! De toute façon, ça ne ferait pas une très grosse perte, je serai toujours aussi manche sans mes deux mains gauches qu’avec. Mais bon, c’est juste pour dire qu’elle non plus ne pense pas à ce qu’elle fait. Et d’ailleurs, même maman ne pense pas à tout ce qu’elle fait. Est-elle en train de se concentrer sur sa façon de respirer et sur le nombre de battements de son cœur ? Pourtant, c’est bien faire quelque chose que respirer ! Résultat, maman, ton reproche à mon égard est injustifié.

Je m’abstiens de le faire remarquer. J’imagine déjà les coups d’œil agacés de mes frères, sœur et mère, ainsi que la répartie cinglante qui viendrait obligatoirement m’enfoncer un peu plus, pour être bien sûr que j’ai compris que je suis stupide d’avoir dis ça. Que je suis stupide tout court. Mais mon opinion est faite, il est impossible de toujours penser à ce qu’on fait.

C’est incroyable. On dirait que je suis le seul a tenir des raisonnements pareils. Vraiment, je ne vois pas ce qu’il y a de faux dans ma logique. Pourtant, tout le monde va la considérer comme fausse si je la fais partager aux autres. Toujours est-il qu’il n’y a pas grand monde ici qui pense vraiment à ce qu’il fait. Et en passant, Harry non plus. Tss-tss… Tu parles d’un ami. Ce n’est pas par loyauté ou amitié qu’il ne s’est pas mis à rire quand j’ai dis que je m’étais coupé. Ce n’est même pas non plus parce qu’il n’y avait somme toute rien de drôle au fait que je me sois fait mal. Non, c’est juste parce que lui aussi joue aux œillades déplacées vers ma petite sœur. Bon, ça va que c’est lui. Mais tout de même ! Il aurait pu demander, avant de se jeter sur elle comme il l’a fait le jour de notre dernière victoire de Quidditch… Et maintenant, il lui a fais de la peine, bien que j’admets comprendre ce qui le motive à vouloir éloigner Ginny de lui. Moi aussi, j’aimerai vouloir garder à l’abri les gens que j’aime, et surtout LA personne que j’aime.

Encore faudrait-elle qu’elle sache que je l’aime…

C’est plus fort que moi. Je ne peux pas m’empêcher de jeter un coup d’œil furtif vers Hermione. Et puis un autre. Et puis encore un troisième…

Et flûte. Elle m’a vu. Je replonge dans mon assiette tout en sachant qu’il est trop tard et que cette attitude ne fera que me rendre plus coupable encore, ôtant toute forme de doute ou d’ambiguïté des pensées des gens. Sauf d’elle.

Tout d’un coup, je n’ai plus faim. Je croise mes couverts sur mon assiette, la repousse légèrement et me lève.

-Où vas-tu ? demande Fred.

-Euh… Dans ma chambre…

Je ne sais pas pourquoi j’ai dis ça. Je n’avais prévu la question, mais la réponse reflète exactement l’inverse de ce que je veux. Il y a une seconde, j’avais envie d’aller me promener dans le jardin. Là, je n’ai plus qu’une seule possibilité d’action : aller m’enfermer au fin fond de la maison. C’est dingue comme le cerveau peut être un instrument mal programmé. Pourquoi dis-je toujours spontanément « oui » quand on me demande si j’ai fini de manger alors que j’ai encore faim, pourquoi dis-je « Non merci » quand on me propose du thé que j’avais l’intention de demander une demi seconde plus tôt, pourquoi est-ce que je me braque quand on me dis quelque chose qui, en fait, me passe complètement au dessus de la tête.

Réponse : Parce que je suis Ronald Weasley, pardi ! J’avais presque oublié. Un instant, j’ai failli répondre « Mon nom est personne ». Ça me dit quelque chose, cette expression. Ah, oui, Hermione m’en avait parlé. Un flim, ou quelque chose comme ça. En tout cas, une histoire qu’elle m’avait racontée.

Et pourquoi, non de non de Dieu, pourquoi est-ce que je reviens toujours à Hermione ! Là, j’ai pas de réponse. Tant pis. Je rentre dans ma chambre et me laisse tomber sur mon lit. Quitte à être là, autant terminer ma nuit tant regrettée.
Mais c’eut été trop beau.

-RON ! Descend ! crie une autre voix féminine bien connue et habituée à me parler avec cette délicatesse.

Non, ce n’est pas maman, c’est son double, j’ai nommé ma sœur. Heureusement que je suis tout de même son aîné, sinon, je n’ose pas imaginer comment elle me parlerait…

-Quoi, encore ? Tu ne peux pas me laisser tranquille trois secondes ? dis-je en dévalant à nouveau les escaliers.

-Toujours aimable, à ce que je vois, balance Ginny. Dépêche-toi, Papa a de mauvaises nouvelles à nous annoncer.

-De mauvaises nouvelles ? D’où il les tient ? Je suis parti il y a trois minutes, il aurait pas pu les dire avant ?

-Oh, tais-toi ! On dirait que tu te fiches royalement de savoir qu’il y a quelque chose de grave qui…

-Il y a toujours quelque chose de grave, Ginny, dis-je, la coupant nettement sur sa lancée.
D’accord, j’aurais pu être plus être plus doux dans ma façon de le dire, mais ce n’est que la stricte vérité et encore une fois, ma franchise flegmatique et sans arrière pensée passe pour de la méchanceté. Ce qui ne ratte pas, Ginny me jette un regard assassin et se presse devant moi pour réintégrer la cuisine.

-Ah, vous êtes tous là, très bien, dit Papa en s’essuyant son front dégarni. Très bien, inutile d’aller chercher Bill et Fleur, je leur dirai un peu plus tard. Ecoutez, je viens de recevoir un ordre de mission…

-De l’Ordre ? demande maman avec inquiétude.

-Non, du ministère, répond papa.

-Hein ?!

-Quoi ?!

Ça, c’était les jumeaux.

-Qu’est-ce qu’ils te veulent encore ?

Voilà la réponse de Ginny.

-Que ce passe-t-il exactement ?

Hermione, toujours avec sa manie de vouloir connaître tous les tenants et les aboutissants de tout avant de prendre parti.

-Pourquoi te contactent-ils aujourd’hui ? Tu étais sensé avoir tout le week-end sans nouvelles d’eux !

Maman, toujours très au courant de tout.

-Qu’est-ce qu’ils te veulent ?

Charlie, fort heureusement plus objectif. Lui, au moins, a compris que ce n’est pas en s’indignant sur le ministère qu’on va pouvoir faire fi de ce que ce même ministère veut à papa.

-Mission d’espionnage, répond papa en parcourant la lettre qu’il vient visiblement juste de recevoir. Votre mère et moi devons partir pour une destination qui ne nous est pas communiquée ici, pour faire de la surveillance pendant une semaine dans un lieu suspecté d’accueillir des complices de Vous-Savez-Qui…

-Quoi ? Attendez un peu, c’est quoi cette histoire ? Vous ? Toi et maman ? Maman n’est même pas employée du ministère ! Et toi, c’est pas ton boulot de faire de la surveillance policière ! explose Fred.

-Je sais, mais apparemment, ils veulent nous envoyer en vacances quelque part dans le pays. Sans doute parce qu’un couple dont aucun des deux membres n’est normalement associé a de l’espionnage pour le ministère passe plus inaperçu que des agents secrets du ministère, répond papa avec son calme ordinaire.

-Mais… Arthur, tu ne vas tout de même pas accepter ! proteste maman, plus blême que jamais.

-Je n’ai pas le choix, chérie, répond doucement papa. Nous n’avons pas le choix. En temps de guerre, on ne discute pas les ordres du Ministre de la magie. De plus, cela pourrait nous permettre de ramener des informations extrêmement intéressantes pour l’Ordre. Nous devrons donc partir ce soir à dix-sept heures comme c’est noté ici, conclut papa en tapotant le parchemin du dos de la main.

-Mais enfin, Arthur !… tente désespérément maman. Et les enfants ?

-On est grands maman, coupe Georges. On saura bien se débrouiller quelques jours, ce n’est pas ça le problème.

-Le problème, c’est que le ministère n’a pas à faire ça ! lance Fred.

-Oui, mais qu’y pouvons-nous, mon garçon ? demande papa avec un sourire. Et je le répète, ça pourrait être une très bonne chose pour l’Ordre du Phénix.

-Et le Ministère se permet d’envoyer de gens qui ne sont pas formés pour faire de l’espionnage, juste parce que c’est là son bon plaisir ? dit Harry, qui doit visiblement faire de gros efforts pour se contrôler. C’est vraiment…

-Complètement déplorable, termine Hermione.

Tout le monde approuve d’un hochement de tête.

-Qu’est-ce que tu en penses ? me demande Ginny.

Je hausse les épaules.

-J’en pense que, quoi que je dise, ça ne va rien changer au problème. Mon opinion n’a pas plus de valeur que celle de n’importe qui dans cette pièce, dis-je, avec ma traditionnelle franchise dont je suis incapable de me départir, même si j’essaye.

Encore une fois, elle ne me vaut qu’un regard réfrigérant que je ne comprends pas. Qu’est-ce qu’elle voulait donc que je dise ? Oui, moi aussi je suis déçu de savoir que mes parents vont devoir partir, moi aussi je suis inquiet de l’endroit où ils vont aller et de ce qu’ils vont faire, moi non plus ça ne me plait pas. Mais moi non plus, je n’y peux rien alors il me paraît puéril d’user de ma salive et de faire de grands gestes pour m’énerver contre des gens que je n’ai même pas la possibilité de voir et qui n’en ont rien à faire de ma simple existence. Pour une fois, cependant, quelqu’un me donne raison. Papa. Je me sens brusquement beaucoup mieux. Je ne me sentais pas vraiment mal à l'aise juste avant, mais là, j’ai l’impression d’avoir inspiré une grande bouffée d’air frais et je souris très légèrement.

-Ron a parfaitement résumé la situation, Ginny. On ne peut rien dire ou faire contre cette lettre. Par conséquent, je compte sur vous tous pour rester sage, et surtout prudent, pendant notre absence.

Silence dans la pièce.

-D’autre part, je pense qu’il serait peut-être mieux que vous restiez tous ici, y compris vous, Fred et Georges. Et je crois que Bill et Fleur pourraient venir également. Mieux vaut rester groupés.

En quelques échanges de regards, nous nous sommes tous concertés et Charlie, l’aîné du groupe, acquiesce pour tout le monde. Hermione – et Harry également, quoiqu’à regret, vu sa situation familiale – propose de rentrer chez elle, mais Maman et Papa refusent catégoriquement. Ils leur font parfaitement confiance. Je soupire, puis propose mon aide à ma mère qui déjà s’active pour préparer tout ce qui devra nous servir, a nous neuf que nous seront quand ils seront partis tout les deux, ainsi qu’à eux deux pour quand ils seront là où ils doivent aller.

Deux heures plus tard, Bill et Fleur sont arrivés et les affaires sont en ordre. Maman est plus nerveuse que jamais, mais tout est prêt. Nous sommes tous graves quand Papa et Maman nous disent au revoir et nous recommandent encore une fois de suivre à la lettre tous les conseils de prudence qui existent sur Terre, avant de partir dans un "pop !". Et en ce lendemain de fête, en ce jour de fin juillet, en cette troisième semaine depuis la fin de l’école où Harry est là et en ce troisième jour de l’année où Hermione est là également, nous nous retrouvons tous ensembles, ou presque… juste sans eux.
Note de fin de chapitre :

Fin d'une première partie ! A savoir, j'écris cette fic sans chapitres spécifiques, juste avec des "périodes", et la première fait 10 pages. J'ai donc coupé au milieu... résultat plus ou moins heureux je trouve, mais bon, sachez le pour la suite, il y aura des parties longues, des très courtes... selon les paragraphes qui me viennent ! Bonne lecture et laissez un petit mot si vous aimez, ça motive ! :) Bisous !
Vous devez s'identifier (s'enregistrer) pour laisser une review.