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Défaut d'envois des mails


Les hiboux se sont perdus !

Vous avez dû remarquer que les notifications (de nouveaux chapitres, de nouvelles reviews et autres) n'arrivaient plus dans votre boite email ! Effectivement, les hiboux sont en grève pour quelques temps. Notre équipe technique est sur le coup pour corriger le problème aussi vite que possible. Merci de votre compréhension !


Jim Kay pour Bloomsbury Publishing


De Le CA et l'équipe technique le 26/09/2022 17:05


Maintenance des sites


Bonjour à toutes et tous !


Pour nous prévenir un peu plus contre les bots, le serveur a besoin d'un petit redémarrage ! Le reboot traditionnel de 10h ce dimanche 25 septembre durera un petit peu plus longtemps, et au maximum une dizaine de minutes.



Merci de votre compréhension !


De Le CA et l'équipe technique le 23/09/2022 19:03


Ajout de nouveaux personnages !


Bonjour à tous et à toutes,


Les modératrices d'HPFanfiction ont le plaisir de vous annoncer que la liste de personnages a été complétée de A à Z ! La majorité des personnages de la saga sont maintenant à votre disposition pour les ajouter à vos résumés. Les personnages des Animaux Fantastiques et de L'enfant maudit ont également été étoffés. Si des personnages viennent à manquer, vous avez toujours la possibilité d'utiliser "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques" ou "Personnage de Crossover".

Pour rappel, il existe un "Personnage original (OC)" pour catégoriser vos fics mettant en scène un de vos OCs. Pour les recueils de textes mettant en scène de multiples personnages, nous vous conseillons de les ranger dans "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques". Enfin, certains groupes ont fait leur apparition, à savoir les Gryffondor/Poufsouffle/Serdaigle/Serpentard pour vos recueils sur les maisons ou les rivalités entre elles !

Attention ! Certains noms ont été modifiés : les personnages féminins mariés ont repris leur nom de jeune fille, pour ceux connus (ex : Bellatrix Lestrange est devenue Bellatrix Black, Molly Weasley est devenue Molly Prewett, etc...).

Nous vous encourageons à reclasser vos fanfictions en fonction des nouveaux ajouts, afin qu'elles trouvent plus facilement leur public. ;)

De L'équipe de modération le 17/09/2022 16:37


Sélections du mois


Le Jury des Aspics vous invite à lire sur les plus belles, les plus fortes, les plus merveilleuses Sorcières de la saga pour la rentrée de septembre avec la Sélection Femslash ! Vous avez jusqu'au 30 septembre pour lire les 11 textes proposés par les membres et voter par ici.

Et au mois d'octobre, jouez les Indiana Jones et partez à l’Aventure ! Il vous reste 15 jours pour proposer vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.

Si les thèmes ne vous plaisent pas, souvenez-vous qu’il reste la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos jours, vos nuits et votre année 2023 ! Jusqu'en décembre, venez découvrir 12 magnifiques univers ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De Equipe des Podiums le 14/09/2022 23:00


30ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 30e édition des Nuits Insolites se déroulera le samedi 24 septembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 10/09/2022 10:05


Concours d'écriture


Ici la voix...

La voix vous propose un concours Secret Story, pensé pour les membres les plus anciens du site comme ses plus récents utilisateurs ! Idéal pour apprendre à connaître de nouvelles personnes et découvrir la communauté HPFienne, autrices comme lectrices y sont les bienvenues ! La voix vous explique son projet plus en détails ici !
Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 28 septembre !




De La Voix le 05/09/2022 23:30


C'était l'hiver par Liliana

[4 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Hey hey ^^

Me voilà de retour avec une petite songfic imprévue =) Ce n'est pas un personnage que j'apprécie particulièrement -bien que mon avis est en train de changer après les merveilleux OS que j'ai lus sur elle ces derniers jours- mais dès que j'ai entendu cette chanson... je ne sais pas, ça m'est venu directement, donc... eh bien... ça a donné ça xD

J'espère que ça vous plaira ^^ !

ps : https://www.youtube.com/watch?v=wjiV9gHna9U

 

 

Il marchait d’un pas vif sous la pluie londonienne, sa large capuche noire dissimulant son visage aux passants qui se pressaient autour de lui. Une voiture le frôla à toute vitesse, projetant une vague d’eau boueuse jusqu’à ses épaules. Quelques gouttelettes giclèrent sur sa joue : il n’y prêta aucune attention. Le tonnerre se mit à gronder au-dessus de sa tête, couvrant le bruit des moteurs et des klaxons enragés. Ses pieds plongeaient dans les flaques et en ressortaient avec la même indifférence, le bas de sa cape frôlant le bitume ruisselant. Comme à son habitude, qu’importe le temps qu’il fît, Charing Cross Road était pleine de vie. Et comme à son habitude, ses yeux ne virent que l’obscurité ambiante, n’ayant aucun intérêt pour les autres êtres qui l’entouraient. Il avançait sans réfléchir, sur un chemin qu’il avait déjà arpenté de nombreuses fois. Il ne leva pas la tête vers l’enseigne qui se balançait sous les assauts du vent dans un grincement macabre et poussa la porte du pub. Il s’arrêta sur le seuil, parcourant la salle du regard : il n’y avait quasiment personne. Plusieurs têtes se tournèrent dans sa direction, les conversations se turent et reprirent lorsqu’il alla s’asseoir contre un pilier, dans un coin de la pièce embrumée. Il avait appris son retour une semaine plus tôt, mais n’avait trouvé le courage d’aller le voir que ce soir. Les lumières se tamisèrent, le silence se fit petit à petit et un pincement d’appréhension lui serra le cœur. Une silhouette s’avança sur la petite scène, un tabouret à la main. D’après ses renseignements, il venait chanter là tous les soirs, à la même heure, la même chanson. Il observa chacun de ses gestes lents, ses doigts ouvrant la fermeture éclair de sa housse de guitare, sa main caressant les cordes tendues du manche. Il passa la sangle sur son épaule, cala son instrument, inspira. Les premières notes s’élevèrent, brisant l’atmosphère pesante qui s’était installée dans le pub.

 

Elle disait : "J'ai déjà trop marché
Mon cœur est déjà trop lourd de secrets…
Trop lourd de peines."
Elle disait : "Je ne continue plus
Ce qui m'attend, je l'ai déjà vécu…
C'est plus la peine."


Dès la première phrase, il comprit.

Et la douleur qui lui broya la poitrine à ce moment-là n’était probablement rien comparée à la peine enveloppant chaque mot prononcé. Il détourna les yeux, envisageant de repartir immédiatement. Il n’était pas prêt. C’était trop tôt.

 

Elle disait que vivre était cruel,
Elle ne croyait plus au soleil…
Ni aux silences des églises.
Et même mes sourires lui faisaient peur,
C'était l'hiver dans le fond de son cœur.

 

« Trop tôt… ? Tu es sans nouvelle depuis trois ans ! Et tu trouves que c’est trop tôt ? Arrête de te chercher des excuses ! » souffla une petite voix à ses oreilles. Cette même petite voix désagréable qui l’avait forcé à venir ce soir. Trois ans… trois longues années de silence complet, de recherches inefficaces et de vaines poursuites. Il s’était senti trahi. Pourquoi ? Pourquoi avait-il fui, pourquoi l’avait-il laissé seul ? Lui aussi avait souffert. Différemment, sûrement, mais il avait souffert. Il s’était reproché chaque matin de l’avoir laissée partir cette nuit-là. Il n’avait cessé, un seul jour, d’y penser. « Et maintenant que tu peux enfin le revoir… tu veux t’en aller ? Fuir à ton tour ? La lâcheté n’est pas censée être l’apanage des Gryffondors, imbécile ! » Ses mains se décrispèrent lentement, et il se rassit. Son regard erra à nouveau vers la scène, observant le chanteur jouant de son harmonica. Il avait maigri depuis la dernière fois qu’ils s’étaient vus : ses joues s’étaient creusées. Il portait les cheveux longs aussi, lui qui n’avait jamais pu supporter les laisser dépasser trois pauvres centimètre de longueur.


Elle disait que vivre était cruel,
Elle ne croyait plus au soleil…
Ni aux silences des églises.
Et même mes sourires lui faisaient peur,
C'était l'hiver dans le fond de son cœur.


Sa voix, elle, n’avait pas changé. Toujours aussi grave, tellement claire de sentiments. Il aurait dû le savoir. Qu’il allait parler d’elle. Au fond de lui, il savait pertinemment que cette conversation était obligatoire, qu’il fallait qu’elle soit. Mais jamais il n’aurait imaginé qu’il ait pu en faire une chanson. Peut-être était-ce sa manière de se guérir. Il se souvenait d’un médicomage lui ayant conseillé la thérapie par l’art une fois. Oui… il avait essayé même. Toutes les solutions étaient bonnes à prendre à ce moment-là. Il n’avait jamais été bon en musique, encore moins en poésie ou en truc de ce genre. Mais il savait dessiner. Il aimait dessiner. Il n’avait plus dessiné depuis cette fameuse « thérapie ». Il refaisait sans cesse les mêmes croquis, les mêmes esquisses. Jouant sur la lumière, les positions. Néanmoins, le même sujet revenait inlassablement.

« Elle ».


Le vent n'a jamais été plus froid
La pluie plus violente que ce soir-là
Le soir de ses vingt ans
Le soir où elle a éteint le feu
Derrière la façade de ses yeux
Dans un éclair blanc


11 décembre 2000. Il n’arriverait jamais à oublier la signification de cette date. Il ne pourrait jamais cesser d’entendre les roulements du tonnerre et les explosions des éclairs éclatant à ses oreilles lorsqu’il avait ouvert la porte de l’appartement cette nuit-là. Ils habitaient ensemble depuis leur sortie de Poudlard. Leur début de colocation n’avait pas été une pure partie plaisir mais à force, ils s’y étaient fait, tous les trois. Ils étaient bien. En apparence. Parce qu’à chaque transformation, elle plongeait un peu plus dans le désespoir, se reprochant de les « empêcher de vivre », se reprochant d’être devenue un « monstre ». Ils s’étaient longuement disputés sur la question, mais elle refusait de les écouter. Elle refusait de croire à leur amitié sincère plus qu’à un dévouement quelconque, elle refusait de croire qu’elle avait le droit d’exister. Et puis, ce soir de pleine lune, celui du 11 décembre 2000, elle avait décidé de prendre les choses en main – quel mauvais jeu de mot. Au milieu de la métamorphose, elle s’était tranchée la gorge d’un coup de griffes alors qu’ils étaient sortis rejoindre Hermione, Harry et Ron au chaudron baveur afin de vérifier que tout était ok pour sa fête d'anniversaire, qu'ils avaient décidé d'organiser le lendemain. Elle s’écroulait au sol lorsqu’ils étaient rentrés dans l’appartement, étonnés qu’il y ait encore de la lumière alors qu’elle aurait dû être dans la pièce qu’ils avaient aménagée exprès pour ces soirs-là.


Elle a sûrement rejoint le ciel
Elle brille à côté du soleil
Comme les nouvelles églises
Et si depuis ce soir-là je pleure
C'est qu'il fait froid
Dans le fond de mon cœur


Il sentit deux larmes couler sur ses joues : il ne chercha pas à les arrêter. Il n’espérait qu’une chose : qu’elle ait enfin trouvé le repos auquel elle aspirait tant. La voix du chanteur se tut, les lumières s’éteignirent, plongeant la salle dans une obscurité totale. Le silence était pesant. Il pensa que c’était terminé, mais ses jambes refusaient de bouger. Il en était tout simplement incapable, comme plombé par les deux larmes qui avaient laissé leur sillon sur sa peau claire. Puis, lentement, la chanson reprit. Ce n’était plus qu’un murmure, une voix brisée par l’émotion et les souvenirs que ces mots dissimulaient.


Elle a sûrement rejoint le ciel
Elle brille à côté du soleil
Comme les nouvelles églises
Et si depuis ce soir-là je pleure
C'est qu'il fait froid
Dans le fond de mon cœur

 

La lumière revint et les applaudissements résonnèrent dans la salle. L’artiste s’inclina, ramassa sa guitare et son tabouret. Quelques clients entrèrent dans le pub pendant qu’il se levait et se dirigeait vers la sortie. Sortant de sa torpeur, le sorcier se leva à son tour et le rattrapa avant qu’il ne traverse la route. La pluie s’était arrêtée, malgré la persistance des nuages menaçants.

    - Dean !

L’interpellé s’arrêta, le dos raide, et pivota. Ses yeux sombres s’agrandirent de surprise quand il le reconnut.

    - Seamus…

Les deux amis s’observèrent à distance, jusqu’à ce que l’apprenti auror se décide à rompre la glace le premier et le rejoignît.

          - Harry… Harry m’a appris que tu étais revenu.

          - Ah. Il va bien ?

          - Bah, c’est un peu compliqué en ce moment au ministère. Je ne lui ai pas parlé correctement depuis des semaines.

          - Je vois.

Il y eut un silence gênant. Aucun d’eux n’osait se regarder, de peur de lire l’exact reflet de leurs pensées dans les yeux de l’autre. L’un observait les passants d’un air absent, l’autre avait la tête rivée vers ses chaussures. Ils étaient figés sur place, les mots se bousculant sur leurs lèvres sans qu’ils n’en franchissent le seuil. Tellement gênant.

    - Tu… tu as prévu quelque chose ce soir ?

Seamus sursauta, ne s’attendant pas à ce que ce fût lui qui reprit la parole.

    - Euh, n-non non, normalement je suis… libre.

Un goût âcre se déversa dans sa bouche alors qu’il finissait sa phrase. Libre. Ce qu’elle avait tant voulu être. Si Dean nota son changement d’humeur, il n’en laissa rien paraître.

          - Tu veux passer à l’appart ? Histoire de me raconter ce que tu fais en ce moment.

          - Bien sûr, approuva Seamus en attrapant son bras.

Les deux sorciers transplanèrent aussitôt. De la devanture du chaudron baveur, ils se retrouvèrent devant une porte vieillie dans une cage d’escaliers. Des cris explosèrent à leurs oreilles tandis que des claquements de portes résonnaient au-dessus d’eux. Dean ne sembla pas surpris et ouvrit la porte d’un tour de clé. Seamus le suivit, curieux de voir où résidait son ami maintenant, bien qu’il fût conscient que ce n’était probablement que provisoire, étant donné ses déménagements réguliers. C’était un petit studio comme il y en avait partout, simple et pratique. Aucune décoration, si ce n’était quelques cadres photos et un tapis coloré. Etrangement, la pièce était silencieuse. Peut-être les voisins s’étaient-ils calmés. Ou bien l’isolation avait été refaite récemment.

    - Seulement quelques sorts de protection, les vieilles habitudes sont difficiles à perdre, répondit Seamus à ses interrogations muettes. Assis-toi, pose ton manteau où tu veux.

Seamus obéit, s’enfonçant dans le canapé usé, le sourire aux lèvres. Dean posa deux verres et une bouteille de Bierraubeurre sur la table basse, puis se laissa retomber en face.

          - Pourquoi est-ce que tu souris comme ça ?

          - Tu as toujours eu le don de deviner mes pensées.

    - Du moins, celles qui sont inscrites sur ton visage.

Les deux anciens Gryffondors rirent, chacun prenant son verre. Ils burent une gorgée, parfaitement synchronisés, et soupirèrent de concert comme ils l’auraient fait trois ans plus tôt.

          - Une bonne Bierraubeurre, il n’y a rien de mieux !

          - Je n’en ai jamais retrouvée d’aussi bonne que celle de Rosmerta.

    - Et pourtant, tu as voyagé.

Le visage de Dean se ferma aussitôt et Seamus se maudit de ne pas avoir réfléchi un minimum avant de parler. C’était comme avant : il parlait trop. Il but une autre gorgée, cherchant une façon de désamorcer l’atmosphère tendue. Il faillit s’étouffer quand Dean reprit sombrement :

    - Tu dois te demander pourquoi je suis parti non ?

Seamus toussa, incapable de répondre. Le sorcier lui sourit, bien qu’il fût dépourvu de toute chaleur. Il porta son verre à ses lèvres, but une longue gorgée et leva les yeux vers lui. Seamus l’imita, croisant pour la première fois son regard. Et il y lut beaucoup de choses. Beaucoup trop.

          - Je ne voulais pas te fuir, déclara-t-il.

          - Tu as juste coupé le contact pendant trois ans, ironisa Seamus malgré lui.

          - Tu as dû te sentir trahi mais…

          - Mais quoi ?! explosa-t-il subitement. Tu es parti du jour au lendemain, sans rien me dire, après… après ce qu’il lui était arrivé, tu m’as laissé seul et pendant trois ans, trois ans Dean !, tu ne m’as pas adressé un seul mot, ne serait-ce qu’une phrase griffonnée sur un bout de parchemin pour me dire que tu allais bien ! Est-ce que tu sais à quel point j’étais inquiet ?!

Il s’était levé pendant sa tirade, incapable de se retenir plus longtemps. La tristesse et le malaise avait laissé place à un sentiment qu’il avait tenté de réfréner ces derniers mois pour ne pas tout foutre en l’air et repartir à la poursuite de celui qu’il considérait comme son meilleur ami. L’incompréhension, le deuil, l’échec, et la peur… tout ce mélange avait nourrit sa colère de jours en jours, de mois en mois jusqu’à ce qu’elle le dévore au point de l’empêcher de dormir. Si Harry et Hermione n’avaient pas été là pour le forcer à se calmer, il serait probablement devenu fou avant de le retrouver. Ses genoux plièrent jusqu’à ce qu’il se pose à nouveau sur le canapé, les dents serrées et les épaules tremblantes. Il devait rester calme. Ce n’était pas le moment pour lui sauter à la gorge. Ils venaient tout juste de se retrouver, il n’allait pas tout faire foirer et précipiter son nouveau départ, si ?

          - Je devais le faire, reprit Dean simplement.

          - Trouve autre chose, grogna Seamus, n’osant le regarder à nouveau.

          - Pour elle comme pour nous...pour moi. Je devais le faire ou j’allais devenir fou, Seamus.

          - C’est moi qui aie failli devenir fou ! rétorqua-t-il furieusement. Un mot ! Un petit mot juste pour me signifier que tu étais vivant. C’était tout ce que je demandais !

          - Il savait que j’étais à sa poursuite, je ne pouvais pas me laisser distraire.

             - Distraire ? Tu te fous de ma gueu… Attends, quoi ?

    - Je l’ai traqué longtemps, murmura Dean en remplissant leurs verres de nouveau. C’était loin d’être aisé, il était malin cet’enflure. J’ai suivi sa trace partout où il allait. France, Belgique, Allemagne… J’ai fini par le perdre en Pologne. J’ai passé un an là-bas. Chouette village, les habitants étaient sympas. Mais j’étais tout simplement incapable de l’apprécier. Je ne pensais qu’à lui. J’étais obsédé. Par ce qu’il lui avait fait. Je voulais le faire payer. Je voulais détruire sa vie comme il avait détruit la sienne. Et je l’ai retrouvé. Je ne sais pas comment j’ai fait. Tout est parti d’une rumeur. Des disparitions de jeunes filles en Norvège. J’ai foncé là-bas dès que j’ai pu. Ça aurait pu être autre chose, bien entendu. Par un coup du sort, il a fallu que je tombe juste. Ces filles… ces pauvres filles… elles lui ressemblaient toutes. La même forme du visage, les mêmes boucles… à quelques différences près.

Seamus sentit son cœur manquer un battement, ses poils se hérissant de dégoût.

          - J’étais aveuglé par la rage. Je ne dormais plus, je mangeais à peine. Je n’avais qu’une idée : lui faire payer. Et tu sais quoi ? Je l’ai retrouvé.

          - En Norvège ?

    - Je l’ai coincé, acquiesça Dean, les yeux dans le vague comme s’il revivait la scène. Je pourrai te décrire son visage comme si c’était hier. Il n’avait plus rien d’humain. Même son corps était déformé. Il grognait, riait comme une bête immonde. Il ne parvenait même plus à parler. Juste… juste quelques mots. Tu sais ce qu’il disait ?

Seamus déglutit, niant silencieusement. Il n’imaginait que trop bien la scène.

    - « Lavande ».

La voix grave du sorcier résonna dans le petit appartement, sonnant comme un glas aux oreilles de son meilleur ami. Le silence qui suivit sembla long, si long que lorsque Dean reprit, Seamus sursauta.

    - Je l’ai tué. Mais avant ça, je l’ai torturé. Longtemps. J’ai découvert une face de moi que je ne connaissais pas. Et j’ai eu peur. J’étais même terrifié. Pourtant je riais. Je riais de le voir se tordre à mes pieds, comme la vermine pitoyable qu’il était.

Il but une gorgée, les yeux fermés.

    - Il s’est étouffé. Je l’ai laissé là-bas, dans la neige. Les aurors l’ont retrouvé quelques jours après, mais j’étais déjà parti depuis longtemps. J’ai erré un peu partout, incapable d’aligner une pensée cohérente. J’étais une coquille vide, je n’avais plus aucun but. Mes pieds me portaient, mais mon esprit s’était brisé. Alors je me suis raccroché à la seule chose qui m’avait guidé jusque-là.

Seamus hocha la tête, se sentant de plus en plus honteux de lui avoir hurlé dessus avant.

          - Je n’aurai jamais pensé que la musique puisse me sauver. C’est un vieil homme qui m’a aidé.

          - Tu le connaissais ?

    - Pas du tout. C’était un moldu. Apparemment, il est assez célèbre en France.

Son ton s’était fait plus léger et Seamus sentit sa poitrine se desserrer légèrement.

          - Maintenant que tu le dis, je n’y ai même pas fait attention.

          - A propos de ?

    - Les paroles. Elles sont en français.

Les deux sorciers se mirent à rire.

          - J’y ai passé ma dernière année. Avec lui justement. Je l’ai suivi dans sa tournée.

          - Il s’appelait comment ?

          - Francis Cabrel.

          - Tu… tu lui as parlé d’elle ?

Dean leva les yeux vers Seamus qui se demandait s’il devait se frapper maintenant ou quand il serait rentré chez lui. Il tressaillit quand son meilleur ami lui répondit d’une voix lasse.

          - J’en avais besoin. J’ai laissé de côté les détails…. « magiques » disons, mais le principal était là. Je lui ai tout raconté, nous, notre vie, son histoire, ma traque et mon errance… il m’a écouté et il m’a aidé alors qu’il n’y était pas obligé.

          - J’ai compris dès la première phrase, murmura Seamus. Que tu parlais d’elle.

    - ♪ Elle disait : "J'ai déjà trop marché…

La voix de Dean resta suspendue dans l’air, la mélodie résonnant aux oreilles des deux anciens Gryffondors. Il attrapa sa baguette et attira sa guitare. Seamus sourit : il comptait justement lui demander de la rejouer.

          - C’est lui qui t’a appris à en jouer ?

    - Ça n’a pas été facile, rit Dean en faisant glisser affectueusement ses doigts sur les cordes. Je connais deux ou trois morceaux en dehors de celui-là mais c’est tout ce que j’ai réussi à apprendre pour le moment.

          - Et l’harmonica ?

          - Ma mère. Je ne vous l’ai jamais dit, mais j’en jouais quand j’étais petit. J’ai arrêté après ma rentrée à Poudlard.

    - J’aime bien. Tu voudrais bien…

Dean releva la tête, attendant la suite.

    - Tu voudrais bien rejouer le dernier couplet s’il te plaît ?

Le sorcier sourit avec indulgence et les notes de musiques recommencèrent à danser autour d’eux, emplissant la pièce silencieuse d’une douce atmosphère.

 

Elle a sûrement rejoint le ciel
Elle brille à côté du soleil
Comme les nouvelles églises
Et si depuis ce soir-là je pleure
C'est qu'il fait froid
Dans le fond de mon cœur

 

           - J’ai pleuré, murmura Seamus quand la mélodie se tut. La première fois que tu l’as chanté… j’ai vraiment pleuré. Je n’avais pas versé une larme depuis son enterrement.

           - Parfois, quand je suis trop mal… j’aime à penser qu’elle peut nous voir de là-haut.

« Lavande… »

Seamus ferma les yeux, humant le parfum floral ambiant : il l’aurait reconnu entre mille. Combien de fois elle les avait envoyé promener parce qu’ils lui avaient ramené un bouquet de fleurs bleutés après leur journée de travail ? Il pouvait encore l’entendre râler, occupée à leur préparer un café vêtue de son tablier blanc. Il parvenait à entendre son rire, son rire qu’il avait tellement détesté pendant leurs années à Poudlard, son rire qu’il avait appris à apprécier et à aimer au fur et à mesure de leur vie commune. Sa lecture matinale de leur horoscope sorcier, persuadée des conjectures stellaires et autres fariboles complètement rocambolesques dans le genre. Il entendait encore Harry lui demander si elle comptait lui prédire sa mort prochaine –depuis le temps, il s’y était habitué avec le professeur Trewlaney. Ils avaient tous ri, elle s’était vexée, même si elle souriait quand la porte s’était refermée. Et les comédies romantiques à l’eau de rose et aux violons tragiques…. merlin qu’ils en avaient mangées ! Il était certain de connaître les dialogues du Titanic par cœur maintenant. Il avait plus de mal avec Roméo et Juliette cependant.

« Lavande… Où que tu sois, j’espère que tu es heureuse. »

Seamus rouvrit les yeux alors que Dean lui resservait un verre.

          - Comment tu veux que je réussisse à transplaner si tu me saoules ? se moqua-t-il.

          - Tu n’as qu’à rester là pour la nuit. Comme ça tu pourras me raconter ce que tu es devenu.

          - Bah pas grand-chose, tout le monde n’a pas la chance de rencontrer François Jabel.

          - Francis Cabrel, rectifia Dean, amusé.

    - M’ouais, c’est ça.

 

Note de fin de chapitre :

Aviez-vous deviné l'identité des personnages =) ? La chanson citée (les paroles sont en italiques, je pense que vous aviez remarqué xD ) est de Francis Cabrel, elle s'appelle "C'était l'hiver".

 

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