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32ème Nuit Insolite


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De Les Nuits le 06/02/2023 15:45


128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


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De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


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De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


101 - La salle perdue par ninipraline

[7 Reviews]
Imprimante
Table des matières

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Sous les épaisses boucles rousses, les yeux écarquillés exprimaient la plus profonde stupéfaction. Le badge de préfet en chef, bien en vue, sur sa poitrine tenait compagnie à sa mâchoire béante.

Le regard vide, le Griffondor avançait.

Il ne vit pas la brute aux cheveux bruns et au regard imbécile qui venait vers lui et qui, d’une accolade brusque et féroce, projeta un élève de première année droit sur le représentant de l’autorité. 

Le préfet en chef continuait sa route, aveugle et sourd à ce qui se passait autour de lui. Sa progression heurta le vol du petit écolier qui bascula en arrière, et qui, cul par terre, glissa en tourbillonnant jusqu’au pied d’une armure qui éclata de rire.

***

Punir, il venait de se faire punir.

Lui, Percy Weasley, l’élève modèle.

Le mètre étalon en matière d’obéissance, de componction et d’application.

Jamais dans l’histoire de Poudlard, il en était sûr – et il connaissait par cœur tous les ouvrages qui relataient du destin des préfets et préfets en chef – non, jamais,  il en était sûr un préfet en chef n’avait subi l’infamie de se voir condamné à une retenue.

Tous ses projets soigneusement échafaudés s’effondraient. Tous ses efforts, tous son parcours brillamment réussi : exemplaire meilleur élève dans toutes les matières, irréprochable préfet puis parfait préfet en chef. 

Sa route s’arrêtait là. Jamais il ne pourra entrer au ministère avec une telle abomination dans son dossier scolaire, même pas comme sorcier-pipi. Il allait en retenue comme un vulgaire cancre, il n’était même pas digne de récurer des toilettes des sorciers de ménage.

Son cœur se brisa tandis que sous ses yeux fuyait son destin d’employé de ministère : sa promotion – brillamment obtenue – de chef de département ; son action – publiquement encensée – de secrétaire du ministre et surtout son élection – triomphale – au poste de ministre. Le plus jeune de toute l’histoire de la magie.

Dans son regard médusé, qui ne voyait pas le hall dans lequel il marchait, était à tout jamais tatoué le visage rigide du professeur McGonagall qui répétait en boucle la question fatidique à laquelle il n’aurait jamais dû répondre.

« Pouvez-vous répéter, Mr Weasley ? »

Et il avait répété.

« Je disais, non madame, je ne me trouves pas bête, mais cela me faisait de la peine de vous voir toute seule debout. »

Pourquoi la professeur s’était mise en tête de faire réviser tout les sorts de métamorphoses ? Pourquoi, devant les résultats décevants, avait-elle demandé aux élèves, qui se sentaient bêtes de ne pas réussir un tour de première année, de se lever ? Et surtout pourquoi s’était-il levé ?

***

La main de Percy frappa son front de dépit.

Les jumeaux allaient certainement faire une pancarte pour fêter l’évènement. Il imaginait déjà le panneau installé dans la salle commune de Griffondor lorsque quelque chose de mou s’écrasa contre son torse et y rebondit comme une bullagomme géante ou une colossale guimauve.

Devant les coups répétés – le machin ne semblait pas décidé à le contourner – Percy condescendit enfin à sortir de ses sombres pensées pour jeter un œil sur la chose qui s'obstinait à prendre sa poitrine pour un trampoline.

« Goyle c’est ça, gronda Percy d’une voix qui voulait terrible et qui faisait toute au plus penser à une cornemuse enrouée.

— Euh, bah. »

Le grand dadais surpris d’entendre la chose contre laquelle il se cognait parler, leva la tête. Ses bras ballants battaient autour et devant lui. Le regard sot et la bouche entrouverte, il fixait celui qui lui barrait la route.

« Que faites-vous, ici ? siffla Percy en gonflant son ridicule torse creux, puis après un regard autour de lui pour se rendre compte qu’ils étaient dans la galerie condamnée à l’arrière de la salle des trophées, il gronda d’une voix de fausset. Cette partie de Poudlard est interdite aux élèves.

— Bah, euh, réfléchissait le nigaud, les sourcils froncés par l’effort de réflexion avant qu’un éclair de génie le foudroie et qu’il renvoie victorieux la question. Et toi ?

— MOI, gronda Percy en haussant le ton, je suis préfet en chef. J’ai le droit d’aller où bon me semble, mais VOUS. »

Percy s’était grandi et toisait Grégory Goyle de toute sa hauteur ; tout en glorifiant, le directeur de Poudlard qui continuait à vêtir les élèves de longues robes de sorciers qui cachaient si bien les pieds et permettaient de se tenir sur les pointes en toute discrétion.

« Moi, bah, » commença le jeune dépité par la promptitude de la réaction de son interlocuteur alors qu’il cherchait à se souvenir pourquoi il était venu là. Par habitude, il fouilla le bas de ses flancs à la recherche de Drago Malefoy.

Mais ses côtés étaient vides. Son chef devait se trouver dans la salle commune de Serpentard. Désorienté, le gorille se gratta le haut de la tête, jeta un nouveau regard à ses pieds, pour s’assurer qu’il n’avait pas rater quelque chose.

« Le professeur Rogue m’a dit d’attendre là, » se rappela soudain Goyle, ravi d’avoir pu trouver tout seul, la réponse à la question qu’on lui posait.

Devant le regard sévère de Percy, le jeune sorcier se crut obliger de préciser.

« Punition.

— Vous êtes puni et vous devez attendre sous l’escalier, » compléta Percy en maudissant sa voix qui venait de casser et de monter dans les aiguës.

Percy était poursuivi par la malchance. Il était puni et il avait des compagnons de punitions. Toute l’école allait savoir qu’il avait été envoyé en retenue. Et pire que tout, toute l’école l’apprendrait de la bouche d’un serpentard.

Malefoy fils se ferait un plaisir de faire circuler les mésaventures d’un Weasley. Malefoy père se déplacerait certainement en personne pour l’annoncer à son père, peut-être même qu’il financerait une édition spéciale de la gazette du sorcier pour faire connaître la nouvelle à tout le monde sorcier.

Au fond des profondes orbites, une lueur s’alluma dans le regard habituellement mort dudit serpentard. Un meuglement rauque s’éleva dans le couloir. La large patte qui servait de main à Goyle se souleva et un doigt se sépara du reste de la main pour désigner le préfet en chef.

« Toi aussi ? hoqueta le géant avant se reprendre pour demander. C’est une plaisanterie, pas vrai ? »

Anéanti, la voix stridente de Percy s’éleva pour se justifier.

«C’est aussi ce qu’elle m’a demandé, couina il désespéré avant de se mettre à hurler fou de rage. Et je lui ai dit non ! Mais si vous en voulez une. J’en connais une bonne. C’est une dragonne qui rencontre une amie dragonne et qui lui demande comment elle se porte. Son amie se tourne alors vers elle et lui répond : Oh pas très bien, je crois que je couve quelques choses. »

Goyle regardait le préfet en chef plus rouge que ses cheveux. L’expression de rage folle avait quitté ses traits ceux-ci avait retrouver l’hébétude et l’accablement. Yeux, nez, front, tout son visage voulait dégringoler pour rejoindre la mâchoire inférieure qui pendait sur sa poitrine.

Le préfet en chef Weasley contourna Goyle. Voûté, la robe fripée et tirebouchonnée d’avoir essuyée ses mains moites, il se dirigea vers l’escalier en évoluant prudemment autour des tables, chaises et de tout le bric-à-brac que Rusard entreposait là.

Il s’effondra sur les premières marches de l’escalier, et tentait de se rappeler si le professeur McGonagall lui avait demandé d’attendre en bas où de monter. Il releva la tête sur les objets mis aux rebuts. Percy Weasley soupira, il était véritablement à sa place dans ce débarras.

« Marrant ! commenta la masse épaisse qui s’affaissa à ces côtés. Pas compris tout ! Mais marrant ! Pas aussi drôle que la blague que j’ai raconté à Rogue. »

Percy leva un regard affligé à la brute épaisse. Anéanti, le prefet en chef sentit sa lèvre inférieure s’abaisser jusqu’au nombril lorsqu’il compris que le gorille de Malefoy était bien décidé à lui faire partager la plaisanterie qui lui avait valu une retenue.

« C'est l'histoire de trois moldus : Fou, Personne et Rien. Ils sont sur un bateau, poursuivit la voix caverneuse de Goyle. Personne tombe à l'eau. Rien dit à Fou d'appeler les pompiers. Fou Téléphone aux pompiers et dit : "Bonjour je suis Fou, j'appelle pour Rien parce que Personne est …" »

Le regard noir du préfet en chef avait suspendu l’histoire de Goyle. Percy Weasley était fini. Sa carrière était derrière lui. Mais jamais au grand jamais, il ne descendrait au point d’écouter un Serpentard décébré raconter une blague idiote et discriminatoire.

Avec un haussement d’épaule, Goyle se détourna de son interlocuteur et se plongea dans ses pensées. Sa tête balançait d’avant en arrière tandis que le sifflement du vent lui apprit qu’il venait d’arriver dans son esprit.

***

Est-ce qu’il avait suffisamment mangé ?

Il ne se rappelait pas ce qu’il avait pris au dîner. Il se demandait combien de temps il avait mis pour arriver jusque là. Sûrement pas longtemps. Mais il avait déjà faim. Avec inquiétude il se demanda si il avait réellement mangé ?

Le professeur Rogue lui avait dit de se trouver sous l’escalier de la salle qui servait de débarras et qui se trouvait à l’arrière de la salle des trophées. Il lui avait donné une heure de début pour la retenue.

Il cherchait, cherchait encore. Non, il en était sur. Le professeur de potion ne lui avait pas donné de durée ou d’heure de fin pour la punition. Celle-ci durerait peut être toute la nuit. Il allait peut être mourir de faim. C’était peut être cela la punition les faire mourir de faim…

Avec un grincement de dents douloureux, Goyle se rappela le dernier cours de potion. Ils avaient un devoir à rendre : sur l’usage du chrysope dans les différentes potions. Ils avaient eu tout un week-end pour le faire. Et Drago ramassait les parchemins.

Une ombre s’était étalée sur la table de Goyle. Le professeur Rogue se trouvait à côté de lui. Goyle en avait profité pour demander au professeur si les élèves de serpentard pouvaient être punis pour quelque chose qu’ils n’avaient pas fait.

Le professeur Rogue avait poussé un soupir de lassitude et répondu très sèchement que bien évidement que non, les élèves de serpentard ou d’ailleurs, ne pouvaient pas être punis pour quelque chose qu’ils n’avaient pas fait. .

« Tant mieux, avait dit Goyle car j’ai pas fait mon devoir de potion.

— Est-ce que c’est une blague, Goyle ? avait demandé le professeur sur un ton sarcastique.  

— Oh non, » avait rassuré Goyle avec un grand sourire avant de lui raconter la blague que le professeur n’avait pas plus apprécié que Percy.

Son ventre gargouilla douloureusement. Pour ça non, il n’avait pas assez mangé pour toute une nuit de punition. Il aurait dû prendre des gâteaux et des petits pains. Pour sûr, il allait mourir de faim. C’était sûrement cela sa punition.

***

Percy s’était relevé. Il venait de réaliser que McGonagall n’avait pas dit au pied de l’escalier mais sous l’escalier. Il se dirigeait vers les marches lorsque sa robe s’enroula autour de son cou et commença à l’étouffer.

Surpris le jeune préfet en chef attrapa l’avant de sa robe pour tirer dessus et libérer son cou. Mais la robe l’attirait vers l’arrière et tentait maintenant de le renverser. Les mains dans son col, Percy luttait de toutes ses forces contre sa robe devenue soudain agressive.

Un bruit mat s’éleva à ses pieds mais avant qu’il ait eu le temps de se retourner quelque chose frappait l’arrière de ses genoux. Son col craqua et descendit jusqu’à sa taille tandis que ce qui tentait d’entrer dans sa robe le renversait et l’entraînait au bas des escaliers.

Les bras en croix, Percy tentait de protéger son visage d’un pied qui frappait violement dans le vide. La chute avait été arrêtée par une porte en bois. Une chaussure qui ne lui appartenait pas était entrée dans son caleçon et une main tentait de sortir de son col.

Avec inquiétude, Percy se demandait où pouvait se trouver la deuxième main tout en cherchant désespérément de se libérer de Goyle. Pour une raison qui échappait au préfet en chef, plus de la moitié de l’élève de Serpentard se trouvait dans sa robe.

Dans un concert de craquements Percy finit par sortir la jambe qui se trouvait entre ses fesses et se battait pour repousser le bras – qui menaçait d’entraîner tout le corps de Goyle à sa suite – hors de son col.

Paniqué à l’idée de voir le buste et les fesses de Goyle s’enfourner et peut être se coincer dans son encolure, Percy Weasley avait lâché la jambe de son encombrant compagnon de retenue pour saisir à deux mains l’énorme battoir à cinq doigts et le repousser hors de sa robe.

En pleine lutte, Percy vit apparaître les deux jambes dénudées au dessus de son visage avant de venir s’enrouler autour de son cou. Le menton enfoncé dans le caleçon de son adversaire qui se tortillait plus qu’une anguille attaqué par un sort de Tarrantallegra, Percy suffoquait.

Sans comprendre comment, le jeune préfet en chef réussit à se retourner et se retrouva au dessus de son adversaire.

Le visage de Goyle était caché par sa propre robe, qui était remonté jusqu’aux yeux. Le front rouge dégoulinait de sueur et le jeune serpentard paraissait aussi paniqué que Percy par ce qui lui arrivait et qu’il ne comprenait pas.

Les jambes nues et arquées battaient autant l’air que les longs et épais bras du garçon. Les quatre fers en l’air, le grand benêt paraissait incapable de se redresser, pris au piège comme une tortue mise sur le dos.

« Que faites-vous par terre ? demanda Percy qui, sa robe remontée jusqu’au cou et soigneusement époussetée, avait retrouvé de sa superbe devant le ridicule de la position de son adversaire.

— Arrgh, commença le gorille en se frottant le front et en regardant les pierres du sol. C’est la terre qui s’est redressée devant mes pieds et qui m’a fait tombé.

— La pierre ? répéta bêtement Percy avant de réaliser que Goyle avait dû poser le pied sur le bas de sa robe et qu’en tentant de dégager sa glotte, Percy avait fait tomber le distrait. Et bien relevez vous maintenant. 

— Ouais, Aahhh ! »

Percy sentit les jambes de Goyle se prendre dans ses propres jambes. Une main potelée attrapa son cou. Plié en deux par les jambes et la main, le préfet n’arrivait pas à stopper sa chute.

Les deux compagnons de retenue roulèrent une nouvelle fois à terre où ils heurtèrent deux piliers. A la grande surprise de Percy, les deux piliers reculèrent sous le coup avec un grognement sourd.

Avant qu’il n’ait le temps de s’interroger sur le prodige, sa robe s’enroula une nouvelle fois autour de lui pour le soulever. Les jambes battants l’air, il tentait de sortir sa tête de la bavette de son vêtement pour voir ce qui se passait.  

« En voilà un accueil, gronda la voix de Hagrid. Est-ce que c’est une manière de se tenir devant un professeur ? Qu’est ce que vous faites là ?

— Unichions, haleta tant bien que mal Percy en désignant du doigt lui-même et Goyle qui pendouillait à ses côtés.

— Ah, oui c’est vrai, se rappela le géant en les posant à terre, le professeur McGonagall m’a prévenu. Et bien suivez moi. »

***

Punition, c’est à se demander qui est puni gronda la voix intérieure de Rubéus Hagrid.

Non mais feindre une toute petite désartibulation pour lui coller le déménagement et le nettoyage de la salle du professeur Froggius. Une salle dans laquelle personne n’était entré depuis au moins cinquante ans.

Rusard lui paierait cela. Lui, Hagrid, garde-chasse, gardien des clés et des lieux de Poudlard et professeur de soins aux créatures magiques. Faire de la surveillance de retenue pour ses collègues, c’était déjà dur ! Mais alors se retrouver à faire du ménage !

Hagrid le jurait la prochaine fois qu’il voyait la chatte de Rusard, il lui jetterait le maléfice du saucisson à cette sale bête et à Rusard aussi. Il enverrait son brave Crockdur se promener dans les couloirs au retour de son inspection des marécages de la forêt interdite.

 Et il allait procurer aux jumeaux Weasley la bouse de dragons qu’ils lui réclamaient depuis une éternité pour faire une blague à Rusard. Et pour tout dire, il fournirait tous ce que les jumeaux lui demanderaient du moment que c’est pour faire une blague à Rusard.

La salle du professeur Froggius à nettoyer, juste pour toute petite désartibulation. Hagrid en frissonna. Qu’est ce qu’ils allaient bien pouvoir découvrir dans cette fichue salle ? Cinquante ans que personne n’y avait mis les pieds.

Et comment Rusard s’y était pris pour se désartibuler d’abord ? Il était impossible de transplaner dans l’enceinte de Poudlard.  Et puis Rusard n’avait pas de pouvoirs magiques, c’était qu’un simple Cracmol.

***

L’allure sombre, les trois sorciers s’engagèrent, dans l’escalier en colimaçon et débutèrent l’interminable ascension vers la salle du troisième étage. À la queue leu leu, ils montaient d’un même pas lourd et lent, avec le même balancement de tête d’avant en arrière.

Perdus dans leurs pleurnicheries solitaires, ils ne virent ni Peevie qui leur jeta des cacahouètes, ni les jumeaux Weasley qui les prirent en photos pour garder un souvenir de l’unique retenue scolaire de Percy Weasley.

***

« Et bien, en voilà une jolie brochette de vedettes, remarqua Hagrid que le silence indisposait. Qu’est ce que je vais bien pouvoir faire de vous ?

— Nous devons faire notre punition avec vous….

— Et oui, soupira longuement Hagrid en se demandant ce qui était le plus difficile à supporter ; le silence ou la conversation des deux élèves, je le sais, Percy. Mais qu’est ce que je vais faire de vous ? Et pourquoi avez-vous été puni d’abord ?

— Nous avons manqué de respect à nos professeur en leur racontant des plaisanteries, expliqua le pontifiant Percy qui cherchait à se donner une contenance.

— A propos de blague ? Nick m’en a raconté une bien bonne, tenta Hagrid pour détendre l’atmosphère. Deux fantômes discutent, lorsque l’un des deux s’exclame - Attention, tu as fait tomber ton mouchoir ! Le deuxième baisse son regard et répond - Ce n'est pas mon mouchoir, c'est mon fils ! »

Percy regardait le géant hésitant encore à émettre un avis qui ne vexerait pas le géant. Timidement, il étira ses lèvres qui se crispèrent et s’agitèrent sous l’effet d’un tic nerveux. Derrière lui, il entendait Goyle qui se gondolait en imitant le cri du morse à la saison des amours.

« Où allons nous professeur ? demanda Percy sur un ton qu’il aurait voulu emphatique mais que sa voix, rendue nasillarde par les déconvenues à répétition, rendait ridicule. 

— Nous allons nettoyer la salle où Rusard s’est fait désartib…, commença Hagrid avec une gravité et un sérieux qui ne lui était pas naturel, avant de s’arrêter, de porter la main sur ses yeux fermés et de reprendre embarrassé. Enfin la salle où il s’est foulé la cheville.

— Désartibuler ? grogna Goyle dont le regard vide s’était éclairé d’une lueur d’incompréhension.

— Non non, nia Hagrid trop véhément et de continuer sur un ton trop réconfortant. J’ai mal commencé mon mot. Il s’est juste foulé la cheville. Il ne s’est ni désartibulé, ni même désarticulé, et même pas déséquilibré. Un tout petit muscle, tout petit, à peine né, qui s’est juste un peu froissé, une peccadille, à peine une chatouille. Il ne sent plus rien. Mme Pomfresh le garde juste par prudence. Elle lui trouvait la gorge un peu rouge. Rien à voir avec la salle. »

***

Rubéus Hagrid avait parlé très fort, trop fort avec de grands moulinets de bras qui soulevaient les tableaux et les tapisseries alentours. Percy et Goyle se regardèrent puis se tournèrent vers les personnages des tableaux qui poursuivaient le géant de leurs invectives et de leurs vociférations suraiguës.

Hagrid secouait la tête en marmonnant. Il lorgna vers ses deux élèves. Le visage baissé et plissé de Percy exprimait le plus profond doute et même le regard levé et vide de Goyle luisait d’une lueur de sceptissisme.

Dans un silence pesant, les trois compères continuaient leur escalade, plus voûtés que trois petits vieux.  La main de Percy se leva pour frapper son front. Il se redressa et se retrouva le nez enfoui dans l’une des poches arrière du pantalon du garde chasse.

***

« Le professeur Froggius avez-vous dit ? pontifia Percy malgré le loir qui était apparu à l’orée de la poche, curieux de faire connaissance avec celui qui paraissait si pressé de lui tenir compagnie. N’est-ce pas ce professeur qui a mystérieusement disparu de l’école, il y a plusieurs années ?

— Disparu n’est pas vraiment le terme, rassura Hagrid avant de réaliser que son ton avait été trop désinvolte et de se racler la gorge pour reprendre plus sérieux et en s’embrouillant considérablement. Le professeur Froggius n’a pas disparu, du moins pas complètement et pas très longtemps. Nous, enfin le professeur Dumbledore a fini par découvrir où il se trouvait… C’est comme cela que nous avons appris où se trouvait la clé de secours…

— La clé aussi était partie ? demanda Goyle qui se demandait comment un clé avait pu se déplacer.

— Non, commença Hagrid avant de se reprendre en prenant un air important. Enfin si mais pas toute seule. Le professeur Dippet l’a remise au département des mystères.»

Hagrid hocha plusieurs fois la tête avant de reprendre.

« Et puis le professeur Froggius avait en charge entre autre la formation au transplanage et de création de porte-au-loin. Alors sa disparition n’a rien de mystérieux, Percy tu as dû commencer tes cours de transplanage. Tu sais qu’il n’y a rien de mystérieux ou d’inquiétant à ce qu’un sorcier disparaisse pour aller d’un endroit à un autre. Nous faisons cela assez régulièrement. 

— Voilà une explication qui me mérite, » vagit une voix à leur côté. »  

Les trois compères se tournèrent vers l’unique portemanteau qui ornait le premier étage.

« C’est quoi ? interrogea Goyle qui regardait le chapeau à tête d’âne qui avait perdu ses yeux de verre.

— C’est une punition ramenée du monde Moldu par le professeur Froggius, expliqua Hagrid fier de pouvoir apprendre quelque chose. C’est un souvenir de ses classes de primaires en France.

— Ah ? beugla Goyle visiblement intéressé par le sujet de la conversation. C’est une torture française ?

— Lorsque les élèves avaient mal fait un travail ou n’avaient pas appris leur leçon, ils devaient se mettre le chapeau sur la tête et se tenir dans le coin du balcon pendant le festin pour être vu par tout les occupants de la grande salle. »

Hagrid souleva une armoire qui masquait un couloir, déplaça un buffet et dévoila enfin un volet de bois qui cachait une fenêtre. Il ouvrit en grand pour montrer aux deux pénitents, la salle en contrebas.

Tandis que Percy découvrait à travers un nuage de bougies les cinq tables qui meublaient la salle de festin. Goyle arrachait le bonnet d’âne de son crochet pour se l’enfoncer sur la tête. La gueule de l’animal s’ouvrit pour cracher sur un ton venimeux.

« Je suis un bonnet d’âne, je suis destiné à être posé sur la tête. Vous seriez bien aimable de ne pas glisser vos pieds dans mon crâne. Espèce De bulots… »

***

Goyle releva la tête, tourna sur lui-même, les yeux lever vers le ciel, le cou de plus en plus tendu pour chercher au dessus de lui le bonnet parlant. Mais la tête d’âne collée à la tête du curieux restait invisible malgré les tentatives du jeune sorcier.

Le Serpentard continuait de pivoter et de virevolter en tout sens le cou et le dos dangereusement courbé vers l’arrière. Hagrid secoua tristement la tête et posa un de ses pieds sur ceux de Goyle avant de saisir les côtés du chapeau et de tirer vers le haut.

***

 « Et que s’est il passé au juste ? demanda Percy en regardant les pieds de Goyle échapper à la semelle du garde chasse, qui n’osait pas peser de tous son poids, et décoller du sol pour battre lamentablement dans les airs.

— Oh pas grand-chose, voir rien du tout. Une affaire étrange Euh plus exactement surprenante, enfin pas dans les habitudes du professeur Froggius. Un homme toujours très raisonnable et très ponctuel, très tatillons sur les horaires et sur les règles. Enfin un professeur très sérieux d’habitude. Un jour, c’était en juin, une journée très caniculaire, les élèves sont arrivés sur le palier où se trouvait d’habitude la porte de la salle. Et la porte n’était plus là… Ils l’ont cherché toute la matinée un peu dedans mais surtout dehors, sur les berges et dans le bord du lac, là où ils avaient pied. Finalement, le soir, pendant le festin, ils ont prévenu le directeur. Quelques jours plus tard, en nettoyant le pallier, le concierge de l’époque a trouver la clé sur le sol…et l’a remis au professeur Dippet, le directeur de l’école, qui l’a envoyé par hibou recommandé avec hibou de réception au département des mystères.

— Et c’est tout ? s’exclama Percy décontenancé. Il n’y a pas eu de recherches, pas eu d’enquêtes ?

— Bien sûr que si, voyons, rassura débonnaire Hagrid. Le professeur Dippet était un peu inquiet et a essayé de taper contre les murs pour parler avec le professeur mais il n’a jamais rien trouvé et personne n’a jamais répondu.

— Taper les murs ? demanda Goyle. Mais pourquoi ? Je croyais qu’il cherchait une porte.

— Pour trouver l’endroit où le mur s’était reconstruit à la place de la porte évidemment, gronda Hagrid qui se demandait comment un cerveau aussi lent pouvait actionné un corps aussi grand et lourd. Dans tous les cas, quelques-uns ont pensé que la porte était allée se promener et qu’elle allait revenir. Les élèves ont été très inquiet  de découvrir que les portes des salles puissent aller se promener comme cela alors ils les bloquaient avec des sorts pour ne pas qu’elles se ferment…

— Mais elle n’est jamais réapparue…, hoqueta Percy qui se demandait pourquoi on les envoyait faire une punition dans un lieu susceptible de se refermer et de disparaître pendant plusieurs années. Et pourquoi le professeur Dippet a envoyé la clé au département des mystères ?

— Et bien, expliqua avec désinvolture Hagrid comme s’il s’agissait d’une chose tout à fait naturel. Lorsque le professeur Froggius a disparu avec sa salle et qu’il a été clair qu’il ne réapparaîtrait pas de sitôt, le professeur Dippet a fait appel au ministère. Les sorciers du département des mystères sont venus. Ils ont cherché un peu partout, tapoté les murs de leurs baguettes, pris toute sortes de mesures et de constantes magiques, puis sont rentrés dans leur laboratoire pour analyser les données et faire leur rapport.

— Savez-vous que disait le rapport ? demanda Percy dont la respiration sifflante et la voix de gnomesse de jardin trahissaient la panique qui l’envahissait.

— Et bien, commença Hagrid très assuré. Le rapport disait que la salle et tout ce qui se trouvait à l’intérieur, ce qui incluait le professeur Froggius avait disparu et n’était pas réapparu dans l’enceinte du château. Et qu’il n’y avait aucun indice dans le château pour permettre de découvrir où la salle et le professeur avaient pu réapparaître et si ils avaient réellement quitter le château. »

***

Percy et Goyle se regardèrent cherchant dans le regard de l’autre, un sourire amusé, un clin d’œil ou juste un encouragement. Mais ils ne virent que le reflet de leur face blafarde aux yeux écarquillés et l’expression de la plus vive inquiétude.

***

« Mais vous avez bien dit que le professeur Dumbledore avait eu de ses nouvelles et qu’il avait pu retrouver la clé de secours ? Percy cherchait à se rassurer.

— Tout à fait, dit simplement Hagrid qui avait peur de trop en dire

— Donc le professeur Froggius est à la retraite… C’est pour cela que nous allons réunir ses affaires pour lui envoyer…

— Pas vraiment à la retraite, précisa Hagrid avant de regretter sa réponse. Quoique en quelque sorte, c’est une retraite qu’il fait.

— Où est il ? demanda Percy qui avait décidé qu’il obtiendrait des réponses précises et circonstanciées de son professeur.

— Au département des mystères, répondit très fermement Hagrid avant d’ajouter en regrettant sa spontanéité. C’est là que l’on a emmené la clé de la salle

— Mais je croyais que lui était toujours là, s’étonna Goyle dont le front était à jamais ridé par l’effort et dont les yeux étaient remplis de larmes pleins les yeux à l’idée qu’il ne pourrait jamais se rappeler de toute l’histoire et la raconter à Drago.

— Oui dans la clé, il vient parfois au bout pour donner de ses nouvelles, expliqua nonchalamment Hagrid comme s’il s’agissait de quelque chose de naturel. C’est comme cela que le professeur a pu lui parler la dernière fois qu’il est allé cherché des nouvelles de l’enquête. »

***

Hagrid s’était arrêté devant une console qui trônait à coté d’une porte en bois massif et étalait sur une table toute sorte de choses une tasse ébréchée, un mini fourneau, un vieux gâteau pour chien, un furet et un loir, il finit par se tourner vers les garçons un large sourire aux lèvres.

« Vous voulez que je vous en raconte une blague, demanda le géant. Mais une bonne

— Pourquoi pas ? souffla un Percy accablé et convaincu que la situation ne pourrait pas être pire.

— J’ai oublié la clé en bas… »

 

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