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128ème Nuit d'écriture


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De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


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Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


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A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


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De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Épouvantable soirée par Seonne

[13 Reviews]
Imprimante
Table des matières

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Note d'auteur :

Ma participation (la vraie cette fois) au concours D'un personnage à l'autre de Labige.

La situation et les dialogues sont issus du chapitre 2 de Harry Potter et l'Ordre du Phénix.

 La dispute avait éclos dès quand Vernon l'avait vu essayer de monter les escaliers en douce. Dudley était rentré tard, et dans un état qu'ils ne lui connaissaient pas. Et Harry avait essayé de s'enfuir, de leur fausser compagnie, alors qu'ils se demandaient ce qui était arrivé à leur gaçon. Il y était forcément pour quelque chose. Les vêtements de son fils étaient sales, plein de crasse, de suie, de saletés, de poils, et de tâches de gras. Comme s'il s'était allongé par terre, dans la rue. Cela ne lui ressemblait pas. Pétunia se doutait bien que son chérubin n'était pas aussi parfait qu'elle faisait mine de le croire, mais il n'était pas étrange, dérangé. Il ne se serait jamais étendu par terre sur la chaussée, ou n'importe où ailleurs. Sauf si on l'avait forcé à le faire. Et le vide dans ses yeux semblait montrer qu'il était terrifié. Quelqu'un avait voulu faire du mal à son Duddy. Et l'attitude coupable de Harry était plus qu'explicite.

 

Puis finalement, Dudley leur avait dit – c'était bien son cousin qui l'avait mis dans cet état. Et visiblement, la magie semblait y être pour quelque chose.


Elle ne disait rien, suivant simplement la dispute, attendant les aveux. Vernon était bien capable de s'énerver suffisamment pour deux. Et elle n'était pas sûre que forcer le garçon en hurlant soit la meilleure méthode. Sûrement pas le plus pédagogue. Mais elle ne savait pas non plus vraiment comment s'y prendre. Alors elle laissait faire, comme toujours. Elle attendait dans l'ombre.


Depuis que les garçons étaient rentrés, les hiboux ne cessaient d'aller et venir chez eux, sans une once de respect pour leur propriété privée. Vernon ne le supportait pas, encore plus qu'elle apparemment. Elle haïssait tout ce qui avait trait à la magie - tout ce qui au fond, même si elle ne parvenait pas à se l'avouer, lui rappelait qu'elle n'était pas une sorcière, et ne le serait jamais. Qu'elle ne pourrait jamais réaliser ses rêves d'enfants, que l'on avait détruits, déchirés sous ses yeux. Elle avait grandi, et mûri, depuis. Mais elle ne pouvait s'empêcher de garder cette rancœur. Comme un échec cuisant dans sa vie qu'elle prétendait pourtant si parfaite.


Son neveu avait apparemment reçu une lettre qui lui indiquait qu'il était un criminel, et qu'il allait être exclu de la communauté magique. Il avait voulu s'enfuir, mais Vernon l'avait retenu, attendant ses aveux concernant le triste sort de Dudley. Puis une suivante lui avait indiqué qu'il devait rester au 4, Privet Drive. Pétunia était perdue. Elle ne comprenait définitivement pas ce qui pouvait bien se passer dans la tête des sorciers.


Vernon finit par faire avouer à Harry, à grand renfort de cris, qu'il avait effectivement utilisé un sortilège, qu'il avait bien prononcé une formule magique en plein milieu de la rue, à Little Whinging. Le garçon essayait de garder son calme, mais cela semblait être pour lui de plus en plus difficile. Vernon le poussait à bout. Et Pétunia n'osait toujours pas intervenir.


Puis Dudley se remit à délirer. Il avait très longtemps gardé le silence, visiblement trop apeuré, trop effrayé pour pouvoir parler. Ce qu'il décrivit était effrayant. Harry avait-il voulu le rendre fou ? Comme une vengeance, un moyen de leur faire payer leur amour exclusif pour leur fils, le fait qu'il ait été malheureux chez eux pendant toutes ces années ? Les haïssait-il à ce point ? Elle avait toujours su que martyriser ainsi son neveu n'était pas ce qu'on avait attendu d'elle quand on le lui avait confié, bébé. Mais elle ne parvenait pas à l'aimer. Sa rancœur et sa jalousie envers sa sœur ne disparaissaient pas totalement, même après toutes ces années. Elle avait cru avoir tout pardonné en apprenant sa mort. Mais elle n'y arrivait pas. Ce garçon lui renvoyait constamment en pleine figure ce qu'elle avait tant rêver de devenir, et qu'elle ne serait jamais.


Sous les accusations incessantes de Vernon, il finit par craquer. Mais ce qu'il dit ne fut pas du tout ce à quoi les Dursley s'attendaient.


- Ce n'était pas moi ! s'exclama-t-il avec rage une fois de plus. C'étaient deux Détraqueurs !


Le mot transperça Pétunia comme une lame de couteau. Les souvenirs qu'elle avait tenté d'effacer de sa mémoire remontaient brusquement, sans qu'elle puisse les contenir. Les Détraqueurs. L'horrible fils des Rogue en avait parlé une fois à Lily, alors qu'elle les espionnait. Il ne l'aimait pas car elle n'était pas comme eux. Et elle ne l'aimait pas car il lui avait tout volé. Sa sœur, en l'entraînant trop vite vers la magie, dans cet autre monde auquel Pétunia n'avait pas accès. Son intimité, en lui volant ses lettres envoyées à Dumbledore. Et ses rêves, en devenant ce qu'elle aurait voulu être. Il avait tout eu. Et pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de penser, encore des années après, qu'il ne méritait rien de tout cela. Il était hautain, méprisant, sale et bête. Il se vantait d'être ce qu'il était, alors qu'il n'avait rien eu à faire pour l'être, et se moquait d'elle, la pauvre Pétunia, qui n'avait pas eu ce droit. Et pour cela, elle le haïssait.


- Et qu'est-ce que c'est que ça, des Détraqueurs ? demanda son mari, septique.

- Ce sont les gardiens d'Azkaban, la prison des sorciers, répondit-elle sans même s'en rendre compte, se souvenant de cette même réponse qu'avait apporté Rogue à Lily des années auparavant.


Ils la regardèrent tous d'un air ébahi. Puis, après deux secondes du silence le plus total, qui tranchait avec les hurlements qui avait résonné dans leur maison depuis de longues minutes, elle se rendit compte de ce qu'elle venait de dire. Elle n'avait jamais parlé à Vernon de son ambition secrète et détruite d'être elle aussi une sorcière. Cela remontait à si longtemps... Qu'aurait-il pensé d'elle ? Elle plaque une main sur la bouche ouverte, honteuse, apeurée de ce qu'ils allaient penser.


- Comment sais-tu cela ? laissa échapper Vernon, les yeux écarquillés


Abattue et navrée par ce qu'elle venait de faire, elle baissa la tête, fixant ses genoux. Elle abaissa sa main. Ses poings étaient crispés, si serrés que les jointures de ses doigts en blanchissaient. Autant dire la vérité. Partiellement tout du moins. C'était la meilleure chose à faire.


- J'ai entendu... cet horrible garçon...


Les aveux étaient difficiles. Il lui fallut beaucoup de volonté pour finir sa phrase.


- Il en parlait à... à elle... il y a des années...


Sa voix était décousue, et le ton qu'elle employait ne lui ressemblait pas. Elle était ébranlée. Elle avait tellement voulu détruire ces souvenirs... Et une fois de plus, son neveu détruisait tous ces efforts. Il brisait les illusions qu'elle s'était construites, réduisait en miettes le semblant de dignité qu'elle avait enfin réussi à retrouver en son fort intérieur. A nouveau, elle se sentait comme une gamine prise en faute, méprisable, ridicule. Elle avait toujours su, au fond, qu'écouter parler ces deux-là ne pourrait que lui faire du mal, lui montrant toute l'étendue du monde auquel qu'elle ne pourrait jamais découvrir par elle-même. Et pourtant, elle n'avait pas su s'en empêcher. Et elle les avait haït. Même Lily. Sa petite Lily chérie. Elle avait finit par détester sa propre sœur. Elle ne se le pardonnait pas. Et pourtant, elle n'avait pas su s'en empêcher. Elle était méprisable.


- Si tu fais allusion à papa et maman, pourquoi ne pas les appeler par leurs noms ? s'exclama Harry, bouillant de rage.


Elle l'ignora. Elle ne releva même pas la tête. Elle ne se sentait pas le courage que lui avouer que ce n'était pas de son père qu'elle parlait. Ni de répondre aux questions qui découleraient de ce nouvel aveu. Elle ne pourrait même pas affronter son regard. Elle avait passé son temps, toutes ces années, à lui répéter que sa magie était quelque chose de maléfique. Comment lui avouer qu'elle l'avait admirée, qu'elle avait voulu la posséder elle aussi ? Comment assumer d'avoir voulu lui inculquer des valeurs en lesquelles elle ne croyait pas tant que ça, dans le fond ? Comment reconnaître qu'elle même pensait que toutes ces punitions, ces semaines passées dans le minuscule placard sous l'escalier sans nourriture, étaient injustifiées en réalité ?


Son esprit quitta un instant la pièce, et elle se retrouva, à treize ans, cachée derrière un arbre du parc. A quelques mètres de Lily et de son fameux copain sorcier. Probablement le seul autre à Cokeworth, Lily le répétait constamment. Ils se retrouvaient toujours à cet endroit, sans se douter que Pétunia les observait, insivible, dans l'ombre. Elle avait toujours été là, des larmes de rage ruisselant sur ses joues à mesure que sa jalousie la rongeait de l'intérieur. Elle entendait leurs spectres, étranges souvenirs, qui avaient si souvent conversé, allongés dans l'herbe couleur de chlorophylle jusque tard le soir, quand les milliers de soleils venaient étoiler leur ciel. Elle luttait pour que ses pleurs ne reviennent pas. Elle avait déjà commis une bavure suffisante pour le reste de la soirée, et même peut-être le reste de sa vie, en avouant malgré elle qu'elle connaissait l'existence des gardiens d'Azkaban.


La voix grave de Vernon la tira de ses réflexions, de ses tristes souvenirs qui la torturaient.


- Alors ils... ils existent.. heu... vraiment... ces... heu... Détrac-choses ?


Il était troublé, abasourdit. Il avait hésité avant de poser la question, trop assommé par la remarque de sa femme. Elle hocha la tête, lentement, presque imperceptiblement. Il ne semblait toujours pas y croire. Elle avait peur de toutes conséquences que pourraient entraîner ces quelques mots. Elle avait peur de sa réaction, peur qu'il se dise qu'elle n'était pas celle qu'il croyait. Peur de le décevoir. Car malgré son caractère de cochon, et tout ce que pouvaient dire les autres, elle aimait son mari, profondément. Il était son idéal, et elle ne pensait pas pouvoir trouver un jour meilleure chaussure à son pied. Elle ne voulait pas le décevoir. Elle ne voulait pas faire de faux pas. Elle ne voulait pas tout gâcher.


Alors qu'ils étaient tous encore perdus dans leurs pensées, un bruit sec les fit sursauter. Comme si un boulet de canon était arrivé à pleine vitesse et avait violemment percuté le mur de leur maison. En réalité, un hibou s'était écrasé contre leur fenêtre. Encore un, songea-t-elle. Décidément, ils étaient tous bien excités ce soir. Le comportement de son neveu et les créatures maléfiques qui avaient attaqué son fils devaient y être pour quelque chose, songea-t-elle avec cynisme.


Harry leur expliqua vaguement le contenu de cette nouvelle lettre. Finalement, il n'était plus condamné à rien. Pour le moment. Alors qu'il tentait une nouvelle fois de leur fausser compagnie, Vernon le retint. Il n'en avait pas fini avec lui. Comme Pétunia, il voulait savoir ce qui était réellement arrivé à leur fils. Car si elle avait déjà entendu parlé des gardiens d'Azkaban, elle ne savait pas exactement quels étaient leurs pouvoirs. Et quel mal ils pouvaient faire.


Lorsqu'il acheva son explication, Pétunia eut un cri d'effroi. Les « Détraqueurs » avaient le pouvoir d'aspirer l'âme des humains en les embrassant. Elle jeta un regard terrifié à Dudley. Il était amorphe, serrant un pot de beurre d'arachide entre ses mains potelées, comme si le contact de l'objet le rassurait. Il avait l'air complètement perdu.


- Son âme ? Répéta-t-elle d'une voix suraiguë après son neveu. Ils ne lui ont quand même pas pris... Il a toujours...


Elle était terrorisée, complètement paniquée. Elle l'attrapa par les épaules et le secoua légèrement, tentant de le faire réagir. Mais il resta toujours aussi passif. Elle leva les yeux vers Harry, en quête d'une confirmation, positive ou négative.


- Bien sûr qu'il ne lui ont pas pris son âme, répondit-il d'un ton exaspéré, comme si elle n'était qu'une gamine irréfléchie. Tu le saurais s'ils l'avaient fait.


Rassurée, elle n'écouta pas ce que Vernon ajouta, exacerbant encore plus Harry, si c'était possible. Et pour la quatrième fois de la nuit, un hibou s'engouffra dans la cuisine avec un bruit sonore. Si les voisins ne se doutaient pas que quelque chose d'étrange se passait chez eux avec tout ce raffut, ils auraient de la chance. Elle n'imaginait même pas tous les mensonges qu'ils devraient leur raconter pour être tranquille. La magie était une vraie plaie, dans le monde parfaitement normal qu'elle s'était confectionné et qu'elle voulait protéger, envers et contre tous.


Alors que Vernon s'énervait de plus en plus, il lui demanda pour la énième fois de la soirée d'expliquer ce qui était arrivé à leur fils, et comment il s'était retrouvé impliqué dans ces événements qui auraient pu lui coûter très cher. Après une profonde inspiration, visiblement destiné à calmer sa colère, le jeune sorcier lâcha son explication.


Elle alors, pour la première fois depuis des années, Pétunia fut heureuse que la magie soit présente sous son toit. Parce qu'en définitive, le sortilège de Harry avait sauvé son Popkin. Il avait chassé ces voleurs d'âmes. Pour la première fois, elle était réellement heureuse que son neveu ait été là. Le fils de Lily, qui avait été si difficile à supporter toutes ces années... Désormais, elle lui était presque aussi redevable que lui l'avait toujours été envers eux. Ils l'avaient hébergé, nourri ; même si ces dix années avaient été une vrai torture pour lui. Et ce soir, il avait sauvé la vie de leur fils. La vie, l'âme – pour elle, c'était la même chose. Il était peut-être bien un héros comme le disait la lettre qui lui avait été remise le jour où elle l'avait recueilli. Il avait sauvé son cousin qu'il haïssait. Parfois, elle se demandait où ce garçon trouvait une bonté pareille. Il n'avait pourtant pas eu une enfance tendre, et elle n'y était pas pour rien. Et ses regrets l'assaillaient en cet instant.


Mais non content que son neveu lui ait relaté les faits, Vernon continua de lui tirer les vers du nez. Il voulait à tout prix savoir ce que les Détraqueurs faisaient à Little Whinging. Et il se doutait que le garçon n'y était pas pour rien. Pétunia vit alors les choses sous cet angle, elle aussi. Certes, il avait sauvé Duddy. Mais s'il avait été attaqué, c'était de sa faute, au moins indirectement. Elle en était presque sûre. Mais elle lui était tout de même reconnaissante.


Elle ne les écoutait que distraitement. Elle voulait le fin mot de l'histoire, les conjectures de son mari ne l'intéressaient que peu. Mais un nom la tira brusquement de son étrange léthargie, de sa passivité. Le ton seul qu'avait employé Harry montrait toute la gravité de ses propos.


« Lord Voldemort ».


Les deux mots résonnèrent dans sa tête comme un écho funeste. Celui qui avait tué Lily. Qui avait réduits tant d'autres sorciers en esclavage, d'après ce qu'on lui avait dit. Un homme terrifiant - s'il pouvait encore être appelé « homme ». Le plus grand mage noir de tous les temps. Que sa sœur et son mari avaient juré de combattre. Qui avait massacré sa famille. Que son neveu, bébé, avait vaincu. Grâce à cette ancienne et si puissante protection que lui avait offerte Lily par son sacrifice. Pétunia savait tout cela. La lettre de Dumbledore l'expliquait en long et en large.


- Il est revenu.


La phrase sonnait comme une sentence, une peine de mort. Et par ce qu'elle savait de cette immondice, parce ce qu'on lui en avait raconté, par ce qu'il avait fait à sa sœur, Pétunia comprenait la gravité de la chose. Elle leva ses grands yeux gris délavés, écarquillés de peur, vers son neveu. Il la fixait de ses yeux verts, si semblables à ceux de Lily. L'intensité de son regard la brûlait, la transperçait. Plus personne n'était en sécurité. Sorciers, ou Moldus comme elle et sa famille. Il pouvait tous les tuer, on le lui avait bien expliqué. Et elle ne supporterait plus jamais de voir quelqu'un qu'elle aimait mourir. Elle ne s'était toujours pas remise du sort funeste de Lily. Les ténèbres s’abattraient bientôt sur leur Grande-Bretagne qu'ils chérissaient tant. Plus rien ni peronne n'était en sécurité.


- Revenu ? murmura-t-elle, effrayée.


Harry avait l'air plus sérieux que jamais. A travers ses yeux, elle voyait que du haut de ses quinze ans, il avait vécu et surmonté bien plus d'épreuves qu'elle n'aurait pu l'imaginer. Il était plus fort qu'elle ne le serait jamais. Sous ces vêtements trop grands, dans le cœur de ce gamin maigrichon, se cachait un courage dont elle n'aurait pu faire preuve. Il était le digne fils de Lily, même s'il n'avait hérité que de peu de ses traits. Pour la première fois, elle le vit véritablement comme son neveu, et pas seulement un intrus sous son toit, avec ses lunettes de travers et ses cheveux en bataille qu'elle ne supportaient pas. Elle était la seule vraie famille qu'il avait, la seule à pouvoir réellement le comprendre en cet instant. Ils étaient si différents, et pourtant plus proches que jamais durant ces quelques secondes. Elle revoyait sa sœur lui annoncer la mission qu'elle s'était fixée d'anéantir ce tyran, avec un petit groupe d'autre résistants. Et lui expliquer qu'elle allait sûrement mourir. Pourtant, elle avait quand même brisé tous les liens entre elles. Elle se détestait, parfois. Et d'autres, elle se disait qu'elle avait juste fait ce qui lui semblait le mieux pour sa famille.


- Oui, répondit Harry d'un ton grave. Il est revenu, il y a un mois. Je l'ai vu.


Il ne s'était adressé qu'à elle. Il savait qu'elle était la seule à réaliser toute la portée de cette révélation. Elle était en danger de mort. Dudley était en danger de mort. Vernon aussi. Et Harry bien plus qu'eux. Il devait être le premier sur la liste.


Elle s'accrocha aux épaules de son fils pour ne pas s'effondrer. Elle avait peur, plus que jamais. Elle n'arriverait pas à s'en remettre. Il leur avait fallu onze ans, la fois précédente, pour l'éliminer. Provisoirement. Combien de temps cela prendrait-il, cette fois ? Combien d'années devrait-elle vivre dans la crainte de retrouver les corps sans vie de sa famille, ses amis, ses voisins ? Elle le savait, Lily le lui avait expliqué clairement. Pour lui, tuer des Moldus était un jeu. Il aurait pu assassiner sa famille, simplement par plaisir. Et elle ne pouvait pas se protéger, les protéger. Les Détraqueurs étaient le premier avertissement. Il pouvait les éliminer d'un claquement de doigt.


Vernon semblait lui aussi prendre relativement conscience du danger. Il réfléchit lentement, à haute voix. Et parvint à la conclusion que leur neveu devait partir de chez eux.


- DEHORS !


Son cri les fit tous sursauter, même Dudley qui n'était toujours pas sorti de sa phase de transe. Il se lança dans une longue tirade, soulignant qu'ils avaient été beaucoup trop indulgents avec lui, qu'ils auraient dû écouter Marge, et que désormais, dans la situation actuelle, il les mettait en danger. Et qu'il fallait donc qu'il parte.


Pétunia ne pouvait s'empêcher de l'approuver, sur certains points. Elle avait extrêmement peur que quoi que ce soit n'arrive à sa famille. Elle n'aimait pas croiser son regard, si semblable à celui de sa sœur. Elle n'aimait pas sentir la culpabilité de savoir que Lily ne se serait jamais comportée de cette manière avec Dudley. Qu'il parte l'aurait arrangé. Mais elle ne pouvait pas le mettre dehors. Même si la perspective de se débarrasser de lui était très tentante. Elle n'était pas un monstre. Elle ne pouvait le condamner à mort ainsi. Quand elle avait lu la lettre et accepté de s'occuper de lui, elle aussi accepté les dangers que cela encourait. Mais écouter son, l'approuver... Le laisser mettre Harry dehors était si tentant... Si elle le laissait faire, elle ne serait pas réellement responsable... Et convaincre Vernon serait difficile, elle s'en doutait. Il était parti dans un discours enflammé. Impossible de le stopper quand il se mettait dans cet état là.


Il fut pourtant interrompu par un cinquième hibou. Ils semblaient considérer leur maison comme une volière ce soir là. Il déposa une enveloppe rouge criarde sur la table de la cuisine. Droit devant elle. Sous son nez. Puis il s'envola loin d'eux.


Elle reconnut l'écriture penchée et soignée. Celle là même qui avait rempli les lignes de la lettre qu'elle avait reçue pour lui expliquer les raisons de l'arrivée de Harry dans leur foyer. Les lettre bien dessinées formaient un nom - son nom. Paniquée, elle relut plusieurs fois pour être sûre de ne pas s'être trompée. La peur l'assaillit. Que pouvait-elle contenir ? Des menaces ? Des reproches, pour avoir si mal traité son neveu ? La couleur vive de l'enveloppe ne pouvait qu'indiquer quelque chose de mauvais. Les sorciers avaient-ils des codes de couleur pour les lettres ? Il ne lui semblait pas que Lily ait jamais reçu un parchemin pareil...

 

Harry tendit sa main pour récupérer la lettre, mais Pétunia l'attrapa avant lui. Elle ne voulait pas qu'il l'ouvre. Elle lui était destinée, et elle se doutait qu'elle aurait honte de ce qu'elle contiendrait. Ça ne pouvait être que lui qui lui avait écrit – qui d'autre ? Celui qui lui avait refusé l'accès de Poudlard lorsqu'elle était enfant, qui lui avait appris la mort de sa sœur, qui lui avait demandé de s'occuper de son neveu orphelin. Elle ne l'avait jamais vu. Tout ce qu'elle connaissait de lui était cette écriture propre, soignée, légèrement penchée. Elle n'avait jamais quelqu'un écrire d'une manière si proche de la calligraphie anglaise, celle que l'on apprenait dans les bonnes écoles de Grande-Bretagne.

 

- Tu peux l'ouvrir si tu veux, dit le garçon en haussant les épaules. Mais je saurai quand même ce qu'il y a dedans. C'est une Beuglante.

 

Une « Beuglante » ? Qu'est ce que cela pouvait bien être encore ? Un type particulier de lettre, évidemment. Elle ne s'était pas trompée en supposant ce code de couleur qu'avaient les sorciers. Mais quelles était les propriétés de la lettre ? Se lisait-elle à haute voix, toute seule ?

 

- Lâche ça, Pétunia. N'y touche pas. Ça peut-être dangereux.

 

Vernon semblait troublé par l'attitude de sa femme. Ils avaient déjà confisqué le courrier de Harry. Mais ils l'avaient laissé lire toutes les lettres qu'il avait reçues dans la soirée. Il se demandait probablement pourquoi elle adoptait une pareille attitude. Il n'avait sûrement pas eu le temps de lire le nom. Peut-être était-elle même la seule à l'avoir lu.

 

- C'est à moi qu'elle est destinée, expliqua-t-elle. À moi, Vernon, regarde ! Mrs Pétunia Dursley, dans la cuisine du 4, Privet Drive...

 

Elle s'arrêta brusquement en plein milieu de sa phrase. Une odeur de brûlé la fit sursauter. Dans sa main, l'enveloppe fumait. Effrayée, elle chercha à comprendre l'origine de la subite combustion de la lettre. Était-ce cela la fameuse propriété des « Beuglantes » ? Brûler si on ne les lisait pas assez rapidement ?

 

- Ouvre-la ! s'exclama Harry avec empressement. Fais vite ! De toutes façons, tu ne peux pas y échapper !

- Non, je ne veux pas.

 

Elle était terrifiée. Cet homme lui en voulait-il à ce point ? Il l'avait déjà humiliée une fois, lorsqu'elle était jeune, par son refus. Comptait-il recommencer ? Elle ne voulait plus avoir aucun lien avec la magie. Elle était si heureuse, sa vie était si parfaite jusqu'à ce que ce leur neveu débarque chez eux... La nature de sa sœur la poursuivrait-elle jusqu'à sa mort ? Ne serait-elle jamais enfin tranquille ?

 

Ses mains, moites, tremblaient, et sa respiration était difficile. Elle regardait tout autour d'elle, comme une proie traquée venant d'être rattrapée par son prédateur. Elle cherchait un échappatoire. Mais il n'y en avait pas. Le parchemin rouge s'enflamma d'un coup entre ses doigts. Elle poussa un cri de terreur, et jeta la lettre en feu sur la table. Une vois s'éleva alors du petit brasier qu'était devenue l'enveloppe.

 

- Souviens toi de ma dernière, Pétunia.

 

La voix était horrible, menaçante, effrayante. Grave. Les mots résonnèrent sur le carrelage de la cuisine. Ses yeux s'écarquillèrent. Elle se laissa tomber à côté de Dudley, prenant sa tête entre ses mains.

 

La peur que cet homme suscitait chez elle était presque irrationnelle. Son cœur battait plus vite que jamais, et des sueurs froides coulaient dans son dos. Il savait tout d'eux, d'elle, de sa famille, au point de savoir dans quelle pièce de sa maison elle se trouvait. Et surtout, ce à quoi elle pensait. Les espionnait-il en cet instant ? Elle avait l'impression d'être un criminel mis sur écoute. Elle ne serait jamais tranquille.

 

Il savait tout d'elle. Il la connaissait, et pourtant, il ne l'avait jamais vue. Il savait qu'elle serait tentée de laisser le garçon partir, voir de le forcer à quitter la maison. Pourtant, elle avait juré. Elle avait accepté, et elle avait promis, accordant à son neveu une protection qu'il n'aurait pu trouver nulle part ailleurs. Sa maison était la sienne. Jusqu'à ses dix-sept ans. Elle avait accepté. Et pourtant, elle avait failli flancher. Et il le savait. Lisait-il dans ses pensées ? L'épiait-il à ce point ?

 

Personne ne disait rien. Ils étaient tous trop abasourdis. Vernon finit par rompre le silence, la voix rauque.

 

- Qu'est ce que c'est que ça, Pétunia ? Que... je... Pétunia ?

 

Elle ne pouvait pas répondre. Elle n'avait jamais parlé de la lettre que Dumbledore lui avait laissée avec Harry à son mari. Elle était trop personnelle. Il faisait référence à cette correspondance, si courte et pourtant si importante pour elle, qu'ils avaient alors qu'elle n'avait que treize ans. Elle ne pouvait pas lui avouer. Et maintenant, il était trop tard pour le faire. Elle avait trop menti, par omission.

 

Elle sentait le sang passer dans ses doigts posés sur ses tempes, au rythme des battements de son cœur. Elle avait l'impression que sa tête allait exploser. Ses yeux grand ouverts fixaient le sol. Elle avait envie de vomir. Elle se sentait comme malade – épouvantée, terrorisée. Elle combattait les tremblements qui menaçaient de s'emparer de son corps.

 

- Pétunia, ma chérie ? P-Pétunia.

 

Il avait l'air tout aussi effrayé qu'elle, mais plus par la réaction de sa femme que par la lettre en elle-même. Il ne comprenait pas. Elle ne pourrait pas rester définitivement emmurée dans son silence. Elle releva lentement la tête. Elle déglutit difficilement avant de prendre la parole.

 

- Ce... ce garçon doit rester ici, Vernon.

 

Elle priait intérieurement pour qu'il ne lui pose pas de questions. Elle se doutait bien qu'il le ferait, mais elle ne se sentait pas la force de lui répondre. Cette soirée avait été trop éprouvantable pour elle. Le regard vide et apeuré de son fils, ses souvenirs d'enfance, véritable torture, qui étaient revenus la hanter, apprendre le retour de celui qui avait assassiné sa sœur - et maintenant cette lettre... Elle voulait se coucher. Dormir. Tout oublier.

 

- Qu-quoi ?

- Il doit rester, réaffirma-t-elle, son regard brûlant fixé sur son neveu.

 

Elle se releva. Elle ne devait pas faiblir devant eux, leurs questions seraient d'autant plus insistantes si ils la sentaient affaiblie. Et elle ne devait pas flancher. Il fallait tenir sa promesse d'accorder un lieu sûr où vivre à son neveu. Il n'était là que deux mois par an, ils pouvaient bien surmonter cela.

 

- Il... Mais... Pétunia...

- Si nous le mettons dehors, les voisins vont jaser.

 

Une excuse idiote, illogique compte tenu de la situation. Mais cela devrait leur suffire pour ce soir. Elle s'efforça de se comporter normalement, de faire tarir sa peur. Elle avait toujours été odieuse avec Harry – montrer qu'elle l'était toujours pouvait être un bon moyen de retrouver son assurance.

 

- Ils vont poser des questions embarrassantes, ils voudront savoir où il est parti. Nous devons le garder chez nous.

 

Elle parlait de lui comme d'une plaie, quelque chose de gênant dont elle aurait voulu se débarrasser. Ce qu'il était un peu, dans le fond.

 

- Ma Pétunia, ma chérie...

 

Elle décida d'ignorer les objections de Vernon. Il fallait qu'il comprenne que les décisions concernant Harry lui revenaient – il était le fils de sa sœur. Elle était restée trop longtemps dans l'ombre de son mari. Elle ne pouvait pas se permettre que la situation perdure, au quel cas il finirait probablement par découvrir son secret. Elle se tourna vers Harry.

 

- Tu vas rester dans sa chambre, asséna-t-elle d'un ton cassant. Interdiction de quitter la maison. Et maintenant, va te coucher.

 

Elle voulait avoir l'air de lui donner un ordre, une punition. Mais au fond, elle le faisait pour qu'il soit en sécurité – et il le serait tant qu'il resterait dans la maison. Elle avait promis de le protéger, un minimum. Mais le garçon ne semblait pas vouloir lui obéir si facilement.

 

- Qui t'as envoyé cette Beuglante ?

- Ne pose pas de questions.

 

Elle était sèche, comme elle l'avait toujours été. Cette phrase, elle lui avait répété des milliers de fois depuis qu'il était arrivé dans leur foyer. Elle ne voulait pas le laisser l'obliger à avouer ses sombres secrets, le laisser faire remonter à la surface ses souvenirs amers. Ses questions lui étaient insupportables.

 

- Tu es en contact avec des sorciers ?

- Je t'ai dit d'aller te coucher !

- Qu'est ce que ça signifiait ? Souviens-toi de ma dernière quoi ?

- File au lit !

- Comment se fait-il que... ?

- TU AS ENTENDU CE QUE T'AS DIT TA TANTE ? VA TE COUCHER !

 

Le rugissement de Vernon parut calmer le garçon, qui finit par obéir. Les trois Dursley se retrouvèrent seuls dans la cuisine. Elle planta ses yeux pâles dans ceux de son mari.

 

- Monte te coucher, lui dit-elle avec un sourire, perdant le ton dur qu'elle avait employé avec Harry. Je vais m'occuper de Duddy.

 

Il acquiesça, puis la laissa seule avec leur fils. Il avait l'air presque effrayé par son comportement quasi lunatique, ses brusques sautes d'humeurs. Ce tempérament était si différent du sien, cela lui ressemblait si peu... Mais il comprenait bien que la soirée avait été éprouvante pour elle, et il se dit qu'elle avait besoin de repos.

 

En tant que bonne mère, elle trouva néanmoins la force de s'occuper de Dudley. Faire quelque chose l'empêchait de penser aux horreurs de ce monde qui n'était pas le sien. Ce soir plus que tout autre, elle détestait les sorciers. Elle avait accepté de recueillir l'un d'eux, et son fils en payait les frais. Elle ne supportait pas cette injustice.

 

Elle rafraîchit le visage de son garçon avec un linge humide, et lui parla doucement, tentant de le détendre. Ils étaient enfin seuls, il pouvait se confier à elle. Sortant de sa transe, il fondit en larmes. Et Pétunia le serra dans ses bras, retenant les siennes.

 

Elle était une bonne personne, à qui il était arrivé de mauvaises choses, pensa-t-elle.

Note de fin de chapitre :

J'espère que ce court OS vous aura plus. N'hésitez pas à me laisser votre avis.

Allez jeter un coup d'oeil aux autres participations, elle en valent le coup ;)

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