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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
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A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


L'anniversaire de la décadence par Princesse

[8 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Nouveau projet, donc nouvelle fiction... Et cette fois-ci je vous replonge dans le passé de Sirius Black et d'Helena Campbell, pour l'occasion du projet Happy BlackDay de la Black Compagny. Le sujet étant très simple, écrire un texte sur l'anniversaire de Sirius Black.

Du coup, j'ai choisis d'écrire sur son seizième anniversaire, soit le 3 novembre 1975, et de relater ce que pourrait être un repas familial typique chez les Black...

Pour ceux qui suivent un petit peu mes fictions, celle-ci se situe donc deux ans avant ma fiction longue "A l'aube d'un jour nouveau" sur Sirius et Helena. J'espère que ce petit OS, tout simple, vous plaira, alors bonne lecture!

Merci aussi aux organisatrices de ce projet! Depuis le temps qu'on attendait la date d'anniversaire de ce personnage avec impatience.
Note de chapitre:

Je n'en dis pas plus et je vous laisse découvrir mon petit texte. Peut-être une petite précision, simplement pour dire qu'il n'y a pas besoin d'avoir lu ma fiction longue pour comprendre cet OS ; )

Face au miroir de plain-pied de sa chambre à Londres, Sirius soupira.
Il tenta un dernier regard vers la glace, puis finit par détourner les yeux. De toute manière, il n’y avait pas grand-chose à retirer de son reflet. Tout n’était que mensonge et hypocrisie… De son costume trois-pièces, trop sombre pour son âge, à ses yeux devenus fades, ou à son sourire inexistant. C’était ce qui se passait quand il restait plusieurs jours consécutifs dans cet endroit qu’on appelait, plus communément, une maison. Ou une demeure. Sauf que Square Grimmaurd ne ressemblait en rien à ce foyer chaleureux et avenant, censé représenter une famille.

Une famille… Terme si peu représentatif des Black. Si peu commun à cette génération. Il n’y avait qu’à voir la relation de Sirius avec sa mère pour comprendre l’amertume du jeune homme à chaque fois qu’il était obligé de remettre les pieds, ici, dans ce somptueux manoir aux allures miteux et poussiéreux. Et peu importait s’il proclamait ne pas en tenir rigueur, ne pas être atteint par toute cette véhémence. C’était faux. C’était la chose la plus fausse de toute son existence. Sirius détestait revenir chez lui, dans la vieille et ancienne demeure des Black, et cette date du 3 novembre 1975 n’échappait en rien à la règle. Bien au contraire…

- Ils arrivent, lança une petite voix derrière lui, ce qui fit sursauter Sirius.

Il se retourna et croisa le regard métallique de son jeune frère, Regulus. Ce dernier, du haut de ses quatorze ans, arpentait déjà les traits tirés de leur père, mais les pommettes gracieuses de leur mère.
Regulus lissa correctement sa lavallière blanche, les yeux rivés sur le plancher ciré avant de refermer la porte de la chambre de son grand frère dans un grincement aigu.

Sirius leva les yeux au ciel et murmura un vague « je sais » malgré qu’il fût de nouveau seul dans sa chambre. Ses yeux gris s’accrochèrent une fois de plus à son reflet, et un sourire en coin apparut enfin sur son beau visage insolent.
Aujourd’hui était le jour de son seizième anniversaire, ce qui voulait dire que cette journée était une journée particulière. Particulière dans le sens où le dîner de ce soir avait été annoncé en son honneur. Alors autant jouer le grand jeu, n’est-ce pas ?

L’aîné des Black défit rapidement sa propre lavallière sombre, avant de la jeter négligemment sur son lit, et d’en récupérer une dans sa malle de Poudlard, aux couleurs éclatantes de Gryffondor.
Il la passa autour de son cou et la noua proprement, toujours en souriant. Encore un petit détail qui allait faire enrager sa mère…
Finirait-il, un jour, par se lasser de ce petit jeu de rébellion ? Il en doutait fort. Tout était bon à prendre pour leur faire, enfin, comprendre que lui, Sirius Black, n’était pas dans leur camp. Plutôt mourir que devoir être en adéquation avec leurs idées étriquées, racistes et vieilles de plusieurs siècles. On était en 1975. Il était temps de se mettre à la page. A commencer par instaurer l’électricité dans cette vieille baraque et non pas éclairer les pièces par des bougies volantes.

Sirius recula de quelques pas et s’observa dans le miroir.
Il boutonna ses boutons de manchettes, un sourire toujours en coin, et se sentit rassuré de voir cette petite note rouge sur son costume. Ca lui rappelait Poudlard, et les Maraudeurs. La soirée d’Halloween qu’il allait louper en raison de sa présence à Square Grimmaurd, et les fraises qu’il dévorait l’hiver dans les cuisines avec James.
Oui… le rouge était décidément un bon choix de couleur. Et puis, Sirius avait déjà l’impression que son teint était plus lumineux et ses yeux plus brillants. Il se sentait d’attaque à affronter le dîner en grandes pompes qu’avaient organisé ses parents pour son seizième anniversaire, avec sa tante et son oncle, ses deux cousines, et les Campbell.

A l’évocation de cette dernière famille, Sirius sentit sa mâchoire se crisper. Devoir supporter Bellatrix et Narcissa était une chose. Supporter Helena Campbell en était une autre. Cette fille avait le don de lui faire extérioriser tout son venin, enfoui au plus profond de lui-même, et cette soirée-là se promettait d’être forte en émotion. Pourvu qu’elle ne soit pas assise près de lui, sinon il ne répondrait plus de ses actes !

- Sirius ! tonna une voix grave au rez-de-chaussée.
- J’arrive, marmonna-t-il en ouvrant la porte de sa chambre.

Il passa ses mains dans ses fins cheveux noirs, aussi soyeux que de la soie, et les rejeta vers l’arrière. Il sentait la pointe de ses cheveux frôler ses épaules à chaque mouvement de pas. Une chose qui allait encore faire enrager sa mère. Sirius jubilait de l’intérieur. C’était un jeu entre eux. A savoir lequel allait faire craquer l’autre en premier. Sauf que dans le fond, Sirius souffrait terriblement de cette situation. Ne pas avoir l’amour de sa mère lui était douloureux.
Il était de notoriété publique que Walburga Black préférait son cadet à son aîné. Et il était de notoriété publique que l’aîné des Black ne faisait jamais rien comme ses semblables… Finalement, entre eux, c’était un affrontement perpétuel.

Les pas de Sirius se firent plus lourds dans les escaliers, et lorsqu’il atteignit la dernière marche, il avait l’impression que ses jambes s’étaient enlisées dans le sol tant elles lui paraissaient compactes. Mais lorsqu’il croisa le regard sévère de sa mère, tout endimanchée dans sa somptueuse robe noire brodée de perles, il se ressaisit. Ce n’était pas le moment pour lui de s’avouer battu d’avance. Alors au lieu de se lamenter sur son triste sort, Sirius décida de profiter du spectacle qui allait s’offrir à lui. Car il était certain que ce dîner allait en être un, et grandiose de surcroît. Il n’y avait qu’à voir le visage blasé de Narcissa ou la moue exaspérée de Bellatrix.
Oui, cette soirée s’annonçait forte en émotion…


**********



Le spectacle commença avec le regard menaçant de sa mère, et irrité de son père, lorsqu’ils baissèrent leurs yeux sur sa lavallière rouge et non pas noire. Son père détourna les yeux, ne préférant pas relever cette marque de rébellion chez son fils aîné. Comme à chaque fois que Sirius s’obstinait d’ailleurs. Orion Black n’était pas le parent le plus sévère et le plus cérémonieux dans cette famille… Il laissait cela à sa femme. Lui était plutôt du genre à s’enfermer dans son bureau et à administrer une bonne correction à ses fils quand ces derniers dépassaient les limites et que Walburga n’arrivait pas à se faire obéir. Autant dire que c’était assez rare pour cette dernière… ce qui rendait Orion quasi inexistant sur le plan de l’éducation. De toute façon qu’avait-il à faire ? Ce n’était pas son rôle dans cette famille ! En revanche la mère de Sirius nota bien que son fils avait, une fois de plus, défier les règles de cette maison et l’attrapa fermement par l’épaule au moment où il descendit la dernière marche.

- Je vous préviens Sirius, que vous n’allez pas vous en sortir comme ça, murmura sèchement sa mère à son oreille.
- Vraiment, mère ? ricana-t-il en lui lançant, à son tour, un regard noir.

Il réprima un sourire insolent et salua vaguement son oncle Cygnus, le jeune frère de sa mère, puis sa tante, elle aussi tout endimanchée dans une somptueuse robe vert sapin à la fine dentelle crème sur le col, les poignets et la ceinture.

- Vous portez le noir avec tellement d’élégance, ma chère, déclara Druella à sa belle-soeur, comme il était coutume dans leur société.
- Heureusement…, répliqua Walburga, le menton fièrement relevé.

Sirius soupira.
Sa mère et sa tante se vouaient une petite guérilla sans fin depuis leur plus jeune âge, et qui n’avait fait que s’accentuer lors de sa naissance et de celle de son petit frère, comparé à Druella Black qui n’avait su donner d’héritier mâle à son mari. Et puis, sur ses trois filles, il ne lui en restait plus que deux… Celle du milieu s’était envolée dans la nature avec un né-Moldu, et il était formellement interdit d’évoquer cette haute trahison. Mais Sirius ne comptait pas en rester là…

- Et mes cousines préférées, déclara-t-il, faussement enjoué. Quel plaisir de vous revoir. Mais… une, commença-t-il à compter en posant son regard pétillant sur Narcissa. Deux, ajouta-t-il en se retournant vers Bellatrix. Mais où est la troisième soeur ? demanda-t-il, fièrement devant le regard meurtrier de sa tante.
- Sirius ! siffla sa mère, outrée par l’attitude de son fils.
- Ah oui, c’est vrai, rétorqua-t-il, un sourire en coin. Andromeda s’est tirée…
- Bon ça suffit, gronda Walburga en empoignant son fil par le bras. Tenez-vous correctement !
- Je me tiens correctement, répliqua-t-il. Je voulais simplement dire bonjour à toute la famille…

Orion et Walburga s’échangèrent un regard, contrarié. Ils n’étaient pas certains que ce dîner était une excellente idée. Et dire que les Campbell n’étaient même pas encore arrivés… Ils passèrent tous au petit salon, et les premières minutes tournèrent autour des maris de Narcissa et Bellatrix qui n’avaient pu se joindre à eux en raison de leurs responsabilités au Ministère de la Magie.

- Rodolphus à un très haut poste auprès du ministre de la Magie, précisa Bellatrix en rejetant sa longue chevelure brune et bouclée dans son dos. Et il a des missions très particulières qui rendent son emploi du temps surchargé…, confia-t-elle fièrement, en arquant un sourcil.
- Tu m’étonnes, commença Sirius en s’enfonçant dans son fauteuil. Tuer des sorciers demande beaucoup de travail…
- SIRIUS ! s’exclama Walburga en tapant de la main contre la table basse pour le faire taire. Il suffit…

A ce moment-là, la sonnette d’entrée retentit dans le couloir, et la seconde d’après, Kreattur, l’elfe de maison, arriva dans le salon pour annoncer l’arrivée d’Alistair Campbell et de sa fille, Helena, du même âge que Sirius.


**********



Après avoir salué Mr Campbell, Sirius fût forcé de se pencher vers Helena pour la saluer à son tour. Ses yeux étaient aussi sombres que ses cheveux, si noirs qu’il était presque impossible d’en déceler leur bleu d’origine. Elle portait une robe vert d’eau, comme Narcissa, ce qui faisait ressortir son teint de porcelaine et la fine ligne de tache de rousseur qui surplombaient ses pommettes.

- Helena, grimaça-t-il en s’inclinant devant elle.
- Sirius, grinça-t-elle en levant les yeux au ciel.

C’était complètement ridicule ce qu’il se passait entre eux. Les forcer à se côtoyer alors qu’à Poudlard ils se détestaient cordialement était tout bonnement insupportable.

- Un pas de plus, et je t’étrangle, Black menaça t-elle alors que son père discutait avec les parents de Sirius.
- Et après c’est moi qui ne fais pas d’effort ?
- Arrête de pleurer comme un bébé.

Sa phrase était sèche et claquante. Elle toisa Sirius du regard, et tourna les talons pour aller s’asseoir auprès de Bellatrix, sa cousine chérie, qui la regardait fièrement. Elle se pencha à son oreille pour lui dire quelques mots. Regulus, assis au côté de Narcissa, semblait encore happé par sa longue chevelure dorée et ses grands yeux bleus, alors que les cinq parents étaient en train de discuter de ce qui se passait en ce moment à l’extérieur. De ce mage noir qui semblait tant terroriser la société actuelle, et de tous ces disciples qui semblaient le suivre aveuglément. Il y avait ceux qui trouvaient cela très bien, et Sirius savait que beaucoup de sorciers au conseil en faisaient partie… et puis il y avait ceux qui n’étaient pas prêts à s’agenouiller, comme lui.

Mais dans quel camp se situait sa famille ?

Il scruta attentivement ses parents, sa tante et son oncle, puis Mr Campbell, avant de secouer la tête. Non… ce n’était pas parce qu’ils pensaient que les nés-Moldus étaient une race à éliminer que cela voulait dire qu’ils étaient partisans à part entière. Pareil pour Narcissa. Cette petite princesse aux boucles parfaites était une épouse exemplaire, et pas une meurtrière dépressive. Par contre, pour Bellatrix, Sirius savait que c’était différent. L’aînée de ses cousines avait une certaine folie dans le sang. Une folie qui la rendait dangereusement incontrôlable, et Helena, sa cousine de sang par leur mère, en prenait largement le chemin. Ce qui était encore plus effroyable… Sirius le savait pertinemment. Il n’y avait qu’à voir son regard glacial, et son visage toujours impassible pour reconnaître la noirceur qui s’emparait de son âme au fil des années. Elle était une Serpentarde après tout. Et le Gryffondor adorait l’agaçait. C’était un de ses passe-temps favoris. Lui faire perdre les pédales… quoique la dernière fois, cette garce avait bien failli avoir sa peau lorsqu’elle l’avait presque noyé dans le lac…

Le regard de Sirius se décrocha des membres de sa famille et tourna autour de la pièce éclairée par des bougies avant de s’attarder sur la table fièrement dressée. Et dire que c’était son anniversaire… C’était affreusement glauque et d’une banalité sans nom. Au moins, s’il avait été à Poudlard, il aurait pu faire une fête mémorable avec les Maraudeurs, mais ce n’était pas le cas. Sa chère et tendre mère, cette Sainteté-Suprême, l’avait obligé à revenir pendant les vacances de la Toussaint. Et Sirius n’avait pas toujours les moyens de refuser. Dans ces moments-là, comme maintenant, Sirius se répétait que c’était son dernier anniversaire avec sa famille. Le dernier de toute sa vie… Il était hors de question qu’il fête sa majorité de cette manière. Et tous les autres qui allaient suivre…


**********



Une fois le dîner annoncé, les sorciers prirent place dans la salle à manger, et Sirius leva les yeux au ciel lorsqu’il aperçut Helena minauder devant son père, et acquiescer à la moindre phrase de sa mère. Ca avait le don de l’horripiler de voir la jeune fille se comportait de la sorte avec ses parents… Elle qui se revendiquait si indépendante à l’école semblait s’être transformé en vrai paillasson humain.

- A quoi tu joues, Campbell ? demanda-t-il en passant devant elle, alors que tout le monde se dirigeait vers la salle à manger.
- Je suis aimable et respectueuse, répondit-elle, hautainement. Deux qualités qui te semblent inconnues visiblement ! Et cette lavallière rouge, grand dieu, Black c’est d’un tel mauvais goût, ricana-t-elle en le regardant de manière dédaigneuse.
- Et toi alors avec ta robe d’écolière ? demanda Sirius, un sourcil arqué. En mode douce et gentille, laisse-moi rire. Tu crois que tu vas faire gober ça à qui ?
- A ta mère visiblement, souligna-t-elle en souriant de manière insolente.

Leur pas les avaient ramenés jusqu’à la table, et une fois arrivée devant sa chaise, Helena leva son regard faussement innocent vers Sirius, un sourire en coin.

- Quoi, encore ? demanda-t-il, déjà épuisé par le comportement de la jeune fille.
- Sirius, ne restez pas planté là, lui dit Cygnus Black en montrant la chaise du revers de la main, avant de se replonger dans la discussion entre Walburga et Alistair.

L’aîné des Black leva les yeux au ciel et soupira lourdement. Et dire qu’il devait se rabaisser à ça… Il avait soudainement envie de vomir. Sirius tira la chaise d’Helena vers lui, en faisant bien exprès de racler le parquet, ce que ne loupa guère Walburga, pour que la jeune Serpentarde s’y installe élégamment. En remerciement, elle lui fit simplement une mine victorieuse, ravie, pour une fois, de voir Sirius Black se faire rabaisser par quelqu’un d’autre qu’elle. Elle aussi, elle jubilait intérieurement.

- Tu vas me le payer, Campbell, marmonna-t-il en se laissant tomber sur sa chaise, entre Helena et sa mère, juste en face de son oncle.
- Bien sûr, bien sûr, esquiva-t-elle en portant son regard ailleurs, ce qui faisait encore plus enrager Sirius.

Elle seule avait le secret pour le faire dégoupiller. Pas même sa mère y arrivait. Non. Helena Campbell connaissait tous les points faibles de Sirius, à son plus grand énervement, en raison de leur passé. Car si aujourd’hui ces deux adolescents se haïssaient cordialement, ça n’avait pas toujours été le cas pendant leur enfance. Mais au grand moyen, les grands remèdes, et ni l’un ni l’autre n’avait réussi à pardonner ce qui s’était passé le jour de leur première rentrée à Poudlard. Et ce n’était pas faute d’avoir essayé…


**********



Le dîner débuta avec l’arrivée de l’entrée, un velouté de champignon, et tandis que les elfes venaient de poser la dernière assiette devant Orion Black, celui-ci se leva pour faire un bref discours en l’honneur de son fils et de son seizième anniversaire. Basique et très simple, mais ça avait au moins eu l’effet de rappeler à Sirius que oui, c’était bien son anniversaire.

- En espérant qu’avoir seize ans, lui mette du plomb dans la cervelle, coupa Walburga en fusillant Sirius du regard, trop tassé sur sa chaise.
- Si vous le dites, mère…

Sirius leva les yeux au ciel. C’était sans nul doute sa punition - voire son cadeau - de devoir endurer tout ce défilé d’hypocrisie à commencer par sa cousine Narcissa qui lui demandait comment se passait sa cinquième année à Poudlard. Le jeune homme faillit s’étouffer avec son velouté. Depuis quand la princesse du narcissisme s’inquiétait de son parcours scolaire ? Ridicule…

- Chaotique si je dois me fier à toutes ses heures de retenues, lança Walburga de sa voix hautaine, ce qui fit sourire Sirius.
- Et encore, mère, vous n’êtes pas au courant de tout ce que je fais, rassura-t-il faussement en plantant ses yeux gris perles dans les siens bleu givre.

Il avait enfin réussi à devenir un Animagus, il y a seulement quelques semaines. Alors, oui, son début d’année avait été mouvementé et terriblement excitant !

- Heureusement pour vous !

L’affrontement mère-fils était, une fois de plus, en train de gagner du terrain sur la réception et Orion Black dû les rappeler à l’ordre avec un raclement de gorge avant de changer de sujet. Alistair Campbell, lui, dévisageait tour à tour Sirius Black, et son jeune frère, Regulus. Il avait des idées plein la tête pour sa fille, pour resserrer les rangs comme on disait chez lui. Mais il devait s’avouer que plus les années passaient et plus Sirius, de par son côté rebelle, déclinait dans son estime. Selon lui, avoir été envoyé à Gryffondor n’était pas une tare, mais se comporter de la sorte en était une… et cela même si les Black continuaient perpétuellement d’impressionner le reste de la société, de par leur superbe. Et cela, bien que la fugue d’Andromeda Black ait fait des ravages au sein de leurs rangs.

- Tu ne peux pas te tenir correctement, Black, murmura Helena en lui adressant un regard en biais.
- Hey Campbell, je ne t’ai pas sonnée, lui fit-il remarquer en faisant tourner sa cuillère dans son velouté.
- Tu es exaspérant !
- Et toi, tu es insupportable ! Va faire des messes basses avec tes cousines, et oublie-moi !

Helena réprimanda une réplique amère. Il fallait mieux ne pas mettre le feu aux poudrières devant la famille. « Pas vue, pas prise » tel était sa rengaine. Bien loin de sa propre devise familiale, ça, c’était une autre histoire.

Sirius, quant à lui, l’ignora au plus haut point. Avachi sur sa chaise, les coudes posés sur la table, il manquait cruellement de bienséance à ce moment-là. Cette bienséance si chérie par ses parents, et surtout par sa mère. Et ce n’était pas les gros yeux de Regulus qui allait le faire changer de position, ni les répliques d’Helena.

- Sirius, commença Walburga, le regard impénétrable. Tenez-vous correctement. Est-ce comme cela que je vous ai éduqué ? lui dit-elle, assez bas, pour que personne ne l’entende.

Son fils ne répondit pas. Il se contenta de s’appuyer sur ses coudes, mollement, pour s’avachir un peu plus sur sa chaise, tout en la regardant droit dans les yeux d’un air de défi. Il ne supportait pas recevoir des ordres. Pire quand cela venait de sa propre mère… Mais il sentit la poigne de son père se rabattre violemment sur son épaule pour le ramener droit sur sa chaise, l’air de rien.

- Continuez ainsi, et c’est moi qui vais m’occuper de vous ! prévint Orion avant de se retourner vers Mr Campbell. Vous disiez ?

Sirius se retint de lever les yeux au ciel, ou d’arracher le sourire cruel qui venait de s’afficher sur la bouche de Bellatrix, ou celui moqueur d’Helena. Il essaya de ne pas s’en préoccuper, c’était ce qu’il y’avait de mieux à faire. Mais Sirius n’était pas doué pour se ranger du côté de la sagesse… Oh non…


**********



L’entrée était passée sans trop de problèmes, mais à présent qu’ils étaient tous au plat de résistance, devant le stew aux allures plus qu’alléchantes, les langues commençaient doucement à se délier. Et les remarques acerbes fusaient tout autant.

- Pas trop dur de paresser toute la journée Narcissa ? demanda Sirius, un sourcil arqué.
- J’ai un emploi du temps très chargé, figure-toi…
- Oh j’imagine bien, se moqua Sirius alors que les parents discutaient de nouveau entre eux.
- Tu as de la chance de ne pas être mon frère ! coupa Bellatrix en plantant son couteau dans un morceau de sa viande, en le regardant droit dans les yeux.
- Sinon quoi ? demanda Sirius, un sourcil arqué. Tu m’aurais embroché comme ta viande ?
- Peut-être ! précisa-t-elle, menaçante. Peut-être que je le ferai, un jour…
- Peut-être que c’est moi qui t’embrocherai comme un lapin, annonça-t-il en plantant à son tour son couteau violemment dans sa viande, déclenchant un sursaut chez Helena.
- Arrêtez tous les deux, marmonna-t-elle en lançant un regard noir à Sirius.

Bellatrix relâcha son couteau et sa fourchette, en même temps que Sirius, et ils se toisèrent du regard un long moment. Leurs regards étaient froids, glaciaux, à la limite d’être complètement givrés tant ils ne cillaient pas. C’était un vrai affrontement, faute de ne pas pouvoir en obtenir un vrai. Et puis Bellatrix détourna le regard, un sourire en coin, et s’adressa à Regulus, qui n’avait pas l’air de se préoccuper des histoires de ses aînés.

- Dis-moi, Regulus, tu dois te sentir bien seul, ici, quand c’est les vacances, non ? demanda-t-elle d’une voix douce que personne ne lui reconnaissait. Si seulement tu étais mon petit frère, tu serais traité comme un roi, acheva-t-elle en adressant un regard mesquin à Sirius.
- Si tu étais vraiment sa soeur, je le plaindrais dix fois plus, intervient l’aîné des Black, le regard sombre. Crois-moi, il est bien mieux ici avec moi, qu’avec toi… Il n’y qu’à voir comment tu as traité ta propre petite soeur… Au point qu’elle ait préféré se tirer avec un mec qu’elle connaissait à peine !
- Retire ce que tu viens dire ! menaça Bellatrix.
- Pourquoi ? demanda Sirius, un sourire en coin. C’est la vérité, non ? Je n’ai jamais maltraité mon petit frère. On ne peut pas en dire autant de toi avec tes soeurs…

La jeune femme sentit son sang ne faire qu’un seul tour dans sa tête, et se leva brutalement de sa chaise, manquant de peu de renverser son assiette sur sa robe aussi rouge que ses lèvres. Elle respira fortement, et une petite veine bleue venait d’apparaître entre ses sourcils, bariolant alors son front clair au rythme de ses pulsations cardiaque.

- Un problème, mon enfant ? demanda Druella, la mine sévère.
- Non mère, s’excusa-t-elle au bout de quelques secondes en tentant de se calmer. Veuillez m’excuser, maronna-t-elle en lissant les plis de sa robe. Puis-je sortir de table un instant mon oncle ? Je crains de ne pas me sentir très bien. Quelques nausées à vrai dire… déclara-t-elle en demandant la permission à Orion Black.
- Faite, faite, ma nièce, accepta-t-il avant de se tremper ses lèvres dans son verre d’alcool.

Bellatrix recula sa chaise et sortit de la salle à manger, non sans adresser un regard assassin à son cousin.

- Et bien que se passe-t-il ? demanda Sirius, moqueur. Notre cousine aurait-elle une agréable nouvelle à nous annoncer, poursuivit-il à en regardant tour à tour Narcissa, Helena et son jeune frère.
- C’est sans nul doute son allergie aux connards dans ton genre qui revient à l’assaut de son estomac, grommela la jeune Serpentarde.
- Miss Campbell, comment parlez-vous ? On dirait un poissonnier, se désola faussement Sirius, un sourire en coin.

Helena sentit ses pommettes s’enflammer et tout le peu de patience qu’elle avait s’envoler comme des miettes au vent. Brusquement elle planta sa fourchette dans la cuisse de Sirius, sous la table, tout en affichant une mine décontractée. Sirius lui, étouffa un juron on ne peut plus-violent, ce qui lui valut un regard incendiaire de sa mère.

- Ma pauvre Helena, commença Walburga. Je vous plains de devoir supporter mon fils toute l’année à Poudlard.
- Oh Mrs Black, reprit la jeune fille. J’ai une patience d’ange, vous le savez bien, termina-t-elle, de sa voix douce, tout en battant innocemment des cils.
- Je le sais bien, mon enfant, répondit Walburga.

Elle reprit sa conversation là où elle l’avait laissé, ignorant tout de ce qui venait de se passer entre Sirius et Helena.

- Mais quelle violence, souligna Narcissa de sa voix haut perché, en les toisant de son regard bleu.
- Je t’assure que tu vas me le payer, jura Sirius en se penchant sur Helena, ignorant alors la réplique de sa plus jeune cousine.
- Et tu comptes faire quoi au juste ? se moqua Helena.
- La vengeance est un plat qui se mange froid, Campbell. Crois-moi, je t’aurais…, menaça-t-il avant de se concentrer sur son assiette.

Ce n’était pas le dîner d’anniversaire qu’il avait rêvé, mais c’était sans nul doute la soirée qu’il s’était imaginé…


**********



Vint alors le dessert. Une crème caramel saupoudrée de noix de coco. Et l’ambiance n’était pas vraiment aux festivités… Si elle avait prévu d’y être un jour, tout du moins. Pas même quelques bougies n’avaient été plantées sur ce dessert. Rien ! En plus, Sirius détestait la noix de coco… Il laissa échapper un rire amer. C’était fait exprès, il en était certain !

Finalement, son anniversaire n’avait été qu’un prétexte pour organiser cette petite réunion de famille. C’était à vomir tant tout ce petit monde le dégoûtait… Et pas une parole gentille n’avait été prononcée, en y repensant plus clairement. Sirius loucha sur la part de gâteau qui venait de lui être servi, et se mordit les lèvres, s’empêchant alors de répliquer une nouvelle fois et d’envenimer encore plus la situation. Il avait ce côté rebelle, certes, mais pas suicidaire. Il savait que parfois, dans sa famille, il valait mieux garder les lèvres closes… quand cela était possible, bien évidemment.

- Oh le petit Sirius Black voulait des bougies sur son gâteau, ricana doucement Helena en interceptant son regard, alors que Bellatrix, revenue de la salle de bain, arborait un sourire carnassier.

Cette fois ç’en était trop pour le jeune homme. Il se tourna vers son oncle et sa mère, l’air de rien, comme pour se plonger dans leur conversation, et d’un mouvement de coude, il tapa fortement dans le bras d’Helena qui fit alors atterrir sa fourchette, et son morceau de gâteau, sur son nez et non dans sa bouche. Sirius dut se retenir de rire, et d’afficher un sourire victorieux lorsqu’il entendit sa pire ennemie jurer comme un poissonnier derrière lui.

- Helena, qu’avez-vous fabriqué avec vos couverts ? se désola Druella Black en observant sa nièce d’un oeil consterné.
- Je… J’étais… aspirée par ma conversation avec Regulus, mentit-elle en s’essuyant le visage de sa serviette immaculée.

Son père la regarda lourdement, un sourcil arqué. Ce n’était pas bon signe !

- Ca devait être fort intéressant pour que vous loupiez votre bouche, commença-t-il de sa voix grave. Quel était le sujet de la conversation ?

Helena se sentit déglutir, alors que Sirius, lui, était aux anges. Bien évidemment, elle ne pouvait pas avouer la vérité. De quoi aurait-elle l’air ? D’une sorcière incapable de se défendre ?

- De l’école, hasarda Regulus, le teint empourpré. Et du nouveau professeur de Sortilège, qui est très incompétent.
- Incompétent ? répéta Alistair Campbell, visiblement très intéressé par la question.
- Apparement, c’est un né-Moldu, confia Helena en reposant sa fourchette sur la table, en alignement parfait avec son couteau, les yeux sombres.

Un raclement de gorge de Walburga, suivi d’un reniflement dédaigneux de Bellatrix, étaient suffisants pour résumer ce que tout le monde pensait tout bas.

- Cette école est-elle tombée au plus bas ? demanda Alistair Campbell à Orion Black.
- Il faut croire que n’importe quel imbécile peut devenir professeur, répondit-il, les traits tirés avant de reporter son regard ailleurs.

Sirius lui, commençait doucement à fulminer. Encaisser des remarques sur son comportement était une chose. Encaisser des propos racistes sur les nés-Moldus en était une autre… Imbécile ? ! Imbécile ? ! Il lui semblait que Lily Evans était sans nul doute la sorcière la plus intelligente qu’il lui ait été donné de rencontrer. Bien que c’était sans nul doute la plus enquiquinante aussi…

- C’est sûrement parce que ce professeur s’est fait refuser l’accès au ministère de la Magie, que Dumbledore a décidé de le recruter, intervint mollement Narcissa.
- Sans nul doute, bougonna Druella Black en lissant sa serviette à plusieurs reprises avant de la poser sur ses genoux.
- Et que comptez vous faire, Sirius, à la fin de vos études ? demanda Cygnus Black en se retournant vers Sirius, l’air de rien.

Le jeune homme se redressa sur sa chaise. Enfin une question digne d’intérêt pour lui. En revanche, la réponse allait en décevoir plus d’un…

- Qu’il passe ses BUSE avant toute chose, glissa Walburga avec acidité. Et ses ASPIC…
- Travailler au Ministère, s’interposa Orion en se tamponnant sèchement les lèvres avec sa serviette.

Son fils lui adressa un regard en coin. Son père portait-il le même prénom que lui ? Non… alors pourquoi répondait-il à sa place ?

- Dans quel département ? voulut savoir Alistair Campbell, en nouant ses doigts sous son menton.

Ses cheveux bruns gominés lui conféraient un style très strict, et son regard, sombre, le vieillissait de quelques années.

- Au service Justice de la Magie, répondit Sirius en arquant un sourcil.
- Pardon ? s’étouffa à moitié sa tante Druella.

Narcissa, elle, avait laissé sa fourchette en suspension, à seulement quelques centimètres de ses fines lèvres rosées. Elle regardait tour à tour l’affrontement qui était de nouveau en train d’avoir lieu entre Sirius et ses parents. Puis elle enfonça son morceau de gâteau dans sa bouche. Elle en avait plus qu’assez de ce repas de famille. Pourquoi avait-elle accepté de venir d’ailleurs ? Sans Lucius de surcroît. Elle intercepta le regard glacial de sa soeur aînée au moment où elle allait faire une remarque sur le futur de son cousin, et finit par refermer la bouche, en détournant le regard. Ce n’était plus ses affaires à présent. Elle était une Malefoy… Et le problème des Black devait rester chez les Black !

- Au service Justice de la Magie, répéta Sirius, agacé. En tant qu’Auror… Je commencerais tout de suite après les ASPIC. Je pourrais donc partir en mission, sur le terrain, précisa-t-il, le regard insistant.

Un silence assourdissant s’installa au beau milieu de la pièce, et semblaient délaver les pommettes colorées des dames présentent dans la pièce. Jusqu’au moment où le regard haineux de Walburga dévisagea son fils.

- Ne poussez pas plus loin votre bêtise, Sirius, commença-t-elle, menaçante.
- On me pose une question, j’y réponds. Où est le problème, mère ?

A chaque fois que le mot mere était prononcé par Sirius, on pouvait entendre cette pointe d’amertume, cette pointe de méfiance et de dégoût dans sa voix. Comme si avoir Walburga Black pour mère était un horrible cauchemar, à échelle humaine, avec aucun moyen de se réveiller. C’était ça, que Sirius ressentait à chaque fois…

- Voulez-vous réellement attirer la disgrâce sur notre famille ? Etes-vous réellement ce petit égoïste ? J’avais osé espérer que non, grinça-t-elle des dents.
- La disgrâce sur notre famille ? répéta Sirius, choqué. On ne m’a pas attendu pour ça… Je ne fais que passer à travers les portes déjà enfoncées, rappela-t-il, vaguement amusé.
- Que voulez-vous insinuer ? demanda Wakburga, les yeux perçants, mais la voix presque éteinte.
- Il me semble qu’Andromeda a eu une adolescence plus stricte que la mienne et on voit ce que ça à donné comme résultat… N’est-ce pas ? s’emporta à son tour Sirius, les sourcils froncés.

Les yeux de Walburga étaient si électriques que Regulus était certain que son frère allait être foudroyé d’un moment à l’autre, tombant alors raide mort sur le tapis vieux du siècle dernier.

- Alors, vous, ne poussez pas plus loin, termina Sirius, le regard noir, avant de se forcer à avaler un morceau de crème caramel.

Helena s’inquiétait plus de la mine rougie par la colère de Walburga Black que celle fermée de Sirius, et elle eut raison, car il ne fallut que quelques secondes pour que le jeune homme se fasse empoigner l’épaule par sa mère et traîner de force à l’extérieur de la salle à manger, dans l’obscurité du couloir d’entrée, sous le regard irrité de son père, inquiet de son frère, et mesquin de ses cousines.

Sirius ferma alors les yeux. Il savait bien que sa mère n’allait pas en rester là…


**********



Cela faisait presque dix minutes que Walburga Black usait ses cordes vocales sur son fils, et dix minutes que ce dernier prenait son mal en patience. Sauf que sa patience avait une certaine limite à ne pas dépasser, et cela commençait avec le peu de liberté qu’il avait à Square Grimmaurd.

- Etes-vous satisfait de me voir dans cet état-là ? demanda-elle lourdement, le visage défiguré par la colère.
- Est-ce que je peux répondre « oui », mère ? répondit Sirius, un sourire en coin.

La main de Walburga s’abattit violemment sur la joue de son fils, sans que celui-ci n’ait le temps d’esquisser le moindre mouvement. Il ne cilla pas. Grimaça à peine. Sirius avait trop l’habitude de ce genre de débordement auprès de sa mère pour répliquer. Mais aujourd'hui était différent… Aujourd’hui, il avait seize ans, et voir sa mère le considérer encore comme un enfant qu’elle pourrait punir et corriger comme bon lui souhaiter, était une chose qui lui devenait insupportable !

- Vous n’êtes que déception pour cette famille, gronda la maîtresse de maison. D’une telle décadence que j’en suis honteuse. Horriblement honteuse !
- Et vous, vous n’êtes qu’acidité ! affirma Sirius, alors qu’un joli coquelicot apparaissait délicatement sur sa joue.

Sa mère explosa d’un rire dédaigneux, grave, terrifiant. Celui qui hantait encore les cauchemars de Sirius. Celui qui faisait qu’il se laissait tomber de son lit, la nuit, pour s’y glisser en dessous tant il en était apeuré.

- Non seulement vous allez monter dans votre chambre, petit ingrat, commença-t-elle en le tirant par le bras jusqu’en haut des escaliers. Mais vous allez y rester jusqu’à nouvel ordre ! cracha-t-elle en ouvrant la porte de la chambre de son fils pour l’y jeter à l’intérieur comme s’il avait de nouveau six ans.
- Quoi ? ! s’exclama-t-il avec fureur au moment où la porte claqua derrière lui. QUOI ? ! répéta-t-il en tambourinant sur la porte alors que sa mère était en train de lancer un sortilège de verrouillage sur sa porte de chambre.
- Et adieu vos petites escapades avec vos amis pour la fin des vacances ! poursuivit-elle en rangeant son épaisse baguette dans les plis de sa somptueuse robe perlée.

Sirius était si en colère contre sa mère, contre sa famille, contre ce dîner, contre son anniversaire, qu’il ne se rendit même pas compte du ton acide employé par sa mère pour parler des Maraudeurs.

- VOUS N’AVEZ PAS LE DROIT ! hurla-t-il de l’autre côté de la porte, les mains rougis à force de cogner dessus.
- J’ai tous les droits, Sirius. Je suis votre mère…

Un sortilège d’insonorisation mit fin à cet échange houleux, et Walburga redescendit au rez-de-chaussée, la tête haute, avec l’élégance et la fermeté qui caractérisaient tant les femmes de sa notoriété.

Dans sa chambre, Sirius, lui, était ravagé par la colère, mais au lieu de continuer à frapper sur la porte, où à tout retourner dans sa chambre, comme c’était le cas lorsqu’il était plus jeune, il était devenu complètement stoïque devant sa porte. C’était comme si le tourbillon le ravageait de l’intérieur sans parvenir à déborder vers l’extérieur. Seuls son regard, glacial, et sa bouche, pincée, laissaient entrevoir que quelque chose ne fonctionnait pas.
En fait, rien ne fonctionnait… et cela, depuis qu’il était tout petit. Comme à chacun de ses anniversaires… comme à chaque fois que ses parents invitaient du monde pour tenter de lui imbriquer dans le crâne des idées qui le répugnaient. Alors en quoi cet anniversaire aurait-il été différent ? En rien… Et ça n’allait faire qu’empirer au prochain pour sa majorité !

Sirius sortit alors de sa transe, arracha sa lavallière et envoya sa veste de costume valdinguer à travers sa chambre, avant de s’asseoir sur son lit, la tête entre les mains, marmonnant des paroles incompréhensibles. Pourquoi sa mère devait-elle toujours se comporter ainsi ? Et après, c’était lui la décadence de la famille ? Il laissa échapper un rire amer. Ils n’avaient pas besoin de lui pour sombrer et perdre de leur superbe. Ils y arrivaient très bien tout seuls… Andromeda était partie… Bellatrix et Narcissa, étaient, certes, mariées, mais n’avaient toujours pas engendré de mâles héritiers… et lui que lui reprochait-on exactement ? D’avoir des idées différentes et de les assumer ?
C’était eux qui causaient la décadence de cette famille, ils n’avaient nullement besoin de lui.

Un papier scintillant attira son regard sur son bureau, et Sirius se releva pour aller récupérer le contenu glisser juste en dessous. C’était les cadeaux qu’ils avaient reçus des Maraudeurs pour son anniversaire, plus tôt dans la matinée. Et il n’avait pas eu le temps de leur répondre. A présent, cela pressait un peu plus, d’autant plus que sa mère lui avait interdit de s’absenter de la maison. Mais c’était très mal connaître Sirius Black…

Le jeune homme froissa le papier dans ses mains avant de le jeter dans la poubelle, et écrivit à la volée, sur un bout de parchemin qui traînait sur son bureau, l’heure et la date du rendez-vous qu’il avait prévue avec James, à Londres. Il trouverait bien une solution pour s’éclipser… Et si ce n’était pas lui, Patmol en trouverait bien une. Il le savait !
Sirius regardait son hibou s’envoler par la fenêtre et croisa son reflet à travers les carreaux. Ses yeux étaient sombres, et ses traits tirés. Il avait l’impression que sa tête venait de passer sous une horde d’Hippogriffes tant elle lui faisait mal. Mais il s’en moquait… La seule chose qui avait de l’importance pour Sirius, à ce moment précis, c’était de ne plus jamais revivre un anniversaire chez lui, à Square Grimmaurd.

Plus jamais !

Note de fin de chapitre :

J'espère que vous avez apprécier mon texte, et je dois dire que je suis assez impatience d'avoir des retours... Je voulais quelque chose de léger mais de fort en même temps qui pourrait montrer le quotidien de Sirius chez lui. Ce n'est pas un anniversaire en grandes pompes comme pour certains autres sorciers, bien au contraire, donc je trouvais que c'était judicieux de montrer quelque chose qui parait habituel pour lui, tout en le faisant sortir de ses gonds.

J'en profite aussi pour remercier Nymph78 et FutureJKR pour m'avoir conseillé sur cet OS et donner leur avis! Merci beaucoup :-)

N'hésiter pas à retrouver les aventures de Sirius et d'Helena sur ma fiction longue A l'aube d'un jour nouveau; et surtout n'hésitez pas à lire les autres participations au projet Happy BlackDay

MAJ du 12/11/15: Merci beaucoup à Ellie pour toutes les nouvelles corrections de mon texte! :D
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