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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
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A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Les espoirs flamboyants par Satchre

[8 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Cette fan-fiction a été écrite dans le cadre de l'Echange de Noël 2015 et surtout écrite avec beaucoup de plaisir pour Emiwyn que j'embrasse fort au passage ♥

Il s'agit d'un cross-over en univers alternatif, mon tout premier, qui n'aurait surement jamais vu le jour sans Bibi qui n'a pas hésité à me donner ses avis et me pousser à me confronter à mes propres idées, merci à elle.

Merci également à Catie, ma coach d'écriture.


Disclaimer: L'univers Harry Potter appartient à J. K. Rowling. L'univers de Dowton Abbey appartient à Julian Fellowes.
Note de chapitre:

Bonjour à tous :D

Je vous reviens donc après une nouvelle longue absence pour vous faire partager ce premier chapitre d'une fiction commencée peu avant Noël.

Oscillant entre terreur de vous décevoir dans ce double fandom merveilleux et fierté de vous présenter le plus long chapitre que je n'ai jamais publié, j'attends avec impatience toutes vos remarques.

En attendant, bonne lecture !
Chapitre premier



Automne 1914.


Cora referma doucement la porte derrière laquelle reposait tant bien que mal sa jeune invitée. Peut-être n’a-t-elle pas cerné tous les tenants de cette histoire que Sybil lui a racontée de manière quelque peu embrouillée, mais elle a bien vu cette lettre qui semblait avoir été chiffonnée dans un mouvement non contenu de panique ou peut-être même de désespoir -une lettre surement porteuse de mauvaises nouvelles. Ayant compris le désir de sa fille de ne pas trahir les confidences qui lui avaient été faites, elle préférait cependant ne pas insister, faisant ainsi taire sa curiosité naturelle, se contentant de prendre les dispositions nécessaires pour mettre la malade au repos et faire mander rapidement le docteur Clarkson. Car Cora a encore la sensation de cette peau brûlante et moite sous la paume de sa main, et elle tient à s’assurer que ce malaise ne cache rien de plus préoccupant.

L’horloge sonna dans le hall. Cora pensa alors à sa femme de chambre qui devait l’attendre pour la changer et la coiffer, aussi hâta-t-elle légèrement le pas afin de ne pas faire attendre leur invité, un vieux camarade de monsieur le comte qui repartirait le lendemain même. Elle se résigna donc à laisser pour les heures à venir la jeune fille aux soins de Sybil et des domestiques, espérant que le médecin arriverait bientôt et qu’en cas de complication, on l’avertirait sans tarder.


* * *



- Grand-maman nous avait promis de se joindre à nous cet après-midi puis pour le dîner de ce soir, mais elle semble avoir un problème de chauffeur, informa Mary en entrant dans la salle à manger où étaient déjà présents ses parents et sa soeur Edith. Il faudrait lui faire envoyer la voiture.

- Ce sera fait, répondit son père. Sybil ne nous rejoint-elle pas ?

- J’ai demandé à Hannah de lui faire préparer une collation, informa Cora. Elle a tenu à rester auprès d’Elizabeth même après le départ du docteur Clarkson ; je crains que cette nuit passée à veiller ne l’ait particulièrement fatiguée.

- À ce propos, avez-vous eu de bonnes nouvelles à nous donner de notre jeune demoiselle Evans ? Comment se porte-t-elle à présent ? Je crois que mon vieil ami le colonel Havenstone a été assez déçu de ne pas pouvoir la revoir avant de nous quitter.

- Votre ami, Robert, ne saurait, en gentleman, prétendre à une quelconque marque d’affection de la part d’une jeune fille alitée dont il ignorait encore l’existence avant-hier. Ou je risquerais d’en avoir une piètre opinion, statua Cora avant d’ajouter un mot de remerciement à l’attention du majordome.

- Je ne pense pas que le colonel Havenstone pensait à mal, maman, souligna Edith.

- Tout comme tu exprimes avec innocence ce jugement, ma très chère soeur, ironisa Mary.

- Je pense seulement qu’il est un homme de bon sens et de convenances et je ne vois pas ce qui te pousse à persifler de la sorte, répliqua Edith blessée.

- Quant à cette pauvre Elizabeth, intervint Cora, peu disposée de toute évidence à endurer une nouvelle dispute entre ses deux aînées, je crains que son état ne soit guère rassurant.

- Est-ce donc si grave, l’interrogea vivement Mary.

- Le médecin est-il passé au moins, demanda le comte de Grantham d’un ton plus perturbé que celui de sa fille.

- Oui, hier au soir. Il est revenu ce matin, mais il attribue davantage le mal à un immense choc. Son état est sans doute aggravé par la santé quelque peu fragile qui est malheureusement la sienne depuis de nombreuses années.

- Cette grippe maligne qu’avait contractée Lady Victoria Cecil ?

- Et le reste de sa famille, oui.

- Quelle est cette histoire ? Je ne crois pas en avoir jamais entendu parler, fit remarquer Edith.

- Une triste mais, je le crains, banale histoire de grippe hivernale, expliqua le comte Grantham. Je crois que c’est le fils aîné du baron Carbery qui a été le premier atteint, puis la maladie s’est propagée. À l’époque, c’était la mère d’Algy qui s’occupait des enfants.

- Et elle est tombée violemment malade, elle aussi, compléta Cora. Elle n’a jamais totalement recouvré ses forces et toute leur maison en a été fort touchée. Mais le pire a sans doute été le décès de la petite Pétunia.

- Pétunia ?

L’exclamation de Mary fusa, reflétant involontairement l’air interrogatif d’Edith.

- C’était la soeur d’Elizabeth. Une enfant bien jolie, très bien élevée surtout. Je pense que la Lady avait dans l’idée de faire d’elle un bon parti. Avant que la malheureuse ne décède de cette grippe maligne.

- Comment se fait-il que nous n’ayons jamais entendu parler d’elle, s’étonna Mary.

- Il ne me semble pas que vous l’ayez rencontrée alors. Et puis la vieille Victoria s’est retirée du monde quelques mois après le drame et je ne pense pas qu’Elizabeth aime particulièrement évoquer cette période. Elles étaient très proches, Pétunia et elle.

- Pauvre Lily, murmura Edith, visiblement touchée.

- Il est vrai que l’idée de perdre ta soeur aînée doit vivement t’affecter, se moqua Mary.

- Ce qui est sûr, apparemment, c’est que je suis plus douée de compassion que toi, cingla sa soeur, et que je devine le chagrin qui a dû être le sien de perdre un proche, surtout à un si jeune âge. Elle ne devait pas avoir dix ans, n’est-ce pas ?

- Tout juste six en réalité, corrigea sa mère.

- Quelle horreur !

- Oui. Enfin, si ce sont des malheurs qui arrivent, j’espère seulement que les séquelles n’auront pas marqué sa santé au point de la mettre en danger aujourd’hui.


* * *



Sybil sursauta au léger bruit que produisit un instrument métallique tintant contre du verre (sans doute des flacons contenant des concoctions médicales pensa-t-elle machinalement). Elle se redressa vivement dans le fauteuil où elle s’était installée avant de glisser, sans en avoir conscience, épuisée par les longues heures de surveillance, dans un sommeil de surface. La lumière du jour avait de toute évidence profité de son inattention passagère pour chuter rapidement, aussi fallut-il quelques minutes à ses yeux pour s’habituer à la pénombre ambiante et embrasser l’ensemble du tableau qui se déroulait devant eux.

La chambre était parcourue par de faibles lueurs provenant du feu de cheminée rendu faiblissant par la combustion avancée des bûches déposées dans l’âtre, et des senteurs typiques des endroits aseptisés aromatisaient l’espace soigneusement fermé par les soins du médecin vigilant -et sans doute peu désireux de laisser le mal atteindre les autres habitants du domaine dans le cas où il se serait trompé au cours de son diagnostic. Sybil comprit en distinguant la silhouette du docteur Clarkson fermer sa trousse de soins ce qui avait dû l’aider à refaire surface. Elle saisit également en un instant qu’il s’apprêtait certainement à s’éclipser, aussi se débarrassa-t-elle de la couverture qui l’avait tenue à l’abri de la fraîcheur de novembre et se leva-t-elle pour, après un bref coup d’oeil en direction de son amie endormie, attirer le praticien dans un coin reculé de la pièce.

- Il y a, je pense, peu à craindre pour votre famille, indiqua le vieil homme dans un murmure apaisant.

- Mais est-ce grave, docteur Clarkson, s’inquiéta la jeune fille. Mon amie est-elle gravement atteinte ?

- Je ne vous cacherais pas que mademoiselle Evans est fort affaiblie. Le choc semble avoir été important pour son esprit et son corps doit encaisser. Mais le repos devrait seul suffire à la rétablir, soyez sans crainte.

- N’y a-t-il aucun risque dans son état, insista Sybil soucieuse.

L’homme eut un mouvement involontaire des sourcils, geste qui témoigna brièvement de sa surprise. Passée cette réaction non contenue et malgré la connaissance qu’il avait progressivement acquise de la benjamine des filles du comte au fil des années passées en relation avec Dowton et ses habitants, il sembla hésiter à trop en révéler.

- Je ne pensais pas que mademoiselle Evans vous aurait fait part de cet état étant donné sa situation, énonça-t-il lentement en dévisageant attentivement son interlocutrice.

Celle-ci jeta un nouveau regard vers le centre de la pièce. Dans son grand lit, serrée sous une épaisse couche de draps, Lily, bien qu’encore très pâle, semblait reposer plus paisiblement qu’elle ne l’avait fait au cours des précédentes heures. Pendant de brèves secondes, Sybil envisagea les solutions qui s’offraient à elle avant de déterminer que garder le silence pourrait avoir de plus fâcheuses conséquences : Clarkson était un homme intègre, trop respectueux pour ne pas dévoiler à la comtesse son diagnostic complet s’il n’obtenait pas une réponse satisfaisante à ses questions voilées.

Attrapant doucement le médecin par le bras, Sybil l’enjoint à se diriger vers deux fauteuils. Elle reprit place dans celui qu’elle venait de quitter, l’invitant implicitement à l’imiter.

- Comprenez bien que ce que je m’apprête à vous dévoiler ne doit pas quitter cette chambre, chuchota-t-elle, j’espère que vous en conviendrez dans quelques instants.

- Je vous écoute.

- Si Elizabeth utilise encore son nom de jeune fille, sachez que ce n’est que dans une intention de discrétion, puisqu’elle est depuis maintenant plus d’un an mariée à un Lord, pair de ce royaume. Ce n’est pas un mariage qui a connu un déroulement très commun, mais il a été validé aux yeux de Dieu et cela seul compte.

- J’ai peur de ne pas comprendre ce que vous cherchez à me dire, mademoiselle…

- Je suis sure que vous me comprenez parfaitement, docteur Clarkson. Je veux dire que ce bébé a été conçu dans le cadre parfaitement légal d’un mariage. Je sais que Lily garde toujours avec elle un document attestant de la légitimité de son union, mais vous comprendrez qu’elle n’est actuellement pas en capacité de vous le fournir.

- Vous me demandez donc, sur votre seule parole, de dissimuler à votre mère cette grossesse.
Ce n’était pas vraiment une question, mais pas non plus un accord, tout juste une explicitation. Et tandis que Sybil acquiesçait, ni l’un ni l’autre ne remarqua la porte qui venait de s’entrouvrir discrètement.

- Ainsi qu’à mon père, mes soeurs, toute ma famille et le reste de la maison, docteur. Jusqu’à ce que Lily vous prouve elle-même ce que je vous dis.

- En l’état des choses, votre amie est inconsciente et placée sous la responsabilité de monsieur le comte et madame la comtesse. Comprenez bien, Lady Sybil, qu’il ne m’est pas permis de laisser votre mère ignorante de la grossesse dissimulée d’une jeune fille de bonne famille résidant sous son toit.

- Sauf si je viens justement de vous apprendre que son mari est un homme important de ce royaume. Réfléchissez, docteur Ckarkson, insista-t-elle, que vous coûte de retarder de quelques jours votre décision alors que le silence pourrait vous attirer la faveur d’une famille de valeur ? -Et je ne vous parle là de reconnaissance, en aucun cas il ne s’agit d’une basse tentative de corruption. Mieux que quiconque vous savez que Lily n’est pas en assez bonne forme pour affronter les questions qui découleraient d’une pareille révélation.

- Alors nous tairons cet effroyable secret, émit une voix forte qui les fit sursauter.

À l’entrée de la chambre se tenait une Cora très droite dont la stature assurée ne parvenait cependant pas à masquer complètement le trouble.

- Maman !

- Madame la comtesse, je…

- Vous garderez le silence, Clarkson, appuya Cora. Je suis désormais avertie de la situation et croyez bien que je prendrai les dispositions qui s’imposent.

- Bien, madame.

- Laissez-nous à présent, je vous prie. Vous reviendrez comme vous l’aviez jugé nécessaire avant mon intervention, mais pour lors je dois m’entretenir avec ces demoiselles.

- Permettez-moi d’insister, Lady Crawley : il faut du repos à cette jeune demoiselle, du calme et le moins d’émotions possible.

- Ne vous tracassez point à ce propos, docteur. Pourriez-vous demander que l’on monte alimenter le feu, je vous prie. Et n’oubliez pas : pas un mot de tout cela à qui que ce soit.

Le médecin salua alors et prit rapidement congé, laissant en tête à tête la comtesse et sa plus jeune fille, non sans se demander comment allait bien pouvoir tourner cette histoire.

Aussitôt la porte refermée, Cora s’approcha du lit de la malade dont elle observa les traits tirés.

- Qu’elle est pâle, murmura-t-elle avant de se tourner vers sa fille. Sybil, ma chérie, il faut me dire la vérité maintenant. Quelle est cette histoire abracadabrante dont tu montais la tête de ce pauvre Clarkson.

La jeune fille, résignée, soupira.

- Comment… Comment Elizabeth pourrait-elle être mariée sans que nous n’en ayons été informés auparavant, s’exclama la comtesse. Cela ne se peut point !

- Et pourtant, Maman, c’est la vérité. Promettez-moi de ne rien en dire à personne, je vous en prie. Pas même à Papa ou à mes soeurs.

- Ai-je déjà trahi un secret ?

- Non jamais, ce qui vous attire pleinement ma confiance, mais Lily a ses raisons et mon dernier souhait est qu’elle se croit trahie. Vous souvenez-vous en septembre de la visite faite à père par de jeunes gens mobilisés.

- Certes, oui. J’avais trouvé que la raison de la venue de ce jeune marquis se tenait fort peu. Mais quel rapport… Oh Seigneur !

- Comprenez-vous, Maman, mon insistance à ne rien dire ?

Cora vacilla sous le choc de la révélation qui s’imposait brutalement à elle en même temps que lui revenait le triste récit rapporté par Lady Grantham quelques instants auparavant lorsque les deux femmes prenaient le thé dans le petit salon.

- Sybil, Sybil, s’exclama la comtesse suffocante en attrapant et serrant compulsivement la main de sa fille, sais-tu que…

- Hélas, oui. Lily a reçu une lettre officielle du ministère de la guerre hier matin.

- Seigneur !


* * *



Elle sentit d’abord sur ses joues et son front la chaleur des faibles rayons du soleil, douce et aérienne sensation qu’elle savoura paisiblement avant que le bruit d’une porte qu’on ouvre puis ferme et les murmures d’une discrète conversation ne détournent ses pensées. Ses yeux encore clos s’ouvrirent brusquement quand déferlèrent en elle les derniers souvenirs présents dans sa mémoire : James, la missive, l’écriture serrée et les mots cérémonieux, James, les larmes, James, le regard inquiet de Sybil, la douleur infinie, et toujours ce prénom résonnant comme un cri dans sa tête : James.

Lily s’agita faiblement dans les draps, attirant l’attention du docteur Clarkson, de Sybil et Cora, qui se tenaient légèrement en retrait pour ne pas troubler son repos.

- Vous revoilà parmi nous, Elizabeth, sourit doucement la comtesse en s’approchant d’elle. Vous nous avez causé bien de l’inquiétude ces derniers jours.

- Cora ? Quel… Dites-moi… dites-moi quel jour est-il, articula la jeune femme d’une voix éraillée de ne pas avoir été utilisée un temps.

- Vendredi. Vous êtes restée inconsciente durant trois jours, précisa le médecin en prenant son pouls. Tout me semble en ordre, ajouta-t-il à l’intention de la comtesse. Le choc, comme nous disions. Je ne peux que préconiser le repos, une alimentation justement équilibrée et de la compagnie, ce dont s’assurera fort bien Lady Sybil, j’imagine. Bien, il ne me reste qu’à prendre congé. Je repasserai demain matin pour m’assurer que votre état est stable, mademoiselle Evans, prenez soin de vous.

- Je vous remercie, docteur Clarkson, je vais vous raccompagner.

Les deux jeunes filles comprirent que leur désir était surtout de les laisser seules, aussi regardèrent-elles sans rien dire le médecin et la comtesse quitter la pièce, les plongeant dans un silence suspensif.

Sybil se retourna vers son amie et tendit alors une main vers la sienne pour la serrer en signe de compassion tandis que les yeux émeraude de Lily s’emplissaient d’eau salée.

- J’ai été contrainte d’avouer la vérité à ma mère, finit par avouer Sybil en brisant le silence. Le docteur Clarkson a rapidement compris pour le bébé et j’avais peur que des rumeurs ne se propagent trop rapidement.

- Tu as bien fait, murmura la jeune femme. Entre Edith et Mary… Excuse-moi, mais tes soeurs sont les pires ennemies des secrets.

- Je ne te contredirai pas, sourit gentiment Sybil. En revanche, nous pouvons compter sur maman, elle ne dira rien.

- J’ai confiance en Cora, autant qu’en toi, même si tu as cette qualité supplémentaire d’être mon amie, lui répondit-elle en toute franchise, serrant chaleureusement leurs mains toujours enlacées avant de repousser les draps et couvertures qui l’entravaient. Aide-moi à me redresser, s’il te plaît.

- Es-tu sure que ce soit bien prudent, s’inquiéta la fille du comte, soucieuse de la santé de son invitée. Tu es encore bien faible et le docteur a insisté sur la prudence dont tu devais faire preuve. Le bébé est encore si petit…

- Et fragile, je le sais bien, Sybil, et crois-moi je n’ai aucune envie de le mettre en danger alors qu’il est tout ce qu’il me reste, trembla Lily.

- Oh ma chérie, pardonne-moi, je…

Impuissante Sybil la prit dans ses bras, bouleversée par la tristesse qui faisait vibrer sa voix. En la serrant contre elle, elle ne put que remarquer une fois de plus combien elle semblait affaiblie et tellement différente de la jeune femme forte et affirmée qu’elle lui avait toujours semblé être depuis qu’elles se connaissaient.

Et soudain, en la voyant s’écarter doucement de son étreinte et alors qu’elle dévisageait cette femme aux magnifiques yeux et à la chevelure flamboyante, une violente prise de conscience se fit dans son esprit. Lily était une véritable amie, une confidente bien plus que ne l’avait jamais été ses propres soeurs, mais également une jeune femme qui n’était son aînée que de quelques années et se retrouvait désormais dans une position des plus délicates : veuve et enceinte de l’héritier d’une des plus grandes familles du royaume, elle n’en restait pas moins totalement inconnue aux yeux de la dite-famille. Sybil ne connaissait pas du tout monsieur et madame Potter (elle ignorait même l’intégralité de leur titre nobiliaire), qui pouvaient fort bien refuser d’accueillir parmi eux une simple fille de baron que leur défunt fils ne serait dorénavant plus en mesure de défendre.

Bien loin des pensées alarmantes de sa compagne, et de toute considération sur son futur incertain, Lily ouvrit le tiroir de sa table de nuit et récupéra, coincées sous une Bible et un livre sur la géographie européenne, les deux lettres que Sybil avait dû dissimuler rapidement, quelques jours plus tôt, sous l’emprise de la panique. Elle écarta vivement, comme brûlée par le toucher de la feuille rêche, la prose protocolaire dont les mots lui donnaient l’impression de planer encore dans les airs.

« À Mrs James Potter… avec une affliction et une commisération sincère… le regret de vous informer… votre époux… en ce mois de novembre 1914… des suites d’une blessure de guerre… une bravoure que le pays saura récompensée comme il se doit… veuillez acceptez à nouveau… »

Ses doigts tremblotants se promenèrent sur un papier de triste fabrication et portant les stigmates d’un voyage tortueux, des marques de terre et de larmes entre deux froissements. La dernière lettre.

Comprenant son silencieux désir de solitude, Sybil choisit de s’éclipser discrètement. Il serait toujours temps de revenir panser les blessures de son amie et l’épauler dans son chagrin, quand elle en aurait irrémédiablement accepté la réalité. Elle la laissa alors s’abîmer dans les paroles d’amour de ce jeune homme décédé prématurément -dire qu’elle ne l’avait connu que souriant, d’un charme effronté et rieur !- et, à son tour en quête de réconfort, adressa une muette prière à un Dieu trop silencieux depuis le début du conflit qui embrasait le continent, tandis que dans le corridor dévolu au logement des proches de la famille Crawley, une porte se refermait à nouveau sur une jeune fille noyée dans un chagrin dont aucun mot ne pourrait venir à bout.


* * *



Se brûlant les yeux dans les derniers mots de James et le coeur dans les souvenirs de leur amour trop vite effacé par la mort, Lily essaya de concevoir ce nouveau monde dans lequel elle venait de basculer et où était désormais injustement condamné à naître et grandir son enfant déjà orphelin de père.

Il ne reviendra pas Plus sa peau, plus sa voix Et il est si loin déjà



* * *



Novembre 1914. Belle Elizabeth, chère, très chère Lily, Au moment de vous écrire ces mots, ma main tremble terriblement. La guerre ravage de plus en plus le Front et elle promet déjà de marquer les esprits et l'Histoire. Une guerre sans précédent qui s'abat sur le continent. J'ai du mal à croire qu'il y a quelques semaines encore je vous tenais dans mes bras. Votre beauté, votre amour, tous ces moments passés auprès de vous, me semblent de plus en plus irréels, comme un paysage s'effaçant sous la brume. [...] Si mon heure venait à sonner, je partirai la douleur au coeur de vous laisser mais l’âme apaisée. Je crois pouvoir affirmer que je vous ai aimé d’un amour inégalé et sans faille, aussi me faut-il vous assurer une nouvelle fois de mon éternel attachement, ma si belle Lily. Vous dire également combien vous rencontrer et vous aimer a pu profondément bouleverser l’homme que je fus et qui vivait dans l’insouciance procurée par sa naissance, le rang et la fortune -une insouciance dans laquelle aujourd’hui sont immergés de trop nombreux hommes de valeur, aveuglés par le sort qui leur accordât un bonheur chanceux. Je me rends compte (et peut-être ne saurez-vous jamais combien ces mots sont justes) à quel point la douceur et la force, le charme et la bonté, dont vous faites sans cesse preuve, m’ont ouvert les yeux sur cette existence privilégiée qui est la nôtre. Ici, et malgré la hiérarchie militaire, et malgré les ordres de quelques-uns envers les autres, les hommes combattent, tombent et s’éteignent de la même manière, dans l’horreur et la détresse de nos insignifiantes existences. Ne reste alors que l’humanité, que vous avez si bien su attiser en moi, pour nous apporter ce courage qui nous est chaque jour davantage nécessaire. Quand me viennent à mon tour une lassitude et un abattement morbides, mes pensées vont à ces hommes placés sous mon commandement, ces hommes tout autant accablés et morts de peur à l’idée de ne pas en sortir vivants, et je puise alors dans votre amour la force de tenir, pour eux, pour nous. […] Je rage de n’être d’aucune utilité, mais je dois me faire à cette idée pour un temps. Ils m'ont transporté hier dans un camp médical, une zone située à l'écart des bombardements, et bien que mon état se soit amélioré ces dernières heures, j'ai le sentiment que cette rémission sera de courte durée. Peut-être, me direz-vous, s'agit-il d'un pessimisme morbide, mais, ma tendre épouse, je crains de ne jamais vous revoir...
Note de fin de chapitre :

Crédits: « Il ne reviendra pas Plus sa peau, plus sa voix Et il est si loin déjà » sont des paroles extraites de Big Daddy Boy, chanson interprétée par Daphné.

Les espoirs flamboyants est toujours en cours d'écriture. J'ai une idée précise de mon point d'arrivée et des étapes à faire en cours de route, mais tout n'est pas encore totalement défini. Je peux cependant déjà vous dire que l'histoire de devrait pas faire dix chapitres.

En ce qui concerne l'intrigue principale, j'ai envie d'attiser un peu votre curiosité, donc je me contenterai de vous dire que j'espère que ce premier chapitre vous a plu et que vous n'hésiterez pas à me faire part de vos remarques et commentaires ;)
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