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32ème Nuit Insolite


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De Les Nuits le 06/02/2023 15:45


128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


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De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


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De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Le secret d'Alice par NeviLee

[2 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

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Note d'auteur :

   Bonjour à toutes et à tous. Je suis fier de vous présenter ici ma deuxième production traitant des personnages dit canons de l'univers Harry Potter. Ici, vous découvrirez une histoire sur les parents de Neville, et plus particulièrement Alice Londubat.

 

   J'aime beaucoup le personnage d'Alice pour de nombreuses raisons. Tout d'abord, c'est la mère de mon chouchou incontestable, et le fait qu'elle lui ressemble physiquement ne fait qu'augmenter la sympathie que j'éprouve à son égard. Ensuite, n'oublions pas que cette maman s'est elle aussi sacrifiée pour le bien-être de son fils ; lequel, faisant partie de la Prophétie, a dû bénéficier de la même protection que Harry juste avant la chute du Seigneur des Ténèbres. Et enfin, il existe une autre fanfiction HP traitant de la jeunesse de Lily ("Les années de la Terreur"), si je ne m'abuse, dans laquelle ce personnage est tout bonnement génial. D'ailleurs, j'ai repris certaines idées de cette fanfic, j'espère que l'auteur ne m'en voudra pas.

 

   Au départ, cette fanfic était censée être ma contribution pour le concours HP fanfictions 2016, organisé par Short Editions. Mais incapable de me contrôler, j'ai écrit une histoire bien plus longue que ne doit l'être une simple nouvelle. Composée de cinq chapitres faisant chacun la taille d'une nouvelle standard sur Short Edition, j'ai finalement décidé d'abandonner l'idée de soumettre un des chapitres au prochain concours (je trouverai autre chose en temps voulu), et je le poste ici à la place. J'espère que vous aimerez.

Note de chapitre:

Disclaimer : L'univers de la magie, le contexte de l'histoire et les personnages principaux (Franck, Alice, Dumbledore, Lily, Fabian Prewett etc) appartiennent à JK Rowling. L'intrigue en elle-même est de moi.

Attention : Il se peut que vous retrouviez certains détails de cette fiction dans une autre intitulée "Les Années de la Terreur" (comme l'amitié entre Alice, Dorcas, Mary et Lily, le fait que Mary McDonald soit le leader de leur petit groupe et qu'elle soit morte avant l'obtention du diplôme...). C'est normal, je me suis clairement inspiré de cette histoire pour imaginer le background de "mon" Alice. Si l'auteur de la fanfic en question n'apprécie pas ces reprises, alors je retirerai aussitôt mon écrit de la circulation.

Crédits image : "Alice", par Pen_Umbra

   Cette sinistre pluie battante ne cessait d’assaillir les frêles carreaux des fenêtres à linteaux de bois, lesquelles tapissaient la façade de la petite maison de pierre, elle aussi brutalement martelée de gouttes glacées. Nonchalamment assis sur le rebord de la cheminée du salon, Franck observait d’un œil morne les trombes d’eau qui s’abattaient rageusement sur son foyer, le rendant bien plus sombre et inquiétant que d’ordinaire. En cette période tourmentée, il était impossible de savoir à qui imputer ce mauvais temps. Ces dernières années avaient en effet vu Dame Nature perdre progressivement du terrain face aux créatures ignobles qu’un sombre mage noir, dont le nom faisait trembler même les plus courageux, avait réussi à arracher à leur macabre sanctuaire.

   Cela faisait maintenant plus de dix ans que cet effroyable sorcier semait la terreur parmi toute la communauté magique de Grande Bretagne. Franck se rappelait très bien des disparitions suspectes qui avaient précédé son ascension au pouvoir ; une de ses premières victimes était d’ailleurs le père d’un de ses camarades à Poudlard. Grand ponte au Ministère de la Magie, on avait mis plus de six mois avant de s’inquiéter du départ précipité – en Australie, sans femme ni enfants – d’un des sorciers les plus influents du Monde Magique. Le jeune Londubat – alors petit garçon à l’époque – se souvenait également de la lenteur avec laquelle les enquêteurs du ministère avaient lancé les recherches qui devaient aboutir sur la découverte, en plein cœur de la Tamise, du cadavre décomposé de Terence Fortescue, directeur-adjoint du bureau de liaison des Gobelins. Le lendemain, les petites créatures qui régissaient Gringotts avaient commencé à rechigner à redonner leur or aux sorciers, prétextant des retards de paiements et des taux d’intérêts revus à la hausse.

   Dans le même temps, les Détraqueurs d’Azkaban avaient abandonné leurs postes de gardiens, forçant le ministère à réagir très vite. Ils furent ainsi remplacés au pied levé par une cinquantaine d’Aurors expérimentés, dirigés d’une poigne de fer par le légendaire Alastor Maugrey. A lui-seul, le farouche guerrier était parvenu à maintenir l’ordre à l’intérieur des murs sombres du sinistre établissement pénitentiaire, demeure forcée de plusieurs mages noirs extrêmement dangereux. Le farouche Auror avait de ce fait évité à la prison de subir la première évasion de sa funeste histoire. Mais profitant du désordre créé par la mort d’un grand responsable du Département de Contrôle et régulation des créatures magiques, ainsi que par l’absence d’une bonne partie des combattants les plus puissants du ministère, un groupe de loups-garous dissidents choisit ce moment précis pour frapper en plein cœur du Chemin de Traverse, lors d’une nuit de pleine lune. Les victimes se comptèrent par centaines, dont seule la moitié survécut. Parmi eux, le fils d’un ami de ses parents. Pauvre petit Remus, avait alors pensé Franck, le cœur peiné. Il n’avait même pas dix ans qu’il devait déjà se préparer à une vie de paria.

   Quelques semaines plus tard, Théosorus Nott, alors Directeur très populaire du Département de la Justice Magique, prit lui-même la décision controversée de faire sortir d’Azkaban certains des prisonniers les plus dangereux du monde magique. Il comptait en effet sur eux pour aider les jeunes Aurors inexpérimentés, seuls combattants restant au Ministère, à mater la rébellion des loups-garous. Cela avait plutôt bien fonctionné dans les premiers temps de l’opération, se souvint Franck. Contre toute attente, les anciens détenus avaient suivi à la lettre les directives de l’Ordre qui les avait mis aux fers. Ils avaient d’ailleurs fait presque plus de dégâts parmi les loups-garous que les jeunes Aurors, ces derniers se montrant bien plus réticents à l’idée de massacrer toute une population d’êtres sensibles qu’une simple peine de prison aurait suffi à calmer.

 

   Et c’était ainsi qu’il était arrivé, le grand sauveur ! Du moins, le pensait-on à l’époque.

   Grand et mince, entièrement enveloppé d’une fine cape noire qui dissimulait jusqu’à son visage. Il prit la parole d’une voix forte, tout en haut des marches de Gringotts, pour lancer un avertissement au ministère de la magie qui avait été incapable d’empêcher la survenue tous ces crimes. Avec un horrible timbre de voix suraigu, il avait imputé la responsabilité de ce désastre au Ministre de la magie Nobby Leach qu’il considérait, en tant que né-moldu, incapable de comprendre les enjeux de la communauté sorcière et la dangerosité des créatures qui l’entouraient. Il lança alors un appel à la motion de censure envers ce ministre qui, jusque là, avait été grandement apprécié et plébiscité par ses pairs. Or, à la grande surprise de tous, trois des sept directeurs de Département – dont Théosorus Nott – votèrent en faveur de la motion. Bien que n’ayant pas atteint la majorité nécessaire, les sorciers en question avaient réussi à faire douter la population magique sur la solidité d’un Ministère qui, pourtant, les protégeait depuis plus de trois siècles. Ainsi, le matin du 15 août 1968, après plus de quatre ans de bons et loyaux services, Leach fut forcé de démissionner suite au déclenchement aussi soudain qu’inattendu d’une épidémie de Dragoncelle, dont il fut l’une des premières victimes.

   S’ensuivirent alors plusieurs semaines de chaos qui virent des émeutes de sorciers éclater un peu partout dans le pays. Déçus du gouvernement qu’ils jugeaient inefficace ; effrayés par l’épidémie mortelle et les raids des survivants loups-garous ; révoltés par la désertion des Détraqueurs et la libération à l’amiable de plusieurs criminels ; et, enfin, dégoûtés par le comportement suspect des Gobelins, ils furent plusieurs milliers à réclamer l’ascension au pouvoir du sorcier à la voix glaciale. Dans les rues de Londres, Manchester, Liverpool, Leicester, Aberdeen, Glasgow et Cardiff, on entendait du matin au soir des slogans anti-moldus hurlés aux oreilles des principaux intéressés, lesquels ne comprenaient rien à la situation qui se déroulait sous leurs yeux. Ironiquement, ces slogans clamaient presque tous le nom d’un sorcier qui, par la suite, serait banni du vocabulaire magique durant de nombreuses années. Encore aujourd’hui, même Franck n’osait pas prononcer ce nom qui était devenu presqu’aussi terrifiant que son possesseur.

 

   Perdu dans ses souvenirs, les yeux vides toujours tournés vers la pluie agressive qui tombait dehors, le jeune Londubat se rappelait avec précision du climat instable dans lequel ces émeutes avaient plongé la communauté sorcière. Il revoyait les visages tendus de ses camarades de classe nés-moldus, dont les semblables ne cessaient d’être critiqués, rabaissés, et même honteusement ridiculisés par le mage sombre. Chaque jour, ce dernier gagnait de plus en plus de partisans, à l’image de deux de ses meilleurs amis Fergus Wenright et Alexander Fortescue – fils aîné du défunt Terence – qui réclamaient tous deux vengeance pour la mort toujours inexpliquée de ce grand nom du Ministère. Avec certitude, ils annonçaient qu’ils ne pourraient l’obtenir qu’avec ce nouveau « messie » au pouvoir. Franck, lui, n’avait jamais vraiment été convaincu par ces propos haineux. En compagnie de Fabian Prewett, le dernier de ses trois meilleurs amis, ils avaient préféré apporter leur soutien à la petite sœur d’Alexander, jugeant plus sage de l’aider à supporter son chagrin avec des paroles réconfortantes, plutôt que de l’inciter à suivre son frère dans sa folie vengeresse.

   Et ils avaient eu raison, se dit alors le jeune homme avec une sorte de satisfaction amère. Le soir du 30 août, alors que les émeutes anti-moldus ne faiblissaient pas, le sorcier dont-on-pouvait-prononcer-le-nom-à-l’époque annonça son projet d’accéder au poste de Ministre de la Magie. Face à ce danger manifeste, toute la communauté née-moldue se mobilisa afin de présenter à son tour sa candidate. Bien que d’origine sang-pur, Eugenia Jenkins, politicienne proche du célèbre Albus Dumbledore, s’était très vite prononcée en faveur du droit des moldus et des cracmols. Pour elle, il était impossible de laisser ce sorcier masqué prendre le pouvoir en Grande-Bretagne. La bataille électorale, qui fit rage pendant deux longues semaines, fut l’occasion pour les deux favoris d’écraser leurs concurrents à coups de manœuvres politiques plus ou moins légales – et plus que moins brutales. Le matin du vendredi 13 septembre, le sinistre mage masqué avait une très légère avance sur Jenkins, la championne des nés-moldus. Ce fut ce moment-là qu’Albus Dumbledore choisit pour sortir de l’ombre. Directeur respecté de Pouldard, Président-sorcier du Magenmagot, Manitou suprême de la Confédération Internationale des Mages et Sorciers, plusieurs fois plébiscité au poste de Ministre de la Magie, ce dynamique vieillard de quatre-vingt-sept ans devait être le sorcier dont l’avis importait le plus au sein de la communauté de Grande Bretagne. Il prononça alors un discours dans lequel il annonçait son soutien inconditionnel à la candidate Jenkins pour la simple et bonne raison qu’en forçant les moldus à disparaître de la surface de la planète – comme semblait le souhaiter cet inconscient – plus jamais il n’aurait l’occasion de déguster ces délicieux éclairs au chocolat qu’il allait chercher chaque dimanche à la boulangerie de son village. Si le début de son discours en avait fait sourire plus d’un – et agacé bien d’autres – le sérieux avec lequel il avait poursuivi força toute l’assistance à l’écouter attentivement.

 

   Malgré ses douze ans à peine révolus, Franck avait très vite compris la portée et la sagesse de ces mots ; encore aujourd’hui, il n’avait rien oublié du discours inspiré qu’avait prononcé de directeur de son école :

« Je ne suis pas un politicien, je ne saurais donc vous parler de sujets aussi assommants que le cours du gallion, les lois anti-loups-garous, ou la sécurité des sorciers assurée par des créatures macabres et indignes de confiance, » avait-il dit d’une voix apaisante. « En revanche, en tant qu’enseignant qui exerce ce merveilleux métier depuis plus de trente ans, je peux vous affirmer que, moi vivant, on n’inculquera jamais les valeurs de violence et d’exclusion à Poudlard. Ainsi, qu’ils soient issus de longues lignées de sorciers, ou de non moins méritantes familles de moldus, je puis vous assurer que mon école accueillera en son sein tout enfant présentant des aptitudes magiques avérées. Et ce, quel que soit le sorcier ou la sorcière qui dirigerait notre gouvernement. S’il se trouve encore, après cette prise de position, un sorcier désireux de colporter ces idées que je trouve détestables au sein-même de l’établissement que je dirige, je le combattrai férocement jusqu’à ce qu’il succombe ou admette ses torts. »

   A la suite de ces mots aussi incisifs que menaçants, plusieurs sorciers et sorcières de l’auditoire s’étaient regardés mal à l’aise et avaient commencé à douter de leurs opinions qui – c’était très clair à présent – allaient totalement à l’encontre de l’idéologie du sorcier le plus sage et le plus puissant de leur communauté.

« Je profiterai également de cette intervention pour vous rappeler que je suis un très vieux sorcier un peu vieux jeu. A ce titre, je suis profondément attaché aux valeurs de respect et d’écoute qui fondent notre société depuis si longtemps. Ainsi, j’accepterai comme dirigeant légitime n’importe lequel des deux concurrents, s’il s’agit là du souhait de la population sorcière. Dans le cas, en revanche, où le malheureux vaincu n’accepterait pas sa défaite et souhaiterait contester le choix des sorciers et sorcières en utilisant des moyens… disons… non adaptés à la poursuite d’une paix et d’une sérénité durable au sein de la communauté, j’agirai également, et avec le même enthousiasme contre ce mécontent. Ce qui, je me dois de l’avouer en toute modestie, n’arrangerait pas ses affaires, quel que soit son degré de mécontentement. »

   Là encore, le discours du vieux sage avait surpris par sa gravité et son pessimisme ; jamais, en trois-cents ans d’existence du ministère, l’on avait contesté la nomination d’un ministre de la magie. Or, comme l’avait pourtant prédit Dumbledore, l’impensable se produisit. Le soir même des élections, à 21h30 précises, alors qu’Eugenia Jenkins fêtait sa victoire acquise sur le fil – grâce notamment au discours éloquent d’Albus Dumbledore – son concurrent dévoila sa vraie nature en même temps que son visage, dont la laideur en surprit plus d’un. Il se rendit seul au ministère de la magie, où se trouvaient encore la nouvelle ministre et son équipe fraichement constituée. Il y massacra l’intégralité des personnes qui y étaient encore présentes à cette heure tardive. Seule la ministre elle-même, et ses deux directeurs de Départements les plus jeunes, échappèrent à la tuerie. Les circonstances de leur sauvetage ne furent jamais vraiment tirées au clair, mais on savait qu’il avait impliqué un combat féroce entre Dumbledore et le candidat vaincu, lesquels avaient fait littéralement trembler tout le bâtiment. On nota également l’intervention très rapide de quatre enseignants de l’école – vraisemblablement les professeurs Noctulune, Slughorn, McGonagall, et Brûlopot – qui avaient réussi à évacuer les survivants malgré le guet-apens tendu par une dizaine de sorciers cagoulés sortis de nulle-part. Ce fut à ce moment-là que l’on se rendit compte de la dangerosité de ce sorcier au visage marqué par la magie noire, car sa puissance incommensurable lui avait, non seulement permis de terrasser de nombreux Aurors du Ministère, mais surtout de tenir tête à un homme que l’on considérait invincible.

 

   Par la suite, on commença à murmurer que c’était en réalité ce sorcier au faciès macabre qui était à l’origine des événements inquiétants survenus sur le sol britanniques ces trente derniers jours : soixante-trois disparitions inexpliquées, révolte des Gobelins et des loups-garous, et peut-être même la trahison des Détraqueurs. Loin de se laisser déstabiliser par les événements tragiques qui avaient secoué le début de son mandat, la nouvelle ministre Jenkins prit des mesures drastiques pour mater les émeutes de sorciers pro-sang-purs à travers le pays. Considérant comme une menace supplémentaire la liberté conditionnelle des terrifiants criminels qui avaient aidé à mater la rébellion des loups-garous, elle refusa catégoriquement de les faire combattre contre les partisans du sinistre Mage Noir. On les fit de nouveau enfermer, avec la promesse d’une réduction de peine une fois le conflit terminé. Renonçant, sur conseil de Dumbledore, à négocier le retour des Détraqueurs, elle mit en place un programme de formation accélérée de gardiens de prison, lequel réussit à rallier près de trois-cents sorciers venus prendre la relève des Aurors vétérans. Ces derniers – restés malgré eux à l’écart des terribles événements qui s’étaient déroulés au cours de ce terrible mois – se hâtèrent de rejoindre les rangs de la police magique et des brigades de tireurs de baguettes. Leur précieuse contribution permit la capture de certains fidèles de celui que l’on ne tarda pas à appeler le « Seigneur des Ténèbres ».  Cependant, qu’ils fussent éblouis par la force de ce dernier et par sa grande maîtrise des arts obscurs, convaincus par ses idées qu’il ne cessait de défendre avec un charisme macabre, ou effrayés à l’idée de finir à leur tour en cadavres putréfiés, le nombre de sorciers qui choisit de le suivre dans ses actions insensées supplanta largement celui de ceux qui, auparavant séduits par ses idées, l’avaient abandonné par dégoût pour ses méthodes controversées.

   Ainsi, en à peine un mois, s’était déclarée la guerre la plus sombre et la plus meurtrière depuis la création du ministère. Opposant les Aurors de Jenkins à ceux qui se faisaient appeler « Mangemorts », elle allait décider du sort de la population entière des Iles Britanniques. A la fin de l’année 1968, craignant d’être le prochain cadavre sur la liste, chaque sorcier habitant les Îles Britanniques avait fini par éprouver une telle terreur à l’évocation du nom de ce redoutable mage noir que ce dernier devint vite tabou dans l’ensemble du monde magique.

 

   Cela faisait maintenant douze ans que cette guerre avait débuté. Eugenia Jenkins avait continué à lutter férocement contre le mage noir jusqu’au bout de son mandat et, poussée vers la sortie en raison de son incapacité à repousser complètement les attaques des Mangemorts, elle fit le serment de continuer le combat et d’apporter tout son soutien à celui qui le succéderait. Cependant, il ne lui fallut que six mois pour briser cette promesse, lorsque Harold Mitchum, le nouveau ministre, partisan d’une radicalisation des pratiques, réhabilita les Détraqueurs à Azkaban, sous la forte influence de Bartemius Croupton, jeune directeur du Département la Justice magique et survivant du massacre du Ministère en 1968. Malheureusement, loin d’améliorer la situation critique dans laquelle se trouvaient les sorciers britanniques, cette décision ne parvint qu’à l’envenimer encore davantage. En effet, si la présence des Détraqueurs à Azkaban renforçait la sécurité à l’intérieur de la sinistre prison – encore fallait-il le prouver ! ne cessait de répéter Albus Dumbledore – elle n’avait aucun effet sur les terribles Mangemorts qui sévissaient presque tous hors des murs de l’établissement pénitentiaire. Au contraire, cela les rendait bien plus féroces et difficiles à capturer, les amenant parfois à commettre des crimes ignobles pour éviter de finir leurs jours à nourrir l’appétit insatiable de ces terrifiants geôliers. A l’intérieur d’Azkaban, les détenus commençaient eux aussi à s’agiter. N’ayant jamais pris partie pour le Seigneur des Ténèbres, et s’étant même dits prêts à prendre les armes contre lui, ils voyaient le retour des Détraqueurs comme une trahison des hautes instances qui manquaient à la promesse que leur avait faite la ministre Jenkins.

   Ne faisant pas confiance à ce nouveau leader qu’il trouvait bien plus têtu qu’efficace – il ne se faisait d’ailleurs pas prier pour le faire remarquer – Dumbledore choisit ce moment pour abandonner son poste de simple observateur. Il créa, d’abord dans le plus grand secret, le premier Ordre du Phénix. Ainsi, en décembre 1975, se réunirent pour la première fois une vingtaine de courageux sorciers, parmi lesquels figuraient d’anciens camarades du vieux sage, plusieurs de ses meilleurs élèves maintenant diplômés, et de nombreux vétérans qui l’avaient soutenu lors la guerre contre Grindelwald. Au terme d’une discussion particulièrement longue et houleuse, ils tombèrent d’accord pour s’octroyer la mission qui tenait le ministère en échec depuis près de sept ans, à savoir la protection des sorciers et des moldus contre le mage noir et ses Mangemorts. Ces derniers devenaient de plus en plus virulents à mesure que leur influence s’étendait jusqu’aux confins du pays. Diplômés depuis quelques mois, Franck et ses amis – Prewett comme Fortescue – intégrèrent aussitôt le petit groupe de résistants et luttèrent, souvent au péril de leurs vies, pour la protection des cibles de ces cruels Mangemorts. Ils furent imités trois ans plus tard par les gamins Black, Potter, Lupin et Pettigrow ainsi que –  au grand dam de Franck – par Alice, qu’il connaissait depuis l’enfance, et ses amies Lily, Dorcas et Mary.

 

   A présent, cinq ans avaient passé depuis le deuxième changement de ministre et l’intégration de Franck dans l’Ordre du Phénix, mais rien ne s’était arrangé pour la communauté magique de Grande-Bretagne. Les meurtres atroces de familles entières – moldues comme sorcières – ne diminuaient pas d’un crin de licorne ; elles avaient même tendance à se banaliser en ces temps troublés. L’angoisse de retrouver la Marque des Ténèbres au-dessus de sa maison, ou n’importe où ailleurs, était devenue permanente. Le Ministère, truffé d’espions à la solde du Mage Noir, respirait à présent la méfiance et le doute de la part de ses employés qui ne savaient plus à qui se fier. Il en était d’ailleurs de même pour le Chemin de Traverse, Pré-au-Lard, et tous les autres lieux habituellement fréquentés par les sorciers. Ainsi, en dépit du climat de paix, de confiance, et de sérénité dans lequel avaient vécu des milliers de sorciers pendant plus de cinquante ans, il avait fallu moitié cinq fois moins de temps au Seigneur des Ténèbres pour briser tous ces acquis et instaurer sa propre terreur à laquelle plus personne n’échappait.

   Très vite, il était devenu évident que le pauvre Harold Mitchum, complètement dépassé par les événements, ne contrôlait plus rien dans ce chaos qu’était devenue la société sorcière. Ainsi, le Ministère de la Magie, en pleine disgrâce, devait à présent se battre sur deux fronts. Celui du clan des Ténèbres, en premier lieu ; il comptait désormais plusieurs centaines de sorciers animés par une haine farouche des moldus, des dizaines de loups-garous dégoûtés par le massacre des leurs douze ans auparavant, et les détenus d’Azkaban, qui attendaient avec impatience la trahison imminente de leurs geôlliers pour pouvoir se venger de ce ministère qui retournait sa cape de voyage un peu trop facilement à leur goût. Celui de la communauté sorcière ensuite, laquelle s’était finalement rendue compte qu’un durcissement des peines encourues n’avait en rien empêché l’ascension irrésistible du terrifiant Mage noir. Incapable de redresser la barre, et malgré ses nombreuses tentatives pour conserver le pouvoir, Mitchum dut abandonner sa fonction face à la pression, devenue insoutenable, qu’exerçait sur lui l’ensemble de la communauté magique. Il fut cependant bien moins fair-play que la sorcière qui l’avait précédé. La mâchoire crispée devant un micro de la RITM, il avait prédit que si l’on confiait le poste de Ministre à une sorcière aussi cinglée et incompétente que Milicent Bagnold, la communauté magique n’avait plus qu’à tendre une corde pour se pendre.

   L’intéressée elle-même ne semblait pas très confiante lors du jour crucial de sa prise de poste. Mais – comme l’avait très justement dit Dumbledore – elle n’avait pas plus le choix que lui lorsqu’il avait dû se résigner à changer de boulangerie. De toute façon, aucun sorcier totalement sain d’esprit n’aurait voulu porter sur ses épaules le terrible fardeau du chef du gouvernement des sorciers. Tous refusaient d’assister, impuissants, à l’effondrement du monde magique, dont la responsabilité leur aurait été imputée par leur simple fonction de Ministre. Le vieux sage de Poudlard, de son côté, avait promis son soutien inconditionnel à la nouvelle ministre. Il lui révéla également l’existence de l’Ordre du Phénix qui combattait dans l’ombre et lui permit d’en utiliser toute la puissance et les réseaux pour mener à bien la guerre contre les Ténèbres. Ceci à condition, bien sûr, que ledit Ordre garde sa dimension secrète, mais cesse d’être la cible d’Aurors ignorants. Acceptant aussitôt ces conditions, la jeune ministre pouvait à présent coordonner conjointement les actions de ses Aurors avec celles des membres de l’Ordre, lesquels pouvaient enfin agir en toute impunité.

 

   En ce début d’année 1980, alors que les lourdes giboulées de mars continuaient de s’abattre sur la Grande-Bretagne, la situation commençait à se stabiliser, et les forces de chaque camp s’étaient à peu près équilibrées. Mais le regard toujours tourné vers ce paysage sombre et maussade, Franck n’arrivait pas à se réjouir de ce revirement inespéré. Après cinq longues années de lutte acharnée pendant lesquelles il avait vu mourir plus de camarades que les sorciers espagnols pendant l’inquisition, le jeune homme se sentait fatigué. Il était las de ces combats, qui auparavant l’avaient tant excité ; las de ne plus porter autant de crédit à la vie humaine lorsqu’il se voyait dans l’obligation de torturer ses ennemis, ou d’achever ses amis mourants ; las au point de ne plus ressentir de boule au ventre au moment où il entrait dans une maison au-dessus de laquelle flottait la si terrifiante Marque des Ténèbres ; las de s’être retrouvé à trois reprises face au Mage noir, et de lui avoir échappé de justesse à chaque fois, sans jamais être capable de lui porter un seul coup ; las enfin, de ne pouvoir fonder de famille digne de ce nom dans ce monde qui semblait ne plus jamais pouvoir s’empêcher de partir à la dérive.

   Bien entendu, il avait fini par se marier avec Alice Fortescue, qu’il aimait en secret depuis bien longtemps, et avait emménagé avec elle dans une petite maison non loin du célèbre hameau de Loutry Ste Chaspoule. Mais ne voulant en aucun cas élever d’enfant dans un monde comme celui-ci, ils étaient tous deux tombés d’accord sur le fait qu’ils utiliseraient tous les charmes de contraception possibles et inimaginables – à en devenir stériles si nécessaire – jusqu’à ce que le règne de terreur de cet ignoble mage noir arrive enfin à son terme. De nombreux couples, parmi leurs amis, avaient fait de même, à l’image des Prewett, des Bones, des Potter et des McKinnon. Ils patienteraient encore cinquante ans s’il le fallait, mais s’en tiendraient à leur serment. Pourtant, en voyant sa femme s’avancer vers lui, la mine déconfite, les yeux humides et les mains tremblantes qui serraient étroitement une fiole de potion, Franck remarqua avec horreur que la couleur de la mixture à l’intérieur ne mentait pas. Le rose vif était on ne-peut-plus explicite, Alice était enceinte.

   Les sourcils levés, la bouche et les yeux grands ouverts, Franck Londubat mit du temps avant de comprendre pleinement la vérité, à la fois belle et terrible, qui s’imposait à lui. Une fois cet exploit accompli, il se surprit grandement à ressentir de nouveau cette lassitude. Il devrait encore se résigner à risquer sa vie pour protéger celle d’autrui. Une fois de plus. Une dernière fois…

Note de fin de chapitre :

   Voilà voilà, le premier chapitre est terminé !

Je sais, cela ressemble plus à un court d'histoire de la Magie Contemporaine qu'à une nouvelle traitant d'un personnage de Harry Potter. Mais cela faisait longtemps que je voulais écrire une description chronologique de la première guerre des sorciers, j'en ai donc profité pour l'incorporer dans cette introduction (oui, au départ ce n'était censé être qu'une introduction à ma nouvelle, c'est devenu une nouvelle à part entière).

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