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De Conseil d'Administration le 26/05/2024 18:10


144e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 144e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Samedi 18 mai à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits et à vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De L'équipe des Nuits le 12/05/2024 11:00


Nouvelles des Podiums du joli mois d'avril


Bonsoir à toustes !

En ce début de printemps, c'est la nouvelle pousse des sélections nouveau format qui fait sa germination !

Vous pouvez donc voter pour le thème du prochain trimestre de lectures, ici, entre le personnage Hagrid, la catégorie Romance ou le genre Aventure/action, jusqu'au 30 avril !

Egalement jusqu'au 30 avril, vous pouvez lire ici les textes de la Sélection Enfances, puis voter ! Nous vous encourageons fortement à laisser un petit mot après votre lecture, cela motive et encourage toujours, et donne corps à notre volonté de favoriser les échanges autour des textes sélectionnés.

De jolies récompenses sont prévues grâce aux créations graphiques de lilychx ! Rendez-vous au début du joli mois de mai...


De L'Equipe des Podiums le 03/04/2024 00:05


143e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 143e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Vendredi 12 avril à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits. C'est ici pour vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
À très bientôt !

 


De L'équipe des nuits le 31/03/2024 15:51


Journées Reviews de mars !


Aux membres d'HPF,

Les prochaines Journées Reviews auront lieu du vendredi 22 au lundi 25 mars. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page jusqu'au jeudi 21 mars.

A bientôt !


De Journées Reviews le 17/03/2024 18:35


142e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 142e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Samedi 23 mars à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits. C'est ici pour vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
À très bientôt !

 


De L'équipe des nuits le 12/03/2024 11:27


Confession d'une championne... hors norme par jalea

[405 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Bonjour ! :)

Voici le premier chapitre, j’espère qu'il vous plaira. Un grand MERCI pour vos reviews au prologue, je ne m'attendais pas à en recevoir autant !

A bientôt :)
Chapitre 1 : Marlène, le retour !





- Pourriez-vous me décrire l'individu ?

Je sais ce que vous vous demandez : Marlène McKinnon, dans quoi est-ce que tu t'es encore embarquée ?

Et bien, je vais vous le dire ! Une vision. C'est toujours à cause d'une vision que je me retrouve dans des situations pas possible, pour le moins rocambolesques (woah, vous avez vu ça ? Un été avec mon frangin et j'enrichis mon vocabulaire). Ma dernière vision en date ? Une sorcière qui se fait agresser à la sortie d'un café. J'ai dû abandonner mon activité favorite (flemmarder dans ma chambre), pour me précipiter à la rencontre de cette jeune femme, armée de ma batte. Puis je me suis dit que ça ferait bizarre, de quitter la maison comme ça, avec une batte. Déjà que ma mère me soupçonne d’être dans un gang... C'est là que je me suis souvenue que moi aussi, j'étais une sorcière, et que je ferai mieux d'emporter ma baguette magique.

Parfois, il m'arrive de l'oublier. En général, dès que j'ai un problème, je me sers de mes poings. Ce soir, je n'ai pas eu l'occasion de m'en servir. A peine suis-je arrivée au café que l'agresseur s'était envolé, effrayé par le bruit de mes pas. J'ai quand même eu le temps de bien voir sa sale tronche de dégonflée ! Deux Aurors ont débarqué peu de temps après sur les lieux. Et quand je leur ai demandé pourquoi ils n'étaient pas arrivés plus tôt (puisqu'ils semblaient être au courant qu'une pauvre jeune femme était en train de se faire brutaliser) ils ont eu le culot de me répondre qu'ils n'étaient pas devins. Allez, comprendre !

Je ne vais pas vous mentir, il y a quand même de maigres compensations à être médium. L'Auror qui prend ma déposition est carrément canon. Un grand brun, aux prunelles sombres et à la musculature parfaite, vêtu d'un impeccable costume gris. Soudain, le séduisant Auror plante son regard dans le mien. Comme ça, sans prévenir ! Sans même m'avoir laissé le temps de m'y préparer.

- Quelle taille faisait-il ?

Hein, qui ça ? Je le vois tapoter nerveusement sa plume sur son bloc-note. J'en déduis qu'il est agacé que je tarde à répondre à ses questions, mais c'est difficile de se concentrer avec des yeux pareils !

- Je dirais... entre un mètre vingt et un mètre quatre-vingt-dix.

Plus je reste évasive, et plus on passera de temps ensemble, non ?

- Sa corpulence ?
- Mince de loin, mais gros de près.
- Son âge ?
- Oh, je ne sais pas trop. Un jeune assez vieux.

Le bel Auror arque un sourcil, visiblement perplexe. Néanmoins, il poursuit :

- Sa couleur de cheveux ?
- Blond... de loin, mais incontestablement roux de près !
- Dites-moi, Mademoiselle...

Quel âge peut-il avoir peut-être vingt-deux, vingt-trois ans ? Le bellâtre se frotte la tempe d'un air las. Sa crispation laisse apparaître d'adorables fossettes sur ses joues, qui renforcent son air juvénile. Ça y est, je suis amoureuse. Et j'élabore déjà dans ma tête tout un tas de scénarios pour me retrouver seule avec lui. Attention, je ne suis pas le genre de fille qui s’extasie devant le premier venu, mais quand un garçon me plaît... Je peux devenir assez obsessionnel. Non, le mot est un peu fort. Là, vous allez imaginer une nana avec une hache à la main qui poursuit un joli garçon dans les rues de Londres. Disons plutôt que je suis une jeune fille déterminée. Oui, ça sonne beaucoup mieux.

- Vous ne seriez pas en train de me faire tourner en bourrique, par hasard ? me demande l'Auror avec un petit sourire au coin, qui me laisse croire qu'il voit clair dans mon jeu.
- Moi ? fais-je mine de m'étonner, les yeux ronds. Pour quelle raison ferais-je une chose pareille ?
- À vous de me le dire, Mademoiselle Mckinnon.
- Je m'appelle Marlène. Et vous, c'est quoi votre petit nom ?

C'est quoi ce truc que fait Lily et qui rend dingue James, déjà ? Ah, oui. Un petit mouvement de cheveux en arrière. Là, vous avez vu le mannequin en herbe ? Cet Auror en tombe à la renverse tellement je l'affole. Euh, autant pour moi. Il vient de trébucher sur un gros caillou.

- Je prends la relève, Marcus.

Le second Auror, un homme au visage ridé et une barbe naissante grisonnante, s'approche vers moi à grands pas. Je me compose une expression neutre apparemment ratée, puisqu'il me dévisage comme s'il avait affaire à une criminelle en fuite.

- À nous deux, Miss Mckinnon. Pourriez-vous me détailler votre agresseur ?
- Il était petit, pas plus d'un mètre soixante-dix pour quatre-vingt kilos. Il avait les cheveux noirs coupés court, les yeux marrons, un nez aquilin ainsi qu'une mince cicatrice au-dessus de son œil droit. lui dis-je d'une seule traite, sans reprendre mon souffle. On a fini ? j'ajoute, en essayant de ne pas paraître trop pressé.

Si j'arrive encore une fois en retard au dîner, je vais avoir droit à un autre interrogatoire de la part de mes parents ! L'Auror me regarde bêtement, un brin déconcerté par ma tirade.

- Quel âge avez-vous, jeune fille ? m’interroge le vieil homme en haussant ses épais sourcils noirs et broussailleux.
- Vingt-et-un ans.

Je lance un sourire qui se veut aguicheur au dénommé Marcus, mais ce dernier s'empresse de me corriger :

- Elle a tout juste dix-sept ans.

Ah, c'est vrai. J'ai fait l'erreur de lui dire mon âge au début de l'entretien. Je suis tentée de lui faire remarquer que c'est la majorité sexuelle chez les sorciers, mais je doute que ce soit le moment idéal.

- Et vous traînez dehors à une heure pareille ? s’exclame le vieil homme, sur un ton paternaliste.
- Je suis majeur, m'sieur l'Auror !

Et je vais finir par lui en montrer un de majeur, s'il persiste à me parler comme à une enfant. Il est à peine dix-neuf heures ! En détournant les yeux, je capte le regard larmoyant de la jeune femme à qui je viens de porter secours. Dès qu'elle m'aperçoit, elle s'élance vers moi et se jette dans mes bras.

- Vous m'avez sauvée la vie, je ne vous oublierai jamais ! s'écrie-t-elle d'une voix entrecoupée de sanglots.

N’exagérons rien, le sorcier s'est tiré avant même de lui avoir jeté un sort. Ses cheveux me balaye le visage et je sens la moiteur de ses larmes sur mon t-shirt. Je la repousse comme je peux, mais elle s'accroche à moi comme un naufragé à sa bouée de sauvetage.

- C'est bon, ça va aller. dis-je en lui donnant des petites tapes sur le dos, plus que mal à l'aise.

Ce n'est quand même pas la fin du monde, et il n'avait pas l'air bien dangereux ce bonhomme.

- C'était... un Mangemort ? demande timidement la sorcière.
- J'en doute fort ! Selon vos dires, il avait le visage à découvert et en voulait à votre sac à main. répond sèchement le vieil Auror.

« Et bien excusez-nous du dérangement ! La prochaine fois, on espérera de tout cœur que c'en soit un, de Mangemort ! » je songe en le foudroyant du regard.

- Eh ! Vous pourriez vous adresser à cette pauvre femme sur un autre ton, non ?

L'Auror tourne férocement la tête dans ma direction, mais je soutiens son regard sans broncher. Le vieux barbu a beau avoir trois fois mon âge, il y a des façons de parler aux gens ! On ne lui a pas appris à faire preuve de délicatesse dans le cadre son foutu travail ?

- Nous allons le retrouver, affirme-t-il à la jeune femme d'un ton plus conciliant.
- Dites, on a fini ?

Je me dandine d'un pied sur l'autre, en essayant d'ignorer le fait que dans mon empressement, je suis sortie seulement vêtue d'un vieux t-shirt délavé et d'un short. Et puis, je suis pieds nus dans mes baskets ! La sensation est plus que déplaisante.

- Marcus, escorte cette jeune demoiselle jusque chez elle. ordonne le vieil Auror, en me désignant du menton.

Mais comme je le disais, il y a des compensations ! Je m'en vais rejoindre le séduisant Auror, tout sourire. En guise d'au revoir, je gratifie ma petite protégée d'un sourire rassurant accompagné d'un signe de la main, puis je me tourne vers monsieur : « Je suis trop canon mais je fais semblant de ne pas le savoir », et me colle littéralement à lui.

- Vous, euh... n'avez pas votre permis de transplanage ? questionne le jeune homme, surpris par ma proximité.
- Non, m'sieur l'Auror. je minaude en battant des cils.

Je l'ai raté, mon permis. Il paraît que c'est interdit de boire une bièreaubeurre avant de transplaner, et personne n'a jugé bon de me prévenir ! De toute façon, même si je n'avais rien bu, j'aurai quand même foiré mon atterrissage. Mais revenons à nos lutins ! Marcus sent le savon frais et l'après-rasage. Un autre avantage à sortir avec des garçons plus âgés : contrairement aux adolescents, ils se lavent. Je lui indique mon adresse, sans pouvoir refréner un sourire malicieux.

Il est temps de passer à l'action !


******


- C'est votre maison ? me questionne Marcus, pour la dixième fois.
- Je ne suis pas certaine, je réponds en faisant la moue.

Je me cramponne à lui, non pas pour humer son odeur agréable, mais pour garder l'équilibre. Tous ces voyages inutiles m'ont donné le tournis. On n'a pas idée de transplaner si vite ! Je suis à deux doigts de rendre mon petit-déjeuner de la veille. Je relève la tête, et croise le regard impatient de l'Auror.

- Mademoiselle, j'ai autre chose à faire que de jouer les chevaliers servants !

Dites-moi que je rêve ! Je m'écarte du jeune homme pour lui lancer un regard noir. J'avais presque oublié à quel point les garçons avec un physique trop avantageux pouvaient être présomptueux ! Non, mais il m'a bien regardé le bourreau des cœurs ? Je viens quand même de risquer ma vie pour secourir une inconnue ! Et pendant ce temps, lui, il faisait quoi ? Il se barbouillait le visage d'after-shave !

- Chevaliers servants ? je répète d'un air indigné. Là, il y a erreur mon beau ! Je ne suis pas de celles qui ont besoin d'être sauvé.

Quel naze, ce type ! Je m'éloigne d'un bon pas dans la rue calme, et remonte l'allée en direction d'une modeste bâtisse aux volets blancs, coiffée d'un toit de tuiles rouges.

- C'est bien ma maison, je ne vous retiens pas plus longtemps monsieur l'Auror ! lui dis-je, méprisante, avant de pivoter une nouvelle fois sur mes talons.

Je me dirige à grandes enjambées vers le perron, mais en gravissant les marches, je constate que Marcus me suit de près.

- Qu'est-ce que vous faites ? je m'enquiers d'une voix cassante.
- J'aimerai dire un mot à vos parents.

Et puis quoi, encore ! Je me précipite devant la porte d'entrée et pose une main sur son torse pour l’empêcher d'avancer. Si jamais ma mère à vent de cette histoire, je ne suis pas prête de remettre les pieds dehors !

- Inutile de vanter mes prouesses, mes parents sont déjà au courant ! dis-je précipitamment.
- Au courant de quoi ?
- Et bien que leur fille est brave, courageuse, forte, vaillante, généreuse, dévouée... un vrai modèle de grâces et de perfection. je conclus, à court de mots.

Le brun me contemple quelques instants bouche bée, l'air totalement incrédule. Puis, pour la première fois de la soirée, un franc sourire éclaire son visage à tel point que je crois avoir des hallucinations. Ses dents sont- sans surprise, c'en est presque risible- d'une blancheur éclatante et parfaitement alignées.

- Vous êtes un sacré numéro ! s'exclame-t-il en riant.

Je lui offre mon plus grand sourire, étrangement heureuse de le faire rire.

- Soyez prudente, à l'avenir.

Le bel Auror m'adresse un clin d'œil entendu et me tourne les talons sans plus de cérémonie. Je le regarde s'éloigner de sa démarche lente et assurée, puis m'élance à sa suite sans réfléchir : « On s'envoie un hibou, à l'occasion ? » je m'écrie bêtement, alors qu'il tourne le coin de la rue pour transplaner à l’abri des regards indiscrets. Non ? Bah, tant pis. Il y a plein de gnomes dans le jardin ! Ou de poissons dans l'océan, à vous de voir. Je m'apprête à rebrousser chemin lorsqu'une voix familière prononce mon nom à plusieurs reprises.

Je me retourne et découvre le visage rayonnant de ma voisine d'en face, pendue à sa fenêtre. Je connais Kendra Jenkil depuis le bac à sable, et même s'il m'est parfois difficile de lui cacher que je suis une sorcière, je fais en sorte de conserver notre amitié. Je m'approche de sa maison pour aller la saluer, mais avant même que j'aie le temps d'ouvrir la bouche, elle me demande en papillonnant des cils :

- C'était qui, le beau monsieur ?
- Kendra, t'as pas honte d'espionner tes voisins ? je la sermonne, les mains sur les hanches.

Le sourire jusqu'aux oreilles, elle se penche un peu plus par-dessus le rebord de la fenêtre tandis que ses cheveux mouillés retombent comme un rideau de chaque côté de son visage.

- Non, avoue-t-elle joyeusement. Alors, c'était qui ?
- Un garçon, je lance d'un haussement d'épaules.
- Ça, je m'en étais aperçue toute seule !

Je secoue la tête d'un air amusé, et lui réponds que j'ai rencontré Marcus à la sortie d'un café, ce qui n'est pas à proprement parler, un mensonge. Kendra attend patiemment la suite, puis roule des yeux en comprenant qu'elle n'obtiendra rien d'autre de moi. Quand cela implique la magie, je donne des réponses évasives qui ont le don de la décourager assez facilement.

- Désolée pour toi. Tu t'es fait jeter en beauté, non ? ajoute-t-elle, devant mon air interrogateur.
- Pas du tout ! Je lui ai fait une très forte impression à ce garçon, je riposte en croisant les bras.
- Oh ouais, j'ai vu ça ! Surtout avec ton histoire d'hibou, se moque-t-elle sans vergogne. Tu sais, c'est quand même bizarre...

Je reste clouée sur place, redoutant le pire. Quand Kendra commence ses phrases de cette façon, elle sous-entend clairement que JE suis bizarre.

- Je vois souvent des hiboux voler au-dessus de ta maison, fait remarquer la jeune fille en dardant son regard droit devant elle.
- Ah ? C'est sûrement parce que... c'est la saison des hiboux, dis-je en feignant l’innocence.
- Il y a une saison pour les hiboux ? s'exclame Kendra, les yeux ronds comme des soucoupes.
- Ouais, tu ne savais pas ?

Mon amie fronce les sourcils si fort qu'ils ont l'air de se rejoindre, et j'entends presque les cliquetis que font les rouages de son cerveau pendant qu'elle réfléchit. Kendra est la fille d'un couple d'enseignants. De ce fait, elle a toujours cette crainte irraisonnée d'être considérée comme une idiote, ou de ne pas être à la hauteur. Si elle n'affichait pas une moue aussi pittoresque, je m'en voudrais presque d'inventer de tels bobards.

Après un long moment de réflexion, elle rétorque sur un ton vif :

- Bien sûr que si ! Je pensais juste que leur saison, c'était l'hiver.

Je hoche la tête, tout en me mordant la lèvre inférieure pour ne pas éclater de rire. Je regrette que Kendra ne soit pas une sorcière, ce serait génial de l'avoir avec moi à Poudlard ! On échange encore quelques banalités, puis je regagne la maison en courant. Avant de passer la porte, je jette un coup d’œil à ma montre en grimaçant : je suis très en retard.

- Où étais-tu encore passé ?!

La question fuse dès que je franchi le seuil de la cuisine, où m'attend le reste de ma famille. Je m'assieds à coté de mon frère avant de faire face au regard meurtrier de ma mère. Elle ne me ressemble pas du tout. Enfin si, un peu, on a les yeux de la même couleur. Pour le reste, nous n'avons strictement rien en commun. Je suis grande, blonde et négligée, alors que ma mère est petite, brune et élégamment coiffée. En gros, c'est le modèle classique de la femme au foyer des années cinquante, le sourire factice en moins.

Je m'arrache à la contemplation de son visage, puis invente une excuse :

- Euh, j'ai été retenue par... un chat coincé en haut d'un arbre !

Je saisis le plat de pommes de terre et me sers copieusement, parfaitement consciente que mon explication bidon ne trompe personne, et surtout pas Andrew qui me sourit de toutes ses belles dents. Tiens ! En voilà, un modèle de grâces et de perfection. Mon frère a hérité de tous les bons gênes, et moi j'ai... bah, à part ce don de voyance qui me pourrit l'existence, pas grand chose.

- Et t'as essayé de le faire tomber de son arbre à coups de pierre pendant plus d'une heure ? ricane Andrew.
- Je ne voulais pas le faire tomber ! Je l'ai sauvé, dis-je fièrement. Quoi ? je grogne devant leurs mines interdites, il m'arrive de venir en aide aux ge... animaux !

Nouvel échange de regards incrédules.

- Alors pourquoi t'es-tu débarrassée de Griffus, hum ? m'interroge ma mère.

C'est pas vrai, on ne va encore revenir là-dessus ! Lorsque cette immonde boule de poils ne faisait pas ses besoins dans mes chaussures, il passait son temps à me griffer.

- Je ne m'en suis pas débarrassée ! Je l'ai donné aux bonnes œuvres, je soupire.
- Aux... bonnes œuvres ? répète mon père, perplexe.
- Je croyais que c'était à Hagrid, objecte Andrew en fronçant les sourcils.
- Ben oui, c'est bien ce que je dis !

Je ne vois pas où est la différence, je lui ai refilé généreusement mon chat, non ?

- Qui est Hagrid ? me demande ma mère, en se levant pour s'emparer du plat de pommes de terre avant que je ne puisse l'attraper.

Elle me décoche un ravissant sourire, l'air de dire : « Tu me remercieras plus tard de veiller sur ta ligne », et m'invite à poursuivre d'un geste de la main. Mais j'ai encore faim, moi ! Je me rabats sur un morceau de pain, avant de répondre :

- C'est le Garde-chasse de l'école. Il vit en ermite, tu sais. J'ai pensé que Griffus pourrait lui tenir compagnie...

Vraiment, il y a parfois où je m'étonne moi-même de ma grande bonté. Maman ne semble pas de cet avis. Elle ouvre la bouche, prête à me lancer une repartie cinglante, mais je la devance :

- J'ai quelque chose à vous dire.

Trois paires d'yeux se braquent instantanément sur moi. Et ils expriment tous le même message : « Qu'a-t-elle encore fait ? ». Je prends une grande inspiration, puis je déclare d'une voix ferme :

- J'abandonne mes études.

Un lourd silence s'installe pendant lequel chacun prend la mesure de ce que je viens de dire.

- Je te demande pardon ? souffle ma mère dans un chuchotis menaçant.
- J'abandonne... mes études ? je bredouille, plus très sûre de moi.
- Et pourquoi ça ? questionne mon père, ses yeux s'écarquillant de surprise.
- J'ai d'autres aspirations, je rétorque simplement.

« Comme rester en vie, et me tenir aussi éloignée que possible du type qui veut me trucider » je pense sombrement.

Il y a quelques mois de ça, j'ai eu la pire vision de ma vie. Il paraît - non, c'est même certain, mes visions se réalisent toujours- que quelqu'un va essayer de me tuer cette année ! D'où ma fabuleuse idée d'abandonner mes études. C'est simple : si je ne retourne pas à Poudlard, je reste en vie.

C'est pas une histoire de dingue ? Je veux dire, qui pourrait avoir envie de me faire passer l'arme à gauche ? Mise à part les premières années, une grande partie des serpentard, quelques élèves de divers maisons, un ou deux professeurs et le concierge de l'école... Je suis aimée de tout le monde.

- Et quelles autres aspirations, on peut savoir ? explose ma mère, tu n'as rien fait de tout l'été !
- Tu ne vas pas me reprocher de me reposer pendant les vacances ! je m'emporte à mon tour.
- Te reposer de quoi, au juste ? De tout les T que tu as eu à tes examens ? Rappelle-moi, Andrew, ce que signifie la note T ?

Je roule des yeux. Ma mère est peut-être une moldue, mais je peux vous assurer qu'elle connait la signification de mes notes bien mieux que nous !

- Troll, répond-t-il platement. Que comptes-tu faire cette année ? s'inquiète mon grand frère.

Qu'il se rassure, j'ai déjà établi mon planning de la semaine. Je vais flemmarder du lundi au jeudi. En revanche, le vendredi s'annonce plus chargé : grasse matinée et séance télévision l'après-midi. Tout un programme ! En voyant l'air furieux qu'arbore ma mère, mon sourire s'efface aussitôt. Je crois bien que je ne l'ai jamais vu aussi en colère.

- Tu vas terminer tes études, Marlène. Fin de la discussion ! assène-t-elle en pointant dangereusement son index sur moi.
- Je suis majeur et tatoué ! dis-je en haussant le ton, si je décide d'interrompre mes études, tu n'as plus ton mot à dire !

Elle lâche un étrange cri rauque avant de lever les bras au ciel, comme pour implorer Dieu de lui venir en aide. Du coin de l'œil, j’aperçois Andrew et Papa qui se jettent un regard désemparé.

- Tant que tu vivras dans cette maison, tu feras ce qu'on te dira te faire ! reprend Maman sur un ton étrangement calme, mais effrayant.
- Et depuis quand t'as un tatouage ? me demande Andrew, mais heureusement pour moi nos parents l'ignorent superbement.
- Ta mère a raison, abandonner tes études maintenant serait une pure folie, s'aventure mon père.

Il semble soulagé que la tension soit retombée, et ose un regard vers ma mère. La colère émane par tous les pores de sa peau, mais je lis aussi l’inquiétude dans ses yeux. Bon, peut-être bien qu'abandonner mes études n'est pas LA solution.

- D'accord, alors je peux prendre une année sympathique ?
- Sabbatique, me corrige machinalement Andrew en secouant la tête de droite à gauche d'un air dépité.

C'est ça ! Une année sabbatique, ça va être sympa. Comme tout le monde se tait, je poursuis :

- Je finirai mes études dans un an, quand...

Le type qui veut m'envoyer six pieds sous terre aura eu le temps de m'oublier. C'est le plan parfait, non ? Mon ton est trop enjoué et, apparemment, mon faux enthousiasme ne fait pas l'unanimité.

- Tu as été renvoyée ! s'écrit subitement mon père, comme s'il venait de percer un grand mystère.

Je m'affale contre le dos de ma chaise en soupirant lourdement. Je commence à croire que mes parents ne veulent pas de moi car je risque de bouleverser leur tranquillité et leurs chères habitudes.

- C'est à cause de cette lettre que tu as écrite à ton Professeur de botanique en prétextant être allergique à son cours, c'est ça ?
- Elle n'est pas renvoyée ! affirme Andrew. Marlène, pourquoi ne veux-tu plus aller au collège ? insiste-t-il en se tournant dans ma direction.
- Ça va, laissez tomber ! je m'écrie en bondissant de ma chaise. Je vais retourner à Poudlard, mais si je ne reviens pas l'an prochain, il ne faudra pas venir pleurer !

Et soyez prévenu ! Si je meurs, je reviendrai sous la forme d'un esprit frappeur et je me lierai d'amitié avec Peeves.
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