S'identifier | | Identifiants perdus | S'enregistrer |
Lien Facebook

En savoir plus sur cette bannière

News

128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Le secret des femmes McGonagall par Princesse

[13 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Ma participation au concours de Slytherin007, portant sur la lettre d'admission de Poudlard. Ce dameux ticket pour le château, ce saint graal tant attendu.

 

 

Au niveau des contraintes:

- personnage forcément canon, et forcément sang-pur ou sang-mêlé.

- les sentiments du personnage doivent être bien représenté.

- descritption précise du porteur de la lettre (peut importe qui lui amène, animaux compris)

- OS entre 1000 et 7000 mots.

 

 

Alors, comme vous l'avez vu dans mon résumé, j'ai choisi le personnage de Minerva McGonagall pour toute la complexité qu'un tel personnage représente. Oui, j'aime les défis^^. et j'espère que ma vision de son enfance collera avec la votre. J'ai essayé de coller le plus possible au canon (JKR, Pottermore, etc...) et je remerci beaucoup Vegeta pour tous ces supers conseils sur Minerva, ainsi que Seonne qui m'a corrigé encore et encore qui a mis en lumière ce qui n'allait pas, et ce qui allait aussi ^^c'est sympa d'avoir les points positfs et négatifs de sa fiction quand on l'écrit, donc merci à vous les filles ! <3

Note de chapitre:

Bonne lecture !

A même le sol bétonné, une craie, tenue en équilibre entre de petits doigts hésitants, dessinait un arc de ciel avant de revenir en un trait rectiligne jusqu’au second demi-cercle. Une langue mutine glissa sur une fine lèvre supérieure, tandis qu’un nez pointu se plissa de concentration. La craie roula sur le sol en un bruit sourd et la fillette de presque sept ans se redressa de toute sa hauteur, observant d’un œil minutieux le Hopscotch* qu’elle venait de dessiner sur la cour, près de la grange où son père entreposait le foin pour les bêtes. Ses mains se frottèrent sur son tablier en coton gris et vert, laissant de grosses traces blanchâtres sur le tissu à carreaux. Sa mère allait s’agacer de sa tenue crottée, elle le savait très bien. Mais aujourd’hui était le seul jour où elle n’allait pas à l’école. Aujourd’hui était le seul jour où elle pouvait s’amuser comme bon lui semblait sans être obligée de se tenir correctement sur une chaise.

 

De ses yeux verts, la fillette continuait d’observer le jeu dessiné, et après un sourire satisfait, elle attrapa un petit caillou sur le sol, essayant de viser le plus loin possible sur le Hopscotch, tirant sa langue et fermant un œil pour se donner une certaine contenance.

 

Au loin, le bruit des vagues du vieux port de Wick, dans le comté du Caithness résonnait dans l’air frais de ce début d’automne, pendant que deux garçons plus jeune que leur aînée se chamaillaient pour savoir lequel aurait le droit de monter sur le nouveau tracteur du fermier voisin, Mr Duncan. La fillette leva les yeux au ciel, et replaça ses lunettes carrées sur son visage ovale, lasse d’entendre Robert et Malcolm se disputer toute la journée pour des histoires plus sottes les unes que les autres. 

 

Au moment où la fillette réussit à faire abstraction des éclats de voix, du chant des oiseaux, de la mer agitée, et du vent qui lui gerçait les lèvres, elle lança son caillou priant pour qu’il atterrisse le plus loin possible. Sur le chiffre huit, par exemple. En vrai, tout au fond de son cœur, elle espérait que le caillou ferait comme la dernière fois. Qu’il s’envolerait pour retomber cinquante mètres plus loin, derrière la grange, juste à côté du puits. La dernière fois, elle l’avait lancé tellement fort, tellement haut, que le caillou s’était immobilisé à plusieurs mètres du sol, pendant de longues minutes avant de retomber aussi net.

 

A plusieurs reprises, la petite Ecossaise avait réitéré l’expérience mais jamais elle n’avait réussi. Lorsque le soir, elle avait raconté cet exploit à sa mère, pendant le dîner, celle-ci s’était mise dans une telle colère que la fillette s’était vue privée de souper, et avait été expédiée à l’étage dans sa chambre pour « mensonges ». Mensonges…. elle n’avait jamais menti, ni sur ce caillou, ni sur cette fleur qui s’était instinctivement épanouie lorsqu’elle l’avait touchée. Sur les cornemuses de son père qui se mettaient à jouer toutes seules dans la chambre de ses parents. Et encore moins, sur le hibou qu’elle avait, un soir, vu traverser la chambre de ses parents avant de passer par la fenêtre pour s’évanouir dans le ciel crépusculaire. Non, elle n’avait jamais menti. Et pourtant, sa mère s’obstinait à lui interdire d'en parler. 

 

Son petit œil s’arrondit légèrement et au moment où elle s’apprêta à lancer le caillou dans les airs, certaine de réussir cette fois-ci à l’immobiliser, la fillette fut projetée à terre par Malcolm, lui-même bousculé par Robert.

 

- Pardon Mimi, glissa Malcolm en se relevant.

 

Il lui jeta un regard d’excuse avant de se remettre à courir de ses petites jambes potelés à travers les champs, tandis que son frère, Robert, le rattrapait d’un pas boitillant. La petite fille serra la mâchoire fortement, ses yeux vert bronze lançant des éclairs à ses frères. Elle les adorait mais cette fois-ci, c’en était trop.

 

- Hey ! s’exclama-t-elle, en fronçant les sourcils. Robert ! Tu pourrais faire attention à moi !

 

Mais son cadet ne prit même pas la peine de se retourner pour l’écouter. 

 

- ROBERT ! tonna-t-elle une nouvelle fois en s’avançant dans la courette pour les observer disparaître derrière l’épais rideau d’orge. 

 

La fillette sentit sa petite bouche se pincer en une ligne étroite et ses joues s’empourprèrent. Soudain, elle sentit des éclairs traverser ses doigts, et la centaine de petits cailloux qui traînait à ses pieds s'éleva en un souffle à peine perceptible. Ils s’élevèrent tellement rapidement que la fillette leva sa petite tête brune pour les observer tourbillonner au-dessus d’elle.

 

- MINERVA !

 

Surprise, la petite Mimi se retourna face aux traits défigurés par la colère de la ravissante Isobel McGonagall, et son cœur se serra dans sa poitrine, en parfait accord avec les éclairs qui cessèrent de fourmiller dans ses doigts. Les cailloux tombèrent les uns après les autres autour de la mère et la fille, alors que ces dernières échangeaient un long regard. Accusateur pour la première, coupable pour la seconde.

 

- Rentre immédiatement à la maison, Minerva ! siffla Isobel en jetant des regards inquiets autour d’elle.

- Mais maman…

- Dépêche-toi !

 

La fillette baissa la tête et avança d’un pas raide vers sa mère, qui la regardait avec un air tétanisé. Sa veine battait sur son front, signe de son inquiétude.

 

- Où… où sont tes frères ? Où est ton père ? demanda-t-elle en refermant la porte de la cuisine derrière elles deux.

- Je ne sais pas, j’étais toute seule, répondit Minerva en haussant les épaules, tristement.

- Bien… bien…

 

Isobel passa une main dans ses longs cheveux blonds, presque argentés, avant d’expédier sa benjamine dans sa chambre. Lorsque la porte claqua à l’étage, la mère de famille se laissa tomber sur une vieille chaise en bois, la tête entre les mains. Depuis combien de temps vivait-elle dans ce mensonge ?

 

 

 

 

… Depuis quand vivait-elle dans le mensonge ?…

 

Cette question, Isobel McGonagall se la posait de plus en plus souvent ces derniers temps. D’une à deux fois par an, elle était passée à quelques fois par mois, puis tous les jours. A présent, depuis que le compte à rebours s’était engagé, ce 4 octobre 1921, Isobel y pensait constamment. A toute heure du jour et de la nuit, et plus elle se rapprochait du 4 octobre 1932, plus la quarantenaire au regard de bronze et à la peau laiteuse, sentait son secret menacé. Le sien, mais aussi celui de sa fille. Elle était loin d’être aussi bête que les gens du village le pensaient. Isobel voyait très bien comment avaient grandi ses garçons, et elle voyait surtout à quelle point son aîné, la brillante Minerva, l’enfant chéri de son mari Robert, était différente. A quel point elle pouvait être… intelligente. Altruiste. Enigmatique. A quel point elle pouvait rester des heures enfermée, à simplement lire un livre ou à regarder dans le vide, perdue dans un monde, un univers qu’elle ne maîtrisait pas, et où elle espérait que ses « coups d’électricité » dans les doigts cesseraient. 

 

- Isobel chérie, as-tu vu le livret de messe ? Je ne sais plus où je l’ai posé hier soir, et j’en ai besoin pour la paroisse, déclara son mari, en arrivant dans la cuisine.

 

Il lui déposa un baiser sur son épaule dénudée par le tablier qu’elle portait, sans que sa femme ne lui accorde la moindre importance. Elle était perdue, elle aussi, dans cet univers qu’elle avait aimé, autrefois, et qu’elle avait quitté par amour.

 

- Chérie ? répéta Robert, les sourcils froncés. Isobel ?!

- Hein ? sursauta cette dernière en s’éclaboussant de mousse, ses doigts continuant de frotter sans répit l’énorme casserole, plongée sous l’eau.

 

Son regard se détacha quelques secondes de sa fille, assise au dehors, sur une botte de paille, un cahier d’école posé sagement sur ses genoux. Elle écrivait de manière frénétique sur un papier, et Isobel priait pour que rien d’étrange ne lui arrive encore. La semaine dernière, sa fille avait réussit à faire voler un avion en papier pendant plusieurs minutes autour de ses frères, qui l’avaient regardée avec des yeux tout ronds, la mâchoire ballottant. Heureusement qu’Isobel ne s’était jamais débarrassée de sa baguette magique, resté caché sous son lit… Le sortilège d’amnésie était un vrai petit miracle pour faire oublier à tout le monde la nature cachée de Minerva. Pourtant, la mère avait souvent mis en garde sa fille contre ses « coups d’électricité » dans les doigts, sans pourtant, ne jamais rien lui révéler du temps où elle n’était qu’Isobel Ross, et de ce qui, un jour, risquerait d’être son avenir à elle.

 

 

 

 

- Tu sais ce qui se passe quand on ment, Minerva ?

- Oui… Dieu ne veut pas nous accueillir dans son monde lorsqu’on est mort, avait répondu la fillette, du bout des lèvres.

- Alors pourquoi t’obstines-tu à dire que tu as réussi à allumer une bougie juste avec tes doigts ?!

- Parce que c’est vrai !

- C’est IMPOSSIBLE, chérie. Impossible, tu m’entends ? souffla Isobel, la gorge serrée. Tu veux que tous les paroissiens disent que tu es une menteuse ?

- Non…

- Alors, arrête de penser à cette électricité dans tes doigts, et tu verras, tout rentrera dans l’ordre, murmura Isobel en remontant la couverture jusqu’au menton de sa fille.

- Je te promets, maman, j’essaye mais… c’est plus fort que moi.

- Je sais que c’est fort, je sais que c’est prenant, et très tentant de laisser cette électricité monter jusqu’à notre cœur, mais tu ne dois pas le montrer aux autres… Jamais !  Tu m’entends ?

- Mais… Pourquoi ?

- Parce que personne ne comprendrait ce que tu décris, expliqua Isobel en éteignant la veilleuse de la chambre de sa fille. Les gens ont peur de ce qu’ils ne peuvent comprendre… et la peur entraîne la violence, le mépris, le rejet. Parfois même la guerre. Moi aussi j’ai eu de l’électricité dans les mains lorsque j’avais ton âge.

- Vraiment ? s’extasia Minerva, les yeux pétillants ce qui rendit triste sa mère.

- Oui…

- Et tu l’as toujours ? Pourquoi tu ne me la montres pas ? 

- Je ne l’ai plus… elle est partie le jour où j’ai arrêté d’y penser. 

- Papa le sait ? demanda Minerva d’une petite voix.

- Non ! Et il ne doit jamais le savoir ! avertit Isobel d’une voix glaciale. C’est notre secret à toutes les deux. Un secret entre filles. Maintenant dors ma chérie… et arrête de penser à ça.

 

 

 

 

- Arrête de penser à ça, murmura Isobel, d’une voix blanche, les yeux vitreux.

- Qu’est ce que tu racontes, ma chérie ? s’inquiéta Robert, en fermant le robinet. Je crois qu’il faudrait que tu te reposes.

- Oui…

 

Isobel délaissa sa fille du regard pour s’allonger un moment sur le canapé, fatiguée d’être en alerte constante au sujet de la magie de sa fille. Cette dernière, toujours installée sur sa botte de paille, avait sentit le regard imposant de sa mère quitter ses frêles épaules, et quelques instants plus tard, le pas coriace de son père résonna sur les pavés de la courette, là où elle jouait, enfant, au Hopscotch.

 

Elle regarda son père disparaître derrière l’imposante grange, avant de jeter un rapide coup d’œil aux vitres de la cuisine. Sa mère n’était pas revenue. Un petit sourire se dessina sur ses lèvres et la petite Minerva descendit de son fauteuil de fortune avant de se glisser tout au fond de la grange et de grimper à l’étage, là où les réserves de foin étaient entreposées. Elle se faufila entre deux énormes bottes, le chat familial sur les talons -celui-ci ne la quittant jamais- avant de se laisser tomber à genoux au milieu d’une vieille nappe qu’elle avait montée pour l’occasion. Face à elle, plusieurs objets étaient entreposés. Des statuettes en poteries, des pierres, quelques pièces de monnaies, et même le tracteur miniature de son frère Robert. 

 

Avec quoi allait-elle bien pouvoir jouer aujourd’hui ? Cela faisait sin longtemps qu’elle n’était pas monté dans son antre secret…

 

Son regard s’arrêta sur les pièces de monnaie, et ses mains se posèrent de part et d’autre du monticule, son nez à quelques centimètres d’elles. Avant l’automne, elle avait réussi à ce que les pièces de monnaie bougent et tourbillonnent sur elles-mêmes. Rien qu’avec sa pensée. Mais la dernière fois, elle n’avait réussi à en faire bouger qu’une seule. D’habitude, plus elle s’entraînait, et plus les pièces se pliaient à ses pensées. Mais cela ne marchait pas tout le temps, malheureusement.

 

Cela ne marchait pas tout le temps, car du haut de ses dix ans, Minerva savait qu’il fallait qu’elle soit entièrement concentrée sur les pièces. Or, il y avait toujours une partie d’elle-même qui se baladait entre ici, son sanctuaire, et la maison, là où était sa mère. Sa mère… mon dieu qu’elle pouvait lui en vouloir de ne pas l’aider à comprendre ce qui se passait chez elle. Loin d’être naïve, Minerva avait rapidement saisi à quel point la relation entre ses parents pouvait se montrer subtil, compliquée parfois. Sa mère ne parlait jamais de son passé, de son enfance, s’obnubilant à ne pas laisser Robert et Malcolm jouer avec leur sœur. Et puis, Minerva n’avait jamais rencontré ses grands-parents maternels, alors qu’ils étaient en vie, elle le savait. Il y avait trop de secrets autour de sa mère, et ces secrets étaient en train de la contaminer, l’englobant complètement, lui gâchant la vie et cette électricité qu’elle arrivait à amadouer avec le temps. 

 

Au bout de quelques heures, la fillette n'avait toujours pas réussi à faire quoi que ce soit, et elle regarda ses mains, déçue. L’électricité s’était envolée. Presque comme par Magie. Elle pensait tellement à ce que sa mère lui répétait sans cesse, qu’elle avait fini par cesser de penser à ce que ses doigts pouvaient faire. Elle avait arrêté d’y penser, et l’électricité était partie. Alors ce fut le coeur lourd que Minerva remonta dans sa chambre. Jamais elle n’avait aussi peu réussi à se concentrer, jamais elle n’avait aussi peu réussi à faire quelque chose de sa tête. Peut-être était-elle juste fatiguée ? Elle l’espérait… et la fillette s’endormit sur son lit, le coeur déchiré par mille et une questions.

 

 

 

 

- Je ne peux pas te laisser aller à ce goûter d’anniversaire, je suis désolée !

- Non ce n’est pas vrai, tu n’es pas désolée ! 

- Minerva ! Comment peux-tu dire ça ?

- Tu n’es pas désolée parce que si tu l’étais réellement, tu m’expliquerais vraiment pourquoi je ne peux pas aller au goûter de Lidwyne. 

- Parce que… parce que tu es différente ! Voilà ! C’est ça que tu veux entendre ? Que tu es différente ? Pour l’amour du ciel, arrête de toujours contredire mes ordres. Tu n’es pas une enfant normale, Minerva

 

 

 

 

…Pas une enfant normale…

 

A peine ses pieds avaient touché le parquet en ce matin d’octobre, que cette phrase fit irruption dans l’esprit de Minerva. Elle était différente. Sa mère lui répétait tout le temps, le soir quand elle venait la border. Mais elle n’avait pas le droit de le répéter. A personne. Surtout à ses frères, surtout à son père. Pourquoi ? Ça, elle ne le savait pas. Sans doute sa mère avait-elle peur de ce que le mot « différent » voulait réellement dire.

 

La fillette descendit d’un pas traînant les escaliers en bois, sa longue chevelure brune prisonnière d’une tresse en épi. Sur son minois à peine réveillé, ces lunettes tenaient en équilibre sur son nez et sa bouche se tordit en un puissant bâillement. Elle s’apprêtait à se laisser tomber sur le canapé, un de ses livres calé sous son bras, lorsqu’un hululement retentit dans l’étroit salon. Le coeur de Minerva cessa de battre, et son regard s’échappa vers le fond de la pièce, là où un énorme hibou gris perle trônait fièrement sur le dossier du fauteuil de son père, ses énormes serres griffant le tissu côtelé. La petite Ecossaise ne s’était absolument pas préparée à se retrouver nez à nez avec un volatile d’une taille aussi imposante. Il devait faire la moitié de son corps, et son plumage irisé captait la faible clarté du jour. D’ailleurs, que faisait un tel rapace, nocturne qui plus est, au beau milieu de son salon ? En plus, Wick n’était pas le village highlandais le plus réputé pour observer ces animaux sauvages.

 

- Bonjour, murmura Minerva tout doucement pour ne pas effrayer l’animal. Co-Comment tu as fait pour rentrer ? demanda-t-elle en regardant si les fenêtres étaient restées ouvertes pendant la nuit, bien que cela ne fut pas le cas.

 

Sa tête imposante et toute ronde semblait être aussi douce que du coton, et ses grands yeux jaunes suivaient le moindre de ses mouvements. Ce hibou à la taille gigantesque semblait être aussi curieux en observant Minerva que cette dernière en le contemplant. Parfois, son fin bec orange claquait en sa direction, signe qu’il attendait quelque chose mais la fillette ne le comprit pas.

 

Tout doucement, sans le moindre geste brusque, Minerva se cloua au mur, le longea délicatement avant d’ouvrir du bout du pied la grande porte qui donnait vers l’extérieur. 

 

- Allez, envole-toi, lui dit-elle en lui faisant signe de sortir.

 

Elle savait très bien que ces animaux ne vivaient que la nuit, et qu’ils n’étaient pas réputés pour sympathiser avec l’Homme. Pourtant, le hibou ne bougea pas d’une plume, son bec orangé piaillant de nouveau face à elle. Il n’avait même pas peur du chat, occupé à tourner autour de ce gros volatile, les moustaches frémissantes. Soudain, le hibou ouvrit ses puissantes ailes en un hululement aigu et Minerva se raidit contre le mur, craignant qu’il ne l’attaque. Mais le rapace ne tenta aucune percée vers elle. Ses longues plumes touchaient presque les murs en bois, et sa tête se penchait d’un côté puis d’un autre, essayant de lui faire comprendre ce qu’il était venu faire ici.

 

- D’accord, murmura Minerva, le coeur prêt à exploser dans la poitrine. Tu… tu ne veux pas sortir ? Euh… est-ce que… 

 

Sa voix s’éteignit dans l’atmosphère étouffante du salon, et les yeux verts de Minerva s’arrêtèrent sur les serres du hibou, là où était attachée une lettre. Cette dernière était nouée autour de sa patte par un ruban en cuir, et l’animal, suivant le regard de la fillette, lui tendit la patte en un battement d’aile, pour l’inciter à récupérer la missive.

 

La petite Ecossaise ferma les yeux, compta jusqu’à trois, puis les rouvrit, tombant de nouveau face au regard flamboyant du nocturne. Elle déglutit difficilement, comprenant enfin ce que le hibou attendait d’elle.

 

- Je… c’est… c’est pour moi ? demanda-t-elle face à la tête toute ronde de l’animal. C’est pour moi, c’est ça ? D’accord…. je… je vais la récupérer. Là. Tout doux. Je… je ne vais pas te faire de mal.

 

Sa voix mourait dans sa gorge à la fin de chacune de ses phrases, et ses doigts tremblants attrapèrent le cordon en cuir pour libérer le courrier. Celui-ci avait le papier jauni, un peu granuleux sous ses mains. Lorsque son dos tapa de nouveau contre le mur, ses yeux s’autorisèrent à quitter le hibou pour se plonger sur l’écriture vert émeraude de l’enveloppe. Elle le retourna plusieurs fois dans les mains.

 

« Miss Minerva Isobel McGonagall

Chemin de l’orge

Wick, Caithness

Highlands, Ecosse »

 

Sa salive se coinça dans sa gorge, et elle décacheta l’enveloppe sans penser à rien d’autre. Elle voulait à tout prix savoir ce qu’il y avait à l’intérieur. Elle pouvait sentir son sang bouillir tant la curiosité et l’anxiété la mettaient à rude épreuve.

 

Lorsque le papier, qui était en réalité un parchemin, apparut devant ses yeux, Minerva se pencha pour dévorer le contenu de ses petits yeux tétanisés.

 

« Chère Miss McGonagall,

 

Nous avons le plaisir de vous informer que vous bénéficiez d'ores et déjà d'une inscription au collège Poudlard. Vous trouverez ci-joint la liste des ouvrages et équipements nécessaires au bon déroulement de votre scolarité.

La rentrée étant fixée au 1er septembre 1933, nous attendrons votre hibou le 31 juillet au plus tard.

Veuillez croire, chère Miss McGonagall, en l'expression de nos sentiments distingués.

 

Albus Dumbledore

Directeur-adjoint »

 

 

- Poudlard, murmura la fillette en fronçant les sourcils, alors que ses doigts retournèrent l’enveloppe pour continuer sa lecture.

 

 

« COLLÈGE DE POUDLARD - ÉCOLE DE SORCELLERIE

 

UNIFORME

Liste des vêtements dont les élèves de première année devront obligatoirement être équipés :

 

1) Trois robes de travail (noires), modèle normal

2) Un chapeau pointu (noir)

3) Une paire de gants protecteurs (en cuir de dragon ou autre matière semblable)

4) Une cape d'hiver (noire avec attaches d'argent)

 

Chaque vêtement devra porter une étiquette indiquant le nom de l'élève.

 

FOURNITURE

1 baguette magique

1 chaudron (modèle standard en étain, taille 2)

1 boîte de fioles en verre ou cristal

1 télescope

1 balance en cuivre

 

Les élèves peuvent également emporter un hibou OU un chat OU un crapaud 

…»

 

 

Minerva eut soudainement envie de vomir. Elle n’arrivait pas à en croire ses yeux. Elle d’habitude si rationnelle, si cartésienne, ne comprenait rien à ce que lui disait cette satanée lettre.

 

- Il est rappelé aux parents que les élèves de première année ne sont pas autorisés à posséder leur propre balai, lut-elle, la gorge serrée.

 

Son regard s’attarda sur la lettre, hébétée.

 

- Poudlard, murmura-t-elle de nouveau, d’une voix blanche. Sorcellerie, cuir de dragon, baguette magique, balai… balai ?

 

Tout se mit à tourbillonner dans sa tête, et Minerva sentit un vertige si puissant lui attraper la tête qu’elle dut se rattraper à une chaise pour ne pas s’écrouler. Elle avait l’impression qu’on était en train de la passer au rouleau compresseur. Qu’un des tracteurs de son père était en train de la labourer. 

 

- Je ne me sens pas bien…

 

Son visage était plus pâle que d’habitude. La fillette était en train de perdre pied, et tous ses souvenirs, toute l’attitude de sa mère, tous ces secrets, ces brimades, cette solitude qu’elle lui imposait depuis toutes ces années, tout, absolument tout, était dû à cette simple raison. Elle était une sorcière. Une sorcière. Depuis quand sa mère le savait-elle ? En était-elle une aussi ?

 

Apeurée, Minerva leva sa main gauche devant son visage, faisant tournoyer ses doigts devant elle, comme si elle les découvrait pour la première fois. Elle était trop choquée par ce qu’elle venait d’apprendre pour que son cerveau puisse marcher avec rationalité. 

 

Soudain, un cri aigu explosa dans le salon, et un énorme Boum fit écho au hurlement d’Isobel, rentrée du marché avec ses fils. Minerva sursauta, et elle eut juste le temps de voir l’énorme panier en osier s’étaler par terre, laissant rouler les citrouilles, courgettes et potirons sur le parquet de l’entrée, avant que son père, affolé par le cri hystérique de sa femme, ne se précipite dans la maisonnée, une fourche à moitié rouillée dans la main.

 

- Qu’est ce qui se p… ARGH ! cria-t-il à son tour, lorsque son regard croisa celui orangé du hibou irisé, toujours installé sur le fauteuil.

 

Le rapace se mit alors à battre des ailes, et il s’envola par la porte d’entrée, aussi facilement qu’il avait dû y rentrer. Et cela, malgré le fait que toutes les fenêtres et portes de la maison aient été fermées avant le départ d’Isobel.

 

- C’est… je… qu’est ce qui se passe, ici ? s’affola Robert McGonagall en dévisageant tour à tour sa femme, en pleurs, ses fils, estomaqués, et sa fille, aussi blanche que les pierres du Château de Dunnottar. 

 

Minerva regardait d’un air coupable sa mère, sa lettre collée à sa poitrine, toute tremblante, avant de se tourner vers son père, la bouche frissonnante.

 

- Je… je crois que je suis malade. Je… je ne sais pas ce que le hibou faisait là. Je… je n’ai rien fait, murmura Minerva.

 

Semblant sortir de sa léthargie, Isobel attrapa sa fille par les épaules et la serra fortement contre son cœur, pleurant à chaudes larmes contre son visage figé de terreur. Elle en oublia complètement son mari et ses fils, les bras ballants, en train de les observer sans rien comprendre à la situation.

 

- Je… je suis une sorcière, c’est ça ? murmura Minerva si bas que sa mère dut coller son oreille contre ses lèvres glacées. C’est ça, maman, je suis une sorcière ?

- Oui ma chérie, tu en es une, chuchota-t-elle, des larmes plein la gorge, avant d’enlever son gilet pour enrouler sa fille dedans, vêtue simplement de sa chemise en coton. Tu en es une…

- Est-ce que c’est mal ? demanda Minerva, inquiète, prête à pleurer à son tour face à la tension qui engloutissait la pièce.

- Non, pleura sa mère en la prenant contre elle. Non ma chérie, c’est… c'est ce que tu es, c’est ce que je suis. C’est ce que nous sommes. Des Sorcières.

 

C’est ce que nous sommes… des Sorcières.

 

De tout ce que Minerva avait entendu, cette phrase était sans nul doute possible celle qui lui révéla enfin le grand secret de sa famille.

 

 

 

Note de fin de chapitre :

*Hopscotch: fait référence au jeu de la Marelle mais en Grande-Bretagne. 


 


J'espère que vous avez eu plaisir à lire mon petit OS, n'oubliez pas de me laisser une review pour me dire tout ce que vous en avez pensé : ) et allez faire un tour sur la série, pour lire les autres participations. 


A bientôt


XOXO

Vous devez s'identifier (s'enregistrer) pour laisser une review.