S'identifier | | Identifiants perdus | S'enregistrer |
Lien Facebook

En savoir plus sur cette bannière

News

128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


La parfaite et soudée famille Flint par Samantha Black

[6 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
12 octobre 2025

.
.
.


Eurydice dormit peu cette nuit-là. Elle n'avait cessé de penser au secret de son frère et ce que cela allait impliquer. Elle avait fini par comprendre pourquoi Alexander n'avait jamais oser leur dire ses préférences sexuelles. Elle savait la pression que son père mettait sur les épaules d'Alexander. Elle savait que même si Marcus ne lui avait jamais dit il était déçu qu'Alexander ne puisse devenir un joueur de Quidditch comme lui et pire encore qu'il ne s'intéresse absolument pas à ce sport.

C'était cette déception que son frère avait préféré éviter en leur cachant qui il était véritablement. Dans sa tête tournait en boucle les mêmes questions : Quand comptait-il le dire aux autres ? Depuis quand avait-il compris ? Aimait-il Albus Potter ?

Eurdydice n'arrivait pas à imaginer la réaction de ses parents. Avalon, leur mère, était une personne froide et peu expansive. Elle n'avait jamais émis d'avis sur les homosexuels mais avait vécu le fait d'être rejetée pour ses origines pendant ses années à Poudlard et surtout durant la guerre. Eurydice espérait qu'elle réagirait de la bonne manière en l'apprenant. Elle-même ne pouvait s'empêcher de se demander si elle avait eu la bonne réaction.

Nikolaï était un autre problème. Son ami était complètement saoul la vieille mais Eurydice savait au fond d'elle qu'il pensait tout ce qu'il lui avait dit. Elle se rappelait les quelques mois qu'ils avaient passé ensemble. Cinq mois et quelques jours. Nikolaï s'était déclaré durant leur septième année, le jour de la St Valentin. Elle avait dans un premier temps hésité avant d'accepter

Pensive, Eurydice se dirigea vers la cuisine de son appartement le plus silencieusement possible. Lorsqu'elle avait quitté son lit quelques minutes plus tôt, Louis était toujours en train de dormir à poings fermés. D'un coup de baguette elle déclencha la cafetière avant de préparer le petit-déjeuner. A peine eut-elle fini de se servir une tasse de café noir que son fiancé pénétrait dans la pièce seulement vêtu d'un caleçon et d'un t-shirt. Ses cheveux indisciplinés se dressaient en boucles rousses sur son crâne tandis que son visage trahissait un réveil récent. Il se dirigea vers elle et déposa un baiser sur son front.

— Bien dormi, chérie ? demanda-t-il d'une voix endormie.
— Ça a été et toi ?

Louis marmonna un « moi aussi » tout en se servant une tasse de café au lait. Eurydice le regardait faire réfléchissant à ce qu'elle allait lui dire. Finalement, après quelques secondes d'hésitation, et alors que son fiancé s'installait à côté d'elle, la jeune femme prit son courage à deux mains et se lança :

— Je pensais aller voir Nikolaï aujourd'hui. C'est mon meilleur amie, Louis. J'ai juste envie de comprendre, continua-t-elle en voyant le peu de réaction de son interlocuteur.
— D'accord, lâcha-t-il.
— Vraiment ? s'étonna-t-elle.

Après ce qui s'était passé la veille, Eurydice aurait pensé qu'il serait plus difficile à convaincre.

— Ne te fais pas d'illusions, Didi. Ça ne me fait pas plaisir mais comme j'ai confiance en toi. On ne peut pas en dire autant de lui… Enfin…
— Je vais tirer ça au clair. Ne t'en fais pas, Louis !
— Tu sais très bien qu'il n'y a rien à tirer au clair. Nikolaï a toujours des sentiments pour toi, voilà tout.
— Je… Il doit y avoir une autre explication. Je… J'en suis sûre.
— Si tu le dis, Di. Tu y vas à quelle heure ? demanda-t-il finalement après plusieurs secondes de silence.
— Je pensais y aller vers dix heures trente.
— T'oublies pas qu'on est invité à manger chez tes parents à midi.
— Ne t'en fais pas. J'oublie pas.

Un silence assez lourd s'installa entre eux. Bien qu'ennuyée par la situation, Eurydice n'arrivait pas à lui en vouloir. Après tout, elle savait qu'elle non plus n'aurait pas très bien réagi si une autre femme l'avait embrassé devant elle. D'un coup de baguette, la jeune femme fit se nettoyer la vaisselle avant de se diriger vers la salle de bains pour prendre sa douche. Lorsqu'elle en sortit un quart d'heure plus tard, elle alla embrasser Louis qui était en train de lire un magazine de botanique.

Eurydice disparut dans un craquement sonore et apparut quelques secondes plus tard devant chez Nikolaï. Ce dernier habitait une maison de maître au milieu d'un petit bois. Il avait acheté cette demeure deux ans plus tôt quand ses revenus de joueur de Quidditch le lui avaient permis. Avec Ted, Eurydice était une des seuls à pouvoir transplaner directement devant la porte d'entrée. Les autres visiteurs étaient repoussés vers le portail de la propriété par quelques puissants enchantements. La jeune femme frappa trois coups à la porte à l'aide du marteau en forme de lion. Elle n'eut pas à attendre plus de quelques secondes avant que la porte ne s'ouvre sur l'elfe de maison de Nikolaï. Habillée d'une taie d'oreiller d'un blanc immaculé, la créature fut à peine surprise de la voir.

— Bonjour Miss Flint.
— Bonjour Alphésia. Puis-je entrer ? Je souhaite voir Nikolaï.
— Le maître est dans sa chambre, Miss Flint. Il ne va pas bien , pas bien du tout. Il a refusé qu'Alphésia lui serve le petit-déjeuner.
— Je vais voir si je peux faire quelque chose, dit-elle en pénétrant dans la demeure.

Eurydice se dirigea vers l'escalier qui menait au premier étage. La chambre de Nikolaï se trouvait au fond du couloir à gauche. Lorsqu'elle arriva près de la porte, elle put voir qu'Alphésia se trouvait déjà là, la mine inquiète.

— Le maître a dit qu'il voulait être seul, Miss Flint. Ce n'est peut-être…
— Ne t'en fais pas Alphésia. S'il te dit quelque chose, dis-lui que je t'ai forcée, essaya-t-elle de rassurer l'elfe. Nikolaï ! Je sais que tu es là. Ouvre-moi ! Nikolaï !
— J'ai pas envie de te parler, Di.
— Eh bien, moi j'en ai envie. Comment on fait alors ?
— Eurydice, je suis désolé pour hier. Mais, s'il te plaît, je n'ai pas envie d'en parler.

Appuyée sur le mur adjacent à la porte, la jeune femme se mordilla la lèvre inférieure. Parfois, Nikolaï pouvait être aussi buté qu'un Gryffondor.

— Tu ne crois pas pourtant que ça vaut bien quelques explications ?

De l'autre côté du mur, des bruits de pas se firent entendre de plus en plus proches. La porte s'ouvrit brusquement et Nikolaï sortit de sa chambre. Eurydice ne put retenir un sourire amusé en voyant ses cheveux, habituellement si disciplinés, en pétard. Elle perdit toutefois très vite lorsqu'il tourna son regard vers elle. Le garçon si enjoué, qu'elle connaissait, avait disparu. Sur son visage, elle pouvait lire l'angoisse, la peur et la culpabilité. Ses traits tirés ne donnaient aucune illusion sur le peu de sommeil qu'il avait réussit à s'accorder.

— On passe au salon ? proposa-t-il d'un ton neutre.

Sans attendre sa réponse, il passa devant elle et se dirigea vers l'escalier principal. Eurydice était certaine qu'elle n'avait pas été aussi stressée depuis des années ; depuis qu'elle avait quitté ce même garçon plus de neuf ans plus tôt. A l'époque, elle pensait avoir fait ce qu'il fallait et était persuadée que Nikolaï ressentait la même chose. Mais, dans le couloir peu éclairé à travers lequel elle le suivait, Eurydice n'était désormais plus sûre de rien.

— Ramène-nous à boire, s'il te plaît Alphésia ! demanda-t-il lorsqu'ils pénétrèrent dans le salon. De l'eau pour moi et…
— Pareil pour moi, s'il te plaît.

L'elfe de maison disparut dans un claquement de doigts tandis qu'Eurydice s'installait sur un des canapés en cuir. Nikolaï était assis en face d'elle et semblait toujours aussi soucieux.

— Tu… Tu vas bien ? questionna-t-elle avant de se rendre compte de la bêtise de sa question. Je… Qu'est-ce qui t'a pris hier ? Interrogea-t-elle finalement. Nikolaï ? insista-t-elle en voyant qu'il ne répondait.
— Louis est au courant que tu es là ?

Le voir esquiver la question l'agaça quelque peu mais elle essaya du mieux qu'elle put de ne pas le montrer.

— Bien entendu.
— Et il t'a laissé venir ? Je l'aurais pas fait à sa place. Faut croire qu'il est meilleur que moi.
— Bon Nikolaï ! Si au lieu de te rabaisser inutilement tu en venais aux faits, s'agaça-t-elle légèrement.
— Aux faits ? Quels faits ? Tu veux que je te dise quoi, Di ? Que pendant que toi, tu fais ta vie tranquillement avec quelqu'un d'autre, je compare chacune de mes nouvelles copines à toi. Je crois que la seule chose à dire c'est que je n'arrive pas à t'oublier.
— Je ne… Je ne pensais pas que… commença Eurydice troublée.
— Je sais. Pour toi, c'était juste une erreur mais pas pour moi. Et je sais aussi que tu aimes Louis et que tu vas, tu dois te marier avec lui parce que c'est un type bien et que vous êtes fous l'un de l'autre.
— Je t'aime aussi, tu sais.
— Je sais mais pas de la même manière que moi.
— Pourquoi est-ce que tu ne m'as rien dit avant ?
— Pour quoi faire, Di ? Tu m'avais bien fait comprendre que pour toi nous étions une erreur. Et même si je ne pouvais pas t'avoir comme je voulais au moins tu restais mon amie.
— Tu es un de mes meilleurs amis, Nikolaï. Tu crois que j'ai envie de te perdre ?
— Je sais que non mais je sais aussi que rien ne sera plus comme avant. Et je pense donc que… qu'il faut mieux qu'on arrête de se voir pendant un certain temps.

Eurydice n'en croyait pas ses oreilles. Il ne pouvait pas dire ça. Une amitié vieille de seize ans ne pouvait pas se terminer ainsi.

— Non ! Non ! Tu n'as pas le droit de me… de nous faire ça !
— Ce sera mieux ainsi, Di. Et puis, ce ne sera pas pour toujours.
— C'est ce que tu dis ! Mais qu'est-ce qui me dit que tu reprendras contact ! Ne fais pas ça Nikolaï ! Je t'en prie.
— Di, j'ai besoin de ces quelques mois. J'en ai besoin. Tu sais pas à quel point c'est dur pour moi de te voir dans les bras d'un autre qui réussit à te rendre heureuse contrairement à moi.
— Louis et moi sommes ensemble depuis plus de quatre ans. Comment est-ce que tu faisais avant ?
— Eurydice, je te promets d'être là à ton mariage. Je serai ton garçon d'honneur comme je te l'ai promis. Je serai là. Je te jure. Mais, je t'en prie, laisse-moi ces quelques mois de répit.
— Tu seras là pour mon mariage ? questionna-t-elle peu sûre d'elle.
— Je te le jure, rétorqua Nikolaï d'une voix ferme.
— Très bien, souffla-t-elle d'un air résigné. Ne nous laisse pas tomber trop longtemps Ted et moi, hein ? ajouta-t-elle en se levant.

Un sourire triste ornait ses lèvres alors qu'elle se baissait pour l'embrasser sur la joue.

— A bientôt Nikolaï, dit-elle tendant de cacher le trémolo dans sa voix.

Sans rien ajouter ou attendre de réponse, la jeune femme transplana chez elle. Louis était installé sur le canapé et lisait tranquillement une revue de botanique. Il releva les yeux vers elle et put constater le visage défait de sa fiancée.

— Ça s'est mal passé ? demanda-t-il.
— Nikolaï préfère qu'on arrête de se voir dans les prochains mois, répondit-elle en tendant, sans y parvenir, de rester détachée.

Elle rit nerveuse tout en s'asseyant à côté de lui. Louis lui lança un regard inquiet avant de poser le magazine sur la table basse.

— Il m'a dit qu'il avait besoin de prendre du recul. Du recul ? Je vois pas trop quel recul il aurait besoin de prendre mais bon…

De nouveau, un rire nerveux la parcourut tandis qu'elle essayait de retenir les larmes qui voulaient couler.

— Et voilà que j'ai une poussière dans l’œil ! s'exclama-t-elle s'essuyant la joue. Bon ! Je vais me préparer !

Louis la suivit du regard alors qu'elle se dirigeait vers la salle de bains. Eurydice s'autorisa enfin à craquer lorsqu'elle eut fermé la porte. Son cœur la faisait souffrir dans le sens le plus littéral du terme. La main sur la poitrine, la jeune femme s'assit sur le rebord de la baignoire quelques secondes et prit une grande respiration. Elle laissa les larmes couler sur ses joues.

Elle détestait Nikolaï. Elle détestait ce que ses sentiments risquaient de faire à leur amitié. Elle se détestait aussi. Comment avait-elle pu être aussi aveugle, aussi stupide ? Elle qui se gargarisait de connaître ses amis sur le bout de sa baguette, il fallait croire qu'elle en était loin. Idiote. Elle se sentait tellement idiote. Nikolaï avait souffert pendant des années de leur séparation et tout cela dans le plus grand secret. Et elle qui se félicitait que leur rupture se soit parfaitement passée. Elle avait cru qu'il comprenait, qu'il ressentait la même chose qu'elle. Elle s'était lourdement trompée.

Eurydice prit, de nouveau, une grande inspiration avant de sortir sa baguette et de sécher ses larmes à l'aide d'un sort. Elle se leva et se dirigea d'un pas décidé vers la porte qui menait à sa chambre. Elle retira son jean et son t-shirt avant de chercher dans son armoire une robe qui pourrait convenir. Elle jeta finalement son dévolu sur une robe moldue bordeaux qu'elle adorait. Après l'avoir enfilée, Eurydice tenta d'arranger ses cheveux sans y parvenir. Comme sa mère, elle avait des cheveux très bouclés et difficiles à coiffer. D'un coup de baguette, elle remit une nouvelle couche sur son vernis écaillé. Elle enfila un collant noir un peu transparent puis se dirigea vers le hall d'entrée de l’appartement et mit ses escarpins noirs.

— On peut y aller Louis, dit-elle en attrapant sa veste en cuir accrochée au porte-manteaux.

D'un coup de baguette, Eurydice transplana dans le jardin de ses parents. Elle se dirigea vers la porte d'entrée suivie de Louis et pénétra dans la maison après avoir frapper deux fois à la porte.

— Salut la casa ! On est là ! lança-t-elle d'un ton joyeux.

Elle s'essuya les pieds sur le tapis de l'entrée.

— Bonjour Papa, dit-elle en pénétrant dans le salon. Tonton, ajouta-t-elle à l'adresse du cousin de sa mère.

Son père se leva pour l'embrasser.

— Merci pour la soirée d'hier, ma licorne, déclara-t-il. Ta mère et moi avons passé une magnifique soirée. Louis, ajouta-t-il en se tournant vers son beau-fils.
— Bonjour Marcus.
— Maman est dans la cuisine ?
— Oui avec ta tante, répliqua Duncan. Les garçons ! Faites un peu attention ! s'écria-t-il en voyant ses fils mettre un coup dans la table basse.
— Salut Eurydice ! s'exclamèrent les deux énergumènes en chœur.
— Salut les gnomes ! rétorqua leur cousine en souriant.

Elle se pencha pour les embrasser avant de se diriger vers la cuisine. Elle esquissa un sourire en reconnaissant les voix de sa marraine, Kathleen, de sa mère mais aussi celle de son frère, Jonas.

— Hello tout le monde ! s'exclama-t-elle en pénétrant dans la pièce. Oh mamie ! Je t'avais pas vue, ajouta-t-elle en sursautant légèrement.

Sa grand-tante était assise à la table de la cuisine. La jeune femme salua les personnes présentes et leur proposa son aide. Avalon lui répondit que tout était sous contrôle mais lui demanda d'aller voir ce qu'Alexander faisait.

— Il est enfermé dans son laboratoire depuis huit heures, ce matin, ajouta-t-elle alors qu'Eurydice quittait la pièce.

La jeune femme descendit les escaliers qui menaient au sous-sol en faisant attention à ne pas tomber. Elle s'arrêta devant la porte du laboratoire, le poing levé. Elle ne savait pas exactement ce qu'elle devait faire. Des images de la veille ne cessaient de lui venir à l'esprit. Finalement, Eurydice prit son courage à deux mains et frappa deux fois sur la porte avant de demander :

— Alexander, c'est Eurydice. Je peux entrer ?
— Ouais, c'est ouvert. Vas-y !

La jeune femme tourna la poignée et pénétra dans l'antre de son frère.

— Qu'est-ce que tu fais là ? questionna-t-il.
— Il est presque midi, Alexander, répondit-elle simplement.
— Midi ? Déjà ? J'ai pas vu le temps passé ! Sinon ça va toi après hier ?

Malgré elle, Eurydice ne put s'empêcher de penser que son frère lui parlait de la découverte de son homosexualité.

— Je… Ouais… Je… Ça me dérange pas tu sais, je… Chacun fait ce qu'il veut dans...
— Attends ! la coupa-t-il. Je crois qu'on parle pas de la même chose, ajouta-t-il en esquissant un sourire. Je voulais juste savoir si ça s'était arrangé avec Nikolaï.
— Ah, en effet, je ne parlais pas de ça, dit-elle gênée. Eh bien, disons que Nikolaï et moi avons décidé de faire un break.
— Un break carrément ?

Eurydice sentit les larmes lui monter aux yeux bien qu'elle fasse tout pour les refréner.

— J'ai pas vraiment envie d'en parler, réussit-elle à répondre d'une petite voix.
— Je suis sûr que ça va finir par s'arranger.

Un silence gêné s'installa entre eux. Le regard d'Eurydice se promena sur le plafond et les murs de la pièce évitant la paillasse sur laquelle elle avait aperçu son frère la veille.

— En tout cas, je suis content que tu le prennes comme ça, lâcha finalement Alexander.

Eurydice tourna son visage vers lui surprise.

— Comment ?
— Je suis content que tu ne le prennes pas mal pour ma tu-sais-quoi.
— Tu pensais que je le prendrais mal ?

Alexander se passa la main dans les cheveux mal à l'aise tout en regardant ailleurs alors qu'il répondait :

— Je dois t'avouer que je ne savais pas comment tu le prendrais. T'es… T'es un peu une sorte de mystère pour moi.
— Un mystère carrément ?
— C'est jus…
— Alexander ! Eurydice ! Les invités sont arrivés ! Hurla leur mère du haut des escaliers.

La jeune femme l'entendit renauder tandis qu'elle s'éloignait.

— Je crois qu'il va falloir reporter cette conversation à plus tard. C'est jamais bon quand Maman se met à crier comme ça, déclara Alexander avant de se diriger vers la porte.

Eurydice suivit son frère au rez-de-chaussée et alla saluer les invités. Avalon lui demanda d'aller s'asseoir tandis que Marcus, Jonas et elle faisait le service. Kathleen qui proposa son aide se la vit gentiment décliner. Olivier Dubois, le parrain d'Eurydice, fit signe à la jeune femme de venir s'asseoir à côté de lui.

— On a pas pu beaucoup discuter toi et moi hier, remarqua-t-il quand elle tira la chaise.
— En effet. Avec tout ce qu'il y avait à faire, je n'ai pas pu voir grand monde.
— Drago ne vient pas ? s'étonna Kathleen.
— Il était pris chez les Greengrass, rétorqua Avalon en revenant avec plusieurs petits ramequins. Le repas dominical à ne rater sous aucun prétexte.
— J'aime pas dire du mal des gens mais franchement les Greengrass sont les gens les plus bizarres que j'ai jamais rencontrés.
— Je crois que tu oublies Loufoca, chérie, remarqua Duncan en attrapant quelques cacahuètes.

Son épouse lui mit une tape sur l'épaule.

— Aïe ! Qu'est-ce que j'ai dit ?
— Tu sais très bien que je n'aime pas quand tu l'appelles ainsi.
— Enfin, tout ça pour dire que le père Greengrass n'aspire pas vraiment confiance. Il a cet œil mesquin. Je ne l'apprécie vraiment pas. Tu en penses quoi toi, Marcus ? Tes parents les côtoyaient bien à l'époque, non ?
— Tout ce que je peux te dire c'est qu'ils ont toujours été un peu méprisés à cause de leur Sang sans doute pas si pur que ça, si tu vois ce que je veux dire.
— Non pas vraiment ?
— Il y avait une légende enfin les commères disaient que Hector Senior n'était pas le père biologique d'Hector Junior mais qu'il s'agissait du Cracmol qui s'occupait de l'intendance là-bas.
— Et c'est vrai ? questionna Kathleen avide.
— J'en sais rien moi. La seule qui doit le savoir pour sûr c'est la mère Greengrass mais elle a presque quatre-vingt-dix ans et j'ai entendu dire qu'elle n'avait plus toute sa tête. Elle l'aura bien mérité de toute manière cette garce.
— Marcus ! le houspilla sa femme.
— Quoi ? Je peux te dire que si tu l'avais connue tu n'aurais aucun scrupule à utiliser ce genre de termes. Même si c'est mieux de ne pas le faire, n'est-ce pas Alan ? ajouta-t-il en se tournant vers le fils cadet d'Olivier.

L'enfant, d'à peine huit ans, sourit largement.

— Et sinon toi, ma filleule préférée ? Comment ça va ? questionna Olivier en se penchant vers elle.

Eurydice se tourna vers lui tandis que la conversation se poursuivait de l'autre côté de la table.

— Très bien. Le journal pense à moi pour commenter la coupe du monde.
— J'ai entendu ça, oui. J'imagine que tu dois être folle de joie. Il est loin le temps où tu commentais les matches de Poudlard, dit-il en souriant.
— C'est vrai que je ne suis plus toute jeune, plaisanta-t-elle.
— Qu'est-ce que je devrais dire dans ce cas-là ? répliqua Olivier en riant.

La jeune femme sourit largement. Certaines personnes trouvaient les repas de famille ennuyeux, Eurydice, elle, les adoraient.

Vous devez s'identifier (s'enregistrer) pour laisser une review.