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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
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A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


L'Appartement par Chouette

[1 Reviews]
Imprimante
Table des matières

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Note d'auteur :

J'ai beaucoup de choses à dire, donc on se retrouve à la fin !

Bonne lecture !

Note de chapitre:

     Avant toute chose, je tiens à remercier du fond du coeur Catie, mon adorable Catie, qui m'a beaucoup aidée, et cet OS n'existerait pas sans elle ! Elle a supporté mes hésitations, mes doutes, a donné son avis sur la dizaine d'images, titres et résumés que je lui ai proposés, bref, elle a été d'une patience assez incroyable, et ce pendant plusieurs longs jours ! Merci donc, Cat, pour tout <3 !

 

     Lorsque Marlène ouvrit la porte de l’appartement ce jour-là, elle pensa immédiatement qu’elle aurait dû la laisser fermée. Quelque chose avait changé. L’air chargé d’électricité, les lumières plus fortes, l’odeur plus marquée. Une infime effluve d’alcool, qui vint chatouiller ses narines. Elle inspira, les yeux clos, les poings fermés, comme espérant se tromper. Mais non. C’était bien l’amer parfum du Whisky-Pur-Feu. Il avait bu.

      « Sirius ? »

     Pas de réponse. La jeune sorcière fit quelques pas dans le couloir écru après avoir consciencieusement verrouillé la porte derrière elle. Elle laissa tomber son sac à dos en cuir sur le sol, et le bruit métallique du petit grigri qui y était accroché résonna avec une netteté presque effrayante dans le silence qui enveloppait l’appartement. Marlène déglutit, vaguement inquiète, et après un bref soupir, rejoignit le salon.

 

     Assis, ou plutôt avachi sur le miteux canapé brun dans lequel la Serdaigle avait mis une partie conséquente de ses économies, Sirius Black, le grand Sirius Black, semblait à deux doigts de l’évanouissement. Il ne releva même pas la tête vers la sorcière qui s’était plantée face à lui, les mains sur les hanches. Marlène avait envie de s’énerver, crier, hurler, tempêter, puis ses yeux effleurèrent la bouteille vide au pied du sofa. Elle ne pouvait plus supporter de le voir saoul, échoué dans son appartement, le sien, celui qu’elle peinait tant à payer, comme si tout lui était permis, comme si tout lui serait pardonné. Certes, c’était elle qui lui avait donné un double des clefs. C’était au début de leur relation, quand elle avait en lui une entière confiance. Mais Marlène était lasse, et n’avait plus la force de s’agacer. Au lieu de ça, elle souffla, hésitante :

      « Sirius ? Combien de verres as-tu bu ? »

     Il souleva sa paupière au prix d’un effort surhumain, et referma aussitôt l’œil en grognant. Marlène se détourna avec un énième soupir. Elle n’avait qu’à attendre qu’il décuve, comme d’habitude. Et dire qu’elle était obligée de rester là, avec la quantité de travail qu’elle avait à faire. Elle sentit la colère poindre de nouveau, et elle la chassa d’un coup d’œil vers la fenêtre. Le soleil d’hiver réchauffait timidement les toits gris de Londres et la douce lumière qui paraît l’appartement d’une jolie couleur rosée parvint à apaiser la jeune femme. Avec un reniflement, elle se laissa tomber sur la chaise, dos au sofa et au ridicule sorcier effondré dessus, et ses doigts se mirent machinalement à pianoter le bois du bureau que lui avait cédé Alice pour une modique somme. Ha, douce Alice, adorable Alice. Marlène avait une soudaine envie d’aller boire un verre avec elle, mais ses yeux tombèrent sur la pile de dossiers qu’elle avait négligemment jetés sous le bureau la veille. Elle saisit la première feuille et la défroissa devant elle. De la paperasse, encore de la paperasse. Dans quoi s’était-elle engagée en assurant à Dorcas qu’elle pouvait l’aider à gérer quelques affaires de la librairie dans laquelle son amie travaillait ? Et en plus de ça, Maugrey lui avait confié la lourde charge d’organiser le planning des missions, travail qu’elle partageait avec Edgar. Marlène avait déjà du mal à trouver du temps pour elle, entre son petit boulot de serveuse, l’Ordre, la guerre, ses amis et Sirius. Sirius…

      Elle sentit son cœur se serrer atrocement, et se mordit la lèvre. Comment en étaient-ils arrivés là ? L’aimait-elle encore ? Elle se le demandait de plus en plus souvent. Mais pourtant, elle ne pouvait se résigner à le quitter. Malgré ses absences, malgré ses possibles, probables tromperies, malgré ses éclats de colères, malgré son état actuel. Était-ce encore de l’amour, ou juste de l’attachement, de l’habitude même ? Se lever tôt, se doucher, avaler ce qu’il restait dans le placard poussiéreux de sa minuscule cuisine, aller à QG, effectuer une mission ou aider à l’organisation, se rendre au café vers onze heures et en ressortir à vingt-deux heures, éreintée, pour rejoindre de nouveau le manoir qu’Augusta Londubat mettait à disposition de l’Ordre, et enchaîner sur une mission de terrain, filature ou même intervention dangereuse. Rentrer au petit matin, et s’écrouler dans son lit simple où dormait déjà parfois Sirius. Recommencer tout le lendemain. Et les jours de congé, comme celui-ci, elle arrivait chez elle en milieu d’après-midi après une journée au QG ou en mission, pour prendre quelques heures de repos, avant de repartir le soir. Et maintenant, aider Dorcas et gérer les emplois du temps des membres de l’Ordre. Et entre toutes ces activités, apercevoir Lily, prendre un café avec James, écrire à Alice, et puis Sirius… Tenter de vivre, avec Sirius, de faire survivre leur semblant de relation.

      Elle le détestait tant. Elle le haïssait pour lui avoir imposé cette vie. Avant qu’il ne rejoigne l’Ordre, elle s’en sortait. Les autres veillaient sur elle, elle ne devait s’occuper que de sa petite personne, ne craignait que pour la vie de gens en qui elle avait une entière confiance. Et puis Sirius, Sirius et son inconscience, son incapacité à réfléchir, sa capacité étonnante à se retrouver en danger. Combien de nuits blanches avait-elle passé à attendre de ses nouvelles, le sachant en mission ? Combien de fois avait-elle dû aller le ramasser dans un bar Moldu, tant il s’était alcoolisé, l’esprit embué de tourments qu’elle peinait à comprendre ? Il n’était plus que l’ombre de l’homme qu’elle avait aimé.

      Au moins, elle avait obtenu qu’il rentre à pied à l’appartement, au centre du Londres Moldu, dans un quartier populaire, au lieu de transplaner jusque chez lui avec plus de Whisky-Pur-Feu que de sang dans les veines. Mais à présent, elle se demandait si elle avait été lucide et clairvoyante en proposant cette solution… Elle sentit les larmes monter. Où était le Sirius qu’elle avait connu ? Elle le détestait, mais elle se détestait encore plus de ne pas réussir à le sauver. Marlène agita la tête de gauche à droite pour chasser ces pensées sombres, et se concentra sur le planning du week-end face à elle. Elle devait se calmer. Elle attrapa un crayon et se mit au travail. Ce matin, Edgar et Caradoc étaient partis en mission de repérage au nord de la ville, près d’un supposé repère de malfrats financés par les Mangemorts pour semer la terreur dans les rues, et ne devaient revenir que le lendemain. Maugrey était resté au QG avec Dumbledore et Elphias pour prévoir l’attaque de la semaine prochaine. Cette après-midi, Sirius et Fenwick étaient en filature au Chemin de Traverse, et l’ensemble des autres membres s’était rendu au Ministère pour surveiller les agissements d’un présumé partisan du Seigneur des Ténèbres, qui avait d’après leurs enquêtes, prévu de frapper ce jour-là.

      Marlène avait longtemps insisté pour prendre part à la mission, jusqu’à ce que Fol-Oeil menace de lui couper la langue si elle ne se reposait pas -elle n’avait pas réussi à savoir s'il était sérieux ou pas-, au moins pendant quelques heures. Selon lui, dans cet état, elle ne serait d’aucune aide. Elle avait donc seulement obtenu l’autorisation de rejoindre le manoir en fin de soirée, pour partager avec un repas avec tout le monde. Seuls Elphias, Maugrey et Dumbledore étaient restés au QG, donnant pour unique consigne de ne les déranger sous aucun prétexte. L’esprit de Marlène se détacha inconsciemment de son devoir et sans qu’elle ne puisse rien y faire, ses pensées se tournèrent vers le sorcier qui partageait sa vie, son semblant de vie. Elle se souvenait de la saveur de ses baisers, de la douceur de ses caresses, de la poésie de ses silences, et tout en lui lui manquait. Elle se remémora leurs courses en balai à Poudlard, leurs querelles idiotes mais rafraîchissantes, leurs fous rires, leurs excursions nocturnes. Sa jalousie terrifiante, ses caprices d’enfant, sa légendaire détermination qui frôlait bien trop souvent l’entêtement. Elle avait appris à adorer chacune de ses qualités tout comme chacun de ses défauts. Elle l’avait tant aimé.

      Toutefois, lorsqu’elle le voyait ainsi -elle se fit violence pour ne pas se retourner-, elle en aurait vomi de dégoût. Comment pouvait-il lui imposer cela ? Un rire amer franchit ses lèvres, et elle enfonça ses paumes contre ses yeux clos pour retenir les larmes qui menaçaient de déborder. Elle n’avait plus la force de vivre. Elle se contentait d’exister.

      « Marlène ? »

      Son cœur loupa un battement et ses mains rejoignirent instantanément le bois clair du bureau dans un claquement sec. Elle battit des paupières pour chasser les dernières traces de pleurs et son regard fila vers le plafond, blanc, comme tout le reste de l’appartement. La première fois qu’elle était venue ici, Alice avait comparé le logement à un hôpital, mais cette blancheur immaculée, rendue éclatante par les rayons de soleil qui filtraitent à travers la fenêtre, avait le don d’apaiser Marlène.

      « Marlène... »

      La voix de Sirius était faible, pâteuse, et ôtait toute envie de se retourner à l’ancienne Serdaigle. Pourtant, une inattendue pointe d’angoisse dans son ton fit hésiter la sorcière. Habituellement, lorsqu’il l’appelait en étant si saoul au beau milieu de l’après-midi, c’était pour lui demander un verre d’eau ou exiger le silence.

      « Marlène, regarde-moi... »

      Un sanglot avait ponctué cette phrase. Marlène bondit sur ses pieds, incapable de se maîtriser, et vint s’agenouiller aux pieds de son compagnon, le visage crispé. Sirius ne pleurait jamais. Et pourtant, des larmes coulaient sur son visage lorsqu’il tendit les mains vers Marlène. Avec une lenteur presque alarmante, il passa un doigt sur les lèvres roses de la jeune femme, qui chuchota précipitamment, inquiète :

      « Sirius, je suis là, je suis là. Tout va bien ? »

     Ce n’était qu’une gueule de bois particulièrement éprouvante, mais Marlène ne pouvait s’empêcher de paniquer. Elle ne supportait pas de le voir si mal. Pourquoi se réfugiait-il dans l’alcool plutôt que dans ses bras ? Devant l’absence de réaction de l’ancien Gryffondor, qui continuait d’effleurer chaque trait du visage de Marlène, celle-ci attrapa ses mains, froides, si froides, et les serra de toutes ses forces.

      « Combien de verres tu as bu ? Qu’est-ce qu’il y a ? Sirius, dis-moi, fais un effort, bon sang ! »

      Elle avait presque hurlé le dernier mot, toute sa panique et sa détresse s’extériorisant par un accès de colère. Elle ne l’avait jamais vu dans cet état. Sa peau était d’une pâleur cadavérique et d’immenses cernes violets soulignaient son regard vide. Il tremblait, si fort. Et soudain, la lumière se fit dans l’esprit de Marlène et l’image du planning du week-end vint la percuter. Elle lâcha un cri étranglé, et répéta, peinant à retrouver son souffle :

      « Dis-moi, dis-moi ! Où, quand ? Tu es blessé ? »

     Sirius n’avait pas bu dans un bar par désespoir, il avait avalé la bouteille de Whisky-Pur-Feu cachée sous le canapé, pour faire taire une douleur sûrement insoutenable. Il avait été en mission cette après-midi, et à en croire son état, ça avait mal tourné. Le monde de Marlène se figea, et elle passa quelques instants à sangloter au pied de son amant, incapable d’agir. Que pouvait-elle faire ? Ses compétences en médecine étaient bien maigres. Un gémissement de Sirius la calma instantanément et elle souffla brutalement pour reprendre ses esprits. Elle devait être efficace, la vie de son ami en dépendait. Retrouvant le sang-froid durement acquis auprès d’Edgar et Gideon, elle allongea son amant sur le canapé, calant sa tête sous un coussin. Puis avec une lenteur extrême et une douceur calculée, elle commença à inspecter son corps. Un infime relâchement dans ses épaules témoigna de son soulagement lorsqu’elle comprit que ni la tête ni le cou n’étaient touchés, et avec une précaution immense, elle commença à déboutonner la chemise de l’aîné des Black.

      Lorsque ses yeux se posèrent sur l’immense tâche rouge qui grandissait sur la poitrine du sorcier, Marlène crut mourir. Une vague de panique la submergea de nouveau et elle dut serrer les paupières l’espace d’une seconde pour se calmer. Elle devait oublier qu’il s’agissait de Sirius et se concentrer. Résolue, elle rouvrit les yeux et se mit en tête de continuer l’examen. Peut-être y avait-il plus grave. Les battements irréguliers de son cœur ralentirent un peu, juste un peu, quand elle se fut assurée qu’il s’agissait de l’unique blessure. Restait maintenant à la soigner, et vite, au vu du visage de Sirius plus proche du gris maintenant que du blanc.

      Marlène attrapa sa baguette glissée jusque-là dans la poche de son pantalon, et entreprit de nettoyer doucement la blessure à l’aide de sortilèges de premier secours. Une fois cela fait, elle inspecta nerveusement la coupure, qui traversait profondément l’abdomen du sorcier. Elle ne serait jamais capable de soigner cette blessure toute seule. Après quelques sorts visant à redonner des forces à Sirius, elle amena à elle d’un Accio des parchemins et des plumes, et commença à même le sol à griffonner un mot à l’intention de ses amis dotés de compétences médicales. Elle n’aurait qu’à envoyer cette flopée de lettres au Ministère. Une voix rauque l’interrompit :

      « Marlène, ne fais pas ça…

     Elle sursauta, puis se redressa pour croiser le regard de Sirius. Elle posa une main sur son front et lui intima de se taire.

      - Ils sont en mission tu… tu vas les faire repérer, ou pire...

      Le cœur de Marlène loupa un battement. Comment avait-elle pu être si idiote et imprudente ? Elle avait frôlé la catastrophe.

      - Direction Saint-Mangouste alors, je vais te porter jusque dehors l’appartement pour qu’on puisse transplaner ! »

      Alors qu’elle était en train de passer le bras de Sirius autour de ses épaules, un grognement de douleur de sa part la stoppa net. Elle resta immobile quelques secondes et, sur le point de reprendre son action, elle fut interrompue une nouvelle fois.

     « Marlène repose moi immédiatement. »

     La jeune femme hésita un instant à peine, puis s’exécuta face au ton intransigeant de son amant, les yeux embués.

     « Si tu me déplaces, je… je crois que je vais mourir, tu ne veux pas ça... si ? »

     Sirius avait lâché la phrase entre deux gémissements, le souffle court, sa voix tremblante teintée d’une pointe de moquerie. Marlène secoua la tête en signe de négation et resta plantée debout au-dessus de lui, sentant les larmes dévaler ses joues. Elle ne savait pas quoi faire. Cet idiot semblait prendre la situation à la légère, elle ne pouvait appeler personne.

     « Marlène… Il va falloir que… que tu te débrouilles seule. Prends… prends le livre de Médicomagie, dans… dans ton étagère. »

     Les regards de deux sorciers se croisèrent à cet instant, et cet échange fit l’effet d’une décharge à Marlène. Sirius ne devait, ne pouvait pas mourir. Elle ne le laisserait pas faire. Peu importe le temps qu’elle y passerait, elle se promettait de le sortir de là, encore une fois. Elle ne l’abandonnerait pas. Alors elle lui obéit, un calme nouveau et inattendu guidant ses gestes. Elle attrapa le fameux ouvrage et chercha les pages dont elle avait besoin. Pendant une longue heure, une éternité lui semblait-il, elle lança des sorts sur la poitrine boursouflée de Sirius, faisant finalement cesser l’hémorragie. Pourtant, les mains de son amant restaient si froide, et son teint, pâle. Marlène finit par lancer le vieux grimoire dans un coin de la pièce, et s’agenouilla de nouveau près de Sirius, la tête calée entre ses mains. Un souffle désespéré franchit ses lèvres :

     « Je crois que j’ai tout essayé… je ne sais pas quoi faire d’autre, Sirius, je…

     - Tu as très bien fait, l’interrompit-il, je… je me sens mieux.

      - Arrête de dire n’importe quoi, tu verrais ta tête, tu ne dirais pas ça. Je vais devoir aller chercher de l’aide, ne bouge pas surtout. »

     Elle se maudit à la seconde même où elle prononça ces stupides mots, et Sirius laissa échapper un rire étranglé. Comme s’il était capable de mettre un pied devant l’autre. Alors qu’elle allait se relever, il attrapa sa main, et chercha son regard.

     « Reste Marlène, si tu m’aimes encore un peu, juste un peu, reste. »

 

     Marlène sentit une boule affreuse grossir dans son ventre, et elle se figea, en proie à un terrible dilemme. Elle était à la fois profondément troublée par les mots de Sirius, qui témoignaient de sa lucidité quant à leur relation mais également de son attachement pour elle, et paniquée à l’idée de le laisser seul. Que devait-elle faire ? Partir chercher des secours, ou exaucer le vœu de Sirius, et de son cœur, également ?

     « Je t’en prie Marlène, ne me laisse pas, pas maintenant. »

     Tous les muscles de la jeune femme se détendirent, et elle sut ce qu’elle devait faire. Avec une tendresse infinie, elle reprit sa position initiale et posa sa tête contre la paume de Sirius, gardant sa main dans la sienne. Il la remercia d’un sourire qui valait tous les mots du monde.

     « Qu’est-ce qu’il s’est passé ? »

     Maintenant qu’elle avait pris sa décision, la sorcière était convaincue qu’elle ne pouvait rien faire de plus que d’attendre qu’il reprenne des forces ou s’endorme, pour qu’elle puisse s’éclipser et prévenir un Médicomage, un membre de l’Ordre. Et puis, elle en était sûre, elle avait déjà fait beaucoup. Si elle ne s’y connaissait que peu en Médicomagie, elle savait sa magie puissante et précise, et avec les indications de Sirius et les souvenirs qu’elle avait de Lily en train de soigner des blessés, elle était presque certaine d’avoir fait le nécessaire. Ce « presque » l’aurait fait pleurer d’angoisse si Sirius ne semblait pas en meilleur état depuis qu’elle avait choisi de rester. Ses joues avaient repris un peu de couleurs, et sa respiration s’était apaisée. Marlène jeta un coup d’œil au bandage soigneusement exécuté, et enfouie sa détresse au fond de son esprit.

     « Simple mission de filature et… et nous avons été repérés. Benjy a transplané immédiatement, sans doute dans un refuge, comme nous devons le faire en cas de problème, tu sais bien. Mais moi… mais moi j’ai été con, tellement con, et j’ai sorti ma baguette. Je n’ai… je n’ai eu le temps de rien faire, je me suis pris un sortilège, et là, il a fallu prendre une décision… J’avais l’esprit flou, jamais je n’ai ressenti ça, je n’arrivais plus à respirer et l’autre s’approchait de moi je… »

     Marlène serra de toutes ses forces la main de Sirius, des larmes plein les yeux, et l’encouragea à continuer d’un regard.

     « Je n’arrivais pas à penser aux cachettes, la seule chose qui me venait à l’esprit c’était… c’était ne plus avoir mal. Je me sentais mourir, Marlène, mourir... »

     La sorcière laissa un sanglot franchir ses lèvres, et posa une paume de chaque côté du visage de Sirius. Il avait prononcé ces mots avec tant de peur, lui qui n’en ressentait pourtant jamais. Si elle avait pu, elle aurait pris toute sa peine et ses tourments à cet instant.

     « Pourquoi tu n’es pas allé à Sainte-Mangouste ou au Square, espèce de face de troll ? articula-t-elle entre deux pleurs, tremblante.

     Sirius ferma les yeux un instant, et lorsqu’il les rouvrit, une lueur nouvelle y brillait. Il chuchota, hésitant :

    - Je ne pouvais pas… je ne pouvais pas mourir sans t’avoir revue. »

 

     Marlène resta abasourdie en entendant cet aveu. Il aurait pu choisir James, Remus, Peter, il aurait pu choisir d’aller chercher du secours, il aurait pu choisir de se battre. Mais non, aux portes de la mort, il l’avait choisie. Malgré leurs disputes, malgré leur amertume, malgré leurs malheurs. Il l’avait choisie, elle.

     « Marlène. »

     La jeune femme revint à la réalité lorsque Sirius prononça son nom, troublé, perdu. Il cherchait son regard, mais elle ne parvenait pas à relever le visage vers lui. Au lieu de ça, elle fixait une poussière accrochée au canapé, comme si les deux sorciers n’étaient plus dans le même monde. Elle était incapable de se confronter au jeune homme qui venait de l’appeler, parfaitement incapable. Finalement, Sirius poussa un soupir et sa tête retomba contre l’accoudoir du sofa, obligeant Marlène à lâcher sa tête. Les mains de l’ancienne Serdaigle retombèrent lourdement le long de son corps, mais elle ne prononça pas un mot, toujours prostrée au sol.

     « Tu me pardonneras, un jour ? »

     À ces mots, la sorcière sursauta et se redressa enfin. Immobile, elle le dévisagea un instant. Puis elle déglutit, et tourna lentement le dos à Sirius, calant sa nuque contre le bas du canapé. Il venait de lui avouer qu’elle était celle qu’il avait voulu voir avant de mourir, et il lui demandait si elle le pardonnait ? Évidemment, qu’elle le pardonnait, elle l’avait pardonné depuis longtemps, ne lui en avait même jamais réellement voulu. Elle l’avait détesté, oui, mais après tout, elle comprenait. Il devait la haïr aussi, par moment. C’était donc cela, l’amour ? Pardonner même quand on sait qu’on sera blessé de nouveau ? Pardonner l’impardonnable ?

     « Hé, face de troll, t’es morte ?

     Marlène se retourna brusquement, et féroce, cracha  :

     - C’est toi qui as failli y rester, espèce de sale petit con ! Et tu serais pas en vie si je n’avais pas été là, encore une fois ! »

     - Marlène, je…

     - La ferme ! La ferme Sirius ! La ferme... »

     Sa voix s’était brisée et les larmes s’étaient remises à couler, balayant toute trace de colère. Elle le haïssait tant ! Tenait-il si peu à la vie, pour la risquer sans une once de remords ? Tenait-il si peu à elle ? Sirius avait obéi au ton impérieux de sa compagne, et gardait les yeux baissés, honteux. Ils attendirent un long moment ainsi, lui, allongé sur le canapé, le regard dans le vague, muet, et elle, accroupie près de lui, brisant le silence pesant par de violents sanglots. Elle se balançait imperceptiblement d’avant en arrière, comme pour se bercer, comme pour se calmer. Finalement, elle souffla, la tête entre les genoux.

     « Pourquoi tu fais ça ? Je n’en peux plus, Sirius, je n’en peux plus. Je n’arrive plus à vivre. Tu t’imagines, un peu, ce que c’est que de vivre avec toi ? Je ne sais jamais où tu es, je passe mon temps à t’attendre. J’ai cru Alice, tu sais, quand elle m’a dit qu’elle t’avait vu sortir d’un bar accroché à une autre fille. Certes t’étais bourré, mais, dis, tu l’as baisée ? Non en fait, je ne veux rien savoir. J’en peux plus, Sirius. J’ai arrêté mes études pour l’Ordre, j’y consacre tout mon temps, je galère à payer mon loyer, je suis obligée d’être serveuse dans un resto Moldu miteux, et toi, tu manques de mourir chaque soir. Et faire des missions n’est pas une excuse, moi aussi j’en fais, plus que toi, tu sais, des plus dangereuses, et je reviens toujours entière. J’ai eu quelques soucis, c’est vrai, quelques grosses blessures et quelques crises de colère et de larmes. Mais jamais ça n’a eu d’impact sur toi, sur nous. Je me débrouille toujours pour tout te cacher, pour ne pas ajouter du poids sur tes épaules déjà bien chargées. Tu croyais vraiment, dis, que j’étais partie chez Dorcas, ce soir-là ? Tu sais, le soir où je ne suis pas revenue à l’appartement ? Non, j’étais en sang, j’avais pris un sortilège pendant la mission avec Gid’, et il m’a accueillie le temps de me soigner. Je ne voulais pas t’inquiéter. J’en peux plus, tu comprends, ça, Sirius ? Pourquoi on ne peut pas vivre comme James et Lily, hein ? Pourquoi on ne peut pas aller se promener dans le Londres Moldu, aller boire un thé, s’offrir des cadeaux ? Au lieu de ça tu bois, je bosse, on risque nos vies et on existe à peine ! Pourquoi on n’est pas comme James et Lily, dis-moi…

     - Parce qu’on est Marlène et Sirius ? »

     Il avait coupé Marlène dans son élan, hésitant. La question résonna un long moment dans la tête de la sorcière, qui n’avait pas cessé de pleurer. Marlène et Sirius ? Elle n’arrivait plus à y croire. Elle avait trop souffert. Alice, Dorcas, et même Mary lui disaient qu’elles ne la reconnaissaient plus. Elle ne riait plus, ne chantait plus, n’était pas montée sur un balai depuis une éternité… Elle n’était que l’ombre d’elle-même, ou plutôt l’ombre de Sirius. Elle ne se reconnaissait pas. Elle n’était pas, plus heureuse.

     « Je ne sais plus, Sirius, si nous le sommes encore, je…

     - Pardon. »

    Marlène se retourna pour la énième fois, la gorge nouée. En plusieurs mois de vie plus ou moins commune, il ne lui avait jamais dit pardon. Jamais. Aujourd’hui il le lui disait avec sa bouche, ses yeux, son âme, elle le sentait. Alors lorsqu’il lui demanda à mi-voix de venir le rejoindre, elle grimpa sur le canapé et se blottit contre son torse, faisant attention à ne pas lui faire mal. Sirius poussa un soupir de soulagement en la sentant contre lui, et il l’enveloppa de ses bras. Marlène, le nez dans son cou, inspira son parfum avec une joie qu’elle aurait préféré ne pas éprouver. Évidemment, qu’elle l’aimait encore. Pourquoi sinon serait-elle en train de sourire contre sa peau ? Pourquoi resterait-elle là, à se délecter de la sensation de leurs chairs l’une contre l’autre ? Timidement, du bout des lèvres, elle déposa un baiser tendre dans le cou de Sirius, qui se crispa à ce contact. Depuis quand n’avaient-ils pas eu de gestes doux l’un envers l’autre ? Un baiser volé de temps en temps, sec, dénué de toute émotion, mais sinon, rien. Alors quand le sorcier passa une main dans les cheveux blonds de Marlène, elle frissonna de plaisir. Elle l’aimait.

     « Je t’aime. »

     Cette fois, Sirius se figea complètement. Ils ne s’étaient jamais dit « je t’aime », Marlène le savait. Mais ça lui avait échappé. Elle l’aimait. Elle lui en voulait, le détestait parfois, mais elle l’aimait. Elle voulait passer sa vie avec lui, peu importe tous leurs malheurs à venir. Maintenant qu’elle avait pris conscience de cela, elle était apaisée. Il lui ferait du mal, encore, mais elle l’aimerait, encore. Elle allait souffrir, c’était certain, mais elle l’aimerait toujours plus le lendemain. Devant l’absence de réponse du sorcier, elle reprit.

     « J’ai cru que tu allais mourir, toute à l’heure, et si tu meurs, je meurs. C’est pas très chouette, je te l’accorde, mais que veux-tu, je t’aime. Je suis amoureuse de toi, encore, après tout ça, t’y crois ?

     - Je ne veux pas que tu meurs, Marlène.

     - Alors ne meurs pas, Sirius.

     - Plus jamais, promis.

    - T’as déjà promis mille fois, tu sais. Et tu recommenceras.

     - Tu me pardonneras ?

     - Mille fois encore. Je t’aime, je t’ai dit. »

 

     Sirius se mit à rire, de son rire si particulier, profondément heureux, Marlène le savait. Contre son gré, un sourire étira également ses lèvres, et elle bascula au-dessus de son compagnon, pour plonger son regard dans le sien.

     « Je t’aime, mais je te déteste parfois, avoua-t-elle, sans se départir de son sourire. Je t’aime mais s’il te plaît, arrange toi pour que je puisse vivre, un peu, même si tu es là.

     - Je te préviens tout de suite, je serai là. Mais je promets. Promis, c’est bon -il leva les mains en guise de bonne foi-, pas la peine de faire cette tête-là ! Mais je suis terriblement blessé -il avait dit cela avec un ton théâtral- et tu me fais un peu mal, là. »

     Il désigna son abdomen, sur lequel Marlène avait posé une main, en grimaçant. Le sourire de la sorcière s’élargit, et elle se pencha un peu plus en avant.

     « Je sais. C’est voulu, Sirius. »

     Sirius déglutit face au regard de la jeune femme, dont le nez touchait presque le sien. Comment, après tant de temps, parvenait-elle encore à lui faire cet effet ? Bien sûr, qu’il ne l’avait jamais trompée, cette fille au bar, c’était juste une Moldue qui avait proposé de le ramener chez lui, vu son état. Comment pouvait-il la trahir, alors que son nom dans sa bouche faisait frémir son être tout entier ? Il avait chaud, soudainement, et son cœur se mit à battre plus vite alors qu’il contemplait le visage si familier de Marlène. Ses yeux bruns, ses pommettes hautes, sa chevelure emmêlée, ses lèvres roses, charnues, pulpeuses.

     « J’ai envie de te faire l’amour. »

     C’était sorti tout seul, et Sirius en rougit de honte. Que lui avait-il pris ? Jamais il n’avait dit si clairement à Marlène qu’il ressentait un désir de ce genre pour elle. Bien sûr, chacun connaissait le corps nu de l’autre depuis longtemps, elle avait été sa première fois, et les nombreuses fois suivantes mais… Faire et dire n’étaient pas la même chose. Cette phrase eut le mérite d’arracher un rire à Marlène, qui, avec cet éternel sourire carnassier, s’approcha de son oreille, le faisant soupirer de bonheur.

     « Je te rappelle que tu es terriblement blessé, Sirius. »

     Puis aussi rapidement qu’elle s’était avancée, elle se redressa, quitta le lit et attrapa son sac, inconsciente ou plutôt amusée de l’émoi qu’elle provoquait chez le sorcier. Il la contempla, le souffle coupé, et s’indigna :

     « Marlène ! Tu ne peux pas me faire ça, tu… tu imagines un peu dans quel état je suis ? 

     - C’est bien pour ça que je vais chercher de l’aide, répondit-elle, soudainement sérieuse. Ta blessure est grave, Sirius, et si j’ai fait du mieux que je pouvais, ce n’est pas suffisant. Ne meurs pas en mon absence, d’accord ? »

     Sirius soupira, comme un enfant capricieux, et se tordit le cou pour la voir enfiler son manteau. Bouger lui faisait un mal de chien, mais il n’aurait manqué son départ pour rien au monde. Ses yeux glissèrent le long de ce corps qu’il connaissait par cœur et qui aurait semblé banal aux yeux d’un autre et il mordit sa lèvre de désir, avant de se fustiger intérieurement. La femme de sa vie venait de justement de la sauver, il avait frôlé la mort, et la seule idée qui habitait son esprit était celle de leurs corps entremêlés. Marlène surprit son regard et un sourire taquin étira ses lèvres. Elle avait deviné ses pensées, comme souvent, et elle chuchota, le regard brillant :

     « Repose-toi, tu dois reprendre des forces pour…

     - Pour ? »

    N’y tenant plus, la sorcière fit quelques pas et vint se placer au-dessus de lui, si bien que chacun voyait le visage de l’autre à l’envers. Marlène détailla avec attention ce visage qu’elle aimait tant, qu’elle chérissait plus que tout. Les yeux gris qui suscitaient tant de passion, les cheveux noirs dans lesquels toutes auraient voulu passer la main. Mais cette fossette, elle n’était connue que d’elle, ce grain de beauté sur la tempe aussi.

     « Pour ? répéta le jeune homme, tendu.

     - Pour que je puisse te faire l’amour, Sirius. »

     Le jeune homme ferma très fort les yeux pour contenir toute pulsion, le rire clair de Marlène résonnant dans ses oreilles. Il était certain qu’elle était très fière de son effet et il lâcha un juron après lui avoir ordonné de ficher le camp.

     « Je suis chez moi, je te rappelle.

     - Chez nous ?

     Marlène fronça les sourcils, réfléchit un instant, puis reprit, toute trace d’amusement envolée.

     - Chez moi, Sirius. Ça ne marche pas si simplement. »

     Il haussa des épaules, fataliste, puis lança un dernier regard à Marlène. Il aurait voulu lui dire qu’il était désolé pour tout, qu’il se sentait terriblement con, qu’elle était la plus importante et la seule à ses yeux. Il aurait voulu qu’elle comprenne à quel point il tenait à elle, qu’elle sache que c’était en grande partie pour elle qu’il faisait toutes ces missions, qu’il se battait pour un meilleur monde. Pour elle qu’il trouvait la force de se lever chaque matin, de rire, de parler. Il aurait voulu qu’elle comprenne qu’un peu plus tôt, lorsqu’elle était entrée dans l’appartement, il en avait pleuré de soulagement. Qu’il aurait pu passer l’éternité à contempler son dos musclé pendant qu’elle travaillait, sa nuque gracile, ses cheveux blonds qu’elle avait machinalement glissés sur son épaule gauche, comme elle le faisait tout le temps. Qu’il était prêt à mourir avec cette vision, mais l’avait appelée une toute dernière fois, juste pour pouvoir emporter le souvenir de son regard avec lui. Il aurait tant voulu qu’elle sache.

     « Je sais, maintenant. »

     Sous les yeux ébahis de Sirius, Marlène lui adressa un dernier sourire et partit pour de bon. Juste avant de fermer l’appartement à clefs, elle s’arrêta un instant pour contempler la tignasse brune qui dépassait du canapé. Elle était apaisée, comme elle ne l’avait pas été depuis longtemps. Peu importe tout ce qui arriverait, elle était auprès de lui, et elle avait su comprendre tout ce qu’il ne pouvait dire. Peu importe le mal qu’il lui faisait, elle resterait près de lui. Ils avaient besoin l’un de l’autre, ce n’était pas aussi beau et brillant que James et Lily, c’était vrai, mais c’était eux. Un peu bancal, anormal, mais c’était eux. Alors qu’elle allait pousser la porte, elle entendit un chuchotis tremblant, hésitant, mais si puissant.

     « Je t’aime aussi. »

     Les rayons du soleil d’hiver éclairaient l’appartement d’une lueur rosée, ambrée. Marlène transplana. Elle avait bien fait finalement d’ouvrir la porte de l’appartement, ce jour-là.

 

 

Note de fin de chapitre :

Voilà !

 Alors, la deuxième personne que je veux remercier, et à qui j'ai plein de choses à dire, c'est Sun'. Sun', t'es juste une extraordinaire. Je te remercie pour ta patience, ta douceur, ta compréhension, pour nos fous rires et nos soirées (nuits ?) de discussions et de délires. Je te remercie pour ta présence, surtout, à chaque instant. Pour ton imagination débordante, ta volonté, ta motivation. Je te dédie ce petit OS, ce n'est pas grand chose, mais je sais que tu les apprécies, ces deux idiots. Et puis merci, parce que c'est en relisant tes textes et en discutant avec toi que j'ai eu de nouveau envie d'écrire sur Marlène, et tout particulièrement sur ce moment. J'espère que tu ne doutais de rien, ça a été dur de ne pas tout te dire :joy: ! Bref merci, merci Sun', ce texte il est pour toi <3

     Et puis merci à Central Perk tout entier, pour cette énergie et cette inspiration que vous me donnez. J'vous aime.

     Et merci à toi lecteur, d'avoir cliqué sur cette histoire ! J'espère que tu as apprécié, et n'hésite pas à me dire ce que tu en penses ! (j'ai l'impression d'être aux Césars avec tous ces remerciements)

Bon, allez, bisous et à bientôt !

Chouette.

 

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