S'identifier | | Identifiants perdus | S'enregistrer |
Lien Facebook

En savoir plus sur cette bannière

News

128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


102 - La très paisible retraite de Miss Pécotille par ninipraline

[6 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Le défi ?

Rédiger un texte sur la rencontre entre un moldu et le monde magique. Le moment et sa conclusion sont décrites du point de vue du moldu, qui a réalisé l’étrangeté de la situation.

Les contraintes ?

Le choix du format est libre du moment que l’écrit soit terminé à la date de clôture du concours.

Les mots imposés (en gras dans le texte) sont : automatiquement, agréer, bow-window, captif et filtre (et non pas philtre, ce serait trop facile ).

Le Moldu en question peut-être un personnage d'HP (mais qui n'est donc pas au courant de l'existence de la magie) ou un OC.

Le moment de la rencontre avec la magie doit être canon (sont considérés comme moment canon les 7 HP évidemment, les écrits de Rowling dans les Contes de Beedle le Barde, le Quidditch à travers les âges, les Animaux Fantastiques et où les trouver, les 8 films et Pottermore. Pas The Cursed Child ni le film Animaux Fantastiques pour éviter les spoilers à celles et ceux qui ne l'ont pas lu/vu.)

Le moment canon ?

La première visite des Weasley et de Harry, escorté de Tonks et de Maugrey, à Arthur Weasley qui vient de se faire attaquer par Nagini dans les couloirs du ministère. Et plus précisément leur arrrivée et leur entrée dans l’hôpital Sainte-Mangouste.

Le passage se trouve dans le tome 5, Harry Potter et l’ordre du phénix au chapitre 22 : « L’hôpital Sainte mangouste pour les maladies et les blessures magiques ».

Le moment, l’univers et les personnages appartiennent bien entendu à J.K. Rowling.

Le personnage moldu est un OC.

"Heureusement, ils descendirent à l'arrêt suivant, une station située en plein coeur de Londres. [...] Lorsqu'ils se retrouvèrent de l'autre côté, ils étaient secs et bien au chaud."

Note de chapitre:

Je vous laisse découvrir la vie de Miss Pécotille qui a la chance de vivre à côté de l'hopital de Sainte Mangouste.

Miss Pécotille s’étira de bien-être. Allongée sous ses multiples couvertures soigneusement tirées jusqu’à son menton, elle profitait pour quelques minutes encore de la chaleur et du confort douillet de sa literie.

 

Elle avait encore le temps. Elle n’avait aucun rendez-vous aujourd’hui, le facteur n’arriverait que dans une heure et le sifflet de la bouilloire électrique n’avait entonné que les premières notes de God Save the Queen.

 

Un rire enfantin, presque un roucoulement, s’échappa de ses lèvres. Elle appréciait le confort de son existence et louait, matin et soir, l’inventeur de l’électricité et des minuteurs qui lui permettait d’adoucir ses vieux jours.

 

Elle tourna la tête vers la porte ouverte de sa minuscule cuisine. De l’alcôve, dans laquelle elle avait placé son grand lit, elle pouvait scruter chaque coin de son petit appartement. Et là, elle regardait avec adoration et plaisir, les nombreux appareils électro-ménager qui s’alignaient sur son plan de travail.

 

Comme tous les matins, ils s’étaient tous automatiquement mis en route , au moment où le réveil avait sonné. Dans quelques instants, l’eau sera suffisamment chaude pour le thé et les toasts jailliront du grille-pain, prêt à être tartiné de marmelade d’orange amère.

 

Les nombreuses rides du visages de la vieille dame se rassemblèrent sur ses tempes alors qu’elle souriait largement. Thé, marmelade, électro-ménager ainsi que les luxueux savons et crèmes qu’elle allait utiliser tout à l’heure pour sa toilette étaient des cadeaux d’un de ses magasins préférés. Magasin dans lequel, elle n’avait pourtant jamais mis les pieds.

 

Elle tendit la main vers sa robe de chambre, s’assit sur son lit pour l’enfiler et toute excitée par l’idée d’un bain chaud, mousseux et parfumé se leva pour se glisser dans la salle de bains puis dans la baignoire qu’elle n’aurait jamais pu pouvoir faire tenir dans le réduit dédié à la toilette.

 

Enfoncée jusqu’au cou dans les fragrances de myrtilles et de fraises, elle goûtait au plaisir de se faire caresser par les bulles des sels de bains et du nuages de mousse rose bonbon et savourait ce début de journée hivernale. Miss Pécotille s’étira une nouvelle fois de bien-être.

 

***

 

Miss Pécotille claqua sa langue contre son palais. Ce thé était l’un des meilleurs qu’elle n’ait jamais goûté. Elle ne connaissait pas la marque et était sûre de ne jamais l’avoir vu dans un commerce autre que celui qui la gâtait par tant de largesses et de surprises.

 

La sonnette carillonna joyeusement. Miss Pécotille quitta à regret son petit déjeuner pour trotter vers la porte. Cette dernière s’ouvrit sur le visage avenant du facteur. L’homme aux cheveux gris prit de ses nouvelles avant de lui tendre un paquet de lettres et un énorme colis.

 

La porte à peine fermée sur le premier visiteur de sa journée, la vieille dame, les bras encombrés par l’imposant carton, trottina vers la table sur laquelle était dressé son délicieux et copieux petit déjeuner.

 

Son chemin la faisait passer devant un guéridon de bois de rose, encadré de deux moelleux fauteuils crapauds qui croulaient sous les coussins gonflés et le chintz à grosse rose jaune. Elle profita de son passage pour déposer missives sur le plateau et carton sur l’un des fauteuil.

 

Confortablement réinstallée à sa petite table à manger, elle considéra avec consternation sa tasse de thé en porcelaine blanche décorée de boutons d’or, une pièce de dînette digne d’une maison de poupées.

 

La tasse ne fumait plus. Miss Pécotille tendit la main vers sa théière et la découvrit encore brûlante. Ravie, elle ajouta à sa tasse de thé froid, au tiers vide, une importante quantité de liquide fumant et odorant. Avec satisfaction, elle admira les volutes de fumées s’élever vers le plafond.

 

Tout en contemplant les longs et lents tourbillons de vapeur, elle lissa le petit napperon brodé des mêmes boutons d’or que ceux du service à thé. Le rectangle de coton soigneusement replacé et raidi, elle croqua du bout des dents dans le toast préparé avant d’être interrompue.

 

La vieille dame prit le temps de savourer son thé à nouveau chaud, de déguster ses toasts débordants de marmelades et son bacon craquant, d’apprécier l’amertume et le sucré, le salé et l’acidité. Miss Pécotille claqua une nouvelle fois sa langue contre son palais.

 

***

 

Miss Pécotille soupira d’aise. Comblée par son repas, elle se tamponna la commissure des lèvres avec sa serviette brodé de boutons d’or. Ses mains ridés plièrent le carré de coton et le glissèrent dans un des tiroirs du vaisselier, et avec patience ramassèrent une à une les miettes qui s’étaient éparpillées sur son napperon – set de table et les plaça dans la soucoupe de sa tasse.

 

Ces quelques gestes, hérités de l’habitude et de la routine quotidienne, mettaient fin au premier repas de la journée. Miss Pécotille rassembla les quelques pièces de vaisselles nécessaire à son petit déjeune, les ramassa avec précaution et se leva.

 

Méticuleusement, elle se mit en devoir de nettoyer théière, tasse, soucoupe, assiette et couverts, rinça la bouilloire avant de la remplir d’eau et de la reposer sur la plaque éteinte en prévision de son prochain thé et les mains pleines de vaisselle propre retourna vers le vaisselier pour tout ranger.

 

Il était dix heures. Et Miss Pécotille avait terminé un des grands rituels de sa journée. Elle était prête pour le suivant l’ouverture du courrier. Tout en frottant ses paumes l’une contre l’autre, la vieille dame se dirigea vers son guéridon.

 

Après avoir tiré avec soin sur sa robe pour éviter les plis et les froissures, elle se cala avec soin dans le creux formé par son corps dans les coussins et le rembourrage de son fauteuil crapaud. Et balaya du regard le plateau ciré et brillant du guéridon.

 

Un tic agita le coin de l’œil gauche de Miss Pécotille. Ses meubles avaient besoin d’un bon coup de chiffon. Elle verrait cela plus tard, se promit-elle tout en continuant à fouiller du regard la petite tablette ronde.

 

Devant elle, sur un napperon de coton brodé de roses jaunes : un vase débordait d’une composition de fleurs des champs séchées. Sous le bouquet, une coupelle accueillait une paire de lunette et des jumelles de théâtre.

 

Miss Pécotille trouva enfin ce qu’elle cherchait. Dissimulé sous les enveloppes empilés à côté de la coupelle, le coupe-papier attendait l’heure de servir. Rassurée, Miss Pécotille soupira à nouveau d’aise.

 

***

 

Du bout des doigts, Miss Pécotille ajusta ses lunettes qui avait glissé sur le bout de son nez. Et tendit la main vers les missives. Elle prit la première de la pile et d’un geste lent et sûr, glissa la lame du coupe-papier sous le rabat pour découper le haut de l’enveloppe.

 

A la lumière du jour, qui se déversait à travers les larges carreaux de verre, elle procéda à la lecture de son premier courrier.

 

« Chère madame,

 

C’est avec plaisir qui nous avons pris connaissance de votre courrier et nous sommes toujours ravis de constater l’intérêt que vous portez à notre enseigne et au quartier en général.

 

Nous n’avons pu que vérifier la triste réalité des informations que vous nous avez fait parvenir concernant les abus de certains passants qui profitent de la nécessaire ouverture des portes pendant les travaux de rénovations pour pénétrer et abandonner leur papier gras dans nos vitrines.

 

Nous avons fait procéder aux nettoyages nécessaires et doubler la surveillance de nos espaces intérieurs afin de limiter voir d’interdire à l’avenir d’aussi navrante dégradation de nos intérieurs et du cadre de vie.

 

En remerciement de votre vigilance et de votre attachement à la bonne image de notre enseigne, nous vous faisons parvenir un petit colis de nos produits phares, en espérant qu’ils sauront vous séduire et enchanter votre quotidien.

 

Dans l’attente de pouvoir à nouveau vous servir dans notre magasin enfin remis à neuf, veuillez agréer, chère madame, nos plus sincères salutations.

 

Le service de communication.

 

Miss Pécotille baissa la lettre dont elle venait de prendre connaissance. Avec un petit rire de contentement elle considéra l’énorme colis envoyé par le magasin. Puis se tourna vers le mur de carreaux dont la double tâche consistait à laisser entrer les flots de lumière et à observer la vie qui animait et agitait la rue. Dehors, malgré l’heure matinale, les trottoirs et la route grouillaient déjà de passants chargés de sacs plastiques.

 

Débordante de contentement et convaincue d’avoir accompli son devoir, Miss Pécotille ajusta une nouvelle fois ses lunettes qui avait glissé sur le bout de son nez.

 

***

 

Miss Pécotille se frotta les paumes l’une contre l’autre. Observer la vie qui s’écoulait dans la rue était l’un de ses plaisirs. C’était la raison qui lui avait fait choisir de vivre en plein centre de Londres dans le quartier le plus commerçant.

 

Tous le monde avait tenté de la dissuader et de la convaincre de s’installer en banlieue dans un quartier calme, dans une maisonnette de plein pied ou une résidence pour personne âgée. Mais Miss Pécotille était une citadine dans l’âme.

 

Elle aimait la ville et la vie qu’on y menait. Elle appréciait les longues files de voitures qui se croisaient sur les routes. Elle adorait les trottoirs surchargés de piétons et les magasins encombrés de clients. Elle n’avait aucun goût pour les paysages champêtres et le calme.

 

Et tant pis si elle vivait dans un mouchoir de poche. Elle aimait son petit appartement. Elle disposait de tout le confort à porté de main. C’était exactement ce qui lui convenait. Et Miss Pécotille se félicitait chaque jour d’avoir écouté son instinct plutôt que les conseils avisés.

 

C’était ce goût pour l’observation du spectacle de la vie citadine qui lui permettait aujourd’hui de profiter des colis surprises du magasin qui se trouvait dans le bâtiment de briques rouges en face de ses fenêtres.

 

Dès son installation, elle avait constaté des allées et venues dans les vitrines. Elle n’avait pas hésité. Et avait envoyé un courrier pour signaler les intrusions intempestives et illicites sur le chantier de rénovation. Et c’était avec cette lettre que tout avait commencé.

 

Un matin, la très chaleureuse et maternelle représentante du magasin s’était présentée pour obtenir plus d’information sur les intrusions. Miss Pécotille s’était fait un plaisir de lui parler des allées et venues et de ses années de guerre au service des renseignements.

 

Le sourire de la visiteuse avait charmé Miss Pécotille, qui avait même pardonné à son interlocutrice de s’adresser à elle comme à un très jeune enfant. Attitude, que la vieille dame qui avait dépassé la centaine de printemps, exécrait par dessus tout. Miss Pécotille se frotta les paumes l’une contre l’autre.

 

***

 

Miss Pécotille ne put retenir un petit rire de satisfaction amusée. Sa journée avait été illuminée par le colis surprise qu’elle avait déballé avec la curiosité joyeuse et impatiente d’une petite fille au matin de noël.

 

Elle ouvrit l’un des battant de son vaisselier pour en sortir une bouteille de cherry et un petit verre. Un tout petit verre. Elle se servit du cherry tout en se disant qu’après un si copieux et succulent déjeuner elle s’en servirait peut-être un autre. Plus tard.

 

L’ouverture du carton lui avait dévoilé tout un lot de cartons plus petits, plus colorées, plus brillants et rehaussés de bolduc et de rubans adhésifs fleuris. Avec des souvenirs de kermesses, elle pécha l’un après l’autre les petits cartons colorées.

 

Décoller les rubans adhésifs et retirer une à une les différentes couches de papiers, lui avaient procuré une excitation de gamine et c’est le cœur battant et les yeux brillants qu’elle avait découverts produits gastronomiques, parfums et crèmes et petits accessoires de modes.

 

Installée sur son fauteuil crapaud, son verre de cherry à la main, Miss Pécotille trônait maintenant au milieu d’une mer de papiers de soie froissés. Sur le guéridon, une tour de papiers cadeaux soigneusement pliés tenait compagnie à son vase et à sa coupelle.

 

Les paquets ouverts, avec la joie d’avoir retrouvé parmi les présents le thé qu’elle affectionnait tant, elle avait fait réchauffer sans attendre les plats qui la faisaient le plus saliver, remettant à plus tard le rangement. Aussi gourmet que gourmande, elle avait apprécié chaque bouchée des menus traiteurs.

 

La vieille dame se tourna vers le vitrail à grands carreaux de son bow-windows. Tout en sirotant son digestif à petite gorgée, elle avait, fidèle à son habitude, détaillé le grand bâtiment de briques rouges au bas duquel se trouvait le magasin au service commercial si empressé.

 

Un éclair rouge à la sortie du métro attira son attention. Elle chaussa ses lunettes et plaça ses jumelles de théâtre devant ses yeux pour se rapprocher visuellement de la cause du soudain remue-ménage. Miss Pécotille ne put retenir un petit rire de satisfaction amusée.

 

***

 

Miss Pécotille gardait les yeux rivés sur la rue à ses pieds. Au milieu de la foule, un tortillard, coloré d’orange vif, avait jailli de terre et ondulait vers l’immeuble en briques rouges.

 

La ribambelle de rouquins étaient encadrés par une longue jeune femme aux cheveux rose – bonbon, d’un jeune garçon dont la tignasse ne devait jamais avoir connu de peigne et d’un boiteux coiffé d’un chapeau melon qui lui tombait sur le côté du visage.

 

Arrivés devant la vitrine, les cheveux couleur chewing-gum se penchèrent vers le mannequin aux cils de travers et à la chasuble de nylon vert. Un sourire se dessina sur le visage de la vieille dame alors qu’elle fixait la main de plastique du présentoir anthropomorphe.

 

Les bras de la dynamique toison layette saisirent ceux de deux crinières orange, l’une grande et ronde et la deuxième petite et menue. Quelques pas plus tard, les trois femmes du groupe avaient disparu par la porte dérobée que Miss Pécotille n’avait jamais réussi à voir de sa vigie.

 

Les trois boules qui surmontaient trois corps efflanqués qui semblaient avoir grandi trop vite les suivirent. L’homme au melon tombant et à la jambe de bois se tourna et jeta un œil à la rue. Puis attrapa le jeune à la chevelure indomptée pour le pousser tel un captif vers la vitrine.

 

Pendant un instant, elle avait eu l’impression que sous le chapeau melon, un globe de verre vivant tournait en tous sens. Avec un hochement de tête circonspect, Miss Pécotille se resservit un cherry tout en félicitant intérieurement le mérite de la dame qui avait donné naissance à un si belle fratrie.

 

Son regard flotta un moment au-dessus de la marée de papiers qui l’entourait. Elle se repassait en boucle l’amusante cavalcade à laquelle elle venait d’assister. C’était une telle animation qui la faisait rester en ville.

 

Sa main redressa devant ses yeux les jumelles de théâtre. La vieille dame fouilla la rue à la recherche de nouveaux attroupements, d’une anomalie ou juste d’une scène de vie. Miss Pécotille gardait les yeux rivés sur la rue à ses pieds.

 

***

 

Miss Pécotille secoua ses larges boucles blanches dans une attitude de digne indulgence. Elle avait pris ses quartiers dans cet appartement dès sa mise à la retraite. Elle n’aurait pas pu payer et entretenir le vaste logement qu’elle avait acheter et habité avec son mari.

 

Avec l’argent de la vente, elle avait acquis ce studio en plein centre de Londres. Le reste de la somme lui procurait une rente qui complétait sa retraite et lui permettait de se procurer confort et douceur pour ses derniers jours, même dans une ville aussi chère que Londres.

 

Elle aimait cette ville, son animation et par dessus tout elle aimait ce quartier toujours en effervescence. Il y avait toujours une agitation, un événement, une saynète. Chaque heure de chaque jour lui offrait un spectacle sans cesse renouvelé.

 

Ses premiers jours lui avait cependant procuré quelques frayeurs et doutes quant à sa santé mentale. Au pied de l’immeuble de briques rouges, la vitrine avalait les passants, après les avoir invités à entrer par l’intermédiaire des doigts de plastique scellés d’un des mannequins.

 

Aujourd’hui, la vieille dame s’amusait de sa crédulité. En repensant à son arrivée dans l’immeuble et à ses alarmes, elle éclata de rire. Quelle imagination elle avait. Elle aurait dû proposer ses services aux télévisions pour écrire des scénarios de séries.

 

Son regard s’attacha une nouvelle fois à la vitrine qui brillait dans les lueurs du jour, et s’attarda sur l’automate à la chasuble de nylon vert qu’on avait oublié de débrancher. Son œil chercha une nouvelle fois, la vitre coulissante qui permettait d’entrer dans le magasin sans résultat.

 

Miss Pécotille avait hâte de voir les interminables travaux de rénovation de Purge & Pionce Ltd prendre fin. Le magasin promettait de belles vitrines animées. Et puis, elle ne dépendrait plus des colis surprises pour se procurer son merveilleux thé.

 

L’électricité était une bien belle invention. Elle lui permettait de se réveiller au son du carillon de son réveil-matin et d’avoir thé et toasts chauds dès la fin de sa toilette. Miss Pécotille secoua ses larges boucles blanches dans une attitude de digne indulgence.

 

***

 

Miss Pécotille s’étira de bien-être. Son regard balayait une nouvelle fois la rue où les passants, enveloppés de multiples épaisseurs, ficelés dans des écharpes multicolores et chargés de multitudes de sacs plastiques bariolés se pressaient.

 

Le carillon joyeux de sa sonnette tinta et résonna dans son petit logis. Miss Pécotille sourit en se levant. En passant devant son coin salle à manger, elle jeta un œil sur la table dressée pour le thé et pour deux.

 

Les lettres et les colis de chez Purge & Pionce Ltd étaient toujours suivis par la visite de leur chaleureuse représentante. Sans surprise Miss Pécotille découvrit la radieuse femme à l’allure maternelle sur son palier.

 

« Bonjour, Miss Pécotille, salua joyeusement l’arrivante, je viens voir si vous avez bien reçu nos petits présents et vous apporter en personne un petit plus pour noël.

 

– Oh, je n’ai fait que vous signaler quelques incivilités.

 

– Ne dites pas cela, gourmanda la femme comme si elle s’adressait à une petite fille. Sans vous, notre magasin aurait été associé à des papiers gras. »

 

Miss Pécotille se retint de battre des mains à la vue des deux sacs posés sur son paillasson. Il contenait des bouteilles ouvragés et des boîtes hérissées de fleurs de bolduc : liqueurs, gâteaux et confiseries allaient compléter le colis du matin.

 

La vieille dame invita sa visiteuse à entrer et cette dernière s’exécuta après avoir fermement empoigné ses deux sacs. Alors qu’elle refermait la porte, les premières notes de God Save the Queen s’élevèrent dans la cuisine. L’arrivante arrivait pile à l’heure pour le thé.

 

Miss Pécotille regardait la rue et les vitrines qui s’illuminaient alors que la pénombre tombait. En face, le mannequin à la chasuble de nylon vert restait dans l’obscurité. La devanture était enfin rendue au calme pour une nuit. Demain, les visites reprendront.

 

La vieille dame sortit une cigarette sans filtre de son étui. C’était son poison et son vice, le seul de sa vie ordonnée, saine et équilibré et son seul vice. Avec volupté, elle aspira une bouffée qu’elle souffla après l’avoir longuement apprécié. Miss Pécotille s’étira de bien-être.

 

 

Vous devez s'identifier (s'enregistrer) pour laisser une review.