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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


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Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


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Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
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A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


104 - Miss Adélaïde par ninipraline

[5 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Le défi ?

- Ecrire sur n'importe quel univers (HP ou autre)

- Le ou les OC(s) peuvent évoluer dans une fanfiction ou non, suivre le canon ou non

- Le genre choisi doit mettre en valeur le personnage et permettre de le cerner

- La description joue ici un rôle essentiel : passé, apparence sont importants

- Le choix de l'intrigue est libre

Les contraintes ?

- Minimum : 2000 mots

- Le point de vue peut être celui de l’OC ou des autres.

- Au moins 2 mots de cette liste devront être introduits dans le texte : grain de beauté, tache de vin, tache de naissance, perfectionniste, bordélique, têtu(e), myope, boiteux, et tous les défauts qui vous viendront à l'esprit.

A propos de l’histoire

Les mots suivants ont été choisi : boiteuse, tache de naissance, myope, têtue, bordélique

 

Note de chapitre:

Je vous laisse avec ce personnage qui claudique dans mon imagination depuis déjà quelque temps et qui a pris son temps pour me révéler son nom et ses secrets.

 

Le claquement saccadé et traînant des semelles rebondissait sur les murs,

 

retentissait au fond des ruelles étroites,

 

pour revenir

 

devancé, escorté, talonné du renfort de ses innombrables échos.

 

Et le claquement s’amusait de s’entendre ainsi se répondre à lui-même.

 

Il se moquait de cette discrétion honteuse qui naissait à son approche.

 

Il partait, revenait, repartait, se taisait un moment

 

pour renaître

 

plus fort, plus intense, plus rieur : marée triomphante, dévorante et renversante.

 

Et par dessus tout le claquement se moquait des pavés,

 

qui l’enfantaient et qui,dans le même temps, tentaient de le retenir,

 

chahutant les lourdes chaussures noires, qui l’engendrait.

 

Il avait l’habitude d’être retenu. Il avait l’habitude d’être étouffé.

 

***

 

Elle avançait sur le chemin de Traverse.

 

A chaque nouveau pas, une conversation mourrait. Des regards se détournaient pour s’absorber dans une contemplation trop concentrée, trop consciencieuse, trop minutieuse des chaussures et des trottoirs qu’ils paraissaient découvrir pour la première fois.

 

Elle claudiquait droit devant elle. Les croc-en-jambes des ornières et des saillies, la brutalité tranchante et brûlante de la pierre, la voracité de la boue et la fourberie des flaques plus profondes et plus collantes qu’elles ne le laissaient paraître, elle connaissait.

 

Elle était née boiteuse. Chaque pas était un combat, une victoire.

 

Déterminée, elle poursuivait sa route entre les haies de silence, alourdies d’embarras et de culpabilité, et les cordons de rigoles, gorgées d’eaux troubles et de feuilles mortes. La disparition du Seigneur des ténèbres et la première pluie d’automne avaient toutes deux assaini Londres et laissé à terre, ce que tous auraient voulu oublier, balayer.

 

Ses grosses bottines lacées jusqu’aux chevilles, telles des gants de boxes, frappaient les flaques qu’elles ne pouvaient, ne voulaient éviter. Dérangées les surfaces huileuses et jaunes montraient leur fond, se vidaient de leur contenu et éclaboussaient pavés et passants secs.

 

La foule des sorciers s’écartait alors un peu plus, se serrait contre les bâtiments et les étals, s’enfonçait dans les encoignures et les renfoncements, se fondait dans les briques et les parements, disparaissait derrière les piles de marchandises.

 

Indifférente aux chuchotements qui propageaient les mots « tamise », « joue gauche » et « tache de naissance » et aux quelques « chut » soufflés dans des paumes, crispées devant des airs coupables, elle allait droit devant elle.

 

Elle n’avait pas besoin de demander. Elle n’avait pas besoin de regarder. Elle savait où elle allait. Les enseignes et les marchands avaient peut-être changé. Elle n’en savait rien. Elle n’avait jeté aucun regard sur ce qui l’entourait.

 

Ses yeux, deux grains de pop-corn sur le point de sauter hors de leur orbite pour fuir ce visage trop fin, trop petit, trop émacié, fixaient son but. Au cœur de ces globes gonflés, de minuscules prunelles couleurs noisette, parsemées d’éclats d’or trahissaient l’incendie dévastateur qui la dévorait.

 

Incendie qui menaçait de s’échapper et de s’étendre hors de ce crane trop petit, pour se jeter sur les passants, sur les maisons, sur ce monde magique si oublieux. Mais pour le moment, les deux pupilles étaient fixés sur l’horizon, et sur leur destination.

 

Un horizon que la jeune boiteuse ne voyait pas. Son univers était un miroitement de lumière et de couleur. Des points et des tâches qui formaient contours flous et volumes plats. Née dans un environnement poussiéreux et poisseux, elle avait hérité d’une existence merdique. Dans sa grande bonté, la vie lui avait épargné d’avoir chaque jour à contempler son infortune. Myope, conformément au credo policé, hypocrite et politiquement correct de son milieu, elle ne vivait qu’à travers une suite de tableaux pointillistes.

 

***

 

« Adélaïde ? demanda une voix féminine, sur un ton tellement pincé, que l’interpellée l’aurait reconnu même les tympans percés.

 

– Bonjour, Narcissa. »

 

Une commissure, des lèvres gercées et bleues pâles de l’infirme, se souleva dans un tic méprisant. Cette réaction, née de la vue du si lisse et si parfait masque qui était apparu devant elle pour se marquer de lignes sombres, devant l’accentuation posée sur premier mot, était si naturellement apaisante que pendant quelques instants, la malvoyante crut que les nuages s’étaient retirés du ciel Londonien.

 

Adélaïde, oui c’était là son prénom. Et Adélaïde avait toujours aimé voir l’ovale pur, à peine troublé par les tâches claires des yeux et de la bouche, être rayé, hachuré, tailladé par les rides de contrariété.

 

« Et au revoir, reprit, de son timbre rauque, hérité de plusieurs années de silence et de boisson, la boiteuse malvoyante. Elle, qui avait à peine ralenti pour saluer celle, qu’elle avait connu un jour connu sous le nom de Black, poursuivait sa route et prit à peine la peine de tourner la tête pour lancer un très moqueur. Pas le temps, t’enverrais un hiboux. »

 

Un bruit de grelots fit jaillir un blondinet. La boiteuse s’arrêta et détailla celui qui lui bloquait le passage. Les bras du blondinet étaient encombrés de nombreuses boules couleurs étain et de paquets beiges, des chaudrons et des nécessaires à potions, supposa-t-elle.

 

Mais plus que le brillant des chaudrons, c’est la luisance de la tête ou de large écheveaux de rubans pâles étaient plaqués, collés, tirés vers l’arrière. Trop soigné, trop net, trop blanc pour ne pas être un Black, au moins par moitié maternelle, songea Adélaïde.

 

Le blondinet surpris de découvrir quelqu’un devant lui, rejeta brutalement la tête en arrière. Et Adélaïde vit deux petites taches étincelantes s’animer et aller précipitamment de cicatrices en tache de naissance.

 

Le coin des lèvres desséchées de la boiteuse frémit à nouveau devant le tout petit garçon, dont ce devait être la première année à Poudlard, qui avait soudainement retrouvé toute sa hauteur, et dont le menton dressé et le torse bombé trahissaient maintenant toute l’arrogance familiale.

 

Les deux points sombres et brillants avaient ralenti. Avec une lenteur étudiée, ils s’arrêtaient sur les bottines déformées, se haussaient en suivant les lignes lâches de la veste détendue qui semblait tricotée par un enfant et de la longue tunique délavée en soie froissée. Ils s’accompagnèrent d’une grimace lorsqu’ils découvrirent le pantalon militaire à multiples poches, qu’elle avait elle-même teint en noir pour en masquer l’aspect élimé.

 

Lorsque le petit homme la toisa, le cou tendu et la tête renversée vers l’arrière, la différence de taille ne lui permettait pas de fixer le visage de l’infirme qui lui faisait face dans une autre position, Adélaïde n’eut plus aucun doute. Il s’agissait bel et bien d’un rejeton de la noble et pure famille Black.

 

La boiteuse retint un ricanement.

 

Son regard avait quitté depuis trop longtemps l’objectif qu’elle s’était fixée. Elle releva la tête et contourna l’obstacle qui s’était placé sur son chemin. D’un pas rapide, l’entêtante marche reprit avec son concert de claquements. Entêtante marche d’une entêtée, une toux à la fois joyeuse et lasse racla sa gorge. C’était tout ce qui lui restait en guise d’éclat de rire.

 

La blonde réapparut. Ce n’était pas le genre des sœurs Black de poursuivre leur interlocuteur. Qu’est ce qui avait bien pu se passer après la chute du Seigneur des Ténèbres ?

 

« Je ne te savais pas de retour à Londres,

 

– Tu me savais donc vivante, croassa la boiteuse avec un ricanement. Alors tes hiboux se sont perdus. »

 

Narcissa se rengorgeait pour répondre, lorsque Adélaïde la contourna d’un mouvement rapide et vif. En quelques enjambées, elle avait rejoint la lourde porte de la banque de Gringotts, qui s’ouvrit devant elle.

 

Adélaïde avait à faire et assouvir la curiosité de Narcissa Black ne faisait pas partie des choses qu’elle avait à faire.

 

« Toujours aussi têtue, » entendit Adélaïde alors que le gobelin – portier refermait la porte sur la rue.

 

Le regard de la boiteuse balaya la longue et imposante salle, constituée de taches dorés, d’éclats étoilés, semblables à des gouttes de pluie sous le soleil, et de petites silhouettes sombres et patatoïdes, à moitié caché par des masses carrées.

 

Comment avait-elle pu oublier quelque chose d’aussi étonnants, surprenants et fantastiques, que des gobelins – banquiers en plein milieu de Londres ?

 

Adélaïde reprit sa marche. Aux mouvements qu’elle devinait sur ses flancs, elle savait que le son qui accompagnait son cheminement faisait lever les têtes rondes et ridées des créatures magiques et des sorciers qui venaient retirer leur argent.

 

Elle s’en moquait. Elle avait toujours été regardée. Non, elle avait toujours été dévisagée, dédaignée et ridiculisée. Ses yeux trop grands, son visage trop petit, sa peau tachée et que les angles osseux de son crâne menaçaient de transpercer à tout instant, sa jambe folle et ses cheveux éternellement ébouriffés et emmêlés avaient toujours suscités commentaires, critiques et reproches.

 

Pour une fois, la communauté des sorciers relevaient la tête à l’appel des semelles compensées de ses lourdes bottines. Des semelles, qui avaient traînés dans la boue des chemins, écrasées excréments et détritus. Des semelles qui rêvaient d’écraser bon nombre des membres de sa communauté.

 

Adélaïde sourit et s’arrêta devant un guichet.

 

Des salutations empressées s’élevèrent à son arrivé. Elle répondit mécaniquement tout en saisissant son sac dans lequel elle plongea l’une de ses mains. Celle-ci rencontra bon nombre d’objets, dont certains n’avaient pas leur place dans un sac à main, mais pas celui qu’elle cherchait.

 

« Je viens pour faire un retrait, précisa-t-elle autant pour se donner une contenance que pour faire patienter le gobelin. C’est le coffre 777.

 

– Très bien, répondit le gobelin sur un ton avide. Avez-vous votre clé, Miss Peverell ?

 

– Oui, elle est à l’abri au fond du sac, précisa la boiteuse, qui en sentant sous ses doigts un pichet en étain, maudissait son naturel bordélique et ses habitudes de miséreuse, qui lui faisait récupérer, amasser et accumuler toute sorte de choses dont elle n’avait ni l’usage, ni l’utilité - les moldus avaient appelé cela son syndrome de Diogène, et qui surtout prolongeait plus que nécessaire son entretien avec le guichetier. La voilà. »

 

Le gobelin vérifia l’authenticité de la clé que l’infirme venait de lui tendre avec soulagement, et appela l’un de ses collègues. Celui-ci se présenta devant elle et d’un geste obséquieux l’invita à le suivre.

 

« Cela fait bien longtemps que nous ne vous avions pas vu, Miss Peverell, commenta le gobelin en l’aidant à s’installer dans le wagonnet.

 

– J’ignorais que vous aviez une quelconque curiosité concernant notre assiduité, remarqua-t-elle un peu sèchement.

 

– Nous sommes aussi précis et soucieux de l’administration des valeurs que de la satisfaction de notre clientèle, précisa le gobelin sur un ton doucereux. Dans tous les cas, je suis ravi de découvrir que vous ne faites plus partie des victimes définitives de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. »

 

Le wagonnet qui fonçait vers les entrailles de la terre, fit quelques tonneaux, embraya sur des virages serrés, évita de justesse une saillie de roches par une remontée aussi brusque que le piqué qui la suivit, et s’arrêta net devant une série de portes métalliques.

 

Adelaïde se releva et vit apparaître la petite poigne du gobelin devant elle. Elle saisit la main glacée qui venait à son aide pour descendre du petit véhicule. Le gobelin se hâta d’ouvrir la porte du coffre 777.

 

La boiteuse y pénétra. Elle jeta un œil sur son tas d’or, sur l’argenterie familiale que l’on se passait d’une génération à l’autre sans jamais l’utiliser. Bronzes anciens, bijoux dispendieux et tiares prétentieuses, toutes ces richesses enterrées là pour leur protection, toutes ces richesses qui n’avait jamais servi à adoucir leur vie, elle les avait aujourd’hui en horreur et vomissait par avance tout argent que leur vente aurait pu lui apporter.

 

Elle saisit un petit coffret en turquoise et en vermeil, l’ouvrit d’un geste brusque presque brutal. Le couvercle dévoila un petit paquet en papier kraft. Telle une serre, la main de l’infirme se jeta sur la minuscule enveloppe de papier, la saisit et la jeta au fond de son sac.

 

« Il est amusant de voir qu’une cliente d’une si ancienne famille que la vôtre vienne récupérer un de si petit bien, alors qu’aujourd’hui même, un de nos plus anciens clients a fait retirer quelque chose de la même taille.

 

– Sur ordre du professeur Dumbledore sans aucun doute, supposa-t-elle à voix haute.

 

– Comment avez-vous deviné ? »

 

Adélaïde se contenta de sourire à la surprise polie du gobelin.

 

***

 

Elle avait découvert le très digne et excentrique directeur de l’école de magie de Poudlard devant sa porte quelque jours auparavant. Il avait appris son retour et s’était présenté avec un énorme sac de confiseries et une non moins généreuse bouteille d’hydromel.

 

C’était là, les deux seules choses qui avaient fait apprécier à Adélaïde la visite inattendue et inopportune du vieux sorcier. Le professeur Dumbledore était un gourmet. Friandises et boisson s’étaient révélées des plus savoureuses. Elles avaient changé Adélaïde du cidre aigre, du vin acide et de la bière tiédasse qu’elle avait si longtemps et si abondamment consommé alors qu’elle vivait, moldue amnésique, parmi les moldus.

 

Une grimace de dédain déformait les traits tirés de la boiteuse alors qu’elle remontait dans le wagonnet de la banque de Gringotts.

 

Le vieux grigou ne s’était pas longuement appesanti sur les politesses et les civilités d’usages dans ce type de situations. Tout comme les Aurors, les membres éminents du ministère et les mages de Sainte-Mangouste, il l’avait interrogé sur la fameuse nuit.

 

Cette nuit où la famille Peverell au grand complet, si on ne tenait pas compte du corps manquant de la benjamine, sa vie rangée, organisée et planifiée, tout son passé et la totalité de sa mémoire avaient disparu.

 

Une toux grinçante colorée d’une joie amère la secoua. Après lui avoir offert le plus beau des cadeaux : la disparition de sa famille, de ses racines, de son rang et son destins - les unes et les autres déjà définitivement gravées dans le marbre - de ses ternes et mornes souvenirs, la vie lui avait rendu le tout, un soir de juillet.

 

Un crissement déchirant couvrit celui plus joyeux du wagonnet qui remontait vers la salle de la banque. La mâchoire d’Adélaïde s’était scellée pour retenir la rage qui l’habitait soudainement. Elle maudirait à jamais le jour où elle s’était laissée convaincre par son chef de service.

 

Elle avait cédé aux insistantes sollicitations et avait accepté de participer à l’échange inter-service entre les salariés de Sainte-Mort-La-Mer et ceux du village côtier de Sainte-Mary. C’est là, que la paisible vie de Moldu amnésique qu’elle s’était construite avait pris fin.

 

Qui aurait-pu penser qu’observer une cabane sur un îlot par une nuit de tempête pouvait à ce point dévasté une existence ? Qui aurait pu prédire que cette nuit là, le géant Hagrid apparaîtrait soudainement au milieu des flots, si loin de Poudlard et de son protecteur le directeur Dumbledore ?

 

Une nouvelle toux, folle celle-ci, la secoua au souvenir du vénérable professeur venu chercher des réponses. Les réponses partielles et toute faites qu’elle lui avait donné n’amortissait même pas son investissement confiseries – boisson.

 

Entre deux gorgées d’hydromel – Le directeur de Poudlard était un fin connaisseur en Hydromel – l’infirme lui avait conté comment la porte avait éclaté en milles échardes, comment les serviteurs masqués du mage noir étaient apparus dans l’entrée et lui avait décrit les inexplicables lumières vertes et puis la rue dans laquelle des poubelles attendaient les éboueurs.

 

« La rue ? avait demandé le professeur.

 

– Oui, la rue, » avait-elle répondu de sa voix rauque avant d’engloutir une bouchée de nougat.

 

Un long silence s’était installé avant que le directeur ne se décide à se rappeler à son hôtesse qui visiblement l’avait oublié.

 

« Et vous ne vous rappelez pas avoir transplané, avait-il gentiment insisté en lui tendant une coupe remplie de pralines.

 

– Des lumières vertes et puis le noir, plus rien sauf cette rue, cet alignement de bennes vertes et la froide humidité de la nuit. Je ne savais ni qui j’étais, ni où j’étais, ni comment j’y étais arrivé. Et je ne sais toujours pas comment je suis passée des éclats verts aux éclats orangés des gyrophares camions de ramassage des ordures. »

 

Adélaïde était restée sur cette version. Avait-elle transplané ? Sans doute, mais elle ne s’en rappelait plus. Avant ou après avoir vu les mangemorts tuer les membres de sa famille ? elle n’en avait aucune idée. Pourquoi en France ? Elle ne s’était jamais posé la question et comptait continuer de le faire.

 

Les mages de Sainte-Mangouste avaient diagnostiqué symptômes et séquelles consécutifs à des troubles importants de la mémoires, les Aurors avaient constaté l’absence de preuves et de mobiles pour les meurtres de sa famille et les membres éminents avaient accepté les conclusions et clos le dossier.

 

Par devant, tout les membres éminents avaient manifesté leur joie de la découvrir vivante, si longtemps après avoir inhumé les trois corps des Peverell, par derrière tous continuaient à s’interroger sur la trop fameuse nuit.

 

Et, entre deux questions sur les menaces reçues par la famille et les jours qui avaient précédé la nuit fatale, le professeur Dumbledore avait glissé des allusions aux reliques de la mort. Adélaïde en avait fait tombé le dernier morceau de nougat qu’elle tenait dans la main.

 

Connue pour sa maladresse maladive, cette chute était passée inaperçue. Et la boiteuse à la vue basse avait pu profiter de la nécessité de se lever pour chercher de quoi nettoyer, pour cacher son trouble.

 

Le temps qu’elle avait mis à revenir, sans ramener de quoi ramasser et nettoyer, dans le petit salon encombré et désordonné n’avait pas paru plus suspect que cela au professeur qui l’avait eu pour élève et connaissait sa lenteur et son étourderie.

 

Avec bienveillance, le vieux sorcier avait sorti sa baguette et prononcé un sort de nettoyage, rassuré son hôtesse, avait balayé d’un sourire les excuses de l’infirme et surtout repris son interrogatoire déguisé.

 

En refermant la porte sur son visiteur, Adélaïde avait admiré l’habilité de l’homme qui avait noyé avec tant de finesse et de légèreté les questions qui l’intéressaient: quel était le dernier sort qu’elle avait entendu cette nuit-là et que portait-elle lorsqu’elle s’était retrouvée sans mémoire dans cette ruelle française ?

 

Elle n’avait pas eut le temps d’apprécier plus longuement les talents d’interrogateurs du sorcier que le heurtoir signalait une nouvelle présence. Celle-ci se révéla blonde, parfaitement permanentée et manucurée, et se nommait Rita Skeeter, journaliste à la gazette du sorcier.

 

Les deux caméras à rayons X qui servaient de regard à la chroniqueuse avaient fait le tour de l’amoncellement d’objets hétéroclites plus ou moins propres, du négligé de la tenue de son hôtesse et s’étaient longuement posés sur le linge de lit tire-bouchonné sur l’un des canapés.

 

L’interrogatoire, joliment appelé entrevue, de sa deuxième visiteuse avait été plus direct. La journaliste était venue chercher le ragot. Elle était repartie avec quelques notes sur le désordre et le négligé de la maison et de sa maîtresse, et de quoi rédiger un mémoire sur la maladresse, l’absence de grâce et de sociabilité, les nombreuses infirmités de la plus souillon et brouillonne des Peverell. Des renseignements connus par tous les sorciers.

 

***

 

Adélaïde remontait l’allée entre les guichets. Elle écoutait avec une joie féroce son pas traînant et arythmique résonner sous les ors de la banque Gringotts. Elle jeta un regard méprisant sur le ciel plombé de Londres et sur la blonde Black qui l’attendait dans la rue.

 

Au moment où les lourdes et crottées bottines se posèrent sur les escaliers blancs immaculés, loin des sorts qui protégeaient la banque Gringotts,l’infirme transplana. Son estomac se noua et ses intestins firent un tour complet sur eux-même.

 

La nuit s’effaça pour faire place à un chemin encombré de ronces et d’ortie. Au milieu d’un buisson de fougères, pointait un vestige de planche qui avait dû appartenir à une antique barrière. Adélaïde sortit sa baguette et d’un mouvement du poignet écarta les herbes et les branchages qui lui bloquait le passage.

 

Résolument, elle avança vers un amoncellement de bois qui s’effondrait au pied d’un arbre, en fit trois fois le tour avant de s’arrêter si brutalement qu’une nuée d’oiseaux s’envola au dessus de sa tête. Elle tendit le bras vers un nœud qui se révéla être un loquet.

 

D’un geste sûr, Adélaïde ouvrit une porte et pénétra dans ce qui avait été une taudis. Un coup d’œil sur la décrépitude qui l’entourait la convainquit que ce terme était désormais trop noble et trop précieux pour un tel lieu.

 

Elle se dirigea vers un des coins. Ses commissures frémirent.

 

Rien n’avait bougé. Le trou était toujours là, telle qu’elle l’avait laissé après la partie de campagne qui avait mené sa famille dans ce coin perdu d’Angleterre.

 

Adélaïde se laissa tomber à genoux, sortit le petit paquet qu’elle avait retiré de son coffre et l’enfonça dans le trou, qu’elle reboucha soigneusement avant de le recouvrir de tous les gravats et détritus qui se trouvaient à porté de ses mains.

 

C’est ici qu’elle l’avait trouvé. C’est ici qu’elle devait le replacer.

 

Celui qui l’avait caché là, avait trouvé une des meilleurs cachettes. La nature avait avalé ce lieu, cette maison et tout ce qui s’y trouvait. La nature allait continuer à lentement digérer murs, meubles et objet ainsi que le petit paquet et son funeste contenu.

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