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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

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Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


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Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


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Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
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De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


103 - Harry et la pensine oublié par ninipraline

[2 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Le défi ?
Rédiger un écrit sur la découverte par un personnage des souvenirs d’un autre personnage, cela au travers de la pensine, d’un retourneur de temps ou de tout autre moyen magique.

Les contraintes ?
Le texte doit : - faire entre 3000 mots et 15 000 mots, - entrer dans l’une des catégories suivantes : Tragédie, Comédie ou Angoisse, - comporter au moins 2 souvenirs du personnage dont on découvre les souvenirs et - le personnage qui découvre les souvenirs devra soit avoir une altercation avec le personnage dont on découvre les souvenirs soit assister et réagir à une altercation entre deux personnages du passé (dans le cas d’une pensine ou de l’occlumancie), .- faire intervenir un animal fantastique avec lequel le personnage qui découvre les souvenirs doit interagir, - contenir au moins deux mots de la liste suivantes : jadis, Neptune, chlorophylle, montre,conifère, enlacés, entreposés, lacet, hérisson, fauteuil en osier, torchon, horloge.

Les personnages choisies sont Harry Potter qui découvre les souvenirs de sa mère Lily Potter, je me suis mise au défi d’inclure de façon naturelle les douze mots de la liste et la créature magique choisi est le sombral.

Le texte, proposé hors concours, est né à la suite d’une nuit et d’un autre texte (jamais publié) sur le thème écrit de 2 heures du matin, « jeunesse », du 26 août 2016. Il a bien entendu été réadapté aux thèmes et aux contraintes de ce concours.

Note de chapitre:

Je vous offre un petit moment d'Harry Potter.

 

L'année n'a pas encore commencé et Harry est encore à Privet Drive.

 

Il a vu mourir Cédric Diggory et rescussiter le seigneur des ténèbres.

 

En quête de nouvelles du monde sorcier, de Voldemort, de n'importe quel entrefilet qui pourrait le renseigner sur ce qui se déroule dans le monde, il se fait surprendre par la tante Pétunia et punir.

 

Elles étaient trois maintenant.

 

Les voix suraiguëes piaillaient des phrases incompréhensibles. Quelques mots émergeaient parfois, à peine quelques mots mais des mots reconnaissables « mètre linéaire », « grillades », « exclure » « pas de vulgarité », « ni de bas de gamme », « dow-jon ».

 

Non. Ça, c’était la présentatrice de la rubrique économique du journal.

 

Plein d’espoir et au risque de se faire prendre, Harry dressa l’oreille, mais les piaillements avaient déjà repris, plus rapide, plus aigus et plus fort. Sans doute intimidé par ce mur de criaillements, plus aucun son ne passait la fenêtre pour se perdre dans le massif desséché, dans lequel Harry se cachait.

 

Le jeune sorcier étira son cou et leva sa tête de la motte de terre qui lui servait d’oreiller improvisé. Malgré l’inconfort de la position, il examina avec attention plafond du salon familiale. Les lumières bleues, qui y dansaient quelques minutes plus tôt, avaient disparu.

 

Il soupira et se laissa retomber lourdement sur le sol dur, sec et brûlant. Le canapé lui répondit par un gémissement grinçant, discordant et douloureux. Des pas lourds, qui se voulaient discrets, s’éloignèrent et refermèrent derrière eux la porte du salon.

 

La voix étranglée de l’oncle Vernon s’éleva dans l’entrée. Elle prononçait de vagues et obscures excuses au sujet d’une importante et surtout urgente réparation qui l’obligeait à se rendre dans le garage.

 

Les yeux mi-clos, Harry vit l’oncle, ou du moins une petite partie des jambes de l’oncle, apparaître furtivement entre deux branches d’une agapanthe. Les deux cuisseaux trottinèrent à vives allures dans l’allée et se tournèrent avec la même vive allure vers le garage.

 

Les trois commères du comité d’animation et de vigilance de Privet Drive s’étaient tues.

 

De sa cachette, Harry pouvait voir les trois têtes, qui suivaient la fuite de celui qui n’était plus le maître de la maison. Le fuyard à peine avalé par l’ombre solidaire du garage, les trois têtes entamèrent un rapide tour sur elles-même, examinèrent avec suspicion et désapprobation la rue.

 

Harry les devina à la recherche de tout ce qui traînait, errait ou rôdait. Tout ce qui n’était pas à sa place et donc susceptible de troubler l’ordre, l’uniformité et la tranquillité du paisible et respectable quartier résidentiel. Instinctivement, il se tassa derrière son massif.

 

Avec ses vêtements trop grands, trop délavés et trop déformés, ses flâneries et ses bivouacs improvisés sous les massifs, il faisait partie des choses qui traînaient, erraient, rodaient, n’étaient pas à leur place, troublaient l’ordre, l’uniformité et la tranquillité de Privet Drive.

 

Les trois regards passèrent au-dessus du bouquet d’agapanthe dans lequel se terrait Harry.

 

Nerveusement le jeune garçon se mit en devoir d’épousseter et de tirer le tee-shirt poussiéreux et fripé qu’il portait depuis le début des vacances, dans l’espoir de le rendre plus présentable.

 

« Bonjour, Miss FIGG, » couina l’une des commères.

 

Harry s’aplatit sur le sol. Ses doigts s’enfoncèrent sous la mince couche de terre, qu’ils réussirent à grand peine à creuser. Le front plissé le jeune sorcier cherchait désespérément un sort permettant de disparaître dans un trou. Mais il n’en connaissait pas.

 

Au-dessus de son massif, il voyait la vieille dames aux chats se dresser et tendre le cou pour scruter le jardin. Des réponses évasives répondirent aux salutations et aux incitations des trois commères qui enrôlaient tout les habitants du quartier dans le vide-grenier estivales qu’elles organisaient.

 

Harry les écoutait distraitement.

 

Au début de l’été, il s’était un temps amusé de toutes les excuses longuement préparées et laborieusement récitées par les résidents embarrassés de s’être fait surprendre et de tous les visages décomposés devant la parade facile des trois commères.

 

Mais au bout d’une semaine, il s’était lassé et s’était surtout focaliser sur la recherche d’information orales ou écrites. Il n’avait aucune nouvelle du monde sorcier et depuis la mort de Cédric et le retour de Voldemort. Il était à l’affut de tout indice, signe de la présence ou de l’action de celui ci.

 

Faute de ne pouvoir profiter des informations télévisées, le jeune sorcier s’interrogeait une nouvelle fois de l’attitude nouvelle de Miss Figg. Il avait plusieurs fois surpris la vieille femme devant la maison des Dursley. Elle semblait à la recherche de quelque chose ou de quelqu’un.

 

Au début des vacances, il avait cru au début qu’elle le surveillait et puis la vérité l’avait frappé en même temps que la paume de sa main avait frappé son front. Elle avait dû perdre l’un de ses chats. Cette explication ne le satisfaisait que très ponctuellement et à chaque fois qu’il le croisait, ce nouveau regard fureteur le déconcertait.

 

Rassurée sans doute, de ne pas voir son chat parmi les massifs de fleurs de tante Pétunia, ou plus sûrement, exaspérée par les exhortations à participer à ce qui était annoncé par les trois commères comme l’événement de cette été, Miss Figg reprit sa route.

 

Un très court silence permit aux oiseaux et insectes de se transmettre quelques nouvelles. Et, les piaillement reprirent de plus bel. Le comité d’animation et de vigilance du quartier avait résolu la plupart des questions qui concernaient le vide-grenier.

 

Heures de début et de fin de l’exposition des surplus à vendre, surface maximum d’étalement autorisé et support homologué pour présenter les objets, tout était soigneusement décidé et consigné, restait à régler l’épineuse question des collations.

 

Les yeux de Harry se levèrent au ciel, lorsqu’il comprit le sujet d’inquiétude des trois femmes. Elles souhaitaient des buffets à base de salades, viandes en gelé et petits sandwichs et craignaient de voir pulluler saucisses, brochettes, grillades et autres fritures et donc d’odeurs de graillons et de brûlés.

 

Les voix s’étaient saluées et commençaient à s’éloigner lorsque le poignet d’Harry se mit à biper et à vibrer. La peau autour de ses yeux devint douloureuse, comme étirée de toute part. Le jeune sorcier devina que ses yeux s’étaient arrondis d’horreur et cherchait la cause de cette manifestation.

 

Harry fouillait son buisson d’agapanthes à la recherche du bruit et trouva la bouche pincée et le menton pointu de la tante. Le visage blanc de rage de sa parente se trouvait au-dessus de lui et mettait en valeur le regard noir qui menaçait de le fusiller sur place.

 

Avant d’avoir compris ce qui lui arrivait, Harry s’était retrouvé sous le toit chauffé à blanc, avec ordre de fouiller tous les cartons, d’examiner leur contenu et de mettre dans des corbeilles tous ce qui paraissait neuf, propre et de bon goût et donc digne de subir les second, troisième et cinquième exigeants, pointilleux et tatillons examens de la tante, en vu d’être qualifié pour figurer sur l’étal de la famille Dursley.

 

Harry donna un coup de pied à un vieux ballon crevé et maudit sa déveine. Avec un regard sombre au bracelet de cuir qui ornait son bras et sur lequel était fixé le petit boîtier dans lequel était enfermé le petit mécanisme compliqué qu’il avait réussi à réparer, et qui venait de le trahir.

 

En silence, pour ne pas voir réapparaître la face furieuse de la tante, Harry se réprimanda vertement. Il aurait du se méfier d’une montre ayant appartenu à Dudley.

 

***

 

« Recettes et remèdes des temps jadis »

 

Harry retourna une nouvelle fois le livre, recouvert de tissu à fleurs rose, qu’il tenait dans sa main. C’était apparemment un livre d’astuces ayant appartenu à sa grand-mère maternelle. Maussade, il se demanda si ce type d’article était suffisamment neuf, net et prétentieux pour être présenté aux jury d’homologations finales de sa tante.

 

Avec un grognement douloureux, il jeta le livre dans l’une des corbeilles à linge sale rose layette mises à sa disposition pour son tri pré – préliminaire. Son regard désolé, balaya la brosse et son miroir de main assorti, seuls occupants des trois immenses panières et le mur haut de trois cartons, qui longeait sur toute la longueur le mur de façade, qu’il devait défaire et fouiller.

 

Les images de Cédric allongé dans le cimetière et celle de Voldemort qui grandissait et retrouvait sa splendeur, effacèrent un court instant le grenier et assombrirent encore le regard et l’humeur de Harry.

 

Malgré tous ses efforts, il n’avait pas réussi à entendre la moindre information ou mettre la main sur le moindre journal de toute la matinée. Il était coupé du monde sorcier et du monde tout court, embourbé jusqu’au cou dans les conversations sur les vides-greniers, les travers des voisins et les auto-congratulations des Dursley.

 

La lumière clignotait. Harry leva les yeux vers la petite ampoule, identique à celle qui éclairait autrefois son placard sous l’escalier. Avec un sourire triste, il se rappela de cette époque où il n’était qu’un orphelin recueillit par ses parents.

 

D’un geste vif, il se tourna vers les cartons, alignés et empilés au niveau et à l’équerre et dépourvus du moindre grain de poussière, qu’un nuage de chaleur faisait trembler devant ses yeux. Et d’un nouveau mouvement, mais colérique cette fois, écarta la question concernant la durée et le temps que réservait sa tante au nettoyage de ce débarras.

 

D’un doigt, il souleva une mèche de cheveux, qui collait à son front et retira son tee-shirt d’un geste rageur pour le jeter sur le dos d’une chaise en formica jaune poussin. Il secoua la tête pour écarter les doutes et les questions. Ni sa tante, ni son oncle n’avait pu acheter un objet aussi populaire.

 

Son mouvement amena son regard sur le petit cercle de morceaux de verres, de plastiques et de métal écrasés. Les restes de la montre de Dudley. Pour échapper aux reproches qu’il ne tarderait pas à se faire d’avoir brisé un objet si utile, il se baissa sur le carton qu’il avait éventré et déformé et le contenu disparate qu’il avait vidé sur le parquet.

 

Un vieux transistor orange et vert, qu’il avait trouvé et allumé, entra dans son champs de vision. La radio grésillait une chanson qu’il avait du mal à reconnaître. Il s’était étonné de sa chance de trouver l’appareil pourvu de piles et en état de fonctionnement, puis s’était rassuré en découvrant le son exécrable du petit poste. Non, il n’avait pas lancé un sort à son insu.

 

Que faisait-il dans ce grenier alors qu’il faisait si chaud, que tout le monde riait dehors et surtout que Voldemort était quelque part, occupé à rassembler ses partisans et à préparer de nouvelles attaques ? Et pourquoi n’avait-il aucune nouvelle de ses amies ?

 

« La lune en Neptune annonce de belles rencontres pour les natifs du signe du lion. Ouvrez les yeux, l’amour est déjà devant vous et vous promet de charmantes découvertes et de brillantes aventures.»

 

Harry redressa la tête et fouilla les recoins sombres du grenier que même les araignées ne s’étaient pas permises de coloniser. Rassuré sur sa solitude, il se pencha à nouveau sur le désordre qui l’occupait en se demandant s’il avait déjà vu des araignées ou un quelconque autre insecte en dehors de son placard et aujourd’hui de la plus petite chambre.

 

Le jeune sorcier secoua la tête. Non, les trois Dursley étaient bien les seuls être vivants qu’il côtoyait dans la maison. La voix nasillarde continuait d’égrainer les signes du zodiaque promettant argent, travail, santé et amour. La chance se déversait sur le monde au travers du petit haut parleur.

 

Même la radio le narguait. Elle ne lui avait offert que des recettes de cocktails de fruits, des recommandations pour supporter la canicule, des nouvelles d’un perroquet et maintenant elle s’improvisait devineresse. Harry jeta un briquet en plastique vide au fond du carton et se demanda quelle note obtiendrait de telles prévisions auprès du professeur Trelawnay.

 

Lily Evans lut-il sur une étiquette qui pendait de l’anse d’une petite valise de cuir usée qu’il était en train d’examiner. Harry fixait la petite mallette qui tournait entre ses mains. Il finit par saisir une nouvelle fois la fine étiquette de carton marron. Lily Evans. C’était bien le nom de sa mère qui était écrit là.

 

Soudain, inquiet il regarda par dessus son épaule. La trappe était toujours hermétiquement fermée et la tante ne se trouvait pas dans le grenier. Son regard se baissa sur la petite mallette et son étiquette inattendue.

 

Harry avait passé toute sa vie dans cette maison. Et il n’y avait jamais trouvé de trace de l’existence de sa mère. En dehors de Harry, et c’était déjà de trop pour les Dursley, il n’y avait rien dans cette maison, pas la moindre photographie, pas la moindre lettre, pas même le moindre présent qui puissent rappeler à Pétunia qu’elle avait une sœur.

 

Étonné qu’un objet aussi grand qu’un petit grimoire ait pu échapper à l’attention de sa tante, il posa l’oreille sur la trappe pour s’assurer que personne n’arrivait. La maison toute entière était plongée dans le silence.

 

L’oncle Vernon ne devait pas être sorti de son garage. Dudley était à la piscine avec ses amis. Quant à la tante, elle devait faire le tour du quartier avec les deux autres membres du comité pour annoncer le vide grenier et recruter participants et bénévoles.

 

Harry ne comprenait pas la soudaine décision des trois commères d’animer le quartier en plein milieu de l’été, alors qu’elles étaient si soucieuses d’habitude de préserver la tranquillité et le calme dans les rues et les aires de jeux.

 

Mais cette été, tout était étrange. Ses amis ne lui envoyaient que des lettres laconiques ou oubliaient carrément de répondre à ses hiboux. Miss Figg faisait les courses plusieurs fois par jour, ce qui l’obligeait à passer devant la maison des Dursley et à fouiller le jardin du regard.

 

Harry secoua une nouvelle fois la tête. Aucune de ses anomalies ne pouvaient être le fait des Mangemorts. Avec un soupir, il se pencha une nouvelle fois sur la mallette miraculeusement sauvé du grand nettoyage de sa tante.

 

Les doigts d’Harry firent jouer le fermoir. Le couvercle découvrit un ensemble de cinq petits flacons et une petite bassine de métal qui anima sa paupière d’un tic nerveux. Les deux plus grands contenaient pour l’un de l’essence de dictame et pour l’autre de l’essence de chlorophylle.

 

Harry replaça les deux bouteilles et se saisit de l’une des plus petites fiole. Elle contenait comme les autres un liquide argenté et dense. Il détailla la petite bassine. Un frisson glacé lui remonta le long du dos et il jeta un nouveau regard vers la trappe toujours fermée.

 

Une pensine dans la maison des Dursley. Jamais Harry ne s’était attendu à une telle découverte. Jamais les membres moldus de sa famille ne se remettraient, si par malheur ils venaient à apprendre ce qui se trouvait depuis des années au-dessus de leur tête.

 

Un craquement sec suivit d’un long couinement firent bondir Harry sur ses pieds. Sa tête heurta le plafond. Avec un grognement, il amena une main à son crâne. Il savait pourtant qu’il était impossible de se tenir debout sous le toit.

 

Le jeune sorcier se massait encore le haut de son crâne tandis qu’il regardait le trou béant qui remplaçait maintenant le lourd battant qui fermait la trappe. Sa deuxième main disparut derrière son dos avec son précieux contenu. La longue et sévère face de la tante surgit à hauteur de basket.

 

« A table, » hurla-t-elle d’une voix suraiguë et rageuse, comme si elle venait de passer plusieurs heures à l’appeler. La tête de la tante Pétunia s’enfonça dans le trou et y disparut.

 

Après un coup d’œil dans le couloir, Harry descendit prudemment l’échelle et s’enferma dans la salle de bains. Il fit couler l’eau du lavabo et considéra longuement la pièce trop bien rangée. Il finit par se décider à cacher provisoirement la petite valise derrière les canalisations du lavabo.

 

Des coups répétés et appuyés ébranlèrent la porte de la salle de bain et les nerfs, déjà à vifs, d’Harry. La voix énervée de l’oncle Vernon s’éleva pour lui rappeler qu’il n’était pas seul dans la maison et que les autres aussi avaient besoin de se laver les mains.

 

Harry sortit sous le regard courroucé de l’oncle et se glissa dans les escaliers pour rejoindre la cuisine. La table était déjà mise et chaque assiette était garnie d’un quart de melon et d’une fine tranche de jambon.

 

Inquiet pour la mallette qu’il avait laissé dans la salle de bain, Harry remarqua à peine les grimaces dégoûtées de Dudley et les commentaires plein d’aigreur de l’oncle Vernon. Il engloutit sa part, s’impatienta intérieurement de voir les Dursley manger si lentement, se débarrassa de sa corvée de vaisselle et abandonna le reste des habitants de la maison devant le poste de télévision.

 

***

 

La maison ne se décidait pas à plonger dans le silence et la nuit.

 

Harry trépignait. Il sortit une nouvelle fois la petite mallette, qu’il était allé récupérer dans la salle de bain, de dessous son oreiller. Et une nouvelle fois, il fut assailli de scrupules. Plonger dans la pensine de sa mère, n’était-ce pas comme lire son journal intime ?

 

Une chasse d’eau répondit à sa question. Le pas lourd de son oncle se fit entendre dans le couloir. Quelque chose frôla la porte de la petite chambre. La mallette retrouva la pénombre de sa taie d’oreiller.

 

Le cœur d’Harry menaçait de crever la barrière de ses côtes tant il battait fort. Mais la porte resta close. Le mince interstice entre le sol et le battant devint sombre. Les lumières du couloir venaient de s’éteindre.

 

Des sommiers grincèrent. Des murmures et quelques raclements de gorges s’élevèrent encore. Des faibles cliquetis annoncèrent l’extinction des lampes de chevet. Puis se fut enfin le silence tant attendu.

 

A l’abri de la tente de ses draps, Harry tira la mallette de sa cachette, l’ouvrit et en sortit la pensine. Assis en tailleur, il prit délicatement un des flacons de souvenirs. Le délicat contenant de verre était fermé d’un bouchon doré.

 

Le jeune sorcier tournait la petite fiole entre ses doigts. Il fixait dans sa mémoire, chaque courbe, chaque sculpture du verre et chaque nuance argenté de la substance épaisse, qui léchait les parois tandis que le flacon tournait.

 

De légers bruits de chute firent sursauter Harry. Il plaqua son oreiller sur la pensine et souleva le drap, convaincu de découvrir l’oncle ou la tante devant son lit. Mais il ne croisa que les yeux d’ambre d’Hedwige qui venait de jeter quelques croquettes de Miam Hiboux sur le sol.

 

Harry se leva et libéra la chouette qui s’envola aussitôt. Les pieds nus du jeune sorcier écrasèrent les boulettes séchés. Sans se préoccuper de ses pieds sales ou des miettes qui s’étalaient partout sur le parquet, il traversa la chambre, colla l’oreille contre la porte et écouta longuement.

 

De l’autre côté, les ronflements des trois Dursley s’élevaient : tonitruants et graves pour la tante, nasillards pour l’oncle et sonnants et clairs pour Dudley. Rassuré, il revint sous l’abri de draps et d’un geste sûr versa le contenu du flacon dans la bassine. Il plongea tête la première dans les souvenirs maternels.

 

Il se retrouva dans une clairière. Harry ne mit pas longtemps à reconnaître la forêt interdite. Il l’avait si souvent traverser lors de ses punitions ou de ses expéditions nocturnes. Un mouvement attira son attention.

 

Des grandes ombres, qu’il prit d’abord pour des hippogriffes se tenaient au milieu des conifères. Les grands équidés étaient occupés à attraper de petits oiseaux nocturnes qu’ils avalaient en un seul morceau.

 

Tout en s’approchant prudemment et à couvert du troupeau, Harry s’étonnait de leur maigreur et remarquait l’absence de griffes à leurs pattes avant. Ce n’était pas des hippogriffes, mais de grands chevaux volants et faméliques. Des chevaux fantômes songea-t-il.

 

Sans s’étonner de trouver naturel que la forêt interdite puisse héberger des spectres d’animaux, Harry fouilla la clairière et les alentours du regard et trouva ce qu’il cherchait. Deux élèves qu’il crut d’abord enlacés se tenaient entre les racines d’un grand arbre.

 

Le plus grand des élèves avait une main posé sur l’épaule de la plus petite silhouette. c’est cette deuxième forme qui hypnotisait Harry. La lune jouait dans les longs cheveux de la petite fille qui semblait avoir une auréole autour de la tête.

 

La tête penchée sur le côté, Lily était attentive aux paroles de l’élève plus âgé qui lui désignait les chevaux fantômes et lui expliquait quelque chose avec force de mimes et de mouvements de mains. Un courant d’air qu’Harry ne sentit pas lui apporta le terme de Sombral.

 

Le jeune sorcier se décida à approcher. Il allait faire le tour à couvert, lorsqu’il se rappela sa première expérience de la pensine et de la salle du mangemagot. Les personnes et les animaux qui se trouvaient dans les souvenirs ne voyaient pas leur visiteur.

 

Harry traversa donc la clairière pour rejoindre le couple formé par sa mère et celui qui se révéla être le préfet de la maison griffondor. Un des sombrals releva la tête à son passage et le suivit de son regard d’or. Mal à l’aise, Harry regardait l’équidé tourner la tête à mesure qu’il approchait de sa mère encore enfant.

 

Tout en gardant un œil sur le spectre, il se répétait qu’il se faisait des idées et que le souvenir de sombral devait être en train de suivre un quelconque oiseau du regard. Le jeune garçon était sur le point de chercher le volatile qui intéressait tant le sombral, lorsqu’un buisson s’agita violemment.

 

Un élève aux cheveux noirs et gras en sortit. Harry estima qu’il devait être en deuxième ou troisième année, tout comme sa mère, alors que le préfet était bien plus âgé.

 

« Belle nuit pour les rendez-vous en amoureux, cracha le nouvel arrivant à l’attention de Lily. Il n’est pas un peu vieux pour toi ? Mais tu as déjà dû essayer tous les membres des autres promotions. »

 

Le sang de Harry ne fit qu’un tour alors que son poing se levait et menaçait le garçon qui parlait si mal à sa mère. Son bras frappa rageusement l’air et passa au travers du souvenir qui ne s’aperçut même pas de sa présence.

 

« Et toi, sois un peu plus correct lorsque tu parles à une fille, gronda le préfet, qui reçut tout l’appui et la sympathie d’Harry. Et puis, que fais-tu en pleine nuit hors du château ? As-tu une permission pour te trouver hors de ton dortoir ? Qui t’accompagne ?

 

– Je vois que tu t’es trouvé un fier défenseur. »

 

Harry se mit à tourner autour du garçon dont la chevelure huileuse lui rappelait quelque chose, sans qu’il arrive à savoir qui ou quoi. Pour le moment, cela ne l’intéressait pas. Il voulait graver le visage de ce freluquet dans sa mémoire au cas où il croiserait celui-ci dans le présent.

 

Harry piétinait et frappait rageusement l’air autour et dans le jeune élève.

 

« Je ne vois pas de quoi tu parles, dit la jeune Lily d’une voix prise qui fit se retourner son fils, inquiet d’entendre des larmes dans le ton de sa mère. Et je ne vois pas ce qu’il peut y avoir de mal à demander de l’aide aux autres élèves pour les matières que ni toi, ni moi ne maîtrisons.

 

– Parce que tu travailles là, commença le garçon avec un ton ironique qui donna des frissons à Harry. En pleine nuit et dans la forêt interdite ? Quel cours peux-tu bien travailler ?

 

– Le soin aux créatures magiques, répondit froidement le préfet. Lily me demandait des informations sur les sombrals pour son devoir. »

 

Harry acquiesça violemment d’un coup de tête victorieux et jeta un regard féroce au jeune élève qui se trouvait devant son nez. La poitrine bombée, le jeune sorcier attendait la réplique de cet avorton, dont il aurait bien fait l’affaire, si plusieurs années ne les séparaient pas.

 

Mais l’avorton ne répondait pas. Pétrifié dans son courroux, il restait immobile. Son regard était rivé sur Lily. Son expression hésitait entre la haine et la crainte.

 

Harry finit par se tourner pour se retrouver face aux yeux verts et menaçant de sa mère. Instinctivement, il fit un pas en arrière. La douce Lily n’avait pas vraiment besoin de quelqu’un pour la défendre. La jeune fille allait répondre, lorsqu’Harry sentit un pincement sur sa nuque.

 

Paniqué, il se retrouva dans sa chambre. Les draps avaient glissé sur le sol. Il se tourna et se trouva nez à bec avec Hedwige, qui avait profité de la fenêtre ouverte pour rentrer. Son regard d’ambre couva le jeune sorcier puis se tourna vers la porte.

 

La lumière filtrait sous le battant et s’étalait sur le sol. Les marches de l’escalier grinçaient. Un des Dursley était réveillé. Harry referma la mallette sur la pensine et cacha le tout sous l’oreiller. Sur la pointe des pieds, il ramena la chouette vers sa cage et remit les draps sur son lit.

 

Harry étouffa un rire. Si quelqu’un lui avait un jour dit que parmi les vieilleries entreposés par l’oncle Vernon et de la tante, il trouverait le premier béguin et la première dispute amoureuse de sa mère, il aurait bien rit.

 

***

 

Un grincement sinistre, suivi du discret déclic de l’interrupteur d’une lampe de chevet, annonça à Harry que le Dursley noctambule avait retrouvé son lit. Et bientôt trois ronflements réguliers rythmaient la nuit.

 

Harry s’attarda un instant devant sa fenêtre.

 

Un vent léger courbait les massifs et les buissons desséchés et poussait sur le bitume quelques têtes de fleurs prématurément fanées et séparées de leur tiges par l’ardeur du soleil. Toutes les maisons étaient plongées dans l’obscurité.

 

Alors que le jeune sorcier contemplait le calme de la nuit. Il sursauta. Là, dans la ruelles, entre deux maisons, il avait vu une silhouette disparaître. Il sentait son cœur frapper violemment et douloureusement ses côtes.

 

Les yeux plissés, il fixait la nuit rendue plus sombre par l’ombre des maisons. Mais il n’y avait plus rien. Sans doute, un arbre ou un drap en train de sécher se raisonna Harry. Il était à Privet Drive. Un quartier dans lequel la chose la plus grave qui puisse arriver, c’est la tenue d’un barbecue de merguez et de sardines.

 

Harry s’étira et traversa sa chambre. Avec précaution, il ouvrit sa porte et se dirigea à son tour vers la salle de bains. Les portes des chambres des Dursley étaient entrouvertes. Un air léger courrait le long du couloir et apportait un peu de fraîcheur et des parfums de fleurs et d’herbes sèches.

 

Dans la salle de bains, Harry s’aspergea d’eau froide. Il allait repartir lorsque quelque chose retint l’un de ses pieds et faillit le faire chuter. Il baissa son regard vers ses baskets, qu’il avait passé sans les fermer.

 

Un lacet, plus long que l’autre, était prisonnier de son autre pied. Il leva sa jambe et repartit tranquillement vers sa chambre. A regret, il referma sa porte sur le courant d’air et la fraîcheur nocturne.

 

Harry ne pouvait laisser sa porte entrouverte. Il prenait déjà beaucoup de risque en utilisant la pensine. Si jamais un Dursley se réveillait et le découvrait à utiliser des objets magiques, il aurait les pires ennuis qui soient.

 

Mais ce n’était pas les remontrances ou les sanctions qu’il craignait. Si la tante Pétunia et l’oncle Vernon découvraient l’existence de cette mallette, celle-ci finirait comme les toutes premières lettres de Poudlard. Et il serait privé des modestes souvenirs de sa mère , qu’il venait seulement de récupérer.

 

Sans prendre la peine de se baisser, il retira ses chaussures. Il versa de l’eau et des croquettes dans les écuelles d’Hedwige et passa ses doigts dans le plumage blanc et vaporeux de la chouette. Celle-ci répondit à ses soins en lui mordillant affectueusement l’oreille.

 

Le jeune sorcier reprit sa position, sous son drap, à l’abri des regards, et sortit la mallette. Quelques instants plus tard, il se retrouvait dans une salle de classe plongée dans des tourbillons de vapeurs. Partout autour de lui, des élèves échevelés, coupaient, hachaient et mélangeaient toutes sortes d’ingrédients.

 

Une élève rouge et essoufflée, lui passa au travers, les mains pleines de piquants de hérisson. Un professeur rondouillard aux cheveux impeccables et à la tenue soignée passait entre les tables. Parfois, il restait plus longtemps auprès d’un élève pour s’enquérir sur les membres de sa famille.

 

Harry ne trouva pas tout de suite celle qu’il cherchait. Un chahut attira son attention vers une table. Deux garçons s’abritaient derrière des chaudrons pour se protéger des yeux de crapauds qu’ils se lançaient l’un sur l’autre.

 

« Messieurs Potter et Black, vous vous présenterez après les cours pour deux heures de retenue. »

 

La promesse de la punition arrêta les jets de projectiles mais pas le fou rire qui agitait les deux garçons. Harry s’approcha de la scène de bataille et détailla les visages juvéniles des membres aimés et à jamais perdus.

 

Le visage figé et à jamais glacé de Cédric s’interposa une nouvelle fois. Et les scène, mille fois vues et rêvées ; le seigneur des ténèbres qui ressuscitait dans l’obscurité du cimetière ; les Mangemorts qui arrivaient les uns après les autres, ses parents qui jaillissaient de la baguette de Voldemort et le visage de Cédric à jamais figé, à jamais glacé, qui tombait au milieu des herbes.

 

Les sourires et la joie insouciante réapparurent, ainsi que la salle de potions. Les cheveux dans le nuage de vapeur, les deux chenapans qu’avaient été son père et son parrain, s’étaient penchés sur leur chaudron.

 

Par-dessus leurs épaules, Harry distingua une autre table. Une table, derrière laquelle deux jeunes filles étaient penchées l’une vers l’autre. Plongées dans une discussion ou habituées à ce genre d’interruption tapageuse, elles n’avaient prêté aucune attention à la parodie de bataille.

 

Harry, qui avait reconnu sa mère dans l’une des filles, s’approcha de la paillasse. Lily écoutait avec attention son amie. Cette dernière paraissait particulièrement bouleversée.

 

« Tu ne devrais pas prendre cela à la légère, Lily, gourmandait-elle. Je n’ai jamais eu de vision aussi clair dans ma boule de cristal. Celui-dont-on-ne-doit-pas prononcé-le-nom te menaçait, toi et ta future famille. Il se trouvait chez toi. Et j’ai clairement entendu la mise en garde. »

 

Devant l’air sceptique de Lily, la jeune fille reprit.

 

« Je l’ai vue et entendue comme je te vois et je t’entends, insista la jeune fille. Et la voix, l’autre voix venue de nulle part, à bel et bien parlé de cette forme de magie ancienne.

 

– Je ne mets pas en doute ce que tu as vu, rassura Lily, mais tu avoueras que c’est assez difficile à croire. Moi et... »

 

D’un mouvement des yeux, elle désigna la table où James et Sirius continuaient à se chamailler dans le dos du professeur.

 

« C’est assez difficile à croire.

 

– Promets-moi seulement, supplia la jeune fille en attrapant la main de Lily et en lui plaquant contre la paume un morceau de parchemin, que tu feras des recherches sur cette forme de magie pour pouvoir protéger ton enfant. »

 

Le souvenir s’arrêta là et Harry se retrouva dans le silence de sa chambre. Elle savait. Sa mère savait que Voldemort les trouverait. Elle avait été mise en garde par une prédiction et orientée vers le sortilège qui lui permettrait de le sauver lui. Harry n’arrivait pas à croire ce qu’il venait de voir.

 

Sans prendre le temps de guetter les bruits dans la maison, Harry versa le contenu du dernier flacon dans la pensine. Il se retrouva dans la bibliothèque de Poudlard. Il repéra assez rapidement sa mère qui se glissait entre les rayons, tout en s’assurant que le bibliothécaire ne s’intéressait pas à elle.

 

Elle passa un cordon qui annonçait des travaux et une interdiction de passer. Au fond d’une rangée d’étagères libérées de leur grimoire, un renfoncement dissimulait une porte minuscule. Après s’être demandé s’il était tombé dans un passage d’Alice aux pays des merveilles, Harry suivit sa mère dans l’autre pièce.

 

Il se retourna pour regarder sa mère refermer avec précaution l’épaisse porte de bois. Il n’avait jamais vu cette salle et se promettait d’en parler à Hermione pour savoir si celle-ci connaissait l’existence de cette porte basse et de la salle qui se trouvait derrière.

 

Harry haussa les épaules en se souvenant qu’Hermione devait passer plus de temps que quiconque dans la bibliothèque. Dès leur deuxième année, elle avait eut connaissance de l’existence du polynectar, alors que le grimoire qui parlait de cette potion, se trouvait dans la réserve.

 

Si quelqu’un ne pouvait ignorer l’existence d’une telle salle, c’était bien Hermione. Harry sursauta, plongé dans ses pensées il n’avait pas vu sa mère disparaître. Il longea les rayonnages en bois blanchi par le soleil.

 

Il dépassa une table recouverte de chaises dépareillées et renversées. La pyramide masquait une alcôve dans laquelle vacillait la flamme de la seule lanterne de la pièce. Distrait par les ombres dansantes sur les rayonnages poussiéreux couverts de livres jaunis.

 

Lily se trouvait là. Confortablement installée dans un fauteuil en osier qui aurait eu plus sa place sur la terrasse d’une maison de bord de mer, elle faisait face à toute une pile de livres aux couvertures rongées par les vers, dont les pages se détachaient, quelques rouleaux de parchemins étaient également déroulés sur un pupitre.

 

Jamais Harry n’avait vu d’ouvrages aussi délabrés. Jamais il n’aurait imaginé que Mrs Pince puisse à ce point négliger certains ouvrages. Puis il se rappela que Mrs Pince ne devait pas encore être la bibliothécaire de Poudlard, ni même l’assistante de l’homme qui trônait sur l’estrade centrale.

 

Sa mère était beaucoup plus âgée que lors du cours de potion. Elle paraissait beaucoup plus soucieuse également. Inquiet, il tenta de lire les titres des ouvrages. Mais les quelques mots qu’il déchiffra ne lui disait rien. L’anglais était ancien et la calligraphie travaillée et enluminée.

 

Le peu de cuir et de dorure que les vers avaient laissé était couvert d’une épaisse couche de poussière. Il regrettait le torchon que tante Pétunia lui avait jeté au visage pour nettoyer les bibelots qu’elle prévoyait de vendre au vide grenier.

 

Il passa la main sur les couvertures pour tenter de lire certains titres. Mais l’épaisse couche de poussière restait accrocher aux cuirs qui se décomposaient. Avec un nouveau soupir, il se rappela qu’il ne pouvait pas interagir avec les êtres et les choses qui se trouvaient dans les souvenirs liquides.

 

***

 

Harry ignorait depuis combien de temps, il était allongé sur son lit à regarder le plafond. Ses cheveux et ses vêtements étaient trempés et collaient à sa peau. Mais il ne ressentait pas la sensation de chaleur. Il était stupéfait.

 

Sa mère savait depuis ses premières années à Poudlard, qu’elle et son mari seraient attaqués et mourraient de la main de Voldemort. Et au lieu de fuir au loin, de se cacher elle avait cherché à trouver le sort qui lui permettait de sauver son enfant.

 

Pourquoi n’avait-elle pas utiliser ce sort pour se sauver, elle aussi, et pour sauver James ? Pourquoi n’avait-elle pas changé de gardien du secret, au lieu de laisser cette tâche à Pettigrew ? Il se secoua. La prédiction de la jeune fille ne précisait pas qui allait les trahir.

 

Sirius était le gardien du secret le plus évident. Son père et lui était ami depuis l’enfance. Il était presque des frères. Peut-être avait-elle songé qu’en changeant de gardien pour le plus improbable de tous, elle avait contrarié la vision.

 

La chaleur lui tomba dessus d’un coup. Il avait du mal à respirer. Un corset de fer en fusion lui enserrait la poitrine.Sans bruit, il se leva et sortit de sa chambre. Avec prudence, il évita les marches qui grinçaient. La porte-fenêtre de la salle à manger s’ouvrit sans difficulté.

 

Ses pieds se posèrent sur un gazon frais et humide. L’air pur et neuf annonçait le petit jour. Il se tourna vers le four, dont l’horloge annonçait trois heures quarante cinq. Le jour était encore loin. Il avança entre les haies, passa devant celle où il avait vu Dobby pour la première fois.

 

A l’abri de la cabane à outils, il s’accroupit et respira à plein poumon cet air que la nuit avait enfin rafraîchi. Un souffle chaud caressa sa nuque. Harry ferma les yeux. Il était découvert. Il inspira douloureusement et rouvrit les yeux avant de se retourner, convaincu de trouver l’un des Dursley.

 

La tête décharnée d’un cheval lui faisait face. Les pupilles couleurs or étaient enfoncées et humides. Une goutte d’eau qu’Harry hésitait à appeler larme s échappa d’un des coins d’une orbite. Le sombral posa ses naseaux contre la joue de Harry dans un geste doux, presque affectueux.

 

Les deux êtres du monde de la magie restèrent immobiles. Expiration après inspiration, les deux respirations finirent par ne faire qu’une. La tête lourde, Harry écoutait les souffles qui allaient et venaient comme des vagues sur une plage.

 

Son oreille contre la tête du sombral écoutait les battement du cœur de la bête. Celui battait sur le même rythme que le sien. Harry ferma les yeux. Il ne sentait plus le sol en dessous de lui. Aspiré par le vide et le néant, la seule chose qui l’attachait à la réalité et à ce monde, c’était le poil rêche et les arrêtes vives de la tête qui caressaient sa joue.

 

Alors que le garçon et la bête ne faisaient plus qu’un dans la nuit et le vide. Le corset de fer qui enserrait la poitrine de Harry se brisa. L’air entra librement dans les poumons et en ressortit entraînant la douleur, la tristesse et la peine.

 

Ils planaient tout deux. Les poumons d’Harry s’emplissaient d’odeurs de mousses, d’iode et de bruyères à mesure que ses pensées survolaient des forêts d’émeraude, des plages dorées léchées par des eaux turquoises et des montagnes plus blanches que les meubles de jardin de la tante Pétunia.

 

Une horloge sonna. Le sombral s’écarta du sorcier.

 

Les cheveux de Harry s’envolèrent autour de son visage alors qu’un tourbillon d’air l’enveloppait et le frappait. Il rouvrit les yeux sur le jardin désert. Au dessus de lui, le ciel se teintait de rose. Le jour se levait sur Privet Drive et un jeune sorcier se demandait s’il n’avait pas rêvé.

 

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