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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Outrage à notre éthique par Stylesorg

[35 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Heloo hello hello ! 

 

Merci du fond du coeur pour votre fidélité, voici le fameux chapitre 10 ! (pas taper moi s'il-vous-plait)

Je souhaitais remercie ceux qui ont eu la délicatesse de me laisser des reviews (c'est l'unique gratification que je reçois pour mon travail, n'hésitez jamais ! ),

- merci au travail incroyable de ma bêta SumiShann (et encore désolée pour ces histoire de sauvegarde aha)

- merci à mon amie Léa ! Tes conseils me sont très précieux tout comme tes avis, j'espère qu'un jour vous pourrez tous lire les incroyables histoires qu'elle garde pour elle. Son écriture est magique ! 

 

Sur ce, enjoy !!! 

« C’est non négociable et à ta place, je commencerais à m’énerver contre ton cousin ; la colère ça aide beaucoup à blesser les gens qu’on aime… »

 

La voix de Malefoy revenait sans cesse depuis deux bonnes heures alors que Lily avait rejoint son compartiment avec les filles. Afin de ne pas attirer les soupçons, elle avait prétexté avoir cherché Aaron en vain parce qu’il souhaitait lui parler. Cette phrase la dérangeait énormément, et ce depuis qu’elle avait quitté la bouche du Serpentard. Se pourrait-il que l’impitoyable Scorpius Malefoy ait aimé une personne ? Lily n’était même pas sûre qu’il aimait sa propre famille.

 

Parfois, lorsqu’elle était plus jeune et que son oncle Ron les gardait, elle et Hugo, elle avait souvent entendu des histoires sur le père de Scorpius. Drago Malefoy était un garçon détestable, peureux, lâche, cruel et gâté. Il avait grandi dans une famille de sangs-purs, convaincue de l’infériorité naturelle des moldus et nés-moldus, aberration pour Lily qui aimait énormément sa tante Hermione. Mais rien qu’en imaginant qu’en repensant à l’historique familial de Scorpius, il n’était pas si compliqué de comprendre d’où venait cet horrible comportement et l’incroyable stupidité du jeune homme.

 

Aimer… Argh, il ne devait même pas savoir en quoi cela consistait, le bougre.

 

En un coup de vent, Hugo fit irruption dans le compartiment des filles et vint se jeter en riant aux éclats à côté de Lily qui essayait de lire. Jake, son meilleur ami, véritable rat de laboratoire qu’elles ne voyaient pas souvent, s’assit quant à lui à côté de Gil. Énervée, Lily fusilla du regard son cousin qui fit mine de ne rien voir et lui ébouriffa les cheveux.

 

« C’est non négociable et à ta place, je commencerais à m’énerver contre ton cousin ; la colère ça aide beaucoup à blesser les gens qu’on aime… »

 

« Putain Hugo, t’es sérieux là ? T’as pas l’impression de déranger ?

— Oh allez Lily jolie, déride-toi ! lui dit-il en lui donnant un coup de coude.

— T’es chiant, lâche-moi ! Tu vois pas que j’essaie de lire ?

— C’est nul, tu lis quoi en plus ? « Les secrets de Poudlard » ? Mais c’est d’un chiant Lily, surtout que dans quelques mois Poudlard, t’en auras plus rien à faire !

Furieuse, et volontairement en colère, Lily se mit à crier sur Hugo :

— Non, mais j’hallucine, tu peux pas être un peu respectueux pour une fois ? J’en ai vraiment marre que tu te comportes comme un gosse Hugo, grandis merde !

— Mais Lily, commença-t-il choqué, c’est pour rire…

— Oui bah j’en ai ras-le-bol de rire pour des trucs aussi nuls. Je m’en vais tiens, comme ça tu pourras « rire » et t’affaler comme un ours sur la banquette ! »

 

Se levant d’un mouvement rapide, Lily prit son sac et son livre, et sorti dans le couloir. Ce n’était pas facile de s’énerver contre Hugo, le jeune homme était toujours de bonne humeur, le lui reprocher (surtout avec ce qu’il traversait) était vraiment injuste. À la recherche d’un compartiment libre, Lily entendit une voix crier son nom dans son dos puis, une main saisir son poignet fermement.

 

« Lily, Lily attends, je suis désolé, je ne voulais pas te faire fuir…

— Alors arrête de te comporter comme ça !

— Mais je n’ai rien fait, enfin ! s’exclama Hugo en prenant un air effaré.

— Tu n’arrives pas à me foutre la paix, voilà ce que tu fais, Hugo. »

 

Et la rousse secoua sa main pour sortir de la poigne de son cousin afin de poursuivre son chemin, le laissant planté comme un idiot au milieu du wagon sous les regards gênés des autres étudiants. Si Poudlard était un lieu où tout pouvait arriver, jamais les élèves du wagon n’avaient vu en sept années consécutives Hugo Weasley et Lily Potter se disputer.

 

Durant toute la fin du trajet en direction du Château, Lily resta seule à réfléchir, interrompue plusieurs fois par des étudiants à la recherche d’un compartiment qui, devant l’air aimable de la jeune fille ne restaient pas plus de quelques minutes. Cette attente était insupportable. Comme un condamné que l’on prépare pour son exécution, Lily attendait patiemment le moment où, ce soir, elle devrait réduire à néant tout l’amour qu’elle éprouvait pour son cousin. C’était elle ou lui. Lui pourrait s’en remettre avec un peu de temps, pas elle.

 

Le festin du soir n’avait rien d’extraordinaire quand les étudiants revenaient de vacances. Certains professeurs étaient absents, certains élèves mangeaient dans leur dortoir (tout dépendait de leur relation avec les elfes de cuisine) – autant dire que la Grande Salle n’était jamais pleine le premier soir.

 

Assise en compagnie de Gil, Mary et une fille qu’elle ne connaissait pas beaucoup du nom de Sarah, les quatre adolescentes mangeaient en parlant des cours de Moore qui reprenaient enfin depuis l’explosion mais surtout du fameux cours en extérieur de DCFM.

 

« Il paraît que l’on va devoir affronter une créature, dit Sarah entre deux bouchées, c’est mon frère qui me l’a dit !

— Mais ça change tous les ans, non ?

— Oui ! L’an dernier, ils devaient capturer un dragon miniature, c’est dingue, non ?

— Ouais, celui d’Albus lui avait fait rôtir tout l’arrière du crâne et Moore avait dû lui faire repousser ses cheveux, raconta Lily. Le lendemain matin il les avait jusqu’aux fesses, c’était génial.

— Vous pensez que ce sera quoi cette année ?

— Aucune idée, répondit Sarah à la question de Gil. Ce prof est imprévisible !

— Tiens, Lily regarde, il y a Hugo qui arrive, dit Mary en montrant d’un coup de menton le jeune homme qui venait de franchir la porte.

— Misère…

Mary regarda Lily, très étonnée par sa remarque :

— Qu’est-ce qu’il t’a fait ?

— J’ai du mal à le supporter en ce moment, tout ce qu’il fait m’énerve, murmura la rousse à l’adresse de ses amies alors qu’Hugo approchait de leur table.

 

Se décalant légèrement, Lily continua de manger jusqu’à ce qu’elle croise, face à elle, deux tables plus loin, les yeux gris de Malefoy. Aussitôt, la marque commença à la brûler. C’était le moment. Elle ne pouvait plus faire demi-tour ni l’éviter. La douleur augmenta d’un cran quand Hugo s’assit à côté d’elle, ce qui l’obligea à lâcher sa fourchette. Mouvement que son cousin interpréta comme lié à sa personne, il se tourna vers Lily énervé.

 

« Tu m’en veux encore ? Dis-le, je ne voudrais pas te couper l’appétit, Lily. »

 

Le simple fait qu’il lui adresse la parole augmenta encore la douleur de son bras qui, lentement se dirigeait vers sa poitrine. Elle avait peu de temps, peut-être 5, voire 10 minutes pour agir.

 

« Hé, Lily je te parle, insista-t-il face au silence de la concernée.

— Qu’est-ce que tu ne comprends pas dans fiche-moi la paix Hugo, dit-elle durement en chuchotant pour éviter d’ameuter les regards.

— Je prends ça pour un oui, donc. Hugo prit un peu de recul et posa un regard plein de jugement sur Lily. C’est quoi le problème ? Tu m’évites les derniers jours de vacances, dès que j’arrive quelque part tu t’en vas ou tu cries. Merde Lily, on a pas à subir ta mauvaise humeur constamment ! »

 

Tous les regards de la tablée étaient tournés vers eux, des discussions çà et là s’étaient arrêtées. Hugo Weasley, le garçon si gentil, si serviable des Gryffondor venait de parler d’une voix sourde. Et Lily, dans son coin, la tête baissée, les yeux fermés, tentait de contrôler la douleur, de lutter contre l’impossible.

 

« Wow, super courageux Lily, t’es même pas foutue de t’expliquer espèce de lâche. De toute façon, t’es devenue imbuvable depuis septembre. Alors, c’est la faute de qui ? De Malefoy ?

 

Tous les clignotants internes de Lily se déclenchèrent. Elle n’avait plus le choix. Elle devait réaliser le vœu de cet abruti. Relevant la tête vers Hugo, elle tenta de lui faire comprendre qu’elle était désolée avant de commencer à lancer ses paroles brûlantes :

 

« Tu me fais rire Hugo, t’ose parler de courage, toi ? T’es le mec le plus lâche que je connaisse !

— De toute façon, t’as toujours eu horreur des gens qui sont heureux, enchaîna-t-il pour noyer le poisson, sachant parfaitement où elle voulait en venir.

— Heureux ? Parce que t’es heureux, Hugo ? Ça te rend heureux de pas avoir les couilles d’assumer que tu préfères les mecs devant l’école ? (la brûlure augmenta d’un cran, la faisant grimacer, lui montrant qu’elle devait aller plus loin). T’es homo Hugo, assume-le et viens pas me traiter de lâche !

La Grande Salle était plongée dans un silence de mort, tous les yeux étaient rivés sur ceux qu’on appelait parfois les « jumeaux » et qui ce soir allaient se vouer une haine profonde.

— C’est pas du bonheur Hugo, c’est de la résignation. T’es un putain de résigné ! Un trouillard qu’a besoin que je le console quand il vient chialer sur sa pauvre petite vie. Non mais regarde-toi, tu fais honte à notre famille avec tes déviances. Tes parents sont deux très grands sorciers dont parlent les livres d’histoire, ta sœur est brillante et respectée, et toi ? Mais toi, qu’est-ce que tu es, Hugo ? T’es rien ! T’es un pourri gâté, tu me dégoûtes. Tu me juges alors que tu n’as même pas la légitimité de le faire ! Et tu veux que je te dise ?

— Assez ! La directrice arriva d’un pas rapide en direction des deux cousins à présent levés, sur le point de devenir violents. Miss Potter, dans mon bureau immédiatement, monsieur Weasley, suivez-nous aussi.

 

Le flot d’horreurs coupé, Lily s’aperçut que la brûlure avait cessé. Un coup d’œil à son avant-bras lui permistde voir que la marque s’était rendormie ; cela signifiait donc qu’elle avait réussi. Hugo était en miettes devant elle. Elle l’observa, il la fixait. Des larmes coulaient de ses yeux et son corps tremblait. Sortie de sa transe, Lily regarda ensuite autour d’elle. Les Serpentard se bidonnaient du spectacle en la félicitant, certains même criaient qu’elle s’était trompée de maison. Ses amis… ses amis avaient les yeux baissés, sauf Mary. Mary la regardait choquée, déçue et dégoûtée. Lily se prit un poignard en plein cœur en voyant ça. Ce qu’elle avait fait… La directrice leur demanda de nouveau de la suivre et ils obtempérèrent.

 

Sur leur passage, des Serpentard insultèrent Hugo, des filles de Poufsouffle ricanaient, un Serdaigle envoya un « salope » à Lily qui ne put la blesser plus qu’elle ne l’était déjà…

 

Ils étaient tous les trois dans le grand bureau ovale quand McGonagall commença à incendier Lily. Jamais elle n’avait eu affaire à des propos aussi désobligeants et insultants. Sidérée, elle comptait sans plus tarder informer ses parents au sujet de son comportement. Après l’explosion, cette scène était la cerise sur le gâteau. Se voyant consignée, interdite de sorties scolaires, et de Quidditch, la vie de Lily se réduisait à présent aux cours, aux retenues et à son dortoir. Mais tout cela n’était rien comparé au mal qui rugissait dans la poitrine de l’adolescente. Ce qu’elle avait dit… Elle avait envie de vomir, de se jeter sous un train. Tous ces mots terribles, elle ne les pensait même pas…

 

« Avant de partir mademoiselle Potter, vous allez me faire le plaisir de vous excuser. Vos propos et votre attitude sont une véritable honte aux valeurs que vos parents vous ont inculquées et surtout aux valeurs de ce château. Je vous laisse cinq minutes, donnez-moi vos baguettes…

— Professeur, l’interrompit Hugo d’une voix cassée sortie des profondeurs de la Terre, je vous en prie, j’en ai suffisamment entendu pour ce soir.

— Cinq minutes, monsieur Weasley.

 

Laissés seuls, Hugo se leva suivit de près par Lily dont les larmes ne purent résister plus longtemps. Proche de la crise d’angoisse, tous ses membres tremblaient, un goût terrible de bile dans la bouche.

 

« Hugo je t’en supplie… je t’en supplie, pardonne-moi…

— Ne m’adresse plus la parole Lily, c’est terminé, dit-il d’une voix dure en se tournant vers elle. Je ne veux plus jamais te parler, tu m’entends ? T’es morte pour moi.

— Non Hugo, je t’en prie écoute-moi… renifla-t-elle en essayant d’attraper sa main.

— Non ! Ne me touche pas ! Je t’interdis de me toucher, tu comprends ? Disparaîs Lily, sinon je t’assure que je risque d’être violent.

— J’étais obligée Hugo, j’étais obligée je te le jure sur tout ce que j’ai…

— Mais regarde-toi ! Tu jurais aussi d’être à mes côtés pour toujours, tu jurais de me soutenir pour toujours envers et contre tous, de me défendre, de m’aider. Quand je pense qu’en réalité c’était de toi qu’il fallait que je sois protégé… Tu me dégoûtes Lily, tu me donnes envie de vomir. Ce que tu as… je n’ai même pas les mots. Je ne veux plus jamais te voir.

— Hugo… »

 

Lily s’écroula au sol sous le regard indifférent et terriblement blessé de celui qu’elle avait toujours considéré comme la plus belle partie d’elle-même. La directrice fit alors son retour tandis que Lily, à terre, se confondait en sanglots, suppliant Hugo de l’écouter jusqu’au bout. Elle ne voulait pas le perdre, tout sauf ça. Si elle avait pensé que le temps arrangerait les choses, elle voyait à présent dans les yeux éteints et fatigués de son cousin que le temps n’y ferait rien. Elle avait brisé quelque chose, elle avait totalement rompu le lien merveilleux qu’ils avaient toujours partagé.

 

« Relevez-vous Miss Potter, la somma McGonagall mais Lily ne pouvait bouger, ce qu’il se passait en elle était bien trop fort, la douleur ravageait absolument tout sur son passage. Des râles et des grognements interrompus par des supplications, c’était tout ce qu’elle pouvait faire à présent. Et si la directrice eut pitié de cette gamine brisée au sol, Hugo n’y accorda pas un regard, bien trop dévasté de son côté.

 

Dos à celle qu’il avait aimé de tout son être, qu’il avait chéri comme sa propre sœur, il se trouvait à présent face à ses peurs les plus intenses.

Humilié, il craignait de devoir franchir le pas de cette porte et d’affronter les insultes, les regards, les paroles des autres. L’avant-goût de cette situation avait été si amer lorsqu’il avait quittée la Grande Salle, cherchant Drew du regard pour finalement voir l’homme qu’il aimait en train d’écraser de la nourriture dans son assiette. Il ne s’était pas battu pour lui. Son cœur en miettes, déçu encore et encore, n’arrivait plus à assimiler les circonstances. McGonagall allait certainement prévenir ses parents de la situation. Par Merlin, ils allaient tant être déçu de savoir ce qu’il était… Il voyait encore son père lui parler en riant une semaine plus tôt qu’il espérait tout de même rencontrer un jour une future Mrs Weasley sous ce toit…

 

Derrière Hugo, Mrs Pomfresh et le professeur Moore arrivèrent, appelés en renfort par la directrice pour faire bouger Lily. Au-dessus de son épaule, il vit le professeur de Potions forcé de maintenir la rousse pour lui faire boire une potion du sommeil, profond sédatif qui, quelques secondes plus tard firent taire les couinements pathétiques et désespérés de Lily.

 

Ce soir-là ils avaient tous les deux touché le fond…

 

***

 

Cette semaine se déroula dans un véritable brouillard pour Lily. Alitée à l’infirmerie, celle-ci alternait entre sédatifs et sanglots. Refusant de se nourrir, c’est lorsqu’elle dormait que l’infirmière parvenait à lui faire avaler une potion nourrissante.

5 jours.

120 heures.

7 200 minutes.

432 000 secondes.

C’était le temps que Lily avait passé à regarder le plafond blanc immaculé de l’infirmerie. Personne n’était venu lui rendre visite, aussi se douta-t-elle qu’ils étaient tous auprès d’Hugo : cette idée était satisfaisante. Hugo… 432 000 secondes à s’inquiéter pour son état, à haïr ceux qu’elle savait capable de se moquer de lui, à crever d’envie qu’il vienne pour qu’elle s’excuse.

 

432 000 secondes à sombrer aussi. Elle avait reçu une longue lettre de sa mère, car son père se voyait incapable de lui adresser le moindre mot. Cette dernière lui faisait part de sa déception…

 

 

 

Lily Luna Potter,

 

Nous avons reçu hier matin un hibou de ta directrice pour nous informer de ton comportement. Je ne sais comment te décrire notre état en lisant les horreurs que tu as osés dire à ton cousin. Ton père s’est immédiatement rendu chez ton oncle et ta tante pour partager avec eux la honte et la colère que nous éprouvons tous envers ton attitude.

Nous sommes profondément déçus de ce que tu es devenue jeune fille. Nous avons tenté de t’élever toi et tes frères avec tout l’amour du monde. Ton père qui a été privé de famille a essayé de vous inculquer l’importance d’en avoir une. Tu as toujours été chérie et gâtée par mon frère et sa femme. Hugo a toujours été présent pour toi et je pensais qu’au moment où il aurait le plus besoin de ton soutien, tu saurais en faire autant.

Les propos que tu as tenus sont les preuves de ton immaturité.

Sache que nous approuvons absolument toutes les sanctions qui ont été mises en place. Le chemin sera long avant de regagner notre respect, à tous.

Pour l’instant tu devras faire face seule aux conséquences de tes actes.

 

En espérant que tu ouvriras les yeux sur ton comportement.

Maman.

 

 

Chaque mot avaient été une véritable épreuve et si Lily avait eu l’occasion de répondre à sa mère, elle lui aurait alors dit qu’elle était entièrement d’accord avec elle. Ce qu’elle était, elle le haïssait. Ce qu’elle avait fait, elle le condamnait.

La porte s’ouvrit alors et, derrière le brouillard de ses yeux causé par les sédatifs, Lily vit passer l’infirmière accompagnée par la directrice.

 

« Miss Potter, cela va faire cinq jours que vous êtes dans cet état, déclara le professeur McGonagall, il est temps de prendre une décision.

— Renvoyez moi, lui conseilla alors Lily – cette idée semblait être la meilleure. Elle avait eu 7 200 minutes pour y penser.

— Non. J’ai bien trop de respect envers vos parents pour cela.

— Miss Poter, ou vous devenez raisonnable et décidez de vous nourrir seule ainsi que de rejoindre votre dortoir, commença Mrs Pomfresh. Ou bien nous vous transférons à l’hôpital de Sainte-Mangouste dans un service de soutien psychiatrique.

Lily regarda les deux femmes, totalement perdue.

— Mais vous ne pouvez pas faire ça, murmura-t-elle, je ne suis pas folle…

— Non vous n’êtes pas folle, et si je peux me permettre de donner mon avis ce serait une grossière erreur de vous faire subir ça. Miss Potter, je vous connais suffisamment pour savoir que vous n’étiez pas dans votre état normal. Par ailleurs, notre professeur de Potions a pu découvrir des traces d’une magie très puissante sur vous, toutefois il ignore de quel sort il s’agit. Miss Potter, vous êtes une jeune fille intelligente et si vous tenez véritablement de vos parents, ce que votre place chez Gryffondor semble confirmer, continua McGonagall, vous êtes aussi courageuse. Ne baissez pas les bras devant le premier obstacle. Ce que vous avez fait à Mr Weasley est injuste et cruel si j’en crois le quotidien qu’il doit gérer, mais faites preuve de courage et essayez de vous racheter.

Lily hocha la tête les larmes aux yeux.

— Miss Potter, il s’agit de votre famille. Une famille, c’est ce qu’il y a de plus précieux au monde, ils vous pardonneront si vous leur donnez toutes les raisons de le faire. (La vieille directrice lui sourit gentiment) Faites preuve de courage et de volonté Miss Potter, vous valez mieux que ce que je vois actuellement.

 

Se levant du chevet de Lily, la directrice, suivie de près par l’infirmière, sortie de la grande pièce vide. De nouveau seule, Lily s’assit sur son lit, pensive. McGonagall avait raison sur tous les points. Elle n’était pas du genre à baisser les bras.

 

En dépit de tous les non-dits, tous les sentiments contradictoires qui siégeaient en elle, Lily aimait profondément sa famille et rien ne pourrait l’empêcher de les retrouver. Motivée, sortie de sa léthargie, la rousse se leva péniblement. Pendant le discours de la directrice, l’infirmière avait déposé un uniforme propre sur une chaise près de son lit. Après une bonne douche chaude, Lily s’habilla : son corps s’était creusé, ses joues surtout. Son teint pâle était blanc comme un linge, ce qui faisait ressortir ses taches de rousseurs ainsi que ses grands yeux verts. Dans son regard, elle lut enfin toute la détermination qui lui avait manqué durant ces cinq jours.

 

En sortant de cette pièce elle regagnerait la confiance de Hugo, elle montrerait à Malefoy qu’il ne l’avait pas mise en échec, elle reprendrait sa vie en main.

 

 

***

 

 

21h 30 et personne n’était encore arrivé dans le dortoir. Cela faisait bien deux bonnes heures que Lily attendait, tournait en rond, s’asseyait et se relevait. La première étape de son plan consistait à parler avec Mary et Gil, ce qui était loin d’être facile. Ses deux amies devaient la haïr pour ce qu’elle avait fait… Cependant, c’était une étape décisive avant d’affronter le regard d’Hugo.

A peine était-elle sortie de l’infirmerie qu’elle avait entendue des rumeurs courir, mais surtout une question revenait à la bouche des élèves : qui était donc le garçon avec qui Hugo Weasley fricotait ? Cette interrogation surprit Lily car, d’après Hugo, Drew était amoureux, aussi était-il surprenant que son cousin ait à affronter seul cette tempête.

 

Le chemin qui la séparait de son dortoir à l’infirmerie fut éprouvant pour la rousse qui malgré tout restait assez faible. Sur son passage, peu de commentaires, ce qui l’étonna.

 

21h45 et elle entendit enfin s’élever les voix de Gil et Mary dans l’escalier. Assise droite comme un piquet sur son lit, Lily attendait qu’elles arrivent patiemment. La porte s’ouvrit sur Mary qui semblait raconter une histoire drôle dont Gil n’eut jamais la chute lorsque la blonde vit qui était là. Comme par magie, le visage de Mary tout comme celui de Gil se ferma. Un silence de plomb tomba sur la chambrée. Lily prit son courage à deux mains :

 

« Euh, salut, tenta-t-elle maladroitement.

Aucune des deux filles ne lui prêtèrent attention. Toutes les deux semblaient chercher des affaires afin de disparaître en salle commune.

— Attendez, essaya de nouveau Lily pour attirer leur regard, s’il vous plaît, juste, donnez-moi cinq minutes. Je sais que vous me détestez pour ce que j’ai fait mais… juste cinq petites minutes, supplia Lily.

Mary lança un regard à Gil, le temps d’un instant il semblait que les deux filles se mettaient d’accord sur ce qu’elles devaient répondre. Mary prit alors la parole :

— Cinq minutes.

— Merci, je… Merci. Écoutez, ce que j’ai fait, je m’en veux terriblement. En fait, c’est même plus que ça, je me sens horrible, et je sais que je l’ai été. Mais je suis désolée… je suis terriblement désolée les filles pour mon comportement. Je vous ai déçue, je vous ai dégoûtée je le sais et j’en suis désolée. J’aimerais sincèrement pouvoir tout vous expliquer, je vous le jure, mais j’en suis incapable, je ne pourrais pas même si je le veux… (la marque commença à chauffer doucement), quelque chose m’en empêche, mais je ne peux pas vous l’expliquer sans me mettre en danger… je vous demande juste de me faire confiance…

— Te faire confiance ? Lily je vais pas te mentir ça va être très difficile. Nous avons besoin de temps pour digérer ce que tu as fait.

— Mary je…

— Oui oui tu as tes raisons, des raisons qu’on ne peut pas comprendre visiblement. Le souci, tu vois, c’est que ce que je n’arrive pas à comprendre moi c’est ce qui aurait pu te pousser à faire un truc pareil à Hugo.

— Mary a raison. Tu n’imagines même pas ce qu’il subit depuis. Les Serpentard n’arrêtent pas de l’insulter, de le charrier, ils le font tomber, le bouscule et tout. Il vit un véritable enfer et c’est totalement de ta faute.

— J’en ai conscience Gil et je vais me rattraper…

— Je ne vois pas comment, Lily. Alors s’il te plaît pour l’instant, laisse-nous un peu d’espace.

— Je comprends oui, dit-elle en se rasseyant. Merci de m’avoir écouté. »

 

Gil hocha la tête et suivit Mary hors du dortoir. C’était déjà ça, pensa Lily en se mettant en pyjama pour se coucher, une énorme boule dans l’estomac. Elle devait tenir bon, ne pas crouler sous la douleur que lui infligeait cette situation. Demain serait une autre paire de manche, en plus de ses amies, elle devrait affronter tout le monde. Mais surtout, elle devrait affronter Hugo…

 

***

 

 

Le lendemain matin, Gil et Mary s’étaient déjà éclipsées lorsque Lily se réveilla. Prévisible dans un sens, la rousse était tout de même sacrément triste de ne pas être aux côtés de ses amies pour affronter le petit déjeuner dans la Grande Salle. Après avoir pris une douche – laquelle aurait dû durer une éternité pour l’apaiser véritablement – Lily enfila son uniforme et sa cape, glissa sa baguette dans une poche et sorti affronter le reste du monde. À peine avait-elle posé un pied dans la salle commune qu’on l’examina comme une bête de foire : certains se penchaient pour parler, d’autres n’en avaient rien à faire, une fille l’insulta en la regardant dans les yeux… super.

 

Traverser le château fut encore autre chose. La plupart des élèves l’ignoraient royalement, les autres ricanaient ou bien la regardaient de travers. Mais Lily, inspirée par les paroles de la directrice n’en avait que faire : la tête haute, elle avançait d’un pas déterminé jusqu’à la Grande Salle. Extérieurement, elle ne laissait rien paraître, intérieurement, elle se liquéfiait de peur et de nervosité. Mais voilà, il était hors de question qu’elle baisse les bras, s’apitoie sur son sort et reste enfermée pour toujours dans son dortoir : à dix-sept ans, les rumeurs ça va et ça vient.

 

Une fois arrivée, Lily marcha lentement en direction de la table des Gryffondor. Gil, Sarah, Mary, Jake et Hugo étaient occupés à discuter lorsque Lily passa devant eux pour s’asseoir un peu plus loin. Il était inutile de demander à manger avec eux, elles les auraient plus énervés qu’autre chose… Hugo la voyant, se leva aussitôt et, de là où elle se trouvait la jeune rousse l’entendit dire : « On se retrouve plus tard, j’ai tout à coup envie de vomir » qui fit frissonner l’adolescente. A peine levé, ses amis firent de même et la laissèrent seule dans son coin. C’était bien mérité.

 

Buvant difficilement son jus de citrouille et mangeant une part de pudding qu’elle avala de travers, une silhouette s’assit en face d’elle, lui adressant un petit sourire étrange.

 

« Tu t’es trompée de groupe Sarah, murmura Lily en reprenant une bouchée.

— C’est nul de manger seule, personne ne devrait subir ça.

Lily releva la tête vers la jeune fille. Jamais elle n’aurait cru que Sarah serait la première à venir lui parler, elle aimait bien trop son groupe d’amis pour ça.

— Pourquoi tu… enfin tu vois, pourquoi tu restes avec moi ? Les autres vont t’en vouloir, non ?

— Non du tout, Hugo n’a pas demandé à ce qu’on prenne parti ou un truc du genre, on fait ce qu’on veut. Et je reste parce que je t’apprécie et je voudrais comprendre ce qu’il t’a pris la semaine dernière.

— Il ne l’a pas demandé parce que c’était évident, je pense… soupira Lily en repoussant son assiette. C’est très gentil de ta part, je te remercie, mais je ne peux pas vraiment expliquer ce qu’il s’est passé. Je le veux, mais je ne peux pas, on me l’a interdit, révéla Lily ce qui réveilla de nouveau la marque.

— Oh… je vois.

— Je n’ai pas eu le choix de faire ce que j’ai fait et je m’en veux terriblement. J’aime profondément Hugo et jamais je n’aurais fait une chose aussi abominable, se justifia tout de même Lily, désemparée.

— Oui, c’est aussi ce que je pense, et les autres aussi, mais ils ont du mal à digérer.

— Ce qui est normal, acquiesça la rousse.

Sarah lui adressa un sourire compatissant en se levant du banc.

— J’imagine que tu as un plan pour te racheter ?

— Et comment, sourit Lily en se levant à son tour.

— Pour commencer, allons en cours. Je vais t’aider, mais j’ai une condition !

— Dis-moi tout.

— Je vais t’aider à regagner la confiance de nos amis et te libérer du truc dont tu peux pas parler mais pour ça, laisse-moi par pitié rencontrer Albus en tête à tête ! » lui demanda Sarah en rougissant ce qui détendit et fit sincèrement éclater de rire Lily.

 

 

Note de fin de chapitre :

... Dites moi tout ! 

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