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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
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A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Outrage à notre éthique par Stylesorg

[35 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

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Note de chapitre:

Publication rapide pour me faire pardonner de mes retards! 

J'espère sincèrement que ce chapitre vous plaira, j'attends vos avis (oui parce que c'est un peu dommage de voir tant de lecteur et si peu de review ... ) 

Bisous ! 

— Potter, je veux que tu fasses mal à une personne que tu aimes, vraiment très mal. Je veux… sembla-t-il réfléchir, attends, je veux qu’il s’agisse de ton idiot de cousin, oui, oui, Hugo Weasley.

 

Lily eut un mouvement de recul et son dos percuta une paillasse, ce qui la fit d’autant plus sursauter. Non non, non, pas Hugo. Pas ça. Elle était incapable de lui faire du mal, elle allait jusqu’à ignorer ce qui pourrait bien le blesser et ne souhaitait en aucune façon le découvrir.

 

— Je ne peux pas… murmura-t-elle en secouant frénétiquement sa tête de gauche à droite. Je ne peux pas faire ça, Malefoy, je t’en prie, je ne… supplia-t-elle.

 

Cette vision de la jeune fille en train de le supplier laissa Malefoy dans un état profond d’indifférence. Les mots avaient été prononcés, le serment avait été invoqué : il n’y avait plus de retour possible. Lily allait devoir blesser Hugo, quand ? Il ne l’avait pas mentionné, il préférait de loin que l’idée mûrisse dans l’esprit de la jeune femme, qu’elle la torture.

 

Son intégrité, sa famille et sa réputation.

Il lui avait fait ravaler son intégrité.

Il allait anéantir ses liens avec son si précieux cousin.

Finalement, ce jeu avait quelque chose de trop facile, pensa Malefoy. Potter regardait autour d’elle comme si d’un coup elle s’était métamorphosée en un petit animal en cage. Les larmes affluaient sur ses joues et cela ne lui fit rien. Fronçant les sourcils, il l’observa tourner en rond, comme folle. Pourquoi ne ressentait-il rien à l’idée de lui faire mal ? C’était le plan, non ? Détruire Lily Potter, se venger pour enfin commencer à vivre ? Alors pourquoi n’était-il pas véritablement satisfait de la torture qu’il venait de lui infliger ?

 

Scorpius se souvint alors de l’épisode de la bibliothèque, un court instant (qui pourtant semblait avoir duré des heures). Il s’était senti bien pour la première fois. Bien comme lorsque l’on prend une douche froide sous 40 °C mais en mieux, bien comme lorsque l’on mange après une journée interminable, bien comme lorsque l’on se glisse dans des draps frais le soir alors que notre corps épuisé n’a plus le courage de tenir debout. Hier soir, face à la petite rousse qu’il détestait, il avait ressenti ce sentiment étrange de plénitude. Tout avait semblé dérisoire le temps d’une seconde : ses projets, ses ambitions, qui il était. Tout avait semblé vain. Et lui, il s’était senti faible.

 

Il n’avait absolument pas prévu de déclencher le deuxième vœu tout de suite, il avait eu envie d’attendre, ses amis le lui avaient même conseillé. À quoi bon avoir un pouvoir sur Potter et le gâcher aussi vite alors qu’il avait la possibilité de la torturer en la faisant patienter ? Tout l’intérêt du jeu reposait dans l’attente, tel un serpent observant sa proie, une proie qui ignorait tout de quand il sortirait ses crochets pour la planter. La métaphore de Nott le fit sourire. Quel ami intelligent et stratège…

 

« Arrête de tourner en rond, tu me donnes mal au crâne, Potter, dit il de sa voix lente et grave.

— Je… C’est impossible, Malfoy.

— Au contraire, c’est d’une simplicité déconcertante. Tu l’observes et tu découvres ses peurs, tu choisis un moment de faiblesse et tu attaques. (Le blond leva les yeux au ciel.) T’es une Gryffondor, je te pensais courageuse.

La rousse fit volte-face en le fusillant de son regard émeraude :

— Il n’y a pas de courage à avoir ! C’est du chantage ! Tu es…

— Cruel ? Laisse-moi rire, c’est toi qui voulais jouer si je me souviens bien. C’est toi qui as accepté le défi de Nott, toi qui as lié ta vie à mon bon vouloir ? Et tu croyais quoi ?

— Je pensais que… enfin, après hier… commença-t-elle embarrassée, réalisant la stupidité de ses paroles mais aussi de ce qu’elle avait imaginé.

— Qu’après hier quoi, Potter ? dit-il en riant d’un air mauvais, sa tête penchée sur le côté comme pour regarder une enfant. Tu croyais que j’allais être plus tendre ? Par Merlin tu pensais que nous pourrions nous entendre… être amis ? »

 

Le jeune homme explosa de rire face à une Lily totalement démunie. Avait-elle véritablement pensé un truc pareil ? Dire non serait mentir, dire oui serait une exagération. Elle avait tout simplement cru au fond d’elle-même que les choses seraient peut-être différentes.

 

« Écoute Potter, je te laisse les vacances (celles-ci commençaient demain) pour réfléchir à ta stratégie. Dans deux semaines lorsque tu reviendras, je veux que tu saches quoi faire.

— C’est impossible, bredouilla-t-elle.

— Tu n’as pas le choix, c’est ça ou tu profites des vacances pour faire tes adieux et rédiger un testament.

Lily, outrée, le fusilla du regard. Comment un adolescent pouvait être aussi méchant, aussi terrible ?

— Ce n’est pas un jeu, Malefoy. Si je meurs…

— Potter, si tu meurs je serais vraiment déçu.

— DÉÇU ?? On parle d’une vie, par Merlin, et non pas d’un prix de tombola ! Es-tu stupide ou simplement inconscient ? s’écria-t-elle en avançant vers lui. Putain, ça t’apporte quoi de faire ça ? Quel est le but ? Que gagnes-tu à faire ça ?

Malefoy continua de la contempler, muet.

— C’est ça oui, ignore-moi. T’es pathétique !

 

Malefoy, ne voulant pas spécialement devenir violent, respira profondément afin de calmer son égo. Énorme égo par ailleurs, qui commençait à s’emballer sous les insultes de la rousse. Pourquoi faisait-elle toujours ça ? Chaque rencontre entre eux suivait le même schéma : insultes, Malefoy mène, Lily s’incline puis se révolte, violence, coups bas, larmes. C’était tellement lassant. Faisant la sourde oreille, il la laissa continuer sa diatribe venimeuse tout en récupérant son sac et en quittant la salle de potion un sourire aux lèvres. Potter devait être folle de rage et lui, il avait gagné.

 

***

 

C’était la folie dans le dortoir des filles de Gryffondor : Gil courrait partout à la recherche de sa baguette égarée quelque part sous une pile de vêtements, Mary (toujours très rationnelle) faisait et défaisait sa valise ne sachant quoi emporter avec elle (pulls légers ? Mais s’il fait froid ? Pulls chauds ? Mais s’il fait beau ?). Dans tout ça, Lily lançait rageusement ses vêtements dans sa grosse valise « L.L.P » tout en grommelant des insultes à l’encontre d’un petit prétentieux de Serpentard.

 

Cet horrible troll avait osé quitté la salle alors qu’elle l’incendiait, l’insultait, lui hurlait dessus ! Argh, si seulement elle avait cédé à l’envie de lui sauter dessus et de l’étrangler, d’une pierre deux coups elle aurait été libérée, et du serment, et de son horrible visage parfait.

Le Serment… Cette idiotie prenait un tournant désobligeant qui la rendait dingue ! Faire exploser la salle de cours avait été un défi presque amusant à relever (avec du recul), l’adrénaline et le danger lui avait procuré in fine une sensation délectable. Maintenant, elle pouvait se coucher le soir en sachant qu’elle avait dépassé ses limites. Or, cela lui avait coûté son intégrité comme le disait Malefoy : son amour de l’ordre, de la loi, son côté « petite fille sage »… Mais ce 2e vœu… Lily n’en revenait toujours pas, pourtant, elle avait tourné la question dans tous les sens : impossible de berner la marque ! Elle ne pouvait pas prévenir Hugo, ne pouvait pas changer le vœu une fois énoncé. Même ses recherches de la veille à la bibliothèque après sa rencontre avec Malefoy lui avaient appris que Malefoy lui-même ne pouvait revenir sur ses paroles. Autant dire qu’elle était véritablement coincée.

 

Mais blesser Hugo… S’il existait bien un être sur cette terre qu’elle( chérissait plus que tout, c’était bien le jeune garçon aux cheveux roux. Ils avaient grandi ensemble, joué ensemble. Du même âge, enfants ils se ressemblaient comme deux gouttes d’eaux si bien qu’on avait souvent cru qu’ils étaient jumeaux. Hugo était une part d’elle comme elle était une part de lui. Le blesser revenait à commettre un presque suicide, ne pas le faire était suicidaire…

 

Lily n’avait tout simplement pas le choix, c’était aussi simple que ça. Tout ce qu’elle pouvait espérer au fond d’elle, c’était qu’Hugo trouve un jour la force et le courage de lui pardonner. Le chemin serait long, Lily devait le blesser, ce n’était pas rien, mais elle espérait vraiment que le temps arrangerait les choses.

 

« Lily, tu peux me prêter ton haut bleu, s’il te plaît ? demanda Mary en faisant la moue.

— Oui, vas-y, prends-le, il est sur l’étagère du haut. »

 

Mary se leva pour attraper le haut en question et vint s’asseoir aux côtés de Lily en la prenant dans ses bras. La petite blonde n’était pas sotte, elle voyait bien que sa meilleure amie était mal en point, ce qui lui faisait mal au cœur. Jamais en six ans elle n’avait vu l’adolescente dans un tel état de confusion et de réflexion…

 

« Malefoy ou Aaron ?

— Malefoy, soupira Lily. Il va me rendre folle je t’assure.

— Ça devient de l’acharnement Lily, jamais en sept années à Poudlard il n’a été autant sur ton dos.

— Tu m’étonnes.

— Non mais Lily, c’est tous les jours, quasiment : il t’attire des retenues, il te blesse (celle-ci faisait référence aux ecchymoses de la rousse sur ses poignets), il te met dans de ces états…

— Je sais, mais je n’arrive pas à m’en débarrasser, soupira-t-elle.

Décidément, Malefoy était un peu une mauvaise herbe : l’arracher ne servait à rien. Ou bien une hydre : lui couper la tête était inutile, dix en repoussaient.

— Lily, tu es pas plutôt sûre que tu ne veux pas t’en débarrasser ? la questionna doucement Mary pour ne pas déclencher la fureur de son amie.

— Qu’est-ce que tu veux dire ? s’empressa-t-elle de répondre en rougissant violemment.

— Eh bien, avant toutes ces histoires tu étais souvent la tête dans les étoiles et parfois plutôt triste. Bon, maintenant tu es très souvent en colère, mais tu sembles aussi plus… animée, je dirais. Alors je me demandais si…

— Si quoi ? Lily se dégagea des bras de Mary en fronçant les sourcils. Mary tu penses sérieusement que je recherche sa compagnie ?

— Non non, je n’ai pas dit ça Lily, il faudrait être fou pour que tu veuilles une chose pareille ! Je dis simplement que peut-être, dans une certaine mesure, tu apprécies l’attention qu’il te porte.

— Écoute Mary, je ne l’apprécie pas, ni lui ni sa compagnie. Et puis je n’ai pas envie d’en parler, il me rend dingue, et je ne voudrais pas m’énerver contre toi. (Lily ferma sa valise et se leva.) Je vais descendre tout ça, on se rejoint dans le Poudlard Express.

 

Enfilant sa cape, Lily tira l’énorme malle de toutes ses forces jusqu’à la porte du dortoir, adressa un petit sourire à ses amies et parti en direction de la salle commune. Elle ne voulait pas parler de Malefoy. Elle ne voulait pas entendre qu’elle puisse l’apprécier, surtout après ce qu’il lui avait demandé de faire. Lily détestait Malefoy, rien n’avait changé.

Dans le dortoir, Gil et Mary se regardèrent, surprises de la réaction de Lily ; c’était très rare que celle-ci ne se confie pas à elles. Enfin, « rare » disons que c’était de plus en plus récurrent…

 

« Qu’est-ce qu’elle a ces derniers temps ?

— Je ne sais pas, dit Mary en haussant les épaules, mais je pense que Lily nous cache quelque chose. J’espère juste que ce n’est pas un truc trop grave… »

 

***

 

Revoir tout le monde avait été plutôt étrange pour Lily, bien qu’elle n’avait quitté ses parents et ses frères que depuis un mois. Il lui semblait être terriblement oppressée dans leur grande maison familiale. James, l’aîné, faisait partie d’une grande équipe de Quidditch et avait trouvé dans son emploi du temps une petite semaine à leur consacrer. Selon lui, la famille était sacrée. Pour la première fois, il avait ramené à la maison une jeune fille dont Lily apprit qu’ils allaient certainement se fiancer. Clara, une très belle française, était adorable avec l’adolescente : toujours souriante, elle l’écoutait lui parler de Poudlard et de l’Écosse, avant d’échanger à son tour au sujet de Paris, de Beauxbâtons et des habitudes françaises. Lily l’appréciait.

 

Albus, âgé d’un an seulement de plus que Lily, était actuellement en poste au Ministère de la Magie, croulant sous la paperasse et privé de vacances. Il n’arrêtait pas de faire des allers-retours pour dîner avec tout le monde et dormir dans son petit appartement du Chemin de Traverse. Lily et son frère n’avait pratiquement rien en commun, ses discussions traitaient toujours de l’économie magique, de notes de services et de projets de lois. Rien de très excitant pour une fille de dix-sept ans.

 

Quant à ses parents, Harry et Ginny Potter n’avaient pas changé et ne changeraient certainement jamais, pensait Lily. Ces sept dernières années, libérés de la marmaille les avaient profondément rapprochés ; à tel point que parfois Lily avait l’impression de faire face à des adolescents de dix-sept ans et d’avoir déjà atteint l’âge de raison. Harry, directeur du bureau des Aurors rentrait tôt tous les soirs afin de retrouver sa femme. Ils cuisinaient ensemble en riant, laissant parfois brûler la nourriture pour danser amoureusement sur une musique que diffusait la radio. Tous les vendredi soirs, ils mangeaient avec son oncle Ron et sa tante Hermione et tous les dimanches avec les grands-parents Weasley. Leur vie était bien rodée, c’était beau à voir.

 

Toutefois, le soir, lorsqu’arrivait le repas, Lily se sentait terriblement seule sur sa chaise à regarder son assiette fumante. James et Clara gloussaient dans leur coin, Harry et Ginny parlaient finance avec Albus. Lily regardait, hochait la tête parfois, osait de temps à autre demander du sel ou du poivre. Toute la famille était heureuse et Lily était seule. C’est en cela que l’arrivée d’Hugo trois jours plus tard lui réchauffa le cœur. Avec lui, tout était plus beau, tout était plus simple. Les repas de famille devenaient agréables lorsque le rouquin s’amusait à imiter Lily ronfler en cours d’Histoire de la Magie ou encore à mimer sa profonde concentration d’avant match.

 

« Je vous jure, elle est là à regarder Dean les yeux plissés ! Bon après je vous avouerai que j’ignore encore si c’est pour écouter ses conseils de capitaine ou pour réfléchir à un plan pour prendre sa place ! rigola Hugo en buvant un peu de jus de citrouille sous les rires des Potter.

— C’est bien ma sœur, ça ! Dit à son tour James en posant son bras sur l’épaule de Lily pour la serrer contre son gré. Prête à tout pour le Quidditch !

— Oui, enfin j’espère qu’elle choisira une autre voie, soupira Albus, si tu veux je peux te proposer un job au Ministère après tes ASPICs.

Leur mère enthousiaste applaudi de bonheur. Si Ginny avait été une grande joueuse, elle ne désirait pas véritablement que sa fille suive ses pas : déjà morte d’inquiétude pour James à chaque match, elle ne voulait pas voir son bébé se blesser.

— Oh, c’est merveilleux ! Lily, tu adores la politique !

— Je ne sais pas encore ce que je veux faire, confia la concernée en haussant les épaules, j’ai encore plusieurs mois pour décider.

Enfin, se dit-elle, si elle ne mourait pas avant…

— Tu sais, le temps passe très vite en 7e année ! Mais tu vas voir, tu vas vivre les meilleurs moments de ta vie !

— Bah merci, gloussa Clara en donnant un coup dans les côtes de James.

— Oui enfin, se rattrapa le jeune homme, jusqu’à ce que tu rencontres LA personne.

— Lily a encore le temps, James, grogna leur père, les copains c’est pas avant trente ans on a dit !

— Alors vous n’êtes pas au courant pour Aaron ?! »

 

La déclaration d’Hugo fit pâlir tous les garçons de la table sous les regards humides de larmes de Ginny et Clara. S’ensuivit bien entendu des centaines et des centaines de questions au sujet de ce fameux Aaron Hodkings que Lily voyait à Poudlard. Enfoncée par un Hugo hilare qui s’amusait à raconter qu’ils étaient en couple, Lily tentait d’esquiver les questions gênantes de ses frères et les mises en garde de son père. La soirée s’acheva sur un débat autour du Quidditch – sujet lancé in extremis par Lily – où tout le monde cherchait à savoir qui allait cette année remporter la Coupe du Monde.

 

 

Un soir, mollement allongé sur un matelas à côté du lit de Lily, Hugo regardait le plafond de la jeune fille où ils avaient collé des centaines d’étoiles phosphorescentes lorsqu’ils avaient 9 ans. Dans la nuit, le rendu était spectaculaire et permettait aux deux cousins de se détendre en s’imaginant ailleurs.

 

« J’ai embrassé Drew, déclara Hugo d’un coup.

Dans son lit, Lily se tourna vers lui en esquissant un petit sourire.

— Alors ? Tu es vraiment amoureux ? Qu’est-ce que tu as ressenti ?

— C’était… c’était magique. Hugo se tourna vers elle en souriant tendrement à ce merveilleux souvenir. C’était pile avant de partir de Poudlard il y a une semaine, il m’a pris la main et m’a emmené dans un endroit reculé du parc. J’étais super gêné tu vois parce que l’on a beau passer du temps ensemble et tout, j’étais pas sûr qu’il ressentait la même chose pour moi… Mais il s’est arrêté et m’a dit que j’allais lui manquer, qu’il m’écrirait mais qu’avant ça il voulait m’embrasser.

— Oh là là, c’est trop romantique !

— Mais oui ! Et moi j’étais paralysé tu sais, je ne savais pas quoi faire du tout, j’étais terrifié à l’idée qu’on nous voie mais, il a posé ses mains sur mes joues et il m’a embrassé tout doucement. Par Merlin Lily j’ignore si tu as déjà ressenti ça avec Dean, puisqu’avec Aaron c’est mal barré, mais j’ai cru que mon cœur allait exploser, c’était limite si j’étais pas au bord de l’évanouissement, pour te dire ! C’était incroyable. Je l’ai aussi embrassé et après, après on s’est mis à rire comme deux idiots.

— C’est merveilleux Hugo, je suis tellement heureuse pour toi !

 

Le visage épanouit du jeune homme se ferma soudainement, ce qui surprit beaucoup sa cousine.

 

— Qu’est-ce qu’il y a, Hugo ? Tu n’es pas heureux ?

— Si si, je suis heureux, enfin, je suis amoureux de Drew quoi mais, après le baiser nous avons eu une discussion. (Il fit une courte pause pour se souvenir de tous les détails.) Drew aimerait que ça reste caché et moi aussi tu vois mais, je me suis vraiment senti blessé quand il me l’a dit.

— Mais pourquoi vous ne voulez pas que ça se sache ?

— Lily, je suis vraiment pas prêt à affronter le regard des autres et je crois qu’il pense pareil que moi…

— Mais Hugo, regarde Andrew et Cameron de Serdaigle !

— Oui bah justement, enchaîna Hugo, maintenant tout le monde accepte leur couple mais avant, quand ils ont rendu ça public, tout le monde s’est détourné d’eux, ils étaient des parias. Les Serpentard ont brûlé les affaires de Cameron !

— Hugo, c’était il y a deux ans, les choses ont changé. Les élèves de notre promo sont bien plus respectueux et tolérants. Et puis franchement, qu’est-ce qu’ils en ont à faire si vous vous aimez ? Ça me révulse que l’on puisse juger de la sexualité d’une personne ! Enfin je ne sais pas, merde, c’est pas une maladie, c’est de l’amour ! Il n’y a pas plus beau !

— Lily, c’est ton avis, mais ce n’est pas ce que je constate au quotidien. On vit dans une société où un pas efféminé ou un goût considéré comme n’étant pas ultra viril est moqué, jugé et condamné.

— Je refuse d’y croire.

— C’est pourtant vrai et Drew voit les choses de la même façon que moi.

 

Lily regarda le visage triste de son cousin. Au clair de la lune, unique source de lumière au sein de la chambre, elle vit sur sa peau couler quelques larmes silencieuses. Cette unique vision lui brisa le cœur en mille morceaux. Sortant de sous sa couette, elle alla rejoindre le roux pour le serrer dans ses bras.

 

— Je… Je n’arrive pas à comprendre ce que je ressens, murmura-t-il, son visage enfouit dans le cou de la jeune fille. C’est comme si je m’en voulais d’être heureux Lily, et ça fait tellement mal.

— Je serai toujours là pour toi, lui dit-elle tout bas en pleurant silencieusement aussi. Je…

— Je le sais et j’ignore ce que je ferais sans toi.

— Si tu veux affronter le regard des autres et être ouvertement heureux avec Drew je serai là, Hugo, le premier à vous regarder mal je lui donnerais la leçon de sa vie ! Tu n’auras jamais à faire face à ça tout seul, je te le jure.

— Je ne peux pas Lily, même si j’en meurs d’envie je ne peux pas… et puis si mes parents l’apprenaient… gémit-il en pleurant d’autant plus.

— Tes parents sont des gens fantastiques Hugo, ils te soutiendront avec tout l’amour du monde. Nous sommes une famille, et quelle famille, dit-elle pour le faire sourire. Tu as toute la communauté Potter-Weasley pour te soutenir, t’aimer, te rendre heureux et être fier de toi !

— Merci, merci… » répétait-il encore et encore jusqu’à ce qu’il s’endorme.

 

Une fois seule, bercée par les respirations d’Hugo près d’elle, Lily se sentit plus mal que jamais. Les larmes continuaient de couler sur ses joues alors qu’elle comprenait enfin ce qui pourrait la sauver.

Il ne lui pardonnerait jamais.

Bouleversée, l’estomac noué, torturée par une douleur aiguë et invisible, Lily se détacha d’Hugo pour courir vomir tout ce qu’elle avait dans l’estomac. Malefoy allait faire d’elle un véritable monstre aux yeux de tous. Sa famille allait la haïr. Hugo ne voudrait plus jamais ne serait-ce que la regarder. Écroulée sur le sol en carrelage de la salle de bain, la porte s’ouvrit doucement pour laisser entrer Ginny Potter, angoissée comme tout. S’agenouillant près de sa fille, elle l’a pris dans ses bras pour la bercer doucement, lui chuchotant des « ça va aller, ne t’inquiète pas, je suis là ». Le corps secoué par de longs sanglots, Lily s’accrochait à sa mère comme une petite fille.

 

« Tout va bien ma chérie, je suis là…

— Oh maman…

— Qu’est-ce qu’il y a Lily, tu me fais peur ma chérie, lui dit-elle tendrement.

— Je suis horrible maman, je suis horrible…

Consolée par sa mère, Lily n’arrivait pas à s’arrêter de pleurer. Si seulement elle pouvait lui raconter, tout lui dire… Le poids du secret était terrible pour la jeune fille, ce qu’elle s’apprêtait à faire l’était d’autant plus. Serment ou non, Malefoy allait la tuer.

— Dis-moi tout mon ange, tu sais bien que je suis là pour toi. Qu’importe ce que tu dois vivre, nous sommes là pour t’épauler, ma chérie.

— Je ne peux pas te le dire maman… dit-elle désemparée.

— Bien sûr que si ma chérie, je peux tout entendre tu sais. C’est un garçon ? C’est à cause de cet Aaron, s’il t’a fait du mal… commença Ginny.

— Non maman ce n’est pas ça du tout je t’assure. C’est juste que… Oh maman j’ai…

— Respire Lily, respire tout va bien…

 

La voix rassurant de Ginny calma quelque peu Lily. Les larmes coulaient moins sur ses joues. Dans son dos, la porte s’ouvrit et la tête de son père se dessina dans la lumière de la salle de bain.

 

« Tout va bien ici ?

— Oui oui, va te coucher Harry, je reste avec Lily. Ne t’inquiète pas. »

 

Mais Harry était fou d’inquiétude de voir sa femme étreindre leur fille à même le carrelage. Impuissant, il hocha la tête et disparu en fermant la porte derrière lui.

 

« Maman, on m’oblige à faire quelque chose je ne veux pas mais… je n’ai pas le choix, je ne peux pas refuser… commença Lily mais aussitôt, comme alertée, la marque commença à la brûler intensément. Les filaments dorés se mirent à vibrer et se resserrer dangereusement ce qui fit gémir Lily de douleur.

Le Serment lui rappelait qu’elle avait juré de se taire.

— Tu me fais peur ma chérie, pourquoi quelqu’un te forcerait à faire quelque chose ? Chérie, si c’est un élève tu dois le dénoncer. Si tu refuses, alors ne le fais pas…

— Mais maman je ne peux pas, tenta d’articuler la rousse sous les effets de la douleur. Si je… par Merlin… si je refuse…

— Si tu refuses quoi Lily ?

— Je… je ne peux pas te le dire… abandonna-t-elle sous la pression que lui infligeait les brûlures de la marque. Maman il va falloir que tu me fasses confiance, lui dit-elle en la regardant dans les yeux.

Jamais Ginny Potter n’avait vu un regard si désespéré. Tiraillée entre l’envie de cuisiner sa fille pour l’aider et celle de la laisser gérer, elle resta silencieuse.

— Maman je t’en prie, jure-moi simplement que, quoi que je fasse, tu m’aimeras toujours. Jure-le-moi maman.

— Bien évidemment ma chérie, bien évidemment, mais j’ai besoin de savoir, tu vas tuer quelqu’un ?

— Non, bien sûr que non, maman.

— Alors nous t’aimerons tous toujours. Nous sommes ta famille, nous t’aimerons toujours Lily… »

 

 

Toujours, c’est très long pensa la jeune adolescente une fois que sa mère fut partie. C’est même très très long…

 

***

 

La fin des vacances arriva bien plus vite que prévu et toute la dernière semaine, Lily avait évité Hugo autant que possible. La sensation de malaise qui se déclenchait en elle lorsqu’elle approchait de lui l’avait tenue à bonne distance de son cousin. La veille de partir, Lily avait par ailleurs reçu chez elle un hibou malheureusement familier accompagné d’une lettre incendiaire signée SM. Le blond hurlait à l’écrit sur Lily dans l’espoir de comprendre pourquoi dans la nuit de mardi à mercredi vers 2h54 du matin la marque du serment l’avait réveillé tant elle brûlait. Il continuait en espérant que cela lui servirait de leçon la prochaine fois qu’elle risquait de dévoiler leur secret. Indifférente, Lily l’avait jeté au feu de la cheminée sous le regard intrigué de James.

 

Après des au revoir chaleureux avec sa famille, Lily s’installa dans un compartiment du Poudlard Express en compagnie de Mary et Gil, lesquelles discutaient de leurs vacances en Égypte pour l’une et en France pour l’autre. Lily, quant à elle, leur grommela qu’elle n’avait rien fait de spécial avant de se plonger dans un livre lambda histoire d’éviter les questions de ses amies. Après une heure environ de trajet, une première année toqua à la porte du compartiment des trois filles et demanda sous le regard méfiant de Gil et Mary à ce que Lily la suive.

 

« Pourquoi ? demanda la rousse une fois seules.

— Un garçon m’a demandé de t’emmener dans un compartiment, si je ne le fais pas il raconte à tout le monde que j’ai triché au cours de Moore…

Lily leva les yeux au ciel et suivit la gamine à travers les wagons jusqu’à atteindre le compartiment en question. Sans attendre son reste, la fillette disparut, la laissant seule avec… Malefoy.

— J’aurais dû me douter qu’un truc aussi tordu ne pouvait venir que de toi, soupira Lily en se laissant tomber sur la banquette.

— Tes vacances t’ont fatiguée, Potter ?

— Qu’est-ce que tu veux ? demanda-t-elle en ignorant sa remarque.

— Comprendre avant tout. Tu n’as pas répondu à mon hibou.

— Difficile de répondre, tu étais si… gentil.

— L’ironie te va mal. Tu as voulu divulguer notre secret ?

— Implicitement seulement.

— C’était stupide.

— J’aurais essayé au moins.

— Le sortilège du serment inviolable est très puissant Potter, tu ne peux pas le contourner. Ni toi ni personne.

— J’ai compris.

Songeur, Malefoy s’enfonça dans la banquette grisâtre en regardant Lily, avant d’ouvrir la bouche pour répondre. Toutefois, agacée de perdre son temps, la rousse le devança :

— Maintenant que tu sais, je peux y aller ?

— Tu as trouvé comment réaliser le deuxième vœu ?

— Oui, tu me prends pour qui ?

— Quelle agressivité… quand je pense que je songeais à perte plus miséricordieux avec toi.

— Ah oui ? Prends-moi pour une idiote, oui. T’aimes bien trop faire du mal aux gens et à moi en particulier pour être « agréable ». D’ailleurs cet échange me donne tout simplement la nausée. Je préfère de loin quand on s’insulte.

— Décidément tu es pleine de surprise, Potter. Avant les vacances, tu étais plus disposée à m’accorder le bénéfice du doute…

— C’était avant que tu me demandes de faire du mal à mon cousin. Avant que tu m’attires aussi loin dans tes névroses, Malefoy ! Ce que tu m’obliges à faire… Des larmes commençaient déjà à perler au coin de ses yeux. T’as gagné tu vois, je ne l’ai pas encore fait et je me dégoûte déjà.

— Je ne peux pas enlever ce que j’ai dit.

— Quand bien même, pourquoi est-ce que tu le ferais ? Et puis pourquoi t’es aussi… aussi peu toi-même, par Merlin ?

 

Scorpius haussa les épaules. Il n’en savait rien. Peut-être qu’au fond, il avait pitié d’elle…

— Très bien, finit-il par décréter, ce n’était pas ce qui était prévu mais si tu insistes pour que je reste le grand méchant de l’histoire, si ça te console de faire de moi l’ultime responsable de ce que tu comptes faire : je veux que tu le fasses ce soir.

— Pardon ? s’étrangla Lily, son cœur venait de rater un battement.

— Tu m’as compris. Ce soir, tu réalises le vœu.

Scorpius Malefoy se leva de la banquette, sa démarche princière porta sa perfection diabolique en direction de la porte.

— C’est non négociable et à ta place, je commencerais à m’énerver contre ton cousin, la colère ça aide beaucoup à blesser les gens qu’on aime…

 

 

Et il sortit.

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