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Défaut d'envois des mails


Les hiboux se sont perdus !

Vous avez dû remarquer que les notifications (de nouveaux chapitres, de nouvelles reviews et autres) n'arrivaient plus dans votre boite email ! Effectivement, les hiboux sont en grève pour quelques temps. Notre équipe technique est sur le coup pour corriger le problème aussi vite que possible. Merci de votre compréhension !


Jim Kay pour Bloomsbury Publishing


De Le CA et l'équipe technique le 26/09/2022 17:05


Maintenance des sites


Bonjour à toutes et tous !


Pour nous prévenir un peu plus contre les bots, le serveur a besoin d'un petit redémarrage ! Le reboot traditionnel de 10h ce dimanche 25 septembre durera un petit peu plus longtemps, et au maximum une dizaine de minutes.



Merci de votre compréhension !


De Le CA et l'équipe technique le 23/09/2022 19:03


Ajout de nouveaux personnages !


Bonjour à tous et à toutes,


Les modératrices d'HPFanfiction ont le plaisir de vous annoncer que la liste de personnages a été complétée de A à Z ! La majorité des personnages de la saga sont maintenant à votre disposition pour les ajouter à vos résumés. Les personnages des Animaux Fantastiques et de L'enfant maudit ont également été étoffés. Si des personnages viennent à manquer, vous avez toujours la possibilité d'utiliser "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques" ou "Personnage de Crossover".

Pour rappel, il existe un "Personnage original (OC)" pour catégoriser vos fics mettant en scène un de vos OCs. Pour les recueils de textes mettant en scène de multiples personnages, nous vous conseillons de les ranger dans "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques". Enfin, certains groupes ont fait leur apparition, à savoir les Gryffondor/Poufsouffle/Serdaigle/Serpentard pour vos recueils sur les maisons ou les rivalités entre elles !

Attention ! Certains noms ont été modifiés : les personnages féminins mariés ont repris leur nom de jeune fille, pour ceux connus (ex : Bellatrix Lestrange est devenue Bellatrix Black, Molly Weasley est devenue Molly Prewett, etc...).

Nous vous encourageons à reclasser vos fanfictions en fonction des nouveaux ajouts, afin qu'elles trouvent plus facilement leur public. ;)

De L'équipe de modération le 17/09/2022 16:37


Sélections du mois


Le Jury des Aspics vous invite à lire sur les plus belles, les plus fortes, les plus merveilleuses Sorcières de la saga pour la rentrée de septembre avec la Sélection Femslash ! Vous avez jusqu'au 30 septembre pour lire les 11 textes proposés par les membres et voter par ici.

Et au mois d'octobre, jouez les Indiana Jones et partez à l’Aventure ! Il vous reste 15 jours pour proposer vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.

Si les thèmes ne vous plaisent pas, souvenez-vous qu’il reste la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos jours, vos nuits et votre année 2023 ! Jusqu'en décembre, venez découvrir 12 magnifiques univers ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De Equipe des Podiums le 14/09/2022 23:00


30ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 30e édition des Nuits Insolites se déroulera le samedi 24 septembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 10/09/2022 10:05


Concours d'écriture


Ici la voix...

La voix vous propose un concours Secret Story, pensé pour les membres les plus anciens du site comme ses plus récents utilisateurs ! Idéal pour apprendre à connaître de nouvelles personnes et découvrir la communauté HPFienne, autrices comme lectrices y sont les bienvenues ! La voix vous explique son projet plus en détails ici !
Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 28 septembre !




De La Voix le 05/09/2022 23:30


Do you wanna be a rockstar? par Melody

[7 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Cet OS consitue un missing moment de ma fanfiction principale : Tout au bord du monde. Il n'est pas nécessaire de la lire pour comprendre de quoi il retourne ici mais si vous voulez en savoir plus sur la relation Rachel Davis/James Potter vous savez où aller. Les autres missing moment autour de ce couple seront regroupés dans la série Sauf Eux et classés par ordre chronologique vis à vis de l'histoire. 


Si vous vous demandez pourquoi j'ai donné ce titre à cet OS, ce qu'il faut retenir c'est que je suis une imbécile qui adore les défi. 

Note de chapitre:

Merci à Pattenrond7, mariye et claravictoria pour leur super correction et leurs conseils ! 

Bonne lecture ! :)

C’était le premier jour des vacances d’été, et pour l’occasion, Rose Weasley était allée chez son cousin et meilleur ami Albus Potter. Une heure après qu’ils se soient retrouvés, Rachel Davis, qui complétait le trio d’amis, s’était jointe à eux.

 

Les jeunes gens auraient dû être particulièrement heureux de se retrouver ensemble. Il faisait beau, ils étaient en vacances et ils étaient tous en bonne santé. Pourtant, dans la chambre du Gryffondor, l’ambiance était plutôt morose. En effet, Rachel faisait face à une crise de taille : l’amour.

 

—  Quelle idée quand même, de tomber amoureuse de mon frère… marmonna Albus.

—  Qui est amoureuse de moi ?

 

Les trois adolescents se retournèrent vers la porte de la chambre, horrifiés et bouches bées. James Potter, le frère d’Albus, se tenait dans l’encadrement, en train de manger un énorme sandwich. Une lueur curieuse allumait son regard. Le jeune homme se gratta l’arrière de la nuque.

 

—  J’étais venu dire à Rose que j’avais été sélectionné par l’équipe de Flaquemare…

 

James sembla se rendre compte que sa présence avait lancé un blanc. Pourquoi est-ce qu’ils le dévisageaient tous comme ça ? Puis, il se rendit compte que Rachel se pinçait les lèvres et se cachait derrière sa masse blonde, l’air perdu dans la contemplation de ses ongles.

 

Ce fut quand il vit que Rose et Albus couvait la blonde du regard, qu’il réalisa qu’il y avait un réel problème.

 

—  Qu’est-ce que j’ai encore dit qu’il fallait pas ? Pourquoi Rose ne se réjouit pas pour moi ? lança le jeune homme, l’air un peu perdu. Et pourquoi est-ce que Davis se planque comme ça ?

 

Rose lança une œillade furibonde à son cousin et ce dernier recula d’un pas, comme physiquement agressé.

 

—  Je crois que je vais rentrer, déclara Rachel, la gorge nouée.

—  D’accord, fit Albus, tentant de masquer sa déception.

—  Je suis désolée, ajouta Rachel.

—  Y’a pas de problème, dit Albus.

— Bien sûr que si, y’a un problème. Même qu’il s’appelle James Potter, contra Rose, toujours en train d’assassiner du regard l’interréssé.

 

Ce dernier fronça les sourcils et croisa les bras.

 

—  Non mais c’est le monde à l’envers là ! s’exclama James. J’arrive avec une super nouvelle et vous faites tous des tronches d’enterrement ! Franchement, j’apprécie. Merci beaucoup. Puis, vous auriez au moins pu avoir l’obligeance de me dire qui est amoureuse de moi ! Je suis quand même un minimum concerné, merde !

 

Mais personne ne fit attention à sa tirade indignée.

 

—  Tu as raison Albus, c’est vraiment une idée de merde, dit Rachel au brun en fuyant les prunelles de James.

—  Hé, rappelle-toi du couplet “je maîtrise pas mes sentiments”, Davis, opposa Rose.

 

Rachel haussa les épaules, l’air malheureux. Elle s’empara de son sac et s’apprêtait à quitter la chambre d’Albus, quand elle constata que James était toujours dans l’encadrement de la porte. Sa haute stature ne permettait pas à la jeune fille de s’échapper.

 

—  Tu es dans le passage Potter, fit Rachel, les yeux sur ses chaussures.

—  Pourquoi tu te casses ? dit James, faisant fi de la remarque de la blonde.

—  Je viens de le dire. Et tu es dans le passage.

—  Je sens que tu as un problème avec moi, Davis. Alors dis-moi ce que c’est maintenant qu’on en finisse. Je n’ai vraiment pas envie de te courir après pour que tu t’expliques encore une fois. Nous ne sommes pas à Poudlard là.

 

Rachel lâcha un énorme soupir, comme pour se donner du courage avant d’affronter le grand brun. Puis, quand ce fut fait, elle releva la tête et plongea enfin ses prunelles dorées dans celles de l’élu de son cœur. Elle serra les poings, comme pour maîtriser les tremblements de son corps et les frissons qu’elle avait toujours en présence de James et auxquels elle n’échappait pas non plus en cet instant.

 

—  Je n’ai pas de problème avec toi, James.

 

Le jeune homme sursauta quand elle prononça son prénom, mais elle n’y prêta pas attention.

 

—  Tu es le problème. Je suis amoureuse de toi. Et tu n’as pas idée à quel point c’est difficile. Tu es un abruti. Tu ne comprends jamais mes sous-entendus. Tu fais partie de cette équipe de merde, coachée par cette affreuse connasse. Je vais devoir passer neuf mois au château sans toi. Et Poudlard sans toi, je ne l’envisage pas. Ça va être horrible. Je sais que tu vas me manquer à chaque moment, je sais que l’affreux et autoritaire capitaine que tu es va me manquer. Que tes farces à la con vont me manquer. Que tes réparties et la façon dont tu me regardes quand j’oublie de porter ma cravate vont me manquer. Alors je pourrais me dire, “c’est génial, ça va être plus facile de l’oublier”, mais pas du tout. Parce que tu es le frère de mon meilleur ami et ça, ça veut dire que je vais devoir endurer ta présence et celle de la pouffiasse que tu ramèneras à chacune de ses fêtes, chacun de ses anniversaires. Tu comprends ? Je ne peux juste pas m’en échapper. Maintenant, écarte-toi de ce putain de passage et laisse-moi aller pleurer en paix chez moi !

 

Rachel avait prononcé cette dernière phrase d’un ton particulièrement dur qui semblait avoir complètement abattu James. Le jeune homme déglutit et s’écarta. Rachel en profita pour s’échapper. Abasourdi, mon cousin était à court de mots. Il sembla se réveiller lorsqu’il entendit la porte d’entrée de la maison claquer violemment, signe que la jeune fille venait définitivement de quitter les lieux.

 

—  Davis est amoureuse de moi ? fit-il, sous le choc, en dévisageant sa cousine et son frère.

 

Ceux-ci hochèrent la tête. Ils tiraient une tête de six pieds de longs.

 

—  C’était super gênant, commenta Albus.

—  Je ne me sens pas très bien, dit James.

 

Le sandwich qu’il dévorait quelques instants auparavant tomba au sol et le jeune homme se couvrit la bouche avant de se précipiter vers les toilettes au fond du couloir.

 

—  Ok, alors ça, c’était super gênant, dit Rose, l’air écœuré.

—  Ah, il est ému, répondit Albus qui s’en allait récupérer le sandwich au sol pour le mettre à la poubelle.       

—  Oh ta gueule, fit James, qui revenait.

 

Son teint était toujours un peu verdâtre, mais il donnait l'impression de s’être remis de ses émotions.

 

—  Je vais essayer de trouver Rachel pour voir comment elle va, annonça Rose qui se relevait.

—  Non.

 

Tout le monde dévisagea James. Ses traits traduisaient l’ahurissement, comme s’il avait lui-même du mal à se rendre compte que c’était bel et bien lui qui venait de s’exprimer.

 

—  Je vais y aller, déclara-t-il, plus assuré.

—  Tu es certain ? s’inquiéta Rose.

—  Oui. T’inquiète. Je ne vais pas la bouffer.

—  James, je t’assure que si tu lui fais la moindre peine, je t’explose les genoux ? C’est clair ? menaça Albus.

 

Son frère fronça les sourcils.

 

—  Euh, ouais, d’accord.

—  Idem, prévint Rose.

— Ah, c’est incroyable la confiance que vous avez en moi ! s’indigna le jeune homme. Bon, j’y vais.

 

Il s'exécuta et dévala les escaliers.

 

—  Maman je sors ! hurla-t-il alors qu’il attrapait sa cape et une casquette.

—  Tu vas où ? s’enquit-elle en sortant de la cuisine, le journal sous le bras.

 

James était majeur et pouvait aller où bon lui semblait mais tant qu’il vivrait sous leur toit, il était prié d’en informer ses parents. Il se gratta le menton.

 

—  Merde, je suis con.

—  James ton langage… souffla Ginny Potter en roulant des yeux.  

—  Rose ! hurla James.

— James, s’il-te-plaît, ne fait pas ton fainéant et déplace-toi au lieu de hurler à travers toute…

—  Quoi ? beugla Rose en haut des escaliers.

 

Ginny Potter leva les bras en l’air, implorant Merlin.

 

—  Merlin qu’ai-je fais pour mériter une telle famille ?

—  Où est-ce que je dois aller ? demanda James à pleine voix.  

—  Essaye Fortarôme !

 

James se retourna vers sa mère.

 

—  T’as entendu ? Je vais chez Fortarôme. À plus !

 

Ginny haussa les sourcils.

 

—  Qu’est-ce que tu vas faire chez…

 

Mais James était déjà parti. Il transplana au Chaudron Baveur et enfonça une casquette sur ses cheveux en bataille, qui ressemblaient un peu trop à ceux de son père. Il traversa l’échoppe rapidement, et finalement, emprunta la principale entrée sur le Chemin de Traverse. Sans réfléchir, il parcourut la rue marchande, évitant les passants qui faisaient leur shopping.

 

Il n’avait pas de plans en tête, il n’avait rien prévu. Il ne s’attendait pas à la déclaration de Rachel un peu plus tôt. Il s’attendait encore moins à cette sensation bizarre qui l’avait pris aux tripes juste après. Comme si une nuée de papillons s’envolait dans sa poitrine et qu’une pierre tombait en même temps jusque ses orteils. Ce que la jeune fille lui avait jeté à la figure ne cessait de lui revenir au visage. Il ne comprenait pas comment il avait pu ne pas réaliser plus tôt. C’était comme si il avait passé sa vie dans les ténèbres et que quelqu’un venait soudain d’y allumer la lumière. Il était aveuglé. Il savait qu’il avait simplement besoin de s’habituer à toute cette clarté, mais il n’était pas non plus sûr d’en avoir très envie. L’obscurité lui apportait un certain confort. Avec elle, il n’avait pas l’impression de prendre des risques en permanence ni d'arpenter sur un fil tendu au-dessus du ciel.

 

James marchait d’un pas déterminé en direction de la glacerie de Florian Fortarôme, rassuré d’avoir un but vers lequel diriger ses pas. Pourtant, toute sa motivation retomba quand il arriva devant l’enseigne. Finalement, il aurait bien aimé que le trajet soit un peu plus long, cela lui aurait permis de réfléchir à ce qu’il allait dire à Rachel. Une pensée désagréable le traversa soudain fugacement : et si Rachel n’était pas là ? Après tout, Rose lui avait simplement dit « d’essayer ». Puis, même s’il trouvait Rachel, qu’est-ce qu’il allait bien pouvoir lui dire ? Il s’était souvent demandé comment il réagirait dans une telle situation, mais jamais vraiment sérieusement. Rien n’avait pu le préparer à la déclaration de la jeune fille.

 

Soudain, alors que les pieds de James étaient ancrés dans le sol pavé de l’allée marchande, un employé de la glacerie s’avança vers lui d’une démarche claudiquante.

 

—  Est-ce que tout va bien mon garçon ? demanda le vieux monsieur en posant une main amicale sur l’épaule du Gryffondor.

 

James cligna des yeux plusieurs fois, comme s’il cherchait à les remettre en face des trous.

 

—  Oui, excusez-moi, fit-il en se redonnant une contenance.

 

Il fronça les sourcils.

 

—  Dites, ajouta-t-il, vous n’auriez pas eu une cliente un peu plus tôt qui serait venue en pleurant et qui aurait dévalisé votre stock de glace au chocolat ?

 

Le vieux jaugea du regard le brun, le dévisageant de haut en bas.

 

—  Vous n’avez pas l’intention de faire une esclandre ?

—  Non, promit le jeune homme qui sentait son cœur s’emballer.

—  Elle est assise au fond, dit alors le monsieur.

—  Merci, répondit James, reconnaissant. Vous pourriez m’apporter la même glace s’il-vous-plaît ?

 

L’employé acquiesça et le poursuiveur se dirigea vers la table qu’on lui avait indiqué. Il reconnut bien rapidement la silhouette de Rachel. Le menton coincé dans sa main, elle mangeait nonchalamment sa glace, mais la façon dont elle reniflait ne mentait sur son véritable état d’esprit. Immédiatement, James se sentit coupable. Il poussa un gros soupir et se racla la gorge, pour attirer l’attention de Rachel qui ne l’avait toujours pas remarqué.

 

—  Est-ce que cette place est prise  ?

—  Qu’est-ce que tu fiches ici  ? s’exclama-t-elle en bondissant.

 

Elle n’avait pas l’air hostile, simplement surprise. Peut-être un peu mal à l’aise aussi.

 

—  Bah je suis venu te parler. Tu ne t’imaginais quand même pas que tu pouvais me balancer une bombe pareille au visage et te casser sans qu’on en discute…?

 

Son ton n’était pas accusateur, il constatait simplement. Rachel se demanda depuis quand James était celui qui venait s’asseoir avec elle pour avoir une discussion civilisée. Elle enfonça son visage entre ses mains, embarrassée.

 

—  Je suis désolée. Je ne sais pas ce qui m’a pris, j’étais à cran et t’étais là avec ta tête de conquérant…

 

James décida de ne pas attendre l’autorisation de la blonde et s’installa sur la chaise en face de la jeune fille.

 

—  J’ai une tête de conquérant ? s’enquit-il avec un sourire charmeur.

 

Chassez le naturel et il revient au galop. James ne pouvait pas s’empêcher de faire le pitre quand Rachel était dans les parages. Comment aurait-il pu soutenir son regard autrement ?

 

—  Est-ce que tu as écouté un seul mot de ce que j’ai dit ou bien tu as juste décidé de retenir la partie qui t’intéressait ? souffla Rachel, qui sentait l’irritation la gagner.

—  Excuse-moi.

 

Il se passa une main dans ses cheveux, l’air gêné. James avait toujours fait preuve d’humour pour désamorcer les situations qui le mettait mal à l’aise. Dès l’instant où il ne pouvait y avoir recours, il était perdu et vulnérable.

 

—  Cette situation est horriblement embarrassante, commenta Rachel en se tortillant les mains.

—  C’est toi qui a commencé, taquina James.

 

Mais cela ne la fit pas du tout rire et elle le fusilla du regard. James déglutit.

 

—  Je crois que je te dois des excuses, dit-il tout à coup.

—  Pour quoi ? répondit aussitôt Rachel, confuse.

 

Le vieux serveur arriva au même moment et déposa l'énorme glace au chocolat de James devant lui. James le paya et l'employé s’en alla.

Rachel contemplait James, l’air plongé dans ses pensées. Elle ne comprenait pas ce qu’il faisait ici. Après ce qu’elle lui avait dit, il aurait dû la fuir et ne plus jamais chercher à entrer en contact avec elle. Pourtant, il se tenait bel et bien devant elle et il semblait n’aller nulle part. Intriguée, elle se pencha par-dessus la table pour écouter ce que le jeune homme avait à lui dire. Ce dernier poussa un soupir, comme pour se donner du courage.

 

— Je me suis comporté comme un imbécile, commença-t-il abruptement. J’ai bien vu que tu te lassais de mes blagues mais je ne supportais pas ta nouvelle indifférence. Aussi loin que j’essaye d’y penser, on s’est toujours chamaillé. C’est comme ça que c’était supposé marcher. Tu m’embêtes, je t’embête, on s’embête… J’ai passé des après-midi entiers à élaborer mes farces. Alors quand subitement tu as arrêté d’y répondre, au lieu de chercher à comprendre pourquoi, j’y suis juste allé encore plus fort. Je suis désolé de t’avoir blessée.

 

Rachel déglutit. Elle avait toujours rêvé d’entendre ce genre de discours de la bouche de James mais maintenant qu’elle y était confrontée elle ne savait pas vraiment comment y répondre.

 

—  Et pour ce que ça vaut, ajouta-t-il soudain plongé dans la contemplation de la glace qu’il avait commandée, tu vas me manquer aussi.

 

Rachel baissa les yeux.

 

—  C’est pour ça que tu es venu me retrouver ? M’annoncer que tu es désolé et que je vais te manquer ?

 

Elle eut un rire jaune, étranglé par les sanglots. Le jeune homme releva soudainement le visage vers elle et se demanda ce qu’il avait bien pu dire de travers cette fois encore.

 

—  Est-ce que tu réalises à quel point c’était dur de te déclarer tout ça plus tôt ? interrogea la blonde.

 

James donnait l’impression d’avoir avalé un citron.

 

—  Et bien…

—  Non tais-toi. Je sens que tu vas dire une grosse connerie...

—  Je t’aime, lâcha-t-il abruptement.

—  … tu dis toujours… attends qu’est-ce que tu viens de dire  ?

 

Rachel venait soudain de relever les yeux vers James. Quand elle croisa le regard incandescent du brun, elle crut qu’elle allait s’évanouir tant son cœur battait vite.

 

—  Tu as très bien entendu.

—  Non, dit Rachel avec une mauvaise foi évidente.

 

James rit. Il s’approcha lentement de la jeune fille pour lui chuchoter à l’oreille  :

 

—  J’ai dis que tu puais de la gueule.

—  Espèce de rustre  ! s’indigna-t-elle.

 

Elle martela l’épaule du jeune homme de coups de poings qui n’eurent pour effet que de faire rire James. Voyant qu’il ne réagissait pas, elle abandonna et s’enfonça dans le dossier de sa chaise pour y bouder.

 

—  Abruti.

—  Avoue que c’est pour ça que tu m’aimes, la taquina-t-il.

 

Elle le fusilla du regard.

 

— Humph. Ne fais pas trop le malin Potter, maugréa-t-elle en remuant son dessert.

— Ou bien quoi ?

— Ou bien je te fais bouffer ta glace par les trous de nez, menaça-t-elle en fronçant les sourcils.

—  L’idée est alléchante, dit-il sans la quitter des yeux.

 

Rachel sentit une bulle de chaleur réchauffer son bas-ventre. Elle évitait son regard.

 

—  Ne te moque pas de moi, James, demanda la blonde après un déglutissement.

 

Il fronça les sourcils.

 

—  Je ne me moque pas de toi.

 

Rachel ne prononça mot mais son silence semblait prendre toute la place.

 

—  Tu crois que je ne suis pas sincère, c’est ça ? ajouta James d’une voix amère.

 

La blonde le dévisagea sans rien dire un long moment. Oui, c’était exactement ce qu’elle croyait. James qui se pointait pour lui dire qu’il l’aimait, c’était trop beau pour être vrai. Rachel était trop habituée aux déceptions que la vie lui avait toujours offertes pour ne pas se méfier devant cette prétendue nouvelle source de bonheur. Mais, et si, cette fois, elle avait tort ? Après tout, si on considérait l’expression déçue du jeune homme, ce n’était pas impossible.

 

—  Tu crois que je me serais déplacé jusqu’ici juste pour me foutre de ta gueule ?

 

Le mutisme de la jeune fille fut plus éloquent que n’importe quel discours. Le brun commençait à sentir ses nerfs s’échauffer. Il était dégoûté.

 

—  Je vois, conclut-il d’un ton dur.

 

James se leva de sa chaise et quitta la petite glacerie sans un regard pour la blonde. Il erra sur le Chemin de Traverse sans but, ses pieds martelant le sol. Il comprenait très bien comment Rachel pouvait croire une chose pareille et il savait aussi que c’était de sa faute. Cela n’empêchait pas le jeune homme d’être incroyablement blessé. Après un moment, il réalisa que ses pas l’avaient amenés devant le magasin de Quidditch. Il esquissa un petit sourire et pénétra dans la boutique.

 

—  On ferme ! s’exclama un employé derrière le comptoir.

 

James fit demi-tour en maugréant. Quand il quitta la boutique, il se figea en voyant que Rachel l’attendait à la sortie. Elle se mordait les ongles et n’avait pas remarqué sa présence. James se passa une main nerveuse dans les cheveux.

 

—  Qu’est-ce que tu fais ici ? lança-t-il dans un soupir.

 

Combien de fois s’était-il disputé avec elle ? Il détestait ça. D’ordinaire, c’était toujours de sa faute alors il se contentait de culpabiliser en silence, mais cette fois, elle avait abusé. Est-ce qu’elle réalisait combien c’était compliqué pour lui également ? Non, bien sûr que non. Rachel avait beaucoup de qualités, mais la générosité et la compréhension n’en faisaient vraiment pas partie.

 

Elle sursauta en reconnaissant sa voix.

 

—  Je savais que tu viendrais ici.

 

Il s'efforça de rester impassible et de ne pas montrer qu’il était flatté en croisant les bras. Cela dit, il se demanda comment elle avait pu deviner dans la mesure où il n’avait lui-même aucune idée de l’endroit où il allait se trouver.

 

—  Ok, répondit James, agacé.

 

Rachel releva le menton.

 

—  Écoute, James, commença-t-elle, tu n’as pas le droit d’être en colère et de m’en vouloir, après tous les sales coups que tu m’as fait, j’ai le droit d’émettre des doutes sur ta sincérité.

—  À ce que je sache, tu m’en as fait aussi des sales coups, et pourtant, je ne suis pas en train de douter de toi, moi, rétorqua aussitôt le brun.

 

Rachel sembla réaliser sa bêtise. Ses épaules tombèrent. Il lui avait fallu une certaine dose de courage pour se déclarer à James, encaisser ce qu’il avait à dire, et surtout, venir le retrouver ici. Elle ne s’attendait pas à ça.

 

—  Je suis désolée, déclara-t-elle abruptement.

 

Il souffla et la regarda avec tendresse. Cette fille avait le pouvoir de liquéfier tous ses organes avec quelques mots. C’était déroutant. Cependant, il n’allait pas la laisser s’en tirer comme ça. Heureusement, une idée commença à germer dans son esprit.

 

—  Tu m’as vraiment blessé, Rachel.

—  Je suis une idiote.

— Heureusement, j’ai une super idée pour que tu te fasses pardonner.

 

Rachel plissa les yeux, automatiquement méfiante. Le sourire en coin qu’arborait James ne la rassurait pas vraiment. En général, quand il souriait comme ça, c’était parce qu’il lui préparait un sale coup.

 

—  Ah oui... ?

 

Son rictus s'agrandit. Elle sentit son coeur exploser dans sa poitrine.

 

—  Embrasse-moi.

 

La blonde piqua un fard. Elle croisa alors les bras pour laisser croire qu’elle ne se laissait pas intimider par les circonstances.

 

—  Tu n’as pas un peu l’impression de profiter de la situation ?

—  Hé, je n’ai jamais dit que tu devais m’embrasser sur la bouche, hein. C’est toi qui imagine des trucs cochons, rigola-t-il.

 

Elle en crevait d’envie mais cela ne l’empêcha pas de le fusiller du regard. Qu’est-ce qu’il pouvait être arrogant ! En même temps, elle ne pouvait pas vraiment ignorer la façon dont son bas-ventre s’était enflammé lorsqu’il avait prononcé ces mots.

 

De son côté, James affichait un air sûr de lui. Pourtant, jamais il n’avait été plus incertain de sa vie et son propre organe cardiaque battait à tout rompre. Il était terrifié qu’elle refuse et qu’elle le plante ici, comme un con. Elle en était tout à fait capable et il le savait.

 

—  Bon, euh… tu veux pas te pencher, t’es trop grand, demanda-t-elle, un peu embarrassée.

 

Son coeur bondit dans sa poitrine. Il s’exécuta en lui tendant sa joue. Rachel se mit sur la pointe des pieds, enroula ses bras autour de la nuque du brun et posa doucement ses lèvres pleines sur la joue piquante du jeune homme.

 

Ils fermèrent tous les deux les yeux et au lieu de s’écarter après l’avoir embrassé, Rachel garda sa bouche où elle était quelques secondes de plus. James finit par s’écarter et caler son front contre celui de la jeune fille. Ils ne se quittaient pas du regard et quelque chose avait commencé à leur donner chaud. Ils étaient habités d’une étrange félicité et respirait chacun l’air de l’autre de par leur proximité. James prit en coupe le visage de Rachel entre ses mains et lui sourit.

 

—  Tu embrasses comme ma grand-mère.

 

Elle hésita entre le frapper et éclater de rire.

 

—  T’es vraiment con ! s’indigna-t-elle en rigolant.

 

James aurait voulu attendre un signe, une autorisation pour embrasser Rachel. Mais à cet instant, lorsque son rire chanta à ses oreilles, que ses yeux pétillèrent dans les siens, et que son cœur battit au rythme d’un tambour de guerre, il craqua. C’était quand elle était agacée par lui qu’elle était le plus attirante. Alors, sans plus de cérémonie, il posa ses lèvres sur les siennes.

 

Rachel, bien que surprise, répondit aussitôt à son baiser. Elle resserra sa prise autour de la nuque de James pour le rapprocher d’elle alors qu’il insinuait sensuellement sa langue dans la bouche de la jeune fille. Elle avait l’impression d’avoir oublié comment respirer. Tout son corps était en feu. Son cœur bondissait si fort qu’il lui donnait l’impression qu’il allait sortir de sa poitrine. Ils étaient tous les deux écrasés par la chaleur mais ce n’était rien comparé à ce qu’ils ressentirent lorsque James mit fin au baiser pour déclarer d’une voix brûlante :

 

—  Je t’aime.

—  Je t’aime aussi.

 

Rachel s’écarta et remit un peu d’ordre dans sa tenue. Elle ne pouvait pas s’empêcher de sourire et lorsque James s’en rendit compte, le sien s’agrandit également. Ils échangèrent un regard complice et pouffèrent en même temps.

 

— Bon, alors, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? fit Rachel d’une voix rauque.

 

Elle avait l’impression que le monde était soudain devenu plus beau. Les couleurs lui semblaient plus éclatantes. Même les tristes pavés du Chemin de Traverse étaient tout à coup devenus plus brillants.

 

—  On peut… je ne sais pas, traîner ensemble, proposa James.

 

Il avait encore plein de trucs à préparer pour son départ pour le club de Flaquemare mais il n’avait, en cet instant, aucune envie de s’y consacrer.

 

—  Tu as déjà fait un tour du côté moldu ? lança Rachel avec un sourire en coin.

—  Tu as une idée précise en tête ? s’enquit-il avec le même rictus coquin.

 

Rachel ne répondit pas et se contenta de prendre la main de James dans la sienne et de l’entraîner jusqu’au Chaudron Baveur. Elle ne transplanait pas encore et James ne connaissait pas vraiment le côté moldu de Londres.

 

Faire monter le jeune homme dans le métro et lui demander de payer en livres sterling fut l’une des expériences les plus drôles que Rachel n’eût jamais eu. Si elle avait su, elle se serait arrangée pour lui faire subir cela plus tôt car cela valait bien toutes les farces qu’elle lui avait déjà infligées auparavant.

 

Pour commencer, le jeune homme s’était beaucoup trop embrouillé avec la monnaie et avait donné la moitié du montant demandé pour les tickets. Rachel avec bien cru que la guichetière allait arracher la tête du jeune homme alors elle avait pris la suite en main. Ensuite, il avait voulu faire le malin et choisir un itinéraire. Amusée, Rachel l’avait laissé faire mais quand elle avait compris qu’en réalité, il s’amusait surtout à faire passer le ticket dans les portiques, elle avait mit fin à ses réjouissances, arguant qu’à ce rythme là, ils allaient passer toute la journée dans le métro.

 

Ils s’étaient finalement retrouvé devant un grand bâtiment recouvert d’affiches colorés.

 

—  Bon alors qu’est-ce que tu veux regarder ? proposa Rachel.

 

Mais James était bien trop occupé à épier tous les alentours pour prêter la moindre attention aux affiches. Alors, elle lui enfonça son poing dans l’épaule.

 

—  Hé ! s’indigna-t-il.

—  Tu m’écoutes ?

—  Quoi ? aboya-t-il.

 

Elle lui lança un regard assassin et croisa les bras en pinçant les lèvres. Les traits du jeune homme s’adoucirent.

 

—  Excuse-moi.

—  Ouais, je préfère ça, maugréa-t-elle.

—  Hé, ne fais pas trop la maline, dit-il en enroulant un bras autour de ses épaules.

—  Je te demandais ce que tu veux regarder. On est au cinéma. Tu vois les affiches ? Ce sont des affiches de films. Tu en choisis une, et on va le voir.

 

James ne réfléchit pas une seule seconde et choisit immédiatement la plus grande affiche, qui représentait une star sur scène qui se la jouait avec son micro. Le titre « Do you wanna be a rockstar? » était indiqué avec des lettres en forme de néons jaunes.

 

—  Celui-là, décida James.

—  Oh non, c’est un navet.

—  Un navet ? fit James, surpris qu’on compare une affiche à un légume.

—  Oui, ça veut dire que c’est nul, expliqua la blonde en se retenant de se moquer de lui.

 

Elle savait que James n’avait vraiment pas l’habitude des trucs moldus et ça aurait dû l’excuser mais la jeune fille ne pouvait pas s’empêcher d’en rigoler.

 

—  Raison de plus ! On pourra se moquer et envoyer du popcorn sur les gens qui se bécotent comme ça.

—  Comment tu sais qu’on mange du popcorn au cinéma ? demanda-t-elle étonnée.

—  J’ai suivi le cours d’Etude des Moldus quand j’étais en troisième année, expliqua-t-il en bombant le torse, fier d’avoir retenu au moins une chose dans sa scolarité.

 

Elle haussa un sourcil, intriguée, mais ne pipa mot. Ils entrèrent dans le cinéma et eurent l’un de leurs meilleurs moments tous les deux. Pour la première fois, ils découvraient qu’ils s’amusaient bien mieux lorsqu’ils combinaient leurs efforts pour rendre la vie des autres impossible. À force d’envoyer du popcorn sur la tête des gens, cependant, ils se firent virer du cinéma dès la première heure du film.

 

Ils étaient hilares dehors, et la nuit commençait à tomber.

 

—  Balancer tout ce popcorn m’a donné faim, annonça le jeune homme.

—  Viens, je connais un endroit, sourit-elle.

 

Elle l’entraîna dans un petit café à quelques rues de là dans laquelle ils commandèrent  du thé et de grosses parts de tartes.

 

—  J’espère que tu as de quoi payer, car je n’ai que des Gallions, déclara James avec un clin d’œil.

—  Tu n’es qu’un gigolo.

—  Avoue tu adores me payer pour mon corps de rêve… fit-il avec un sourire charmeur.

—  T’es bête, gloussa-t-elle.

 

Ils mangèrent et discutèrent de Quidditch et de créatures magiques un long moment, deux passions qu’ils avaient en commun, profitant simplement du fait d’être ensemble, jusqu’à ce que finalement, un silence s’installe. Ce n’était pas un silence dérangeant, au contraire, il s’agissait d’un moment de quiétude, le genre qui ne met pas mal à l’aise car on est assez complice de la personne avec qui on le partage pour que cela ne devienne pas gênant. Pourtant, au bout de quelques minutes, après avoir touillé son thé une bonne demi-douzaine de fois, Rachel prit la parole. Ce silence avait beau être agréable, quelque chose la tourmentait.

 

—  James ?

 

Il releva la tête sur la jeune fille, intrigué. Était-il normal qu’il trouve son prénom bien plus beau quand c’était elle qui le prononçait ?

 

—  Qu’est-ce qu’il y a ?

—  Comment est-ce que ça va se passer ?

 

Il fronça les sourcils, ne voyant pas où elle voulait en venir.

 

—  On pourra se voir autant qu’on veut cet été, mais à la fin de l’été, je vais devoir retourner à Poudlard, expliqua-t-elle.

—  On ne pourra pas se voir cet été, annonça James d’une voix étranglée.

—  Qu’est-ce que tu veux dire ? fit-elle, apeurée.

—  Je suis pris dans l’équipe d’essai du club de Flaquemare, explicita-t-il.

 

Elle fronça les sourcils.

 

—  Le Quidditch n’attend pas septembre, Rachel. Et les locaux du club sont basés au pays de Galle. Je quitte Londres demain. Je devrais être en train de faire mes bagages en ce moment même.

 

La bouche de Rachel s’ouvrit en un O surpris. James pinça les lèvres et baissa les yeux. En voyant l’expression dépitée de la jeune fille, il n’était plus sûr d’être aussi content de partir.

 

—  Tu es en train de me dire qu’aujourd’hui est notre premier et dernier jour ensemble ?

—  On en aura pleins d’autres des jours, Rachel, souffla James.

—  Faudra juste qu’on attende un an pour en profiter, dit-elle, mécontente. Et encore. Moi je vais devoir attendre un an. Mais après ? Je ne sais pas ce que je vais faire de ma vie. Peut-être que je travaillerais sur Londres. Et toi tu seras toujours dans ton stupide club avec ta recruteuse à la noix.

—  Rachel…

— Non, James. Comment est-ce que c’est supposé marcher ? demanda-t-elle en faisant des mouvements de son index entre eux. On a rien bâti encore ! Comment est-ce qu’on peut vraiment se faire confiance dans ses conditions ?

—  Ça peut marcher si on y croit.

Elle lui lança une œillade blasée.

—  Tu crois encore aux contes de fées.

— Ou peut-être que je suis juste très amoureux. Ah je t’en prie Rachel, ne rougis pas comme ça. Je me demande comment tu as fait pour ne rien voir auparavant.

—  Ça fait longtemps que tu sais que tu m’aimes ?

—  Des années.

—  Pourquoi tu me l’as jamais dit ?

—  Parce que j’avais trop peur de perdre ce qu’on avait déjà.

 

Elle haussa un sourcil circonspect.

 

—  Tu parles de toutes les crasses qu’on s’est faites ? Tellement romantique…

—  Je te parle de toutes les fois où je t’ai fait des blagues pas très drôles et où je passais mes journées à attendre que tu te venges et à imaginer la farce suivante. T’étais tout le temps dans ma tête, tu comprends ?

—  Dis comme ça…

 

La remarque de la jeune fille invita James à s’interroger.

 

—  Et toi ? Quand est-ce que tu l’as su ?

—  Quand tu m’as dit que si je continuais de jouer au Quidditch comme un pied, j’allais me faire laminer par Emma Brown.

 

James éclata de rire.

 

—  Nan, sérieusement, quand est-ce que tu l’as su ?

 

Elle fit les gros yeux.

 

—  Je suis tout à fait sérieuse.

—  J’aurais dû t’engueuler plus souvent.

— Tu sais, même si c’était génial de jouer au Quidditch avec toi, t’étais vraiment horrible comme capitaine. Et t’étais toujours super dur avec moi. Tu te souviens de la fois où ta recruteuse s’est ramenée ?

—  Et où je t’ai engueulé parce que ton jeu était trop agressif ? Le jour où, pour la première fois, j’ai vraiment essayé de discuter avec toi et où tu m’as balancé que de toute façon, ça ne changeait rien parce que je finirai quand même par me barrer à la fin ? Ouais, je me souviens.

 

Rachel eut un rire jaune.

 

—  J’avais raison. Tu vas quand même partir.

—  Rachel, le fait que je parte ne signifie pas que je ne vais pas revenir. Et puis, on s’enverra des hiboux, d’accord ?

—  Je m’en fou des hiboux. De toute façon, on aura pas le temps. Tu auras tes preuves à faire et moi mes ASPICS à passer. Il faut qu’on se rende à l’évidence. C’est trop tard pour nous, tout simplement.

—  Je refuse qu’on se dise vaincus avant même d’avoir essayé ! Et puis, je pourrais tenter de me libérer quand tu auras tes sorties à Pré-au-Lard. On pourra se voir pendant tes vacances de Noël aussi. Je suis sûr que j’aurai des vacances de Noël.

—  Je passe toujours mes vacances de Noël à Poudlard avec Thomas.

—  Peut-être que cette année tu pourrais les passer avec moi…

—  Et mon frère ?

 

Les traits de James prirent une moue malheureuse qui fendit le cœur de la blonde.

 

—  Est-ce qu’on peut juste essayer, Rachel ? supplia-t-il. Ça fait trop longtemps que j’attends pour m’arrêter là.

 

Elle le jaugea du regard. Pas comme on regarde un garçon dont on est amoureuse, mais plutôt comme on évalue un choix. James s’empara de sa main par-dessus la table et commença à la caresser lentement. Aussitôt son cœur palpita un peu plus fort.

 

—  Et si tu rencontres quelqu’un dehors ? lui demanda-t-elle doucement.

—  Je pourrais aussi te demander et si toi tu rencontres quelqu’un à Poudlard.

 

Il n’avait pas tort, elle devait le reconnaître.

 

—  D’accord, je veux bien essayer, consentit-elle enfin.

 

Le soulagement libéra James, comme si jusque là, son souffle avait été coupé par un énorme poids sur sa poitrine. Rachel sourit en le voyant réagir comme ça.

 

—  Tout ira bien, tu verras, promit-il.

—  Si tu savais comme je flippe là, confessa-t-elle.

 

Il entremêla ses doigts aux siens.

 

—  Pourquoi ?

—  Je sais pas. Tu vas juste atrocement me manquer j’imagine.

 

Il regarda dehors et poussa un soupir en voyant que la nuit commençait à tomber.

 

—  On ferait mieux de rentrer chacun chez nous, il se fait tard.

—  J’ai vraiment pas envie, dit Rachel en faisant la moue.

—  Pense à Thomas, suggéra James, raisonnable.

 

Elle se mordit la lèvre.

 

—  Je n’aime pas beaucoup quand tu as raison, Potter.

 

Il lui fit un clin d’œil. Rachel régla la note et ils quittèrent le café main dans la main. Tout leur enthousiasme de la journée retombait à chacun de leur pas en direction de l’orphelinat sorcier. Les parents de Rachel et Thomas, qui étaient des moldus, avaient refusés de revoir leurs enfants lorsqu’ils avaient appris, six ans plus tôt, qu’ils étaient sorciers. Alors, même s’ils n’étaient pas orphelins, les jumeaux vivaient dans cet orphelinat, situé sur le Chemin de Traverse. Ce n’était pas un endroit particulièrement miséreux, mais il était loin d’être joyeux et à chaque fois que Rachel était en vacances, elle s’arrangeait pour y passer le moins de temps possible.

La blonde n’était pas folle. Elle venait de passer une après-midi vraiment fabuleuse. Seulement maintenant, il fallait qu’elle rentre. Et qu’elle se rende à l’évidence. Demain, tout redeviendrait comme avant. James avait une carrière à mener dans une équipe de Quidditch nationale, et elle devrait retourner à l’école. Son cœur se serra. Sa main glissa de celle de James mais le jeune homme ne s’en formalisa pas. Ils étaient arrivés devant la grande bâtisse aux murs gris. La porte d’entrée peinte d’un bleu sombre, précédée de trois marches, ne lui avait jamais semblé aussi peu accueillante. Elle n’avait pas du tout envie de quitter James.

 

—  Nous sommes arrivés, dit le jeune homme, le cœur lourd.

 

Rachel hocha la tête, incapable de parler à cause de sa gorge nouée. Ils se dandinaient tous les deux sur place, ne sachant quoi faire, ni quoi dire. Ce n’était pas un adieu, mais certainement l’un des pires au revoir qu’ils eussent jamais connu.

 

Finalement, James s’empara des paumes de Rachel et plongea son regard dans le sien après avoir pris une grande inspiration.

 

—  J’ai les mains moites, dit Rachel sur un ton d’excuse.

—  Je m’en moque.

 

Elle déglutit.

 

—  Écoute Rachel, reprit le jeune homme, j’ai passé une journée incroyable avec toi et…

—  Non, ne fais pas ça, supplia Rachel la voix tremblante.

 

James se mordit la lèvre inférieure.

 

—  Tu sais que je le dois. Tu vas retourner à Poudlard, et tu auras peut-être plein d’opportunités, et moi, je pars demain à Flaquemare, c’est le seul moment qu’on a pour se dire au revoir.

 

—  Est-ce qu’on est vraiment obligé de faire ça ?

 

Elle avait l’impression qu’on avait remplacé la totalité de ses organes par une énorme pierre. Elle avait les poumons comprimés et la nausée. James, les traits peinés, caressa sa joue avec son pouce et laissa sa paume réchauffer le visage de la blonde.

 

—  Je t’aime. Ça implique de savoir te laisser partir.

—  Je sais, reconnut-elle à contrecœur, mais j’en ai vraiment pas envie.

— Moi non plus. Mais je ne vais pas camper ici. On s’écrira, et on se reverra à Noël, d’accord ?

 

Elle hocha la tête sans parler. Elle avait peur de s’écrouler si elle prononçait le moindre mot. James se pencha et l’embrassa.

 

—  Tu m’écriras ? fit James.

—  Promis, sourit-elle.  

 

Elle lâcha un dernier bisou sur la joue du jeune homme et se dirigea vers la porte. Au moment où elle enclencha la poignée, James sentit son cœur dégringoler. Il avait l’impression d’avoir oublié comment respirer. Il enfonça ses poing dans les poches de son jeans, renversa sa tête en arrière pour ne pas avoir à voir Rachel le quitter, et surtout, pour retenir ses larmes.

 

Aussi, il ne la vit pas faire demi-tour et courir dans sa direction. Il sentit simplement la collision de son corps contre le sien, de ses jambes qui s’enroulaient autour de ses hanches, de ses manches qui s’accrochaient à sa nuque. De ses larmes dans son cou. James referma ses bras sur Rachel et huma les cheveux de la jeune fille. Ils sentaient la pluie et la vanille. Enfin, il respirait à nouveau. Rachel plongea son regard doré dans les prunelles chocolat du jeune homme. Il n’eut pas le temps de s’attarder sur la beauté de ces deux petits soleils que la bouche pleine de la Gryffondor s’écrasait sur la sienne.

 

Il en eut le souffle coupé. Ton son être palpita, explosa comme une météorite qui s’écrase au sol après avoir couru dans l’Univers à toute allure. Tout était beau. Instinctivement, il répondit à son baiser avec ardeur, resserrant ses bras autour du corps de la jeune fille, léchant ses lèvres, se délectant de la sensualité avec laquelle sa langue effleurait celle de la blonde. Son cœur explosait dans sa cage thoracique sans discontinuer, une nuée de papillons chatouillait son bas-ventre et il avait même l’impression qu’une fanfare jouait une musique triomphante dans ses oreilles.

 

Alors qu’ils s’embrassaient, James sut qu’il ne pourrait jamais dire au revoir à la jeune fille. Ça lui briserait le coeur. En une seule seconde, Rachel était devenue la personne qui comptait le plus à ses yeux. Il pressa ses lèvres contre celles de la blonde une dernière fois, en fermant les paupières pour oublier le monde qu’il l’entourait et en essayant de lui dire combien il l’aimait rien qu’avec ce baiser. Quand ils se quittèrent, ils étaient tous les deux à bout de souffle. Ils s’aimaient, et enfin, ils le savaient… mais pour combien de temps ?

Note de fin de chapitre :

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