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News

Programme de juillet des Aspics


Bonsoir à toustes !

Un peu de lecture pour vous accompagner en cette période estivale... Vous avez jusqu'au 31 juillet pour, d'une part, voter pour le thème de la prochaine sélection ici et, d'autre part, lire les textes de la sélection "Romance" du deuxième trimestre 2024, et voter ici !

Les sélections sont l'occasion de moments d'échange, n'hésitez pas à nous dire ce que vous en avez pensé sur le forum ou directement en reviews auprès des auteurices !


De L'Equipe des Podiums le 11/07/2024 22:30


Assemblée Générale 2024


Bonjour à toustes,

L'assemblée générale annuelle de l'association Héros de Papier Froissé est présentement ouverte sur le forum et ce jusqu'à vendredi prochain, le 21 juin 2024, à 19h.

Venez lire, échanger et voter (pour les adhérents) pour l'avenir de l'association.

Bonne AG !
De Conseil d'Administration le 14/06/2024 19:04


Sélection Romance !


Bonsoir à toustes,

Comme vous l'avez peut-être déjà constaté, sur notre page d'accueil s'affichent désormais des textes nous présentant des tranches de vie tout aussi romantiques ou romancées les uns que les autres ! Et oui, c'est la sélection Romance qui occupera le début de l'été, jusqu'au 31 juillet.

Nous vous encourageons vivement à (re)découvrir, lire et commenter cette sélection ! Avec une petite surprise pour les plus assidu.e.s d'entre vous...

Bien sûr, vous pouvez voter, ça se passe ici !


De Jury des Aspics le 12/06/2024 22:31


145e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 145e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Vendredi 14 juin à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
À très bientôt !


 


De L'équipe des nuits le 12/06/2024 12:33


Maintenance des serveurs


Attention, deux interventions techniques prévues par notre hébergeur peuvent impacter votre utilisation de nos sites les 28 mai et 4 juin, de 20h à minuit ! Pas d'inquiétudes à avoir si vous remarquez des coupures ponctuelles sur ces plages horaires, promis ce ne sont pas de vilains gremlins qui grignotent nos câbles ;)

De Conseil d'Administration le 26/05/2024 18:10


144e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 144e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Samedi 18 mai à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits et à vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De L'équipe des Nuits le 12/05/2024 11:00


Nothing's gonna heart you babe par vaipan

[11 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Seule donnée hors-livre : Rogue encore vivant ! Ce sera néanmoins expliqué. 

Enjoy :D 

Note de chapitre:

Bienvenue à tous ! Voici le premier chapitre d'introduction (les autres seront peut-être moins longs, à vous me dire) de cette fic sur Ginny. Enjoy!

 

 Ginny se tenait assise sur le rebord sur la fenêtre, les genoux repliés, d’une humeur massacrante. Les mois avaient passé, mais l’ambiance tendue liée à la guerre avait eu du mal à se dissiper. La joie était revenue, chez les Weasley, autant que possible mais l’absence de Fred restait difficile à supporter pour tous. Si la reconstruction physique était presque achevée, la reconstruction mentale n’avançait pas au même rythme pour tous. Il semblait à Ginny que tout le monde affichait une gaîté forcée, qu’elle exécrait. Ginny avait toujours été la plus directe, la plus franche de toute la famille ; elle avait l’hypocrisie en horreur. Elle sentait la réprobation implicite de chacun, mais n’en n’avait que faire.

Elle avait essayé de tirer un trait sur toutes les horreurs qui s’étaient déroulées l’année dernière ; elle en faisait parfois des cauchemars qui la laissait haletante, trempée de sueur. Rien de comparable à ce qu’Harry vivait, en revanche : la perte de Sirius et Dumbledore avait profondément ébranlé le jeune homme, qui n’arrivait pas à la surmonter. Ginny avait tenté d’être patiente, alternant entre une présence bienveillante et une attitude relâchée, pour lui laisser le temps d’accepter. Elle n’était pas en mesure d’imaginer sa peine, mais comprenait que les séquelles seraient irrémédiables. Pourtant, malgré tous les efforts auxquels elle avait consenti, Harry restait sombre et apathique, errant dans la maison comme une âme en peine. Elle avait donc pris la décision de retourner à Poudlard pour obtenir sa dernière année. C’était la seule solution qui lui semblait pertinente ; pour Ginny, l’immobilisme n’était pas envisageable à long terme.

Toute à ses pensées, ruminant une énième fois l’attitude éthérée d’Harry, elle n’entendit pas Ron qui se glissait dans sa chambre et s’assit sur le lit, déclenchant des bruits indignés de la part du matelas.

-        Tu n’es pas obligée de finir Poudlard, tu sais, fit-il en la regardant. Je ne sais même pas ce que tu veux faire après, réalisa-t-il avec cet air imbécile qui l’aurait fait éclater de rire en temps normal.

-        Ce n’est pas moi qui pourrais te répondre, répliqua-t-elle en lui tournant le dos.

-        Tu en as parlé avec Harry au moins ? Demanda son frère.

-        Que peut-il bien en avoir à faire ? Rétorqua-t-elle avec plus d’agressivité qu’elle ne l’aurait voulu.

Elle n’avait pas à se défouler sur Ron, elle le savait pertinemment. Elle voulut s’excuser, puis renonça en haussant les épaules. Elle vit la surprise marbrer le regard de son frère, puis la tristesse ; il se tordait les mains, indécis quant à la réaction à adopter. Il était souvent absent, car Hermione et lui ne se quittaient plus ; et quand ils étaient dans la maison, Ginny haïssait le sourire béat de Ron et l’air un peu gêné mais non moins béat d’Hermione lorsqu’il était dans les parages. Elle aurait voulu qu’ils aient plus de considération. Qu’ils aillent promener leur bonheur ailleurs.

-        Il t’aime… C’est juste qu’il…N’est pas lui-même, se justifia Ron maladroitement. Tu reviendras aux vacances, hein ? Demanda-t-il tout-à-trac, désespérément mal-à-l’aise. 

-        Comme tous les ans depuis qu’on est à Poudlard, répondit Ginny avec lassitude. Pourquoi est-ce que je ne reviendrais pas ? Fit-elle avec un ton peu amène.

-        On dirait que tu veux tous nous fuir, fit observer Ron d’un ton étrange.

-        Il y a de ça, admit-elle. Mais c’est passager, le rassura-t-elle avec une once de sollicitude dans la voix qui fit légèrement sourire Ron. La guerre a changé beaucoup de choses et j’ai besoin d’un an de plus avant de savoir ce que je ferai vraiment, expliqua-t-elle.

-        Tu peux aussi rester ici, si tu as besoin de temps, fit remarquer Ron.

-        Non, affirma-t-elle catégoriquement. Et tu devrais aussi penser à t’installer avec Hermione au lieu de traîner ici de temps en temps. T’as presque vingt ans quand même, dit-elle tout en sachant pertinemment qu’il avait peur de franchir cette étape.

-        Ce n’est pas toi qui sensée me dire ça, protesta-t-il en détournant le regard. Bon, à plus, fit-il dans une hésitation en fermant la porte.

Ginny n’avait jamais été proche de Ron ; il avait beau être le plus jeune frère, il n’avait jamais essayé de l’intégrer dans leur fameux Trio. Au contraire, il la voyait davantage comme une gamine qui s’immisçait. Lorsqu’elle avait commencé à sortir avec Harry, il avait mis du temps à accepter qu’elle reste avec eux. Et avec Hermione… Ginny avait pensé, au début, qu’elle serait une alliée de choix. Ginny la trouvait intelligente et sensible, et avait tenté de se rapprocher d’elle ; mais Hermione n’avait pas semblé plus intéressée que cela. Peut-être qu’elle n’a pas envie de partager, songea Ginny avec une pointe de méchanceté. Harry et Ron lui vouaient une admiration sans borne, et elle avait toujours entretenu une relation que Ginny trouvait ambigüe avec Harry. Lorsqu’elle avait appris que Ron les avait laissés tous seuls, Ginny avait été la première à le traiter d’imbécile ; pour des raisons de sécurité, d’abord, et puis au fond, à cause de cette jalousie latente. Elle n’en n’était pas fière, mais l’assumait.

Elle sauta à terre, et décida de faire un grand tri dans sa chambre. Tous les objets qui décoraient sa chambre lui paraissaient inutiles, enfantins. Elle commençait à les jeter tous quand la porte s’ouvrit à nouveau.

-        Eh, ne jette pas ça ! S’écria George en la voyant avec un sorcier-feu dans la main, un jouet qui avait eu beaucoup de succès et pour lequel elle avait tanné ses parents pendant trois mois sans relâche.

-        Il ne marche presque plus, répondit-elle en appuyant sur le ventre du sorcier, d’où quelques flammes ridicules jaillirent avec un drôle de bruit.

-        Tu n’as pas idée de ce dont ils valent quand ils sont retapés, protesta George. Je peux en avoir pour plus de 15 gallions, dit-il fièrement.

-        C’est vrai qu’on en a toujours manqué, dit-elle avec amertume en laissant le jouet sur son lit.

-        Oh allez Ginny, ne te mets pas dans une telle humeur pour tes derniers jours au Terrier n°2, fit remarquer George avec un bon sourire.

-        Et qui va le retaper, hein ? Toi ? J’en doute, répondit Ginny avec scepticisme.

-        C’est vrai que c’était Fred le manuel, pas moi, fit-il dans un filet de voix.

Elle le regarda, déprimée. C’était lui qui avait le plus de mal à endurer la mort de Fred, évidemment. Mais les larmes ne coulaient plus, ni pour lui, ni pour elle. Ils étaient glacés, dans leurs cœurs, à l’endroit où Fred résidait encore. Ginny en avait assez qu’on ressasse la souffrance. Elle se rapprocha de lui et l’enlaça rudement, ce qui étonna George mais il se laissa faire très bientôt. Ils restèrent enlacés quelques secondes, puis il se détacha, et sortit avec un pauvre sourire. Cela la convainquit qu’elle ne devait définitivement pas rester ici. J’en ai assez, pensa Ginny.

Elle entendit du bruit en bas et le perroquet de la cuisine hululer. C’était un cadeau de Bill, pour égayer la maison. Tu parles, songea Ginny. C’était l’heure d’aller déjeuner ; Ginny sortit en traînant les pieds. Ils étaient déjà tous à table lorsqu’elle se glissa sur le banc sculpté. Un petit silence accompagna sa venue, puis se dissipa, comme toujours.

-        J’ai préparé les spaghettis préférés de ma seule fille, déclara Molly avec un sourire fier.

-        Bientôt, tu auras une belle-fille, répondit Ron en regardant Hermione avec fierté.

Toute la tablée se fit complètement silencieuse. Est-ce que c’était une déclaration de mariage ?

-        Nous nous sommes fiancés, précisa-t-il les joues rouges, tandis que les larmes perlaient aux yeux d’Hermione.

Des applaudissements émergèrent, tandis que chacun venait embrasser les jeunes fiancés avec un commentaire de son cru. Ginny ressentit un vide encore plus criant en elle, mais s’obligea à aller féliciter son frère et sa copine, se contentant de les serrer mollement dans les bras. Hermione le sentit. Le reste du repas se déroula dans une atmosphère qui parut sincèrement joyeuse pour la première fois depuis la guerre, mais Ginny ne put entièrement savourer les fameux spaghettis aux crevettes de sa mère. Elle attendit le dessert, que sa mère transforma en un gâteau rose qui fit grimacer la tablée de niaiserie, et retourna dans sa chambre.

L’après-midi se traînait en longueur insupportable. Fébrile, elle décida d’aller nager dans le lac qui se trouvait en contrebas de la maison, pour tromper son ennui et son cerveau. Elle enfila son maillot de bain, prit rapidement une serviette, sa baguette, et descendit. Au salon, ils jouaient aux jeux de société, prenaient le café, discutaient sur les canapés moelleux. Ginny se sentit incapable de les rejoindre. Alors qu’elle s’enfonçait dans le bois, elle entendit la voix d’Hermione l’appeler.

-        Tu as oublié ça, fit-elle en remettant à Ginny une espèce de masque qui faisait fureur dans le monde sorcier car il permettait de nager sans devoir remonter à la surface.

-        Merci, dit Ginny, gênée. Hermione la mettait toujours un peu mal-à-l’aise.

-        Je trouve très bien que tu retournes à Poudlard, déclara Hermione avec son ton sérieux habituel. Ginny esquissa un sourire las.

-        Je savais qu’il y en aurait au moins une à qui ça plairait, répondit la rousse.

-        On n’apprend jamais trop, fit remarquer Hermione. Où vas-tu te spécialiser ?

-        Probablement les sortilèges, la défense contre les forces du mal, voire les potions, dit Ginny.

-        Toutes les qualités d’un bon Auror, nota Hermione. Tu seras certainement avec Harry !

-        Harry ? Depuis quand s’est-il inscrit au concours d’Auror ? Dit Ginny un peu plus fort qu’il ne le fallait.

Et il n’avait pas pris la peine de lui dire, à elle, sa petite amie, mais à Hermione. Et Ron, certainement. Ginny en ressentit une telle colère, mêlée de frustration et de tristesse que des larmes rageuses vinrent envahir son regard.

-        Hier, avoua Hermione. Mais ne te sens pas lésée, il ne l’a dit qu’à Ron et moi, au Square Grimmaud, précisa la jeune fille sans comprendre que c’était justement là le problème.

-        J’y vais, trancha Ginny d’un ton glacial en se retournant.

Hermione laissa partir la Weasley avec peine. Sans qu’elle se l’avoue directement, elle considérait en effet que le lien qu’ils avaient forgés tous les trois était plus puissant que n’importe quelle relation amoureuse, et Ron avait d’ailleurs bien du mal à l’accepter. Elle se doutait que Ginny n’appréciait pas d’être laissée de côté, mais trouvait normal qu’Harry se confie à eux en premier. En même temps, elle ressentait beaucoup d’empathie pour Ginny et aurait aimé mieux la connaître, mais ne savait comment réagir face au caractère à la fois explosif et secret de la rousse. Elle fit demi-tour, impuissante.

Sentant venir le point de non-retour où elle prononcerait des paroles qu’elle ne penserait pas, Ginny préféra couper court à la discussion. Elle se doutait qu’Hermione n’avait pas de mauvaises intentions, mais à ce moment précis, Ginny se fichait bien d’être juste. Elle poussa un cri de rage et plongea dans l’étang, où la fraîcheur de l’eau lui procura une sensation de bien-être qui la fit se sentir vivante, comme si tout n’était pas perdu, comme si Harry allait pouvoir revenir dans sa vie, comme si ses parents surmonteraient la mort de Fred. Comme si sa vie allait enfin avoir un sens, bientôt. A éprouver autant d’émotions opposées, Ginny se sentit tout à coup lessivée, lasse de ne jamais savoir quelle action entreprendre. A quoi bon y réfléchir davantage ?

Elle fit quelques longueurs sans peine. Elle avait toujours été athlétique ; avec autant de frères, on ne peut qu’être accoutumé au sport. Elle avait besoin d’éprouver régulièrement ses limites physiques, parfois même jusqu’à l’épuisement. C’était la seule façon d’expier toutes ces émotions qui la terrassait. Lors de la résistance à Poudlard sous les Carrow, elle avait été la meneuse de l’armée de Dumbledore, poussant les autres à adopter un entraînement physique aussi intense que possible. Seules quelques filles avaient râlé, dont Cho, l’ex-petite amie d’Harry : elle était son exact opposé. Mais ce n’était pas Cho qu’Harry avait serré dans ses bras, bien que brièvement, après la bataille. Maintenant elle n’était plus bien sûre de ce que cela représentait pour lui.

Elle avait toujours été la plus entreprenante. Celle qui déclenche les occasions. Harry avait toujours été un peu passif ; il montra toujours moins d’empressement que Dean ou d’autres garçons de Poudlard qui avaient eu des sentiments pour elle. Elle ne s’en était pas offensée : elle aimait sa nature réfléchie et retenue qui l’empêchait certainement d’être à l’initiative de leurs relations. Alors qu’elle était allongée sur le dos, elle se remémora quelques-uns de leurs plus beaux souvenirs. Il n’y en avait pas beaucoup, de souvenirs : leur histoire n’avait pas eu le temps d’éclore vraiment. Elle soupira, triste. La guerre leur avait ôté toute chance de réussir : et les conséquences de la guerre allaient définitivement les perdre, songea-t-elle.

Essayant définitivement de repousser ces pensées pessimistes, elle voulut intensifier sa nage mais quelque chose la bloqua soudainement et elle comprit que le bas de son maillot de bain s’était attaché au vieux ponton au bois. Elle pesta, mais ne réussit qu’à extraire des échardes ridicules de bois et maudit ses parents pour la vétusté de l’endroit : ils n’avaient jamais fait moderniser les installations. Elle n’avait jamais eu l’expérience du luxe, contrairement à des fouines comme Drago Malefoy, pensa-t-elle avec agacement. Haussant les épaules, elle décida de s’en débarrasser et jeta le haut sur la rive également. Elle reprit sa nage de plus belle. Essoufflée, elle entreprit de sortir de l’eau, lorsqu’une voix la figea sur place.

-        Je crois que tu as oublié ça, fit Harry avec gêne en lui tendant le haut de maillot abandonné.

Le cœur de Ginny manqua un battement. Elle allait répondre et prendre le vêtement, quand une intuition bloqua le mouvement de son bras, qui retomba doucement dans l’eau. Ginny agissait spontanément ; sa mère le lui avait toujours reproché. Interdit, Harry lui lança un regard timide.

Restant silencieuse, elle le contempla quelques secondes, détaillant ses yeux verts dont la couleur semblait s’être délayée. Ses lunettes rondes, enfantines, qui contrastaient avec l’éclat résigné du regard. Son torse puissant sous le t-shirt insignifiant. Sa maudite cicatrice, celle qui lui valait tous les tourments. Celle à qui il devait la vie, également.

Elle se leva doucement, et vit son regard se troubler de surprise et, quelque part, de désir. Impudique, rendue confiante par l’émotion qui la tenaillait, elle se dirigea vers lui et envahit l’espace qui les séparait. Elle ferma les yeux et l’embrassa d’abord avec douceur, puis violence : elle mit dans ce baiser toute la frustration, la tristesse et la colère qu’elle gardait en elle depuis la fin de la guerre. Harry l’entoura timidement de ses bras, rapprochant son corps du sien ; elle l’enlaça avec force, espérant lui transmettre l’intensité des émotions qui l’assaillait. Elle mordit son cou, son épaule, tandis qu’Harry, le nez enfoui dans sa chevelure, respirait plus vite. Elle plongea son regard dans le sien tandis qu’elle enlevait son t-shirt avec impatience.

Ils avaient déjà fait l’amour quelques fois, quelques moments trop courts et trop influencés par l’ambiance anxiogène de la guerre. Harry lâchait rarement prise avec la réalité : il s’était entraîné à ne pas s’habituer au bonheur, de peur de le voir s’évanouir. Chaque instant passé avec Ginny était un bonheur qu’il ne pouvait pas quantifier ; mais la jeune fille l’avait rarement senti complètement détendu, libéré de ses peurs au point de s’abandonner. Contrairement à lui, la jeune fille était entière dans le plaisir comme dans la peur ; rien ne comptait plus lorsqu’elle se trouvait avec Harry.

Soudainement, il s’écarta, honteux, écarlate. Ginny ouvrit la bouche pour signifier son incompréhension, blessée d’être rejetée, lorsqu’elle comprit en baissant les yeux que son corps ne répondait pas à son désir. Glacée, Ginny s’habilla machinalement avec sa baguette, silencieuse. Harry se rapprocha d’elle, éperdu de regret et d’embarras, enlaçant les épaules devenues raides de Ginny.

-        Qu’est-ce qui nous arrive, Harry ? Souffla-t-elle avec désespoir.

-        Je ne sais pas, admit-il, gêné à l’extrême. Je n’ai pas la force, tenta-t-il d’expliquer.

-        Je croyais que le désir masculin ne s’éteignait jamais, murmura-t-elle presque ironiquement.

-        Ginny je t’en prie…Essaie de comprendre, lui demanda Harry, malheureux.

-        Que crois-tu que je fasse, depuis six mois, sinon essayer de comprendre ? Que tu n’aies pas envie de moi, je peux l’accepter pour le moment, mais ton absence, Harry ? Tu restes en permanence au Square Grimmaud, où rien ne t’attend, sinon de la poussière et de vieux portraits traîtres, s’exclama-t-elle, sentant la colère revenir, le sang affluer dans ses veines.

-        C’est la maison de Sirius, se récria Harry avec une voix légèrement plus affermie.

-        Il est MORT, Sirius ! Cria Ginny en se levant, excédée. Il est mort, tout comme Fred, tout comme Rémus, tout comme Tonks, Dumb-

-        Tais-toi, cria Harry en enfouissant sa tête dans ses bras, son corps dodelinant doucement.

-        Non, Harry, tu dois m’écouter, poursuivit Ginny tout en ayant conscience d’être cruelle. Ils sont tous morts, et ils ne reviendront pas, ce n’est pas possible, mais toi, toi tu es vivant, et tu fous ta vie en l’air ! Et ça, ça a des conséquences ! S’égosilla-t-elle, l’obligeant à la regarder.

-        Je n’ai pas le droit de vivre quand eux ne le peuvent plus, murmura-t-il.

Ginny leva les yeux au ciel, excédée, ne sachant plus quoi dire ou faire. Elle n’était que douceur depuis six mois : il avait à présent besoin d’être secoué.

-        Harry. Dit-elle posément, articulant soigneusement. Il faut prendre une décision. Je repars à Poudlard. Je ne supporte plus cette ambiance, et cette vie, et ton indécision ! tenta-t-elle avec force.

-        Je ne veux pas que tu partes, annonça-t-il dans un filet de voix.

Elle eut envie de chanceler, de l’enlacer, d’être patiente à nouveau, sentant son cœur se réchauffer. Mais elle avait conscience qu’il ne pourrait rien lui promettre, et n’était pas sûr de le supporter.

-        Je ne reviendrais que pour les vacances, et encore, tempéra-t-elle. Dans ce laps de temps, tu devras déterminer si tu es encore amoureux de moi. Si ce n’est pas le cas, nous cesserons de nous voir le temps qu’il faudra. Mais je ne peux plus continuer dans cette incertitude permanente, expliqua-t-elle d’une voix étrangement froide.

-        Je sais que je t’aime, Ginny, mais je suis incapable de te le prouver en ce moment, déplora-t-il en baissant les yeux et Ginny regarda ailleurs, peinée.

-        Tu n’es pas là, Harry, répondit-elle. Tu ne viens jamais au Terrier, tu ne m’écris pas, tu n’as pas besoin de moi. C’est d’Hermione et de Ron dont tu as besoin, dit-elle calmement, l’énonçant avec un détachement apparent.

-        Ils ont vécu cette affreuse chasse aux horcruxes, Ginny, ils ont vécu ce que j’ai vécu, c’est impossible à décrire autrement, dit-il en la regardant, l’implorant de l’excuser.

-        Tu n’as pas songé une seconde à m’intégrer, Harry, alors que j’étais plus que volontaire, reprocha-t-elle avec véhémence.

-        C’était trop dangereux, répéta Harry avec obstination.

-        Une belle excuse, rétorqua-t-elle d’un ton rageur. Tu as plus confiance en eux qu’en moi, voilà l’explication. Parce que tu les connais davantage. Parce que tu leur as laissé une chance d’être proches de toi, avança-t-elle avec colère.

Il eut un mouvement de tête fatigué, incapable de lutter contre l’ardeur de Ginny.

-        Tu crois vraiment que Poudlard était plus sécurisé ? Tu le crois, Harry ? S’écria Ginny dans une question rhétorique. Tu crois qu’encaisser les Doloris des Carrow était moins pire ? Et ceux d’Ombrage ? Et les punitions constantes ? Et les privations ? Et les tortures d’élèves de première année sous nos yeux ? Nous tremblions chaque seconde, Harry, cria-t-elle.

-        Pourquoi retourner là-bas si tu y as vécu tant d’horreurs ? Demanda-t-il.

-        Pour m’en remettre. Me confronter à ces souvenirs affreux, et oublier, guérir. Parce que j’aime Poudlard, et que je veux ressortir de tout ça plus forte que ce que je suis maintenant, affirma-t-elle.

-        Tu as tant de volonté, Ginny, soupira Harry. Je n’ai pas ton courage, déplora-t-il.

-        Mais enfin ça ne tient qu’à toi ! S’exclama-t-elle en prenant son visage dans ses mains, l’observant farouchement. Il se détourna.

-        Non, Ginny, ne me demande pas ça, pas encore, pas maintenant, je me sens écrasé par tous ces morts, je n’en peux plus, suffoqua-t-il en l’enlaçant, les larmes au bord des yeux.

A cet instant, Ginny sut qu’elle devait rebondir si elle voulait s’en sortir. La tristesse d’Harry lui déchirait le cœur, mais elle comprit qu’elle devait choisir entre s’étioler et vivre. Tant qu’elle avait encore la force de se relever, qu’elle le fasse. Elle sentit les larmes venir, alors qu’elle pensait n’être plus capable d’en verser. Alors qu’une sensation salée dégoulina le long de sa joue, elle se jura que c’était la dernière, et se dégagea de l’étreinte désespérée d’Harry.

-        Au revoir, Harry, à bientôt j’espère, fit-elle, détestant le ton guindé et froid qui était le sien.

Il se releva, lui chuchota qu’il l’aimait dans l’oreille, et disparut vers la maison tandis que Ginny restait là, un sentiment de vide plus fort que jamais. Elle expira.

 

 

Note de fin de chapitre :

Alors, convaincus ? Sceptiques ? Endormis ? Hâte d'en savoir plus ?

Je sais que j'ai un style assez détaillé qui peut paraître ennuyeux. Mais l'action viendra un peu plus tard ! Merci d'avoir lu et si vous vous voulez éviter un regard assassin de Severus, mettez une review ! :D 

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