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Défaut d'envois des mails


Les hiboux se sont perdus !

Vous avez dû remarquer que les notifications (de nouveaux chapitres, de nouvelles reviews et autres) n'arrivaient plus dans votre boite email ! Effectivement, les hiboux sont en grève pour quelques temps. Notre équipe technique est sur le coup pour corriger le problème aussi vite que possible. Merci de votre compréhension !


Jim Kay pour Bloomsbury Publishing


De Le CA et l'équipe technique le 26/09/2022 17:05


Maintenance des sites


Bonjour à toutes et tous !


Pour nous prévenir un peu plus contre les bots, le serveur a besoin d'un petit redémarrage ! Le reboot traditionnel de 10h ce dimanche 25 septembre durera un petit peu plus longtemps, et au maximum une dizaine de minutes.



Merci de votre compréhension !


De Le CA et l'équipe technique le 23/09/2022 19:03


Ajout de nouveaux personnages !


Bonjour à tous et à toutes,


Les modératrices d'HPFanfiction ont le plaisir de vous annoncer que la liste de personnages a été complétée de A à Z ! La majorité des personnages de la saga sont maintenant à votre disposition pour les ajouter à vos résumés. Les personnages des Animaux Fantastiques et de L'enfant maudit ont également été étoffés. Si des personnages viennent à manquer, vous avez toujours la possibilité d'utiliser "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques" ou "Personnage de Crossover".

Pour rappel, il existe un "Personnage original (OC)" pour catégoriser vos fics mettant en scène un de vos OCs. Pour les recueils de textes mettant en scène de multiples personnages, nous vous conseillons de les ranger dans "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques". Enfin, certains groupes ont fait leur apparition, à savoir les Gryffondor/Poufsouffle/Serdaigle/Serpentard pour vos recueils sur les maisons ou les rivalités entre elles !

Attention ! Certains noms ont été modifiés : les personnages féminins mariés ont repris leur nom de jeune fille, pour ceux connus (ex : Bellatrix Lestrange est devenue Bellatrix Black, Molly Weasley est devenue Molly Prewett, etc...).

Nous vous encourageons à reclasser vos fanfictions en fonction des nouveaux ajouts, afin qu'elles trouvent plus facilement leur public. ;)

De L'équipe de modération le 17/09/2022 16:37


Sélections du mois


Le Jury des Aspics vous invite à lire sur les plus belles, les plus fortes, les plus merveilleuses Sorcières de la saga pour la rentrée de septembre avec la Sélection Femslash ! Vous avez jusqu'au 30 septembre pour lire les 11 textes proposés par les membres et voter par ici.

Et au mois d'octobre, jouez les Indiana Jones et partez à l’Aventure ! Il vous reste 15 jours pour proposer vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.

Si les thèmes ne vous plaisent pas, souvenez-vous qu’il reste la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos jours, vos nuits et votre année 2023 ! Jusqu'en décembre, venez découvrir 12 magnifiques univers ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De Equipe des Podiums le 14/09/2022 23:00


30ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 30e édition des Nuits Insolites se déroulera le samedi 24 septembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 10/09/2022 10:05


Concours d'écriture


Ici la voix...

La voix vous propose un concours Secret Story, pensé pour les membres les plus anciens du site comme ses plus récents utilisateurs ! Idéal pour apprendre à connaître de nouvelles personnes et découvrir la communauté HPFienne, autrices comme lectrices y sont les bienvenues ! La voix vous explique son projet plus en détails ici !
Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 28 septembre !




De La Voix le 05/09/2022 23:30


Enceinte par Melody

[2 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Petit OS sans prétention écrit dans le cadre du projet de Fleur d'Epine, Le Labyrinthe : l'inconscient qui choisit.

J'ai utilisé mon OC Rachel Davis, que vous pouvez retrouver dans la série d'OS Seuf Eux et dans ma fanfiction principale Tout au bord du monde.

L'identité du mari de Rachel est volontairement secrète. Si je la dévoile maintenant, je spoile ma fanfiction principale. Aux lecteurs de TABDM : les paris sont ouverts !

 

Merci à mes bêtas pour leur correction express ! <3

Note de chapitre:

Contraintes :

  • Un évènement passé retient votre personnage et ne lui permet pas de vivre librement sa vie.

Le retour en arrière peut être positif pour y puiser des forces nouvelles et repartir de l’avant mais, généralement, la marche en arrière a peu de chances d’être agréable.

—> Si le retour en arrière s’est effectué avec vitesse :

  • Votre personnage sent l’effroi de cette marche forcée. C’est l’angoisse d’un retour en arrière sans fin, d’un retour au néant.

  • Votre personnage doit régler quelque chose lié à son enfance.

 

 

Rachel contempla la lueur bleue émise par sa baguette magique et sentit les battements de son cœur accélérer sévèrement. Même si elle s’en doutait, elle n’était définitivement pas prête à encaisser cela et la façon dont elle se laissa tomber sur le sol en sanglotant le témoignait. Enceinte. Voilà ce que la petite lumière au bout de sa baguette indiquait. Dans la précipitation, elle avait laissé cette dernière rouler sur le sol et la lueur s’était éteinte lorsqu’elle avait quitté sa main.


Avec cette révélation, son monde s’écroulait. Jamais elle n’aurait cru que cela lui arriverait, à elle. Ils avaient pourtant toujours pris leurs précautions ! Elle ne comprenait pas comment ça avait pu se produire. Elle aurait souhaité qu’il s’agisse d’une erreur mais elle savait que le charme qu’elle avait acheté dans cette petite boutique à Pré-au-Lard ne mentait pas. Il ne mentait jamais, d’ailleurs, et c’était bien pour cela qu’il était si populaire chez les sorcières britanniques.

 

Devant l’avalanche de signes, et notamment le premier retard de règles de sa vie, la jeune femme avait préféré faire un test, davantage pour se rassurer et se dire qu’il s’agissait d’un simple dérèglement hormonal qu’autre chose. Elle savait qu’elle pouvait être enceinte, que c’était possible, mais elle n’avait jamais réellement envisagé qu’elle l’était vraiment.

 

Son mari frappa à la porte de la salle de bain dans laquelle elle s’était enfermée, la faisant sursauter.

 

—  Rachel ! Qu’est-ce que tu fiches là-dedans ? Faut vraiment que j’aille sur le trône là !

 

Elle renifla et se releva précipitamment en chassant ses dernières larmes.

 

—  Deux secondes !

 

Elle souffla, ramassa sa baguette et se passa de l’eau sur le visage, effaçant ses dernières larmes. Inutile d’inquiéter l’homme de sa vie, c’était à elle de gérer cela. Elle ouvrit la porte avec un immense sourire.

 

—  Pourquoi tu souris comme ça ? se méfia-t-il. Ne me dis pas que tu as encore mit des poils de chien sur ma brosse à dents !

 

Elle roula exagérément des yeux. Il était vrai que le couple aimait s’adonner à ce genre de farces quotidiennes mais pour une fois, la jeune femme n’était pas vraiment d’humeur. Évidemment, son mari ne pouvait pas le deviner et il s’attendait aux frasques habituelles de son épouse.

 

— Je souris parce que j’ai envie, dit-elle en sentant son estomac se tordre.

 

Il plissa des yeux.

 

—  Mouais…

—  Tu ne devais pas aller sur le trône ? fit-elle en arquant un sourcil, reprenant l’expression si glamour qu’il avait employée plus tôt.

 

Rachel ne craignait pas la réaction de son mari. Une grossesse serait, sans aucun doute, une excellente nouvelle pour lui. Pas pour elle. Rachel ne voulait pas d’enfant. Elle en avait voulu, petite, avant que son père ne se mette à boire et à les frapper, son frère et elle, avant qu’il ne les rejette complètement parce qu’ils étaient des sorciers, les condamnant à passer le reste de leur enfance entre Poudlard et l’orphelinat sorcier qui les avait recueillis par dépit.

 

À compter de ce jour ou bien peut-être un peu auparavant, Rachel n’avait plus réellement eu de parents, juste deux figures un peu vagues qui donnaient beaucoup d’ordres et peu d’amour. Elle n’avait aucune idée de la façon dont il fallait s’y prendre. Elle ne se sentait pas même d’essayer, car elle demeurait certaine d’une chose : elle ne ferait jamais une bonne mère. Elle avait trop de points communs avec ses parents, le même sang chaud que son père, la même intransigeance que sa mère : les risques étaient trop grands qu’elle reproduise le même schéma d’éducation. C’était le seul qu’elle avait connu après tout. Pourtant, une petite voix lui disait que, peut-être… Non. Elle ne pouvait pas, elle ne voulait pas, ce n’était pas possible.

 

Mais qu’est-ce qu’elle allait bien pouvoir faire ? Son mari entré dans la salle de bain, elle se retrouva une nouvelle fois seule avec elle-même. Elle décida finalement de finir de se préparer pour aller au travail. Elle aurait bien le temps de penser plus tard à tout cela.

 

Depuis quelques années, la jeune femme dirigeait la Réserve de Vivets dorés Modesty Rabnott dans le Somerset. Un boulot qui la passionnait, bien qu’elle détestait la paperasse, préférant passer son temps à admirer les petits oiseaux en voie d’extinction. Son travail consistait, entre autres, à s’assurer de la protection des animaux, leur lignage, tout en encourageant les études qui pouvaient être faites par certains magizoologistes sur les yeux ou bien les plumes de ces fascinantes créatures.

 

Elle attacha vaguement son énorme masse capillaire bouclée, enfila sa casquette et sa cape puis se dirigea à la porte de la salle de bain.

 

—  Je pars ! annonça-t-elle.

 

Elle allait s'exécuter en transplanant quand soudain, son époux surgit de la pièce d’eau, uniquement vêtu d’un vieux caleçon rose tout défraîchi.

 

—  Et mon bisous alors ? râla-t-il.

 

C’était davantage pour la forme qu’autre chose et cela amusa la jeune femme qu’après tant d’années, la flamme ne se soit jamais éteinte entre eux. Et surtout, que son mari soit aussi stupide qu’au premier jour.

 

—  Tu vas être en retard, gloussa-t-elle alors qu’il agitait son derrière, improvisant une chorégraphie dans leur chambre.  

—  Tu es jalouse ? nargua-t-il.

—  Je peux être en retard quand je veux et tu le sais très bien, contesta Rachel, une lueur brillante dans le regard.

—  Sois en retard avec moi alors… dit-il avec un sourire coquin.

—  Pas si tu portes ce caleçon, déclara-t-elle, catégorique.

—  Il est très bien ce caleçon ! protesta-t-il, faussement ennuyé.

—  C’est écrit « j’peux pas j’ai Quidditch » dessus, nota-t-elle, amusée.

—  Oui et bien ? En plus c’est toi qui me l’a offert, ce caleçon.

—  J’ai vraiment des goûts abominables.

—  Hé merci pour moi !

—  Et puis tu as Quidditch.

 

Il grogna.

 

—  Puisque c’est comme ça…

 

Il désigna son corps d’un mouvement du poignet et lança un regard suggestif à la jeune femme en retournant à reculon dans la salle de bain.

 

—  … Je suis en grève ! annonça-t-il.  

 

Elle haussa un sourcil, dubitative, et éclata de rire.

 

—  Bonne chance avec ça jeune homme ! Tu es incapable de me résister !

 

Il s’enferma à double tour et commença à chanter une chanson ridicule. Rachel pouffa, puis s’en alla au travail, ses soucis de nouveau en tête.

 

Lorsqu’elle arriva par transplanage devant la réserve, elle se fustigea mentalement. De toute évidence, ce moyen de transport n'était pas très recommandé lorsqu'on était enceinte. Pourquoi n’y avait-elle pas pensé plus tôt ? La réponse lui vint tout aussi vite : parce qu’elle n’avait pas le gène de la bonne mère tout simplement. Avec elle, ce bébé était condamné, elle en était certaine.

 

Rachel aimait son bureau et elle s’y sentit un tout petit mieux quand elle y entra sans croiser aucun de ses employés. C’était une pièce exiguë, et très souvent dans un bazar monstre. Tout un mur était pris par une immense bibliothèque pleine de livres sur les créatures fantastiques, de thèses, d’extraits de lois. Le reste du vieux papier peint était recouvert de photo de Vivets dorés, d’articles vantant le travail produit dans la réserve, de croquis, d’affiches sensibilisantes à la préservation de cette espèce devenue trop rare.

 

La porte était toujours ouverte. C’était la règle de la maison. Rachel était peut-être la directrice de l’endroit, mais elle tenait à savoir ce qui se passait ici, et surtout, elle tenait à ce que ses employés sachent qu’elle était là pour eux.

 

Elle pensait pouvoir se concentrer sur son travail et oublier ce qui la préoccupait mais elle dut se rendre à l’évidence. Ce qui se passait dans son utérus l’obsédait. Elle ne savait pas quoi faire. Devait-elle en parler à son mari ? Non. C’était une mauvaise idée, il chercherait absolument à la convaincre de garder l’enfant. Or, d’un enfant, elle n’en voulait pas.

 

Rachel savait à qui elle aurait aimé pouvoir se confier. Sa mère. Quand on attend un bébé, on veut forcément discuter avec sa maman. Chercher du réconfort, des conseils, de la bonne nourriture, voir même quelques souvenirs. On a besoin de quelqu’un qui a à la fois l’expérience, et une attitude bienveillante à notre égard. Cependant, elle était certaine que ses parents n’auraient ni l’un ni l’autre. Et puis, elle ne leur avait pas parlé depuis le jour de ses onze ans.

 

Rachel se sentit soudain très seule. Ironie du sort, quand on savait qu’un être était en train de grandir en elle. Instinctivement, elle posa ses mains sur son ventre. Non. C’était une mauvaise idée, il ne valait mieux pas s’attacher. Il ne valait mieux pas être égoïste.

 

Un élan de colère la traversa alors. Elle se rappelait très bien le dégoût et la peur dans les yeux de ses parents. Elle se souvenait de chaque fois qu’elle avait surpris son père en train de prendre un apéritif le soir, parce que c’était bon pour les artères. Apéritifs qui étaient toujours suivis de mots particulièrement durs. Il lui avait fallu du temps, mais la jeune femme avait fini par comprendre que son enfance n’avait pas été des plus communes et surtout, pas des plus heureuses. C’était de leur faute, si elle ne parvenait pas aujourd’hui à aller de l’avant. Ils avaient réussi ce que personne d’autre n’avait pu faire. Ils l’avaient brisée et ils avaient brisé ce qui donnait du sens à son existence : avoir une famille.

 

Morte de fatigue et d’inquiétude, elle fondit en larmes au-dessus de son bureau. Un raclement de gorge se fit entendre et la jeune femme releva la tête en interrompant ses pleurs, surprise. Tom, un de ses plus vieil employé, se tenait dans l’encadrement de la porte de son bureau, toujours grande ouverte. Il fronçait les sourcils, l’air soucieux.

 

—  Rachel ? Tout va bien ?

 

Elle se redonna une contenance et se moucha bruyamment.

 

—  Oui oui, excuse-moi Tom. Tu avais besoin de quelque chose ?

 

C’était un vieux monsieur aux épaules larges qui tutoyait toujours tout le monde. Il était là depuis que Rachel travaillait dans la Réserve et il connaissait son métier sur le bout des doigts. La jeune femme estimait énormément son savoir sur le fonctionnement de la boîte et la bonne humeur du papi en faisait un personnage sympathique apprécié de tous dont l’opinion était toujours prise au sérieux.

 

—  Juste besoin de te parler d’un truc mais je crois que ça peut attendre, décida-t-il en venant s’asseoir sur la chaise qui faisait face au bureau de la jeune femme.

—  Tom, je suis la directrice pour une raison, je n’ai pas besoin qu’on me ménage, soupira-t-elle, lasse.

—  Est-ce que c’est le boulot ? C’est ça ? On te donne trop de travail ? Non parce que si c’est ça, je peux aller engueuler Tracie pour avoir volé tous les porte-bonheurs de David, dit-il en montrant la sortie du pouce par-dessus son épaule, signe qu’il était prêt à passer à l’action.

—  Non ce n’est pas ça et pourquoi est-ce que tu veux engueuler Tracie ? Ce n’est pas elle qui a volé tous les porte-bonheurs de David.

—  Pourtant, David n’arrête pas de hurler dans la cafétéria qu’il a bien vu que c’était elle, déclara-t-il en roulant des yeux.

—  Tu lui diras de changer de lunettes, parce que ce n’était pas elle, affirma Rachel, sûre d’elle.

—  Ah bon mais… Hé attends. Tu sais qui c’est ? s’étonna-t-il en ouvrant de grands yeux.

 

Elle ouvrit son tiroir et en sortit un tas de gri-gris. Son employé ouvrit des yeux ronds comme des Souafles.

 

—  C’était toi ? Tu me choques !

 

Rachel ricana.

 

—  Ce n’est pas parce que je suis la directrice que je vais m’arrêter de faire des farces, plaisanta-t-elle. Alors, à quel point est-ce qu’il panique, David ? ajouta-t-elle sur un ton de conspiratrice.

—  Il a dit qu’il refusait d’aller donner à boire aux Vivets car il risquait de se faire becter et qu’il meure d’une infection, se plaignit Tom, qui était en charge de l’administration.

—  Ah ouais quand même. Bon, il va peut-être falloir que je lui redonne ses trucs alors, avoir un employé qui ne fait pas son job et des Vivets qui meurent dans une réserve, ce n’est pas bien fantastique. Enfin bref. Tu n’es pas venu pour parler gris-gris alors dis-moi ce que tu fais là et sors de mon bureau que je me remette à travailler !

 

Aucun d’entre eux ne mentionna que la jeune femme n’avait pas été interrompue en train de travailler mais de pleurer à chaudes larmes.

 

—  C’est à propos de la délégation de magizooligistes qui vient demain. Il veulent avancer l’heure du rendez-vous.

—  Quoi ?! Encore ? Mais c’est quoi leur problème ?! Dis-leur que c’est non, je m’en fiche. Ils l’ont déjà avancé trois fois leur fichu rendez-vous. Ou bien ils viennent à l’heure convenue, ou bien ils ne viennent pas du tout, je m’en balance.

—  D’accord, je m’en occupe.

 

Rachel se replongea dans ses papiers, pensant que la discussion était close et que son employé allait repartir, aussi en sentant qu’il n’avait pas quitté les lieux, elle releva la tête vers lui.

 

—  Est-ce qu’il y a quelque chose d’autre, Tom ?

 

Il se racla la gorge, embarrassé.

 

—  Hé bien, c’est-à-dire que si ce n’est pas les histoires de Tracie et David et si ce n’est pas non plus juste le boulot… C’est perso, déduit-il très justement.

 

Rachel se passionna soudain pour la contemplation de ses mains.

 

—  Je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais je préfère avoir une boss concentrée sur son job et en forme plutôt qu’une qui rumine sur ce qui ne va pas quand elle est au travail. Ce n’est pas bon pour toi, ce n’est pas bon pour nous et ce n’est pas bon non plus les Vivets. À mon avis, tu devrais prendre ta journée et régler tes problèmes. On peut se passer de toi pendant vingt-quatre heures, ne t’en fais pas.

 

La jeune femme considéra un long moment ce que Tom venait de lui dire. Il avait des arguments rationnels qu’il était difficile d’ignorer et elle avait de toute manière toujours estimé ce qui sortait de sa bouche, son expérience étant l’un des plus grands atouts de l’endroit. Mais si elle prenait sa journée pour régler ses problèmes, il lui fallait de vraies solutions et pas se servir de cette prétendue journée de congé pour profiter de la vie ou bien se complaire dans ses malheurs. Elle avait besoin d’un plan d’action.

 

Or, des solutions, elle n’avait pas l’impression d’en avoir beaucoup. Un choix s’offrait à elle cependant. Allait-elle garder l’enfant ? Est-ce qu’elle allait en parler à son mari ? Est-ce qu’il n’était pas lâche de sa part d’abandonner le bébé sans même prendre la peine d’essayer ? Mais si les choses tournaient mal ? Désemparée, elle poussa un gros soupir. Elle ne savait pas quoi faire et elle ne savait pas non plus à qui en parler.

 

Puis soudain, la solution lui apparut et elle se trouva stupide de ne pas y avoir pensé plus tôt.

 

—  Tu sais quoi, Tom ? Je crois que tu as raison. Je vais prendre ma journée, résoudre mes petits soucis, et revenir plus en forme que jamais !

 

Il lui sourit.

 

—  Et bien, à bientôt alors.

—  Excuse-moi auprès des magizoologistes et dis-leur que s’ils sont besoin de quoi que ce soit, ils peuvent toujours m’envoyer un hibou à mon domicile, je m’en occuperai ce soir, dit-elle en revêtant sa cape à nouveau.

 

Il acquiesça et elle s’éclipsa. Elle appela le Magicobus, et en s’installant à l’intérieur, elle se fit la réflexion qu’elle n’avait jamais passé aussi peu de temps dans une journée à son travail et cela l’amusa. Elle perdit un peu son sourire quand elle se retrouva devant la vieille porte à la peinture blanche écaillée. Elle s’était dit que si elle affrontait enfin son passé, elle pourrait prendre une décision et réellement savoir ce qui était le mieux pour elle, et pour le bébé, mais elle n’en était à présent plus aussi sûre.  

 

La maison de son enfance lui semblait menaçante. Cela n’avait jamais été un lieu qu’elle avait apprécié et le quitter avait été un soulagement empreint d’amertume. Ce fut donc avec une boule au ventre que la blonde s’approcha de la porte et vint y frapper trois coups.

Une femme que Rachel reconnut aussitôt ouvrit. Son abondante chevelure bouclée était plus grise et attachée avec une pince. Son front était marqué de rides et ses pores étrangement visibles et grands ouverts sur ses joues. Elle dévisagea sa visiteuse et très vite, une lueur alluma son regard vitreux quand elle la reconnut.

 

—  Seigneur… souffla la vieille dame, comme si elle venait de voir un fantôme.

 

Ce qui en un sens, était un peu le cas.

 

—  Bonjour, dit Rachel.

 

Elle avait failli ajouter « maman » mais s’était retenue juste à temps. Cette femme n’était plus sa mère depuis longtemps et elle n’avait jamais réellement joué ce rôle. De plus en plus nerveuse et se disant qu’elle était en train de faire une grosse bêtise et qu’elle aurait mieux fait de repartir sur-le-champ, la jeune femme se dandina sur place, terriblement mal à l’aise.

 

La vieille dame ouvrit en plus grand la porte et invita sa fille, qu’elle n’avait pas vue depuis de nombreuses années, à entrer. Rachel hésita un long moment et craint même durant une seconde de pénétrer la bâtisse. Cet endroit s’était apparenté à une prison pour elle. Et si elle ne pouvait plus en sortir ? S’ils se mettaient à la battre ? Elle poussa un gros soupir et se rassura. C’était une adulte, avec des responsabilités, elle avait un mari formidable, des amis sur lesquels elle pouvait (presque) compter, un job qu’elle adorait et surtout c’était une sorcière accomplie, munie de sa baguette. Absolument rien ne pouvait se produire.

 

Et pourtant.

 

Rachel suivit sa mère en silence jusque dans la cuisine, qui n’avait pas changé en seize ans. Toujours la même table ronde étroite et ses quatre chaises bancales. Toujours la même odeur de plats mitonnés mélangée aux effluves d’alcool et de fumée de cigarette qui emplissait les lieux. La véranda donnait sur une petite cour étroite dans laquelle Rachel avait l’habitude de jouer au rugby avec son frère jumeau autrefois.

 

—  Est-ce que tu veux du thé ?

—  Est-ce qu’il est ici ?

 

Elles avaient parlé en même temps. La mère de la jeune fille enclencha la bouilloire. Rachel se dit qu’elle aurait pu lancer un sort avant de se rappeler que sa mère n’était pas une sorcière.

 

—  Il ne devrait pas tarder. Il est parti au pub avec des amis.

 

Rachel retint un rire jaune. Évidemment qu’il était au pub. Comme toujours. Elle savait déjà comment les choses allaient se terminer. Il allait rentrer, ivre, ivre d’alcool et de reproches à distribuer, de gifles à lancer, de poings sur la table.

 

Pourquoi s’était-elle imaginé que les choses avaient changé ? Pourquoi était-elle venue ici ?

 

—  Je ne veux pas de thé, je ne resterai pas longtemps.

 

Rachel pouvait voir, dans les yeux de sa mère, que cette dernière brûlait de lui demander ce qu’il lui avait pris de se rendre ici.

 

—  Tu n’aurais pas dû revenir ici.

La jeune femme soupira.

 

—  Tu n’aurais pas non plus dû être une mère aussi affreuse et pourtant… As-tu fait quoi que ce soit pour me protéger ? Pour protéger Thomas ?

—  Vous n’aviez pas besoin de protection.

—  On avait besoin de parents. De soutien. D’amour.

—  Vous aviez votre magie.

—  Ça ne remplacera jamais l’amour d’une mère !

—  Qu’est-ce que tu en sais ?

 

C’était une bonne question. Rachel n’était pas —  encore —  mère. Elle n’était pas prête. Enfin, c’était ce qu’elle croyait. Pourtant, elle avait cette conviction. Jamais elle ne pourrait haïr ses enfants. Ce n’était pas comme ça que les choses se déroulaient. Alors oui, elle n’avait pas de mère. Mais elle savait comment c’était supposé se passer. Son mari, lui, avait une mère formidable. Implicitement, Rachel avait compris ce que cela impliquait que d’être une bonne mère. C’était comme cela qu’elle savait qu’elle n’était pas prête pour le job.

 

—  Je suis enceinte.

 

Katherine Davis eut un mouvement de recul, puis elle plissa les paupières et un air méchant se dessina sur son visage. Elle n’avait pas encore ouvert la bouche que Rachel savait qu’elle allait dire quelque chose de désagréable. Elle avait reconnu les signes annonciateurs aussi vite qu’ils étaient apparus. Visiblement, même après toutes ces années, certaines choses ne pourraient jamais changer.

 

—  D’un monstre dans ton genre ?

 

La jeune femme réagit au quart de tour.

 

—  Tu parles de mon mari là ! rugit-elle.

—  Tu es mariée ? commenta sa génitrice, les yeux écarquillés par la surprise.

—  Bah avec qui tu crois que je l’ai fait ce bébé ? Le Pape ? ironisa-t-elle, sidérée que sa mère ose lui poser une question pareille.

—  Considérant ta nature, il n’aurait pas été étonnant qu’il s’agisse d’un pauvre type trouvé sur le trottoir… d’ailleurs, on n’a pas vraiment le moyen de savoir si c’est le cas ou pas.

—  Ma nature ?! Tu parles du fait que je sois une sorcière, n’est-ce pas ?!

 

La vieille femme frémit, comme horrifiée.

 

—  Oh, tu peux faire celle qui est dégoûtée, hein ! Mais ton cinéma ne prend pas avec moi. Ça va peut-être t’en boucher un coin, mais je n’ai pas eu besoin de toi, ni de l’autre, pour devenir celle que je suis aujourd’hui : une femme heureuse, respectée dans sa communauté, qui dirige une réserve d’animaux fantastiques en voie de disparition, et dont l’époux est un sportif reconnu. Voilà qui je suis aujourd’hui. Et rien de tout cela n’est arrivé grâce à toi !

—  Je te prierais de parler à ta mère sur un autre ton.

 

Rachel aurait pu reconnaître cette voix dans le noir et même en dormant. Elle en avait fait des cauchemars, durant un temps, de la voix de son père, traînante, arrogante. Dangereuse. Visiblement il était rentré. Elle se retourna vers lui et ne prit même pas le temps de détailler son allure misérable avant de rétorquer d’une voix amère :

 

—  Cela fait longtemps que ce n’est plus ma mère. Tout comme tu n’as jamais été mon père. Vous savez quoi ? Je n’aurais pas dû venir ici. Je n’aurais pas dû venir vous voir.

—  Alors dans ce cas, pourquoi es-tu venue ?

—  Sûrement pour me prouver que je n’avais pas besoin de vous. Après tout, pour être une bonne mère, je n’aurais qu’à faire le contraire de ce que vous avez fait pour nous. Ou plutôt ce que vous n’avez pas fait.

—  Nous t’avons fourni un toit ! Des vêtements ! De la nourriture ! Comment oses-tu dénigrer l’éducation que nous t’avons donné ?

—  Vous m’avez traité de monstre alors que je ne comprenais même pas ce qu’il m’arrivait ! J’ai grandi sans parents ! Est-ce qu’une seule fois vous vous êtes préoccupés de ce qu’on devenait, Thomas et moi ? Si je n’étais pas venue ici aujourd’hui, auriez-vous su que je suis mariée et enceinte ? Non ! Parce que vous n’en avez rien à branler. C’est à se demander pourquoi vous avez fait des enfants !

—  Ça suffit ! Je ne tolérerai pas me faire insulter dans ma propre maison !

—  Fort bien, je m’en vais.

— C’est ça retourne auprès de ton clébard de mari et allez élever votre petit monstre ensemble.

—  JE T’INTERDIS D’INSULTER MA FAMILLE !

 

Elle quitta les lieux en claquant la porte d’entrée et le vent qui lui fouetta soudain le visage sembla calmer sa tachycardie. Elle posa une main sur sa poitrine et se mit à marcher à pas fermes dans les rues de Londres. Comment osaient-ils la traiter de la sorte ? Comment pouvaient-ils être aussi bornés ? Elle n’en revenait pas d’avoir oublié à quel point ces gens étaient affreux.

 

Elle finit par se poser sur un banc au milieu d’un square. Il y avait au moins un point positif à cette histoire. Elle était venue les affronter dans le but de prendre une décision. Toute sa vie, elle avait été hantée par la peur de finir comme eux, et de devenir le même genre de parents. Si cette visite lui avait rappelé de mauvais souvenirs, elle avait également au moins eu le mérite de lui prouver qu’elle n’avait strictement rien à voir avec ces gens.

 

Rachel ne traitait pas de monstres les personnes différentes, elle ne buvait pas d’alcool tous les soirs et elle n’avait jamais frappé personne. Jamais elle ne pourrait insulter ses enfants ou s’empêcher de les aimer. Et elle ne pouvait peut-être pas encore réellement sentir sa présence, mais elle savait que toute sa vie, elle protégerait de sa vie, de son âme, la petite créature qui grandissait en elle. Son bébé.

 

La jeune femme poussa un soupir en posant une main sur son ventre encore plat. Maintenant qu’elle était prête à aller de l’avant, un nouveau défi émergeait. Comment, par les glandes de Merlin, allait-elle pouvoir annoncer cela à son andouille de mari ?

 

 

 

 

Note de fin de chapitre :

Bon... J'espère que cela vous a plu ? ^^'

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