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127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Sélections du mois


Félicitations à AliceJeanne et TeddyLunard, qui remportent la Sélection Action/Aventure !

Vous voulez revenir dans le Futur ? Lors du mois de novembre c’est possible avec la Sélection Next-Gen ! Vous avez jusqu'au 30 novembre pour lire les 10 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter ici.

Et pour le mois de décembre, le thème et les textes vous attendent déjà avec la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez découvrir ces 12 histoires jusqu’à la fin de l’année et vous pourrez voter à partir de décembre. Pour en savoir plus, rendez-vous ICI !


De L'équipe des Podiums le 01/11/2022 19:00


15ème Échange de Noël


Le traditionnel Échange de fics de Noël est de retour pour sa 15ème édition !



Et cette année, vous pouvez écrire et recevoir : des fanfictions Harry Potter, des histoires originales... mais aussi des fanfictions sur d'autres fandoms ! Envie de nous rejoindre ?


Ça se passe d'ici le 31 octobre sur ce topic du forum HPF !


De L'équipe de modération le 23/10/2022 17:22


126ème Nuit d'HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 126 édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 21 octobre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De L'équipe des Nuits le 16/10/2022 11:07


Sélections du mois


Félicitations à Fleur d’épine, Ella C, Eejil9 et CacheCoeur, qui remportent la Sélection Femslash !

Vous voulez de l’action ? De l’aventure ? Ce mois de Sélections est fait pour vous ! Le Jury des Aspics vous invite à lire sur ce thème en octobre avec la Sélection Aventure/Action ! Vous avez jusqu'au 31 octobre pour lire les 5 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter par ici.

Et au mois de novembre, partez dans le futur avec la Next-Gen ! Vous avez jusqu’à la fin du mois d'octobre pour nous faire découvrir sur ce thème si vaste vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots. Pour proposer des textes, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news !

Il y a également la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos nuits d’insomnies ! Jusqu’au mois de décembre, venez découvrir 12 histoires incroyables ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De L'équipe des Podiums le 03/10/2022 23:05


Enfants des Ténèbres par Seonne

[42 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Lecteurs et lectrices d'amour, bonjour !

Comme vous l'avez sûrement lu dans le résumé, cette fic répond au concours Mangemort Inc. Recrute, lancé par Ayame et Litsiu sur le forum.

Le but ? Écrire un calendrier : 12 mois, 12 Mangemorts différents.

Des thématiques pour grapiller quelques points bonus sont postés de temps à autre, et il est fort possible que je m'en serve d'inspiration !

Ce recueil se concentrera donc sur la génération de (futurs) Mangemorts qui se trouvaient à Poudlard en même temps que les Maraudeurs. Leurs noms, que vous avez lus dans le résumé, sont ceux donnés par Sirius dans le chapitre de la Coupe de Feu que j'ai cité. Alors niveau chronologie, JKR s'était un peu emmêlée les pinceaux (Bellatrix n'ayant jamais été à Poudlard en même temps qu'eux), j'ai donc pris la liberté d'inclure aussi quelques Mangemorts un peu plus vieux.

Leur point commun ? Ils sont tous les enfants des anciens camarades de Poudlard de Voldemort.

J'espère que ce recueil sur ces personnages si tendres et incompris plus ou moins connus vous plaira ;)

Note de chapitre:

Ce premier chapitre répondu au Thème n°1 : Fic la plus gore. Attention ! Âmes sensibles s'abstenir !

J'ai aussi choisi de profiter du Léchage de bottes pour grapiller quelques points bonus en commençant avec le personnage d'Evan Rosier... Qui me paraît très approprié !

Bonne lecture !

Juin 1971.

 

C'était un matin de juin. Evan s'en souviendrait toute sa vie. Il avait été réveillé par les rayons chauds du soleil d'été, aux premières heures du jour. Il avait volontairement laissé ses rideaux ouverts la veille pour se lever de bonne heure. Son esprit agité n'avait trouvé que peu de repos dans la nuit, et la lumière le réveilla sans qu'il n'eut la moindre envie de refermer l'œil. Il savait qu'il n'y arriverait pas, de toute façon.

 

Il se leva et s'approcha de la fenêtre. L'aube éclairait de ses couleurs pastelles le grand parc qui s’étendait sur le domaine des Rosier. Un spectacle presque féerique, qu'il avait tant aimé contempler avec ses sœurs, plus jeune. Avant que son aînée, Esther, ne se marie à Tiberius Flint et quitte la maison. Avant qu'il devienne trop âgé pour supporter les enfantillages de sa cadette, Adhara. L'adolescence avait eu raison de leur fratrie autrefois soudée. Et les trois enfants des Rosier ne partageaient désormais plus que leur sang.

 

Mais ces considérations n'effleurèrent pas une seconde son esprit. Ce jour-là, il avait bien plus important à penser. Ses doigts se serrèrent sur le rebord de la fenêtre. La fête mondaine qui avait célébré son dix-septième anniversaire la semaine précédente n'était plus qu'un lointain souvenir. Il était désormais tourné vers l'avenir. Et vers les portes que sa majorité lui ouvrait.

 

Ce jour-là serait le grand jour. Celui qu'il attendait depuis des mois, peut-être même des années. Le Seigneur des Ténèbres se refusait d'intégrer des mineurs parmi ses rangs. Mais Evan avait dépassé cette formalité civile, et pouvait enfin prétendre à servir le Maître, comme l'appelait son père. Cet homme, ancien camarade de classe et proche camarade de Marvin Rosier, avait toujours fasciné le fils de ce dernier. Il avait toujours aimé ses idées, et sa vision du monde. Ses rêves de grandeur inspirait le jeune homme.

 

Evan était héritier des Rosier par son père, et des Selwyn par sa mère. Son sang était l'un des plus purs de toute l'Angleterre. Et de fait, il était destiné à de grandes choses. Étant le seul homme de la fratrie, un poids de plus pesait sur ses épaules, et il l'avait toujours accepté avec une fierté non dissimulée. Il serait celui qui ferait amènerait à sa consécration l'illustre nom des Rosier.

 

Pourtant, à l'aube du commencement de cette nouvelle vie, il se sentait anxieux. Evan n'était pas habitué à ce genre de tourments. Bien sûr de lui pour un garçon d'à peine dix-sept ans, il ne s'inquiétait en règle générale que de peu de choses. Mais il en venait presque à douter. Serait-il à la hauteur ?

 

Il s'était juré de devenir le plus jeune des Mangemorts, comme les fidèles du Seigneur des Ténèbres se faisaient appeler. Du groupe d'amis avec lequel il avait grandi, seul un avait pu rejoindre ce cercle fermé. Rodolphus était le plus âgé d'entre eux, et obtenu ses ASPICs trois ans auparavant. Sa fiancée, Bellatrix, n'avait pas encore pu en faire de même. Si le nom des Black s'imposait de lui-même, le Seigneur des Ténèbres semblait plus réticent à accorder sa confiance à une femme. Avery et Mulciber, bien que très prometteurs, n'étaient encore que des enfants.

 

Richard Wilkes, le meilleur ami d'Evan, n'avait pas non plus réussi à suffisamment faire jouer ses relations pour se frayer sa place. Quant à Lucius avec qui il partageait la plupart de ses cours, ce dernier semblait trop peureux pour s'investir parmi les fidèles du Seigneur des Ténèbres.

 

Mais pour Evan, le chemin était tout tracé. Son père avait été l'un des premiers disciples de Tom Jedusor, à l'époque où il se faisait encore appeler sous ce nom. Toute son éducation l'avait préparé à ce jour. Et malgré cela, il en venait à douter. Pour la première fois de sa vie, le poids des attentes du monde pesait trop lourd sur ses épaules. Il savait qu'il ne pouvait se permettre de décevoir personne.

 

Et il ne décevrait personne, s'intima-t-il.

 

Il resta immobile de longues minutes, son regard se perdant sur le domaine dans lequel il avait grandi. Le moindre des bosquets, entretenu à la brindille près, semblait si insignifiant, de la hauteur de sa fenêtre. Il ne savait pourquoi cela le frappait soudainement.

 

Le tintement des horloges résonna dans toute la maisonnée, le tirant de ses pensées. Il était l'heure de se préparer. Dans quinze minutes, le petit-déjeuner serait servi, et il se devait d'être parfaitement ponctuel. Il se doucha, s'habilla d'une robe de sorcier d'une élégante sobriété. Pas de mondanités, pas de fanfreluches inutiles. Une robe noire et simple, à la coupe ajustée et aux détails soignés, ferait parfaitement l'affaire. Il se rasa à blanc, coiffa soigneusement ses cheveux, attendit encore une minute pour ne pas descendre trop en avance, et quitta sa chambre.

 

Il se rendit donc dans la grande salle à manger et s'assit à sa place. Sa mère fut la première à rejoindre la table. Elle le salua d'un bonjour presque cordial. Il la sentait tendue ; et quelle mère ne l'aurait pas été, en de pareilles circonstances ?

 

Les minutes s'étirèrent lentement, le silence de la grande pièce seulement interrompu par le tic-tac de la grosse horloge qui trônait sur le manteau de la cheminée. Evan suivait le mouvement des aiguilles, comme hypnotisé. Sa jeune sœur arriva sur le fil, ne manquant pas de se faire réprimander par leur mère. Evan la trouvait parfois trop stricte avec Adhara. S'ils savaient tous que la benjamine n'avait pas été désirée, et avait de surcroît eut la malchance de naître fille, ce n'était tout de même pas une raison pour que sa mère passe sur elle toutes ses frustrations.

 

Mais il aurait fallu plus que de la pitié pour sa cadette pour le détourner de ses objectifs, et de cette angoisse sourde qui s'était installée en lui. Ses entrailles étaient nouées, et il peinait à déglutir. Quand l'heure de manger sonna, Marvin Rosier entra majestueusement dans la salle. Tous se levèrent pour l'accueillir. Evan se tenait droit comme un Botruc. Dans ses yeux brillait toute son admiration.

 

Son père leur fit signe de s'asseoir, et les Elfes commencèrent à les servir.

 

— Es-tu prêt, mon fils ?

— Plus que jamais, affirma Evan d'une voix ferme.

 

***

 

Comme le voulait la tradition, on lui banda les yeux. Le Seigneur des Ténèbres était à cheval sur les principes, et refusait le moindre risque de compromettre l'obscurité et la discrétion de son assemblée. Le père d'Evan avait noué le lien si fort qu'il lui comprimait le crâne, mais il ne lui vint même pas à l'esprit de se plaindre. Tous ses sens étaient en alerte, et une appréhension mêlée d'excitation éclipsait tout le reste. La main de Marvin se posa sur son bras, et la prise ferme de ses doigts écrasa ses muscles.

 

Evan ressentit l'étrange sensation que procurait toujours le transplanage d'escorte. Mais l'oppression qui enserrait ses poumons ne cessa pas lorsque ses pieds touchèrent à nouveau la terre ferme. Sa respiration se faisait difficile. Toujours cette appréhension sourde, songea-t-il.

 

Son père le tira par le bras. Ils devaient être dans un endroit perdu parmi les campagnes. On n'entendait que quelques chants d'oiseaux, et le bruissement du vent dans les feuillages. Ses pas crissaient doucement sur le chemin de terre. Tout ce silence avait quelque chose de mystérieux. Les deux hommes s'arrêtèrent, et Evan entendit un grincement métallique – sûrement l'ouverture d'un portail. Ils reprirent leur chemin, montèrent quelques marches. Il entendait des murmures autour de lui, mais ne parvenait à distinguer leurs mots. Il soupçonnait que son père ait ensorcelé son ouïe, afin qu'il soit encore plus désorienté. Mais cela ne faisait rien. Cette privation de ses sens n'était que provisoire, mais surtout, était la condition nécessaire à l'avenir qu'il avait toujours désiré.

 

Il sentit de nouvelles mains se poser sur ses avant-bras, l'entraînant à l'intérieur de ce qui devait être une grande maison. Il emprunta un dédale de couloirs, totalement désorienté par sa cécité et son audition réduite à percevoir d'étranges chuchotements. Était-ce une épreuve ? Qu'attendait-on de lui ? Tentait-on de le faire craquer ? Paniquer sous la pression ? Ç'aurait été mal le connaître. Evan restait tranquille et docile. Après un chemin qui lui sembla interminable, on lui fit sentir qu'il fallait qu'il s'arrête. Les mains posées sur lui quittèrent sa peau, et son père le lâcha à son tour. Il se sentit étrangement seul, mais ne bougea pas, attendant les ordres pour la suite. L'heure n'était pas à l'improvisation.

 

Les bruits alentours parvinrent soudainement à ses oreilles comme le son d'une radio que l'on augmente en tournant un bouton – il ne percevait que quelques murmures sombres qui résonnaient dans ce qui devait être une grande pièce. Le bandeau qui cachait ses yeux se défit par magie et tomba à ses pieds. Il ouvrit les paupières. Il se trouvait bien dans un salon gigantesque. Le haut plafond lui donnait une sorte de vertige. Les nombreux tableaux accrochés aux murs de pierre grise et froide avait été couverts par de larges draps noirs. La lumière du soleil filtrait légèrement à travers les épais rideaux qui camouflaient les fenêtres, créant une aura sombre et mystérieuse. Un frisson parcourut l'échine du jeune homme.

 

Evan releva les yeux. Face lui, une petite assemblée était assise en cercle autour d'une longue table. Certains visages étaient masqués ; d'autres, familiers, le toisaient d'un air impassible. Il aperçut son père, aux côtés d'Artorius Lestrange et d'Eugene Avery. Il reconnut aussi Henry Mucilber. Ces anciens camarades du Seigneur des Ténèbres, premiers membres de leur coalition, avaient été rassemblé en bout de table. Et, à la place d'honneur, leur Maître présidait.

 

Tous les regards étaient fixés sur le jeune homme, mais Evan ne voyait que les yeux rouges du Seigneur des Ténèbres, qui le dévisageaient. Il se redressa et soutint fièrement son regard. Il n'était pas intimidé. Il se sentait étrangement léger, alors que le poids de l'attention de tous ces gens honorables aurait dû peser sur ses épaules.

 

Mais il ne voulait pas laisser la moindre place au doute. Il était fin prêt, et il comptait le leur montrer.

 

— Evan, mon jeune ami, avance-toi donc, que tout le monde puisse voir ton visage.

 

La voix du Maître était doucereuse, et semblait presque insidieuse. Mais Evan ne se démonta pas. Il se plaça un peu plus au centre de la pièce, la où convergeait les rayons qui provenaient des différentes fenêtres. La lumière du jour lui faisait mal aux yeux, après avoir passé de si longues minutes aveuglé, mais il ne cilla pas. Il se tenait droit et altier, comme son père le lui avait appris. Son regard glissa un instant vers le visage de son géniteur. Ce dernier le toisait, les sourcils froncés. Il ne fallait surtout pas le décevoir.

 

— Notre jeune ami, énonça le Seigneur des Ténèbres à ses partisans, se nomme Evan Rosier. Il est le fils de notre fidèle Marvin, ici présent. Jeune homme, ton envie de rejoindre les rangs des Mangemorts ne date pas d'hier, d'après ce que j'ai entendu dire.

 

Il s'était levé et s'était penché vers lui. Son regard de serpent mettait le jeune homme mal à l'aise. Evan déglutit avec difficulté mais ne se démonta pas.

 

— En effet. Je rêve de devenir l'un de vos partisans, de vous aider à rétablir l'ordre dans la débâcle que devient le monde des sorciers.

— Que de belles paroles, que de sages mots. Ton père t'a bien éduqué, n'est-ce pas ? Alors depuis ton plus jeune âge, tu rêves de nous rejoindre – des intentions admirables. N'es-tu pas un peu jeune pour prétendre nous être utile ?

— J'ai eu dix-sept ans la semaine dernière. Je n'ai plus la Trace, et désormais, mes sortilèges sont indétectable par le Ministère. Je jure d'être le plus loyal de vos serviteurs, je...

— Mais ne te reste-t-il pas encore une année d'études à accomplir à Poudlard ?

— Je vous y serais utile. De nombreux enfants d'employés du Ministère étudient au château, je pourrai leur sous-tirer quelques informations. Ou enquêter sur certains des professeurs. L'enceinte de Poudlard est presque impénétrable, et il vous serait peut-être utile d'y avoir un espion.

 

Evan savait que son jeune âge, même si ce mois de juin avait sonné sa majorité, risquait forcement de l'handicaper dans ses projets. Alors il avait préparé son argumentaire. Et après tout, son raisonnement était loin d'être stupide. Après un instant de silence, les lèvres fines du Seigneur des Ténèbres s'étirèrent en un sourire tout aussi satisfait qu'effrayant.

 

— Et vif d'esprit, avec cela. Voilà un garçon comme je les aime, Marvin. Tu dois en être fier. Tu ne t'es pas trompé en l'amenant ici.

 

Il se leva dans un bruissement de tissu, alors que le reste de l'assemblée restait résolument muette autour de lui, attendant son verdict. Il s'approcha d'Evan, tourna autour de lui pour l'inspecter sous toutes ses coutures. Ce dernier sentit une sueur froide couler le long de sa nuque, mais ne bougea pas d'un cheveu.

 

— Un raisonnement subtil, que tu nous as présenté. Tu es malin mon garçon, et cela me plaît. Mais sauras-tu nous donner toute ta loyauté ?

 

Evan ouvrit la bouche pour lui répondre, mais n'eut pas le temps de formuler le moindre mot. L'homme pointa sa baguette vers lui, et un voile noir se posa sur les yeux du jeune homme. Il ne fut alors plus maître ses pensées. Il voyait, impuissant, des instants de sa vie défiler devant ses yeux. Une partie de cache-cache en compagnie de ses sœurs. Son père leur expliquant la gloire de leur nom, et le prestige de leur famille. Sa mère qui lui contait l'histoire des vingt-huit sacrées. Le mariage de sa sœur et de cet arrogant Tiberius, qui n'avait pour lui que la pureté de son sang. Il y avait aussi Poudlard, et ses amis. Le jour où Bellatrix avait défiguré cette Née-Moldue qui avait osé lui demandé si elle voulait bien l'aider pour un devoir. Le livre que Rodolphus lui avait prêté – Introduction aux Arts Sombres pour sorciers en quête de grandeur. Il se vit serrer la main de Richard pour la première fois, puis leurs fous-rires, leurs parties d'échecs, les heures passées à imaginer ce que ce serait de pouvoir rejoindre les rangs du Seigneur des Ténèbres. Il y eut aussi son premier baiser avec la douce Edonna Yaxley. Puis le jour où il avait envoyé à l’infirmerie ce crétin de Lovegood, qui avait insulté son père.

 

Toutes ces images qui se succédaient lui donnaient le tournis. Il avait l'impression de revivre sa vie en vitesse accélérée. Puis, enfin, tout cessa et il put rouvrir les yeux. Sa respiration était chaotique, comme s'il sortait d'une longue apnée. Il tenta de faire bonne figure et de garder son air impassible, mais il se sentait étrangement mal. Il avait presque envie de vomir.

 

Le Seigneur des Ténèbres avait forcé les barrières de ses pensées. Et même si le garçon n'avait pas tenté une seconde de résister à cette intrusion, son esprit se remettait difficilement. Une goutte de sueur perlait sur son front. L'homme se tenait debout face à lui et le regardait droit dans les yeux. Evan ne cilla pas, plongeant son regard dans les deux prunelles rouges et inquiétantes.

 

— Tu sembles digne de notre confiance.

 

Malgré ses sensations nauséeuses, Evan sentit son cœur bondir de joie dans sa poitrine. Il s'agissait du plus beau compliment qu'on eut pu lui faire. Il attendit que le Maître prononce les paroles qu'il attendait depuis des années. Il allait enfin être des leurs.

 

— Il ne nous reste plus qu'à prouver ton courage, mon garçon. Nous ne pourrions pas nous permettre d'accepter un lâche ou un faible parmi nous, qu'en penses-tu ?

— Cela va de soi.

— Artorius, va nous chercher le prisonnier.

 

Le père de Rodolphus se leva immédiatement et quitta la pièce. Quelques murmures fusèrent, mais ne suffirent pas à rompre le silence de marbre qui s'abattit de nouveau sur la pièce. Evan dévisageait un à un tous ceux qui se trouvaient face à lui. Après quelques minutes, des bruits de pas résonnèrent dans le couloir derrière lui, ponctués de pleurs et de gémissements. La porte s'ouvrit sur Mr Lestrange, qui tenait par le col celui qui devait être ledit prisonnier. L'emblème du Ministère de la Magie était brodé sur sa robe beige. Ses yeux rougis par la fatigue et les larmes jetaient tout autour de lui des regards terrifiés. Les traits de son visage étaient creusés, et son teint, cireux. D'un mouvement de sa baguette, le Seigneur des Ténèbres l'éleva au-dessus de la petite assemblée, pour que chacun puisse le voir clairement.

 

— Evan, je te présente Tyron Rowland. Mr Rowland est, comme tu l'as sûrement déjà deviné, un employé du Ministère. Son nom t'est-il familier ?

— Non, avoua Evan.

— Notre estimé Mr Rowland n'est autre que le chef du Bureau de Désinformation du Ministère. Son métier consiste à inventer les excuses les plus improbables pour... camoufler notre existence aux yeux des Moldus.

 

Il marqua une pause et se tourna vers ses fidèles. Si tous l'écoutaient attentivement, leurs yeux étaient fixés sur l'homme. Ce dernier tentait de se débattre, mais le sortilège qui le retenait était bien trop puissant. Il s'agitait en vain, et gémissait derrière son bâillon invisible. Des larmes silencieuses coulaient sur ses joues, avant de s'écraser sur la table au-dessus de laquelle il était suspendu.

 

— Cet homme, reprit le Seigneur des Ténèbres d'une voix grave et théâtrale, fait de nous des parias. Il nous traite comme des animaux, comme la lie de l'humanité. En dissimulant notre présence, il contribue à rabaisser les sorciers. Il fait honte à son sang, honte à sa nature ! Voulons-nous vivre dans l'ombre et le silence ?

— Non !

 

Comme tous les autres, Evan s'était époumoné pour répondre à sa question, si rhétorique soit-elle. On pouvait presque sentir les esprits s'échauffer, et la tension monter. Tous s'enfiévraient, certains s'étaient levés et penchés vers leur prisonnier, un mépris clair affiché sur leurs visages.

 

— Ce sont les Moldus qui devraient avoir honte de leur faiblesse, de leur immondice ! Cet homme est un imposteur, il jette l'opprobre sur notre condition ! Nous ne pouvons tolérer pareil affront.

 

Il se tourna vers Evan. Toute la haine que l'on pouvait lire dans ses yeux effraya le jeune homme, mais à nouveau, il resta impassible. Tout se jouait en cet instant, il le savait. Ses belles paroles et ses envies de grandeurs seraient balayées à tout jamais s'il flanchait maintenant.

 

— N'es-tu pas d'accord, mon garçon ?

— Si. Bien sûr. C'est une abjection. Il déshonore la nature de sorcier.

— Très bien, très bien.

 

D'un mouvement de baguette, le Seigneur des Ténèbres fit s'écraser l'homme lourdement sur la table. Un second sortilège, et il le traîna jusqu'aux pieds d'Evan. Tyron Rowland leva ses yeux remplis de larmes vers le garçon. Il ne lui inspirait que du dégoût. Et peut-être aussi une once de pitié.

 

— Tu ne seras pas surpris d'apprendre que nous avons jugé bon de lui trouver un remplaçant. L'un des nôtres, qui saura tirer bénéfice de sa position pour servir nos intérêts. Mr Rowland a d'ores et déjà envoyé sa démission au Ministère, accompagnée de la désignation de son successeur.

 

Evan sentit son estomac se contracter. Il sut ce que le Seigneur des Ténèbres allait lui demander avant même qu'il ne prononce les mots fatidiques.

 

— Tue-le.

 

Evan lança un regard à peine hésitant en direction de son père. Ce dernier fronçait les sourcils, soucieux. Il lui fit signe de la tête ; un hochement qui voulait tout dire. Ne me déçois pas. Pas maintenant.

 

Alors le jeune homme leva lentement sa baguette. Il savait qu'on finirait par lui demander ce genre de choses. Ce n'était pas une surprise. Alors pourquoi avait-il du mal à respirer ? Il sentait ses muscles se contracter par spasmes, et se concentra pour empêcher son bras de trembler. Le Seigneur des Ténèbres se plaça derrière lui, et posa une main glaciale sur son épaule.

 

— Assure-toi qu'il souffre avant d'expirer.

 

Évidement. Ç'aurait été trop facile, sinon. Une foule de sortilèges lui venaient à l'esprit, tous plus terribles les uns que les autres, dénichés dans des livres aux noms effrayants. Le Seigneur des Ténèbres leva le sortilège de Mutisme et le pitoyable Rowland se mit immédiatement à déblatérer ses regrets, de futiles excuses, tentant de leur expliquer combien il pouvait encore leur être utile. Mais Evan ne l'entendait pas, ses paroles étaient comme le bourdonnement désagréable d'un Doxy à ses oreilles. Et malgré tous les sortilèges abominables qu'il connaissait, le premier sort qu'il jeta fut un simple maléfice Cuisant.

 

— Ignis !

 

Un éclair rougeâtre frappa le visage de Rowland et fit taire sa plaidoirie, remplacée par un hurlement de douleur. Le cri déchira les tympans d'Evan, mais cela ne l’apeura pas. Il regarda le visage de l'homme se boursoufler sous ses yeux, comme brûlé. Rowland se courbait de douleur et gémissait, ses larmes redoublant sur ses joues trempées.

 

— Diffindo !

 

Une profonde coupure entailla le bras du prisonnier, remontant de son coude jusqu'à son oreille droite. Evan avait du mal à contrôler le flux de magie, et l'entaille fut si profonde qu'un bout de peau pendit tristement à travers la déchirure de la robe. Il lui semblait même apercevoir l'un de ses os, scintillant d'une blancheur étrange entre les chairs rouges et déchiquetées. La vue du sang qui dégoulinait et tâchait le tissu clair avait quelque chose de grisant. Il s'était déjà battu, avait déjà blessé d'autres élèves, se retenant tout de même toujours de dépasser la limite de trop.

 

Mais Rowland était destiné à mourir. Alors il n'y avait aucune limite à ce qu'il pouvait lui infliger.

 

Les lamentations du pauvre homme ne déclenchèrent pas la moindre pitié chez le garçon. Au contraire, il le dégoûtait encore plus. Il était pathétique et répugnant. Une lueur folle brilla dans les yeux d'Evan, alors qu'il levait sa baguette pour frapper à nouveau.

 

— Fractus !

 

Un craquement sombre résonna, et l'homme s'effondra au sol alors que ses côtes se brisaient. Les reliefs difformes de son torse se dessinaient sous sa robe, des morceaux d'os émergeant à plusieurs endroits, colorant le tissu de nouvelles traces vermeilles. La tête de la victime heurta les dalles de marbre avec violence, et un liquide écarlate s'échappa par ses lèvres et l'une de ses narines. L'un de ses poumons avait dû être percé par l'impact.

 

— Diffindo ! Verberatus !

 

De nouvelles coupures entaillèrent les membres de l'homme, alors que des bleus sombres apparaissaient sous sa peau. Une flaque de sang s'étendaient tout autour de lui, et commençait à tâcher le bord du tapis à côté duquel il se trouvait. Ses yeux étaient si injectés de sang qu'on n'apercevait plus la blancheur de sa cornée. Ses geignements s'étaient affaiblis, et il ne parvenait plus à bouger. Son corps se courbait dans des positions effrayantes sous l'effet des sortilèges d'Evan. Et plus son sang coulait, plus les sorts se succédaient rapidement. La couleur écarlate qui tâchait le sol faisait au jeune homme l'effet d'un stimulant.

 

— Conscidisti ! Suffocatur ! Torcular !

 

Les spasmes qui parcouraient le corps de Rowland s'intensifièrent, et le Seigneur des Ténèbres posa à nouveau sa main sur l'épaule d'Evan, comme pour le retenir. Ce dernier cessa alors son massacre, ses yeux toujours fixés sur sa victime qui suffoquait. Ses yeux révulsés et ses membres désarticulés semblaient sortis d'un cauchemar. Il ne ressemblait plus à un homme. Il était un ensemble de chairs à vifs, d'os disloqués, et de lambeaux d'organes. Hypnotisé, Evan ne pouvait quitter du regard cette vision pourtant insupportable. Son esprit était résolument vide, comme s'il était encore incapable de réaliser ce qu'il venait de faire.

 

Après de longues minutes qui lui parurent être une éternité, Tyron Rowland cessa définitivement le moindre mouvement. Le sang s'écoulait encore lentement de ses plaies, noirci par les caillots séchés qui se formaient à certains endroits.

 

Derrière lui, il entendit résonner de sombres applaudissements.

 

— Et bien, voilà qui est impressionnant. Bravo, bravo, mon jeune ami. Levez-vous donc pour féliciter notre nouvelle recrue !

 

Toute la réunion qui suivit se passa comme un rêve, ou un cauchemar, Evan n'aurait su le dire. Il n'arrivait pas à penser. Il entendit les murmures d'approbation tout autour de lui, et les compliments de son père, mais ne répondit pas. Il ressentit la brûlure, quand la baguette du Maître imprima la Marque des Ténèbres sur son avant-bras, mais ne gémit pas de douleur. Il écouta tous les échanges, les différentes missions confiées à chacun, mais ne s'en soucia pas le moins du monde. Il sentit l'étreinte de son père, quand celui-ci le ramena chez eux par transplanage d'escorte, mais se trouva incapable de bouger.

 

Il lui sembla reprendre conscience dans la cuisine de ses parents, lorsque leur Elfe de maison débarbouilla son visage. La porte s'ouvrit sur sa sœur, et il put discerner un mélange de peur et de dégoût dans les yeux de la fillette. Adhara pâlit d'un ton, et se précipita vers lui.

 

— Evan ? Evan ! Pourquoi est-ce que tu es couvert de sang ?

 

Apathique, il recouvrit alors seulement l'usage de la parole et de ses muscles. Il repoussa l'Elfe un instant, et serra sa cadette contre lui.

 

— Tu es blessé ? Qu'est-ce que tu...

— Tout va bien. Tout va bien, Adha.

 

Il la sentait sangloter contre lui, et une part de lui avait envie de l'accompagner dans ses pleurs. Il avait enfin obtenu ce qu'il avait désiré toute sa vie. Il s'était montré brave, et avait dépassé toutes les attentes de son père et de leur Maître. Pourtant, il se sentait résolument vide, dépourvu de la moindre joie.

 

En ce jour de juin, la semaine qui avait suivi son dix-septième anniversaire, il avait tué un homme. Non. Il avait massacré un prisonnier ligoté.

 

Il se leva d'un bond, se retourna, et vomit son petit-déjeuner dans l'évier immaculé de la cuisine.

 

Il allait falloir s'endurcir, songea-t-il sombrement.

 

Note de fin de chapitre :

Alors je tiens à le préciser, Evan Rosier est un personnage qui me tient énormément à cœur. Sa jeune sœur qu'on a vu apparaître dans ce chapitre, Adhara, est l'une de mes premières et seules OC. J'avais écrit une longue fic sur son histoire durant le NaNoWriMo de 2016, dont je ne suis pas du tout satisfaite et que je n'ai donc jamais publiée (mais je n'exclue pas l'idée de m'y remettre un jour).

Du coup, les Rosier, ce sont un peu mes amours <3 Ah, Evan, petit chou sanguinaire, mon psychopathe incompris <3

D'ailleurs, comme vous avez pu le voir, j'ai été plutôt très inspirée pour ce chapitre très (trop ?) long !

J'espère que ce pavé n'aura pas été trop indigeste et qu'il vous aura plu ! Comme je le disais, Evan est un personnage qui me tient énormément à cœur, alors n'hésitez pas à me laisser une petite review à l'autrice frustrée de n'avoir pas encore davantage écrit sur lui que je suis :D

À très vite !

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