S'identifier | | Identifiants perdus | S'enregistrer |
Lien Facebook

En savoir plus sur cette bannière

News

Assemblée Générale 2024


Bonjour à toustes,

L'assemblée générale annuelle de l'association Héros de Papier Froissé est présentement ouverte sur le forum et ce jusqu'à vendredi prochain, le 21 juin 2024, à 19h.

Venez lire, échanger et voter (pour les adhérents) pour l'avenir de l'association.

Bonne AG !
De Conseil d'Administration le 14/06/2024 19:04


Sélection Romance !


Bonsoir à toustes,

Comme vous l'avez peut-être déjà constaté, sur notre page d'accueil s'affichent désormais des textes nous présentant des tranches de vie tout aussi romantiques ou romancées les uns que les autres ! Et oui, c'est la sélection Romance qui occupera le début de l'été, jusqu'au 31 juillet.

Nous vous encourageons vivement à (re)découvrir, lire et commenter cette sélection ! Avec une petite surprise pour les plus assidu.e.s d'entre vous...

Bien sûr, vous pouvez voter, ça se passe ici !


De Jury des Aspics le 12/06/2024 22:31


145e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 145e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Vendredi 14 juin à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
À très bientôt !


 


De L'équipe des nuits le 12/06/2024 12:33


Maintenance des serveurs


Attention, deux interventions techniques prévues par notre hébergeur peuvent impacter votre utilisation de nos sites les 28 mai et 4 juin, de 20h à minuit ! Pas d'inquiétudes à avoir si vous remarquez des coupures ponctuelles sur ces plages horaires, promis ce ne sont pas de vilains gremlins qui grignotent nos câbles ;)

De Conseil d'Administration le 26/05/2024 18:10


144e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 144e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Samedi 18 mai à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits et à vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De L'équipe des Nuits le 12/05/2024 11:00


Nouvelles des Podiums du joli mois d'avril


Bonsoir à toustes !

En ce début de printemps, c'est la nouvelle pousse des sélections nouveau format qui fait sa germination !

Vous pouvez donc voter pour le thème du prochain trimestre de lectures, ici, entre le personnage Hagrid, la catégorie Romance ou le genre Aventure/action, jusqu'au 30 avril !

Egalement jusqu'au 30 avril, vous pouvez lire ici les textes de la Sélection Enfances, puis voter ! Nous vous encourageons fortement à laisser un petit mot après votre lecture, cela motive et encourage toujours, et donne corps à notre volonté de favoriser les échanges autour des textes sélectionnés.

De jolies récompenses sont prévues grâce aux créations graphiques de lilychx ! Rendez-vous au début du joli mois de mai...


De L'Equipe des Podiums le 03/04/2024 00:05


Dirty Homecoming Queen par FearlessUntamed

[122 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Merci infinimment à Moorwen, MissMD, blantello et nine pour vos reviews. Elles sont tellement motivantes - vous n'avez pas idée !

Deux points avant de continuer  :

1. Il reste 6 chapitres (en comptant celui-ci) avant la fin de cette histoire. Le temps passe vite quand on s'amuse, hein ?

2. Accrochez vos ceintures à partir de maintenant car ça va devenir vraiment très intense (oui, encore plus)

Encore une fois, un grand merci à ma super bêta Polka60 pour sa correction de ce chapitre.

Bonne Lecture !




XX. No One Has to Know

Ginny Weasley ne parvint pas à décoller ses yeux de la silhouette immobile de Millicent Bulstrode. La position de son corps était étrange et peu naturelle – comme si elle avait succombé dans une position particulièrement inconfortable. Sa peau avait pris une couleur anormale à certains endroits : des tâches rougeâtres étaient apparues sur ses bras et à la naissance de sa nuque, laissés à découvert. Ce qui choqua Ginny fut sans doute l'expression de son visage, défiguré par une grimace.

Peu importait les circonstances – Millicent Bulstrode avait vécu une mort douloureuse. Et si Ginny était certaine d'une chose, c'était que l'image de son cadavre serait à jamais gravée dans sa mémoire. Pendant de longues secondes, une éternité pour elle, Ginny fixa le corps gisant de Millicent, les bras ballants, incapable de bouger.

Un hurlement la sortit de sa torpeur. Elle se retourna, et vit Hermione qui regardait le cadavre, terrorisée. Dans ses yeux remplis d'horreur, Ginny put lire à cet instant que la vue de Millicent ternirait l'innocence d'Hermione pour toujours. Hermione poussa un gémissement étouffé, plaquant sa main contre sa bouche, traversée de spasmes nauséeux. Elle se rua vers la corbeille à papiers posée à l'entrée de la pièce et rendit le contenu son estomac à l'intérieur, entre deux sanglots.

La porte s'ouvrit à la volée et Ginny tourna la tête, alarmée. Elle reconnut Tracey Davis. Cette dernière jeta un regard confus à Hermione qui sanglotait inlassablement, visiblement traumatisée, puis vers Ginny. Son regard se dirigea ensuite vers le sol. Immédiatement, Ginny fut saisie d'un instinct inexplicable et elle se rua sur Tracey pour l'empêcher d'avancer davantage, voulant à tout prix lui épargner cette découverte macabre.

« Millie ? » demanda Tracey d'une voix cassée.

Tracey tenta de se dégager mais Ginny l'en empêcha.

« Non, non, non. » répéta Ginny d'un ton paniqué. « Ne regarde pas. »

Mais Tracey ignora ses suppliques et se débattit avec virulence pour tenter de se défaire de son emprise.

« MILLIE ? » hurla-t-elle. « Lâche-moi ! »

D'une force surréelle, Tracey parvint à repousser Ginny. Celle-ci perdit son équilibre et tomba au sol. D'un œil impuissant, elle observa Tracey se diriger vers le corps de Millicent.

Le hurlement que Tracey Davis poussa fut déchirant. Ginny sentit son estomac se retourner. Elle ferma les yeux – espérant du plus profond de son âme qu'il s'agissait simplement d'un horrible cauchemar et qu'elle allait se réveiller d'une minute à l'autre.

Mais lorsqu'elle rouvrit les yeux – la vue du corps grisâtre de Millicent évanouit toutes ses prières intérieures.

« Millie réveille-toi, ce n'est pas drôle, s'il-te-plaît… » plaida Tracey, tentant de hisser le corps de la jeune fille, comme pour l'encourager à se relever.

La porte de la Salle des Trophées était grande ouverte et des bruits de pas se rapprochèrent. Ginny, toujours au sol, leva les yeux et aperçut McGonagall, suivie par des professeurs et le reste du jury.

Derrière ses lunettes, les yeux de la directrice adjointe affichèrent une lueur que Ginny n'avait jamais vu chez elle. Elle était habituellement froide et austère, et faisait preuve de peu d'émotions. A cet instant, toutefois, elle parut si désemparée devant la scène qui se présentait à elle que Ginny eut l'impression de voir une autre personne.

Tracey parlait toujours au corps de Millicent, l'air désespéré. Lorsque McGonagall s'approcha d'elle, posant une main rassurante sur son épaule, elle s'écarta d'un geste brutal.

« NON ! » hurla Tracey.

Rogue arriva à la rescousse de McGonagall et ils parvinrent à saisir la jeune fille par les épaules. Elle se débattait de manière si forcenée qu'ils eurent du mal à la contenir. McGonagall leva sa baguette dans sa direction et murmura une incantation. Immédiatement, Tracey cessa de se débattre, et son corps s'effondra sur Rogue qui l'attrapa avant qu'elle n'atteigne le sol. Même si Tracey ne pouvait pas bouger, elle semblait toujours consciente. Ses yeux s'agitaient dans tous les sens dans leurs orbites. McGonagall se pencha sur le corps de Millicent, posant sa baguette sur sa nuque, comme pour vérifier son pouls. Après quelques instants, elle se tourna vers les professeurs présents, l'air grave.

« Il faut prévenir le Directeur, immédiatement. Septima et Sirius, évacuez Miss Davis, Miss Weasley et Miss Granger. » ordonna McGonagall. « Severus, appelez Argus et demandez-lui de fermer l'étage. »

Immédiatement, Ginny vit Septima Vector, qui enseignait l'Arithmancie s'approcher d'elle. Vector lui tendit la main et l'aida à se relever avec douceur. Elle tendit ensuite sa baguette vers la silhouette désormais immobile de Tracey Davis, la faisant léviter dans les airs. Du coin de l'œil, Ginny aperçut Sirius Black qui se dirigeait vers Hermione et la hissait dans ses bras avec facilité. Cette dernière sanglotait toujours et se laissa faire complètement. Ginny jeta un dernier regard à Millicent avant de suivre le Professeur Vector hors de la pièce. Ils marchèrent dans les couloirs dans un silence pesant. Quelques instants plus tard, Ginny réalisa qu'on les avait emmenées à l'infirmerie.

Après avoir posé Hermione sur l'un des lits, le Professeur Black se dirigea vers le bureau de l'infirmière. Cette dernière sortit en trombe, l'air paniqué. Il lui murmura des paroles que Ginny ne parvint pas à distinguer. Pomfresh posa la main sur sa bouche, horrifiée.

« Est-ce que je peux sortir d'ici ? » demanda Ginny d'une voix blanche.

Elle ne supportait pas de rester dans cet endroit – sans savoir ce qu'il se passait dehors. Elle ressentait le besoin vital de voir son frère, comme pour s'assurer qu'il allait bien.

« Je crois qu'il est préférable que vous restiez ici pour le moment, Miss Weasley. » déclara Black d'une voix ferme après avoir échangé un regard avec Vector.

Ginny se laissa choir sur une chaise libre, éreintée.

« Que s'est-il passé, là-bas ? » demanda Black, l'observant avec attention.

« Nous avons décidé de rentrer plus tôt dans la Salle des Trophées… Et nous l'avons trouvée là. » déclara-t-elle dans un souffle, un frisson lugubre lui parcourant l'échine.

Sa gorge lui paraissait étrangement sèche. Elle n'avait pas eu le courage de prononcer le prénom de Millicent. Le visage de la jeune fille lui revint en mémoire et elle se sentit nauséeuse.

Les deux professeurs quittèrent la pièce, laissant les trois jeunes filles sous la supervision de l'infirmière qui s'attela à tenter de calmer Hermione et Tracey à tour de rôle. Le sort qu'avait lancé McGonagall sur cette dernière faisait toujours effet mais perdait son intensité au fil des minutes. De temps à autre, on l'entendait se retourner ou laisser échapper des exclamations étouffées.

Une heure plus tard, la porte de l'infirmière s'ouvrit de nouveau et McGonagall pénétra à l'intérieur de la pièce, suivi de deux individus que Ginny ne reconnut pas. Ils portaient des robes de sorciers aux couleurs du Ministère.

« Miss Weasley et Miss Granger, nous sommes conscients qu'il s'agit d'un moment extrêmement difficile pour vous. Toutefois, ces Aurors ont des questions à vous poser. » expliqua McGonagall d'une voix douce.

Ginny hocha la tête. L'un des Aurors, un homme imposant au crâne rasé lui fit signe de le suivre et Ginny s'engagea à sa suite dans le bureau de l'infirmière.

Même si elle avait passé des journées entières à l'infirmerie pendant sa longue convalescence après l'attaque des Quatre, Ginny n'était jamais entrée dans le bureau de Madame Pomfresh. Il s'agissait d'une pièce étroite, meublée d'un bureau et de larges étagères remplies de rouleaux de parchemins soigneusement classés. Sur le mur, on avait accroché des photos représentant Pomfresh avec des anciens patients, dans des décors exotiques. Elle avait probablement pratiqué à l'étranger avant son poste à Poudlard.

Ginny prit place sur l'une des chaises, se triturant les mains nerveusement. Elle savait qu'elle n'avait rien à se reprocher mais la situation lui provoqua une anxiété certaine. Probablement parce qu'elle lui donnait une impression de déjà-vu. Elle s'était retrouvée dans une position similaire, l'année précédente. La différence était qu'à cette époque, elle avait eu beaucoup de choses à se reprocher.

L'homme se présenta comme étant Dawlish, un Auror confirmé du Ministère. Il fut extrêmement patient avec elle tandis qu'il l'interrogeait sur la découverte du corps de Millicent. Ginny tenta de lui répéter tout ce qu'elle avait indiqué au professeur Black une heure plus tôt. Il lui demanda si quelque chose lui avait semblé suspect dans la matinée ou si Millicent avait montré des signes de détresse. Ginny confirma qu'elle n'avait pas porté attention à Millicent pendant la journée.

« Que lui est-il arrivée ? » demanda-t-elle dans un souffle.

« Les premiers signes semblent indiquer qu'il s'agit d'une overdose accidentelle. Saviez-vous si Miss Bulstrode avait l'habitude de consommer des stupéfiants ? » interrogea-t-il.

Ginny ouvrit la bouche, horrifiée.

« Je… Je ne la connaissais pas. Vous devriez peut-être interroger ses amies. Elles doivent en savoir plus sur ça. » dit-elle finalement.

Il nota soigneusement sur son carnet les noms que lui indiqua Ginny et la remercia. Elle fut soulagée de quitter l'atmosphère étouffante du bureau. De retour dans l'infirmerie, elle constata qu'Hermione n'était nulle part en vue. Elle était probablement interrogée par l'autre Auror. Seule Tracey se trouvait toujours dans la pièce, entourée par l'infirmière et McGonagall, le visage dissimulé dans ses mains, pleurant doucement.

« Est-ce que je peux sortir d'ici ? » demanda Ginny d'une voix fatiguée en direction de McGonagall.

McGonagall jeta un regard vers l'Auror comme pour lui demander son approbation. Elle sembla l'obtenir car elle acquiesça :

« Si vous le souhaitez, Miss Weasley. N'hésitez pas à revenir ici si vous avez besoin de quoi que ce soit. Ne restez pas seule, les dernières heures ont été traumatisantes pour vous, il est important que vous soyez entourée. »

Ginny hocha la tête, avant de quitter la pièce. D'un pas traînant, elle erra dans les couloirs, sans but apparent, tandis que son cerveau tentait tant bien que mal de comprendre les sentiments étranges qui l'agitaient.

Arrivée près de la Grande Salle, elle aperçut un groupe d'élèves et elle sentit son cœur s'accélérer lorsqu'elle repéra Draco parmi-eux. En croisant son regard, elle comprit qu'il savait déjà. Sans le réaliser, elle s'était mise à courir et lorsqu'elle arriva à sa hauteur, elle fondit en larmes, se laissant tomber dans ses bras.

Pendant les deux dernières heures, elle avait eu cette étrange sensation - celle d'être dans un rêve éveillé. Son cerveau s'était arrêté sur le mode ''pause'' comme s'il s'interdisait d'afficher une quelconque réaction face à la situation.

Toutefois, à la vue de Draco, elle avait senti toutes ses protections s'affaisser. La proximité d'un visage familier avait suffi à faire resurgir tous ces sentiments qu'elle tentait de refouler.

Draco l'entoura dans une étreinte rassurante et elle se laissa pleurer sans aucune retenue sur son torse. Elle sanglota pendant de longues minutes, des larmes lui brouillant les yeux pendant que Draco caressait ses cheveux, tentant de la rassurer. Elle savait que les autres élèves présents assistaient à son effondrement mais elle n'en avait que faire.

« Viens. » lui murmura-t-il à l'oreille, en lui attrapant la main pour l'éloigner du groupe qui l'observait toujours avec curiosité.

Elle laissa Draco l'entraîner dans un couloir attenant, et quelques instants plus tard, ils se retrouvèrent dans une salle de classe vide. Ginny se laissa tomber sur une chaise, lessivée. Elle n'avait plus d'énergie. Ses larmes cessèrent l'espace d'un instant.

« Merci. » murmura-t-elle en reniflant, acceptant le mouchoir immaculé que lui tendit Draco.

Elle épongea ses yeux.

« C'est tellement…horrible. » chuchota-t-elle, la gorge nouée.

Draco tira une chaise et s'installa à ses côtés, l'observant avec préoccupation.

« Tu… Tu as entendu ? » demanda-t-elle.

Il hocha la tête gravement.

« Dumbledore l'a annoncé dans la Grande Salle il y a quelques minutes. » dit-il. « Mais il n'a pas donné de détails. Que s'est-il passé ? »

« Je suis retournée dans la pièce et elle…Elle était… » dit-elle avant de s'arrêter, sans pouvoir achever sa phrase.

Elle sentit à nouveau des larmes apparaître au coin de ses yeux déjà rougis.

« L'auror a dit qu'elle a fait une overdose. » expliqua-t-elle. « Comment est-ce possible ? »

Draco jura.

« Elle était connue pour toucher à pas mal de substances. Mais je n'aurais jamais cru qu'elle touchait à des choses aussi dangereuses. » dit-il en grimaçant. « Il est impossible de faire une surdose de poudre de Billywig. C'était probablement quelque chose de plus fort. »

Ginny lui jeta un regard interdit. Elle avait entendu beaucoup de choses sur Millicent – mais elle n'avait pas eu connaissance de sa consommation de drogues dures. Pansy Parkinson lui avait pourtant fait un compte rendu détaillé de la vie de chacune de ses amies. Avait-elle caché cette information de manière volontaire ou ignorait-elle simplement les habitudes de Millicent ?

« C'est bizarre, j'ai toujours pensé qu'elle savait ce qu'elle faisait avec ces trucs. A moins que… » commença Draco d'un air absent, avant de s'arrêter, comme s'il venait d'avoir une révélation.

« A moins que quoi ? » insista Ginny, confuse.

« A moins qu'elle l'ait fait de manière consciente. » acheva Draco d'un ton grave.

Ginny écarquilla les yeux, l'observant d'un air interdit.

« Tu veux dire… Un suicide ? » murmura-t-elle en baissant la voix.

Il acquiesça.

« Mais…pourquoi ? » s'enquit Ginny. « Pourquoi aurait-elle fait une chose pareille ? »

Il haussa les épaules.

« Aucune idée. Mais ces temps-ci, elle paraissait bizarre. Et je ne suis pas le seul à l'avoir remarqué. » déclara Draco.

Millicent Bulstrode semblait avoir tout pour elle. La richesse, la beauté, la popularité. Pourquoi aurait-elle pu mettre fin à ses jours ? Cela n'avait aucun sens.

Soudainement, elle sentit une boule dans son estomac en se rappelant de la manière dont elle l'avait humiliée quelques semaines auparavant avec sa plaisanterie de mauvais goût. Elle sentit la culpabilité la ronger de nouveau.

Comme si Draco avait saisi ses pensées, il posa une main sur celle de Ginny, la serrant d'une manière réconfortante.

« Ce n'est pas de ta faute, Ginevra. C'était une fille troublée et instable, avec visiblement beaucoup de démons intérieurs. » dit-il.

« Pourquoi personne n'a rien fait pour l'aider dans ce cas ? » demanda-t-elle avec frustration. « Ces amies devaient savoir que quelque chose clochait. »

« Ginevra, tu es bien placée pour le savoir. Ces filles sont des narcissiques en puissance. Tout ce qui les intéresse est leurs propres problèmes personnels. » rappela Draco sur le ton de l'évidence.

Elle hocha la tête, l'air impuissant.

« Je suis fatiguée. » dit-elle, soudainement.

Draco hocha la tête.

« Je te raccompagne. » déclara-t-il.

Elle se releva d'un geste las. Elle avait l'impression d'être complètement vidée de son énergie. Ils restèrent silencieux tandis qu'ils s'engageaient dans les couloirs en direction de la salle commune de Gryffondor. Ce fut seulement lorsqu'ils atteignirent le portrait de la Grosse Dame, qu'elle réalisa que leurs mains étaient entrelacées.

Si elle aurait été gênée par cette découverte en temps normal, elle réalisa qu'elle n'en avait que faire désormais. Draco lui apportait un réconfort particulier et elle était reconnaissante d'avoir sa présence en ces temps troubles. Le geste lui parût naturel lorsqu'elle s'avança dans sa direction et l'étreignit.

« Merci. » dit-elle dans un souffle.

« On se voit demain. » dit-il lorsqu'elle s'écarta. « Prends soin de toi. »

Ginny se glissa dans le trou du portrait. La salle commune était bondée, et sans surprise, des élèves s'étaient regroupés autour des sofas et des tables, discutant de manière agitée. Elle n'avait aucun doute sur le sujet de toutes les conversations.

Lorsqu'elle pénétra dans la pièce, elle vit des regards se tourner dans sa direction et tout le monde cessa de parler. Elle s'efforça d'ignorer tous les regards et pressa le pas en direction de l'escaliers menant au dortoir des filles.

Elle ne savait pas comment - mais ils savaient probablement déjà qu'elle avait fait la découverte du corps de Millicent. Elle n'avait ni le cœur ni l'énergie de répondre à leurs questions et à leur curiosité morbide.

Elle soupira de soulagement lorsqu'elle se retrouva dans l'intimité de son dortoir. Elle se laissa tombée dans son lit, enfouissant son visage dans l'oreiller. Elle ne savait pas quelle heure il était - probablement l'heure du dîner mais elle savait pertinemment qu'elle serait incapable d'avaler quoi que ce soit dans son état actuel.

La vue du visage pâle de Millicent lui revint en mémoire et elle ramena ses jambes contre elle, dans une position fœtale, sentant la fatigue la gagner rapidement. Ce fut dans cette position qu'elle sombra dans le sommeil, éreintée.

Ce dernier fut animé par des songes étranges. L'un d'eux fut particulièrement vivifiant. Elle se vit marcher dans un long couloir sombre, éclairé par des lanternes reflétant une lumière bleue. Elle entendait le bruit de vagues puissantes éclatant contre des rochers mais elle ne fut pas en mesure d'identifier la provenance du bruit. Après tout, elle se trouvait dans un couloir de Poudlard. Comment pouvait-elle entendre le bruit des vagues ?

Ginny arriva finalement devant une porte au bout du corridor et elle actionna la poignée. Elle vit Hermione à l'entrée de la pièce. Elle avait la tête baissée, faisant face à une corbeille à papiers, vidant le contenu de son estomac, secouée par des pleurs. Une partie d'elle voulut se rapprocher d'elle pour la réconforter mais elle réalisa qu'elle n'était pas seule dans la salle de classe. Sur les sièges de la pièce, des élèves était installés et tous les regards étaient rivés dans sa direction. Elle reconnut des visages familiers - Ron, Draco, sa mère, mais aussi ceux de Daphné Greengrass, Pansy Parkinson, Tracey Davis et de professeurs. Soudainement, toutes les personnes présentes dans la pièce levèrent la main puis pointèrent du doigt un point dans la pièce.

Ginny s'avança lentement, suivant la direction qu'ils indiquaient. Sur le sol, elle vit une silhouette inerte, recroquevillée dans une position peu naturelle, comme si les os avaient été brisés. Ginny s'accroupit vers le corps qui portait un uniforme aux couleurs de Serpentard. Elle posa une main sur l'épaule du corps et le tourna dans sa direction.

A sa grande horreur - ce ne fut pas le visage de Millicent Bulstrode qu'elle vit. Il s'agissait d'une jeune fille aux cheveux d'un noir de jais. Une soudaine panique la saisit en réalisant de qui il s'agissait. Elle fit un bond en arrière, horrifiée. Elle sentit une main se saisir de son poignet et elle hurla en réalisant que c'était celle du cadavre.

Celui-ci ouvrit les yeux, et Ginny plongea dans des yeux d'un noir surnaturel qui l'observaient avec haine.

« C'est de ta faute. » dit le cadavre d'une voix gutturale, ses traits tirés par la haine.

A nouveau, Ginny voulut hurler, mais aucun son ne sortit de sa gorge. Elle tenta désespérément de dégager son poignet, saisie de panique, mais le cadavre était plus fort qu'elle et sa prise se fit plus forte encore. Autour d'elle, tous les individus présents dans la salle la pointaient désormais du doigt, l'air accusateur.

Ses yeux s'ouvrirent soudainement et elle reconnut son dortoir. Ses battements de cœur pulsaient dans sa poitrine à une vitesse effroyable et elle eut du mal à respirer, saisie par l'angoisse. Il lui fallut plusieurs minutes pour que son anxiété passe, et que sa respiration reprenne un rythme normal. Elle sentit les larmes couler à nouveau sur ses joues. Ginny enfouit son visage dans son oreiller, tentant de réprimer ses sanglots pour ne pas réveiller sa camarade de dortoir.

Après quelques minutes, elle parvint finalement à retrouver son calme et elle essuya ses yeux embrumés. Elle se redressa sur son lit, observant ses alentours. Trois heures du matin, affichait l'horloge du dortoir. Ginny savait pertinemment qu'elle ne pourrait pas fermer l'œil pendant le reste de la nuit. La perspective de fermer les yeux et refaire ce cauchemar lui tordait le ventre.

Cela faisait des mois qu'elle ne l'avait pas vue. Une partie d'elle - probablement naïve - avait même pensé qu'elle oublierait avec le temps. Mais cela n'avait été qu'un espoir chimérique. Jamais elle ne pourrait l'oublier. Elle la hanterait toujours, ne lui laissant pas une seule seconde de répit. Et c'était exactement ce qu'elle méritait.

Ginny quitta son lit, puis se dirigea vers sa malle de vêtements. Elle portait toujours sa tenue de la veille et elle était frigorifiée. Elle retrouva l'un de ses sweatshirts favoris et le revêtit à la hâte avant de se diriger vers la porte du dortoir.

Elle constata avec soulagement que la salle commune était vide et elle s'installa sur l'un des sofas. Quelques minutes plus tard, le trou du portrait coulissa et Ginny reconnut son frère, le visage fatigué et visiblement préoccupé. Il sembla d'abord surpris de la voir mais lorsque leurs regards se croisèrent, il se dirigea rapidement dans sa direction et l'enveloppa dans une étreinte vigoureuse.

« J'ai appris que c'est toi qui l'as retrouvée. » dit-il à voix basse. « Est-ce que ça va ? »

Elle acquiesça, ne voulant pas attirer l'attention sur elle-même dans ces circonstances. Voir le corps de Millicent Bulstrode avait été traumatisant mais la vérité était qu'elle n'avait jamais ressenti de sympathie pour elle, avant cet évènement. Elle savait que la nouvelle serait dévastatrice pour les amies de la jeune fille. Ron avait probablement vu en première loge la réaction de Pansy Parkinson, sa petite-amie.

« Comment va-t-elle ? » demanda-t-elle, en observant le visage de son frère avec attention.

Il secoua la tête, l'air attristé.

« Pas bien du tout. Je viens à peine de la laisser. Elle est dévastée. Ses amies aussi. » lui apprit Ron, l'air grave.

Cela n'avait rien d'étonnant. Plus tôt dans la journée, elle avait vu Tracey Davis devenir complètement hystérique à la vue du corps de Millicent. Elle ne pouvait qu'imaginer les réactions des autres.

« C'est horrible, Ginny. Vraiment horrible. » commenta Ron en secouant la tête.

Elle put lire l'impuissance dans les yeux de son frère et elle ressentit une vague de tristesse pour lui. Ce ne fut que le lendemain en fin de journée qu'elle les vit. Assises à la table des Serpentard, serrées les unes à côtés des autres, la mine accablée et perdue. C'était la première fois qu'elle les voyait ainsi.

Elle réalisa avec gravité qu'elles ne seraient plus les Quatre désormais.

Les jours suivants furent étranges. McGonagall, le visage stressé et fatigué, annonça que les cours seraient annulés pendant les jours à venir. Le jour suivant la disparition de Millicent, Dumbledore réunit toute l'école dans la Grande Salle. Ginny l'écouta d'une oreille distraite tandis qu'il parlait de l'immense perte qu'ils avaient subi. Il était normal, disait-il, d'éprouver de la confusion face aux événements. Il faudrait du temps et de la patience pour qu'ils puissent faire le deuil de Millicent. Une cellule psychologique fut mise à disposition des élèves. Une psychomage du Ministère resta au château pour voir les étudiant qui ressentaient le besoin de parler.

Sans surprise, Hermione sembla partager l'état de Ginny. Voir le corps de Millicent avait été traumatisant. Si Ginny elle-même avait été aussi secouée, elle ne pouvait qu'imaginer l'état actuel d'Hermione, une fille bien plus sensible qu'elle.

« Je n'arrive plus à dormir, depuis. » lui confia Hermione, alors qu'elles se trouvaient dans la salle commune de Gryffondor.

Des cernes bruns creusaient son visage.

« Je sais… Moi non plus. » admit Ginny.

« C'est tellement… horrible. » poursuivit Hermione en enfouissant son visage dans ses mains, tremblante. « Pourquoi… Pourquoi ça s'est passé comme ça ? Ça ne devait pas se passer comme ça… »

Ginny posa un bras sur les épaules de sa condisciple, l'étreignant doucement pour la réconforter. Cette journée aurait dû être un jour tout à fait anodin, remplie des divertissements superficiels qui animaient généralement la vie scolaire. La journée avait même commencé sous le signe de la légèreté. Cela aurait dû être un jour heureux pour Hermione. Elle avait gagné l'épreuve et s'était apprêtée à fêter sa victoire avec le reste de sa maison. Quant à Ginny, dans des circonstances normales, elle n'aurait eu qu'à se soucier de ce rendez-vous qu'elle avait donné à Draco et de leurs chamailleries habituelles sur le fait qu'il s'agisse d'un rencard ou non.

Mais la réalité avait été toute autre.

Si elles avaient su que la journée finirait sur cette découverte macabre, leurs préoccupations précédentes auraient été noyées au fond d'un placard à balais.

Draco fut une épaule particulièrement réconfortante pour Ginny. Ils ne se quittaient presque plus à part lorsqu'elle rentrait dans son dortoir en début de soirée. Elle était heureuse d'avoir sa présence à ses côtés. Elle savait qu'elle ne devait pas être égoïste et compter sur l'attention de son frère. Ce dernier devait en priorité s'occuper de Pansy.

Le lendemain, en début d'après-midi, Ginny remonta dans son dortoir. Elle fronça les sourcils en réalisant que ses affaires étaient éparpillées un peu partout, comme si on avait fouillé à l'intérieur avant de tout entasser de manière désordonnée. Elle n'eut pas le temps de s'en formaliser davantage. Il était deux heures de l'après-midi et elle devait se rendre à sa consultation. Elle quitta la salle commune et se dirigea vers les escaliers.

Elle tapa à la porte du bureau et pénétra à l'intérieur lorsqu'une voix lui pria d'entrer. Elle se retrouva dans une pièce où un bureau ainsi que des sofas confortables avaient été installés.

« Bonjour, Ginny. » la salua une femme d'une trentaine d'années. « Installez-vous. »

Vivian Sizemore était la psychomage mandatée par le Ministère pour gérer la cellule psychologique de Poudlard. C'était la deuxième fois que Ginny venait la voir. Parler à une personne qui ne la connaissait pas lui avait fait le plus grand bien.

Ginny prit place sur le sofa que la psychomage désigna. Comme à la session précédente, elle lui parla de l'impuissance qu'elle ressentait face à la situation, l'impossibilité de reprendre le cours de sa vie, ses cauchemars, et la culpabilité immense qui la tiraillait.

« Je ne peux pas m'empêcher de penser que si j'étais arrivée plus tôt… Juste quelques instants plus tôt… Peut-être que je serais arrivée à temps. Qu'elle n'aurait pas fait cette chute… » expliqua Ginny d'une voix blanche, la voix tremblante.

Elle s'interrompit en croisant le regard de Vivian qui l'observait avec confusion.

« Millicent n'a pas fait de chute, Ginny. Elle est décédée à la suite d'une surdose de drogues. » rappela la psychomage d'une voix douce.

Ginny se tendit - réalisant ce qu'elle venait de dire. Elle avait transposé deux situations différentes. Elle sentit une panique soudaine lui parcourir l'échine et pendant le reste de la séance, elle réfléchit longuement avant de prononcer la moindre parole, terrifiée à l'idée de donner trop d'informations.

Lorsqu'elle quitta la pièce, sa gorge était nouée.

Même si elle n'était pas responsable de la mort de Millicent - elle n'était pas une personne innocente. Elle avait causé tant de mal autour d'elle. Son refus de suivre les règles et son égoïsme avaient détruit une vie. Et aucun changement d'école, aucune séance chez une psychomage ne pourraient effacer ce fait.

/

Sept jours.

Sept jours que le corps de Millicent Bulstrode avait été retrouvé.

Sept jours que Poudlard était plongé dans cette accalmie morbide, hanté par la disparition soudaine de l'une de ses élèves. Les jours semblaient gris, pesants, comme si une ombre macabre survolait sur eux.

Toute l'attention était rivée sur les amies proches de Millicent. On attendait avec une curiosité déplacée leurs réactions face à la situation. Sans surprise, elles avaient toutes exprimé différemment leur émotion face à cette perte.

Tracey Davis était inconsolable, pleurant à toute heure du jour et de la nuit, incapable de produire la moindre phrase cohérente ni même de prononcer le nom de son amie sans fondre en sanglots interminables. A plusieurs reprises, l'infirmière avait dû lui procurer un élixir calmant afin de l'apaiser.

Pansy Parkinson, elle, était lunatique. Elle insistait pour raconter à tous les souvenirs qu'elle gardait de Millicent et ses frasques. Elle en riait aux éclats, exagérant ses récits pour l'effet dramatique et indiquant à quel point leurs échanges piquants lui manqueraient. Le reste du temps, elle piquait des colères noires et déversait un venin extrême sur les élèves qui osaient l'approcher.

Daphné Greengrass, pour sa part, s'était enfermée dans un silence inquiétant. De l'extérieur, elle paraissait mieux réagir à la nouvelle que ses amies. Personne ne l'avait vue verser la moindre larme, ni même prononcer le nom de son amie disparue.

La vérité était que Daphné Greengrass en voulait terriblement à Millicent. Pourquoi était-elle partie de la sorte ? Pourquoi ne s'était-elle pas confiée à elle lorsqu'elle lui avait donnée l'occasion de le faire ? Pourquoi ne s'était-elle pas battue pour se sortir de ce cercle vicieux ?

Millicent avait choisi la facilité. Elle avait préféré la tentation de la détente facile. Le mensonge d'un bonheur illusoire et temporaire. C'est pour ça qu'elle était tombée dans cette addiction écœurante. Parce qu'elle n'avait pas eu la force de se battre pour survivre.

Millicent était faible. Exactement comme la mère de Daphné l'avait été. Au lieu de faire face à leurs problèmes, elles avaient préféré la fuite. Elles l'avaient lâchement abandonnée. Sans un mot, sans un au revoir.

Et Daphné les détestait pour ça.

Elle ne voulait pas passer son temps à pleurer comme Tracey. Après tout, à quoi bon ?

« Vous pensez que Millie aimera cette robe ? » demanda Pansy d'une voix joviale en s'observant dans le miroir du dortoir.

Daphné leva les yeux et observa longuement Pansy. Elle portait une robe noire aux manches à dentelle, accompagnée d'une paire d'escarpins vernis noirs aux talons interminables.

« Tu t'es vraiment achetée une nouvelle paire de chaussures, Pansy ? » demanda Daphné, en levant les yeux au ciel.

Pansy hocha la tête.

« Quoi ? J'avais besoin de me libérer l'esprit. Arrête de me juger ! » déclara-t-elle, sur la défensive.

Pansy reposa son attention sur le miroir et épousseta une tâche sur son épaule. Elle s'observait sous toutes les coutures, d'un air concentré, comme s'il elle s'apprêtait à faire sa marche nuptiale. Depuis une semaine, Pansy avait élu domicile dans leur dortoir. Elle refusait de retourner dans le dortoir qu'elle avait partagé avec Millicent. C'était Daphné qui avait dû aller chercher ses affaires et les installer avec les siennes et celles de Tracey. Vivre à trois dans la chambrée s'était révélé… intense. En particulier dans les circonstances actuelles.

« Vous n'avez toujours pas répondu à ma question. Vous pensez que Millie aimera cette robe ? » insista Pansy.

« Elle sera six pieds sous terre dans quelques heures. Je ne pense pas qu'elle se préoccupe de ta fichue robe, Pansy. » répondit Daphné d'une voix cassante.

A travers le miroir, Pansy lui jeta un regard médusé. Immédiatement, son visage sembla se décomposer et elle parut sur le point de fondre en larmes. Même Tracey, retranchée dans un coin de la pièce et qui les observait en silence, ouvrit la bouche, choquée par les mots de Daphné.

« Quoi ? » lança déclara Daphné sur un ton de défi. « Ce sont juste les faits. »

« Tu n'as pas besoin d'être aussi méchante. » répliqua Tracey, qui prenait la parole pour la première fois depuis deux heures.

« Je veux juste paraître jolie en son honneur… » murmura Pansy d'un ton abattu, visiblement blessée.

Tracey se leva et s'approcha de Pansy, posant un bras réconfortant autour de ses épaules.

Daphné secoua la tête, réprimant un soupir agacé.

« Je suis fatiguée, vous entendez ? Fatiguée de tes crises bipolaires… » dit-elle en direction de Pansy.

Elle se tourna ensuite vers Tracey.

« Et fatiguée de t'entendre chouiner toute la journée comme une fichue mandragore. » cracha-t-elle.

« Excuse-nous d'avoir des émotions. » répliqua Pansy, son visage se tordant soudainement sous la colère. « Nous ne sommes pas toutes des sociopathes comme toi, Daphné. »

« Tu n'as même pas pleuré une seule fois. Tu agis comme si tu t'en fichais complètement. » ajouta Tracey d'une voix accusatrice.

Daphné éclata d'un rire glacial.

« Pleurer ? Pour quoi faire ? Elle savait exactement ce qu'elle risquait en touchant à ces saletés. » déclara-t-elle d'un ton vicieux, sentant la rage lui monter à la tête. « Elle devait s'attendre à ce que ses actes aient des conséquences. Même elle n'était pas aussi stupide. »

« C'était un accident ! » rugit Pansy avec colère. « Tu crois que c'est ce qu'elle voulait ? »

« Un accident ? » répéta Daphné avec un rire sans joie. « Est-ce que quelqu'un l'a forcée à injecter ce putain de scarabée ? Est-ce qu'il s'est injecté par lui-même ? Non ! Elle l'a fait en connaissance de cause. Cette fois et les milliers d'autres fois avant ça. Vous ne comprenez donc pas ? Elle a fait son choix ! Elle a fait le choix de partir. Elle a choisi la facilité. Elle a choisi de nous abandonner. Elle… »

La voix de Daphné se brisa soudainement. Et ses mots se noyèrent dans un flot de larmes. Celles qu'elle avait réprimé depuis les sept derniers jours. Cette fois, elle ne parvint pas à se retenir. Les sanglots firent surface telle une vague violente et virulente.

Elle enfouit son visage dans ses mains, sanglotant bruyamment, secouée par des soubresauts. Quelques secondes plus tard, elle sentit des bras l'entourer et elle fut attirée dans une étreinte chaleureuse. Puis, rapidement, une seconde paire de bras rejoignit l'étreinte.

« Ne les retiens pas - laisse les sortir. » chuchota la voix de Tracey, près de son oreille. « Ça va aller. »

Pour une fois depuis très longtemps, Daphné laissa libre court à son émotion. Elle ne retint plus ses larmes, les bras de ses amies autour d'elle, leurs larmes se joignant aux siennes. Lorsque les pleurs se calmèrent finalement, et qu'elle s'écarta de l'étreinte, elle croisa les regards dévastés de ses amies.

Pansy fut la première à se relever, reniflant bruyamment. Elle attrapa une paire de lunettes noires et la posa sur son nez.

« Je n'ai pas le temps de refaire mon maquillage. » décréta-t-elle d'un ton dramatique. « Désolée Millie, tu devras accepter mes pores et mes cernes. »

Sa remarque arracha un rire de la part de Daphné et Tracey. Ses dernières se relevèrent à leur tour et elles quittèrent le dortoir.

Quelques instants plus tard, elles se retrouvèrent dans une diligence en compagnie d'une poignée d'élèves de Serpentard. Deux autres diligences les suivaient, occupées par des membres du corps enseignant.

Une fois à Pré-au-Lard, ils quittèrent la zone de protection anti-transplanage de Poudlard. Ils transplanèrent devant un Manoir imposant de Lyndhurst, dans le comté d'Hampshire. Il s'agissait de la demeure des Bulstrode, où Millicent avait résidé avec son père.

Ils furent accueillis par Jackie Bulstrode, la mère de Millicent, qui portait une robe blanche, contrastant terriblement avec les tenues sombres du reste des convives.

Daphné avait rarement vu la mère de Millicent ces dernières années, après son divorce. Elle savait que leurs relations avaient toujours été tendues mais Millicent n'aimait pas s'épancher sur le sujet et Daphné n'avait jamais entendu les détails du conflit. Pourtant, Daphné n'avait pas oublié que Jackie Bulstrode était une femme extravagante, qui aimait être le centre de l'attention et qui cherchait par tout moyen à être remarquée. Cela expliquait probablement le choix de sa tenue pour l'occasion.

« Merci d'être venue la voir pour la dernière fois. » déclara Jackie, en épongeant ses yeux à l'aide d'un mouchoir en coton brodé.

Ses gestes étaient exagérés, voire dramatiques et Daphné se demanda si elle n'en faisait pas un peu trop.

« Elle aurait été heureuse de savoir que ses amies sont là pour elle. Vous étiez comme des sœurs pour ma petite fille. » dit-elle avant de sangloter bruyamment.

Elle se laissa tomber sur le torse d'un bellâtre au teint halé qui se trouvait à ses côtés. Probablement son nouveau compagnon, pour qui elle avait quitté M. Bulstrode.

« Suivez-moi. Elle est installée dans le salon principal. » indiqua-t-elle.

Elles se dirigèrent vers le large living-room où une dizaine de personnes se trouvaient déjà. Daphné aperçut Edward Bulstrode, le père de Millicent, entouré par des proches. Il paraissait dévasté et inconsolable.

A l'extrémité de la pièce, elle distingua le cercueil en acajou massif, avec des ornements en ivoire. Elles rejoignirent la file de personnes qui attendaient pour pouvoir voir le corps. Une fois leur tour arrivé, Daphné retint son souffle en s'approchant du cercueil ouvert.

Millicent était toujours aussi belle même si son visage paraissait plus gonflé qu'à l'accoutumée. Elle portait une robe d'un blond foncé, sa couleur favorite, et un maquillage discret habillait son visage pâle. Pour seule parure, une chaîne offerte par son père lors de son enfance ornait sa nuque. Elle paraissait en paix. Daphné sentit la main de Pansy se glisser dans la sienne tandis qu'elles observaient la forme immobile de leur amie.

« Tu nous manques tellement. » murmura Tracey entre ses larmes. « Je suis désolée de ne pas t'avoir aidée plus. Si seulement j'avais su… »

« On t'aime fort. » ajouta Pansy.

Daphné lâcha la main de Pansy et s'approcha davantage du cercueil, observant le visage de son amie.

« Tous les jours, je regrette de n'avoir rien fait de plus. Ce jour-là, quand nous avons eu cette discussion, j'aurais dû insister pour t'aider. Tu voulais me dire quelque chose mais je ne t'ai pas écoutée. » murmura-t-elle à voix basse. « Je donnerai tout pour revenir en arrière et le faire. »

Elle s'interrompit lorsqu'elle entendit des voix s'élever, ainsi que le bruit de verre qui se brisait et elle se retourna, cherchant la provenance des éclats de voix. Près de la porte, une altercation semblait avoir lieu. Elle vit Jackie, la mère de Millicent, tenir un verre cassé. Sa robe n'était plus en place et son chignon était défait. Elle paraissait hystérique.

« Que se passe-t-il ?» interrogea Tracey.

« Apparemment, un membre de la famille a essayé d'entrer et Mrs Bulstrode est devenue complètement hystérique et l'a jeté dehors. » indiqua Blaise qui venait de s'approcher d'elles.

« Ce ne serait pas un enterrement sans un peu d'animation. » commenta Pansy avec morgue.

« Qui était-ce ? » interrogea Daphné avec curiosité.

« Son frère, si j'ai bien compris. L'oncle de Millicent. » expliqua Blaise.

« Bizarre, je me demande ce qui s'est passé. » commenta Tracey.

« Le drame familial habituel, j'imagine. » dit-il. « Ça ne manque jamais pendant ces évènements. »

Il s'approcha de Daphné, prenant sa main dans la sienne.

« Ça va ? » demanda-t-il doucement.

Daphné hocha la tête, jetant un dernier regard à Millicent par-dessus son épaule. Blaise l'attira dans une étreinte et posa un baiser sur son front. Elle se laissa aller contre lui, soupirant contre son torse.

L'enterrement de Millicent se fit dans une ambiance étrange. La présence de la famille et des amis proches de Millicent uniquement rendait l'événement intime. Pourtant, la présence de Dumbledore, McGonagall et de quelques professeurs lui parut curieuse.

Elle savait que la mort de Millicent allait entraîner beaucoup de questions quant à la présence de drogues dans un établissement scolaire aussi prestigieux. Le lendemain de sa mort, les parents de Millicent avaient été aperçus à Poudlard, et selon les rumeurs, son père avait menacé Dumbledore de poursuites judiciaires. Terry Boot, dont le père travaillait au Bureau des Aurors clamait qu'une enquête serait ouverte et que la pression sur la Direction de Poudlard dans les mois à venir serait conséquente.

Pendant l'inhumation, Pansy se leva pour offrir quelques paroles sur Millicent au nom de son groupe d'amis. Comme d'habitude, elle ne put s'empêcher de faire quelques remarques déplacées mais ces dernières semblèrent faire rire l'assemblée, et provoquer un peu de légèreté dans cette atmosphère pesante. Même M. Bulstrode esquissa un sourire lorsque Pansy se lança dans une imitation de Millicent lorsqu'elle obtenait une nouvelle paire de chaussures, son plaisir coupable.

Aux alentours de sept heures du soir, ils furent de retour au château. En entrant dans le Hall, Daphné aperçut l'autel à l'effigie de Millicent, où les élèves pouvaient se recueillir s'ils le souhaitaient. Des centaines de fleurs, et de mots étaient déposés sous une photo de Millicent prise deux années auparavant, à l'époque où elle respirait encore la joie de vivre.

Comme l'enterrement s'était déroulé dans l'intimité, le corps enseignant avait organisé une veillée le lendemain en souvenir de Millicent. Les étudiants pourraient se rejoindre dans le Hall afin de lui dire adieu.

« Je n'arrive pas à croire qu'elle soit partie… » murmura soudainement Pansy tandis qu'elles regagnaient la salle commune. « Je donnerai tout pour lui parler une dernière fois. »

Soudainement, elle cessa de marcher et ses yeux s'écarquillèrent comme si elle était parcourue d'une révélation soudaine.

« Qu'est-ce qui te prend ?» interrogea Tracey, levant un sourcil étonné dans sa direction.

« On peut le faire, n'est-ce pas ?» dit Pansy en se tournant vers ses amies pour leur faire face.

« Faire quoi ? » demanda Daphné, sans comprendre.

« Lui parler. Une dernière fois. » déclara Pansy, une excitation soudaine audible dans sa voix.

Daphné lui jeta un regard confus, comme si elle avait perdu la tête.

« Non, non, écoutez-moi. Cece, tu peux faire ton machin-truc pour qu'on appelle son esprit, pas vrai ? Tu as dit un jour qu'il était possible de communiquer avec des esprits. »

Tracey se tendit immédiatement. Elle secoua la tête avec véhémence.

« Non, non, non. » commença-elle à réfuter. « C'est interdit, c'est extrêmement dangereux et je n'ai pas le pouvoir de faire ça. C'est trop avancé. »

« S'il-te-plaît… » insista Pansy d'une voix implorante. « On peut au moins essayer. »

« Tu ne te rends pas compte, Pansy. Ouvrir une brèche avec l'au-delà peut avoir des conséquences graves. On ne sait pas ce qu'on peut réveiller. » chuchota Tracey, visiblement nerveuse.

Elle secoua de nouveau la tête, paniquée.

« C'est de la torture d'essayer de la rappeler alors qu'elle doit partir. » continua-t-elle. « Je ne veux pas faire ça. »

« Je t'en supplie. Juste cette fois. Si ça ne marche pas ou si ça devient bizarre, on arrête immédiatement et on ne te demandera plus jamais ça. Je te le jure. » promit Pansy.

Tracey paraissait sur le point de vomir.

« Est-ce que ce serait même possible ? » demanda soudainement Daphné.

« Il y a des moments où les esprits sont plus enclins à communiquer. » répondit Tracey avec réticence. « Juste après leur mort en général. Avant que leurs esprits s'en aillent définitivement. »

« Millicent vient à peine d'être enterrée. Ça veut dire que c'est le moment parfait, n'est-ce pas ? » insista Pansy avec excitation.

L'air défaitiste, Tracey hocha la tête. Elle se tourna ensuite vers Daphné.

« S'il-te-plaît, dis-lui que tu es de mon avis et que c'est une très mauvaise idée. » plaida-t-elle, une lueur de supplication dans les yeux.

Daphné observa longuement Tracey qui la suppliait silencieusement de prendre son parti. En temps normal, elle l'aurait probablement fait, mettant un terme aux idées excentriques de Pansy. Pourtant, aujourd'hui, elle partageait le désir fervent de Pansy de communiquer une dernière fois avec Millicent.

« Je suis d'accord avec Pansy. On devrait essayer. » dit finalement Daphné, d'une voix résolue.

Tracey baissa la tête, résignée. Pansy murmura un 'Merci' silencieux à Daphné.

« Très bien. » céda finalement Tracey dans un souffle. « Mais je ne garantis pas que ça va fonctionner. Je n'ai pas les compétences pour quelque chose d'aussi avancé. »

« Tu nous as dit que ta famille venait d'une lignée puissante de votre… culte. » argumenta Pansy. « Si quelqu'un peut le faire, c'est toi. »

Elles attendirent que le château s'éteigne complètement pour passer à l'action. Encore une fois, elles se retrouvèrent dans une salle de classe vide, formant un triangle sur le sol. Elles avaient disposé des bougies allumées entre elles, ainsi que des effets personnels ayant appartenu à Millicent.

Daphné jeta un regard nerveux à Tracey qui paraissait sur le point de s'évanouir. Elle semblait si anxieuse que sa main était moite dans celle de Daphné. Le grimoire ayant appartenu à sa grand-mère se trouvait à ses pieds et elle l'observait avec concentration.

« Aie confiance en toi. » déclara Daphné d'une voix ferme. « Tu peux le faire. Tu es assez forte pour ça. »

Tracey hocha la tête et ferma les yeux. Immédiatement, Daphné et Pansy l'imitèrent.

« J'appelle les esprits de mes ancêtres, femmes d'Obeah, maîtresses des mers et des océans déchaînées. » récita Tracey. « J'appelle à la mer, la lune, le sang, la terre, la sueur, la mort. »

Pendant près d'une heure, Tracey récita des paroles rituelles inlassablement. Ce qu'elle essayait d'accomplir était bien plus difficile et complexe que le sort qu'elles avaient lancé à Ginny Weasley et l'opération sembla drainer son énergie. Contrairement à la première fois, Pansy resta calme et ne fit rien pour l'interrompre.

« Parle-lui. » ordonna soudainement Tracey, d'une voix inhabituellement grave.

« Qu'est-ce que tu veux dire ? » demanda Pansy, sans comprendre.

« Il faut que tu l'appelles. Elle peut décider de venir ou non si elle entend qu'on s'adresse à elle. » informa Tracey.

« Millie, mon chaton, je ne sais pas si tu m'entends… Mais si c'est le cas, manifeste-toi. » lança Pansy d'une voix hésitante. « On veut te parler. Juste une dernière fois. »

« Continue. » insista Tracey. « Sois plus personnelle. »

« Millie, je ne te l'ai jamais dit mais tu te souviens cette paire de boucles d'oreilles que tu adorais et que tu ne retrouvais plus ? J'ai réussi à te convaincre qu'un niffleur te les avait piquées pendant une sortie à Pré-au-Lard. La vérité c'est que je les ai empruntées pour aller à une fête et que je les ai perdues parce que j'étais trop ivre. » avoua Pansy.

Tracey et Daphné esquissèrent un sourire en écoutant sa confession. Du Pansy tout craché.

« Et je suis désolée d'avoir cafté à Rita Skeeter que tu sniffais de la poudre de Billywig dans les toilettes. » reprit Pansy.

Daphné ouvrit la bouche, choquée.

« Tu es sérieuse ? C'est toi qui as donné les infos à ce vautour de Rita Skeeter pour l'article ? » s'exclama-t-elle, atterrée.

« Quoi ? Elle m'a donné 100 gallions pour lui offrir l'exclu, d'accord ? Qu'est-ce que tu aurais fait à ma place ? » s'exclama Pansy sur la défensive. « Et je voulais mettre toutes les chances de mon côté pour l'élection. »

Daphné, qui s'apprêtait à lui répondre de manière particulièrement virulente, fut stoppée par Tracey.

« Ce n'est pas le moment pour ça ! Pansy, continue de lui parler. » s'exclama-t-elle.

Daphné se tut, jetant un regard noir à Pansy.

« S'il-te-plaît, si tu m'entends, fais-nous signe. » poursuivit Pansy.

« Continue… Je crois… Je crois que je ressens quelque chose. » dit Tracey en tremblant, une excitation soudaine dans la voix.

Sa respiration se fit plus rapide et Daphné vit son amie parcourue de spasmes. Les mots de Pansy résonnaient toujours dans la pièce et Daphné put sentir la température réduire brusquement. Elle fut traversée d'un frisson étrange puis d'un haut-le-cœur.

Soudainement, Daphné vit la fenêtre s'ouvrir dans un claquement sonore. Une bourrasque puissante pénétra dans la pièce, éteignant les bougies allumées. Pansy poussa un cri paniqué.

« Qu'est-ce que c'était ? » demanda-t-elle, apeurée. « Tracey, est-ce que ça a marché ? Est-ce que c'est Millie ? »

Tracey était penchée en avant, immobile. Daphné, l'observa avec appréhension. Soudainement Tracey se releva et Daphné vu que son visage était ruisselant de larmes.

« Non. » dit-elle en gémissant, l'air dépité. « Mais j'ai senti quelque chose d'horrible… »

« Ce n'était pas Millicent ? » demanda Pansy, l'air avide.

« Je ne sais pas qui ou quoi c'était mais ce n'était pas content. » murmura Tracey, secouée.

Son corps tremblait encore.

« S'il-vous-plaît, ne me forcez plus à faire ça. » supplia-t-elle enfouissant son visage dans ses mains. « Je ne veux plus jamais refaire ça. »

Elle essuya ses larmes avec la manche de son gilet.

« Millicent est partie, d'accord ? Définitivement. Je sais que c'est horrible et difficile à accepter, mais il va falloir qu'on le fasse. » continua-t-elle, la douleur visible sur son visage. « Il faut qu'on la laisse partir. »

Un silence s'abattit pendant lequel on entendit uniquement sa respiration haletante et les pleurs étouffés de Pansy. Finalement, après quelques minutes, elles décidèrent de tout remballer, la déception visible sur leurs visages. Daphné s'empara des objets appartenant à Millicent qu'elles avaient utilisés et commença à les ranger dans son sac.

Elle fronça les sourcils lorsqu'elle réalisa que son journal personnel scintillait comme à chaque fois qu'elle avait un nouveau message. Elle avait passé toute la journée avec Pansy et Tracey. Il semblait étrange qu'elles lui aient laissé un quelconque message.

Elle ouvrit le journal et son cœur rata un battement lorsqu'elle vit que des mots y étaient apparus.


Pas un accident.


Son cœur se mit à tambouriner avec violence dans sa poitrine lorsqu'elle reconnut l'écriture de Millicent. Daphné se sentit chanceler, et sa vision devint trouble. Le journal glissa de ses mains tremblantes sur le sol. Tracey et Pansy lui jetèrent des regards médusés.

« Qu'est-ce qui te prend ? » s'étonna Pansy.

Daphné leva un doigt tremblant en direction du journal, les yeux écarquillés sous le choc.

« Elle… Elle a écrit quelque chose dedans. » bredouilla-t-elle, choquée. « Millie a laissé un message. »

Pansy se pencha sur le journal et l'ouvrit fébrilement. Elle fronça les sourcils puis le passa à Tracey. Elles échangèrent un long regard.

« Daphné… » commença Tracey d'une voix douce. « Il n'y a pas de message là-dedans. »

« Quoi ? » s'exclama Daphné, médusée. « Bien sûr que si ! »

Elle s'empara du journal des mains de Tracey d'un geste violent. Elle l'ouvrit à la dernière page, où elle avait vu le message de Millicent. Sa bouche s'agrandit de stupeur lorsqu'elle réalisa que Tracey disait vrai. Le message avait disparu.

« Je… Je vous le jure… Il y avait… J'ai vu… » balbutia Daphné, sans comprendre.

Ses amies l'observèrent comme si elle était tombée sur la tête et s'était mise à parler en Gobelin.

Non, pensa-t-elle. Elle n'était pas folle. Elle refusait catégoriquement de questionner sa santé mentale. Les implications seraient trop inquiétantes.

« Chaton… » commença Pansy, en lui caressant le bras avec douceur.

« Ça fait presqu'une semaine qu'on dort à peine. Nous sommes toutes choquées et exténuées. Il est possible qu'on s'imagine des choses, surtout après ce qu'on vient de vivre. » expliqua Tracey d'une voix douce. « Allons-y, il est temps de rentrer à la salle commune. »

Daphné garda le silence, des pensées fusant dans tous les sens dans son esprit alors qu'elle suivait ses amies dans les couloirs silencieux de Poudlard. Elle savait que ce qu'elle avait vu dans son journal n'était pas le fruit de son imagination, ou une quelconque hallucination dû à son état de fatigue intense.

A cet instant précis, elle était plus lucide que jamais. Ce frisson glaçant qui l'avait parcourue n'était pas un simple hasard. Millicent, son esprit, ou quoi que ce soit d'autre avait tenté de rentrer en contact avec elle pour lui faire passer un message. Et celui-ci était clair.

La mort de Millicent Bulstrode n'était pas accidentelle. Quelqu'un était responsable de sa disparition.

Daphné Greengrass était déterminée à retrouver le coupable - et elle n'aurait pas de repos avant que justice soit rendue.

Note de fin de chapitre :

On dirait que c'est plus compliqué que prévu, pas vrai ? Est-ce que cette dernière révélation vous a surprise ?

Et quelles sont vos pistes ? Curieuse de savoir !

N'hésitez pas à me laissez-moi vos impressions, et on se voit bientôt !

Fearless

Vous devez s'identifier (s'enregistrer) pour laisser une review.