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News

127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Sélections du mois


Félicitations à AliceJeanne et TeddyLunard, qui remportent la Sélection Action/Aventure !

Vous voulez revenir dans le Futur ? Lors du mois de novembre c’est possible avec la Sélection Next-Gen ! Vous avez jusqu'au 30 novembre pour lire les 10 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter ici.

Et pour le mois de décembre, le thème et les textes vous attendent déjà avec la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez découvrir ces 12 histoires jusqu’à la fin de l’année et vous pourrez voter à partir de décembre. Pour en savoir plus, rendez-vous ICI !


De L'équipe des Podiums le 01/11/2022 19:00


15ème Échange de Noël


Le traditionnel Échange de fics de Noël est de retour pour sa 15ème édition !



Et cette année, vous pouvez écrire et recevoir : des fanfictions Harry Potter, des histoires originales... mais aussi des fanfictions sur d'autres fandoms ! Envie de nous rejoindre ?


Ça se passe d'ici le 31 octobre sur ce topic du forum HPF !


De L'équipe de modération le 23/10/2022 17:22


126ème Nuit d'HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 126 édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 21 octobre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De L'équipe des Nuits le 16/10/2022 11:07


Sélections du mois


Félicitations à Fleur d’épine, Ella C, Eejil9 et CacheCoeur, qui remportent la Sélection Femslash !

Vous voulez de l’action ? De l’aventure ? Ce mois de Sélections est fait pour vous ! Le Jury des Aspics vous invite à lire sur ce thème en octobre avec la Sélection Aventure/Action ! Vous avez jusqu'au 31 octobre pour lire les 5 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter par ici.

Et au mois de novembre, partez dans le futur avec la Next-Gen ! Vous avez jusqu’à la fin du mois d'octobre pour nous faire découvrir sur ce thème si vaste vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots. Pour proposer des textes, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news !

Il y a également la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos nuits d’insomnies ! Jusqu’au mois de décembre, venez découvrir 12 histoires incroyables ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De L'équipe des Podiums le 03/10/2022 23:05


La décision par Persis

[1 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Dagmar Forster et Héraclès Jepson s’étaient connus à Serpentard. Elle était fine et noire de cheveux, un peu bavarde et très spirituelle. Il était deux ans plus âgé qu’elle, réservé, réfléchi ; il avait le cheveu blond et fin. Une fois ses études terminées, il avait trouvé un poste au Ministère. Il continuait à la voir pendant les vacances, lui écrivait quand elle était à Poudlard. Une fois qu’elle eût ses Aspics ils se mirent à se fréquenter. Il attendit d’avoir gravi quelques échelons dans la hiérarchie pour enfin lui faire sa demande qu’elle accepta sans hésiter. Elle avait vingt ans, s’occupait de temps en temps de potions et disposait d’une petite fortune personnelle.

Frustrés de ne pas appartenir aux vingt-huit familles cataloguées Sang-Pur, les Jepson avaient à cœur de purifier sans cesse leur lignée en choisissant avec soin leurs alliances. Les Forster partageaient leurs convictions. D’ailleurs Dagmar et Héraclès avaient un bisaïeul en commun, leur grand-père et leur grand-mère respectifs étaient frère et sœur. Le temps avait clairsemé la chevelure d’Héraclès, agrandit son front et empâté sa silhouette. Le visage de Dagmar s’était durci avec les années. Elle avait le visage osseux, un air sévère et une taille toujours aussi fine après trois maternités. Leur foyer s’était en effet agrandi et il comptait dans leur descendance Arès, onze ans et demi, Diomède, neuf ans et Rhéa, tout juste huit ans.

Pius Thicknesse venait de devenir Ministre et Severus Rogue de prendre fonction en tant que Directeur de Poudlard quand Arès entama sa première année à la célèbre école des sorciers. Il fut, naturellement, réparti à Serpentard, comme l’avaient été ses parents. Dès sa plus tendre enfance, on lui avait inculqué les valeurs familiales qui consistaient à porter aux nues les sorciers au Sang Pur et à mépriser comme une race abjecte les Moldus.

Le Poudlard où le jeune garçon allait étudier, ne ressemblait plus à celui qu’avaient connu ses parents. Le Ministère en avait exclu les Sang de Bourbe et les Carrow imposaient leur discipline de fer. Arès voulait crâner, ne pas décevoir sa famille ou passer pour une poule mouillée, mais au fond de lui, il avait peur et il regrettait le temps où ses parents s’occupaient seuls de son instruction.

Les vacances de Pâques venaient de commencer. Héraclès était allé chercher son fils au sortir du travail, à King’s Cross. Il pestait parce qu’on n’avait encore rien trouvé pour lui éviter de se mélanger aux Moldus dans cette gare. Le jeune garçon fut accueilli avec joie par sa mère et surtout par son frère et sa sœur qui retrouvaient leur compagnon de jeu.

Le samedi matin, Diomède proposa une activité hors du commun au reste de sa famille.

— Et si on allait chasser le Moldu ?
— Pardon ? s’étonna sa mère.
— On pourrait chasser des Moldus et en tuer, pour s’amuser.
— Je te prie instamment de ne plus dire de gros mots, répliqua Dagmar. Nous ne mêlons pas à cette espèce de dégénérés, même pas pour les prendre en chasse. Que ce soit clair.
— Pourtant, c’est ça qu’ils font les Mangemorts, insista Diomède.
— Si tu le dis.
— Moi, plus tard, je serai Mangemort, poursuivra-t-il.
— On verra ça quand tu seras grand. Allez plutôt faire une partie de Quidditch.
— C’est moi le poursuiveur, décréta Arès.
— Et moi, le gardien, enchaîna Diomède.
— Et moi alors ? protesta Rhéa.
— Tu seras attrapeuse, répondit Dagmar.
— Je n’ai pas de Vif d’or !
— Arès va ensorceler une balle pour toi.
— Eh mais … protesta Arès, je ne connais pas le sortilège et puis on n’a pas le droit de se servir de sa baguette hors de l’école.
— Cette règle, c’est bon pour les Sangs-de-Bourbe. Vos parents sont sorciers, personne n’ira contrôler qui a lancé le sort. Vous êtes sorciers, tous les trois, débrouillez-vous pour y arriver. Et que je n’entende pas dire dans une heure que le problème n’est pas réglé.

Arès fonça droit sur son manuel de sortilèges pour trouver le charme qui pouvait convenir. Diomède courut chercher une balle et essaya de l’ensorceler avec sa magie enfantine. Rhéa qui ne voulait pas être de reste voulut en faire autant. Les enfants sortirent au jardin, saisirent leur balai et allèrent s’amuser. Kwiky, l’elfe de maison, apporta la Gazette du Sorcier aux époux Jepson. Dagmar le prit et le feuilleta.

— Pourquoi as-tu répondu à Diomède « On verra quand tu seras grand » quand il a dit qu’il voulait devenir Mangemort?
— Tu ne crois pas qu’il est un peu jeune pour se décider à suivre cette voie ?
— Tu aurais pu répondre : « C’est bien, mon grand. »
— Tu ne lui as rien dit non plus. Et puis Mangemort, c’est dangereux.
— Je serais fier d’avoir un fils qui s’engage aux côtés du Seigneur des Ténèbres.
— Rien ne t’empêche d’en devenir un, répondit ironiquement Dagmar.

Héraclès haussa les épaules.

— Je suis trop vieux … et puis, je n’ai pas la carrure.
— Je ne pense pas que Diomède l’ait non plus. Tu connais l’adage familial : il faut se tenir suffisamment près des êtres brillants pour bénéficier de leur lumière …
— … et suffisamment loin pour ne pas être brûlé par leur éclat. Oui, on me l’a, on nous l’a assez répété.
— Ça vaut aussi pour nos enfants.
— Ne leur coupons pas les ailes. Eux aussi peuvent devenir des êtres brillants.
— Merlin t’entende ! dit-elle en se replongeant dans la lecture … Ils ne l’ont toujours pas attrapé … un gamin de dix-sept ans qui leur filent entre les doigts.
— Potter ?
— Il a une chance indécente.
— Pas seulement de la chance. Il a des appuis ; tout une bande qui le soutiennent. Comme ces Traitres-à-leur-Sang de Weasley.
— Ce n’est pas un Weasley qui seconde le Ministre ?
— Perceval ? … Mouais, l'exception à la règle, un obscur tâcheron.
— Un obscur tâcheron qui seconde le Ministre, persiffla Dagmar.
— Qu’est-ce que tu veux dire par là ?
— Rien. Je ne veux rien dire de plus que ce que je n’ai dit.
— Tu trouves que je n’ai pas assez d’ambition ? C’est ça ? … Je ne vais tout de même pas te tromper avec Dolores pour avoir de l’avancement.
— Ne sois pas vulgaire, veux-tu ! Tu as juste plus d’ambition pour tes enfants que pour toi-même.
— Et toi, tu n’arrives pas à te projeter dans l’avenir. Les enfants seront adultes plus vite que tu ne l’imagines. Chaque génération doit s’élever plus haut que la précédente.

Dagmar ne répondit rien. Elle se contenta de décocher un regard mêlé d’ironie et de mépris à son époux. Héraclès se leva en marmonnant qu’il avait des choses à faire et il se retira dans son bureau.

Le weekend passa très vite et Héraclès retourna au travail le lundi. Pour Dagmar, les journées se partageaient entre les moments passés avec les enfants, leurs jeux, les promenades et la préparation occasionnelle de quelques potions, pour dépanner des connaissances. Un jour, elle reçut un hibou de sa mère pour la prévenir qu’elle désirerait papoter par le biais de la cheminée.

Les enfants étaient occupés dans la salle de jeu avec un théâtre de marionnettes ensorcelés. Kwiky était chargée de les surveiller discrètement. Le feu brûlait dans l’âtre. A l’heure convenue, les flammes devinrent vertes et le visage de Mme Forster apparut. Les deux femmes se mirent à bavarder de tout et de rien jusqu’à ce que la grand-mère aborde un sujet délicat.

— Héraclès te pousse toujours à fréquenter les Malfoy et la Lestrange ?
— Allons, maman ! Je ne les rencontrés qu’une seule fois.
— Et tu es allée dire à Bellatrix Lestrange que tu n’étais pas forte en sortilèges. Ce n’était pas très malin.
— Ne déforme pas, s’il te plaît. Je lui ai dit que je n’étais pas une bonne duelliste, mais que mon fort, c’était les potions. Ce qui est vrai. Je n’avais pas envie d’être recrutée par les Mangemorts. Je lui aussi dit que j’allais me remettre à l’exercice. Avec un elfe de maison, je n’ai plus l’occasion d’exécuter certains sortilèges, c’est un fait. Pourquoi est-ce que tu reviens là-dessus ?
— Eh bien, en fait … ça me rassure un peu que tu ne les vois plus.
— Je viens de te dire que je ne les ai rencontrés qu’une seule fois.
— Lucius Malfoy est … en disgrâce auprès de Tu-sais-qui. Il l’a déçu et plus d’une fois. Garder tes distances est une bonne chose. D’ailleurs, madame Lestrange elle-même n’a pas été à la hauteur dans … dans une certaine affaire.
— Voyez-vous ça ! … Ne me dis pas que cela à un rapport avec le jeune Potter.
— Si, justement. Certaines personnes disent que … Naturellement, ce sont des on-dit et je …
— Maman, arrête de tourner autour du pot.
— Ils seraient parvenus à le capturer, lui et ses deux acolytes et ils se seraient enfuis du manoir Malfoy. Même la Lestrange qui n’est pourtant pas une petite pointure ne serait pas parvenue à les retenir. Tu-sais-qui est entré dans une rage folle.
— … Tu veux dire qu’une bande de Mangemorts aguerris ne sont pas parvenus à garder prisonniers trois ados de dix-sept ans ?
— Ils ont une chance indécente.
— Hallucinant.
— Naturellement, tout ça doit rester entre nous. C’est déjà beaucoup qu’on me l’ait raconté et … Enfin, je ne voudrais pas que ton fils …
— Mon fils ? Arès ou Diomède ?
— Arès, voyons ! Ce garçon est si sensible. Il faut que tu l’endurcisses et lui faire peur ne lui fera pas du bien.
— Avoir peur est une chose tout à fait normale. Le tout est de savoir ce qu’on fait de sa peur.
— Arès a trop vite la pétoche. Quand je pense qu’il vous a écrit pour venir le reprendre de Poudlard ! Tout ça à cause des Carrow.
— Oh maman ! Ça fait longtemps qu’il n’en parle plus de tout ça. Il faudrait que tu arrêtes de ressasser des vieilles histoires. Il est à la maison pour les vacances et je ne l’ai pas entendu se plaindre. Et puis après tout, il n’a pas encore douze ans.
— Le temps passe vite. Tu n’auras pas le temps de dire ouf qu’il te dépassera d’une tête.
— En attendant, j’ai bien l’intention d’en profiter.

La conversation qu’elle avait eu avec sa mère la hantait. Non, Arès n’était pas un pétochard. Il ne supportait pas de voir des élèves de son âge crier sous le coup du sortilège Doloris que leur lançaient des élèves plus âgés. Des sorciers torturaient non pas des Moldus ou des Sang de Bourbe, mais d’autres sorciers de vieille lignée. Après tout, ni elle, ni sa mère n’avait connu de telles méthodes et il fallait être aveugle pour ne pas se rendre compte que certains Mangemorts ne brillaient pas par leur intelligence ou la finesse de leur éducation.

Par contre … par contre … une bande d’ados tenaient en échec depuis plusieurs mois le plus grand mage de tous les temps. Cela devenait une obsession. Plus les heures passaient, plus le problème devenait prégnant. Elle eut du mal à s’endormir. Elle se réveilla quelques heures plus tard et sortit pour aller aux toilettes. Elle ne put s’empêcher de pousser la porte de la chambre d’Arès. Il dormait à poings fermés, une trace de larme sur la joue.

Non, elle n’était pas une mère-poule. Mais elle ne sacrifierait pas non plus ses enfants sur l’autel de la gloire familiale. Le lendemain était un vendredi, Dagmar demanda à Kwiky de veiller sur les enfants le temps de faire une course. Elle revint assez vite. Le soir, lors du souper qui rassemblait toute la famille, Dagmar proposa de faire un pique-nique le lendemain. Ils partiraient à la campagne ou à la mer, dans un endroit tranquille ; elle en connaissait quelques-uns. Les enfants étaient si enthousiastes qu’Héraclès se rallia très vite à l’idée.

Le samedi matin, les enfants déboulèrent à la salle-à-manger avec un appétit d’ogre.

— Papa n’est pas levé ? s’étonna Rhéa
— Non, il a eu une nuit épouvantable, il dort encore, répondit leur mère. On ne va pas l’attendre, il nous rejoindra plus tard, quand il se sera bien reposé. Qu’en dites-vous ?
— Donc, on mange et on y va ! déclara Arès.
— Tu as tout compris.
— Et on va où ? demanda Rhéa.
— Surprise !

Kwiky fut chargée d’emmener les enfants dans une petite chaumière du Kent et de veiller sur eux, le temps que Dagmar les rejoignent. Ils s’ébattirent une demi-heure dans la clairière et les bosquets environnants. Leur mère revint avec un coffre et appela l’elfe.

— Kwiky, tu peux retourner à la maison. Ton maître est très fatigué, tu vas attendre auprès de lui qu’il se réveille et tu l’amèneras ici. Mais surtout, surtout … tu ne dois pas le réveiller. D’accord ?
— Oui, maîtresse Dagmar.
— Tu le laisses dormir jusqu’à ce qu’il se réveille de lui-même.
— Oui, maîtresse Dagmar.

Mme Jepson alla rejoindre ses enfants et les regarda jouer. Au bout de vingt minutes, elle leur demanda de revenir à la chaumière.

— C’est pour que faire, le coffre ? demanda Diomède.
— Pour profiter à fond du weekend. On va déloger.
— On va dormir ici, à la cabane ? demanda Rhéa.
— Ah non … La surprise que je vous ai annoncée, c’est une partie de cache-cache, avec papa. Je lui ai fait une petite farce. Quand il va se réveiller, Kwiky va lui dire qu’on est ici, mais nous on sera partis dans un autre endroit.
— Où ? demanda Diomède.
— Ben, à la mer ! Dans un endroit où il n’y a au-cun Mol-du à des miles à la ronde.
— Et c’est où ? insista Rhéa.
— Ne dis rien, maman, répondit Arès. Comme ça, ça sera une vraie surprise.
— Vous êtes des anges. On va prendre la cheminée. Arès, tu peux passer devant ? Je te donne l’adresse : la chaumière du Bélier, Soay. Diomède, tu suivras et puis ce sera le tour de Rhéa.

Dagmar alluma le feu et présenta la poudre de cheminette à ses enfants qui s’engouffrèrent les uns après les autres dans l’âtre. Arès trouva le trajet très long, il ne se souvenait pas d’avoir vu autant de foyers défiler devant ces yeux. Une fois arrivé, il fut surpris de la rusticité de la demeure. Les pièces étaient basses de plafond, peu meublées et on n’y avait pas fait le ménage depuis longtemps. Il poussa la porte et se trouva devant des plateaux herbeux accidentés. Il s’aventura au dehors. Il sentait l’air du large et entendait le flux et le reflux de la mer. Diomède, Rhéa puis sa mère vinrent le rejoindre.

— Il y a une plage quelque part ? demanda Arès.
— Oui, un peu plus bas, répondit Dagmar. Attendez, je vais chercher quelques affaires.

Elle revint avec un grand sac de voyage et les accompagna jusqu’à une petite crique. Elle jeta des sortilèges un peu partout, pour éloigner les nuages, empêcher les enfants de franchir une limite bien définie et augmenter la température de l’eau. Elle ensorcela aussi les enfants par un sortilège de flottaison. Ensuite, elle transplana et revint cinq minutes plus tard.

Les sortilèges qu’elle avait jetés ne rendait pas pour autant la baignade agréable. La mer restait fraîche et les enfants n’avaient de l’eau que jusqu’aux cuisses. Dagmar se mit aussi à l’eau pour partager leurs jeux, puis ils pique-niquèrent sur la plage.

— Dis, maman, demanda Rhéa. Tu penses que papa va mettre longtemps pour nous retrouver ?
— Mm … je pense qu’on est bien cachés, répondit Dagmar.
— Et s’il ne nous trouve pas ? continua-t-elle.
— On aura gagné.
— On aura gagné quoi ? demanda Diomède
— On aura gagné … un joli voyage, répondit la maman sur un ton enjoué.
— Tu fais beaucoup de devinettes, maman, déclara Rhéa.
— Ce sont les vacances, on peut s’amuser, non ?
— Ce sera un weekend fatiguant pour papa, fit remarquer Diomède. Il va devoir nous chercher.
— Ton père est un bon sorcier, ne t’en fais pas pour lui.
— Il n’a qu’à envoyer Kwiky, répondit Arès, un peu soucieux.
— Quand il sera fatigué de chercher, c’est ce qu’il fera. Dites donc, les loulous, maintenant qu’on a mangé, on ne peut plus aller se baigner, ce serait dangereux.
— Même avec un sortilège de flottaison ? demanda Diomède.
— Non, l’eau est trop froide, malgré mes sortilèges. Alors, je vous propose une balade en bateau. On va bien s’habiller pour ne pas se refroidir.
— Non, pas moi, décréta la petite fille.
— Je ne vais pas te laisser ici toute seule.
— Tu n’as qu’à demander à Kwiky de venir me garder.
— Kwiky est près de papa.
— Eh ben, je vais l’appeler.
— Non ! Je te l’interdis. Tu vas gâcher notre jeu.
— Oui, mais c’est pas drôle, on est parti depuis longtemps et papa n’est pas là. Et puis si on part en bateau, il va pas nous retrouver.
— Ce n’est pas négociable, Rhéa, répliqua Dagmar, sur un ton sévère.
— Maman a raison, approuva Arès. Tu une Sang-Pure ou une poule mouillée ?

Rhéa tira la tête. Arès vit sa mère pointer discrètement sa baguette dans la direction de sa fille. Leurs regards se croisèrent un instant. Dagmar esquissa un sourire puis elle agita la baguette d’une jetée et un bateau s’approcha. Un autre charme fit venir le coffre qui était resté dans la chaumière. Elle transplana par deux fois avec ses enfants sur le petit navire de plaisance, y attira le coffre puis mit le bâtiment en marche. Ensuite, elle prit place dans l’habitacle avec ses enfants.

Dagmar leur servit du chocolat chaud mais Arès y jeta à peine le bout des lèvres tandis que son frère et sa sœur avalaient la boisson à grands traits. Tous les deux s’endormirent rapidement.

— Maman, on va où, comme ça ? demanda Arès en regardant Diomède et Rhéa, affalés sur la tablette.
— Loin. Si tu me dis que tu as envie de retourner à Poudlard à la fin des vacances, j’aurai du mal à te croire.
— Et papa ?
— Papa nous rejoindra s’il le veut. Et s’il ne le veut pas, ce sera sa décision. J’ai choisi de vous mettre à l’abri, loin de tout ça.
— Tout quoi ?
— Tu sais-qui et ceux qui le suivent. Avant, on ne vivait pas dans la crainte, dans la suspicion. Il suffisait de rester entre soi, de ne pas fréquenter les infréquentables et les autres faisaient comme ils l’entendaient. Après le Ministère nous a imposé la manière d’éduquer nos enfants, tout le monde s’est mis à soupçonner tout le monde, à se méfier de ses relations, de ses voisins. Je ne veux pas que vous grandissiez dans cette atmosphère, avec la peur au ventre.
— On va en Amérique ?
— Là, on va rejoindre les Féroé. On peut y rester mais je ne pense pas que ce soit très sûr. Je préférerais partir pour le Canada ou l’Australie. Même si on doit faire le voyage en plusieurs étapes
— Mais on vivra de quoi ?
— Ne t’en fais pas pour ça, j’ai de l’argent. Je suis passée à la banque hier.
— Et si Diomède et Rhéa ne sont pas d’accord ? Et qu’ils appellent … qu’ils appellent …
— Qu’ils appellent notre elfe ? Tu ne te souviens plus de son nom. Eux non plus. J’ai modifié votre mémoire sans que vous vous en rendiez compte pendant que je préparais le chocolat chaud.

Quand Héraclès se réveilla, il consulta sa montre. Il était huit heures du matin. Il descendit à la salle à manger et n’y trouva personne. Il appela Kwiky qui lui demanda s’il avait bien dormi et ce qu’il voulait pour manger.

— Où sont Dagmar et les enfants ?
— Partis dans le Kent, maître Héraclès.
— Déjà ? Ils n’ont pas voulu m’attendre ?
— Maîtresse Dagmar a dit : il faut laisser dormir le maître. Le maître est très fatigué. Alors Kwiky a laissé dormir le maître toute la journée et toute la nuit.
— Qu’est-ce que tu me racontes ? Toute la journée ? Mais on est au matin ?
— Maître Héraclès a dormi toute la journée du samedi. Aujourd’hui, c’est dimanche.
— Tu sais où ils sont allés ?
— Oui, maître Héraclès !
— Emmène-moi jusque-là.
— Le maître ne veut pas manger ?
— Fais ce que je te dis ! répondit Héraclès, avec humeur.

L’elfe obéit et amena son maître à la chaumière. Il trouva une lettre sur la table.

Cher Héraclès,

Quand tu trouveras cette lettre, je serai déjà loin. Mon devoir de mère est de mettre mes enfants à l’abri. Depuis plusieurs semaines, tu refuses de voir les choses en face. Tu as pris parti pour ceux qui perdront bientôt la guerre. Je partage ta vision de l’ordre du monde mais je ne veux pas que nos enfants passent après ton envie de plaire à ceux que tu veux flatter.
J’ai laissé une trace de notre passage dans les Hébrides. Il t’appartiendra de la suivre pour nous rejoindre ou de rester à ta place bien rangée de fonctionnaire.

Dagmar


M.Jepson lut et relut la lettre jusqu’à la connaître par cœur. Il réfléchit puis il lui jeta un sort pour la détruire. Il n’aurait qu’à prétendre que sa femme et ses enfants avaient disparus lors d’un pique-nique, sans doute enlevés par des gens mal intentionnés et il ordonna à son elfe de tenir le même langage que lui. Il ne lui restait plus qu’à prévenir les Aurors qu’il les avait cherchés en vain.
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