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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
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A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Manipulatrice, 1ère classe ! par SumiShann

[6 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Ca fait 2 fois que le site me dit "vous n'avez pas le droit à cette fonction" quand je clique sur "ajouter l'histoire", j'espère que cette fois-ci ça va passer...

Chapitre 1

 

— Sélim ? Sélim, réveille-toi, t’as encore oublié de mettre ton alarme !

Quelqu’un n’arrête pas de me secouer depuis dix minutes, et je m’évertue à me cacher sous ma couette. Pas envie. Les vacances sont passées beaucoup trop vite, je n’ai pas encore eu le temps de dormir ! Du moins, pas assez pour affronter la 6e année à Poudlard. On vient d’avoir nos BUSEs, quoi ! Laissez-nous un peu de temps.

— Laisse tomber. Chaque année c’est la même chose. Elle se lèvera une fois qu’elle sera en retard.

C’est cela. Abandonnez-moi à mon sort. Et avec un peu de chance, peut-être que je resterai dans mon lit toute la journée. Alice Londubat soupire une dernière fois puis se résigne à suivre sa camarade. J’attends que le bruit de leurs pas s’estompe dans l’escalier avant de laisser réapparaître le bout de mon nez. Faut quand même que je pense à respirer, ça m’évitera une mort stupide à seize ans. J’ai retenu lors de ma 3e année que s’endormir sous les couettes des lits de Poudlard était hautement dangereux. Faut toujours laisser poindre sa tête, autrement on n’est jamais sûr de retrouver la sortie.

Je me réinstalle confortablement et tente de grappiller quelques minutes de sommeil. Ou du moins, j’espérais : c’est sans compter sur l’autre bisounours qui me sert au passage de camarade de dortoir.

— Sélim ? murmure une petite voix tandis qu’une main toute aussi petite me secoue doucement le bras. Tu ne veux pas voir James ? Tu es sa petite amie maintenant, tu as oublié ?

— C’est vrai ! m’exclamé-je en me redressant d’un coup.

Mauvaise idée. Je heurte violemment le front de Lucy Weasley, et ma tête suit le chemin inverse d’il y a deux secondes pour venir se renfoncer dans mon oreiller. Ouch.

— Désolée, oh par Merlin, je suis tellement…

— Désolée, oui je sais, je soupire.

J’ouvre un œil. Lucy Weasley me regarde avec des larmes aux coins des yeux alors qu’une légère rougeur commence à apparaître sur son front. Une rougeur et c’est tout.

— J’y crois pas ! Tu ne vas même pas avoir de bosse !

La vie est injuste.

— Je suis désolée…

— J’ai compris, Weasley, ça ne sert à rien de te répéter…

Je me tapote le front avec circonspection redoutant plus que tout… la voilà ! Une belle bosse bien bleue. Oui, j’aime bien faire dans les allitérations.

-… et ça n’effacera surtout pas cette bosse qui me défigure, je finis dans une exclamation catastrophée.

À présent, Lucy est rouge comme une tomate. Elle renifle et remonte ses grandes lunettes rectangulaires pour se donner contenance. Je vois bien qu’elle se retient de pleurer uniquement parce qu’elle a conscience que je déteste ça. C’est bien la seule qui s’en soit rendu compte d’ailleurs. Les autres ne se gênent pas pour se servir de moi comme d’un mouchoir.

— Attends une minute, je crois que j’ai quelque chose pour régler ça, s’empresse-t-elle de préciser, ses petits pas effleurant à peine le plancher tandis qu’elle s’en va fouiller dans sa valise.

Ses cheveux roux de trois kilomètres de long ne cesse de retomber devant ses yeux, tel un rideau de feu. Habituellement, elle les tresse en une longue natte qui lui arrive jusqu’en bas de l’abdomen, mais bon. Je suppose que la rentrée surprend tout le monde, même la petite intello de la classe.

Lucy n’élève jamais la voix, fait toujours ses devoirs en avance, lève constamment la main en cours. Moi, tout comme le reste des Gryffondor, nous demandons encore pourquoi elle a atterri dans la maison du courage. La rousse semble terrorisée à chaque fois qu’elle reçoit une remarque, positive ou négative. Elle aurait clairement été mieux ailleurs, la pauvre ! Après tout, bien que ce soit une Weasley, il n’y a aucun mal à entrer à Poufsouffle puisqu’elle a même un cousin à Serpentard ! ‘Me demande encore comment Albus a fait, d’ailleurs…

Elle revient vers moi, un petit pot en main, et commence à en étaler la crème sur ma bosse. Non mais, elle se prend pour ma mère ou quoi ? Agacée, je repousse ses doigts d’un geste brusque.

— Donne, fais-je en tentant de mesurer ma voix.

Après tout, on me connaissait comme un peu directe, mais pas méchante. Pour cette unique raison, je n’allais donc pas lui arracher le pot des mains. Calme.

Elle s’excuse, me tend le pot, s’excuse encore puis se met enfin à faire sa natte.

Sans lui prêter plus d’attention, je me précipite dans la salle de bain avec mon uniforme et ma trousse à maquillage, tandis que le miroir me lance un « Hello ! » joyeux. Je lui réponds en essayant de paraître de bonne humeur, mais ce que je vois dans le reflet ne plaît que moyennement.

De longs cheveux ondulés d’un brun presque noir encadrent un visage aux traits asiatiques. Heureusement, j’ai hérité de la beauté de ma mère et bien que ma peau ne soit pas de la même couleur caramélisée, mon teint est encore loin d’être blanc comme un cul, à l’image de mon père. En revanche, à l’instar de ma génitrice j’ai de jolis yeux en amande bordés de long cils qui me font économiser du mascara, ainsi que des pommettes hautes soulignées par des joues légèrement arrondies comme il faut.

Je prends une douche rapide, pose quelques gouttes de parfum sur ma gorge, là où je sais que James m’embrassera sûrement, rehausse mes lèvres avec un rose innocent et redéfinis mes sourcils en un éclair. Malheureusement, en guise de frange, ce ne sont que deux mèches de cheveux parfaitement sélectionnés et lissés qui se placent de chaque côté de mon visage et je suis obligée d’utiliser de la poudre pour cacher l’hématome sur mon front, après l’avoir tartiné de crème.

Une queue de cheval sur le haut de ma tête et hop ! Je suis parfaite.

— Parfaite ! confirme le miroir en écho.

.

o0o0o0o

.

Je suis plantée à l’entrée de la Grande Salle, confrontée à une décision extrêmement compliquée et déterminante pour mon futur. Devrais-je aller m’asseoir avec mes amies de Poufsouffle, ou serait-il préférable de rejoindre James ? Pour mes conquêtes précédentes, je n’y allais pas par quatre chemins et me posais directement sur les cuisses de l’amoureux du moment. Ou l’amoureuse. Contrairement à ma mère, je n’ai jamais été très regardante de ce côté-là.

Je suis sortie avec toutes sortes de personnes et je sais que pratiquement chacun d’entre eux a apprécié cette approche. Cependant… James n’est pas n’importe qui. Et ça, il faut qu’il le ressente, qu’il le voit, qu’il le constate.

Très bien ! Mon choix est fait. Je m’avance alors dans la Grande Salle, la tête légèrement baissée en signe de timidité mais avec un adorable sourire sur les lèvres, comme ce couple de Serdaigle qui sourit stupidement à chaque fois qu’ils s’aperçoivent. Oui, ils doivent croire que je suis amoureuse.

Je sais que les têtes se tournent vers moi aussitôt que je pose un pied sur les marches, j’entends les gens se donner des coups de coudes tandis que des murmures s’élèvent. Avec un coup d’œil en direction de la table des Gryffondor, je me pince la lèvre d’un air hésitant avant de finalement me diriger vers les Poufsouffle.

— Hey ! Comment ça va ? m’accueille Mary Sparklemoon avec un grand sourire.

Ça se voit rien qu’à sa tête qu’elle n’en a rien à foutre de ma santé. Son seul intérêt est de savoir comment j’ai enfin réussi à sortir avec James, après cinq ans d’essais « infructueux ». Bouffeuse de potins, va. Autour d’elle, Lenny Marbelade, Makayla Simons et Olivia Cortez me regardent avec le même éclat dans les yeux. À croire qu’elles n’ont vécu que pour ce jour.

Et ce qui m’amuse, plus que leur air intéressé, c’est le fait qu’à ce moment précis j’ai du pouvoir sur elles. Bien sûr, j’ai en réalité bien plus de pouvoir qu’elles ne le croient, et cette pensée m’amuse encore plus. Je décide de les faire mariner encore un peu, prenant tout mon temps pour poser mes fesses délicates sur le banc, choisir quelques fruits et servir mon thé.

Je déteste le thé, mais ça donne une image plus mature que le chocolat chaud. Pareil pour les fruits. Chaque jour, les céréales, les croissants, les pains au chocolat me font de l’œil. Je me dois de limiter ces écarts à une fois par mois, quand je suis sûre que personne ne m’observe.

— Alors, alors ? me presse Olivia avec son agaçant accent espagnol.

— Alors…

Je marque une pause.

— Je vais très bien, merci. Et vous ?

Elles soupirent toutes, l’air désabusées. Lenny me lance même un regard de pitié. Est-ce que j’aime jouer les idiotes ? Oh oui, énormément !

— On parlait de Potter, grince-t-elle.

— Oh, je soupire en faisant une moue, faussement déçue qu’elles ne s’inquiètent pas de ma santé.

Puis je retrouve le sourire qu’il se doit quand j’aborde le sujet de mon petit ami :

— C’est incroyable ! J’ai cru que ce jour n’allait jamais arriver !

Mais bien sûr.

— Nous non plus ! rigole Makayla.

Toi, bouffe ton chignon. Cependant, je ris avec elle pour noyer mes pulsions meurtrières.

— Il était teeeellement timide, ajoute Mary de sa voix aiguë insupportable.

— Et toi alors ! s’amusa Olivia. Tu étais teeeellement gauche !

Si vous saviez à quel point j’ai teeeellement envie de vous étrangler. Mais bon, ce n’est pas comme si je m’attendais à ce qu’elles comprennent mon manège.

Je finis tranquillement de petit-déjeuner avec leurs babillages en bruit de fond, puis attrape mon sac quand je vois James sortir de la Grande Salle.

— Désolée, fais-je en leur offrant un sourire contrit.

— C’est ça, amuse-toi bien ! me répondent-elles en gloussant.

Vous ne savez pas à quel point ! Je me précipite dans le Hall après avoir attrapé mon emploi du temps auprès d’Isaac Finch-Fletchley, le préfet des Gryffondor.

— James ! je l’appelle.

Cependant, il n’y a personne dans le Hall quand je franchis les portes. Allons bon, je l’aurais raté ? Non, il ne marchait pas assez vite. Dans ce cas… Je me force à sursauter quand deux mains se posent sur mes yeux.

— Qui est-ce ? demande une voix exagérément grave.

— James, stop ! je ris.

Il retire ses mains puis me regarde dans les yeux après m’avoir volé un baiser. Je finis par rougir et détourne le regard.

— Pourquoi tu ne t’es pas assise avec moi au petit-déjeuner ? demande-t-il.

Son ton n’a rien d’un reproche, au contraire. Il laisse seulement transparaître une sincère curiosité.

— Eh bien, j’explique en gardant mon regard rivé sur mes mains, j’ai pensé que tu ne voulais peut-être pas qu’on aille trop vite, ou que tu pouvais préférer conserver ce moment-là pour être avec tes amis.

Il me relève doucement le menton avant de me voler un autre baiser. Il semble heureux de ma réponse.

— Ce midi, on mange ensemble, d’accord ?

J’acquiesce d’un signe de tête, puis désigne le couloir qui mène aux cachots.

— On fait le chemin ensemble ?

Avec un grand sourire enfantin, il me prend la main et engage la conversation.

.

o0o0o0o

.

— On se voit ce soir, Lim ? Au même endroit que d’habitude, OK ?

J’acquiesce avec un sourire ravi d’amoureuse décérébrée, puis lui arrache un long, langoureux baiser. Je sens sa langue glisser contre la mienne. James embrasse vraiment bien, c’est l’une des premières choses que j’ai remarqué quand j’ai commencé à sortir avec lui, il y a un mois et demi.

— Je prends ça comme un oui, souffle-t-il quand on se sépare.

Il me fait un petit signe de la main en s’éloignant, en route pour son cours sur l’étude des Moldus. Et, forcément, je lui réponds en agitant le bras d’un air stupide.

Je soupire tandis que sa silhouette disparaît à l’angle du couloir. De soulagement. James s’avère dix fois plus collant que je ne l’avais imaginé ! Toujours à me demander ce que je fais, à vouloir m’accompagner partout, à me voler des baisers. La semaine dernière, il a même failli me suivre dans les toilettes !

Ce n’était pas prévu, parce que James ne se comportait pas ainsi avec ses précédentes copines, mais je vais devoir lui expliquer que j’ai besoin d’un peu de liberté. Avec toutes ses conneries, je n’ai même pas pu m’entraîner dans la Salle-sur-Demande, dernièrement. J’ai l’habitude de pratiquer magie noire (rien de trop sombre ou de trop illégal, faut pas croire) et arts martiaux pour ma propre défense, et à présent mon corps vibre de toute l’énergie qu’il ne demande qu’à dépenser, me rendant fébrile et irritable.

Je m’étire comme un chat, les épaules raides à force de jouer la comédie plus que d’accoutumée, et m’apprête à faire demi tour pour rejoindre mon cours de divination lorsque je croise les yeux insistants d’un élève aux cheveux bleu ciel et bardé de piercings.

Aussitôt, un sourire sympathique se plaque à nouveau sur mes lèvres malgré le frisson qui me traverse la colonne vertébrale.

— Shacklebolt ! Que fais-tu ici ?

Il ne répond pas tout de suite, se contentant de me fixer en silence. Quoi ? M’a-t-il vu soupirer ?

— J’allais en divination, déclare-t-il finalement.

— Oh ! C’est vrai, j’oublie sans cesse que tu as continué cette matière, j’explique avec un air désolé.

Faut dire qu’il est tellement transparent ! Alors que je passe devant lui, je sens son regard bleu marine me transpercer de part en part. C’est plus fort que moi, ce gars m’a toujours foutu les jetons ! Pourtant, tout Poudlard s’accorde pour dire que c’est un camarade sociable et agréable, toujours à l’écoute.

Je suppose que c’est cela qui me pose problème : ce mec apparaît n’importe où sans qu’on s’y attende, se cachant parmi les ombres et laissant traîner ses oreilles un peu partout. Je dois continuellement me méfier de lui, des fois qu’il surgirait au moment où j’agis de manière naturelle. Ça n’arrive pas souvent parce que je libère généralement la tension en allant hurler tout en haut de la tour d’astronomie (oui, c’est parfaitement sain, un problème ?), mais il m’arrive parfois de me détendre un peu plus que je ne devrais dans des endroits trop fréquentés. Une pensée surgit brusquement dans mon esprit : et si ce n’était pas la première fois qu’il me surprenait ainsi ? J’en ai des sueurs froides.

— Tout va bien ? s’enquiert-il en voyant mon teint pâle.

Bordel, je n’avais même pas remarqué qu’il m’avait suivi ! Je sursaute (un vrai sursaut, ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé !) puis étire mes lèvres en un maigre sourire :

— Je crois que j’ai un peu mal à la tête. Je vais aller faire une sieste dès que les cours seront terminés.

Je continue d’arborer mon plus beau masque de « souffrante de blessure interne légère » no3 jusqu’à notre arrivée dans la salle de divination, envahie par de lourdes senteurs d’encens. Wouah, elle a mis la dose aujourd’hui ! Mon nez se plisse vivement, et je n’ai aucune peine à aggraver ma mine mal en point tant les odeurs me donnent réellement envie de vomir.

Je me choisis une place tout au fond de la salle près des fenêtres, loin des diffuseurs, et m’affale confortablement sur un pouf défoncé.

— POUF ! fait le pouf.

Honnêtement, je n’ai jamais compris l’utilité d’un pouf qui parle. Si au moins il disait des choses intéressantes du style « hmm, vos fesses sont tout à fait charmantes, aujourd’hui ! ». Mais non. Il fait juste « POUF » ce qui, entre nous, manque foncièrement d’originalité.

— POUF ! émet le pouf à ma droite.

Mon regard se décolle de la vitre pour venir se poser sur Shacklebolt, tranquillement installé à mes côtés. C’est une blague ? J’essaye de ne pas paraître trop crispée par son intrusion dans ma solitude. Je passe chaque cours de divination assise seule à une table, et je ne forme un duo que quand c’est nécessaire. Principalement parce que je ne m’entends pas vraiment avec les Serdaigle mais aussi parce que les Gryffondor n’échangent jamais de partenaires.

— Shacklebolt ! je m’exclame, surprise. Tu n’es pas avec tes amis ?

Traduction : barre-toi s’il te plaît. La lueur amusée qui danse dans ses yeux me met mal à l’aise. Je n’aime pas ce regard, comme s’il se moquait de moi.

— J’ai décidé de laisser un peu d’espace à Niall Finnigan et Macey Thomas.

Oh ! Je saute sur l’occasion. Après tout, je suis la commère des Gryffondor, n’est-ce pas ?

— Tu ne trouves pas que ces deux-là sont trop mignons ensemble ? j’interroge en posant mes coudes sur la table et en me penchant d’un air intéressé.

Je sais que de cette manière, j’agrandis légèrement mon décolleté sans passer pour une aguicheuse.

— Totalement, ça en devient étouffant, toute cette tension entre eux.

Tu veux savoir ce qui est vraiment étouffant ? Que tu ne me lâches pas des yeux depuis dix minutes. Lourdaud.

Je lui lance un clin d’œil espiègle.

— Ça te dit de parier ?

— Sur ?

— À ton avis, dans combien de temps vont-ils commencer à sortir ensemble ?

Un sourire de requin naît sur ses lèvres tandis qu’un mauvais pressentiment me fait frissonner.

— Que dis-tu plutôt de parier sur la durée de ta relation avec Potter ?

Ma respiration se bloque, mais je m’efforce de parler d’une voix égale.

— Qu’est-ce que tu racontes ? On sera ensemble pour la vie, James n’est pas comme les autres garçons.

— Bien sûr, chaque personne est unique après tout, continue-t-il confiant. Mais je parie quand même que dans moins d’un mois, ce sera fini.

J’ai envie de lui arracher la tête, tellement il m’horripile. Et d’où il la sort, cette info ?! Calme, Sélim, reprends-toi… La peine et le chagrin se lisent sur mes traits quand je lui demande :

— Pourquoi tu dis ça ? Tu… tu crois vraiment qu’on va se séparer ?

Je sais qu’avec ma voix tremblante et mes yeux brillants, on dirait que je vais me mettre à pleurer, et pendant quelques secondes Shacklebolt paraît troublé. Mais il se reprend bien vite, secouant la tête pour retrouver son air assuré.

— Disons que je me demande dans combien de temps tu en auras marre de le supporter et de faire semblant de l’aimer.

Je sens les couleurs déserter mon visage alors que mes entrailles se nouent abruptement. Impossible… Hop, hop, hop ! Temps de noyer le poisson !

— Pardon ? je crache, la colère montant en moi. Tu ne sais rien de James et moi, c’est clair ? C’est vrai que j’ai eu des dizaines de petits amis auparavant, mais ils ne comptent absolument pas ! Alors oui, aussi surprenant que cela puisse paraître, j’aime James, et ce n’est certainement pas toi qui vas me faire croire le contraire !

Avec un temps de retard, je me rends compte que je me suis levée et que j’ai crié toute ma tirade. À présent, la classe entière me contemple avec des yeux ronds comme les tasses à thés placées devant eux. Certains ont même la délicatesse de rougir en entendant ma déclaration d’amour passionnée. Quant à Shacklebolt, il semble surpris que moi, la petite commère un peu brusque mais toujours aimable et avenante, puisse s’emporter. Quoi, t’as jamais entendu parler de cordes vocales ?

Je reporte mon regard sur Shacklebolt puis rougis de honte d’avoir attiré autant l’attention, après m’être rassise.

— Désolée, Shacklebolt. Je n’aurais pas dû te crier dessus.

Il n’a pas le temps de répondre que le professeur Trelawney entre dans la salle de classe enfouie sous une masse de foulards.

Il était temps qu’elle débarque, celle-là ! Elle arrive dans la pièce à petits pas feutrés, puis nous fait son speech habituel sur le rêve étrange qu’elle a fait cette nuit (« et même qu’il y avait des dragons roses ») avant de donner un cahier à chaque élève de la classe pour que l’on puisse faire de même pendant le reste de l’année. Trop gentil.

Cependant… Je fais la maligne, mais au fond je n’en mène pas large. Ce qu’a dit Shacklebolt ne cesse de résonner sous mon crâne, d’éveiller mes inquiétudes. Au mieux, il pense que James ne représente pour moi qu’une conquête parmi tant d’autres, à la seule différence qu’il est extrêmement célèbre grâce à son père. Au pire… non, mieux vaut ne pas penser au pire.

C’est beaucoup trop effrayant.

 

Même le joyeux babillement d’Olivia à l’heure du déjeuner n’arrive pas à me sortir de mes sombres pensées. Enfin… SURTOUT le babillement d’Olivia. Tout est plus important que de savoir combien de chirurgies elle compte avoir dans le futur, ou encore combien de fois elle s’est tapé son cousin avant qu’il se marie.

Non, actuellement, je suis plutôt inquiète à cause du léger problème que représente Ryan Shacklebolt. J’espère de tout cœur me tromper, mais n’écarter aucune possibilité en cas d’insécurité fait partie de ma politique. Il y a peu de chances que Shacklebolt connaisse ma vraie personnalité, mais je me dois de prendre des mesures.

Alors que je suis justement en train de réfléchir à ce que ces mesures doivent être exactement, j’aperçois Hodgson, un quatrième année avec une drôle de réputation, sortir de la Grande Salle avec ses amis. Il ne me faut pas plus de quelques secondes pour prendre une décision. Sautant sur mes pieds, j’ignore les protestations de mes amies et quitte la table des Poufsouffle avant que l’une d’entre elles essaye de m’entraîner dans leur conversation débile sur les propriétés possibles (mais surtout totalement inexistantes quand on a suivi un minimum les cours de botanique) du Mimbulus Mimbletonia sur la peau. Je rattrape Hodgson dans le Hall et l’interpelle sans tarder avant qu’il ne disparaisse dans l’un des nombreux couloirs du château.

— Oui ? répond-il en haussant un sourcil étonné.

Ses amis s’arrêtent également, probablement surpris que la commère sexy des Gryffondor (et accessoirement petite amie du célèbre Potter) désire s’entretenir avec quelqu’un à la réputation aussi douteuse, et ne se privent pas de jeter des sourires en coin au Serdaigle.

— Je pourrais te parler, euh, en privée ? fais-je en me tortillant les mains dans un effort pour paraître nerveuse (ouah, c’est pas un exercice que je pratique souvent, ça).

— Eh ben, on dirait que tu vas avoir affaire à un genre de deal particulier, cette fois-ci ! claironne un abruti en donnant un coup de coude à Hodgson.

Je détaille le quatrième année de plus près et retiens de justesse une grimace de dégoût : vu sa carrure plus que maigrichonne, son acné à profusion et ses cheveux gras infestés de pellicules, je préférerais danser avec un troll plutôt que d’avoir un quelconque deal particulier avec Hodgson.

J’entraîne ce dernier un peu à l’écart du groupe de sorte que ses amis ne nous entendent pas et me compose une mine inquiète avant de lui formuler ma requête :

— Tu sais… Dernièrement, j’ai de drôles de sensations…

Hodgson hausse son sourcil encore plus.

— Euh… Ce ne serait pas plutôt à Potter que tu devrais en parler ?

Hmpf. Je reconnais que je me suis très mal exprimée.

— Non, pas ce genre de choses, ris-je. C’est plutôt… J’ai l’impression d’être observée.

Le Serdaigle lâche un soupir blasé. Bien sûr, monsieur a l’habitude de ce genre de demandes de la part de paranoïaques, pauvre chou… Nous, les paranos, aidons à alimenter son marché, alors il va pas se plaindre, quand même.

— J’ai moyen de me procurer une oreillette anti-pervers, si tu veux. C’est une petite boule avec un charme d’invisibilité que tu mets dans ton oreille et elle sonne quand quelqu’un t’observe plus de quinze secondes.

— C’est parfait, merci, souris-je en retour.

Je commence à faire demi-tour tout en espérant qu’il ait oublié…

— Je te ferai part de mon payement à la livraison !

… Raté. Bon, je n’ai plus qu’à attendre.

 

~O~

 

Je monte une dernière volée d’escaliers avant d’atteindre le septième étage. À pas de loup, je me dirige vers la grande horloge, là où le vent souffle trop fort pour que n’importe quelle discussion soit entendue par des oreilles indiscrètes (à condition qu’on décide de crier, évidemment). Je suis terrifiée à l’idée d’être suivie par Shacklebolt : tout au long de la semaine, il a tenté à plusieurs reprises de m’approcher et ne s’est pas privé de continuer ses allusions. Je ne peux plus le nier à présent ; il se doute de quelque chose. Cependant, je ne peux pas me permettre de confirmer ses soupçons. Mon plan avec James ne fait que commencer.

Un « Hep ! Par ici », me fait sursauter (encore ? Ça commence à bien faire !). Je fais volte-face pour apercevoir Hodgson tourner au coin du couloir, puis le suis sans peur dans un recoin sombre. Le lieu n’est pas aussi bruyant que je l’aurais espéré mais au moins il a le mérite de protéger ma coiffure élaborée du vent ; si je suis décoiffée en revenant, je serais obligée d’expliquer où je suis allée traîner, et je ne pourrais pas prétexter une sortie dans le parc, car malheureusement pour moi, ma terrible frilosité est bien connue par à peu près tous les étudiants de Poudlard (il faut dire que sortir l’arsenal gants-bonnet-écharpe-doudoune-bottes fourrées chaque hiver n’est pas ce qu’il y a de plus discret).

Un coup d’œil au visage du Serdaigle m’apprend qu’il est plus qu’heureux d’avoir passé un contrat avec moi, mais surtout que je ne vais pas apprécier la suite. Enfin… Moi aussi, j’ai des atouts dans la manche.

— J’ai reçu ta commande ce matin, tu es chanceuse ! me dit-il un sourire aux lèvres tout en sortant un petit paquet en papier journal de sa poche.

Chanceuse ? Ça fait une semaine ! Je lui arrache le paquet des mains et commence à le déballer sans attendre. Comme il l’a mentionné, l’oreillette anti-pervers ne ressemble qu’à une petite boule aussi translucide que de l’eau. Je la soupèse une seconde entre deux doigts avant de m’enquérir du sort d’activation.

— Severus, pour l’activer et Rogue une fois que tu as trouvé la source quand l’alarme s’active.

Je hausse un sourcil.

— Comme le prof ?

— Qui ça ? répond-il anxieusement.

Il se fiche de moi ? Tout le monde sait qui est Severus Rogue. Je plisse les yeux brusquement ; ne me dites pas qu’il a osé…

— C’est George Weasley qui a inventé ça, n’est-ce pas ? je siffle, luttant pour garder un sourire aimable sur mon visage.

— Arf, rit-il, je ne te pensais pas aussi intelligente, Temple.

Oui, une erreur que beaucoup de gens finissent pas regretter.

— Es-tu en train de me dire que j’aurais pu commander ça à n’importe quel moment dans sa boutique ?

Il lève les deux mains en signe de protestation :

— Hé, c’est tout nouveau et en plus ça coûte extrêmement cher !

— J’aurais pu demander à James.

— Je croyais que tu ne voulais pas qu’il soit au courant.

— Dans ce cas, j’ai largement assez d’argent pour le payer moi-même.

Bon, j’exagère peut-être un peu là. Certes, je ne manque pas d’argent, mais je n’ai jamais entendu parler du gadget auparavant. Cela ne m’étonnerait pas qu’il soit encore à l’état de prototype (George Weasley est assez connu pour tester ses inventions directement sur lui-même ou ses clients).

— Ça n’a plus d’importance, je soupire en faisant demi-tour.

Je murmure « Severus » et m’apprête à glisser la petite boule froide dans mon oreille, lorsque je sens Hodgson me tirer en arrière par le bras.

— Je ne me souviens pas avoir été payé.

La perversion suintant de sa voix me fait frissonner de dégoût. Si ce gars n’avait aucune idée de ce qu’il pourrait me demander en payement la première fois que je l’ai abordé, ses amis l’ont manifestement bien éclairé.

— Combien de Gallions ?

— Allons, on sait tous les deux que je n’ai pas souvent l’occasion d’avoir affaire à une fille.

— C’est une façon d’avouer que t’es toujours puceau ? je réplique, acide.

Hodgson se renfrogne devant mon agressivité. Il me regarde à présent d’un air embêté, une main derrière sa nuque, comme s’il était obligé de me demander ce genre de choses au lieu d’un payement habituel en Gallions.

— Écoute, Temple… Laisse-moi juste… Les toucher, disons trente secondes et c’est fini, OK ? Ou sinon, je peux aller informer Potter de tes petites affaires que tu tiens tant à lui cacher pour je ne sais quelle raison.

Oh, vraiment ? Je laisse la colère prendre le contrôle de mes mains et en seulement cinq secondes, Hodgson se retrouve la tête contre le mur et le bras tordu derrière son dos, probablement en train de regretter très fortement de m’avoir fait du chantage.

— Je te propose un autre deal, Hodgson, je murmure doucement à son oreille. Tu me laisses partir tranquillement en oubliant tout de cet échange, et je te rends ton bras en un seul morceau. Ça te va ?

J’accentue doucement la pression sur son épaule pour donner plus de poids à ma menace, mais vue la vitesse à laquelle le Serdaigle hoche la tête, je suppose que ce n’était pas nécessaire.

Cependant, j’ai à peine le temps de le relâcher qu’une autre personne pénètre dans le couloir enténébré. Et certainement la dernière personne que j’aurais aimé croiser en ce moment.

Note de fin de chapitre :

Voilà, j'espère que ce chapitre vous a plu, si c'est le cas hésitez pas à laisser une review. Tchuss <3

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