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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
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De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Memoria par miriallia haww

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Imprimante
Table des matières

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Note de chapitre:

Coucou, me revoilà avec une nouvelle fanfiction, j'espère que vous prendrez autant de plaisir à la lire que j'en ai pris à l'écrire! Bonne lecture
One -shot: Memoria

L'odeur des vieux livres et des reliures en cuir allait lui manquer, songea Hermione en s'imprégnant une dernière fois des lieux. Cette bibliothèque, c'était son sanctuaire, l'endroit où elle se réfugiait lorsqu'elle était triste ou avait besoin de calme. La jeune femme navigua entre les rayonnages, frôlant la tranche des livres du bout des doigts. Elle aimait la quiétude de son refuge, le silence seulement brisé par le bruissement des pages que l'on tournait ou le grattement de la plume sur le parchemin.

C'était la dernière fois qu'elle longeait ces étagères et une pointe de tristesse l'envahit à cette pensée. Car elle ne reviendrait pas à Poudlard l'année suivante. Et savoir qu'elle ne pourrait pas compter sur ces volumes pour remplir la mission que le professeur Dumbledore leur avait confié lui nouait l'estomac. Cette fois-ci, ils ne pourraient compter que sur eux-même. Elle qui s'était toujours plongée à corps perdu dans cette bibliothèque pour toutes ses recherches se trouverait privée d'un précieux allié. Elle n'aurait pas cette présence rassurante autour d'elle et ça lui foutait la trouille.

Hermione s'immobilisa soudainement. L'image de Dean travaillant sur une table d'étude n'était pas en soit inhabituelle, mais deux heures avant d'embarquer à bord du Poudlard-Express, il était rare de croiser un élève entre les rayonnages. Aussi la jeune femme fut-elle surprise de découvrir son camarade de classe enseveli sous une pile d'ouvrages. Sans être un mauvais élève, le jeune homme n'était pas du genre à fréquenter les lieux si aucun devoir ne l'y obligeait. Ce fut surtout son air soucieux qui alerta la Gryffondor. La tête entre les mains et les sourcils froncés par la concentration, il n'avait même pas remarqué sa présence.

« Dean, est-ce que tout va bien ? »

La sorcière n'avait jamais était très proche de son camarade de classe. Ces dernières années, elle avait focalisé son attention sur Harry et Ron, principalement en raison de tous les évènements qui leur étaient tombés dessus, mais pas seulement si elle était tout à fait honnête. En réalité, elle ne se liait pas d'amitié aisément et elle se contentait d'un cercle d'amis relativement restreint. Elle ne ressentait pas le besoin d'en avoir davantage. Pourtant, cela ne l'empêchait pas de se soucier de Dean.

Le sorcier sursauta, reportant son attention sur elle. Pas besoin d'être Merlin pour comprendre que non, il n'allait pas bien. Hermione s'approcha, s'installant sur la chaise face à lui.

« Tu veux en parler ? Demanda-t-elle. »

Son regard se posa sur le titre d'un ouvrage posé près d'elle. Sortilèges de protection avancés... Et elle comprit. Avec la mort du directeur, la situation politique s'était dégradée. Dean était né-moldu, comme elle. En d'autres termes, ils avaient une cible dans le dos. Et ça, son camarade l'avait bien compris.

« Comment comptes-tu les protéger ? »

Il la regarda dans les yeux, attendant qu'elle lui donne une solution miracle, comme la bonne petite miss-je-sais-tout qu'elle était. Le visage de la jeune femme se ferma. Depuis des jours, elle était penchée sur ce problème et la conclusion qu'elle en avait tirée lui brisait le cœur. C'était l'une des raisons de sa présence, rendre le dernier livre qu'elle avait emprunté. Elle avait noté scrupuleusement les instructions du sortilège.

Elle tira l'épais volume de son sac, recherchant la page qui l'intéressait puis le poussa vers Dean. Evoquer sa décision à voix haute était trop difficile et rendait les choses plus réelles. Trop réelles.

Une ombre passa sur le visage du jeune homme lorsqu'il saisit l'intérêt du sortilège. Il releva la tête, croisant son regard. Et la compréhension qu'elle y lisait lui fit un bien fou. Ses amis ne pouvaient pas la comprendre. D'ailleurs, elle ne leur en avait même pas parlé. La famille de Ron, bien qu'impliquée au sein de l'Ordre du Phoenix, était parfaitement capable de se défendre. Ses parents à elle ne pouvaient rien, face aux mangemorts. Pas plus que la famille de Dean.

« Quand comptes-tu le faire ? »

Hermione inspira profondément, espérant que sa voix ne tremblerait pas.

« Je voudrais passer la semaine avec eux ? C'est peut-être égoïste de ma part, mais... »

Sa voix craqua et elle ne termina pas sa phrase, incapable de dire qu'elle avait besoin de temps avec sa famille. La main chaude de Dean se posa sur la sienne, le chocolat contrastant avec sa peau blanche et lui apportant un réconfort dont elle avait cruellement besoin.

« Ca n'a rien d'égoïste Hermione. »

Il comprenait son besoin de passer du temps avec les siens. C'était peut-être la dernière fois. Dean saisit sa plume, se penchant sur son parchemin et recopia la page étalée devant lui.

« Je ne suis pas aussi doué que toi en enchantements, est-ce que tu pourras m'aider ? »

Il lui faisait confiance. Il n'aurait pas formulé cette requête dans le cas contraire. Il fallait bien avouer que son meilleur ami Seamus ne serait pas d'une grande aide. Il était une vraie catastrophe en cours de sortilèges. La disparition fréquente de ses sourcils le prouvait amplement.

« Bien sûr, répondit-elle.
- Je pourrais venir te chercher après que tu... »

Lui non plus ne parvenait pas à le dire à voix haute. Hermione hocha la tête. L'idée d'avoir un soutien dans cette épreuve l'apaisait considérablement. Elle n'était plus seule dans ce cauchemar. Elle saisit la plume de Dean, griffonnant son adresse dans un coin de son parchemin.

« Samedi vers quinze heure ? »

Le sorcier hocha la tête. D'un geste de la baguette, il fit léviter les livres devant lui jusqu'à leur place sur les étagères et rassembla ses notes. Hermione se releva, passant la bandoulière de son sac au-dessus de sa tête et ils se dirigèrent ensemble vers la sortie, chacun plongé dans ses pensés.

Après un dernier coup d'oeil à la bibliothèque, la sorcière passa le seuil de la porte, prête à rejoindre ses amis et à quitter cette école si chère à son cœur.

* * *

Il était temps. Dean n'allait pas tarder à venir la chercher. Sa main se serra autour de sa baguette magique, cherchant à puiser la force dans ce prolongement de son être. Elle releva la tête, croisant son propre regard dans le miroir de sa coiffeuse. La sorcière avait du mal à se reconnaître dans les traits tirés de son reflet. Il lui sembla avoir pris dix ans d'un seul coup. Le sommeil la fuyait, la laissant en permanence sur le qui-vive et des ombres sombres soulignaient son regard, accentuant sa pâleur naturelle.

La semaine était passée à une vitesse affolante. Elle avait profité de chaque seconde, grappillant la moindre miette. Et lorsque son regard tombait sur l'horloge du salon, la folle envie de faire tourner les aiguilles en sens inverse la taraudait. Peut-être qu'ainsi, elle pourrait remonter le temps et revivre encore et encore les derniers jours. Ces souvenirs n'existeraient bientôt plus que dans sa mémoire. Ils étaient si peu nombreux depuis son entrée à Poudlard. Elle pouvait compter sur les doigts d'une main le nombre de fou-rires qu'ils avaient échangés dans cette maison depuis sa quatrième année. Leurs liens s'étaient étiolés, broyés par le retour de Voldemort et ses mangemorts. Le constat était amer et à présent elle regrettait de ne pas avoir passé plus de temps avec eux.

Hermione fit une dernière fois le tour de sa chambre, s'assurant qu'elle ne laissait rien derrière elle. Elle pesa une nouvelle fois le pour et le contre. Elle avait retourné la question dans sa tête un milliard de fois. Aucune solution n'était parfaite et c'était celle qui leur donnait le plus de chances de survie. C'était la seule chose qui comptait. Cette décision était un crève cœur et elle savait que jamais ils ne lui pardonneraient, si elle s'en sortait vivante.

Si... Un tout petit mot mais empreint d'incertitude. La mort du professeur Dumbledore avait fait s’emballer la machine, accélérant la partie de jeu d'échec en cours. Et la peur lui tordait le ventre. La pensée qu'elle ne survivrait pas à cette guerre l'avait effleurée plus d'une fois. Son amitié avec Harry la mettait dans la ligne de mire de leurs ennemis et elle se savait capable de tout pour le protéger, pour permettre à la lumière de terrasser l'obscurité.

« Hermione ? Le thé est servi ma chérie ! »

Tout semblait si normal, comme dans toutes les familles. Sa mère qui l'appelait depuis le bas des escaliers et la télé en bruit de fond. Elle ne savait pas que dans quelques minutes, tout souvenir de son unique fille disparaîtrait. C'était cette image de normalité qu'Hermione souhaitait emmener avec elle, se remémorer la manière dont sa mère tenait sa tasse de thé, tandis que son père feuilletait le journal. Descendant lentement les escaliers, la jeune femme retardait l'échéance de manière à garder sa famille un peu plus longtemps, juste un petit peu plus longtemps.

Hermione atteignit le salon, observant ses parents, dos à elle, totalement inconscients de ce qui se préparait. Elle leva sa baguette, ce n'était pas le moment de flancher. Elle ne pouvait repousser davantage les choses. Dehors, la menace rodait et elle savait que les mangemorts seraient sans pitié. Une larme traîtresse roula le long de sa joue. Elle devait le faire. Jamais elle ne pourrait se le pardonner s’il leur arrivait quelque chose. Sans elle, jamais ils n'auraient été impliqués.

Elle agit rapidement, se disant que s'ils se tournaient vers elle, jamais elle ne parviendrait à lancer ce sortilège. Sa baguette se leva sans qu'elle n'en ait réellement conscience et la formule quitta ses lèvres.

Peu à peu, son image quitta les photos et toutes traces de sa présence dans cette maison s'évapora dans les airs. Mr, Mrs Granger et leur fille n'existaient plus. Ne restait plus que Wendell et Monica Wilkins, couple sans enfant dont le plus grand rêve était d'aller vivre en Australie. Elle avait veillé à tout, s'assurant que leurs papiers d'identités étaient en règle. A l'autre bout du monde ils seraient en sécurité. N'était-ce pas la seule chose qui comptait ?

Hermione ne s'attarda pas. Ne souhaitant pas être témoin de la suite. Elle ne voulait pas lire dans le regard de ses parents qu'elle n'était plus qu'une étrangère. Elle referma doucement la porte d'entré derrière elle. C'était fait.

Elle ne réalisa pas tout de suite la portée de son geste. Elle remonta l'allée telle une automate, se dirigeant sans réellement en avoir conscience vers Dean qui l'attendait un peu plus loin. Elle croisa son regard. Est-ce que tu tiens le coup ? C'était ce qu'il semblait demander. Elle secoua la tête, incapable d'émettre un son. Sa gorge se serra et sa vue se brouilla. Deux bras forts l'enlacèrent alors et Dean la serra contre lui, juste comme ça, pour lui faire comprendre qu'il était là.

« Tu as le droit de pleurer. »

Pleurer, elle se l'était interdit, s'obligeant à rester forte, pour Harry. Elle s'efforçait d'être son roc, il avait besoin d'une certaine constance dans sa vie. Et c'était elle, le pilier inébranlable. Entendre qu'elle aussi, avait le droit de craquer, ouvrit les vannes. Le sanglot monta dans sa poitrine et les larmes glissèrent le long de ses joues. Elle passa les bras autour de son torse, se pressant contre lui, dissimulant son visage dans le creux de son épaule.

Dean caressa maladroitement ses cheveux, pas vraiment habitué à consoler les filles. Il resta silencieux. Que pouvait-il dire de toute manière ? Pourtant, c'était tout ce dont elle avait besoin ; une épaule sur laquelle pleurer. Elle n'avait pas besoin qu'il parle, ni qu'il lui dise que tout irait bien. Il était évident que tout n'irait pas bien, que le pire était à venir. Elle souhaitait juste un instant pour pleurer sa perte. Et il la laissa pleurer tout son soûl, jusqu'à ce qu'elle soit complètement vidée de toute énergie.

Hermione finit par s'éloigner et passa sa main sur ses joues, tentant de faire disparaître ses larmes. A présent, la sorcière devait enfermer cet événement dans une petite boîte et l'enfouir le plus profondément possible dans son esprit. C'était la seule manière d'avancer et elle ne pouvait se permettre de faiblir. Pas avec la guerre qui se profilait. Mais peut-être qu'un jour elle pourrait réparer ce qu'elle venait de briser. Elle devait se raccrocher à cette idée pour ne pas sombrer.

« On peut y aller, dit-elle. »

Sa voix n'avait pas la même assurance qu'à l'accoutumé. Elle tentait de reconstruire cette image de la fille forte, mais ses yeux rougis formaient une ombre sur le tableau.

« J'ai repéré un coin tranquille pour transplaner, commenta son camarade. »

Il la guida dans le quartier de son enfance. Les Granger vivaient dans une banlieue résidentielle, le genre de quartier tranquille où tout le monde se connaissait. Dans cette rue, elle était le petit génie accepté dans une école pour surdoués. C'était sa couverture, ce qu'ils racontaient aux voisins pour expliquer cette histoire de pensionnat. Elle avait toujours été une enfant brillante, personne ne s'était vraiment étonné. Elle avait cessé de les côtoyer tous, devenant la fille invisible de Jane et John Granger.

Ils longèrent le parc. Les cris joyeux des enfants s'élevaient de l'aire de jeux pendant que les mères de famille échangeaient les derniers potins. C'était ainsi dans ce type de quartiers, tout le monde s'occupait des affaires de tout le monde. Le déménagement brutale de ses parents allait faire grand bruit, c'était certain.

Ils bifurquèrent, passant près du terrain de foot et son camarade l'entraîna vers le bosquet de sapins. L'endroit était désert. C'était le lieux de rencontre des jeunes le soir, mais à quinze heure ils pourraient disparaître sans être vus.

« Tu es prête ? »

As-tu dis au revoir ? C'était ce que ses yeux semblaient dire. Hermione hocha la tête. Son visage avait retrouvé cet air décidé qu'elle arborait souvent.

« Allons-y, il n'y a plus rien pour moi ici. »

Plus personne pour se souvenir d'elle. Cette pensée s'infiltra dans son esprit, fragilisant le mur invisible qu'elle s'était construit et qui la protégeait du monde extérieur. Elle n'était qu'une étrangère et s'attarder ne ferait que mettre du sel sur ses plaies. Dean saisit sa main et le paysage disparut sous leurs yeux, le quartier tranquille laissant place à l'activité frénétique de la ville.



* * *

Londres. Hermione n'était pas très familière de la ville. Evidemment, elle s'y était rendue à de nombreuses reprises, mais elle s'était cantonnée aux endroits les plus fréquentés. Elle ne s'attendait pas à atterrir dans les beaux quartiers de la ville. A vrai dire, elle ignorait même que Dean vivait à Londres. Elle réalisa avec une certaine honte qu'elle ne connaissait pas du tout son camarade de classe. Visiblement il venait d'une famille plus qu'aisée, si elle en jugeait par les magnifiques demeures qui l'entouraient.

Avait-il des frères ou des sœurs ? L'adolescente n'avait même pas posé la question. Combien de mémoires devrait-elle modifier ? Elle n'en avait pas la moindre idée. Elle avait passé les six dernières années dans la même maison que lui et tout ce qu'elle savait c'était qu'il aimait le foot et qu'il était bon dessinateur. Ces informations, elle les tenait de Ginny avec qui il était sorti un temps, ce qui était assez révélateur. Elle n'avait jamais pris le temps de discuter avec le jeune homme, d'en apprendre un peu plus sur lui.

Une boule se logea dans son estomac et la nervosité la saisit. Et si elle se plantait ? Elle ne voulait pas être celle qui priverait Dean de sa famille pour toujours. Le poids qui pesait sur ses épaules était écrasant. Comme toujours, la peur de ne pas être à la hauteur s'insinua vicieusement en elle.

« C'est par ici. »

Son camarade la guida vers une jolie maison en briques rouge, typique de Londres, que ses parents n'auraient jamais les moyens de s'offrir. Il ouvrit la porte, s'effaça pour la laisser passer et pénétrer dans le hall. La porte du séjour était grande ouverte et elle l'y suivit. La sorcière sentait qu'il se dégageait de cette maison la chaleur d'un foyer heureux.

« Maman ! Dean a une amoureuse! »

Hermione sursauta et découvrit une jolie frimousse agenouillée devant la table basse, un feutre à la main. Ses yeux bruns étaient écarquillés de surprise, elle ne devait pas avoir plus de six ans. Sa peau était plus claire que celle de son frère, dénotant un métissage flagrant, mais de nombreux traits étaient similaires, le même menton volontaire et les mêmes fossettes au coin de sa bouche.

« Madison, je t'ai déjà dit de ne pas crier d'une pièce à l'autre ! Qu'est-ce qui se passe encore ? »

La mère de Dean apparut depuis la pièce adjacente, très élégante dans sa robe bordeau. Elle marqua un temps d'arrêt en voyant Hermione et la détailla avec curiosité.

« Je vois que mon fils est un petit cachottier, sourit-elle. »

Elle échangea un regard avec ce dernier, les yeux pétillants. Hermione était embarrassée. Il n'était pas difficile de comprendre que la mère de Dean se méprenait totalement sur sa relation avec son fils. Évidemment, amener sans prévenir une fille à la maison avait de quoi tirer les mauvaises conclusions.

« Bonjour Mrs Thomas, dit la jeune fille ne sachant pas vraiment quoi faire d'elle-même.
- Maman, je te présente Hermione, c'est une amie de Poudlard. Je l'ai invitée à dîner ce soir, j'aurais dû te prévenir.
-Une amie ? C'est comme ça que disent les jeunes de nos jours ? Le taquina-t-elle. »

Mrs Thomas était le genre de personne débordante d'énergie, elle ne lui laissa même pas le temps de répliquer.

« Appelle moi Ashley. Je suis tellement excitée, c'est la première fois que mon fils nous présente une petite-amie ! »

Elle rayonnait et son exubérance avait quelque chose de fascinant à regarder. Elle était joyeuse, totalement inconsciente des événements qui se produisaient dans le monde que son fils avait rejoint, sans savoir qu'il n'était plus un enfant. Il n'était plus le même, avait gagné en maturité à tel point qu'Hermione avait du mal à le reconnaître.

« Maman ! Hermione n'est pas...
- Tyler, Hannah, Brianna ! Venez dire bonjour à la petite-amie de votre frère ! »

Impossible pour Dean d'en placer une. C'était assez drôle à observer et un petit rire échappa à la sorcière. Il sembla abandonner l'idée de les détromper. Quel intérêt, de toute manière ? Après cette visite, sa famille ne se souviendrait de rien.

Les sœurs du sorcier furent les premières à passer la porte du salon, visiblement curieuses, comme on pouvait s'y attendre de la part de deux adolescentes. Leur frère d'une dizaine d'année suivait en traînant des pieds, peu intéressé par ce qui se passait.

Les filles scrutaient la jeune femme de la tête aux pieds, semblant évaluer si elle était assez bien pour leur frère. Les questions ne tardèrent pas à se bousculer. Comment tu t'appelles ? Depuis quand sors-tu avec Dean ? Comment fais-tu pour le supporter ? Elles se coupaient, ne laissant même pas à la jeune femme le loisir de répondre à l'une ou à l'autre. Ca semblait être la norme dans cette famille, de monopoliser la parole.

« Du calme les filles, nous ne voulons pas faire fuir notre invitée, les stoppa leur mère amusée. »

Dean saisit la main d'Hermione et la tira vers les escaliers. La fuite semblait être la meilleure tactique à ce stade.

« Vous pourrez harceler Hermione de questions au dîner, je vais lui faire visiter ma chambre. »

Encore quelques marches et ils seraient à l'abri pensa Dean. Il connaissait assez sa famille pour savoir qu'une remarque gênante pouvait tomber à tout moment.

« N'oubliez pas de vous protéger, je suis trop jeune pour devenir grand-mère ! »

Sa mère en particulier semblait totalement dépourvue de filtre. Et le jeune homme devait avouer que c'était beaucoup moins drôle lorsqu'il était la cible.

« Maman !!! »

A présent, Dean était absolument mortifié par le comportement de sa mère et Hermione aurait juré voir ses joues rougir, même si avec sa peau foncée il était difficile d'en être certaine. Il entraîna sa camarade avant qu'une autre remarque du genre tombe et ils se réfugièrent dans sa chambre. Le gryffondor referma prestement la porte derrière lui et poussa un soupir.

« Désolée pour ça. Ma mère est... »

Il laissa sa phrase en suspens, comme s'il n'y avait pas vraiment de mot pour la décrire. La sorcière le rassura d'un sourire.

« Ta mère a l'air gentille, je ne sais pas comment elle fait pour avoir autant d'énergie, cela dit.
- Crois-moi, c'est parfois épuisant de la regarder s'agiter ainsi, déclara-t-il lui décrochant un rire. »

Hermione se déplaça vers le centre de la pièce, jetant un regard curieux autour d'elle. La bannière de son club de foot préféré était suspendue au mur, mais ce n'était pas ce qui intéressait le plus la jeune femme. Des dizaines de dessins traînaient aux quatre coins de la pièce, et en plein milieu trônait un chevalet. Elle s'en approcha, le détaillant minutieusement. La toile était encore en cours, mais sous ses yeux Poudlard prenait vie, vibrant de détails. Elle savait que Dean dessinait, mais elle était loin d'imaginer à quel point il était talentueux. L'eau du lac semblait en mouvement et les tours du château crevaient le ciel.

« C'est magnifique Dean. »

Il semblait gêné, frottant l'arrière de sa nuque pour se redonner contenance.

« Je ne reverrais peut-être jamais Poudlard, je voulais dessiner le château avant que son souvenir s'estompe, expliqua-t-il.
- Je comprends, c'était notre maison depuis six ans. Savoir que nous n'irons pas là-bas l'année prochaine, ça me rend triste moi-aussi. »

Les deux sorciers échangèrent un regard, puisant de la force dans la compréhension de l'autre. Hermione se désintéressa du tableau. Ils n'avaient pas beaucoup de temps devant eux et elle ignorait toujours comment Dean comptait gérer les choses. La mélancolie n'avait pas sa place, ils devaient restés concentrés.

« Quel est le plan ? Demanda la jeune femme en s'asseyant sur la chaise de bureau.
- Mon beau-père a eu une proposition de mutation aux États-Unis. Ca fait un moment que son patron lui propose cette promotion, mais il a refusé jusqu'ici. Il ne l'a jamais dit, mais je sais bien que c'est à cause de moi et de mon inscription à Poudlard. En m'éliminant de l'équation, ils déménageront loin d'ici. »

Hermione hocha la tête, c'était un bon plan. Là-bas, ils seraient en sécurité. Voldemort ne tenterait pas de les atteindre, les protections magiques des frontières y étaient pratiquement impénétrables.

« Il faut que tu rassembles tes affaires, nous ne pouvons laisser aucun objet derrière-nous. Ca pourrait raviver leurs souvenirs. »

Le sorcier s’exécuta en sortant sa malle de son placard et il l'ouvrit dans le milieu de la pièce.

« Je ne vais pas avoir assez de place là-dedans, dit-il en levant les yeux vers Hermione. »

Cette dernière sortit sa baguette de sa poche, l'agitant en direction de la valise. Elle marmonna un sort que Dean n'avait jamais entendu, ce qui n'était pas étonnant. Hermione connaissait tellement de sortilèges que parfois il se demandait comment elle pouvait retenir autant de formules différentes.

« Ca devrait être bon maintenant, j'ai ajouté un charme d'extension. »

Le jeune homme regarda une dernière fois autour de lui, s'imprégnant des lieux. A Poudlard, il partageait un dortoir et il devait avouer qu'il était agréable de rentrer pour les vacances et de profiter de la tranquillité d'un espace personnel. Avec un soupir, le sorcier brandit sa baguette magique, lançant un Failamalle rapide. L'ensemble de ses affaires se mit à voler dans la pièce et remplit la valise en un temps record. D’un claquement, la malle se ferma d'elle-même. Une fraction de seconde, c'était tout ce qu'il avait fallu pour faire disparaître sa présence de ces quatre murs. Il marqua une pause, toute sa vie tenait dans une valise à présent. Dean contempla le mur vide, la bannière de foot avait laissé une marque sur la tapisserie beige.

« C'est mon beau-père qui m'a emmené voir mon premier match, j'avais six ans. Il m'a acheté cette banderole à la fin du match, elle n'avait jamais quitté ce mur depuis ce jour-là. »

Hermione s'approcha de lui, posant une main réconfortante sur son épaule.

« Le principal est de les mettre à l’abri. Le reste n’a pas vraiment d’importance.
- Tu te trompes, le reste est important aussi, même si ce n’est pas notre priorité pour le moment. »

Le sorcier hocha la tête, fixant toujours ce mur désespérément vide. Bientôt, ce serait comme s’il n’avait jamais existé. Les affaires de Hannah remplaçeraient les siennes, lui permettant d’avoir sa chambre comme elle l’avait réclamé si souvent. Et puis ils quitteraient le pays. Le soulagement bataillait avec la tristesse, formant un tumulte sans précédent dans son esprit.

« A table les enfants ! »

Dean se tourna vers sa camarade, lui jetant un regard presque suppliant. Décrypter ce regard n’était pas vraiment difficile. Il voulait encore entendre la voix de sa mère.

« C'est toi qui décides, lui dit-elle simplement. »

Ils iraient à son rythme, même si ça devait prendre des jours.

« Est-ce qu'on peut rester dîner ? Après... Après on s'en ira. »

Il repoussait l'échéance, Hermione le comprenait bien. Elle aussi avait été tentée, mais elle savait que ça aurait rendu les choses plus difficile pour elle. Il ne choisissait pas le chemin le plus facile. Mais si Dean voulait prolonger cette journée, elle n'avait pas l'intention de l'en empêcher. Il devait gérer cette situation comme il l'entendait et puis qu'est-ce que quelques heures supplémentaires pourraient bien changer?

* * *

La jeune fille avait toujours été étonnée par la galanterie dont faisait preuve son camarade, pas vraiment répandue auprès des autres garçons de l'école. C'était une chose dont Ginny se plaignait souvent elle qui, élevée au milieu de six frères, n'était pas habituée à tant d'égards et ne comprenait pas pourquoi il lui tenait la porte ou insistait pour porter ses livres. Elle avait eu l'impression d'être traitée comme une poupée de porcelaine, fragile, facile à briser. Et son amie avait détesté ça, elle qui avait toujours voulu prouver qu'elle n'était pas moins débrouillarde que ses frères, pas moins capable.

En voyant le beau-père de Dean tirer la chaise de sa femme et Dean l'imiter avec la sienne, Hermione comprit que c'était simplement une question d'éducation. Son camarade ne faisait que reproduire ce modèle avec lequel il avait grandit. C'était agréable, elle devait l'avouer, d'être considérée comme une femme pour une fois. Son camarade s'installa sur la chaise près d'elle et un seul coup d’œil suffit à lui faire comprendre qu'il était tendu. Elle posa sa main sur la sienne en signe de soutien. Il serra ses doigts autour des siens, reconnaissant.

Il leva la tête, sa mère les observait un sourire aux lèvres depuis le siège opposé. La soirée promettait d'être drôle et il avait presque pitié pour Hermione. Elle allait subir un interrogatoire des plus poussés si les regards de ses sœurs étaient un quelconque indicateur. Pourtant ce fut son beau-père qui lança les hostilités.

« Alors Hermione, depuis combien de temps connais-tu Dean ? Demanda-t-il en se servant dans l’un des plats.
- Depuis la première année, nous sommes tous les deux à Gryffondor. »

Le dîner était agréable et l’ambiance chaleureuse, même si Hermione avait l’impression de passer un interrogatoire. Et elle avait réellement le sentiment de rencontrer sa belle-famille, ce qui était assez ironique considérant le fait qu’elle et Dean étaient à peine amis avant tout cela.

« T’as enfin trouvé une fille qui te supporte Dean, mais est-ce qu’elle a déjà vu tes caleçons Superman? Demanda Brianna. »

L’adolescente de quinze ans avait la langue particulièrement acérée, mais le sourire narquois qu’elle envoyait à son frère démontrait une profonde affection. Ce dernier riposta d’un coup de pied sous la table.

« Aïe! Maman, Dean m’a donné un coup de pied! S’exclama-t-elle en frottant sa jambe.
- Et il était parfaitement mérité même si Dean sait que je désapprouve ce genre de comportement à table, répondit Mrs Thomas avant de porter délicatement sa fourchette à sa bouche.»

Un rire échappa à Hermione. Elle qui était fille unique trouvait toujours ce genre de chamaillerie fraternelle amusante. Elle s’était souvent sentie seule en grandissant et elle n’avait jamais compris que l’absence d’un frère ou une soeur avait laissé un manque. Harry avait comblé un vide qu’elle ignorait même exister.

« Des caleçons Superman? Voilà une information intéressante, murmura Hermione adressant un regard malicieux au jeune homme.
- Elle confond avec ceux de Tyler, se défendit-il. »

L’expression gênée sur son visage démentait ses propos et la sorcière trouva assez mignon qu’il tente de la détromper.

« Parler de caleçon devant une invitée n’est vraiment pas poli. »

Le sérieux avec lequel Madison avait lâché cette phrase provoqua un silence autour de la table, avant que tout le monde se mette à rire. Les jambes de la petite-fille se balançaient sous sa chaise et tout naturellement, elle se tourna vers son grand-frère placé à sa gauche.

« Dean, est-ce que tu peux me servir un verre d’eau s’il te plaît? Demanda-t-elle de sa petite voix.»

Ce dernier ébouriffa les cheveux de sa cadette affectueusement.

« Voilà pourquoi tu es ma soeur préférée! Tu me défends toujours face à ces harpies. »

Le sourire lumineux qu’elle lui renvoya voulait tout dire, témoin de l’admiration qu’elle portait à son aîné.
Dean releva les yeux croisant ceux d’Hermione. Il savait que ça allait être difficile, mais il ne s’attendait pas à ce qu’autant d’émotions le traversent simultanément. C’était ces petites chamailleries qui lui manqueraient le plus. Il ne pourrait plus taquiner ses soeurs ou jouer aux jeux vidéos avec son petit-frère, réalisa-t-il. Dans quelques instants, il ne serait plus qu’un inconnu aux yeux de sa fratrie et il n’était pas encore certain d’être capable d'abandonner tout cela.

La main d’Hermione chercha la sienne sous la table, s’y agrippant comme si elle cherchait à lui transmettre sa force. Ce fut l’impulsion dont il avait besoin. Le sorcier inspira un grand coup avant d’adresser un signe de tête à sa camarade. Il était temps.
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