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News

Programme de juillet des Aspics


Bonsoir à toustes !

Un peu de lecture pour vous accompagner en cette période estivale... Vous avez jusqu'au 31 juillet pour, d'une part, voter pour le thème de la prochaine sélection ici et, d'autre part, lire les textes de la sélection "Romance" du deuxième trimestre 2024, et voter ici !

Les sélections sont l'occasion de moments d'échange, n'hésitez pas à nous dire ce que vous en avez pensé sur le forum ou directement en reviews auprès des auteurices !


De L'Equipe des Podiums le 11/07/2024 22:30


Assemblée Générale 2024


Bonjour à toustes,

L'assemblée générale annuelle de l'association Héros de Papier Froissé est présentement ouverte sur le forum et ce jusqu'à vendredi prochain, le 21 juin 2024, à 19h.

Venez lire, échanger et voter (pour les adhérents) pour l'avenir de l'association.

Bonne AG !
De Conseil d'Administration le 14/06/2024 19:04


Sélection Romance !


Bonsoir à toustes,

Comme vous l'avez peut-être déjà constaté, sur notre page d'accueil s'affichent désormais des textes nous présentant des tranches de vie tout aussi romantiques ou romancées les uns que les autres ! Et oui, c'est la sélection Romance qui occupera le début de l'été, jusqu'au 31 juillet.

Nous vous encourageons vivement à (re)découvrir, lire et commenter cette sélection ! Avec une petite surprise pour les plus assidu.e.s d'entre vous...

Bien sûr, vous pouvez voter, ça se passe ici !


De Jury des Aspics le 12/06/2024 22:31


145e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 145e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Vendredi 14 juin à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
À très bientôt !


 


De L'équipe des nuits le 12/06/2024 12:33


Maintenance des serveurs


Attention, deux interventions techniques prévues par notre hébergeur peuvent impacter votre utilisation de nos sites les 28 mai et 4 juin, de 20h à minuit ! Pas d'inquiétudes à avoir si vous remarquez des coupures ponctuelles sur ces plages horaires, promis ce ne sont pas de vilains gremlins qui grignotent nos câbles ;)

De Conseil d'Administration le 26/05/2024 18:10


144e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 144e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Samedi 18 mai à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits et à vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De L'équipe des Nuits le 12/05/2024 11:00


Ginny la furie en 6ème année par alixe

[71 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Bien évidemment, la plupart des lieux et personnages viennent de l'univers créé par J.K Rowling.
Cette Ginny particulière, ainsi que Kat et Nico, sont issus de la foisonnante imagination d'Alysia et de son Journal de Ginny la furie (publié sur ce site sous mon pseudo).
Quand j'ai eu besoin de noms d'élève, j'ai pioché dans le Bottin établi par Alana Chantelune dans ses précieux Conseils pour une Potterfiction(http://www.fanfiction.net/s/1248225/1/).
Seuls quelques personnages très secondaires ont été créés par mes soins. Dans ces conditions, il est heureux que je ne gagne rien avec ma petite histoire.
- Ginny la furie en 6ème année -


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Chapitre 11 : Juillet


Jeudi, 02 juillet 1998 :

Nous sommes arrivés hier.
Maman, Charlie, Tonks et Maugrey Fol Œil nous attendaient à King's Cross. Après les embrassades et les salutations, ils nous ont emmenés à l'écart, et c'est par portoloin que nous avons rejoint le Siège.
C'est une très grande maison, beaucoup plus confortable que la place Grimmault. Bien sûr, c'est moins chaleureux que le Terrier, mais tout le monde s'est mis en quatre pour nous mettre à l'aise.

Maman nous a montré nos chambres. J'en partage une avec Hermione, et Harry est logé avec Ron. Charlie nous a aidé à monter nos bagages et nous a laissés prendre nos quartiers.
A peine la porte refermée, je me suis tournée vers Hermione. A son sourire, j'ai compris que nous étions sur la même longueur d'ondes.
"Dès ce soir, j'ai prononcé d'un ton féroce. On n'en peut plus, nous.
- On trouvera un moyen", m'a-t-elle rassurée.
Nous sommes redescendues aider Maman pour le dîner.

Ce fut très sympathique. Tous ceux que nous connaissions avaient trouvé le moyen de se libérer : Papa, Remus Lupin, Bill et Fleur, Percy, les jumeaux, les professeurs Dumbledore, McGonagall, Rogue. Quoique celui là, je m'en serais bien passée.
Bref, vers dix heures, Hermione à jeté un coup d'œil à la ronde. Tout le monde était très absorbé par les conversations ou les jeux.
"J'en peux plus, a-t-elle dit, je monte me coucher. Tu viens Ginny ?
- J'arrive ! ai-je répondu, évitant de regarder du côté d'Harry.
- Les garçons ? demanda Hermione.
- Je finis ma partie !" a dit Ron qui jouait aux échecs avec Lupin.
Harry, par contre, ne s'est pas fait prier, et nous a emboîté le pas avec entrain.

Arrivés à l'étage, Hermione a simplement dit "N'oubliez pas de jeter un sort de Silence", avant de se diriger vers la chambre des garçons, pendant qu'Harry m'entraînait au pas de charge vers celle des filles.
"Silentio, Closio, il a rapidement énoncé avant de faire tomber sa baguette sur le sol.
- Contraceptio", j'ai répondu, avant que la mienne ne suive le même chemin.
Moins d'une seconde plus tard, nos corps célestes entraient violemment en collision.

Je dois avouer que nous nous sommes conduits comme des bêtes.

oO§0§Oo


Ce matin, c'est le bruit caractéristique d'une transplanation qui m'a réveillée. Hermione se tenait devant nous.
"Désolée, a-t-elle dit. J'ai essayé de frapper discrètement, mais vous ne vous êtes pas réveillés.
- Harry ! Réveille-toi !
- Hein, quoi !" s'est il écrié, bondissant sur ses pieds, nu comme un ver, bien entendu.
Hermione a rougi et nous a précipitamment tourné le dos. Nous en avons profité pour rassembler à la hâte les vêtements d'Harry éparpillés à travers toute la pièce. Quand il fut à peu près décent, il m'a embrassée, a marmonné un "à tout à l'heure" gêné à l'adresse de notre amie, et est sorti.

Hermione ébahie parcourait des yeux la chambre dévastée.
"C'était à ce point ? demanda-t-elle.
- Ben, heu... Ca faisait longtemps, ai-je bafouillé contemplant sous un jour nouveau l'étendue des dégâts.
- Y'a-t-il UN endroit que vous n'avez pas essayé ? s'est-elle enquis, vaguement admirative quand même.
- Le haut de l'armoire", ai-je répondu.
Sous son regard effaré, j'ai précisé :
"Trop de poussière !"
Il lui a fallu une seconde pour comprendre et elle s'écroula pleurant de rire sur le lit, où je la rejoignis dans le même état.

Notre fou rire n'avait toujours pas pris fin quand la voix de Maman retentit à travers la porte.
"Ah! Cela fait du bien d'entendre la jeunesse s'amuser ! Venez nous rejoindre dans la cuisine, les filles !
- Un instant Maman ! On n'est pas habillées, ai-je dit très vite, affolée à l'idée qu'elle entre et voit l'état des lieux.
- Va vite prendre une douche, je vais ranger le plus gros" a chuchoté Hermione.

Alors que je sortais de la salle de bains, après avoir à contre-cœur échangé l'odeur d'Harry contre celle d'un banal savon à la lavande, une petite voix flûtée me salua :
"Bonjour Guinevra Weasley. J'espère que vous avez passé une bonne nuit !"
Un elfe de maison se tenait devant moi, me dévisageant d'un air ravi.
"Oh ! Bonjour Dobby !
- Ooh ! Guinevra Weasley se souvient de Dobby. Dobby en est très fier"
Je ne risquais pas de me tromper ! Je ne connaissais qu'un seul elfe capable de porter autant de chaussettes dépareillées à la fois.
"Guinevra Weasley est très gentille de se souvenir de Dobby, continuait mon nouvel ami. Si Guinevra Weasley veut quelque chose, elle n'a qu'à le demander à Dobby et Dobby fera de son mieux.
- Merci Dobby, je n'y manquerai pas. Oh, oui, j'ai quelque chose à te demander. Ma chambre est un peu en désordre, j'ai euh... j'avais égaré une de mes affaires. Si Dobby pouvait y faire un peu de ménage.
- Tout de suite", pépia l'obligeante créature, en trottinant vers ma chambre.

oO§0§Oo


Rassurée sur ce point, je descendis à la cuisine. Ron et Hermione s'y trouvaient déjà, ainsi que Maman, le Professeur Dumbledore, Tonks, Maugrey et Remus Lupin.
"Bon anniversaire ma chérie, a dit Maman en guise d'accueil.
- Bon anniversaire, Ginny" a entonné poliment toute l'assemblée.

Puis ils sont rapidement revenus à leur conversation. Dumbledore était manifestement en train de mettre au point notre programme pour les vacances.
Maugrey et Lupin seraient les professeurs particuliers d'Harry en Duel et Défense Contre les Forces du Mal, tandis que Tonks se chargerait de la pareille pour Ron, Hermione et moi. Ces entraînements se tiendraient le matin. Les après-midi seraient consacrés soit aux réunions de l'Ordre, soit aux visites de diverses personnes qui seraient chargées de nous mettre au courant de la situation, notre séjour à Poudlard nous ayant tenu isolés de certaines réalités.
"J'aimerais bien apprendre à transplaner, fis-je remarquer.
- Nous trouverons le temps" affirma Maman.

"Bon maintenant, poursuivit Maman en se tournant vers Dumbledore, vous allez enfin nous dire ce que vous mijotez pour Harry. Cela fait trois ans que vous tergiversez mais maintenant cela suffit. D'autant que j'ai l'impression que mon fils et ma fille jouent un certain rôle dans votre projet.
- Tout vient à point qui sait attendre, dit doucement Dumbledore. Je vais vous dire tout ce que je sais, car le temps est venu. Mais où est le principal intéressé ? demanda-t-il en se tournant vers Ron.
- Euh... il s'est rec... il dort encore, bafouilla Ron. Vous voulez que j'aille le chercher ?
- Ce ne sera pas nécessaire. Je l'ai déjà mis au courant".

Il s'employa alors à révéler la prophétie. Un silence horrifié accueillit ces confidences.
"Merlin, le pauvre garçon, dit Maman. Comme s'il n'avait pas vécu assez d'horreurs comme cela !
- Il va falloir lui enseigner les sorts impardonnables, maugréa Maugrey
- Il n'y a rien de très nouveau, finalement, fit remarquer Hermione. Depuis le temps que Voldemort essaie de le tuer, une telle issue était prévisible.

- Qu'en pensez-vous Virginia ? me demanda Dumbledore
- Que la prophétie le donne comme égal à Voldemort, ce qui est plutôt rassurant, ai-je répondu, répétant les conclusions auxquelles j'étais arrivée quelques mois plus tôt.
- C'est tout ce que tu trouves à dire ! s'exclama Ron, visiblement en état de choc.
- Je suis censée faire quoi ? M'arracher les cheveux, m'évanouir ? C'est pas ça qui l'aidera.
- Je suppose que Tonks va nous apprendre en priorité des sorts défensifs pour protéger ses arrières, s'enquit Hermione.
- C'est l'idée, effectivement, confirma notre Directeur.

- On parle de quoi ? demanda le héros du jour, qui descendait justement l'escalier.
Un silence gêné s'installa.
- Nous parlions de la prophétie, mon chéri, expliquais-je tranquillement, pendant qu'il s'asseyait à mes côtés.
- Ah oui, il a commenté placidement, en se servant du café. La fameuse prophétie !"

J'étais assez fière de nous deux.

Personne ne dit rien pendant un petit moment, les adultes prenant manifestement la mesure du Potter nouveau.

Finalement, Dumbledore fit part à Harry de notre nouvel emploi du temps.
"Cela veut dire que nous allons officiellement faire partie de l'Ordre ? demanda Ron quand il en eut terminé.
- Oui, vous êtes en âge maintenant.
- Pas Ginny, est intervenue Maman.
- Maman ! dis-je exaspérée.
- Molly, vous êtes consciente que de toute façon Virginia sera mise au courant de tout ? a fait remarquer Dumbledore.
- Peut-être. Mais adhérer est trop dangereux.
- Enfin, Maman. je suis déjà en danger, ai-je insisté avec colère.
- Il n'y a pas de quoi se féliciter.
- Je ne m'en félicite pas, c'est une constatation ! ai-je rétorqué.
- Madame Weasley, intercéda Harry, Ginny a raison. Elle ne peut pas être davantage en danger qu'elle ne l'est aujourd'hui. Je sais bien que nous n'aurions pas dû, mais c'est trop tard maintenant" a-t-il ajouté d'un ton contrit en posant son bras sur mes épaules.

Maman nous a regardés, partagée entre l'énervement et l'attendrissement.
"Je ne te reproche rien mon chéri, a-t-elle dit avec le ton affectueux qu'elle réservait toujours à Harry. Mais est-ce indispensable de rajouter un élément de danger ?
- Nous ne sommes pas à un jour près, est intervenu Dumbledore. Aujourd'hui nous fêtons un anniversaire. Demain nous nous occuperons des prestations de serments."
Ils réglèrent encore quelques points, puis chacun partit vaquer à ses occupations. Nous avions manifestement quartier libre pour la journée.

oO§0§Oo



Vers la fin de la matinée, Harry m'a entraînée avec une mine de conspirateur vers la chambre des garçons.
"Euh ! Tu ne peux vraiment pas attendre ce soir ? j'ai demandé un peu gênée, car nous devions incessamment aller manger.
- Oh, t'en fais pas, j'ai des projets pour ce soir, il a répondu d'un ton taquin. Mais là, c'est autre chose."
Intriguée, je l'ai suivie. Il a sorti de sa malle un petit paquet et me l'a donné en m'embrassant et en me souhaitant bon anniversaire. C'était une bague. Un simple anneau à première vue. Mais en l'examinant de plus près, je me suis rendue compte qu'il était délicatement ciselé.
Harry me le passa à l'annulaire gauche. Il prit une couleur violette.
"Apparemment, cela te fait plaisir" a-t-il remarqué.

Je compris alors que c'était un Anneau de sentiments, magiquement traité pour refléter l'humeur de celui qui le porte. Ce genre de bijoux n'est pas rare à proprement parler, mais coûte quand même un certain prix.
"Oh, Harry, c'est magnifique !" dis-je en lui sautant au cou. Et je l'embrassais avec fougue pour lui prouver ma reconnaissance.
"Vous vous êtes trompés de chambre !" nous interrompit une voix moqueuse.

Une Hermione amusée et un Ron un peu moins se tenaient sur le seuil.
Je m'empressais de leur montrer mon cadeau. Hermione s'extasia et Ron lui-même parut impressionné quand il identifia l'objet.
"C'est une bague de fiançailles ? demanda-t-il un peu plus aimable.
- En quelque sorte, répondit Harry.
- Oh, mon chéri !" m'écriais-je en lui sautant derechef au cou, alors que mon anneau devenait rosé.

Maman nous appela pour manger.
Je lui fit admirer mon anneau et elle se pâma à son tour. Elle en profita pour dire à Hermione et Harry qu'elle ne voulait plus les entendre dire "Mr et Mrs Weasley" mais "Molly et Arthur". Le repas fut très gai. Maman nous expliqua que nous fêterions mon anniversaire ce soir. Il y aurait les même convives que la veille.
L'après-midi, nous avons profité du jardin. Nous n'avions pas le droit d'y faire de magie, du coup Hermione et Harry nous initièrent au "football", un jeu moldu qui se joue par terre avec un ballon.

Vers dix-sept heures, nous sommes allées aider Maman à tout préparer. Puis elle nous a dit d'aller nous habiller. Hermione suggéra que nous remettions nos robes de bal, idée chaudement soutenue par Maman.
Voilà, je suis prête, je vais descendre.

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Vendredi, 3 juillet 1998 :

La soirée d'hier a été très bien. J'ai été très gâtée. Le repas était délicieux et l'humeur festive.

En découvrant mon anneau, chacun de mes frères mit les pieds dans le plat et demanda si c'était une bague de fiançailles. Harry répondit affirmativement à chaque reprise et subit de bonne grâce les félicitations de chacun. Les jumeaux prétendirent que si Voldemort n'avait pas sa peau, c'est moi qui l'aurais. Percy nous complimenta comme si nous étions des ambassadeurs à qui il remettait une médaille. Charlie et Bill entraînèrent Harry à l'écart, pour une "discussion entre hommes", dont Harry revint les yeux brillants et l'air amusé. "Tout à l'heure" répondit-il simplement à mon regard interrogatif.

Ce fût ensuite Papa qui vint lui demander des comptes. Suite à la réponse timide d'Harry, il entraîna mon fiancé à part. Il y eut une autre discussion virile, mais beaucoup moins plaisante, si je me fiais à l'air sérieux des deux hommes de ma vie.

Alors que leur conversation s'éternisait, Dumbledore me proposa de faire quelques pas avec lui dans le jardin. J'acceptais, un peu surprise. Une fois dehors, il me demanda si je tenais tant que cela à faire partie de l'Ordre.
"Pourquoi pas, ai-je répondu sur la défensive.
- Et bien, vous savez Virginia, c'est très dur pour votre mère de voir son mari et tous ses fils si engagés dans l'effort de guerre et, de fait, si exposés. Votre abstention lui causerait un souci de moins. D'ailleurs, a-t-il poursuivi avant que je puisse élever la moindre objection, cela ne changera pas grand chose pour vous. Vos amis ne vous cachent rien et vous éviterez ainsi d'avoir à subir de longues et de stériles discussions. N'oubliez pas non plus que vous suivrez le même entraînement et rencontrerez les mêmes interlocuteurs qu'eux.
Et puis sachez que certains membres de l'ordre ne se donnent pas la peine d'assister à nos réunions et ne sont même pas chargés de mission particulière. A contrario, d'autres personnes qui n'ont pas prêté serment n'en exécutent pas moins des taches d'une extrême importance."
Le vieil homme me regardait fixement maintenant. Mais ce n'était plus le regard pétillant ou bienveillant dont il était coutumier en ma présence. Mais un regard pénétrant, jaugeant ce que j'étais capable de comprendre à demi mot.
"Je réfléchirai à la question" répondis-je prudemment.

Il redevint le Dumbledore que je connaissais.

"Vous avez raison. C'est votre soirée d'anniversaire. Vous êtes magnifique et votre fiancé s'impatiente. C'est un jour pour s'amuser, et non pour discuter de choses sérieuses."
Il me ramena vers Harry qui effectivement se demandait où j'étais passé.

oO§0§Oo



Une fois mes parents couchés, Hermione me quitta et Harry vient prendre sa place. Je lui demandais ce que lui avaient dit mes frères aînés. Il se mit à rire.
"Ils m'ont dit que j'aurai affaire à eux si je te laissais tomber, si je te mettais enceinte avant le mariage, si je portais atteinte à ta réputation ou si je te faisais pleurer. Et ils m'ont donné quelques conseils pour que tu ne t'ennuies pas au lit avec moi.
- Du genre ?
- Très innocents si l'on compare à nos saines lectures de Poudlard."
Nous échangeâmes un sourire entendu.
Soudain il redevint sérieux.
"Je t'ai fait pleurer."
Ce n'était pas une question. Il parlait de notre différend de mars dernier.
"Non répliquais-je. Tu m'as mise en colère, mais tu ne m'as pas fait pleurer."
Devant son air sceptique je précisais.
"Si tu avais cessé de m'aimer, j'aurais sans doute pleuré. Mais ce n'était pas le cas. Tu étais furieux contre moi, tu te conduisais comme un crétin, ton attitude n'a pas été élégante, loin de là, mais je savais que tu m'aimais toujours. J'étais en colère, pas triste.
Pour chasser le remords de ses beaux yeux, je changeais de sujet.

"Ma robe ne te rappelle rien ?"
"Specto nuditas" répondit-il en se jetant sur moi et émaillant mon visage et ma gorge de petits baisers.
J'étouffais de rire en me rappelant ma blague. J'échappais à son étreinte et lui demandais :
"Tu y as cru un moment, avoue !!
- J'étais surtout choqué par ta réflexion concernant l'anatomie de l'autre débile.
- Choqué ou jaloux ?"
Il se garda bien de répondre, préférant me questionner à son tour :
"Et toi tu te rappelles notre danse ?
- Oui, très bien. Et je n'ai pas honte d'avouer que j'étais très excitée par tes commentaires grivois." Rien qu'à cette évocation, je sentis une douce chaleur se répandre dans mon ventre.
"Tu te souviens de tout ce que tu m'as dit ? le mis-je au défi en glissant mes bras autour de son cou.
- Parfaitement !" répondit-il en me le prouvant sur-le-champ.

Cette fois, nous ne restâmes pas sur notre faim et nous complétâmes la séance par ce que nous aurions fait si nous avions osé sauter le pas à l'époque, agrémenté des connaissances que nous avions acquises depuis. Mon anneau en est devenu rouge vif.

Je crois bien que c'est mon plus bel d'anniversaire.

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Samedi, 4 juillet 1998 :

On nous a accordé une dernière journée de liberté. J'en profitais pour mettre mon frère et mes amis au courant de ma décision de ne pas adhérer à l'Ordre.
"Tu nous lâches ?" a demandé Ron
Je lui expliquais ce que m'avait dit Dumbledore à propos de Maman.
"Mais tu es quelqu'un d'important fit remarquer Hermione, jetant un bref coup d'œil vers Harry.
- Justement, cela ne changera rien, répondis-je. D'ailleurs vous me direz tout, enchaînais-je rapidement pour qu'Harry ne demande pas de quoi nous parlions.
- Bien sûr, répondirent immédiatement les deux garçons
- Sauf si notre serment nous en empêche, temporisa Hermione en me jetant un regard d'excuse
- Je ne pense pas qu'il y ait de problème, répondis-je. Tu te rappelles, l'autre matin, au petit déjeuner, Dumbledore a fait remarquer à Maman que, membre de l'ordre ou pas, je serai au courant de tout. Tu as sa bénédiction, je pense."
Hermione parut rassurée de ne pas avoir à choisir entre sa conscience et son amitié.

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Dimanche, 5 juillet 1998 :

Nos entraînements ont commencé ce matin.
L'adhésion d'Harry, Ron et Hermione était prévue pour l'après-midi. Nous finissions de déjeuner quand le carillon magique annonçant l'arrivée de quelqu'un dans le vestibule retentit. Et bientôt Dean Thomas entra dans la cuisine.
"Dean, bonjour ! dit Harry d'un ton ravi. Mais qu'est ce que tu fais là ?
- Je viens prêter serment à l'Ordre !"

Nous nous exclamâmes et Dean nous expliqua que quelques jours avant la fin de l'année scolaire, il était allé demander à Dumbledore comment s'engager de façon active dans la lutte pendant les vacances. Ils avaient un peu parlé et le directeur lui avait dit qu'il le contacterait, une fois qu'il aurait réintégré ses foyers. Il était venu le voir la veille, lui avait parlé de l'Ordre et lui avait proposé d'adhérer.
A peine Dean avait-il fini ses explications, que les jumelles Patil entrèrent, accompagnées de Neville Longdubat et Seamus Finnigan. Anthony Goldstein et Terry Boot de Serdaigle sont arrivés ensuite, précédant de peu Hannah Abbott, Susan Bones et Justin Finch-Fletchey de Poufsouffle. Nous commençâmes à parler gaiement. Ils avaient tous suivi la même démarche que Dean.

Maman nous recensa des yeux.
"Et bien, dit-elle. Il ne manque plus qu'un seul d'entre vous.
Le carillon retentit une fois de plus.
Malefoy entra dans la cuisine, suivi de Rogue.

En le voyant, Harry n'a pu retenir une exclamation.
- Tu viens adhérer à l'Ordre ? a-t-il demandé à Drago.
- Cela vous dérange Potter ? a répondu Rogue d'un ton rogue.
- Pas plus que ça, Rogue, a riposté Harry, feignant de se désintéresser de la question, mais profitant de l'occasion pour signifier à son ancien professeur que le lien de subordination qui les liait autrefois était désormais caduc.

Je suis intervenue rapidement.
- Bonjour Drago, bonjour Professeur Rogue.
- Bonjour, jolie Ginny, a répondu l'incorrigible Malefoy en m'envoyant un baiser du bout des doigts.
Son intention était tellement flagrante que je n'ai pu m'empêcher d'éclater de rire.
Heureusement, Dumbledore, arriva à cet instant, empêchant Harry de nous faire une démonstration de son délicieux côté Sorcier des cavernes.

oO§0§Oo



Je restais avec Maman quand ils se rendirent tous dans la salle de réunion. Pendant que nous préparions le thé et les gâteaux pour toute l'assemblée, elle me remercia de m'être abstenue d'insister pour mon adhésion. Elle me dit qu'elle ne remettait pas en cause ma conviction ou mes capacités mais j'étais déjà si exposée...
Je la rassurais de mon mieux en lui promettant d'être très prudente et lui faisant remarquer que je ne cherchais pas les ennuis, contrairement à un certain jeune homme de ma connaissance. Elle a ri, mais m'a confié que cette histoire de prédiction l'inquiétait beaucoup.
"Ne t'en fait pas Maman. Il a survécu à tant de chose déjà. Ce n'est pas pour rien qu'on l'appelle le Survivant."

Quand ils revinrent, nous avons pris le thé ensemble. Ce fut très joyeux et même Malefoy se conduisit à peu près correctement.

oO§0§Oo


Lundi, 13 juillet 1998 :

Semaine très chargée.
Tous les matins, pendant que Harry bénéficie d'un apprentissage spécial avec Remus et Maugrey, nous avons entraînement avec Tonks. Le niveau d'enseignement est beaucoup plus élevé qu'à l'école et Ron et moi avons du mal à suivre. Comme l'avait deviné Hermione, nous apprenons surtout à nous protéger le uns les autres. On nous prépare à être la garde rapprochée d'Harry ans le cas où les Aurors confirmés ne seraient pas à proximité quand le Survivant en aurait besoin.
Nous nous retrouvons ensuite pour le déjeuner.

Le programme de l'après-midi est variable. Quand il y a une assemblée de l'Ordre, Bill m'enseigne comment transplaner pendant que les autres y assistent (Fleur lui raconte tout après). Sinon quelqu'un vient nous voir et témoigne de ce qu'il sait de la situation actuelle. Ce sont généralement des informations qui n'ont pas été publiées dans les journaux.

Contrairement à ce que nous pouvions croire, aucune des actions de Voldemort n'est complètement gratuite. Par exemple, ce n'est pas le fruit du hasard si la famille McMillan a été anéantie pendant les vacances de Noël. La mort d'Ernie constituait une déclaration de guerre destinée à Dumbledore.
De même, ce sont les Aurors, chercheurs et membres du ministère qui ont un rôle significatif dans la guerre qui sont les premiers visés avec leur famille. Et il semble malheureusement que les mangemorts aient des informateurs au sein même de l'administration. Quelques-uns uns ont été repérés et on essaie de leur faire passer des informations erronées mais il y a encore trop d'inconnus en activité.
Enfin, comme l'avait deviné Hermione, beaucoup de services publics ont été désorganisés : communication, transport, économie.

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Malgré la sévérité des entraînements et la gravité des nouvelles portées à notre connaissance, j'ai l'impression de ne jamais avoir été aussi heureuse de ma vie.
Harry et moi découvrons le bonheur de vivre ensemble. De pouvoir nous prendre la main ou nous enlacer quand nous le désirons. De profiter du détour d'un couloir ou d'une pièce vide pour nous embrasser. De nous retrouver chaque soir et pouvoir étancher la soif que nous avons l'un de l'autre - enfin quand il nous en reste la force après ces épuisantes journées. De nous endormir dans la chaleur de l'être aimé. D'échanger des confidences dans la douceur de notre lit.
Nous sommes plus proches que nous ne l'avons jamais été. Nous nous comprenons à demi mot, d'un regard, d'un sourire.

Je l'aime tant.

Merlin, protégez-le !

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Jeudi, 16 juillet 1998 :

J'ai un peu parlé avec Maman ce matin.
"Au début, nous étions très partagés, ton père et moi, m'a-t-elle confiée. Nous n'avons rien contre Harry, au contraire, mais il est particulièrement visé dans cette guerre et nous avions peur pour toi. C'est toujours le cas bien sûr. Mais vous avez l'air tellement heureux ensemble. Tu sais que tu es resplendissante, ma chérie ? Vous irradiez tellement de vie et de bonheur tous les deux que vous redonnez courage aux membres de l'Ordre qui viennent ici. Comment ne pas se réjouir pour vous ?"

C'est vrai que Maman a meilleure mine depuis que nous sommes arrivés tous les quatre. Ca lui fait du bien d'avoir de la jeunesse autour d'elle. J'ai failli lui avouer qu'Harry passait toutes ses nuits avec moi. Mais je n'ai pas osé. Je suis gênée d'aborder ce genre de sujet avec ma mère.

De toute façon, elle l'a sans doute deviné.

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Vendredi, 17 juillet 1998 :

Bill est venu nous voir, cet après midi. Il nous a parlé de la situation économique qui n'est pas brillante. En effet, les gens n'osent plus aller à Pré-au-lard ou sur le Chemin de traverse car de tels rassemblements ne sont pas très recommandés ces temps ci. Au début, les sorciers s'étaient rabattus sur l'achat par correspondance, mais les hiboux ont de plus en plus tendance à se perdre ou à arriver sans leurs lettres ou paquets.
- Si on ne peut plus correspondre par hiboux et que le réseau de cheminées n'est plus sûr, comment va-t-on faire pour rester en contact, a demandé Hermione.
- C'est un problème très grave qui a retenu toute notre attention. Mais quelqu'un, plus au courant que moi de ce problème et des solutions envisagées, doit venir vous en parler."
Nous lui demandâmes où en était sa mission auprès des gobelins.
- Ils commencent à comprendre l'enjeu de la guerre. Mais ce n'est pas facile de leur tirer la moindre mornille, a répondu Bill d'un ton fataliste.

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Samedi, 18 juillet 1998 :

Je me transplane de mieux en mieux. Bill m'a dit que je pourrai passer mon permis à la fin du mois.

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Dimanche, 19 juillet 1998 :

Un charmant monsieur est venu nous parler du problème des communications. Il était effectivement tout à fait compétent pour traiter du sujet. Il avait juste un léger défaut : il semblait fasciné par nos décolletés, à moi et à Hermione. Cela ne m'a pas trop dérangée, mais les garçons avaient l'air un peu sur les nerfs. Quant à Hermione, elle était tellement passionnée par le sujet qu'elle ne s'est rendue compte de rien.

En bref, nous avons une grosse difficulté car les seuls déplacements encore sûrs sont la transplanation et le portoloin. Or la transplanation est interdite aux jeunes sorciers, aux vieilles personnes et aux malades car il faut beaucoup de concentration et d'énergie magique pour la pratiquer sans risque. En outre, il faut bien connaître l'endroit d'arrivée. Quant aux portoloins, tous les sorciers ne savent pas les créer, et la capacité de ces artefacts est limitée : on doit les enchanter à chaque fois que l'on change de destination, ou en avoir toute une collection correspondant à ses déplacements habituels. Les balais enfin, sont trop lents et trop visibles pour être utilisés sur les longues distances. Quand au Magicobus, cela fait longtemps que son service est suspendu.

"La solution est venue du service où travaille votre père, poursuivit-il en fixant ma poitrine. Pourquoi ne pas utiliser les systèmes de communication moldus ? Car même si ces derniers n'en ont pas conscience, nos habitations sont souvent à proximité des leurs. Des manuels expliquant comment utiliser les transports en commun moldus et la "Poste restante" sont actuellement diffusés.
- Mais oui, s'écria Hermione avant que je puisse demander ce qu'était la poste restante. Je me demandais pourquoi la Gazette donnait ce genre d'explications.

- Par ailleurs, nous avons fait l'acquisition de "téléphones portables" que nous distribuons à ceux qui sont sur le terrain et qui ont besoin de communiquer rapidement des informations. Ce moyen a un immense avantage : il n'émet pas d'ondes magiques et est moins détectable par les mangemorts. Toutes les communications entre le Siège et les membres de l'Ordre s'effectuent de cette manière. Enfin, nous utilisons la RITM (Radio Indépendante à Transmission Magique) pour diffuser des appels à la résistance. C'est votre NAV qui nous a fait prendre conscience de l'importance de la propagande, a-t-il conclu en lorgnant avidement les jambes d'Hermione.
- Nous aurions dû penser à leur envoyer notre "Lettre ouverte" à eux aussi, commenta cette dernière d'un ton désolé.
- N'ayez aucun regret. Dumbledore s'en est chargé. Ils l'ont lue à l'antenne deux jours après la diffusion dans les journaux."
C'était mes gambettes qu'il examinait maintenant.
"Ha ! Cela explique l'afflux de lettres que nous avons reçu la semaine qui a suivi" remarqua Harry en posant sa main sur mon genou, comme pour marquer sa propriété.

Les yeux de notre informateur remontèrent précipitamment vers mon visage.
"La station a, elle aussi, reçu beaucoup de courrier. Un nombre remarquable si l'on songe aux lettres qui ont sans doute été interceptées.
- Quel génie, ce Malefoy ! fis-je pour taquiner les garçons.
- Lucius Malefoy ? releva d'un ton froid notre visiteur.
- Non, Drago, son fils, expliqua rapidement Hermione. C'est lui qui a pratiquement composé tout seul ce texte.
- Ce ne serait pas ce blond qui a fait des remarques désobligeantes au cours de notre assemblée, l'autre jour ?
- Tout à fait ! a craché Ron.
- Désobligeantes mais néanmoins pertinentes, a commenté Hermione en me faisant un petit sourire.
- Sacré Drago", ai-je conclu sous le regard dégoûté d'Harry.

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Mardi, 21 juillet 1998 :

Il n'y a pas que Drago qui intervient aux cours des assemblées. Harry m'a parlé des interventions d'Hermione. Il a toujours su qu'elle était brillante mais c'était dans le cadre de l'école. Là, il se rend compte qu'elle peut en remontrer à des adultes et se montre très impressionné par ses capacités de synthèse et de déduction.
Il n'est pas le seul à le reconnaître. Chaque fois qu'Hermione prend la parole, c'est une attention respectueuse qui accueille ses déclarations.
Je suis heureuse que le mérite de notre amie soit reconnu à sa juste valeur.

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Vendredi, 24 juillet 1998 :

Quand je suis descendue dans la cuisine ce matin, j'y ai trouvée Harry, Hermione, et Ron qui avait l'air désolés. Maman était plutôt renfrognée.
"Qu'est ce qui se passe ?"
Harry m'a fait asseoir.

Une fois que j'eus pris place à ses côtés, il m'expliqua doucement qu'une capture de sympathisants mangemorts avait eu lieu cette nuit. Encerclés, ils avaient refusé de se rendre et étaient morts lors la lutte acharnée qu'avait suivie la charge des Aurors. Je ne comprenais pas.
"Ils s'appelaient Beaupré. Leur fils Nicolas a accidentellement été tué dans la bataille.
- Noooon" hurlais-je, éclatant en sanglots.
Harry me prit dans ses bras et me consola du mieux qu'il le put. Quand je réussis à me reprendre, je dis simplement :
"Je veux aller à son enterrement.
- C'est hors de question, a dit Maman. Tu ne vas nulle part, et sûrement pas à un enterrement de mangemorts."

Harry m'a brièvement serré contre lui, avant de me confier à Hermione qui était venue s'asseoir près de moi. Il se leva, prit poliment, mais fermement Maman par le bras, et l'entraîna hors de la cuisine. Ils parlèrent un petit moment, et quand ils revinrent, Maman avait l'air résigné.
"Nous irons tous les quatre", a simplement annoncé Harry.

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Dimanche, 26 juillet 1998 :

Finalement nous y allâmes en portoloin, simplement accompagnés de Tonks, Maugrey et Lupin. Seules quatre personnes, manifestement de la famille, étaient déjà présentes à notre arrivée. Elles nous fixèrent un moment puis se détournèrent. J'entendis alors qu'elles parlaient une langue étrangère, vraisemblablement du français.
Rapidement, Kat et ses parents arrivèrent. Nous tombâmes dans les bras l'une de l'autre. Alors que je me reculais pour laisser mes amis la saluer, je remarquais que ses parents n'avaient pas l'air très heureux d'être là. Leur expression changea cependant alors qu'Harry étreignait leur fille en lui murmurant des paroles de consolation. Ils pourraient annoncer à tous leurs amis que Kat était intime avec le Survivant.

Ecœurée, je détournais les yeux et vis s'avancer vers nous Luna et son père accompagnés de Neville et de sa grand-mère. Nous nous saluâmes tous, et très vite la cérémonie commença. Ce fut assez court mais nous avons pu dire adieu à notre fidèle ami et lui affirmer que nous ne l'oublierons jamais.

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Lundi, 27 juillet 1998 :

Je me suis réveillée en hurlant cette nuit. Toujours le même maudit cauchemar qui me fait revivre mon agression. Harry m'a bercée contre lui et encore sous le coup de la terreur qui m'avait saisie, je lui ai tout raconté. Il a été très choqué. Il croyait que tout ça était terminé. Il m'a bercée contre lui jusqu'à ce que je me rendorme. Mais je ne crois pas qu'il en ait fait autant, si j'en juge par les cernes qu'il a ce matin.
Je m'en veux, mais c'était trop tard.

J'en ai touché un mot à Hermione. Mais elle aussi s'est inquiété du retour de mes angoisses.
"Il y a une médicomage qui vient aux assemblées, dit-elle. Je lui dirai de venir te voir.
- Ce qui m'inquiète, c'est Harry !
- Je lui parlerai" elle a affirmé d'un ton rassurant.

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Jeudi, 30 juillet 1998 :

Hermione a tenu parole. Une certaine Sylvia Baker est venue me trouver à l'issue de la réunion d'aujourd'hui. J'ai mis deux tasses de thé sur un plateau avec une assiette de scones, et nous nous sommes isolées dans le salon.

Elle m'a posé de nombreuses questions sur la manière dont je me sentais, m'a fait raconter mes cauchemars et m'a suggéré de lui confier la scène qui les avait déclenchés. D'abord réticente, je me suis rendue compte avec surprise que cela me soulageais d'en parler à une oreille neutre et attentive. Je ne parvins pas à répéter tous les mots qu'ils m'avaient assénés, mais je réussis enfin à exprimer l'humiliation et le dégoût de moi-même que j'avais ressenti. Alors que j'avançais dans mon récit et l'analyse de mes sentiments, je me sentais de plus en plus légère et détendue.
J'ai fini par lui confier la réaction que j'avais eu la première fois qu'Harry s'était montré caressant. Elle m'a demandé comment ça se passait maintenant, et je lui ai dit que tout allait très bien en rougissant furieusement. Elle a souri avec bienveillance et m'a examinée à l'aide de sa baguette magique.

Finalement, elle m'a dit qu'elle me ferait parvenir une poudre qui m'empêcherait de rêver. Je dois la prendre quand la journée a été particulièrement difficile, ou avant de me rendormir si un cauchemar survient. Elle m'a recommandé de ne pas en prendre trop souvent car il est indispensable pou mon équilibre mental que je rêve régulièrement. J'aurai aussi des gouttes à prendre si je me sens angoissée.

Timidement, je lui ai fait remarquer que ses méthodes étaient très différentes de celles de madame Pomfresh. Elle a ri et m'a révélée qu'elle était une "génération spontanée", c'est à dire une fille de parfaits moldus et que, lorsqu'elle avait fait ses études au Centre Supérieur de Médecine Magique, elle avait en parallèle pris des cours par correspondance de médecine et de psychologie moldues.
"Oh, ai-je fait, vous devriez en parler à mon père, il serait passionné.
- C'est Arthur Weasley, n'est-ce pas. Je le connais. Je travaille au service de Pathologie des sortilèges à Ste Mangouste, et j'avais eu l'occasion de discuter avec lui quand il a été hospitalisé, il y a deux ans.
- On lui avait appliqué un traitement moldu, rappelais-je timidement.
- Oui, je me le rappelle. C'était une très mauvaise idée au demeurant. Les traitements moldus sont totalement inefficaces pour les blessures magiques. Ils ne marchent que pour les blessures par objets normaux, les maladies communes et les problèmes d'ordre psychiatriques ou psychologiques."
Elle avait évoqué le service de Pathologie des sortilèges.
"Vous connaissez les Longdubat ?
- Bien sûr, tout le monde les connaît dans le service. Ils sont tellement adorables. Ils vivent dans leur monde, bien sûr, mais ce sont des personnes charmantes. Cela m'a fait très plaisir de revoir le jeune Neville aux assemblées. Il se fait tellement de souci pour eux. Dumbledore lui a interdit d'aller les voir, vous savez. Bien trop dangereux bien sûr. Je suis contente de pouvoir lui donner des nouvelles de ses parents et de leur lire les lettres qu'il leur écrit."

Je sentis mes yeux se remplir de larmes à ses paroles. Mon pauvre Neville ! Mais d'un autre côté, j'étais contente de savoir que ses parents étaient visiblement bien soignés. Cette femme me paraissait parfaitement compétente et avait manifestement un cœur d'or.
"Hermione m'a dit que vous vouliez devenir médicomage, vous aussi, m'a-t-elle demandé pour me tirer de mes idées noires.
- Euh, oui, j'aimerai bien.
- Je suis sûre que vous y arriverez. Quand vous intégrerez le CSMM, n'hésitez pas à m'écrire si vous avez besoin de conseils pour choisir vos matières. Je pourrais éventuellement vous faire visiter l'hôpital et vous décrire les différentes spécialités entre lesquelles vous aurez à choisir.
- Oh, merci, c'est une merveilleuse idée !"

Il était tard et elle devait partir. Nous nous quittâmes, enchantées l'une de l'autre.

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Vendredi, 31 juillet 1998 :

Hier soir, j'ai parlé à Harry de ma visite d'hier. Je lui ai dit que j'étais entre de bonnes mains et de ne plus s'en faire pour cela. Il a paru un peu soulagé.

Ce matin, nous avons reçu nos lettres de Poudlard, par l'intermédiaire de Tonks.
Hermione a obtenu treize ASPICs. Que des O bien entendu. Cela n'a été une surprise pour personne, sauf pour l'intéressée qui nous a infligé la liste de toutes les erreurs qu'elle avait faites pendant les épreuves.
Harry a réussi dans toutes les matières qu'il a passées et a remporté un A, quatre E et deux O ce qui est très honorable.
Ron a décroché un O, deux E et trois A, ce qui est moins bien que Percy mais Maman s'en est déclarée très satisfaite.
Quant à moi, pas de surprise, je passe en 7ème année. J'ai reçu ma liste de fournitures à acheter. C'est réconfortant de voir que certaines choses ne changent pas.

Nous fêterons nos résultats ce soir, avec les anniversaires d'Harry et de Neville. Il était évident que seuls les membres de l'Ordre pourront venir. Et encore pas tous, car nous craignons que Voldemort ne veuille marquer le coup à sa manière et un certain nombre seront de garde.

Malgré notre confinement au Siège, nous avons essayé de préparer des cadeaux. Nous avons demandé à Papa d'essayer, malgré les aléas actuels du courrier, de faire des commandes par correspondance en utilisant les hiboux du Ministère.
J'ai acheté un livre de botanique pour Neville et un album photo pour Harry, dans lequel j'ai placé des clichés que m'a donnés Colin Crivey le jour de notre départ de Poudlard. Tout au long de l'année, il avait fait une sorte de reportage sur le NAV. Hermione lui avait même permis d'assister à un Conseil du NAV pour immortaliser une séance. La dernière photo représente Harry en train de faire son discours dans la grande Salle, la veille du départ.

Je veux qu'il se rende compte du chemin qu'il a parcouru en un an.

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La fête était très réussie. Tous nos camarades d'école ayant intégré l'Ordre étaient présents. Maman et les elfes s'étaient surpassés à la cuisine.
Le plus beau cadeau a été sans conteste celui de Sylvia Baker pour Neville. C'était une carte d'anniversaire qu'elle avait fait confectionner par les parents de ce dernier : un simple carton couvert de dessins et de collages maladroits mais infiniment touchants. Neville n'a pu prononcer une parole pendant au moins un quart d'heure. Quant à sa grand-mère, elle a éclaté en sanglots dans les bras de Sylvia.

Harry a longuement contemplé cette scène, le regard dur et le visage déterminé. Apparemment, il rajoutait une nouvelle ligne à la longue liste de crimes qu'il avait l'intention de faire payer à son ennemi de toujours. Je n'ai pas essayé de le calmer ou de le détourner de ses pensées. Il aura besoin de toute sa rancune le moment venu. Mon regard est tombé sur Dumbledore qui lui aussi regardait Harry. Puis il a tourné ses yeux vers moi, nous avons échangé un regard entendu.

Le Survivant était prêt.

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