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News

Programme de juillet des Aspics


Bonsoir à toustes !

Un peu de lecture pour vous accompagner en cette période estivale... Vous avez jusqu'au 31 juillet pour, d'une part, voter pour le thème de la prochaine sélection ici et, d'autre part, lire les textes de la sélection "Romance" du deuxième trimestre 2024, et voter ici !

Les sélections sont l'occasion de moments d'échange, n'hésitez pas à nous dire ce que vous en avez pensé sur le forum ou directement en reviews auprès des auteurices !


De L'Equipe des Podiums le 11/07/2024 22:30


Assemblée Générale 2024


Bonjour à toustes,

L'assemblée générale annuelle de l'association Héros de Papier Froissé est présentement ouverte sur le forum et ce jusqu'à vendredi prochain, le 21 juin 2024, à 19h.

Venez lire, échanger et voter (pour les adhérents) pour l'avenir de l'association.

Bonne AG !
De Conseil d'Administration le 14/06/2024 19:04


Sélection Romance !


Bonsoir à toustes,

Comme vous l'avez peut-être déjà constaté, sur notre page d'accueil s'affichent désormais des textes nous présentant des tranches de vie tout aussi romantiques ou romancées les uns que les autres ! Et oui, c'est la sélection Romance qui occupera le début de l'été, jusqu'au 31 juillet.

Nous vous encourageons vivement à (re)découvrir, lire et commenter cette sélection ! Avec une petite surprise pour les plus assidu.e.s d'entre vous...

Bien sûr, vous pouvez voter, ça se passe ici !


De Jury des Aspics le 12/06/2024 22:31


145e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 145e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Vendredi 14 juin à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
À très bientôt !


 


De L'équipe des nuits le 12/06/2024 12:33


Maintenance des serveurs


Attention, deux interventions techniques prévues par notre hébergeur peuvent impacter votre utilisation de nos sites les 28 mai et 4 juin, de 20h à minuit ! Pas d'inquiétudes à avoir si vous remarquez des coupures ponctuelles sur ces plages horaires, promis ce ne sont pas de vilains gremlins qui grignotent nos câbles ;)

De Conseil d'Administration le 26/05/2024 18:10


144e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 144e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Samedi 18 mai à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits et à vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De L'équipe des Nuits le 12/05/2024 11:00


Ginny la furie en 6ème année par alixe

[71 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Bien évidemment, la plupart des lieux et personnages viennent de l'univers créé par J.K Rowling.
Cette Ginny particulière, ainsi que Kat et Nico, sont issus de la foisonnante imagination d'Alysia et de son Journal de Ginny la furie.
Quand j'ai eu besoin de noms d'élève, j'ai pioché dans le Bottin établi par Alana Chantelune dans ses précieux "Conseils pour une Potterfiction".
Seuls quelques personnages très secondaires ont été créés par mes soins. Dans ces conditions, il est heureux que je ne gagne rien avec ma petite histoire.
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- Ginny la furie en 6ème année -


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Chapitre 12 : Août


Samedi, 01 août 1998 :

Papa m'a exceptionnellement emmenée au ministère pour passer mon permis de transplanage.
JE L'AI EU !!!!!

Maman m'a fait mon gâteau préféré ce soir.

oO§0§Oo


Dimanche, 02 août 1998 :

J'avais un peu de temps libre pendant l'assemblée de l'Ordre cet après-midi. J'en ai profité pour relire mon journal.

Quelle crise de rire ! Mais j'étais complètement folle, l'été dernier. Si inconsciente et tellement égoïste ! Quand je pense que je reprochais ces traits de caractère à Harry ! Je réalise également que je le connaissais bien peu. Finalement, j'étais comme les autres. Je m'étais fabriqué une image de lui que j'idéalisais.

N'empêche que si j'avais su que nous serions si proches, à peine un an plus tard !

oO§0§Oo



Lundi, 03 août 1998 :

Hier soir, j'ai lu des extraits du début de mon journal à Harry. Lui aussi a beaucoup ri. Puis il a remarqué :
- "Nous n'étions pas très gentils avec toi l'été dernier, quand même. Je comprends mieux les reproches que tu m'as adressés à l'époque.
- Je ne pense plus du tout la même chose de toi, tu sais.
- Quoi ! Tu ne fonds plus en voyant mes merveilleux yeux verts, tu ne rêves plus de mes baisers ?
- Bof, ai-je répondu, je ne vois pas de quoi tu veux parl..."
Je ne pus finir, ses lèvres ayant bâillonné les miennes et son baiser sensuel m'ayant ôté toute idée de discussion.

oO§0§Oo


Ce n'est qu'un très long moment plus tard qu'il reprit la conversation.
- "Au fait, tu étais sérieuse dans tes résolutions en mettant Baiser avec Malefoy ?"
Je ne pus m'empêcher d'éclater de rire.
- "Enfin Harry, je cherchais simplement quel était le moyen de vous énerver le plus toi et Ron !
- C'est sûr que cela aurait été efficace, a-t-il remarqué d'un ton pincé.
- Euh ! tu sais, il est de notre côté maintenant.
- Je ne suis pas obligé de l'aimer pour autant !
- Je voulais juste te faire remarquer que cela ne m'avancerait plus à grand chose de coucher avec lui, maintenant.
- Je me sens parfaitement rassuré par ton raisonnement, a-t-il commenté d'un ton ironique.
- Et le fait que je me retrouve dans ton lit, vêtue en tout et pour tout d'une unique chaussette qui a miraculeusement échappé à ta lubricité, ne suffit pas à te rassurer ?
- Sait-on jamais avec les jeunes filles d'aujourd'hui !" a-t-il répondu en se jetant sur moi et en me chatouillant à mort.

Une fois que j'eus repris mon souffle, il me demanda s'il pouvait lire la suite
- "Ah non ! Pas question !
- Pourquoi ?
- Enfin, Harry, c'est personnel !
- Tu m'as bien lu le début.
- Qu'est ce qui te fais croire que je t'ai tout lu ?
- Mmh, s'il te plaît" insista-t-il d'un ton caressant, le regard langoureux.
Froidement, je lui ai expliqué les protections qu'Hermione avait mises sur mon journal, insistant lourdement sur ce qui arriverait à une certaine partie charnue de son anatomie que j'appréciais particulièrement. Sa grimace lui donna tout de suite l'air un peu moins charmant.

oO§0§Oo


Mardi, 04 août 1998 :

Harry m'a donné sa carte du Maraudeur aujourd'hui. Sur le coup, cela m'a choquée. J'avais l'impression qu'il me la léguait en prévision de sa disparition. Mais coupant mes dénégations embarrassées, il m'a simplement expliqué qu'en dehors de Poudlard, cette carte ne lui serait d'aucune utilité, et qu'il comptait sur moi pour en faire "bon usage" et avant de la transmettre "à un élève particulièrement méritant" quand je serais à mon tour diplômée.

Je lui ai quand même demandé s'il était sûr de lui, compte tenu du fait que c'était un souvenir de son père et de Sirius. "Justement, m'a-t-il répondu, c'est honorer leur mémoire que de la remettre en circulation". Je lui ai solennellement juré de l'utiliser dans l'intention de leurs créateurs. Il a souri d'un air canaille en m'assurant qu'il me faisait totalement confiance.

oO§0§Oo



Mercredi, 05 août 1998 :

Quand je suis arrivée dans la cuisine ce matin, Dumbledore et Rogue étaient là. Manifestement, Hermione et notre directeur tentaient de convaincre Harry de quelque chose. Mais ce dernier avait sa tête des mauvais jours, l'air buté. La tête qu'il fait quand il s'apprête à faire une connerie.
- "Que se passe-t-il ?"
Hermione se tourna vers moi :
- "Hagrid a été pris. Harry veut partir pour le délivrer."
Comment ça, partir pour le délivrer ? Mais c'était complètement idiot ! Cela sentait le piège à plein nez.

Mais quand apprendrait-il ? Moi qui croyais qu'il avait mûri !

Mon sang n'a fait qu'un tour. Je suis passée entre Rogue et Dumbledore et ai foutu une baffe magistrale au Survivant. Là au moins, il m'a accordé toute son attention.
- "Mais c'est pas possible ! T'es toujours aussi crétin ! Si tu ne sais pas faire marcher ta cervelle, écoute au moins ceux qui le font. Mais qu'est ce que tu crois. Que tu va délivrer Hagrid comme ça ? Tu vas te faire tuer, oui.
- Je ne vais quand même pas laisser tomber Hagrid, a-t-il répliqué d'un ton furieux
- Si tu meurs, c'est tous les autres que tu laisses tomber. Si Hagrid s'en sort, tu crois qu'il sera content de savoir que tu es mort pour lui et que tu nous laisses avec Voldemort sur les bras ? Il va sauter de joie, c'est sûr !"

Il m'a fixé, puis j'ai vu la colère quitter lentement ses yeux, et être remplacée par le morne désespoir de celui qui a vu trop d'horreur sans pouvoir rien y faire.
- "Peut-être pourrons-nous le délivrer plus tard", ai-je dit doucement.

Et je l'ai pris dans mes bras et ai commencé à pleurer en pensant à tous ceux qui nous avaient déjà quittés et à ceux qui nous quitteraient encore. Il m'a serré contre lui en me caressant les cheveux. Quand j'ai relevé la tête vers lui, l'abattement avait laissé place à la colère froide.

On nous avait laissés seuls. Quand nous sommes allés retrouver les autres au salon, Dumbledore et Rogue étaient partis. Aucune action ne serait intentée pour libérer Hagrid. Nous devons garder nos forces pour la bataille finale qui s'annonce. Harry a grincé des dents. Mais il est désormais trop conscient de la délicatesse de la situation pour désobéir de sang-froid.

oO§0§Oo


Jeudi, 06 août 1998 :

Une assemblée de l'Ordre était prévue aujourd'hui. Rogue est venu comme à son habitude. Je l'ai rencontré dans le corridor et il s'est montré étonnamment aimable avec moi. Il m'a même souri. Je ne savais pas qu'il savait le faire.

Il a peut-être rencontré la femme de sa vie, juste avant de venir !

oO§0§Oo



Vendredi, 07 août 1998 :

Je viens de comprendre. L'autre jour j'ai fait devant lui une chose qu'il mourrait d'envie de faire depuis des années : baffer le balafré. Il lui suffisait de peu pour être heureux finalement ! Si j'avais su, je l'aurais fait plus tôt. Cela m'aurait évité bien des retenues.

On ne se demande pas assez comment faire plaisir à notre entourage.

oO§0§Oo



Mardi, 11 août 1998 :

Il était onze heures du soir quand Maman vint frapper à ma porte hier soir. Harry et moi étions en train de deviser tranquillement en nous déshabillant. En entendant la voix de Maman, j'ai jeté un coup d'œil à Harry. Il pouvait encore transplaner. Mais il s'est borné à remettre sa chemise en haussant les épaules. Passant en hâte mon peignoir sur mes sous-vêtements, j'ai entrouvert le battant. J'ai eu un petit mouvement de recul en constatant à quel point ma mère avait l'air inquiet. Elle en a profité pour pousser la porte et entrer dans la chambre.

En le voyant assis sur le lit, elle a simplement lâché :
- "Oh, tu es là, Harry !
- Je peux descendre un moment si vous désirez parler à Ginny, a-t-il poliment répondu.
- Non, tu peux rester mon chéri !" a dit Maman avec lassitude en se tournant vers moi.
Elle a semblé chercher ses mots un instant puis a renoncé et a simplement dit :
- "La pendule... Charlie"

En un éclair, j'ai compris. Après la destruction du Terrier, Dumbledore avait très gentiment offert à Maman une petite pendule ayant les mêmes caractéristiques que notre horloge magique. Nous pouvions y suivre les pérégrinations de toute la famille. Comprenant que l'aiguille de Charlie était en mauvaise posture, je suis sortie de la pièce en courant et me suis précipitée dans l'escalier pour gagner le salon au rez-de-chaussée.

L'aiguille de Charlie était sur "En danger de mort".

Je suis restée pétrifiée, alors qu'Harry et Maman arrivaient derrière moi. Harry m'a doucement étreint puis nous nous sommes tous les trois assis sur le canapé qui faisait face à la cheminée sur laquelle était posée la pendule. Harry lui a demandé si elle voulait prévenir Papa qui était de garde de nuit au Ministère mais Maman a refusé.

Les minutes puis les heures se sont écoulées.

Puis soudainement, l'aiguille de Charlie a bondi sur "Mort". Elle y est restée quelques instants, puis elle s'est éjectée de l'horloge, brisant le verre du cadran, et elle a atterri à nos pieds.

Nous sommes restées quelques secondes sans réaction, puis Maman a bondi en hurlant, avant de s'effondrer dans les bras d'Harry. Alors que je tentais de comprendre ce que mon cerveau refusait obstinément d'appréhender, Ron, Hermione et Rémus, qui était notre gardien ce soir, sont descendus à la hâte. Affolés, ils ont demandé ce qui se passait. Incapable de leur répondre, je leur ai simplement montré l'aiguille sur le sol.

Hermione a poussé une exclamation horrifiée, et a pris Ron dans ses bras. Remus est venu prendre la place d'Harry auprès de Maman, pendant que ce dernier venait m'enlacer. Finalement, Maman a repris connaissance. Elle a juste murmuré "Arthur", avant de se mettre à pleurer.

Remus est sorti pour prévenir Papa par téléphone, puis il est revenu et a serré Maman contre lui.

Au bout d'un certain temps, nous avons entendu le carillon du vestibule. Papa et Percy venaient d'arriver en portoloin. Ils nous ont rejoints. Papa semblait avoir vieilli de dix ans. Il s'est assis à côté de Maman et ils sont restés sans rien dire dans les bras l'un de l'autre.
Puis les jumeaux sont arrivés. Puis Bill et Fleur.

Je me suis confusément rendue compte que j'attendais encore quelqu'un. J'ai soudain compris que j'attendais Charlie. Mais qu'il ne viendrait pas. Qu'il ne viendrait jamais plus.
J'ai enfin éclaté en sanglots.

oO§0§Oo



Les heures qui ont suivi restent confuses pour moi. Je sais que Fleur, Hermione, Harry et Remus ont tenté de nous faire boire du thé et de nous faire manger un peu mais nous ne pouvions rien avaler.

Dumbledore et Tonks sont venus.
Ils nous ont expliqué qu'il y avait eu une attaque. Que Charlie était arrivé avant que les mangemorts ne transplanent. Que grâce à un procédé qui venait d'être mis au point, il avait réussi à suivre l'un d'eux quand il était reparti. Qu'il avait atterri dans une base de Voldemort et qu'il avait réussi à lancer un bref appel par téléphone mobile, avant de se faire capturer.
Le temps que les Aurors arrivent, tous les mangemorts avaient évacué les lieux et c'était trop tard pour Charlie. Mais son sacrifice n'avait pas été vain car l'endroit était truffé d'indices, de cartes et d'artefacts qui, non seulement manqueraient à ceux qui les avaient abandonnés, mais permettraient de faire échouer plusieurs attaques prévues.

Ils ont ramené son corps. Nous pourrons l'enterrer.

J'ai encore longuement pleuré dans les bras d'Harry avant de m'écrouler de sommeil. Mais j'ai refait un de mes satanés cauchemars. Il est quatre heures du matin. Je vais avaler ma poudre anti-rêves et essayer de me rendormir.

Nous enterrerons Charlie demain.

oO§0§Oo



Mercredi, 12 août 1998 :

Nous avons attendu de recevoir un message nous indiquant le lieu et l'heure des obsèques, décidés à la dernière minute pour éviter que Voldemort n'ait le temps d'organiser un attentat contre nous.
Un entrefilet dans la Gazette du Sorcier et dans le Chicaneur a tenu lieu de faire-part. Il était précisé que l'enterrement se tiendrait dans la plus stricte intimité et que tout le courrier de condoléances devait être envoyé au Ministère. En effet, du fait d'une protection appliquée par Dumbledore, aucun hibou ne peut trouver l'emplacement du Siège.

Il n'y avait donc que nous, Hermione, Harry, Fleur, Pénélope, Dumbledore, Remus et Tonks. Le service a été bref. Charlie paraissait serein.
Ce n'était pas mon frère. Je ne me rappelais pas l'avoir jamais vu comme cela. Mes souvenirs de Charlie me le montraient tour à tour rieur, taquin, en colère, passionné, en train de faire des grimaces, boudeur. Mais jamais sans expression. C'était le visage d'un mort que j'avais devant les yeux et je l'ai détesté pour cela.

Le soir, à la fin de notre dîner morose, Harry s'est levé. il a dit :
- "Nous ne sommes pas seulement tristes, ce soir. Ni apeurés à l'idée qu'un autre d'entre nous ne disparaisse. Nous sommes aussi en colère ! Voldemort paiera !"
Hermione, Ron et moi avons sauté sur nos pieds et avons crié : "NON A VOLDEMORT !

Papa a fixé Harry un long moment. Puis il a hoché la tête et a dit :
- Tu as raison. J'ai du travail au Ministère. Je n'ai pas le droit d'abandonner mon poste."
Il s'est levé, nous a tous embrassé et est allé chercher son portoloin. Percy l'a accompagné. Finalement, les jumeaux et Bill ont aussi pris congé.
Nous devons continuer notre mission pour l'Ordre.

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Jeudi, 13 août 1998 :

Depuis que Charlie nous a quittés, Hermione et Harry ne cachent plus dans quelle chambre ils dorment. Ce soir, Papa s'en est aperçu pour la première fois. Il a ouvert la bouche en contemplant Harry qui se dirigeait d'un pas tranquille vers ma chambre, inconscient de l'émoi qu'il suscitait. Heureusement, Maman est intervenue et a entraîné Papa dans leur chambre.
J'ai entendu Papa protester et Maman lui répondre : "Mais enfin, Arthur, nous en faisions autant à leur âge !".
Merci Maman.

oO§0§Oo


Samedi, 15 août 1998 :

J'étais couchée contre Harry hier soir, quand j'ai soudain réalisé qu'il pouvait disparaître de ma vie comme Charlie et Nico. J'ai été prise d'une angoisse immense en me disant qu'il ne me resterait rien de lui et de notre amour.
Sauf si j'avais un enfant de lui. Oui, c'était la seule solution pour assurer l'avenir.
- Je veux un enfant de toi, lui ai-je dit
- Nous en aurons, m'a-t-il promis
- Maintenant, je veux dire." Et je lui expliquais pourquoi.

Il s'est assis dans le lit et a rallumé la lampe.
- "Non, Ginny, non !"
Il avait l'air effrayé.

- "Je sais que je suis jeune mais vu les circonstances...
- Justement ! Les circonstances. J'ai déjà assez peur pour toi. Je ne peux pas, en plus, avoir peur pour notre enfant. C'est trop lourd. Et est-ce que tu réalises que si j'échoue, Voldemort le tuera. Il ne trouvera pas le repos tant qu'il n'aura pas tué mon bébé ! Je t'en supplie Ginny, ne fais pas ça. Promets-le-moi !"

Il paraissait tellement paniqué, que j'ai promis. Mais après, j'ai pleuré longtemps dans ses bras.

oO§0§Oo



Vendredi, 21 août 1998 :

Pour la première fois depuis la disparition de Charlie, j'ai parlé en tête-à-tête avec Maman. Je sais que j'aurais dû me rapprocher d'elle avant, car Papa n'est pas souvent là, mais je me sentais incapable d'affronter le chagrin de Maman en plus du mien. Et je ne voulais pas alourdir son propre fardeau non plus.

Il m'était par contre beaucoup plus facile de parler avec Harry et je ne m'en privais pas. Pour lui, Charlie n'était qu'un type sympa avec qui il avait cohabité quelques semaines. Je pouvais donc lui confier, mes souvenirs, mes regrets, ma peine, mon manque. Je savais que Ron en faisait autant avec Hermione.

Nous avons donc parlé de choses et d'autre, puis j'ai demandé à Maman comment ça allait. Elle a soupiré, m'a confié que c'était dur bien sûr, très dur, mais qu'elle attendait ce genre de chose depuis trois ans maintenant. Elle avait su dès le début ce que signifiait le retour de Voldemort ainsi que l'engagement qu'elle et Papa avaient pris auprès de Dumbledore. La destruction du Terrier n'avait été qu'un coup de semonce, elle ne s'était pas fait d'illusions.

Par Merlin, je n'y avais pas pensé jusqu'alors, mais il ne nous restait pas un seul souvenir de mon frère, pas une photo, pas une seule de ses affaires, rien...

Ça a été plus fort que moi, j'ai exposé à Maman mon désir d'enfant et mon angoisse à l'idée qu'il ne me reste rien d'Harry s'il mourait. Je pensais qu'elle allait me dire que j'étais complètement folle et beaucoup trop jeune pour devenir mère. Mais pas du tout.
- "Je comprends parfaitement ce que tu ressens ma chérie. Cette impression que c'est la seule façon de se prémunir contre le malheur qui peut frapper à tout moment. Ce sentiment que notre amour est trop fort pour que nous le gardions en nous, que nous devons le concrétiser. Que porter l'enfant de cet homme que nous aimons tant en est le meilleur moyen. Je l'ai ressenti tant de fois."

Je réalisais alors que la guerre faisait rage les premières années du mariage de mes parents et que j'étais née juste un mois avant qu'Harry ne mette Voldemort hors de combat.
- "J'aurais eu d'autres frères et sœurs si la guerre avait continué ?" ai-je demandé avec curiosité.
Maman a ri :
- "Non quand même, je ne crois pas. Sept enfants, cela commençait à faire assez. Et puis les jumeaux avaient trois ans et nous commencions à entrevoir leur potentiel."
Je lui ai souri en retour.
- "Cependant, a continué Maman, je ne suis pas sûre que cela soit une bonne idée. Harry a déjà tellement de responsabilités...
- Je sais, ai-je soupiré. Il m'a dit qu'il ne pourrait pas supporter de se faire du souci pour son bébé en plus de tout le reste. Et que Voldemort n'aurait de cesse de tuer notre enfant.
- Oui a tristement acquiescé Maman. Il a sans doute raison."

Et elle m'a prise dans ses bras et m'a serrée très fort. C'est formidable de pouvoir discuter à cœur ouvert avec sa mère.

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Samedi, 22 août 1998 :

Malgré la potion que m'a donnée Sylvia, je me sens assez anxieuse en ce moment. J'ai tout à coup pensé que tous mes camarades de Poudlard ayant adhéré à l'Ordre étaient aussi en danger. J'ai demandé à Hermione si elle savait quelles étaient les missions qui leur avaient été confiées.

Elle m'a rassurée. Dumbledore, à son avis, les a acceptés dans l'Ordre surtout pour les canaliser et éviter qu'ils ne fassent des imprudences. D'après ce qu'elle savait, car aucun membre de l'Ordre ne connaissait en détail ce que faisaient les autres pour des raisons de sécurité, ceux de nos amis qui avaient des parents moldus avaient été affectés auprès de sorciers qui avaient besoin d'apprendre à utiliser les moyens de communications non-sorciers. Ils transportaient aussi des paquets et du courrier en utilisant les transports en communs. Les autres faisaient des travaux magiques subalternes mais indispensables, libérant ainsi des sorciers plus expérimentés pour les missions sur le terrain. Drago quant à lui, avait été affecté dans la cellule "stratégie".

En fait, elle-même, Ron et moi étions des exceptions. Elle et Ron ayant toujours participé aux aventures d'Harry, Dumbledore ne pouvait donc les exclure de la garde rapprochée de leur ami, bien qu'il eut préféré éviter de les exposer ainsi. Quant à moi, on m'apprenait à me défendre, car tout le monde redoutait la réaction d'Harry s'il m'arrivait quoique ce soit. Pour les mêmes raisons, on ne pouvait me séparer de lui, et me mettre en sécurité dans un endroit moins exposé comme l'avait demandé mes parents.

Je n'avais pas réalisé jusqu'alors à quel point ma présence ici constituait un sacrifice supplémentaire pour Papa et Maman. Je suis heureuse d'avoir donné à Maman la satisfaction de me voir renoncer à adhérer à l'Ordre.

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Dimanche, 23 août 1998 :

L'étau se resserre. Les attentats se sont multipliés à un rythme effrayant. Contre des sorciers mais aussi contre des moldus. La situation devient intenable.

Il est évident que Voldemort veut provoquer Harry et le faire sortir de sa cachette pour le contraindre à une ultime confrontation. Nous savons que c'est inévitable, mais Dumbledore veut choisir le lieu où celle-ci va se dérouler. De nombreux agents de l'Ordre travaillent à préparer un emplacement et élaborent des stratégies pour y attirer Voldemort, le moment venu. Ainsi qu'Hermione me l'avait confié hier, l'esprit tordu de notre ami Malefoy rendait de grands services dans ce domaine.

Le Directeur m'a parlé en particulier. De nombreuses lettres sont envoyées à Harry par les Mangemorts. Ils les adressent aux Aurors et à ceux qu'ils soupçonnent être membres de l'Ordre Elles contiennent des photos qu'ils prennent pendant leurs exactions les plus horribles. Il paraît que c'est insoutenable Théoriquement, aucun membre de l'Ordre ne doit les transmettre à Harry mais on n'est pas à l'abri d'une trahison ou d'une maladresse. Or il est primordial qu'Harry n'en ait jamais vent. Nous voulons qu'Harry soit déterminé mais pas aveuglé par la rage. J'ai pour mission de l'empêcher d'ouvrir tout courrier qui aurait échappé à la vigilance des censeurs. Et si j'échoue, à utiliser tous moyens à ma disposition pour l'empêcher d'agir. C'est Dumbledore qui doit lui indiquer le moment et lieu de l'affrontement.

Ron et Hermione ont reçu les même instructions, mais Harry ne les écoutera pas. Et son entraînement lui a appris à éviter les sorts que ses amis pourraient lui jeter dans l'espoir de le retenir. Je suis donc la seule susceptible de l'arrêter s'il décidait de partir sur un coup de tête.

J'ai répondu d'un ton piteux qu'il mettait beaucoup trop d'espoirs en moi, que j'avais eu de la chance la dernière fois, mais que cela ne marchait pas à tous les coups. Mais Dumbledore m'a sourit paternellement et m'a affirmé de ne pas m'en faire. Que j'avais énormément influencé Harry tout au long de l'année, et qu'à présent nos liens étaient plus forts qu'ils ne l'avaient jamais été.

Que Merlin me donne la force !

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Mercredi, 26 août 1998 :

Hier soir, quand nous sommes montés nous coucher, Harry s'est assis sur le lit. Il m'a attirée près de lui et m'a dit qu'il voulait me parler sérieusement.

Il sait que le moment ultime approche. Il m'a demandé de rester en sécurité au Siège, le jour où il devra faire face à son destin.

- "Comprends-moi Ginny. Je ne mets pas en doute tes compétences. Je sais que tu t'es entraînée dur avec Tonks. Mais je ne pourrai pas supporter de savoir que tu es en danger. Je ne pourrai m'empêcher de te chercher des yeux pour savoir si tu vas bien. Et s'il t'arrive quelque chose, j'ai bien peur de n'être plus bon à rien. J'ai besoin de savoir que toi au moins tu es en sécurité."

J'ai réfléchi un petit moment et j'ai répondu :
- "D'accord mais à deux conditions. La première, c'est qu'avant de partir, tu viennes me dire au revoir. La seconde, c'est que tu me promettes de ne pas partir sans l'aval de Dumbledore. Si tu le faisais, je te jure que je te retrouverai et que je me mettrai en première ligne !
- Je n'ai pas l'intention de partir avant que Dumbledore vienne me dire de le faire !
- Voyons, Harry. Comme si tu n'étais jamais parti sur un coup de tête !"

Je vis à la lueur triste dans ses yeux qu'il pensait à l'équipée qui avait mené à la mort de Sirius. Mais je ne me laissais pas attendrir et j'insistais :
- "Promets-le-moi !
- Je te le promets !
- Et moi je te promets de rester là, quand tu viendras me prévenir que le moment est venu."

Tout était dit.

Nous somme restés un long moment blottis l'un contre l'autre. Puis nous nous sommes lentement déshabillés, et avons doucement fait l'amour, ne recherchant pas tant le plaisir que l'échange et la tendresse.

Comme si c'était la dernière fois.

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Vendredi, 28 août 1998 :

Quand Dumbledore est entré dans la cuisine ce matin, nous avons tous compris à son regard que c'était pour aujourd'hui.

Maman a eu un sanglot en regardant Ron et Papa qui prenaient leur petit déjeuner.

- "Quand devons-nous partir ? a tranquillement demandé Harry.
- Dans une demi-heure à peu près. Tous ceux qui doivent t'aider sont en train de se réunir."

Harry a hoché la tête, m'a prise par la main et m'a entraînée dans notre chambre.
Il m'a serrée contre lui un long moment.
- "Je vais faire de mon mieux, a-t-il promis.
- Je sais, mon amour. Et c'est pour cela que tu vas revenir.
- Je vais faire de mon mieux" a-t-il répété.

Il a doucement essuyé les larmes qui coulaient malgré moi sur mes joues.
- "Pardon, murmurais-je. Je m'étais promis de ne pas pleurer.
- Ginny, tu es belle et je t'aime ! a-t-il répondu tendrement.
- Oh ! Harry, ai-je dit en riant nerveusement. J'espère que je ne t'ai pas trop embêté avec mes exigences de fille.
- Pas plus que moi, avec mes crises de macho !
- Ca a été la plus belle année de ma vie, lui ai-je assuré.
- Pour moi aussi. Malgré tous ces événements, je n'avais jamais été aussi heureux !

Nous nous sommes souri puis embrassé avec tendresse. Puis sommes allés rejoindre les autres.

Pendant qu'Harry se laissait étreindre par Maman, j'ai dit au revoir à Papa, Ron, Hermione, Tonks et Remus. Je me suis même mise sur la pointe des pieds pour poser un baiser sur la joue parcheminée d'Albus Dumbledore.
- "Merci pour tout ce que vous avez fait, m'a-t-il murmuré.
- Merci de me l'avoir laissé faire", lui ai-je répondu sur le même ton.

Ils se sont tous rassemblés autour du portoloin qui devait les amener à destination. Quand Harry a avancé le bras, sa gourmette a brillé un instant sous l'éclat du soleil qui entrait à flot par la fenêtre.

Il a une dernière fois plongé ses yeux dans les miens. Puis ils ont disparu.

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