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News

Programme de juillet des Aspics


Bonsoir à toustes !

Un peu de lecture pour vous accompagner en cette période estivale... Vous avez jusqu'au 31 juillet pour, d'une part, voter pour le thème de la prochaine sélection ici et, d'autre part, lire les textes de la sélection "Romance" du deuxième trimestre 2024, et voter ici !

Les sélections sont l'occasion de moments d'échange, n'hésitez pas à nous dire ce que vous en avez pensé sur le forum ou directement en reviews auprès des auteurices !


De L'Equipe des Podiums le 11/07/2024 22:30


Assemblée Générale 2024


Bonjour à toustes,

L'assemblée générale annuelle de l'association Héros de Papier Froissé est présentement ouverte sur le forum et ce jusqu'à vendredi prochain, le 21 juin 2024, à 19h.

Venez lire, échanger et voter (pour les adhérents) pour l'avenir de l'association.

Bonne AG !
De Conseil d'Administration le 14/06/2024 19:04


Sélection Romance !


Bonsoir à toustes,

Comme vous l'avez peut-être déjà constaté, sur notre page d'accueil s'affichent désormais des textes nous présentant des tranches de vie tout aussi romantiques ou romancées les uns que les autres ! Et oui, c'est la sélection Romance qui occupera le début de l'été, jusqu'au 31 juillet.

Nous vous encourageons vivement à (re)découvrir, lire et commenter cette sélection ! Avec une petite surprise pour les plus assidu.e.s d'entre vous...

Bien sûr, vous pouvez voter, ça se passe ici !


De Jury des Aspics le 12/06/2024 22:31


145e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 145e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Vendredi 14 juin à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
À très bientôt !


 


De L'équipe des nuits le 12/06/2024 12:33


Maintenance des serveurs


Attention, deux interventions techniques prévues par notre hébergeur peuvent impacter votre utilisation de nos sites les 28 mai et 4 juin, de 20h à minuit ! Pas d'inquiétudes à avoir si vous remarquez des coupures ponctuelles sur ces plages horaires, promis ce ne sont pas de vilains gremlins qui grignotent nos câbles ;)

De Conseil d'Administration le 26/05/2024 18:10


144e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 144e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Samedi 18 mai à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits et à vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De L'équipe des Nuits le 12/05/2024 11:00


Ginny la furie en 6ème année par alixe

[71 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Bien évidemment, la plupart des lieux et personnages viennent de l'univers créé par J.K Rowlings.
Cette Ginny particulière, ainsi que Kat et Nico, sont issus de la foisonnante imagination d'Alysia et de son Journal de Ginny la furie.
Quand j'ai eu besoin de noms d'élève, j'ai pioché dans le Bottin établi par Alana Chantelune dans ses précieux "Conseils pour une Potterfiction".
Seuls quelques personnages très secondaires ont été créés par mes soins. Dans ces conditions, il est heureux que je ne gagne rien avec ma petite histoire.
Chapitre 9 : Mai
~*~*~*~*~*~*~*




Vendredi, 01 mai 1998 :
*****
Pendant le dîner, la conversation a roulé sur les mesures prises par le gouvernement pour mettre fin aux agissements de Voldemort et protéger la population. La plupart d'entre nous ne les trouvaient pas très efficaces. Une troisième année regretta que les prochaines élections n'aient lieu que dans deux ans.
"C'est plutôt un bien" fit tranquillement remarquer Hermione.
- Tu défends Fudge, maintenant !" lui demandais-je ahurie. En règle générale, elle avait des épithètes particulièrement acides pour qualifier l'attitude de notre Premier ministre.
"C'est un incompétent, expliqua-t-elle. Mais au moins, on sait qu'il est contre Voldemort. Que se passerait-il si un sorcier charismatique et puissant, promettant des actions efficaces pour rétablir l'ordre, était élu. Et que finalement, après avoir pris le contrôle du gouvernement, il se révélait être l'un des séides de Voldemort ?"

Par Merlin ! Je n'avais jamais pensé à ça. Finalement, la réélection de Fudge l'été qui avait suivi la réapparition de Voldemort, était un moindre mal. Certes, cela avait poussé le Premier ministre sortant à nier les mises en garde d'Harry, mais au moins le Lord noir n'était pas revenu depuis assez longtemps pour profiter de l'occasion.

Cela voulait dire qu'Harry devait mettre fin aux agissements de ce monstre au plus tard dans les deux ans. Mais... et si Fudge était assassiné ou poussé à la démission ?

J'en parlais plus tard à Hermione qui me rassura. Cette possibilité n'avait pas échappé à Dumbledore.
"Pourquoi crois-tu qu'après avoir retrouvé toutes ses fonctions et la confiance de la communauté sorcière, il n'a pas dénoncé avec plus de vigueur l'incompétence de notre Ministre ? Non, il préfère le maintenir en place et collaborer avec lui. Je suis certaine que plusieurs membres de l'Ordre ont comme mission spéciale de prévenir un attentat. Je suppose aussi que s'il a maintenu l'Ordre, alors qu'à première vue une organisation secrète n'a plus lieu d'être, c'est pour avoir des gens fiables et inconnus de l'administration sous la main, en cas de coup d'état."

Après l'avoir quittée, je songeais qu'il y avait une autre raison à l'existence de l'Ordre. Préparer la rencontre entre le Seigneur des Ténèbres et Celui qui a le pouvoir de le vaincre.


Samedi, 02 mai 1998 :
*****
Cette fois-ci, Hermione m'a fait travailler les sorts de Discrétion. Elle m'a fait une démonstration impressionnante. Pendant une ou deux minutes, j'ai eu l'impression d'être seule dans la pièce alors qu'elle se trouvait juste à côté de moi !


Dimanche, 03 mai 1998 :
*****
Alors que nous reposion dans les bras l'un de l'autre dans la Salle sur Demande, j'ai parlé à Harry de la performance d'Hermione hier.
"Elle est vraiment impressionnante, j'ai conclu. Elle a réussi à développer sa puissance magique de façon incroyable !
- Oui, a répondu Harry, d'un ton blasé. En outre, elle est toujours de bon conseil et c'est une véritable encyclopédie vivante. Le charme en plus. Je ne sais pas ce que je ferais sans elle !"
- Et avec toutes ces qualités tu n'as jamais pensé à sortir avec elle ? " ai-je demandé d'un ton que je voulais dégagé.
Ma question a franchement eu l'air de l'amuser.
"Tu crois que j'aurai dû ? Cela ne t'aurait pas embêtée ?"
- C'est Ron qui ne l'aurait pas supporté", j'ai rétorqué dignement.
Là, il n'a pas caché son hilarité.

"Tu es jalouse ! il a affirmé.
- Mais pas du tout, me suis-je défendue. De toute manière tu n'es pas sorti avec elle. Non ?"
Il a fait semblant d'hésiter.
"Laisse moi réfléchir..."
Mais je ne l'ai pas laissé finir, je lui ai collé mon oreiller sur la figure. Il a continué à rigoler, ce qui ne l'a pas empêché de se dégager rapidement et de m'immobiliser en roulant sur moi.
"Cela t'ennuie vraiment que je pense autant de bien d'Hermione ? a-t-il demandé, reprenant son sérieux.
- Bof, j'ai soupiré. Hermione encore, ça va. Mais c'est vrai que je n'aimerais pas que tu me dises ça d'une autre fille.
- Ca risque pas, il a répliqué en se remettant à sourire. Je ne connais aucune autre fille ayant obtenu dix "O" aux BUSE.

- Tu sais bien que ce n'est pas de cela dont je parle !
- Tu crois vraiment que je pourrais tomber amoureux d'une autre fille que toi ?
- C'est pas les occasions qui te manquent. Tu as reçu combien de lettres pour la Saint Valentin, déjà ?
- Toi aussi tu en as reçu plein ! a-t-il riposté d'un ton indigné.
- C'est pas pareil ! Toi tu es le garçon le plus populaire de Poudlard. Tu pourrais avoir qui tu veux !
- C'est ça qui t'inquiète ? a-t-il demandé d'un ton surpris.
- Oui, enfin des fois !" ai-je avoué, me sentant complètement ridicule.
Là il a eu l'air décontenancé.
"Pourquoi sortirais-je avec une autre fille que toi ?
- Je ne sais pas moi ! Pour passer du bon temps !
- Du bon temps, j'en passe déjà avec toi. Du très bon temps, d'ailleurs", il m'a affirmé gentiment en me caressant doucement la joue.

Je tournais un peu la tête pour embrasser sa main, avant de lui demander :
"Au fait, Ron ne t'a pas fait de réflexions ? Il doit avoir compris pour nous maintenant.
- Bien sûr qu'il a compris. Mais non, il ne m'a rien dit. J'avoue que cela m'a surpris. Peut-être qu'Hermione lui a demandé de ne pas intervenir. Ou qu'il me fait confiance, tout simplement, il a conclu en haussant les épaules
- Et toi cela ne t'ennuie pas qu'ils soient ensemble. Je veux dire, tu ne te sens pas mis à l'écart ? C'est un peu ce que tu ressentais l'été dernier, non ?
- Oui, mais à partir du moment où ils ont commencé à constituer un vrai couple, ils sont redevenus comme avant. C'est la période intermédiaire qui était pénible. Je suis content que Ron ne soit enfin décidé !"

Je m'abstins de lui apprendre que c'était Hermione qui avait fait le premier pas, et qu'en plus c'était sur mes conseils qu'elle avait agi. D'abord parce que je ne voulais pas abaisser Ron aux yeux de son ami, et puis... même si ce n'était pas complètement voulu, j'avais un peu trop suivi mes propres conseils dans mes efforts pour séduire Harry. Moins il en saura, mieux cela vaudra.

Quoique cela ne changerait sans doute pas grand chose. Deux heures plus tard, alors que je me dirigeais vers la porte, il m'a retenue par le bras et a précisé :
"C'est pas seulement une question de bon temps, tu sais. C'est aussi que tu sais toujours quand je vais mal, et ce que j'ai besoin d'entendre à ces moments là. Hermione elle est super, mais elle est tellement raisonnable. Toi tu parles à mon cœur..."
Je n'ai rien pu répondre, mais le regard que nous avons échangé à ce moment-là fut plus intime que les étreintes qui l'avaient précédé.


Mardi, 05 mai 1998 :
*****
Il s'est passé quelque chose d'horrible aujourd'hui !

Tout à coup, au cours du dîner, Harry s'est mis à hurler en se tenant le front. Son corps s'est arqué, il est tombé en arrière avec sa chaise. Il a rapidement été emmené à l'infirmerie suivi de Ron et Hermione.
Ce fut un vrai supplice pour moi de ne pouvoir les suivre, mais je savais qu'il serait mécontent et inquiet pour moi si je révélais à tous combien nous étions proches. Kat m'aida beaucoup en me tenant la main sous la table.

De retour à notre salle commune, je ne réussis pas à faire mes devoirs, incapable de me concentrer, sursautant à chaque fois que la porte s'effaçait pour laisser entrer l'un de nous. Finalement, au terme d'une attente qui me parut interminable, Ron et Hermione revinrent enfin.
Ils refusèrent de répondre aux nombreuses questions, prétendant qu'on ne savait pas encore ce qui avait causé cette crise.

Finalement, ce n'est que lorsque je me décidais à regagner mon dortoir, qu'Hermione réussit à me glisser discrètement que des mangemorts s'en étaient pris aux Dursley. Ils n'avaient eu aucune chance, il ne restait rien de leur maison. Des mesures avaient été prises pour protéger Dudley qui était à son école au moment des faits.
"Comment Harry prend ça ?
- Très mal, d'autant que j'ai l'impression qu'il a tout vu par l'intermédiaire des yeux de sa tante, à cause de leur sang commun.
- Il faut que j'y aille !
- Oui. Mais attends que les autres dorment".

J'attends.


Mercredi, 06 mai 1998 :
*****
Vers une heure du matin, toutes mes compagnes de chambres dormaient et la salle commune était vide. Je parvint sans encombre à l'infirmerie. Madame Pomfresh n'était pas en vue quand je poussais précautionneusement la porte.
Au fond de la pièce, un lit était isolé par un paravent. Je m'en approchais doucement et y découvrit Harry. Il dormait d'un sommeil agité, le visage contracté. Il était glacé. Retirant ma robe de chambre je me glissais à ses côtés, le pris dans mes bras, chuchotant doucement pour l'apaiser.

Il finit par se calmer un peu et ouvrit les yeux. Le désespoir que j'y lus me chavira. Ses larmes se mirent à couler et, hoquetant comme un gamin, il me confia qu'il avait honte car ils étaient morts à cause de lui, et qu'il n'arrivait pas à en éprouver du chagrin.
"Je n'arrive pas à m'empêcher de penser que c'est bien fait pour eux. Déjà avant, je pensais que j'aurais préféré que ce soient eux qui meurent à la place de Sirius. Je suis sûr que Voldemort a lu dans mon cœur et qu'il m'a exaucé.
- Harry, il y a une différence entre ne pas aimer les gens, penser même qu'ils méritent de mourir et les tuer pour de vrai. Cette différence, c'est celle qu'il y a entre Voldemort et toi. Si tu n'aimais pas ton oncle et ta tante, c'est de leur faute. Tu les aurais aimés s'ils t'avaient donné ne serait ce qu'un peu d'affection. Ce que fait Voldemort est atroce. C'est contre cela qu'on se bat. C'est pour y mettre fin que tu acceptes de porter un si lourd fardeau."

Je ne sais pas s'il entendait mes paroles, muré qu'il était dans sa culpabilité. Finalement, il s'accrocha à moi avec désespoir et, pleurant toujours, me fit l'amour comme on se jette à l'eau. Il finit par s'endormir, un peu apaisé, au creux de mes bras. Très vite, j'en fis autant.

Ce fut Madame Pomfresh qui me réveilla le lendemain matin, à six heures. Elle ne me fit aucune réflexion pendant que je me levais et remettais ma robe de chambre, se contentant d'ausculter Harry qui dormait toujours.
"Il va un peu mieux" dit-elle simplement, alors que je me dirigeais vers la sortie.


Vendredi, 08 mai 1998 :
*****
Harry n'est toujours pas revenu. Je suis retournée à l'infirmerie mais il dormait profondément. Hermione a fini par m'expliquer qu'on le maintenait artificiellement endormi le temps que son corps récupère du choc psychologique. En effet, il est incapable de pratiquer correctement l'occlumencie dans son état et l'on a peur que Voldemort en profite pour contaminer son esprit.

JE HAIS CE MONSTRE !!!!

J'espère qu'Harry lui fera payer tout ce qu'il a fait !


Samedi, 09 mai 1998 :
*****
Harry est finalement revenu ce matin. Il a une tête effroyable. En Duel, il était déchaîné et ses adversaires en ont bavé.

Les rumeurs vont bon train. Dans l'ensemble, les élèves ont deviné qu'on s'en était pris à quelqu'un proche de lui. Je l'ai à peine croisé. Il n'a pas ouvert la bouche pendant le repas et ensuite il est resté une grande partie de l'après-midi au Conseil du NAV.

J'ai essayé de travailler toute seule mes sorts de Repérage, mais je n'avance pas beaucoup.


Dimanche, 10 mai 1998 :
*****
Il a beaucoup parlé cet après-midi. M'a confessé tous ses soi-disant péchés. Je l'ai laissé s'épancher puis j'ai essayé de lui expliquer que nous cachions tous au fond de nous des actes dont nous avions honte et des pensées mesquines. Mais il a décidé de se flageller aujourd'hui et je ne suis pas sûre qu'il m'a vraiment écoutée.

Je l'ai longuement bercé en lui disant que je l'aimais malgré tous ses défauts, et qu'il en était de même pour tous ses vrais amis. Il avait l'air un peu mieux quand nous avons dû nous séparer.


Mercredi, 13 mai 1998 :
*****
Ce matin, en sortant de mon dortoir, j'ai croisé McGonagall qui était venue chercher Hermione. Cette dernière la suivait inquiète, terminant de s'habiller, pas coiffée.
Ce n'est qu'une demi-heure plus tard que nous l'avons vue revenir. Elle était un peu pâle, mais elle s'est installée parmi nous et a commencé à prendre son petit déjeuner en lisant la Gazette. Elle ne semblait pas vouloir se confier, donc personne ne lui a posé de question.

A midi, j'ai pris Ron à part pour lui demander ce qui se passait. Il m'a expliqué que les parents d'Hermione avaient été désignés comme cible par Voldemort. Qu'heureusement, un des informateurs de l'Ordre en avait eu vent et qu'une équipe avait été envoyée. La maison était vide quand les mangemorts sont arrivés. Ils l'avaient détruite mais aucune victime n'était à déplorer.
Je me sentis glacée. Nos parents, ceux d'Hermione, l'assassinat des Dursley. Tout était fait pour déstabiliser le Survivant.

Je commence à comprendre pourquoi Harry tient autant à ce que notre liaison reste secrète.


Samedi, 16 mai 1998 :
*****
Un petit mieux dans mes sorts de Repérage.


Dimanche, 17 mai 1998 :
*****
Harry réagit plutôt bien à la tentative d'attaque contre les parents d'Hermione. Il est furieux. Je préfère ça.

Il n'était pas de très bonne humeur au début, mais au bout d'un moment, j'ai fini par le faire rire, et nous avons finalement passé un bon moment.


Mercredi, 20 mai 1998 :
*****
Merci Merlin, je n'ai rien eu. Mais c'était horrible quand même.

Hier, juste avant le dîner, j'ai trouvé un mot dans mes affaires. "Je dois te parler. 3ème étage, couloir Nord. Nico". J'ai dit à Kat de ne pas m'attendre, mais elle a insisté pour savoir ce que j'avais l'intention de faire. J'ai fini par lui montrer le mot et elle a voulu m'accompagner :
"J'ai pas parlé à Nico depuis des mois", fit-elle valoir.
Je songeais que le lieu de rendez-vous était assez écarté et finalement, je serais rassurée par la présence de Kat. Nous partîmes donc toutes les deux.

Nous nous engagions dans le couloir en question quand un éclair jaillit et Kat s'effondra à mes côtés. Affolée, je me penchais sur elle, mais une main me saisit brutalement et je me trouvais brusquement précipitée contre le sol.
Trois silhouettes masquées m'entouraient. Un cri d'horreur s'étrangla dans ma gorge. Je tentais de me relever et de saisir ma baguette, mais je reçus un coup de pied dans le ventre qui me coupa le souffle.
Je sentis que l'on s'emparait de ma baguette et une main me saisit par les cheveux.
"Je ne vois vraiment pas ce qu'il lui trouve, prononça une voix ironique. Elle a une face de méduse avec ses cheveux rouges.
- Il est bien connu pour faire les mauvais choix, a renchéri un autre des mes agresseurs en ricanant.
- Elle aussi elle a fait le mauvais choix ! répliqua le premier. Mais on va lui expliquer son erreur."

Il renvoya ma tête avec force sur le sol et m'empoigna par le col de ma robe. Et d'une voix sarcastique, il me demanda des détails intimes sur Harry et moi, avec des mots tellement sales et orduriers que je ne peux les retranscrire ici.
"Tu ne veux pas répondre ? insista-t-il. Tu te crois trop bien pour ça, petite traînée !"

Il me gifla et, avec un rire gras, continua à m'accabler d'injures obscènes. J'étais terrifiée à l'idée de ce qu'ils pouvaient me faire.

Avec l'énergie du désespoir je me débattis de toutes mes forces. Mais ils étaient deux à me maintenir, le troisième se tenant un peu en retrait, se contentant de regarder. Je tentais de mordre l'un des mes tortionnaires mais une nouvelle paire de gifles m'assomma à moitié. Un atroce accablement me gagna alors que leurs rires moqueurs et les insultes avilissantes résonnaient à mes oreilles.

Soudain, un éclair rouge apparut à la périphérie de mon champ de vision. Très vite les mains cruelles me lâchèrent et je me recroquevillais trop confuse pour m'éloigner. D'autres mains, douces celles-là, me caressèrent les cheveux tandis que la voix affolée d'Hermione me demandait si j'allais bien. Je ne pus répondre, étouffée par les sanglots, tandis que les éclairs et les bruits de lutte continuaient tout autour de moi.

Finalement, je me sentis soulevée, déposée sur un brancard qui m'emmena rapidement à l'infirmerie où Madame Pomfresh m'administra une potion qui m'endormit instantanément.

Je me réveillais au milieu de la nuit. Une fois que j'eus identifié mon environnement, le souvenir de ce qui s'était passé me revint et je me mis à trembler et à gémir. Madame Pomfresh fut tout de suite auprès de moi, me redonna de sa potion douceâtre, et je sombrais de nouveau.

------------

Le lendemain matin, l'infirmière m'aida à faire un peu de toilette puis m'obligea à me recoucher pour prendre mon petit déjeuner. Alors que j'attaquais mes oeufs, Hermione arriva.
"Comment te sens-tu ce matin ?
- Ca va. Où sont Ron et Harry ?
- Harry dort encore et Ron est resté près de lui."
Je fis une petite grimace. Je me fais attaquer et Monsieur dort !

"Nous l'avons obligé à prendre un somnifère hier soir, expliqua Hermione qui avait vu mon expression. Il était complètement déchaîné. Tu te rends compte que nous avons dû lui administrer un sortilège d'Entrave pour qu'il ne tue pas Nott à coup de poing..."
Elle s'interrompit, comme si elle se reprochait d'en avoir trop dit.

"Nott, j'ai répété en rassemblant tout mon courage. Qui d'autre ?"
Elle fit la grimace
"Johan Tarsiq".
Un Serpentard de 6ème année. Un camarade de dortoir de Nico. Formidable !
"Et le troisième ?"
Hermione semblait écoeurée.
" Goeffrey Hooper"

QUOI !!!
MON Goeffrey Hooper !
Celui qui était dans ma classe ?
Un regard sur Hermione me confirma que j'avais bien entendu.
Mais c'est pas possible !
Cela fait six ans qu'on mange à la même table, qu'on a les mêmes cours, on a même fait équipe pour nos devoirs plusieurs fois. Il avait voulu m'inviter pour le Bal de Noël, il m'avait envoyé un mot pour la Saint-Valentin...

Je sentis la nausée m'envahir, mes oreilles se sont mises à bourdonner.
"C'est pas possible, j'ai balbutié.
- Je suis désolée, Gin. Il était là avec sa cagoule.... Il a avoué que c'était lui qui avait révélé à Nott ta relation avec Harry. Il était complètement effondré. Apparemment, il ne pensait pas que cela se passerait comme cela. Mais qu'est ce qu'il croyait cet imbécile !!! Oh mon dieu, tu te sens bien ? MADAME POMFRESH !!"

Madame Pomfresh arriva et voulut me faire boire à nouveau de son médicament. Mais je refusais. Je voulais rester consciente.
"Ca va ! C'est passé ! Laissez-moi !"
Madame Pomfresh chuchota quelque chose à l'oreille d'Hermione et nous laissa seules

Hermione me prit dans ses bras et je pleurais un moment, dépassée par les événements.
"J'ai eu si peur !
- Je sais ma chérie !
- J'ai cru qu'ils allaient, qu'ils allaient...
- Ils voulaient juste te faire peur ! Tu n'as rien ! C'est fini !"
Elle me berça doucement. Je finis par me sentir un peu mieux.

"Comment avez-vous fait pour savoir où j'étais ?
- Ton ami Nico est venu nous prévenir. Le problème, c'est qu'il ne savait pas où c'était censé se passer. Heureusement, malgré sa panique Harry a songé à faire venir à lui la Carte des maraudeurs en utilisant un sortilège d'attraction. Comme tout le monde était dans la Grande Salle, il n'a pas été difficile de vous localiser.
- Cela fait déjà deux fois que Nico nous sauve la mise, ai-je constaté tout haut.
- En l'occurrence, c'est Malefoy qui lui avait dit.
- Malefoy !?
- Et oui !"

Je réfléchis un moment.
"Comment on fait pour reconnaître nos amis de nos ennemis, maintenant ?
- Du mieux qu'on peut" a répondu sombrement Hermione.

A ce moment, j'entendis la voix d'Harry de l'autre côté de la porte.
"Je veux la voir ! Laissez-moi entrer !
- MONSIEUR POTTER ! CALMEZ VOUS ! Vous ne verrez personne tant que vous serez dans cet état !"
La voix apaisante de Ron s'éleva un moment
"JE SAIS ! JE SAIS !" répondit celle d'Harry.

Au bout d'un petit moment, la porte s'ouvrit et j'entendis Madame Pomfresh dire sèchement :
"Je vous préviens, si je vous entends crier, vous sortez immédiatement !"
Harry entra dans la pièce comme une fusée, pendant qu'Hermione se levait et sortait en refermant la porte derrière elle.

Il me prit dans ses bras et me serra très fort contre lui. A la tension de ses muscles, je sentis à quel point il était inquiet et bouleversé. Quand il finit par me lâcher, je l'observais et fus effrayée par son expression. De larges cernes soulignaient ses yeux profondément enfoncés dans ses orbites, et sa mâchoire était contractée.
"C'est fini, lui dis-je. Je vais bien, vous êtes arrivés à temps !"
Il secoua la tête, comme incapable d'exprimer ce qu'il ressentait.
"Je ne me serais jamais pardonné s'ils t'avaient fait du mal !
- Tout va bien", répétais-je.
Il me reprit contre lui plus doucement et nous nous berçâmes tendrement, nous réconfortant mutuellement.

Nous fûmes finalement interrompus par un petit coup frappé à la porte et la tête d'Hermione apparut :
"Excusez-moi, mais les cours vont commencer et Ron aimerait bien voir sa soeur !
- Oh oui ! Ron, entre!" criais-je pendant que Harry se reculait un peu.

Ron aussi paraissait marqué par l'incident. Son teint était très pâle sous ses tâches de rousseur. Il s'assit de l'autre côté du lit par rapport à Harry et me prit dans ses bras. Il ne dit rien, se contentant de m'embrasser doucement sur la joue et de me serrer un moment contre lui.

Hermione finit par dire qu'il était temps d'y aller. Elle me recommanda de bien écouter Madame Pomfresh et SURTOUT ne pas sortir toute seule. Je lui assurais que je n'en avais pas du tout l'intention.
Je finissais mes oeufs froids quand Kat arriva.
"Oh, Kat ! Comment vas-tu ? lui demandais-je, me rappelant brusquement qu'elle était avec moi la veille.
- Très bien, j'ai juste reçu un Stupefix, répondit-elle avec un grand sourire. C'est à moi de te poser la question !
- Plus de peur que de mal," répondis-je d'un ton que je voulais léger.
Sa grimace m'apprit qu'elle n'était pas dupe.
"C'est une sale histoire ! a-t-elle soupiré.

- Tu n'as pas cours ? ai-je demandé pour changer de sujet.
- Dispensée ce matin !
- Super, tu peux rester un moment ?
- Mais j'ai bien l'intention de rester toute la matinée !"

Elle s'installa confortablement au pied de mon lit et nous bavardâmes. Elle m'expliqua que mon histoire avait évidemment déjà fait le tour de l'école et que, vu le comportement d'Harry hier, tout le monde se doutait qu'il y avait quelque chose entre nous. Je tiquais à cette information. Il n'allait pas apprécier.
"Au moins tu pourras lui parler pendant la semaine" fit-elle valoir, pour me réconforter.

Tout le monde savait aussi que c'était Nico qui avait donné l'alerte. Il avait traversé comme une flèche la Grande Salle pour prévenir Harry. Mes sauveurs étaient donc Nico, Harry, Ron, Hermione et Rogue qui les avaient suivis, se doutant que quelque chose de louche se tramait en les voyant partir précipitamment, la baguette à la main.
- Une équipe Gryffondors - Serpentards pour me sauver d'agresseurs Gryffondors - Serpentards. Comme c'est beau ! ironisais-je.

Kat se rembrunit :
"On est tous très mal à l'aise à l'idée qu'un Gryffondor ait pu faire ça. Notre classe est bouleversée.
- Dire que je le trouvais sympa, dis-je amèrement. Collant mais sympa.
- Tu aurais dû entendre Colin quand il l'a su. Il était malade à l'idée d'avoir partagé tant d'années la chambre de ce sale type. Je ne savais pas qu'il avait autant de vocabulaire ce cher Colin !"
Malgré la boutade, le ton de Kat n'était pas aussi enjoué que d'habitude. Je compris qu'il nous faudrait du temps pour assimiler une telle trahison au sein de notre propre maison.

"Et Nico ? demandais-je. Il n'a pas eu de problèmes avec ceux de sa maison ?
- Je ne sais pas. Il n'était pas au petit déjeuner ! Et je plains ceux qui étaient de garde ce matin à la table des Serpentards. Ils s'étaient tous massés au même bout et n'ont pas essayé d'engager de conversation cette fois ci.
- Il ne faut pas revenir en arrière avec les Serpentards ! m'écriais-je.
- C'est loin d'être la préoccupation principale tu sais. Notre principal problème maintenant, c'est de repérer les traîtres à l'intérieur de nos propres maisons !"

On y revenait toujours. Oui, il nous faudra du temps pour nous remettre de l'histoire. Plus rien ne sera pareil maintenant.

-------------

Avec Kat, la matinée passa vite, et je finissais le plateau que madame Pomfresh m'avait apporté à midi quand je vis revenir mon frère, Harry et Hermione. Ils avaient mangé rapidement et suggérèrent à Kat d'aller déjeuner avant que les plats ne soient débarrassés. Prenant de bonne grâce ce congé à peine dissimulé, Kat m'embrassa et s'en fut.

Notre conseil de guerre commença rapidement. Hermione attaqua :
"Pour commencer, tu ne seras pas surprise d'apprendre que toutes les mesures seront prises pour que tu ne sois plus jamais seule dans les couloirs. Et tu devras limiter au maximum tes incursions en dehors des salle commune, Grande Salle, Bibliothèque et salles de classe.
- Bien sûr, répondis-je
- Cela veut dire, plus de rencontres seul à seul", insista-t-elle.
Harry intervint :
"Enfin, on peut...
- Harry ! C'est de la sécurité de Ginny dont on parle, là. C'est hors de question, un point c'est tout !"

Même si je savais que ces instants privilégiés me manqueraient, j'étais entièrement d'accord avec notre amie. La Salle sur Demande était assez excentrée par rapport aux couloirs les plus fréquentés et, même accompagnée, je n'avais pas envie de prendre le risque d'y aller.
Hermione enfonça le clou :
"De toute manière, tout le monde sait que vous êtes ensemble maintenant. Vous pouvez désormais parler librement à longueur de semaine, vous tenir par la main et même vous bécoter si le coeur vous en dit. Mais plus de tête-à-tête !"
Je me sentis soudain gênée à l'idée que Ron assiste à cette discussion. Je lui coulais un regard et vit qu'il n'était pas très à son aise lui non plus. Il semblait hypnotisé par les motifs de ma couverture.
Harry rendit les armes.
"Tu as raison. Désolée, Gin, j'agis vraiment comme un égoïste des fois...
- C'est pas grave, répondis-je. Je t'aime comme cela."
Il grimaça au reproche qui pointait sous le miel.

Hermione aborda le point suivant.
"Tu dois être consciente que maintenant on a un gros problème sur les bras.
- Oui soupirais-je. On a des copains à Serpentards et des traîtres dans nos maisons.
- Mmh, bien résumé."
Je sentis soudain le découragement et la culpabilité m'envahir.
"Oh ! Tout est de ma faute, je suis désolée. J'aurais dû me méfier. J'aurais au moins dû lancer un sort de repérage. Je me suis jetée comme une idiote dans le piège et maintenant, à cause de moi, le NAV doit tout recommencer de zéro..."
Les larmes m'empêchèrent de continuer

Harry me serrait contre lui, me disant que ce n'était pas de ma faute, de ne pas pleurer, que tout irait bien. Mais lui-même avait la voix enrouée et les yeux pleins de larmes.
Finalement, Hermione le repoussa et me secoua violemment.
"Ca suffit comme ça ! Arrête de dire des bêtises Ginny. Ce n'est PAS ta faute. Ce sont EUX les agresseurs. Tu n'es PAS coupable !
- Hermione, protesta Harry, choqué par sa brutalité.
- Tu ne vois pas qu'elle est à deux doigts de la crise de nerfs !"

Voyant que je me calmais, Hermione m'embrassa, me remit dans les bras d'Harry et poursuivit :
"Ginny, tu sais, si finalement on a pu te retrouver rapidement c'est grâce à TOI. Parce que TU as eu l'ouverture d'esprit de te faire un ami à Serpentard. Parce que TU nous as poussés à agir de façon à ce que Malefoy se sente suffisamment accepté par nous pour intervenir, même indirectement. Tu t'es sauvée toute seule en fait.
En plus, il y a aussi du bon dans cette situation. Nous avons maintenant la preuve que certains Serpentards sont prêts à passer activement de notre côté. Par ailleurs, nous aurions dû nous douter que tous les élèves des trois autres maisons n'étaient pas forcément fiables. Après tout, les mangemorts actifs actuellement ne sont pas tous issus de Serpentard. Nous aurions dû commencer à prendre en compte cet élément depuis longtemps. Mais ce n'est pas trop tard, nous allons nous y atteler dès maintenant.
- Mais que pouvons nous faire ?
- Je ne sais pas encore. Mais pour que les erreurs de la première guerre ne se répètent pas, nous devons apprendre à fonctionner ensemble, même en étant conscients que nos meilleurs amis peuvent s'avérer appartenir au camp adverse.
- Pas les vrais amis, a protesté Ron. Je préférerais mourir plutôt que de trahir.
- Comme Sirius et mes parents, dit tristement Harry...
- Ou les Londubat" ajoutais-je

Hermione se tourna vers Harry.
"Je suis désolée, mais je crains que tu doives refaire un discours public"
Il soupira mais ne dit rien.

Ron intervint :
"Il y a un autre élément positif... même si j'aurais préféré que cela ce passe autrement, il précisa en me lançant un regard d'excuse. Mais entre l'attaque contre Harry et celle contre Ginny, on s'est débarrassé de six indésirables. C'est toujours ça de gagné !
- Mais oui, Ron, tu as raison, approuva Hermione. L'atmosphère sera peut-être meilleure à Serpentard ! En septième année, il n'y a plus que Milicent Bultrode et Pansy Parkinson qui soient contre nous. Je suis sure que Malefoy restera neutre. Et en cinquième année...
- Nico est de notre côté" l'interrompis-je joyeusement.

Mes trois amis ont échangé un regard.
"Qu'est ce qu'il y a ?
- Ton ami Nico part ce soir.
- Comment ça, il part ?
- Il rentre dans sa famille. Il ne veut plus retourner à Serpentard et il a refusé d'être hébergé dans une autre maison. On lui avait proposé, mais il préfère partir..."
Ma gorge se serra
"C'est de ma faute...
- NON, Ginny, non ! martela Hermione. Il a choisi. Nous aussi nous aurons des choix et des sacrifices à faire. Et cela ne regardera que nous !"
Mais mon coeur restait lourd.

L'après midi était maintenant bien avancé. Je me rendis soudain compte qu'ils auraient dû être en cours. Quand je le leur fis remarquer, ils me dirent qu'ils en avaient été dispensés pour l'après midi. Je réalisais alors que l'on s'était arrangé pour que je ne reste pas seule de la journée. J'appréciais cette délicatesse.

------------

Finalement, Hermione déclara qu'elle allait en profiter pour s'avancer un peu à la bibliothèque, et partit traînant Ron derrière elle.
Harry s'étendit sur le lit près de moi. Il me dit qu'il m'aimait comme un fou et que, quoiqu'il arrive, je serai toujours la plus belle pour lui. Il me dit que nos moments du dimanche allaient beaucoup lui manquer mais qu'il était heureux de ne plus avoir à dissimuler ses sentiments pour moi. Qu'il avait eu ces derniers temps beaucoup de mal à le faire. Qu'attendre toute une semaine pour pouvoir me prendre dans ses bras était devenu un supplice. Il voulait pouvoir me parler, me sourire, me toucher tous les jours. Que quand j'avais l'air triste ou fatiguée, cela lui fendait le coeur de ne pas pouvoir me consoler. Il voulait montrer à tous à quel point il me trouvait merveilleuse.
Je me sentais tout à fait remise quand Ron et Hermione revinrent nous chercher et me ramener dans notre tour.

Au moment où nous partions, madame Pomfresh nous informa que le professeur Dumbledore avait demandé que nous passions le voir en chemin. Une surprise nous attendait. Nico se trouvait dans le bureau du directeur.
Je sautais dans ses bras en le voyant. Je le serrais contre moi en répétant "Merci, merci..." Il me rendit mon étreinte.
"Oh, Nico, reste avec nous. Tu seras le bienvenu chez les Gryffondors !
- Non, Virgin, répondit-il doucement, me redonnant mon surnom, même s'il se doutait qu'il n'était plus d'actualité. Je suis un Serpentard. Le choixpeau ne s'est pas trompé. Si je ne peux plus revenir dans ma maison, je préfère partir."
Je me mis à pleurer. Il me berça doucement.
"On se reverra, ma belle. Je te le promets."
Il détacha mes bras de son cou, me remit dans ceux d'Harry. Je vis les deux garçons échanger un message silencieux du regard, puis il se dirigea vers la porte, accompagné par Rogue, dont la présence m'avait échappé jusque là.

McGonagall était présente aussi. Elle insista sur les consignes de sécurité dont je serai l'objet désormais, et je lui assurais que je n'avais aucunement l'intention de prendre des risques. Elle hocha la tête et, accompagnés du sourire bienveillant de notre directeur, nous prîmes congés et nous dirigeâmes vers la tour de Gryffondor.

"Je ne comprends pas pourquoi il tient tellement à faire partie des Serpentards ! a remarqué Ron
- Mais t'es bête ou quoi ! j'ai répondu avec colère. La caractéristique des Serpentard est l'ambition et la ruse, pas la traîtrise et la méchanceté. C'est Voldemort qui les a pourris !
- Le choipeaux m'avait proposé Serpentard, rappela Harry
- Et moi Serdaigle, a renchéri Hermione. Je suppose que la plupart d'entre nous sont susceptibles d'aller dans plusieurs maisons. Tu aurais fait un très bon Poufsouffle tu sais, conclut-elle à l'adresse de Ron.
- C'est comme parler Fourchelangue, continua Harry, réfléchissant manifestement tout haut. Son utilisation a été revendiquée par les Mages noirs, du coup les autres sorciers le parlant l'ont dissimulé. Et maintenant, on croit que tous les Fourchelangues sont du côté de Voldemort.
- C'est pareil pour la Magie Noire. Rien ne s'oppose à ce qu'elle soit utilisée à des fins bénéfiques. Malheureusement, elle a tendance à posséder son utilisateur et il faut énormément de volonté pour y résister. C'est pour ça que Rowena Serdaigle, Helga Poufsouffle et Godric Gryffondor ont préféré l'écarter de leur enseignement. Mais tous les adeptes de magie noire ne sont pas des mages noirs", ajouta Hermione.
Ron se mit à se racler la gorge et je crus entendre "Vicky" parmi ses éructations. Heureusement, nous arrivions devant le portrait de la Grosse Dame.

Tous mes camarades voulurent me serrer la main ou me dire un mot, mais Hermione s'interposa et accompagnée de Kat, m'entraîna rapidement vers mon dortoir.

Ca m'a fait du bien de tout mettre par écrit. Je vais essayer de dormir.


Jeudi, 21 mai 1998 :
*****
Ai passé une très mauvaise nuit.

Je me suis mise à hurler vers 3h du matin. Je faisais un cauchemar horrible et Kat a dû me secouer pour me réveiller. Elle est ensuite restée près de moi et a fini par se coucher à mes côtés pour que je puisse sombrer à nouveau dans le sommeil. Je me suis ensuite réveillée à 5h et je ne pus me rendormir.
Je finis par me lever pour ne pas réveiller Kat. Je pensais un instant à descendre dans la salle commune, mais l'idée de m'y retrouver seule m'effraya. Je me rappelais de ce que m'avait dit Nico sur le fait de ne pas se sentir en sécurité dans sa propre maison. Je comprenais qu'il eut préféré partir. Je suis allée prendre une douche puis j'attendis patiemment que mes camarades se réveillent.
Pendant qu'elles se préparaient, Sophia et Arthémis furent étonnamment aimables. Elles proposèrent spontanément à moi et à Kat de nous passer les cours de la veille au matin. Puis elles patientèrent pendant que Kat finissait sa toilette pour que nous descendions toutes les quatre.

Dans la salle commune, tous les garçons de la classe nous attendaient. Je compris que Colin Crivey, Mark Sawyer, Erik Stark et Pablo Mandalès s'étaient improvisés gardes du corps, comme pour se faire pardonner de l'attitude inqualifiable de leur ancien compagnon de dortoir.
Derrière eux, se tenaient Harry, Ron et Hermione. Harry me sourit tendrement. Je me sentis prête à affronter le monde extérieur.

Comme nous entrions dans la Grande Salle, les conversations s'éteignirent et tous les regards se tournèrent vers nous. Je compris alors pourquoi Harry détestait autant sa popularité. Tachant de garder bonne contenance, je m'installais rapidement à notre table et attaquais mon petit déjeuner.

Mes camarades prenaient leur rôle très au sérieux. Ils m'accompagnèrent tous à mon cours d'Arithmencie, alors que j'étais la seule à avoir choisi cette option et qu'ils étaient de leur côté attendus en Soins aux créatures magiques ou en Divination.
Enfin ! Je supposais que Firenze avait lu dans les étoiles que quatre de ses élèves seraient en retard !

A midi, c'est toujours entourée de ma garde que je pénétrais dans la Grande Salle. Harry m'avait gardé une place à côté de lui. Alors que je m'asseyais, je constatais que notre rapprochement faisait considérablement jaser.
"On s'habitue" me souffla Harry
Menteur, va !
Mais le contact de sa cuisse musclée, fermement plaquée contre à la mienne, me fit vite oublier ces désagréments mineurs, et c'est toute ragaillardie que je repartis pour mes cours de l'après-midi.


Samedi, 23 mai 1998 :
*****
Un quart d'heure avant la fin du cours de Duel ce matin, Harry est monté sur l'estrade de la table des professeurs qui était restée en place.
"Je voudrais vous parler s'il vous plaît !"

Tout le monde interrompit ses exercices. Je remarquais avec soulagement que personne ne quittait la salle. Je savais qu'Harry désirait que les Serpentard l'entendent, eux aussi.

"Vous êtes tous au courant des derniers événements. Je sais que l'idée qu'un élève agresse de manière aussi lâche et aussi ignoble une camarade de sa maison et de son année vous a beaucoup choqués. J'ai même entendu certains d'entre vous dire qu'on ne pouvait plus faire confiance à personne.
C'EST UNE ERREUR !!!
Nous ne devons surtout pas nous diviser et nous défier de nos amis. Nous devons au contraire nous rapprocher et renforcer les liens qui nous lient. Et ne pas oublier que parfois nous recevons le soutien de ceux dont nous n'attendions rien.
Notre division serait source de défaite ! C'est dans l'union que nous obtiendrons la victoire !!
Je vous remercie"

Alors qu'il disparaissait comme la fois précédente par la petite porte du fond avec Ron et Hermione, j'observais l'assistance. La plupart applaudissaient. Les Serpentards s'en abstenaient mais, dans la majorité, ils semblaient satisfaits. Milicent Bultrode et Pansy Parkinson ricanaient et Malefoy, nonchalamment appuyé contre le mur, avait son expression ironique habituelle. Quand il remarqua que je le regardais, il me fit un petit salut de la tête, que je lui rendis gravement.

Me rappelant l'état dans lequel son discours précédent avait mis mon cher et tendre, je voulus sortir discrètement pour le rejoindre. Mais la voix de Kat m'arrêta :
" Tu crois aller où, là ?"
Je réalisais alors qu'il était hors de question d'aller faire un câlin au héros du jour.
"Heu, aux toilettes"
Sophia, Arthémis et Kat m'y accompagnèrent.

L'après-midi, Hermione a emmené Harry pour travailler. "Les ASPICs sont dans moins d'un mois" lui a-t-elle rappelé. Il l'a suivie avec résignation. Même Ron n'y a pas coupé.


Dimanche, 24 mai 1998 :
*****
Papa et Maman sont venus me voir. Hermione et Harry avaient cette fois refusé de nous y accompagner, prétendant que c'était moi que mes parents étaient venus voir et qu'ils n'avaient donc rien à faire à notre réunion. Ils laissèrent les garçons de ma classe nous escorter, Ron et moi, jusqu'à la classe qui servait de parloir.

Papa et Maman me serrèrent longuement contre eux. Je sentis qu'ils étaient bouleversés. Ils avaient l'habitude de se faire du souci pour nos aînés mais ils pensaient manifestement que Ron et moi étions hors d'atteinte.

"Et puis, je ne comprends pas, dit Maman. Pourquoi t'a-t-on attaquée toi ? C'est Ron et Hermione qui sont les plus proches d'Harry. Ne crois pas que j'aurais préféré, ajouta-t-elle rapidement à l'adresse de Ron.
- Nous nous sommes un peu rapprochés Harry et moi", avouais-je timidement.

Un silence accueillit cette déclaration. Finalement Maman reprit la parole :
"Je sais que cela fait longtemps que tu attends ce moment ma chérie, me dit-elle gentiment. En d'autres circonstances, ton père et moi aurions été très heureux pour toi, mais...
- Vous avez peur pour moi, j'ai terminé pour elle. Je comprends. J'ai tout le temps peur pour vous. Mais ce n'est pas une raison pour lâcher prise. Harry et moi nous nous aimons. Et ce n'est pas Voldemort qui nous en empêchera !
- Vous auriez pu être discrets, au moins, plaida Maman.
- Mais nous avons été discrets ! me défendis-je
- Je m'en doute depuis votre dispute et réconciliation spectaculaires au sujet des Serpentards, a fait remarquer Ron. Et je ne suis sans doute pas le seul !
- Nous sommes ensemble depuis début octobre" j'ai répliqué avec force.
L'expression de Ron valait toutes les démonstrations.

Pour rassurer mes parents, je leur exposais toutes les mesures de protection dont j'étais l'objet. Ils parurent un peu tranquillisés et finalement me dirent tous les deux qu'ils étaient contents pour moi.
Au moment où Ron et moi nous les quittions Papa me demanda de dire à Harry de venir les rejoindre. Ils tenaient à lui parler.
"Qu'est-ce que vous voulez lui dire, ai-je demandé avec méfiance
- Ce que des parents responsables disent au prétendant de leur fille" répliqua fermement Papa.
Ce n'était pas la peine de discuter quand il parlait sur ce ton. J'obtempérais.

Ron et moi revînmes à notre salle commune, toujours sous surveillance, ma garde personnelle nous ayant attendu dans le couloir. Ron parla brièvement à Harry, qui le suivit, accompagné de Neville, Seamus et Dean. Visiblement, les 7ème année avaient jugé bon de renforcer les mesures autour d'Harry également.
Son visage était impénétrable, à son retour.

***

Depuis que notre relation était devenue notoire, Harry avait pris l'habitude de venir s'asseoir à côté de moi le soir dans la salle commune, une fois nos devoirs terminés. Nos camarades s'abstenaient de venir s'installer près de nous et nous pouvions discuter à voix basse et trouver ainsi un semblant d'intimité.
Je profitais de notre causerie du soir pour lui demander ce que mes parents lui avaient dit. Il a souri :
"Ils m'ont juste demandé quelles étaient mes intentions envers toi.
- Qu'as-tu répondu ?
- La vérité !
- C'est à dire ? insistais-je, consciente qu'il faisait exprès de me faire languir.
- Je leur ai dit que je t'aimais énormément, mais que, vu les circonstances, je ne pouvais pas leur promettre de te protéger, ni de vivre assez longtemps pour t'épouser."

Mon coeur battit plus vite. Je jetais un coup d'oeil à la ronde, pour vérifier que personne ne pouvait nous entendre.
"Ca veut dire que si tu survis, tu m'épouseras ?
- Pourquoi pas ! Enfin, si tu es d'accord, ajouta-t-il soudain, conscient qu'il avait peut-être sauté une étape importante.
- C'est une demande en mariage ?" ai-je insisté.

Cela faisait près de huit mois que nous nous fréquentions assidûment. J'avais quand même réussi à faire entrer quelques notions de psychologie féminine dans son crâne épais. Il vérifia à son tour qu'aucune oreille indiscrète ne traînait trop près de nous. Il prit ma main, et me demanda en me regardant droit dans les yeux :
"Mademoiselle Virginia Weasley, me ferez vous l'immense honneur de m'accorder votre main si les circonstances nous permettent de nous unir ?
- J'en serais très honorée et très heureuse" répondis-je, avec un rire joyeux qui fit tourner quelques têtes dans notre direction.

Nous ne parlâmes plus ce soir là, nous contentant de savourer le bonheur d'être ensemble.


Mardi, 26 mai 1998 :
*****
Ce soir, j'étais de nouveau de garde à la table des Serpentards.
Je me suis assise en face de 5ème année qui avaient l'air sympa. Nous commençâmes à bavarder gentiment, quand tout à coup, leur visage se ferma. Milicent Bultrode et Pansy Parkinson venaient de s'asseoir de part et d'autre de ma chaise.
Décidée à ne pas me laisser intimider par les deux bulldozers, je tâchais de continuer ma conversation, mais je vis bien que c'était peine perdue. Je m'apprêtais à laisser tomber, songeant qu'en insistant, je mettais peut-être en danger mes nouveaux amis.

"Et bien Weasley, a susurré la voix sournoise d'une de mes voisines, l'épisode de l'autre jour ne t'a pas suffit ? Faut que tu continues à racoler ?"
Une sueur froide couvrit mon corps et mes jambes se mirent à trembler sous la table. Le souvenir de ce qui c'était passé resurgit brutalement. J'entendais à nouveau les paroles humiliantes, et la sensation de souillure que j'avais éprouvée revint en force. La voix colérique d'Eleanor Brandstone de Poufsouffle qui se trouvait deux rangs plus loin, me parvint à travers le bruissement qui rugissait dans mes oreilles :
"Faut vraiment que tu sois en manque pour fantasmer sur une agression Bulstrode !
- Avec la tête que t'as, pas étonnant que tu sois volontaire pour porter une cagoule !" renchérit Michael Corner qui se trouvait près d'elle, blanc de rage.

Le soutien de mes amis me réconforta, et malgré mon envie de partir sur-le-champ, je décidais de ne pas donner ce plaisir à ces salopes. Bien qu'ayant le coeur au bord des lèvres, je me forçais à manger, dans le silence pesant qui s'était abattu sur notre bout de notre table.

***

Je tachais de faire bonne figure toute la soirée, bien que mon dîner me resta sur l'estomac. Vers 21 h, Harry revint avec les préfets du Conseil qui s'était tenu ce soir là. Le visage ombrageux, il vint vers la table où je tentais de travailler avec Kat, Colin et Mark. C'est pourtant d'une voix douce qu'il me dit qu'il voulait me parler.

Il m'entraîna à l'écart, suivi de Ron et Hermione.
" Eleanor Brandstone et Michael Corner ont rapporté à Hannah et Padma la remarque inqualifiable de Bulstrode, commença-t-il d'un ton furieux. Nous comprendrions très bien si tu ne voulais plus aller à cette table, termina-t-il plus doucement.
- Harry, tu donnes le mauvais exemple en lui accordant un régime de faveur !", glissa Hermione, sur le ton de quelqu'un qui répète pour la énième fois la même chose.
Je réfléchis un moment à la proposition d'Harry et à l'argument d'Hermione.

C'est vrai que je me sentais très mal ce soir. Mais c'était exactement ce que mes agresseurs avaient recherché. Je devais me battre ! En plus, je n'avais pas le droit de laisser Harry faire des erreurs stratégiques. Si Hermione pensait que c'était une mauvaise idée, s'en était sûrement une.

"Ca ira, je finis par dire. Elle était pathétique cette fille si l'on y pense !"
Harry n'avait pas l'air convaincu, mais tout le monde était contre lui, et il s'était peu à peu habitué à se soumettre aux décisions collectives. Il se borna à me répéter que, si je trouvais ça trop dur, je le prévienne et je n'aurai pas à continuer. Je le remerciais de sa sollicitude, lui affirmais que tout allait bien mais que j'étais fatiguée et que j'allais probablement me coucher tôt ce soir.

***

Je montais d'ailleurs rapidement dans ma chambre. A peine m'étais-je installée sur mon lit, les yeux dans le vague, que Kat et Hermione entrèrent. Elles s'assirent près de moi. Kat mis son bras sur mes épaules et Hermione me pris la main.
"J'en rêve toutes les nuits, avouais-je. Je voudrais que tout cela s'arrête.
- C'est un phénomène courant après une agression, m'apprit Hermione. Si cela continue, va voir madame Pomfresh. Elle fera venir un medico-mage de Ste Mangouste, s'il le faut."
Je me sentis un peu réconfortée par cette normalité.
- Ne le dit pas à Harry, la suppliais-je.
- Sûrement pas, répondit-elle. Pour lui aussi c'est dur, tu sais. Ca lui rappelle à quel point il met ceux qu'il aime en danger.
- C'est tellement injuste !
- Oui. Mais on ne peut rien y faire."

Je ne dois pas craquer. J'ai promis à Harry de l'aider, et ce n'est pas trois petits salauds qui vont m'en empêcher !


Jeudi, 28 mai 1998 :
*****
Par la force des choses, je passe beaucoup plus de temps qu'auparavant avec mes camarades de classe.
J'ai remarqué que Sophia et Arthemis sont beaucoup plus gentilles avec moi. Elles le sont d'ailleurs tellement que j'en suis gênée. Par ailleurs, leur conversation n'est pas si inintéressante finalement. Peut-être parce qu'elles ont cessé de fantasmer sur Harry.


Vendredi, 29 mai 1998 :
*****
Je viens de comprendre ce qui me gênait dans l'attitude de Sophia et d'Arthemis. Elles me témoignent du respect !!
Parce que je suis la petite amie officielle du Survivant ?

Complètement barges ces filles !!


Dimanche, 31 mai 1998 :
*****
Fin de semaine studieuse. Hermione, Ron et Harry ont commencé à réviser intensément leurs ASPICs.
Une fois mes propres devoirs terminés, je me suis remise à mes exercices de Discrétion et de Repérage.

Nous survivrons !!







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