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128ème Nuit d'écriture


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De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


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A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


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Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
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De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Dirty Silver Lining par FearlessUntamed

[38 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

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II. Le revers de la médaille

Lorsque Tracey Davis ouvrit les yeux ce matin-là, elle fut parcourue d'un mal de crâne insoutenable. Elle se redressa, grimaçant de douleur, tandis qu'elle se massait la tempe.

L'agitation autour d'elle la sortit de sa léthargie et Tracey observa Daphné et les sœurs Carrow, ses camarades de dortoir, discuter avec animation près de la porte. Leurs caquètements bruyants ne faisaient qu'empirer la douleur lancinante qui l'assaillait. Tracey jeta ensuite un regard vers son radio réveil et ouvrit de grands yeux paniqués en voyant l'heure.

Elle était encore en retard, constata-elle avec effarement. Comment était-ce possible ? La veille, avant son coucher, elle s'était assurée de vérifier le sort de réveil placé sur la radio pour ne pas se retrouver dans la même situation que le jour précédent. Immédiatement, Tracey se dépêtra de ses draps pour se diriger vers la salle de bain. Avant qu'elle ne puisse atteindre la porte, une ombre lui passa devant.

« Désolée ! » lança Pansy Parkinson d'une voix moqueuse avant de s'enfermer dans la salle de bain, gloussant bruyamment derrière la porte.

Tracey ouvrit la bouche, atterrée. Décidément, elle traînait une malchance persistante depuis la veille.

« Elle va y passer une heure. » commenta la voix de Daphné Greengrass, derrière elle. « Tu t'es encore faite avoir. »

Tracey fronça les sourcils en entendant ces paroles. Elle se retourna vivement, et jeta un regard confus à Daphné.

« Qu'est-ce que tu viens de dire ? » demanda Tracey d'un ton incertain.

Elle venait d'être frappée par une terrible impression de déjà-vu. Les paroles de Daphné, le ton de sa voix ainsi que son regard railleur lui paraissaient affreusement familiers.

« Tu sais bien qu'il faut se lever avant elle pour éviter d'être coincée une heure à attendre son passage. » rappela Daphné, observant Tracey avec hauteur.

« Je… Oui. » dit finalement Tracey après quelques secondes d'hésitation, se massant la tête.

Merlin, ce mal de crâne était insupportable. Daphné et les jumelles Carrow quittèrent finalement le dortoir et Tracey se dirigea vers le miroir pour s'occuper de ses cheveux. Quelques instants plus tard, ses yeux se posèrent sur sa veste favorite, accrochée sur le crochet près du mur. Elle était en parfait état. Tracey fronça les sourcils. La veille, sa veste avait été complètement détruite par un sort raté de Finnigan pendant un cours. Tracey avait même rapporté le vêtement – ou du moins ce qu'il en restait - dans son dortoir. Quelqu'un avait-il réussi à la remettre en état après tous ces dégâts ? Probablement les elfes de maison, devina-t-elle avec soulagement. Elle n'eut pas le temps de s'épancher davantage sur la question car Pansy sortit finalement de la salle de bain.

Après son passage dans la salle de bain – que Tracey n'avait jamais réussi à rendre rapide à cause de sa profonde phobie des germes - elle se dirigea directement vers sa première salle de classe. Elle avait décidé de sauter le petit déjeuner, pour lequel elle n'aurait malheureusement pas le temps, encore une fois. Son ventre gargouilla bruyamment. Heureusement, son premier cours de la journée se déroulait dans les cachots, proches de la salle commune de Serpentard, et Tracey n'aurait pas besoin de courir dans les couloirs.

La jeune fille pénétra dans la salle de Potions et se dirigea d'un pas machinal vers l'une des dernières rangées, où son groupe d'amies étaient habituellement installé.

Tracey reçut des regards curieux de la part des élèves à ses côtés. Elle réalisa qu'elle ne reconnaissait pas la plupart des visages qui l'entouraient.

Ses sourcils se froncèrent lorsqu'elle reconnut Fitzroy, son petit frère en quatrième année, installé sur une rangée non loin d'elle, discutant avec animation avec ses camarades de Poufsouffle. Elle n'eut pas le temps de s'interroger davantage car le professeur Slughorn pénétra dans la pièce, balayant sa salle de classe d'un regard bienveillant. Ses yeux se posèrent alors sur Tracey.

« Miss Davis, je crois que vous n'êtes pas dans le bon cours. » fit-il remarquer, les yeux rieurs.

« Professeur, j'ai Potions tous les mercredis matin. » informa Tracey.

« Correct, Miss Davis. Cependant nous sommes mardi, ce qui signifie que vous êtes probablement en retard à un autre cours. » lança patiemment le professeur.

Sa remarque provoqua des rires parmi les élèves de la classe. Tracey se releva précipitamment, embarrassée. Elle attrapa son sac à la hâte, balbutiant des excuses rapides avant de se ruer hors de la pièce, sous les regards amusés des élèves de quatrième année.

« Je deviens folle. » pensa-t-elle en s'élançant à toute allure dans les couloirs du château.

Si on était réellement mardi comme l'avait indiqué Slughorn, cela signifiait qu'elle avait son cours de Métamorphoses. Encore une fois. La salle de classe était à l'autre extrémité du château et sans surprise, Tracey arriva en cours avec dix minutes de retard.

« Ça n'a aucun sens. » murmura-t-elle pour elle-même, tandis qu'elle tapait contre la porte.

Lorsqu'elle pénétra dans la classe de Métamorphoses, elle reconnut ses camarades de classe habituels. Tous les regards se rivèrent dans sa direction.

« Miss Davis. Je vois que vous nous faites l'honneur d'assister au cours, aujourd'hui. » commenta McGonagall d'un ton sarcastique.

« Je suis navrée professeur, je… » commença Tracey.

Je me suis trompée de jour ? pensa-t-elle. Cette excuse serait tellement risible. Personne ne la croirait.

« Dix points de moins pour Serpentard. » annonça McGonagall. « Prenez-place, Miss Davis. »

Tracey se dirigea vers la dernière rangée, contrariée. Elle fit de son mieux pour ignorer les regards noirs des autres Serpentard. Elle prit place entre Flora et Pansy tandis que McGonagall reprenait ses explications sur le Polymorphisme.

« Tu n'as pas fini de te coiffer ? » critiqua immédiatement Pansy, à peine Tracey eut-elle pris place sur son siège.

« Tu m'as déjà dit ça hier. » murmura Tracey en ouvrant la bouche, effarée.

« Probablement parce que tu n'étais pas coiffée. » répondit Pansy en haussant les épaules.

« Non, ce n'est pas ce que je veux dire. J'ai déjà vécu ce moment exact hier et je… » commença Tracey, qui perdait patience.

« Miss Davis, je ne vous importune pas, j'espère ? » interrompit soudainement McGonagall.

Tracey releva la tête en direction du professeur de Métamorphose qui la fixait d'un œil austère derrière ses lunettes rectangulaires.

« Vous pensez peut-être que vous êtes trop avancée pour mon cours et que je suis en train de perdre votre temps ? Dans ce cas, Miss Davis, pourquoi ne feriez-vous pas une démonstration devant le reste de vos camarades ? Je suis certaine qu'ils aimeraient apprendre de vos aptitudes. » lança McGonagall.

A contrecœur, Tracey leva sa baguette et tenta de répéter l'incantation du sort de Polymorphisme. Comme la veille, rien ne se passa. Elle se renfrogna, mortifiée. Elle aurait voulu disparaître de sa chaise et s'enfoncer dans le sol.

« C'est bien ce qu'il me semblait. » lança McGonagall.

« Ce n'est pas normal. » laissa échapper Tracey avec désarroi.

« Ce qui n'est pas normal, Miss Davis, c'est que non seulement vous vous permettez d'arriver en retard mais qu'en plus vous avez l'audace de discuter pendant que je donne mon cours. » assena McGonagall avec contrariété. « Je vous attends ce soir dans mon bureau à dix-huit heures tapantes pour une retenue. »

Tracey jura intérieurement et garda le silence jusqu'à la fin du cours. Le reste de la matinée ne fut que plus étrange. Pendant son cours de Sortilèges, elle peina à rester attentive, trop occupée à réfléchir à ce qui lui arrivait. C'est impossible, tenta-t-elle de se convaincre. Comment peut-on encore être mardi ?

« Ça n'a aucun sens. » répéta-t-elle à voix basse.

Tracey était si distraite qu'elle ne vit pas Seamus Finnigan agiter sa baguette de manière dramatique. Une odeur de brûlé lui parvint soudainement aux narines. Tracey se retourna vivement et réalisa avec ennui que sa veste favorite prenait feu.

Il n'y avait désormais plus aucun doute. Tracey était en train de revivre les exacts évènements de la veille. Elle sentit une anxiété profonde s'insinuer en elle. Dans d'autres circonstances, elle aurait été persuadée que ses amies lui jouaient un mauvais tour. Après tout, c'était exactement le type de plaisanterie que Pansy serait capable de faire. Il était toutefois impossible que les professeurs, surtout McGonagall, soient dans la confidence d'une blague aussi grotesque. Cette situation absurde n'était-elle qu'un rêve lucide ? Non, pensa Tracey. Un rêve ne serait pas aussi vivifiant.

Alors qu'elles se rendaient à la Grande Salle pour le déjeuner, Tracey ne put se retenir plus longtemps. Elle se tourna vers ses amies, dans tous ses états.

« Je crois que quelque chose ne va pas. » annonça-t-elle d'un ton dramatique, angoissée. « J'ai l'impression de revivre les mêmes évènements que j'ai déjà vécus hier. Au début, je pensais que j'avais juste une impression de déjà-vu. Mais c'est différent. Tout se passe exactement comme hier. Nous étions déjà mardi. Et nous sommes à nouveau mardi. Il y a quelque chose qui cloche. Dites-moi que vous avez remarqué quelque chose, par pitié ! »

Tracey s'interrompit, observant ses condisciples d'un air implorant. Ses amies échangèrent des regards confus puis soudainement, explosèrent d'un rire tonitruant. Tracey ouvrit la bouche, estomaquée par leur réaction devant son récit. Elles riaient tellement fort qu'Hestia finit même par s'étouffer, toussant bruyamment pour essayer de se calmer.

« Elle est excellente, celle-là. J'y ai presque cru, Cece. » lança Flora en essuyant une larme au coin de ses yeux.

« Ça faisait longtemps que je n'avais pas entendu une blague aussi drôle. Bien joué, Cece. » assura Pansy.

Tracey laissa ses bras tomber le long de son corps, découragée par la réaction de ses amies. Pouvait-elle vraiment leur en vouloir ? Ce qu'elle racontait était totalement saugrenu. Elle avait déjà entendu parler de retourneurs de temps qui permettaient d'aller dans le passé mais elle n'avait rien utilisé de ce genre. Comment avait-elle pu être renvoyée dans le passé ?

Le reste de l'après-midi se fit dans une torpeur léthargique pour Tracey, tandis qu'elle réfléchissait à se sortir de cette situation. Puis, lorsqu'en sortant des cours, elle se retrouva dans un couloir familier, prête à revivre une scène particulière de la veille, l'explication la frappa en plein visage.

Le rituel d'obeah !

Mais oui, pensa-t-elle avec excitation. Pour une raison ou une autre, le rituel avait probablement mal tourné. La solution était simple. Si elle évitait de reproduire le rituel le soir même, tout rentrerait dans l'ordre, réalisa-t-elle avec soulagement.

Lorsqu'elles arrivèrent au détour du couloir, Tracey aperçut Luna s'approcher à toute allure, serrant fermement sa boule de cristal dans les bras, sans porter attention à ses alentours. Aussitôt, Tracey se rua vers Pansy et la saisit fermement par les épaules pour éviter la collision. Luna Lovegood trébucha sur le pied de Pansy et tomba au sol, faisant chuter la boule dans son sillage. Celle-ci rebondit sur le sol, propulsant la substance verdâtre sur Lovegood et les cheveux de Tracey.

Contrairement à la veille, Pansy fut épargnée par la substance dégoûtante. Cette dernière éclata d'un rire moqueur, rapidement imitée par Hestia et Flora, avant de s'éloigner, jetant des regards impérieux à Luna Lovegood, dont le visage et les vêtements étaient désormais maculés d'un liquide terreux. Tracey lui jeta un regard bref avant d'emboîter le pas à ses amies. Elles croisèrent McGonagall qui se contenta de leur jeter un regard austère avant de les dépasser, sans faire de remarque.

Cette fois, Tracey réussit à terminer le devoir de McGonagall pendant sa première heure de retenue. L'opération fut bien plus simple - elle se souvenait encore du contenu du devoir rédigé la veille après le temps à bûcher dessus.

Elle attendit avec impatience l'heure du coucher. A son réveil, tout rentrerait dans l'ordre, pensa-t-elle avec apaisement tandis qu'elle fermait les yeux. Bientôt, tout cela ne serait qu'un horrible souvenir.

Ce furent des gloussements bruyants qui réveillèrent Tracey. Elle ouvrit les yeux difficilement, et de nouveau, cette migraine horrible lui tirailla le crâne.

Immédiatement, elle jeta un regard vers le radio réveil et sa mâchoire se décrocha en voyant l'heure. Paniquée, elle se releva de ses draps, manquant de trébucher au pied du lit devant les regards médusés de ses camarades de dortoir.

« Quel jour sommes-nous ? » demanda Tracey avec appréhension.

« Le jour où tu es officiellement devenue folle ? » suggéra Daphné en l'observant comme si elle était dérangée.

« Quel jour de la semaine ? » insista Tracey en élevant la voix.

Ses amies semblèrent déceler l'hystérie dans ses paroles et elles échangèrent des regards décontenancés.

« Humm, mardi ? » lança Flora avec confusion.

« Non, non, non… » gémit Tracey avec frustration, enfouissant son visage dans ses mains.

Pourquoi son plan n'avait-il pas fonctionné ? pensa-t-elle avec dépit, secouant la tête. Elle n'avait pourtant pas exécuté le rituel, la veille. Du coin de l'œil, elle vit Pansy se diriger vers la salle de bain et avant que Tracey n'ait pu esquisser le moindre geste vers la porte, sa camarade s'était enfermée à l'intérieur.

« Désolée ! » lança cette dernière d'une voix moqueuse, à travers la porte.

Tracey se jeta sur son lit, enfouissant son visage dans son oreiller et poussa un long hurlement de frustration, en battant les pieds avec rage. Lorsqu'elle releva la tête, elle croisa les regards estomaqués de ses camarades de dortoir.

« Elle va y passer une heure… » commença alors Daphné.

« Je me suis encore faite avoir. Oui j'ai compris. » répliqua Tracey d'un ton lassé, terminant les paroles de sa condisciple.

Il était rare qu'elle élève la voix ou qu'elle montre sa frustration face à Daphné et les autres. Elle avait toujours été la plus effacée du groupe. La situation dans laquelle elle se trouvait était toutefois désespérée. Elle ressentait même le besoin pressant de fondre en larmes.

Cette fois, Tracey arriva à l'heure en cours et s'installa à une rangée différente, bien loin de ses amies. Elle garda résolument le silence pendant la leçon et cette fois, n'écopa d'une retenue. Pendant la matinée, au lieu de prendre des notes, elle réfléchit à toutes les explications probables.

La solution la plus simple et évidente aurait été d'aller voir un professeur pour expliquer la situation. Elle réalisa toutefois qu'elle devrait dire la vérité à propos du rituel d'obeah. Il s'agissait d'une forme de magie noire, du moins son utilisation s'apparentait à de la magie noire, ce qui était interdit. Si les professeurs l'apprenaient, elle serait expulsée immédiatement de l'école. Elle ne pouvait pas prendre de risques.

Après le déjeuner, Tracey décida de ne pas se rendre à son cours d'Histoire de la magie. Elle avait déjà entendu le récit de Binns sur la révolte des Gobelins à deux reprises, ce qui était bien plus qu'elle ne pourrait supporter. La jeune fille décida de prendre le carnet de rituels de sa grand-mère et de se rendre à la bibliothèque pour faire des recherches. Tracey flâna parmi les étagères, à la recherche d'ouvrages qui pourrait l'aider, grimaçant de dégoût devant la quantité de poussière qui maculait les lieux.

Lorsqu'elle eut rempli son panier de vieux grimoires poussiéreux, Tracey jeta un regard circulaire à la pièce, à la recherche d'une table vide. La salle principale de la bibliothèque était bondée et l'unique place libre qu'elle trouva fut un siège à l'autre extrémité de la pièce, à une table où une jeune fille blonde était installée. Lorsqu'elle arriva à la hauteur de la table, Tracey grimaça en reconnaissant l'élève.

Luna Lovegood.

L'univers se moquait vraiment d'elle, pensa-t-elle avec agacement tandis qu'elle s'asseyait sans lui adresser la moindre parole, après avoir lancé un sort de nettoyage à la chaise. A son arrivée, Lovegood lui lança un sourire avenant que Tracey ignora. Elle prit le premier manuscrit de sa pile et commença à le feuilleter avec empressement, lâchant de temps à autres des soupirs de découragement. Elle n'avait jamais été une élève particulièrement studieuse.

Après deux heures de recherches poussées qui n'aboutirent à rien, Tracey laissa son dos s'enfoncer contre le siège, frustrée. Du coin de l'œil, elle observa Luna Lovegood qui lisait un magazine à l'envers.

Elle est tellement bizarre, pensa-t-elle.

L'attention de Tracey se porta ensuite vers un objet rond qui dépassait du sac de Lovegood, posé sur la chaise à ses côtés. Elle reconnut immédiatement la boule de cristal qui avait causé tous ces maux.

« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Tracey en portant du doigt l'instrument.

C'était en parti de la faute de Lovegood et de sa boule mystérieuse qu'elle se retrouvait dans cette situation. Elle avait au moins le droit de savoir ce dont il s'agissait. Lovegood avait suivi son regard et une lueur d'excitation éclaira son visage à la question de Tracey.

« Un œuf de malagrif rayé géant. » expliqua Lovegood en caressant affectueusement l'œuf. « Je l'ai trouvé près du lac. La mère a dû le laisser car il n'était pas fécondé. »

« Pourquoi tu traînes un œuf de malagrif dans l'école ? » Interrogea Tracey avec perplexité.

« On peut utiliser le liquide à l'intérieur pour faire de la cire de bougie. Elles servent ensuite à attirer les énormus à babille. » expliqua fièrement Lovegood.

« Les quoi ? »

« Un énormus à babille. » répéta patiemment Lovegood. « C'est une créature rare, et très timide. J'aimerais en offrir un à mon père. C'est bientôt son anniversaire. »

Tracey observa la boule avec circonspection mais garda le silence. Elle n'avait jamais entendu parler d'énormus à babille avant ce jour. Probablement une autre créature sortant de l'imagination fournie de Loufoca Lovegood, pensa-t-elle.

Tracey avait toutefois ses propres problèmes à régler et elle n'avait pas le temps de se soucier de la santé mentale de Lovegood. Elle ouvrit son troisième grimoire, l'air découragé, tout en massant ses tempes. Ce fichu mal de crâne était toujours présent et se concentrer sur sa lecture était un supplice à cause de la douleur.

« Qu'est-ce que tu cherches ? Je vois que tu as l'air concentré depuis tout à l'heure. » lança Lovegood d'une voix fluette.

« Tu ne pourras pas m'aider. » répondit Tracey d'un ton plus sec qu'elle aurait souhaité.

« Essaie toujours. » proposa Lovegood.

« Tu ne vas pas y croire. »

« Je peux toujours tenter ? »

Tracey prit une longue inspiration, et ferma son livre avec aplomb, se tournant vers Lovegood. Elle pouvait sentir le peu de patience qui lui restait disparaître lentement au fil des secondes et l'insistance de Lovegood ne faisait qu'accélérer le processus.

« Écoute Lovegood, je sais que tu veux être gentille et que tu cherches probablement désespérément des amis mais je n'ai pas le temps pour ça. Je suis dans une situation on ne peut plus extrême et j'aimerais pouvoir trouver une solution car ça devient très pressant. Alors à moins que tu t'y connaisses en rituel d'obeah et que tu puisses m'aider à sortir de là, crois-moi tu ne pourras pas m'aider. » rugit Tracey avec frustration.

« Obeah ? » répéta Lovegood, sans comprendre.

« J'ai fait un rituel de magie ancestrale et depuis, je suis coincée à vivre la même fichue journée pour une raison complètement inconnue. Je suis la seule personne qui a l'air de s'en rendre compte et je ne sais pas comment je vais m'en sortir. Et tu sais le plus drôle dans cette situation ? C'est que je ne suis toujours pas fichue de faire une satanée incantation de polymorphisme ni d'entrer dans cette maudite salle de bain avant Pansy ! » acheva Tracey avec hystérie, tentant de retenir les larmes qui menaçaient de quitter ses yeux. « Alors, tu me crois toujours ? »

Lovegood l'avait observé avec attention pendant sa longue tirade, gardant le silence. Probablement par nervosité ou par désespoir, Tracey laissa échapper un rire étranglé. La situation était tellement risible. Elle devait apparaître comme une folle devant Lovegood. Le comble de l'ironie.

« Allez, vas-y, fais comme les autres. Moque-toi de moi. » dit Tracey.

« Je te crois. » assura Lovegood.

Tracey ouvrit la bouche, estomaquée par sa réponse.

« Tu…Tu me croies ? Vraiment ? » répéta-t-elle, médusée.

Lovegood hocha la tête.

« Je sais ce que c'est… Savoir que quelque chose est vrai mais ne pas être crue par les autres. » dit-elle.

Tracey l'observa pendant de longues secondes, prise au dépourvu. Évidemment. Si quelqu'un pouvait croire à un récit aussi tordu, il s'agissait bien de Luna Lovegood.

Malgré ses préjugés sur cette fille, Tracey devait reconnaître qu'elle avait l'esprit ouvert. Elle devait aussi avouer qu'être finalement prise au sérieux par quelqu'un lui procurait un soulagement incommensurable, surtout après les moqueries incessantes de ses amies, le matin même.

« Je peux t'aider à chercher une solution, si tu veux. » expliqua Lovegood en posant une main sur un grimoire de la pile, lançant un regard interrogateur à Tracey, comme pour lui demander l'autorisation.

Tracey s'empressa d'hocher la tête.

« Je…Oui, vas-y. » balbutia-t-elle.

« J'ai un cours de Potions dans quelques minutes mais on peut se retrouver ici, à la fin des cours si tu veux ? »

« Je… » commença Tracey avec hésitation, jetant un regard vers les autres élèves de la bibliothèque, embarrassée à l'idée qu'on les voit ensemble.

« On peut aller dans une salle de classe, si tu préfères. Comme ça, personne ne te verra avec moi. » suggéra Luna, comme si elle avait lu dans ses pensées.

Tracey lui jeta un regard médusé, surprise par son commentaire si direct et honnête. Lovegood ne paraissait pourtant pas vexée.

« Ok. » céda finalement Tracey. « Faisons ça, Lovegood. »

« Appelle-moi Luna. » suggéra joyeusement la Serdaigle.

Elle se releva et attrapa ses affaires pour les ranger dans son sac en bandoulière d'un bleu cyan, particulièrement flashy. Alors que Luna s'apprêtait à s'éloigner, Tracey l'interpella :

« Luna ? » dit-elle d'une voix hésitante.

Luna stoppa son geste, une lueur interrogatrice dans ses yeux.

« Petit conseil. A la fin des cours, regarde où tu marches dans le couloir quand tu seras au cinquième étage. » dit-elle.

Luna parut quelque peu décontenancée par l'avertissement mais elle hocha la tête, signifiant qu'elle avait saisi. Elle adressa un grand sourire à Tracey avant de quitter la bibliothèque.

Les deux étudiantes se retrouvèrent quelques heures plus tard, dans une salle de classe inutilisée du quatrième étage. Tracey faisait les cent pas dans la pièce, l'esprit agité, lorsque Luna pénétra dans la pièce, affublée de ses lunettes multicolores. Pendant le dîner, Tracey avait à peine pu avaler quoi que ce soit, trop nerveuse.

« Tout va bien ? » lui demanda gentiment Luna dès qu'elle entra dans la pièce.

« Tout ira mieux quand j'aurais réglé cette histoire. » assura Tracey d'un air harassé. « Mettons-nous au travail. »

Son ton offensif l'étonna elle-même. Il était rare qu'elle se montre aussi entreprenante et directe, habituellement. Elle était toujours la personne effacée parmi ses amies, toutes plus sûres d'elles. C'était sans doute l'angoisse à l'idée retrouver coincée indéfiniment dans cette situation qui la faisait agir ainsi.

« Pendant mon cours de Sortilèges, j'ai demandé au professeur Filtwick s'il était possible de de se retrouver coincé dans une boucle temporelle. » lança Luna en prenant place sur le siège face à Tracey. « Il a expliqué que ça pouvait arriver quand on utilisait un Retourneur de temps avec un dysfonctionnement. »

« Est-ce qu'il a expliqué comment on pouvait s'en sortir ? » demanda Tracey avec espoir.

Luna parut penaude.

« Il a mentionné l'exemple d'un sorcier à qui s'est arrivé. Il est resté coincé pendant six ans. Le seul moyen a été de réparer son retourneur de temps, ce qui s'est avéré compliqué. » expliqua Luna.

Le visage de Tracey se décomposa à l'entente des informations de Luna. Six ans ? pensa-t-elle avec effroi.

Tracey paraissait probablement sur le point de fondre en larmes car Luna s'approcha d'elle et posa une main sur son épaule. Tracey, leva les yeux dans sa direction, surprise par son geste.

« Mais tu n'as pas utilisé un retourneur de temps. Je suis sûre qu'il y a un autre moyen de t'en sortir en utilisant un autre rituel. » assura Luna avec confiance. « Comment as-tu appelé ça, déjà ? »

« De l'obeah. » répondit Tracey d'une voix tremblante.

« Tu as un livre sur ça ? » demanda Luna avec curiosité.

« Juste le carnet personnel de ma grand-mère. Elle y documentait tous ses rituels. J'ai déjà regardé à l'intérieur une dizaine de fois. Il n'y a rien à propos d'une boucle temporelle ou quelque chose du genre. » répondit Tracey, découragée.

« Je peux y jeter un œil ? » demanda Luna.

Tracey acquiesça et sortit le carnet de sa grand-mère avant de le tendre à la jeune fille. Après une demi-heure d'un long silence, pendant lequel elles étaient toutes les deux plongées dans la lecture, Luna lança :

« Je crois que j'ai trouvé quelque chose. »

Tracey ouvrit de grands yeux. Elle avait farfouillé dans le carnet de sa grande mère à maintes reprises. Comment n'avait-elle pas pu voir qu'il contenait une solution ?

« Ça ne parle pas directement de boucle temporelle, mais c'est une autre piste. » indiqua Luna en pointant un passage dans le journal. « Ça dit ici que les ancêtres ont les réponses à tout. »

Tracey lui jeta un regard médusé.

« Je ne vois pas comment c'est supposé m'aider. »

« A une autre page, il y a un rituel pour invoquer un ancêtre. Peut-être que c'est la solution ? Entrer en contact avec l'un de tes ancêtres pour leur demander comment t'en sortir. Après tout, elles ont réponses à tout. » devina Luna.

Tracey ouvrit la bouche, impressionnée par l'esprit d'analyse de Luna. Comment n'avait-elle pas pu y penser avant ? Elle n'avait jamais été une grande férue de recherches et d'études. Tracey réalisa qu'avant d'être une fille étrange, Luna Lovegood était une Serdaigle. Les élèves de cette maison accordaient une importance particulièrement à l'érudition.

« Bonne idée. » dit finalement Tracey, tentant de garder un ton égal, même si son cœur battait à toute allure d'excitation.

Elle craignait de se faire de faux espoirs et que cela ne fonctionne pas. La déception serait insupportable.

« Je n'ai pas besoin d'énormément d'ingrédients pour ce rituel. » lança Tracey en parcourant la page d'un œil avide. « J'ai déjà la plupart des ingrédients dans mon nécessaire à potions. Mais j'ai besoin d'un pied de tronc de mandragore. Je ne sais pas où trouver ça. »

« Je m'en charge. » assura joyeusement Luna, comme si elle s'apprêtait à se lancer dans une activité particulièrement amusante.

Une heure plus tard, elles étaient de nouveau dans la salle de classe, installées sur des coussins de fortune, autour d'un chaudron. Une substance terreuse bouillait à l'intérieur.

« Prête ? » demanda-t-elle à Luna.

Face à elle, et depuis le début du rituel, Luna avait observé tous ses gestes avec une fascination gênante. La Serdaigle hocha la tête.

« Ta main. » réclama Tracey.

Luna posa sa main frêle dans celle de Tracey et cette dernière ferma les yeux avant d'inspirer profondément.

« J'appelle les esprits de mes ancêtres, femmes d'Obeah, maîtresses des mers et des océans déchaînées. J'appelle à la mer, la lune, le sang, la terre, la sueur, la mort. » récita Tracey.

Comme si elle avait senti des yeux sur elle, Tracey ouvrit les paupières et croisa immédiatement les yeux globuleux de Luna rivés sur elle, l'observant avec fascination.

Tracey porta une main à ses cheveux et tira fermement sur deux mèches. Elle ignora la légère douleur de son cuir chevelu et jeta les mèches dans la préparation en ébullition.

Immédiatement, une fumée brumeuse éclata du chaudron, envahissant la pièce. Lorsque la brume s'estompa, Tracey observa autour d'elle, sur le qui-vive. Elle ignorait si le rituel avait fonctionné. Elle reporta son attention sur Luna qui avait baissé la tête, immobile.

« Lovegood ? » demanda Tracey, incertaine.

Elle n'obtint aucune réponse.

« Luna ? » insista Tracey, qui sentit la panique s'insinuer en elle.

Elle se pencha en avant et posa sa main sur l'épaule de la jeune fille, la secouant légèrement pour attirer son attention. Au contact, Luna releva la tête soudainement, plantant son regard dans celui de Tracey. Cette dernière émit un cri étouffé et recula précipitamment, l'observant avec effroi.

Les grands yeux bleus de Luna avaient disparu, remplacés par des orbites totalement noires.

« Bonsoir, Cece. » dit-elle.

Les yeux de Tracey s'écarquillèrent. Ce n'était pas la voix habituellement fluette de Luna qui sortit de sa bouche. A la place, il s'agissait d'une voix désincarnée qui lui fit froid dans le dos.

« Pourquoi as-tu peur, mon enfant ? Tu ne me reconnais pas ? » poursuivit Luna.

La voix lui rappelait effectivement quelqu'un. Une personne à qui elle n'avait pas parlé depuis très longtemps.

« Grand-mère Laurette ? » demanda-t-elle d'une voix lente, ne voulant pas y croire.

Luna ou plutôt sa grand-mère, hocha la tête. Le rituel avait fonctionné. Tracey se redressa, soulagée.

« J'ai besoin de ton aide, grand-mère. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé. J'ai fait ce rituel il y a quelques jours et depuis je me retrouve coincée et je ne sais pas si… » s'empressa d'expliquer Tracey, bouleversée.

« Je sais ce que tu as fait, mon enfant. » interrompit sa grand-mère d'un ton ferme.

Tracey cessa sa tirade, effarée par le ton sévère qu'elle décelait dans ses paroles.

« Tu sais comment fonctionne nos rites. L'obeah est une magie de l'échange. Quand tu réclames, tu dois donner. » rappela sa grand-mère.

« Mais mon rituel n'a pas fonctionné. Alors techniquement, je n'ai rien réclamé. » se justifia Tracey.

« Tu as utilisé l'obeah pendant des années à des fins égoïstes pour des vengeances personnelles. Les ancêtres ont accepté de t'accorder le pouvoir à chaque fois car les raisons étaient justifiées. » expliqua Laurette. « Ton dernier rituel a été utilisé pour faire du mal à quelqu'un qui ne le méritait pas, Cece. »

« C'est…C'est une punition ? » demanda Tracey avec désarroi.

« Les ancêtres essaient de te donner une leçon, mon enfant. » confirma Laurette.

« Comment est-ce que je peux inverser tout ça ? » insista Tracey.

« Quand tu comprendras la leçon. » dit Laurette. « Je ne pourrai pas t'en dire plus, mon enfant. Et nous ne répondrons plus à tes appels avant que tu comprennes. »

Immédiatement, sa grand-mère, ou plutôt Luna, s'effondra sur le sol. Après quelques instants, Luna se releva, jetant des regards incertains à ses alentours. Elle paraissait confuse. Son regard croisa celui de Tracey. Ses yeux avaient retrouvé leur couleur habituelle.

« Que s'est-il passé ? » demanda Luna en se frottant la tempe.

« Je suis fichue. » fut la seule chose que put répondre Tracey, la boule au ventre.

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