S'identifier | | Identifiants perdus | S'enregistrer |
Lien Facebook

En savoir plus sur cette bannière

News

Programme de juillet des Aspics


Bonsoir à toustes !

Un peu de lecture pour vous accompagner en cette période estivale... Vous avez jusqu'au 31 juillet pour, d'une part, voter pour le thème de la prochaine sélection ici et, d'autre part, lire les textes de la sélection "Romance" du deuxième trimestre 2024, et voter ici !

Les sélections sont l'occasion de moments d'échange, n'hésitez pas à nous dire ce que vous en avez pensé sur le forum ou directement en reviews auprès des auteurices !


De L'Equipe des Podiums le 11/07/2024 22:30


Assemblée Générale 2024


Bonjour à toustes,

L'assemblée générale annuelle de l'association Héros de Papier Froissé est présentement ouverte sur le forum et ce jusqu'à vendredi prochain, le 21 juin 2024, à 19h.

Venez lire, échanger et voter (pour les adhérents) pour l'avenir de l'association.

Bonne AG !
De Conseil d'Administration le 14/06/2024 19:04


Sélection Romance !


Bonsoir à toustes,

Comme vous l'avez peut-être déjà constaté, sur notre page d'accueil s'affichent désormais des textes nous présentant des tranches de vie tout aussi romantiques ou romancées les uns que les autres ! Et oui, c'est la sélection Romance qui occupera le début de l'été, jusqu'au 31 juillet.

Nous vous encourageons vivement à (re)découvrir, lire et commenter cette sélection ! Avec une petite surprise pour les plus assidu.e.s d'entre vous...

Bien sûr, vous pouvez voter, ça se passe ici !


De Jury des Aspics le 12/06/2024 22:31


145e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 145e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Vendredi 14 juin à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
À très bientôt !


 


De L'équipe des nuits le 12/06/2024 12:33


Maintenance des serveurs


Attention, deux interventions techniques prévues par notre hébergeur peuvent impacter votre utilisation de nos sites les 28 mai et 4 juin, de 20h à minuit ! Pas d'inquiétudes à avoir si vous remarquez des coupures ponctuelles sur ces plages horaires, promis ce ne sont pas de vilains gremlins qui grignotent nos câbles ;)

De Conseil d'Administration le 26/05/2024 18:10


144e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 144e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Samedi 18 mai à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits et à vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De L'équipe des Nuits le 12/05/2024 11:00


Gracieux est l'oubli par CamCaz17

[7 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Bonjour à tous, ce texte est une participation au concours de Lauramortentia sur le forum d’HPF, avec pour thème Les potions.

Le principe : écrire un texte sur une potion et une époque reçues au hasard.

  • L’intrigue doit tourner autour de la potion
  • Inventer au moins 1 OC et utiliser au moins un personnage existant parmi la liste donnée
  • Le personnage principal devra croiser la route d'une créature magique et d'un Weasley et avoir une conversation avec eux

Me concernant, j’ai reçu la potion d’amnésie à l’époque de Harry.

J'ai choisi un angle assez particulier, que je n'aurais pas osé explorer sans ce concours alors je suis assez contente ! Cette contribution sera composée de 3 chapitres, les deux autres arriveront rapidement.

J'espère que le texte vous plaira, bonne lecture !

Toute existence connaît son jour de traumatisme primal, qui divise cette vie en un avant et un après et dont le souvenir même furtif suffit à figer dans une terreur irrationnelle, animale et inguérissable.

Stupeurs et Tremblements - Amélie Nothomb

 

La grande guerre avait fait des ravages, c’était un fait notoire. Elle avait marqué les esprits de plusieurs générations, causant d’innombrables morts, en blessant et marquant à vie tellement d’autres. Nombreux étaient ceux qui faisaient tout pour ne pas repenser à cette période sombre.

On parlait souvent des jeunes sorciers qui avaient choisi d'y prendre part. Harry Potter, Ron Weasley et Hermione Granger étaient les icônes de cette jeunesse engagée qui avait risqué sa vie pour combattre les forces du mal. Neville Londubat, Ginny Weasley et tellement d'autres avaient également fédéré et rassemblé les caractères téméraires, les esprits rusés, les mentalités timorées et les cerveaux érudits pour s'opposer à la terreur qu'on avait voulu mettre en place.

Tous ces sorciers avaient fait le choix de participer à la guerre, et leurs noms étaient gravés à jamais dans l'histoire de la communauté magique. D'autres n'avaient pas fait ce choix. Devant prendre part à ce conflit par la force des choses, ils avaient dû choisir un camp, que ce soit par conviction ou bien par instinct de survie. Ils avaient participé à la guerre sans le vouloir. Certains n’en étaient pas sortis vivants, aucun n’en était sorti intact.

C'était le cas de Callie Selwyn, qui s'était retrouvée au cœur de la guerre plutôt qu'à Poudlard pour valider ses BUSE. Elle n'avait pas choisi de participer à cette guerre. Elle avait pris part à un conflit qu'elle ne comprenait pas, choisissant un camp par défaut, celui d'une famille partisane des forces du mal. Lorsqu’elle avait compris les conséquences de son choix, des centaines d’innocents avaient déjà péri.

La guerre avait fait des ravages, c’était une certitude pour Callie. L'histoire ne connaissait pas son nom, elle-même parfois préférait l'oublier. Très peu de sorciers savaient ce qu'elle avait vécu, elle-même s'assurait souvent de ne plus pouvoir y penser. Personne n'avait idée de ses combats intérieurs, elle-même les fuyait quotidiennement.

Cinq ans plus tard, Callie était une toute autre sorcière. Diplômée de Poudlard, fiancée à un sorcier qu'elle n'avait pas choisi, première à l'examen d'entrée de la formation de juriste du Département de la justice magique, Callie devait faire face aux démons de son passé qui continuaient de la hanter.

Le temps n’avait pas pansé ses blessures et elle ressentait souvent la détresse de ceux qui ne peuvent que fuir leurs pensées. Face à ses tourments que le temps ravivait continuellement, Callie préférait oublier. Plutôt qu’affronter, elle préférait oublier.


Callie posa ses mains sur l’évier, s’appuyant dessus, et fixa son reflet dans la glace face à elle. Elle venait de détacher ses cheveux auparavant enfermés dans une queue de cheval, et détaillait chaque trait de son portrait, ses lèvres se pinçant de plus en plus à mesure qu'elle parcourait l'ensemble de son visage.

Elle détestait ce qu’elle voyait dans ce miroir. Ses yeux clairs étaient creusés de grands cernes et ses traits étaient tirés. Ses cheveux, qu’elle avait coupés aux épaules quelques jours plus tôt, lui semblaient ternes et mal coiffés. Quant à son souffle, il était erratique, elle ne parvenait pas à le contrôler. Si sa très chère mère l’avait vue à cet instant, elle lui aurait intimé de se reprendre et de faire honneur à son rang.

Callie s’était isolée quelques minutes plus tôt alors qu’elle discutait avec un professeur qui la félicitait. Elle avait commencé à sentir l’air lui manquer et avait coupé court à la discussion pour se calmer à l’abri des regards. De l’eau, elle entendait de l’eau couler.

Son anxiété refaisait surface, et Callie sentit une détresse la gagner face à cette angoisse qu'elle ne parvenait pas à calmer. Pourquoi perdait-elle tant le contrôle d'elle-même ? Une appréhension irrépressible la parcourait et la tétanisait sur place, sans qu’elle ne puisse rien y faire. C'était comme si son corps et son esprit lui échappaient et cette unique pensée renforçait sa panique. C'était un cercle sans fin dans lequel Callie était victime de ses émotions, victime des réactions de son corps.

Callie sentit de la sueur perler sur son front. Elle ne portait qu'un fin débardeur, et pourtant elle avait l'impression qu'on lui avait collé des plaques chauffantes au niveau des épaules, au niveau des coudes. Du rouge, elle voyait du rouge. Il fallait qu'elle reprenne le contrôle, il fallait qu'elle domine ses émotions.

Depuis quelques temps, Callie tentait de multiples remèdes pour lutter contre son anxiété. Aucun de ces derniers n’avait marché, encore moins ceux conseillés par Sainte Mangouste. Mais Callie avait trouvé une alternative. Elle avait trouvé une solution miracle.

Elle ferma les yeux un instant, inspirant profondément avant de sortir une petite fiole orangée de sa poche. Elle l’observa quelques secondes avant de dégoupiller le bouchon et d’en boire le contenu. Callie était habituée au goût de gui, appréciant même cet arrière-goût amer qui survenait à chaque fois qu’elle buvait la potion.

L’effet fut presque immédiat. Très vite, les idées de Callie se remirent en place. Certaines pensées disparurent de son esprit, comme envolées, et Callie commença à se détendre. Un sentiment de légèreté la prit tandis que la contraction qu’elle avait ressentie au niveau de la poitrine disparaissait et que ses doigts engourdis récupéraient leur agilité.

Callie inspira de nouveau, cette fois beaucoup plus sereinement. Elle se sentait prête à affronter le monde extérieur. Lorsqu’elle sortit des toilettes, Callie fut aussitôt accostée par des camarades de sa promotion.

— Félicitations, Selwyn ! lui dit un sorcier dont Callie ne connaissait plus le nom.

— Bien joué, Selwyn, continua une sorcière avec un sourire amical.

Callie les remercia d’un mouvement de tête sec tout en continuant sa route. Elle savait que sa rudesse n’affecterait pas les deux sorciers, peu connue pour sa sympathie ou sa cordialité. Callie n’avait aucune affection envers ses camarades de promotion et leurs éloges ne lui firent aucun effet.

Ses pensées étaient légèrement confuses, mais elle était habituée au sentiment. Très vite, elle retrouverait le contrôle total de ses mouvements, mais également de son esprit. Digne de la Serpentard qu’elle avait toujours été, Callie sortit du bâtiment dans lequel elle se trouvait d’un pas conquis et maîtrisé.

Quelques mètres plus loin, une sorcière faisait les cent pas d’un air frénétique et Callie ne retint pas un sourire en la voyant. Hermione Granger Weasley avait respecté sa promesse et l’avait retrouvée devant son établissement pour découvrir ses résultats en même temps qu’elle. Callie n’avait pas douté un instant de la présence de la sorcière. Quand Hermione s’engageait, elle n’avait qu’une parole.

Lorsqu’elle la vit, Hermione se précipita vers elle avec un immense sourire, attrapant les deux mains de Callie avec entrain.

— Première à l’examen, la félicita Hermione d’un ton enjoué quand elle s’approcha, sans surprise !

— C’est parce qu’aucun de mes camarades n’était Hermione Granger, sourit légèrement Callie tout en acceptant l’affection de son amie qui la prit furtivement dans ses bras.

— Ne raconte pas n’importe quoi, s’exclama Hermione d’un ton autoritaire qui accentua le sourire de Callie, tu as trop travaillé pour dénigrer ton résultat.

Callie avait en effet fourni un travail acharné pour arriver première à l’examen d’entrée de la formation de juriste du Département de la justice magique du ministère de la Magie. Elle avait intégré une école préparatoire de deux années à la sortie de Poudlard et s’était dédiée entièrement à être parmi les meilleurs élèves. Les places pour intégrer la formation étaient tellement restreintes que l’examen d’entrée devenait une vraie compétition.

Pour Callie, cette formation était son ticket d’émancipation de l’univers familial, et elle n’avait rien laissé au hasard. En bonus, Callie avait eu l’aide d’Hermione Granger, et rien n’avait été plus précieux.

Celle qui, au fil des années, était devenue son amie, était d’une élégance habituelle, avec un tailleur noir de la très renommée marque sorcière Edwige et son blazer noir. Ses cheveux épais avaient été coiffés, même si Callie voyait qu’ils commençaient à se rebeller en cette fin de journée. A côté d‘elle, Callie se sentit presque quelconque dans sa tenue d’été mais choisit de balayer rapidement ce sentiment.

Hermione observa un instant son amie du regard, portant sur elle un œil réfléchi, et quand elle recula en se pinçant la lèvre, Callie sut qu’Hermione avait compris. Elle ne fit cependant aucun commentaire, et Callie l’en remercia silencieusement. Enfin, jusqu’à qu’elle en fasse un.

— Un jour, dit Hermione d’un ton pincé, il faudra que tu apprennes à faire sans.

Callie ne répondit rien, balayant d’un revers de main nonchalant les propos de la sorcière avant de taper dans ses mains avec enthousiasme. Elle n’avait pas besoin qu’on la sermonne sur ce qu’elle ne parvenait pas à contrôler.

— On va se prendre un verre ? proposa Callie avec un sourire invitant. Allons fêter mon examen écrit.

— Allons fêter ça, approuva Hermione qui savait qu’elle faisait mieux d’abandonner le sujet précédent, et préparons la suite.

La suite se résumait en trois mots : le grand oral. Pour Callie qui avait eu peu de doutes sur l’examen écrit, le grand oral était sa réelle épreuve. Elle savait qu’elle n’était pas suffisamment solide, mentalement et émotionnellement, pour défendre sa place.

Il lui fallait faire ses preuves et montrer qu'elle était digne d'intégrer la formation, que son jugement était juste et non altéré par son vécu. Elle devait montrer qu’elle était une sorcière de droit, une sorcière intègre. L’était-elle réellement ?


— Ils t’interrogeront sur la guerre.

Callie inspira profondément, sentant son souffle se couper légèrement tandis qu’Hermione l’observait d’un œil averti avant de remercier le serveur qui leur apportait leurs boissons.

— C’est-à-dire ? demanda Callie avec prudence. Ils vont me demander ce que j’en sais ?

— Ils vont te demander si tu as participé à la guerre et quel rôle tu y as joué.

Callie soupira, passant une main nerveuse dans ses cheveux tout en attrapant sa bière moldue de son autre main, légèrement tremblante. Face à elle, Hermione la regardait avec inquiétude et Callie s’obligea à lui faire un sourire rassurant.

— Je vais devoir préparer une réponse solide, dit Callie d’un ton faussement serein.

— Je t’assure que tu ne pourras prévoir aucune de leurs questions, lui répondit Hermione avec calme et assurance, c’est l’objectif de ce type d’oral. Ils choisissent parfois de faire rejouer certains moments d’une baguette.

Callie secoua la tête, sentant son cœur palpiter dans sa poitrine. Callie ferma les yeux. De l’eau, elle entendait de l’eau couler. Elle se sentait oppressée et savait que d’ici quelques minutes, elle manquerait d’air.

— Non, répliqua-t-elle en secouant la tête, je n’y arriverai pas.

— Bien sûr que si, la rassura Hermione en attrapant la main de la sorcière pour qu’elle la regarde dans les yeux, tu n’as rien à cacher.

— Ils pourraient découvrir mille choses qui les convaincraient de me refuser la formation, réfuta Callie.

Elle avait raison, Callie le savait. Elle refusa de croiser le regard de son amie, sachant qu’Hermione arborait une mine soucieuse. Callie ne voulait pas l’inquiéter plus, mais elle commençait à sentir une contraction au niveau de sa poitrine, ses pensées se mélangeant dans son esprit.

Rejouer certains moments de sa baguette était une hantise pour Callie. Cette dernière avait assisté à tellement d’événements qu’elle tentait d’oublier. Elle avait fait tellement de choix qu’elle regrettait, il ne lui était pas possible de concevoir qu’on la pousse à les revivre. Du rouge, elle voyait du rouge.

Callie choisit d’observer son environnement pour se détendre, consciente qu’Hermione lui laissait le temps de recouvrer son calme. Le café moldu qu’elles avaient choisi était complet, le soleil de juin continuant d’éclairer la terrasse avant de bientôt se coucher. La population était principalement composée de jeunes personnes qui sortaient de cours ou bien du travail, et Callie aimait ce sentiment de pouvoir se fondre dans la masse. Ici, elle n’était personne. Ici, elle n’avait aucun trouble.

— Tout se passera bien, reprit Hermione avec une certitude qui convainquit presque Callie.

Sans réelle conviction, Callie hocha toutefois la tête avant de boire d’une traite le reste de sa bière moldue. Elle était à deux doigts de prendre une nouvelle fiole, la dernière qu’il lui restait pour la journée, mais elle savait que l’intervalle avec la précédente n’était pas suffisamment grand. Et puis, elle ne voulait pas faire cela devant Hermione.

Si on avait un jour dit à Callie Selwyn qu’elle se retrouverait à boire une boisson moldue dans un quartier moldu en compagnie de Hermione Granger Weasley, elle aurait probablement ri au visage de la personne en question et l’aurait stupefixiée pour lui apprendre à ne pas lui faire perdre son temps.

Callie avait été élevée pour être la reproduction de sa mère, une Serpentard fière et cruelle, sans empathie pour les autres. Pendant des années, elle avait été cette réplique parfaite. Son jeune âge n’avait jamais stoppé son arrogance et son sourire complaisant avait toujours renforcé son mépris des autres.

Tout cela avait changé lorsqu’elle avait eu quinze ans et que la guerre l’avait touchée de plein fouet. Callie avait pris part à la guerre. Elle avait choisi de suivre sa famille, partisane de Lord Voldemort. Elle avait vu tellement d’horreurs se produire sous ses yeux, Callie avait encore des flashs de ces instants qui surgissaient dans son esprit. Elle avait soutenu le mal et cautionné la mort.

Callie inspira profondément. De l’eau, elle entendait de l’eau couler. Ces souvenirs la hantaient, même cinq années plus tard. Comment pouvait-elle les revivre ? Et rien ne convaincrait un jury de faire confiance à une sorcière qui avait cautionné tant de choses. Tout ce que Callie avait fait par la suite n’avait aucune importance. Du rouge, elle voyait du rouge.

Callie se pencha vivement vers Hermione, jetant un regard autour d’elle avant de reporter son attention sur son amie.

— Tu sais ce qui pourrait m’aider durant l’oral, murmura Callie avec prudence, ce qui m’aiderait à répondre à leurs questions sans faire une crise de panique ?

Callie avait planté son regard dans celui d’Hermione, et elle vit l’inquiétude s’installer dans ses pupilles. Elles savaient toutes les deux de quoi Callie parlait. Le visage de son amie se ferma, mais Callie pensait pouvoir l’en convaincre.

— Hors de question, protesta Hermione en secouant la tête, ce n’est pas une bonne idée. C’est même une très mauvaise idée.

— Je ne vois pas en quoi ! s’exclama Callie. Elle me permettrait de sélectionner les souvenirs à oublier sur du long terme.

Une potion d’amnésie altérée, c’était la solution de Callie. Une potion qui lui ferait oublier ces souvenirs qui la hantaient et qui réapparaissaient quand elle le souhaitait le moins. Callie était très familière avec l’altération de cette potion, elle savait que c’était une très bonne idée.

Une potion d’amnésie classique était réalisable par un élève de première année. Elle permettait à celui qui la buvait d’oublier jusqu’à qui il était durant une heure. En altérant la potion légèrement, il devenait possible de sélectionner les souvenirs à oublier durant cette heure. En altérant la potion sérieusement, il devenait possible de les sélectionner durant une période de temps bien plus longue.

A la sortie de la guerre, un vrai marché s’était créé autour de ce type de potions, vues comme un exutoire pour les sorciers qui ne parvenaient pas à effacer les souvenirs de la guerre de leur esprit. Bien sûr, tout marché prometteur attirait des escrocs. Des potions non-homologuées par l’Institut magique d’authentification des potions (IMAP) étaient apparues sur le marché et certaines, mal préparées, avaient provoqué des pertes de mémoires beaucoup plus graves et irréversibles que prévu.

— Des sorciers y ont perdu bien plus que quelques souvenirs durant quelques heures, siffla Hermione.

— Parce qu’ils n’avaient pas bien altéré la potion, argua Callie, ce ne sera pas mon cas !

Hermione pinça les lèvres, reculant dans son siège pour poser son regard ailleurs. Elle était en colère et ce n’était pas peu dire. C’était une idée intelligente, Hermione le reconnaissait, et elle n’avait aucun doute sur sa capacité à fabriquer ce type de potion altérée. Néanmoins, l’idée était très mauvaise quand on connaissait Callie et sa dépendance aux potions. Mais Hermione savait qu’elle ne persuaderait pas Callie de cette façon.

— C’est tricher à un examen d’entrée du ministère, indiqua Hermione d’un ton neutre.

— Sans cette potion, c’est échouer à un examen d’entrée du ministère, rétorqua Callie.

— Je ne le ferai pas, conclut Hermione avec autorité.

Callie soupira. Elle était consciente que son idée avait mis Hermione en colère et elle savait que le combat était perdu. Callie avait trop de lacunes en potions pour effectuer la préparation sans risque, elle avait besoin de son amie. L’ancienne Serpentard passa une main dans son sac, touchant la fiole pleine qui s’y trouvait. Sans réellement savoir pourquoi, ce geste la rassura.

Un silence s’installa, avant que Callie ne rende les armes, faisant un sourire amical à Hermione qui la fixait avec attention.

— Peut-être que mes résultats à l’examen écrit atténueront leur sévérité, marmonna Callie d’un air peu convaincu et peu convaincant.

— Peut-être, sourit Hermione d’une manière plus engageante. Alors, le programme de ce soir ?

— Charmant repas de famille, ironisa Callie qui comprenait qu’Hermione souhaitait changer de sujet pour détendre l’atmosphère, autant te dire que je m’impatiente.

— Une vraie réunion de mangemorts, marmonna Hermione.

À la seconde où les mots sortirent de la bouche d’Hermione, celle-ci les regretta. Callie pouvait lire la culpabilité sur les traits de la sorcière, mais elle ne se formalisait pas de ses propos. Il y avait du vrai dans ce qu’elle disait, le père de Callie ayant été un mangemort actif. Et Callie n’oubliait pas qu’Hermione avait activement concouru à la chute de Voldemort aux côtés d’Harry Potter et qu’elle était mariée à Ron Weasley. Ces deux derniers n’avaient d’ailleurs aucune sympathie pour Callie et elle se demandait parfois comment Hermione et elle avaient pu devenir amies. Oh, Callie le savait très bien, dans un contexte de guerre, des choses surprenantes pouvaient arriver.

— Ce n’est pas comme si tu avais tort, répondit Callie. J’entends déjà les réprimandes de ma mère sur mon apparence.

— Tu es très bien comme tu es, répliqua Hermione en fronçant les sourcils.

— Je n’ai pas dormi depuis trois jours, soupira Callie dans un souffle, et ça se voit.

Hermione ne répondit rien, observant Callie avec attention. Cette dernière ressentit de la gêne à admettre sa situation. Comme très souvent, l’insomnie la gagnait depuis plusieurs jours mais Callie y était habituée. Elle avait des phases comme celle-ci, où il lui était impossible de trouver un sommeil sans cauchemar.

Rien ne l’avait aidée pour cela, ni la potion de sommeil sans rêves qui ne permettait pas au corps de réellement se reposer, ni le philtre calmant qui ne l’aidait pas à lutter contre ses rêves, ni la potion d’amnésie qui ne fonctionnait pas dans son sommeil. Pourtant, cette dernière était d’une efficacité consternante lorsqu’elle était éveillée.

— Le cher et tendre sera présent ce soir ? demanda Hermione avec sarcasme.

— Bien évidemment, répondit Callie sur le même ton, il souhaite que l’on montre à nos parents que l’on se susurre des mots d’amour.

Le cher et tendre portait un nom : Drago Malefoy. Callie était fiancée à l'ancien Serpentard depuis deux mois, sur une décision de leurs parents. Pour Callie, le fait que ses parents la fiancent à un sorcier qu'elle n'avait pas choisi n'était pas une surprise, c'était commun chez les familles de sang-pur. Cependant, elle n'aurait jamais pensé que ce sorcier serait l'héritier Malefoy.

Ça n'affectait pas réellement Callie qui préférait prendre la situation avec ironie. Elle avait toujours su qu’elle serait fiancée à un sorcier choisi par ses parents. L’opposition qu’elle avait montrée à ses parents durant la guerre n’y avait rien changé, Callie restait la digne héritière de la famille Selwyn et elle acceptait cette décision.

Les rares moments qu’elle avait passés jusque-là avec Drago Malefoy lui avaient simplement confirmé ce qu’elle savait déjà : le sorcier n’accordait que peu d’importance à ces fiançailles. Distant et secret, Drago restait poli et attentionné envers elle mais Callie savait que ce n’était que des réflexes venus de son éducation, et non une réelle délicatesse de sa part envers elle.

— Drago Malefoy qui susurre des mots d’amour, rigola Hermione, j’attends de le voir pour le croire !

— Ce ne sera pas pour demain, argua Callie, on échange déjà difficilement de simples phrases.

— Ça viendra, lui dit Hermione avec douceur, vous apprendrez à vous apprécier et à vivre ensemble.

Callie ne répondit rien mais jeta un regard sceptique à Hermione qui ne retint pas un rire. Son amie faisait l’effort de respecter les traditions des anciennes familles, mais Callie savait qu’elle ne les cautionnait pas. Et puis, elle savait ce qu’Hermione Granger pensait de Drago Malefoy, pourtant elle apprécia l’effort que son amie faisait pour la rassurer.

— Vivre ensemble, répéta Callie en marmonnant, il faudrait pour cela que j’apprenne en premier lieu à vivre avec moi-même.


Callie fut accueillie par l’elfe de maison des Malefoy. Elle entendit le rire de sa mère, ainsi que celui plus discret de Narcissa Malefoy, et Callie savait qu'elle ne raterait pas une remarque de sa mère pour avoir fait patienter son fiancé. Elle inspira une dernière fois avant de pénétrer le salon où tout le monde était réuni.

— Callie ! s'exclama sa mère d'un ton enjoué qu'elle ne lui connaissait qu'en public, nous avions peur que tu n'arrives jamais.

Callie observa son environnement. Son père, Adrian Selwyn, était installé dans un fauteuil en cuir marron près de la cheminée et faisait face à Lucius Malefoy. Quant à sa mère, elle était assise sur un tabouret près de l’immense bar du salon et discutait avec Narcissa Malefoy, debout de l’autre côté du meuble en chêne massif.

Sa mère lui fit un sourire doux qui ne dupa pas Callie. Helena Selwyn avait beau aimer sa fille, jamais elle n’avait montré un signe chaleureux envers cette dernière. Callie lui rendit cependant son sourire affectueux, acceptant de jouer le jeu devant sa belle-famille. Elle constata cependant que son fiancé ne se trouvait pas dans la pièce.

— Désolée, s'excusa Callie sur un ton coupable, j’ai été retenue à l’école.

Callie s'approcha tout d'abord de son père et de Lucius Malefoy. Ce dernier, comme à chaque rencontre, la toisait d'un air impassible. Callie devait se faire violence pour se comporter normalement devant son regard ferme et glacial qui la paralysait à chaque fois. Règle numéro une : ne pas montrer sa peur.

Lucius Malefoy tenait dans sa main un verre de whisky sans glace, qu’il posa sur la petite table à côté de lui quand Callie s'approcha et se leva en tendant sa main.

— Miss Selwyn, commença-t-il d’une voix doucereuse qui aurait pu faire grincer Callie des dents, un plaisir de vous revoir.

Callie se contenta d'un sourire poli en attrapant sa main, l’accompagnant d'une petite courbette de salutation dont les filles des familles de sang pur avaient le secret. Puis elle se tourna vers Narcissa Malefoy, qui la regardait d'un air bienveillant contrastant avec sa posture froide et autoritaire. Callie renouvela l'opération, appréciant de loin le sourire sec de Narcissa au regard sévère de son époux.

— Bonjour très chère, Drago ne devrait pas tarder, lui signifia Narcissa.

Il n'en fallut pas plus pour que le concerné n'apparaisse. Callie l’observa franchir les portes du salon, sentant d'une nouvelle vague de frissons la parcourir lorsqu'il s'approcha d'elle. Drago Malefoy posa sur elle un regard gris métallique, autoritaire et ferme qui rappela à Callie un mélange des deux parents du sorcier.

Elle prit le temps de le détailler. Ses cheveux blonds plutôt courts avaient été relevés en arrière, légèrement éparpillés d'une façon que l'on aurait qualifiée de négligée si ça n'avait pas été fait avec tant de minutie. Il portait une chemise noire qui dessinait parfaitement la morphologie de son corps, ainsi qu’un jean bleu foncé qu’elle trouva très élégant. Il se dégageait une telle assurance du sorcier que Callie sentit son souffle se couper dans sa gorge.

Il s'approcha d'elle, la surplombant de son regard ferme, puis esquissa un sourire poli tout en attrapant le poignet de Callie. Il prit sa main et en baisa furtivement le dos avec ses lèvres. Callie, pourtant habituée à de tels gestes si communs chez les sangs-purs, sentit ses joues chauffer sous le geste.

Drago rompit le contact visuel avec Callie très rapidement pour aller saluer la mère puis le père de Callie.

— Pardonnez mon retard, dit-il sur un ton maniéré, j’ai été retenu au ministère.

— Ne t’en fais pas, répondit Narcissa avec affection en tendant au sorcier un whisky sans glace qu’il prit poliment, Callie est également arrivée à l’instant.

Callie se retint de lever les yeux au ciel. Elle n’avait aucune idée du métier qu’exerçait son fiancé, son rôle au Département des mystères étant secret. Et pour tout dire, ça ne l’intéressait pas. Elle constatait cependant qu’il venait de sortir la même excuse qu’elle, mais elle se garda bien le faire remarquer.

Drago porta son regard métallique sur Callie, et elle sut qu’il l’avait vue. Il n’eut aucune réaction, mais la toisa d’un air moqueur tandis que Narcissa Malefoy se dirigeait vers la table à manger.

— Passons à table, s’exclama Narcissa en montrant montra à Callie son siège.

Celle-ci s’installa, constatant que son fiancé s’installait face à elle. Elle remarqua qu’il n’était pas venu lui tirer la chaise, et elle l’en remercia silencieusement. Callie n’aimait pas la galanterie des sorciers de sang-pur, qu’elle considérait venir d’un autre siècle.

— N’avais-tu pas les résultats de ton examen d’entrée, Callie ? demanda Drago avec politesse une fois que tout le monde avait pris place autour de la table.

Callie ne cacha pas sa surprise, le sorcier se souvenait de cette information qu’elle lui avait partagée la semaine précédente. S’il jouait au parfait fiancé, Callie ferait de même. Elle s’assura d’avoir un sourire éclatant et raffiné que leurs parents pourraient voir en répondant à Drago.

— En effet, confirma Callie, je suis retenue pour l’examen oral.

Sa mère et Narcissa félicitèrent Callie assez chaudement, tandis qu’Adrian Selwyn lui faisait un signe de tête approbateur et que Lucius Malefoy l’observait silencieusement. Callie se surprit elle-même à n’éprouver aucune chaleur devant leur réaction. Elle n’avait pas de respect pour les sorciers qui se tenaient devant elle, qu’il s’agisse des Malefoy comme de ses parents, alors pourquoi accorderait-elle de l’importance à ce qu’ils pensaient ?

Parfois, elle se demandait comment il était possible que Lucius Malefoy et Adrian Selwyn ne soient pas enfermés à vie en prison. Comment avaient-ils pu échapper à celle-ci, Callie ne comprenait pas. Cependant, ses souvenirs la rattrapèrent, lui rappelant qu’elle avait un temps cautionné leurs actions. Peut-être que Callie mériterait également d’aller à Azkaban.

— Quelle position as-tu obtenu, ma chérie ? demanda sa mère.

— Première, marmonna Callie.

De nouvelles exclamations s’élevèrent, mais Callie ne voyait que Drago. Ce dernier arborait un sourire amusé, plantant son regard dans celui de Callie tandis qu’il soulevait son verre dans sa direction, comme pour la féliciter. Mais Callie savait ce qu’il pensait. Il se moquait d’elle, et elle sut à cet instant qu’elle cachait mal son agacement.

— Vous savez, miss Selwyn, intervint Lucius, il n’est pas habituel pour une épouse Malefoy de travailler.

Ce n’était pas une simple remarque, Callie le comprenait bien. Elle vit sa mère se tendre, mais Callie ne se laissa pas démonter. Elle sentait le regard attentif de Drago sur elle, et planta son regard dans celui de Lucius Malefoy. Elle savait qu’il lui fallait être diplomate.

— Je m’investis depuis deux années dans ces études, monsieur Malefoy, dit-elle avec politesse, je compte bien aller au bout de mes ambitions.

Un silence s’installa, et un regard furtif en direction de Drago lui confirma qu’il s’amusait grandement de la situation. Quant à Lucius Malefoy, il resta impassible, jusqu’à ce qu’un sourire amusé ne se forme sur ses lèvres.

— Une digne Serpentard, dit-il avec complaisance, assurez-vous simplement que votre ambition se limite au travail. Nous avons des traditions chez les Malefoy.

Callie se contenta d’un sourire respectueux, retenant la remarque acerbe qui lui brûlait les lèvres. Elle connaissait les traditions de la famille Malefoy, la principale étant leur allégeance à Lord Voldemort, mais elle se garda bien de le faire remarquer.

— Bien sûr, intervint Narcissa en posant une main sur celle de son époux, ce sera à Drago de décider de cela.

Toute l’attention se porta vers Drago qui arborait une expression amusée. Il portait sur Callie un regard indéchiffrable qui la mit mal à l’aise, puis reporta son attention sur sa mère qui lui souriait avec délicatesse.

— Je ne me vois pas interdire à Callie quelque chose qu’elle a commencé avant nos fiançailles. Nous verrons où ça mène en temps voulu.

Callie sentit un soulagement la parcourir. Elle savait que cette décision revenait réellement à Drago, et que s’il décidait qu’elle ne travaillerait pas, elle devrait se plier à son choix. Alors elle le remercia mentalement de ne pas s’opposer à elle, d’accepter d’être son allié face à leurs parents.

— Les mœurs changent, dit la mère de Callie avec amusement.

— Ces jeunes, se moqua le père de Callie, ils choisissent de faire comme bon leur semble parce qu’ils ont vécu la guerre.

Callie sentit ses poils s’hérisser sous les propos de son père, et elle ne retint pas un regard dédaigneux. Elle savait qu’elle risquait de passer une très mauvaise heure si l’un de ses parents la surprenait, mais il devenait difficile pour Callie de se contrôler. Comment son père osait-il les dénigrer, Drago et elle, de cette façon ? Après toutes les atrocités qu’il avait commises, il n’avait pas le droit de faire de tels commentaires ?

Callie sentit sa main trembler tandis qu’une vague d’anxiété la parcourut. De l’eau, elle entendait de l’eau couler. Sans le vouloir, elle croisa le regard inquisiteur de Drago qui l’observait, le visage fermé, et Callie sentit qu’il l’intimait de se calmer. Pour unique réponse, Callie le fusilla du regard. Il n’avait pas à lui dire ce qu’elle devait faire.

Pourtant, Callie s’efforça d’inspirer, reportant son attention sur Narcissa et sa mère qui murmuraient d’un ton confidentiel, un sourire complice sur les lèvres. Elles hochèrent finalement de la tête avant de se tourner vers elle.

— Helena et moi avons beaucoup discuté de vos fiançailles ces derniers jours, leur partagea Narcissa sur un ton cordial. Nous pensons qu’il vous faut passer plus de temps ensemble avant qu’ils n’aient lieu.

— Tout à fait, confirma Helena, nous constatons que vous avez passé peu de temps ensemble durant ces deux derniers mois. Il nous faut changer cela avant de fixer une date pour le mariage.

Un silence accueillit les propos des deux sorcières. Callie leur jeta un regard impassible, attendant la suite des idées. Elle sentait que ce qui allait suivre n’allait pas lui plaire et elle se demanda un instant si ce dîner n’était pas un guet-apens.

— Après tout, reprit Helena, une fois que la date sera fixée, il faudra montrer aux autres familles votre unité.

— Nous pensons donc, termina Narcissa, qu’il est temps pour toi Callie d’aller t’installer chez Drago.

Une nouvelle fois, un silence accueillit les propos des deux sorcières. Cependant, l’expression de Callie avait complètement changé. Elle les regarda avec consternation, ne cachant pas le dédain que cette idée lui apportait tandis qu’elle posait un regard furtif sur Drago qui restait impassible. Elle pouvait voir qu’il s’était tendu lui aussi, mais il n’en montra rien devant ses parents.

— Non, affirma Callie avec aplomb.

Cinq regards se tournèrent vers elle et Callie sentit la sévérité dans les yeux de sa mère et son père. Elle s’en moquait, elle ne pouvait pas rester sans rien dire.

— Je suis en période d’examen, reprit-elle avec la même fermeté, je ne vais pas perturber mon cadre simplement pour vous faire plaisir. Drago peut venir habiter chez moi le temps que je passe mes oraux, s’il le souhaite. J’accepterai ensuite d’aller chez lui.

Callie planta son regard dans celui de sa mère. Cette dernière était en colère, Callie voyait bien qu’elle tentait de se contenir, mais sa mère ne pouvait pas être plus en colère qu’elle. Helena Selwyn pouvait être une sorcière terrifiante, mais Callie s’était déjà opposé à elle auparavant. Alors elle maintint son regard.

— Encore une fois, intervint Narcissa doucement, ce sera à Drago de décider.

— Excusez-moi, s’exclama Callie en se levant.

Elle se fichait bien d’être impolie, elle avait besoin d’air. Elle choisit de s’isoler dans la salle de bain, posant ses mains sur l’évier comme elle l’avait fait quelques heures plus tôt.

Il fallait qu’elle se calme. Ce n’était pas une crise d’anxiété habituelle. Non, c’était une saturation absolue, une colère qu’elle ne parvenait pas à tarir. Comment pouvait-elle laisser ces personnes décider de son avenir pour elle ? Comment pouvait-elle les laisser faire ? Callie était en colère contre elle-même. Elle avait fait le choix à une époque de s’opposer à leurs idéaux, et cette décision l’avait sauvée. Pourquoi les laissait-elle encore décider pour elle ?

Callie sortit la fiole qu’elle avait rangée dans sa poche avant d’entrer dans le manoir. D’une couleur orangée, elle apparaissait toujours pour Callie comme un exutoire. Si elle prenait la fiole maintenant, elle pourrait décider d’effacer ce qu’elle ressentait pour les prochaines heures. Callie s’était toujours interdit d’utiliser la potion pour d’autres situations que ses crises d’anxiété, mais c’était si facile de la boire et d’oublier. C’était tellement plus simple que de lutter.

Un bruit retentit derrière elle, tirant Callie de ses pensées. Elle n’eut pas besoin de se retourner pour voir dans le reflet Drago qui refermait la porte derrière lui. Il analysa un instant l’ensemble de la pièce avant de river son regard sur la fiole que Callie tenait dans sa main. Elle ne tenta pas de la cacher, et Drago eut la décence de ne faire aucun commentaire.

— J’ai été envoyé pour m’assurer que tout allait bien, lui dit-il avec prudence.

— On ne peut mieux, répondit Callie avec ironie, ne passe-t-on pas un dîner de famille idyllique ?

Drago ne répondit pas, la fixant de son regard métallique. Il tentait de l’analyser, Callie le sentait, mais il savait si peu de choses sur elle. Il ne pourrait pas la comprendre.

— Tu devrais te contenter de jouer leur jeu, observa Drago, tu vivrais mieux ces moments.

— Et leur faire croire que je cautionne ce qu’ils disent ? s’indigna Callie.

— Ton avis ne leur importe pas, rétorqua froidement Drago. Pour eux, tu es simplement capricieuse.

Callie ne répondit rien, défiant le sorcier du regard. Drago ne retint pas un sourire amusé, s’approchant à quelques centimètres de Callie. Il la surplombait de sa hauteur, et elle retint un frisson quand elle sentit le souffle du sorcier sur elle. Drago se pencha légèrement vers elle, ne quittant jamais son regard tandis qu’il posait sa main sur celle de Callie, attrapant la fiole qu’elle tenait entre ses doigts.

Il examina la fiole un instant avant de reporter son attention sur Callie. Son regard s’était durci et il parcourut le visage de Callie, à la recherche de quelque chose qu’elle ne comprenait pas.

— Ca, dit Drago d’une voix caressante en montrant la fiole du regard, ça ne t’aidera pas.

— Tu ne me connais pas, marmonna Callie avec défiance.

— Je connais tes démons, répondit Drago, ils sont similaires aux miens. Ils te hanteront tant que tu les fuiras.

— Je ne les fuis pas, siffla Callie qui n’aimait définitivement pas la tournure de cette discussion.

— Berce-toi d’illusions si tu le souhaites, argua Drago dont le regard se durcit, mais tu préfères oublier plutôt qu’affronter. Cette potion te donne l’illusion de t’en sortir, mais il n’en est rien.

Drago posa la fiole sur l’évier sans quitter Callie du regard. Cette dernière sentait la détresse l’atteindre devant le jugement qu’elle lisait dans ses yeux. Drago ne dit pas un mot de plus, portant une main douce sur la joue de Callie pour replacer une mèche de cheveux derrière son oreille. Puis il tourna les talons, sortant de la salle de bain.

Lorsqu’elle se trouva seule, Callie relâcha une respiration qu’elle ne pensait pas avoir retenue. Le sorcier l’avait troublée, par ses gestes autant que par ses mots. Bien sûr, Callie savait qu’elle fuyait ses démons. Elle ne les aurait affrontés pour rien au monde, et pourtant elle devrait le faire prochainement si elle voulait obtenir ce pour quoi elle s’était battue durant deux années.

Callie jeta un dernier regard à la fiole posée sur l’évier. Elle débattit dans son esprit durant quelques secondes avant de faire son choix. Et elle finit par attraper la fiole, l’ouvrant pour la boire d’une traite.

Callie affronterait ses démons une autre fois. Pour l’instant, elle préférait oublier.

 

Note de fin de chapitre :

Et voilà pour le premier chapitre ! J'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire, vous a-t-il plu ?

Alors qu'avez-vous pensé de Callie ? Comment trouvez-vous sa relation avec Hermione, et avec Drago ?

Prochain chapitre, on en apprend plus sur les troubles de Callie. N'oublions pas que le thème de l'histoire est la potion d'amnésie :)

Merci pour votre lecture !

Vous devez s'identifier (s'enregistrer) pour laisser une review.