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128ème Nuit d'écriture


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De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


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Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


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De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Les soldats de papier par Lyssa7

[25 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

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Note de chapitre:

Bonsoir,

Je préfère le dire tout de suite, ce chapitre est plutôt difficile à lire. Il parle, plus ou moins implicitement, de torture. Donc, si vous êtes sensibles, mieux vaut passer votre chemin. Je monte également mon rating pour la violence mentionnée entre les lignes.

Merci à Selket et Camcam17 pour leurs reviews sur le prologue. <3

Lyssa

— N’oublie pas. Nous ne devons pas intervenir. Quoi qu’il arrive.

Le dernier murmure de son ami à son oreille sonna comme un avertissement et assombrit encore un peu plus, si c’était possible, l’humeur de Seamus Finnigan. Les lèvres pincées, les traits tirés, le Gryffondor entra dans la salle de classe avec la démarche d’un homme qu’on envoie à l’échafaud. C’était finalement le cas. Le rictus mauvais d’Amycus Carrow ne trompait personne sur ce qu’il avait prévu de leur faire étudier, et tous n’ignorait pas ce qui avait pu se passer durant les cours précédents.

Le dernier avait laissé des séquelles chez les Serdaigle de leur promotion, à commencer par Terry Boot qui, après avoir été la victime du sortilège de l’Imperium à de multiples reprises, avait de fréquentes pertes de mémoire. Lors de leur rapport, Michael Corner avait signifié à Neville avec rage qu’il était plus que temps d’envisager un plan de recours. La tension était montée d’un cran depuis que Padma Patil avait été enfermée trois jours plus tôt par Alecto, sur ordre de Rogue, pour avoir tenté de pénétrer dans le bureau du directeur.

Tandis que Seamus prenait place au milieu de la pièce près de Neville, il sentit Hannah Abbot trembler légèrement sur sa gauche. Par instinct, sa main alla se poser sur son bras comme pour lui témoigner un soutien silencieux. Elle ne fit rien qui lui laissa penser qu’elle avait compris, mais la légère étreinte des doigts de Seamus parvint à la calmer.

La mort de la mère de la jeune fille en octobre 1996, tuée par des Mangemorts, avait laissé une trace indélébile dans ses yeux bleus. Une forme de courage désespéré que Seamus avait du mal à affronter quand il croisait son regard. Pourtant, il savait qu’ils avaient tous la même lueur qu’elle dans les yeux à présent. Celle de l’innocence accablée, de la colère éperdue. Le chagrin des révoltés. Ce sentiment était ce qui les maintenait en vie, debout face à la cruauté, au mal incarné. Au milieu de cette salle de classe, ils ne formaient qu’une seule et même personne. Une seule entité.

Le rictus d’Amycus Carrow s’élargit alors qu’il désignait de son doigt crasseux Parvati Patil. Celle-ci avait pâli et semblait sur le point de fondre en larmes. L’emprisonnement de sa sœur avait mis à rude épreuve ses émotions, et elle allait être sacrifiée pour le bien de l’A.D. Elle savait qu’il le fallait, le plan ne fonctionnerait pas si elle s’effondrait. Personne ne l’aiderait cette fois. Personne n’allait se positionner en sauveur. C’était trop risqué. Le plan nécessitait qu’ils fassent ce que le Mangemort leur disait, pour ne pas se faire repérer. Le plan nécessitait toutes leurs forces, ils ne pouvaient plus se permettre de repousser sa date. Alors, ils se l’étaient jurés : le cours d’Amycus Carrow ne devait, en aucun cas, être perturbé. C’était la règle pour que tout puisse fonctionner, pour qu’ils puissent gagner cette bataille.

— Avance, ordonna Amycus.

Parvati ne put retenir un hoquet de terreur, mais elle obéit. Son corps frêle paraissait agité de spasmes frénétiques, et Seamus eut le réflexe de bouger dans sa direction. La main de Neville, comme si celui-ci s’attendait à cette scène depuis le début, le retint aussitôt. Cependant, Amycus fronça les sourcils, apparemment peu satisfait.

— Pas toi, fit-il dans un grondement. Lui.

 


 

Le coeur de Wayne Hopkins stoppa sa course dans sa poitrine lorsqu’il prit conscience que c’était lui que le Mangemort avait choisi et que Parvati Patil se décalait lentement, les larmes aux yeux, pour le laisser passer. Les prunelles noires du sorcier, si enfoncées dans leurs orbites qu’elles étaient à peine discernables, le fixaient avec une lueur si malsaine que l’adolescent ne put soutenir plus longtemps son regard.

Les corps des élèves s’étaient statufiés, même si une multitude de visages plus ou moins connus s’étaient tournés vers lui. Ces visages, il les avait déjà vus dans d’autres circonstances. Ces visages, à présent chargés de compassion, ne l’avaient pas toujours été. Pendant des années, ils étaient restés indifférents à sa cause, au harcèlement qu’il subissait. Juste sous leurs yeux. Car ce n’était rien d’autre que des blagues, n’est-ce pas ? Quelques piques, deux ou trois affaires cachées, ce n’était pas bien méchant. Personne n’avait rien dit. Personne ne s’était révolté. Car, après tout, ce n’était pas la guerre. Car, après tout, c’était sans doute lui qui était trop sensible. Alors, ils pouvaient bien la garder leur compassion, leur pitié, ou quoi qu’ils puissent ressentir à cet instant. Il n’en voulait pas, il ne l’accepterait pas. Il combattrait seul.

Paradoxalement, ce furent ces pensées qui lui redonnèrent du courage, le poussèrent à s’avancer face à Amycus Carrow jusqu’à sentir son haleine chaude et fétide. Wayne retint sa respiration et releva les yeux vers le monstre de haine.

— Tu sembles plein d’assurance, ironisa l’autre, son rictus se faisant plus retors.

Le jeune homme se garda de lui répondre. Il se contenta de rester debout, comme il l’avait toujours fait face aux autres. Certains de ses détracteurs étaient maintenant derrière lui, à la fois soulagés de ne pas être à sa place et apeurés de ce que le Mangemort s’apprêtait à lui faire. Il aurait été mentir de certifier que Wayne n’avait pas peur, qu’il bravait férocement la bête pleine de rage devant lui. Évidemment, Wayne avait peur. Évidemment, s’il avait pu trouver une autre alternative que de se trouver là, à jouer les victimes, les marionnettes lugubres, il l’aurait saisie sans la moindre hésitation. Toutefois, aucune ne se présenta à lui. Pas une seule. Comme avant, personne ne s’avança pour lui, personne ne se révolta. Il dut donc se tenir sur ses deux jambes en s’efforçant de ne pas flancher pour supporter ce qui allait suivre.

— Tu connais la règle, c’est toi qui commence ce duel. Je te laisse l’avantage, je te conseille de ne pas te louper, lui rappela Amycus, faisant tourner sa baguette entre ses doigts, ses lèvres s’étirant en un sourire barbare.

Ce que le Mangemort définissait comme un avantage n’en était définitivement pas un. Le contraire aurait d’ailleurs été étonnant. Dans ce duel mis en place au sein des cours de Magie Noire, les règles étaient pernicieuses, traîtresses, comme celui à qui elles appartenaient. Dans ce duel, tous les coups étaient permis, surtout les plus intolérables. Le mérite revenait au plus inhumain des deux, et la médaille était décernée au plus sadique.

Peu d’élèves étaient parvenus à sortir de ce cours sans séquelles, hormis quelques Serpentard tels que Crabbe et Goyle qui n’avaient eu aucun scrupule à utiliser deux des sortilèges impardonnables : Doloris et Imperium. Lorsqu’il était d’humeur perverse, Amycus organisait des duels entre élèves, et il intervenait si les sorts n’étaient pas au niveau qu’il exigeait. Il n’allait jamais trop loin – du moins selon sa définition personnelle de la morale – comme lui avait expressément demandé Severus Rogue. Il maudissait ce dernier pour cela, lui reprochant de « brider sa créativité ».

— C’est quand tu veux, intima-t-il, vicieux.

Cette phrase fut comme une montée d’adrénaline pour Wayne. Toute cette rage, cette colère, qui grondait en lui déborda. Tout ce qu’il avait ressenti pendant des années, chaque fois que ses bourreaux osaient le harceler, se propageait rapidement dans son for intérieur, le rendant totalement inapte à réfléchir, à analyser correctement les événements. Brusquement, il n’était plus que cet être brisé, ce monceau de fureur et de rancœur. Et cette rancœur, elle l’avalait tout entier, de la même manière qu’il gobait les chocoballes magiques dans son enfance. Cette rancœur le transformait en monstre lui aussi et, face à Amycus, elle ricochait contre la plus petite parcelle de son corps pour se décupler dans son esprit ; elle remplaçait celui qu’il était par un autre, un animal guidé par l’instinct de survie et qui n’avait plus qu’une seule envie : faire disparaître la menace que le Mangemort représentait.

Lashlabask !

Malheureusement, son adversaire avait deux fois plus d’expérience en terme de duels et il n’eut aucun mal à prévenir le sort et à éviter la gerbe d’étincelles brûlantes qui fondaient sur lui. Elles allèrent s’écraser sur le mur et Amycus laissa son rictus s’agrandir, comblé par le tour que prenaient les événements. Wayne, les pieds solidement ancrés sur le sol, paraissait de nouveau prêt à attaquer. La foule d’élèves, spectateurs invisibles, retint son souffle.

— Tu as du cran, fit Amycus, mais tu n’es pas assez rapide.
Stupé…
Waddiwasi !

Wayne eut à peine le temps de comprendre ce qui se passait que l’énorme grimoire disposé sur le bureau à sa gauche vint heurter violemment son crâne après que son rival l’eut envoyé valser jusqu’à lui dans un mouvement leste de sa baguette. Sous le choc, les lunettes de l’adolescent se brisèrent sur le marbre blanc et, sonné, la vision de l’adolescent se fit trouble alors qu’il trébuchait. Il parvint cependant à garder une certaine stabilité, mais sa main redescendit mollement sur sa hanche, et Amycus Carrow ricana. La foule, unanime, fut parcouru d’un frisson tandis que le sourire du monstre se faisait carnassier.

Il y eut un léger bruissement dans la masse de corps qui se pressaient les uns contre les autres, un murmure de révolte que le Mangemort prit plaisir à défier de son regard sombre. Il attendit quelques secondes, prêt à mettre fin à tout sentiment de résistance comme il l’avait fait tant de fois ces derniers mois, mais personne ne broncha. Pas cette fois. S’il en fut étonné, l’homme n’en montra rien. Wayne flageola légèrement sur ses deux jambes, et un filet de sang goutta de son front pour aller mourir sur le sol.

— Fini de jouer, tança Amycus en se tournant d’un air mauvais vers le garçon. Endoloris !

En un instant, en un rayon de lumière rouge, tout devint noir et Wayne sombra dans un trou sans fond. Ses hurlements recouvrirent la pièce pendant une dizaine de minutes avant que sa souffrance ne prenne fin. Durant ce laps de temps, les autres baissèrent les yeux et serrèrent les dents. Il se tordait de douleur sur le sol et ils se trouvèrent des excuses, des arguments plus ou moins valables pour défendre leur lâcheté, se disant que la révolte, la vraie, approchait et que la résistance devait envisager des sacrifices. Ils se dirent que c’était la guerre, qu’elle avait commencé entre les murs de Poudlard, et que Wayne Hopkins en était l’une des victimes. Il y en avait d’autres des victimes, enfermées dans les cachots, attendant qu’on les délivre. Il y en avait d’autres des victimes et, pour les sauver, il fallait que rien ne vienne entraver le plan qui visait à les délivrer. Des sacrifices, ils en faisaient tous. Les sacrifices, c’était le nerf de la guerre.

 


 

Theodore Nott vivait comme une ombre solitaire dépourvue de la moindre émotion humaine. Il exécutait les ordres qu’on lui donnait sans discuter. D’une apparente neutralité, il adoptait continuellement une sorte de cynisme aristocratique, le fameux flegme anglais que son éducation stricte lui avait octroyé. Parfait sang-pur, personne ne se doutait des remords et des doutes qui régnaient dans son esprit depuis de longs mois, lui causant perte d’appétit et insomnie. Ces doutes lui faisaient prendre des risques, comme quelques jours plus tôt lorsque Pansy et lui avaient laissé filer Lavande Brown alors qu’elle se trouvait dans les couloirs en dehors du couvre-feu. Ces doutes faisaient qu’il avait de plus en plus de mal à surveiller les cachots et ses prisonniers quand Alecto le lui demandait.

— Amycus m’envoie te chercher. Il souhaite que tu escortes l’un de ses élèves jusqu’à l’infirmerie.
— Encore ? releva Theodore en haussant un sourcil sceptique. Et pourquoi tu ne le fais pas, Zabini ?
— C’est toi qu’il veut, lui répondit l’autre avec un sourire en coin. Il teste ta motivation et ta loyauté, Nott.

Theodore préféra ne pas relever le sous-entendu et posa un regard sur son camarade avant de reprendre sa route en sens inverse. Derrière lui, Blaise continua à scruter ses gestes jusqu’à ce que la cape noire du Serpentard tourne à l’angle d’un couloir. Il savait que Zabini prêchait ses propres intérêts et sa survie, tout comme lui, mais il s’en méfiait. Les deux adolescents se connaissaient depuis des années, bien avant d’entrer à Poudlard, mais ils n’étaient pas amis. Ils n’étaient que des connaissances qui avaient appris à se côtoyer et à s’accorder un relatif respect, mais ils n’avaient pas confiance l’un en l’autre. Si Blaise avait appris ce qui s’était passé pour Brown, il aurait tout aussi bien pu le dénoncer que garder le secret. Impulsif et vindicatif là où Theodore était imperturbable et glacial, les deux alliés ne l’étaient que par un pur concours de circonstances et dans un but commun.

L’adolescent se perdit dans des songes brumeux alors qu’il parcourait un long couloir et montait un escalier qui menait jusqu’à la classe d’Amycus Carrow, se rappelant des anciens professeurs de Défense contre les Forces du Mal qui en avaient franchi les portes et de leur façon d’enseigner. Ils se souvint qu’ils étaient tous différents et qu’il n’avait apprécié aucun d’entre eux. Toutefois, il dût reconnaître avec objectivité que Lupin avait été sans conteste le professeur le plus intéressant et le plus doué dans son domaine. Un léger sourire vint s’accrocher à ses lèvres fines en repensant à leur examen final de troisième année, une sorte de course d’obstacles parsemée de créatures qu’ils avaient étudié en cours. Il n’était d’ailleurs pas peu fier de l’avoir réussi haut la main.

— Qu’attendiez-vous pour entrer, Nott ?

Amycus venait d’ouvrir la porte de sa salle de classe en grand, et Theodore revint brutalement à la réalité. Remus Lupin n’était plus dans cette pièce depuis bien longtemps et les cours qu’il y avait enseigné à l’époque appartenait à un passé révolu. Le Mangemort qui lui faisait face n’apprenait pas aux élèves à se défendre, il leur apprenait à se battre et à utiliser des sorts impardonnables, vantant les mérites d’un seigneur des ténèbres que son propre père, Nott Senior, érigeait en sauveur du monde sorcier. Theodore, lui, était de moins en moins sûr d’en partager les valeurs bien que son géniteur eut tout fait pour que ce soit le cas, allant jusqu’à le traîner devant lui, jusqu’à lui brûler la chair de son avant bras gauche pour apposer leur marque. Il leur appartenait à présent, il lui appartenait, et son esprit rejetait, niait de toutes ses forces, cette idée.

— J’étais sur le point de le faire, monsieur, répliqua-t-il calmement.
— Emmenez-le. Il aura besoin de soins pour être remis sur pieds, fit Amycus en désignant un corps sur le sol.
— Bien, monsieur.

Theodore ne jeta qu’un bref coup d’oeil à la silhouette de Wayne Hopkins étendu sur le marbre blanc. Il ne prêta aucune attention aux autres élèves qui se dispersaient lentement, après que la fin de ce cauchemar eut sonnée. Il se contenta de sortir sa baguette et de lancer un sort de lévitation sur le Poufsouffle, le guidant à l’extérieur de la salle avec une indifférence cruelle. Il marchait doucement, sa cape noire se soulevant au rythme de ses pas, et il allait descendre les escaliers quand Seamus Finnigan le rattrapa pour se placer à sa hauteur. Le visage pâle, le Gryffondor serrait les poings si fort que ses jointures en étaient devenues blanches.

— Je t’accompagne, dit-il dans un souffle.
— Qu’est-ce qui te fait penser que je vais accepter, Finnigan ? rétorqua Nott d’un ton plat.
— Je ne te laisse pas le choix, Nott.

Theodore s’arrêta et, sur ses lèvres, un rictus sarcastique apparut alors que ses doigts s’amusaient à jouer avec la broche ornant sa cape noire. Seamus ne tourna pas le regard dans sa direction, il continuait de fixer le corps de Wayne comme s’il était incapable d’en détacher les yeux.

— Tu ne me laisses pas le choix ? reprit le Serpentard à voix basse, railleur. Vois-tu, je ne crois pas que tu sois en position de me donner des ordres. Je ne suis pas l’un de vos soldats, Finnigan, et Merlin me garde d’en être un si c’est de cette façon que vous protégez les innocents…
— Fais attention à ce que tu dis, Nott.

Soudainement, toute la tension que Seamus semblait avoir accumulée durant cette heure de cours se dirigea vers Theodore Nott. Le regard noir de fureur, il plongea rapidement la main dans la poche de sa cape et en sortit sa baguette qu’il pointa sous le nez de son rival. Celui-ci, loin de s’en trouver ébranlé, tenait toujours Wayne en suspension dans les airs grâce à sa baguette et renchérit par un haussement de sourcils blasé.

— Si tu crois que j’ai le temps pour tes petits jeux de pouvoirs, tu te trompes. J’ai une mission, et je compte bien la terminer donc, si tu veux bien, je vais te laisser avec ta culpabilité et le fait que tu n’aies rien pu faire pour ce Poufsouffle.

 


 

Anthony Goldstein sortait de la Grande salle où il venait de prendre son petit-déjeuner quand il assista à une scène atypique. En haut du grand escalier se tenaient Theodore Nott et Seamus Finnigan, ainsi que le corps immobile et inconscient de Wayne Hopkins. Celui-ci, visiblement mal en point, était maintenu en lévitation par la baguette du Serpentard qui produisait un filament de couleur blanchâtre le faisant graviter à deux mètres du sol. Finnigan, la baguette levée sous le nez de Nott, paraissait avoir une envie folle de lui refaire le portrait.

L’adolescent analysa rapidement la situation, pressentant que la tension qui régnait entre ces deux-là n’allait certainement pas s’arranger. Anthony avait deux solutions à cet instant précis : intervenir ou partir. S’il intervenait en faveur de l’un de ses camarades, cela revenait à prendre partie pour un camp et, en présence d’un membre de la Brigade Inquisitoriale, il ne pouvait pas se permettre d’être associé à Seamus Finnigan s’il voulait continuer à jouer un rôle dans la résistance. S’il choisissait cette option, le plus sage était donc d’intervenir pour calmer le jeu mais, si la situation dégénérait, l’avantage irait forcément à Theodore Nott puisqu’il n’aurait pas d’autres choix que de se rallier à lui. S’il partait, il ne prendrait le parti de personne, mais il laissait le corps de Wayne Hopkins aux mains d’un éventuel duel, ce qui se terminerait sûrement très mal pour l’un des trois protagonistes. Son esprit cartésien lui disait qu’il était plus sain de ne pas s’aventurer sur leur terrain. Cependant, sa morale prit le dessus. Sa décision prise, il se rua dans l’escalier, prêt à en découdre s’il le fallait.

— Tiens, Goldstein, l’interpella Theodore dans un sourire circonspect, tu tombes très bien. Je disais justement à Finnigan que je devais partir, mais il n’a pas l’air de mon avis. En ta qualité de préfet, qui est la même que la mienne par ailleurs, je suppose que tu peux lui faire comprendre que sa présence m’est indésirable.
— Ferme-la, Nott, grogna Seamus, le tenant en joue avec férocité. Un mot de plus, et je te pulvérise ta sale petite gueule de snobinard. Anthony, ne te mêle pas de ça, tu veux ?

Le dit Anthony fronça les sourcils en prenant conscience de la familiarité avec laquelle Seamus lui avait parlé, mettant sa couverture en danger. Si les Carrow comprenait dans quel camp il était, il était foutu et toute la résistance l’était également. Justement, Theodore, qui était loin d’être dupe, semblait avoir retenu chaque mot du Gryffondor et se tournait déjà vers lui avec un rictus de plus en plus narquois.

— Eh bien, Anthony, que vas-tu faire ? Est-ce que tu vas écouter ce cher Finnigan ? C’est plutôt risible, je ne vous pensais pas si proches tous les deux, souleva-t-il, visiblement amusé par le déroulé des événements.
— On ne l’est pas, répliqua le Serdaigle, sortant sa baguette pour la pointer sur Seamus.
— Oh, vraiment ?
— Qu’est-ce que tu fous, bordel ?!

Seamus lui lança un regard qui ne trompait pas. Il lui ordonnait de baisser sa baguette et de se rallier à ses côtés, mais Anthony n’était pas prêt à laisser tomber. Il n’était pas question que Padma soit tombée aux mains des Carrow pour rien. Il n’était pas question qu’il abandonne cette identité à cause d’un idiot qui n’avait rien compris à la stratégie qu’il avait mis en place pendant des mois. Il n’avait pas vendu son âme à Alecto Carrow pour que leur plan n’aboutisse pas. Il était l’un des cavaliers du jeu. Si son masque était révélé, alors la mission de ce soir était vouée à l’échec. Et Padma resterait dans sa cellule.

— Baisse ta baguette, Finnigan, intima Anthony d’un ton sans appel.
— Il n’en est pas question ! rétorqua le Gryffondor, le coeur serré par la révolte.

La scène était incroyable. Anthony Goldstein pointait résolument sa baguette sur Seamus Finnigan tandis que celui-ci tenait le Serpentard en respect avec la sienne. Et, pendant tout ce temps, le bras de Theodore Nott n’avait pas flanché, maintenant Wayne Hopkins dans les airs. Personne ne sut réellement ce qui se passa à cet instant, et surtout pas ces quatre adolescents. Toujours fut-il que les baguettes semblèrent établir une connexion puissante entre elles et qu’un éclair blanc les aveugla tous les trois. Cela ne dura que quelques secondes tout au plus mais, quand ils rouvrirent les yeux, plus rien n'était comme avant.

Note de fin de chapitre :

J'ai choisi de vous présenter brièvement la situation à Poudlard lors de l'Année des Ténèbres afin que vous compreniez mieux qui sont ces quatre garçons et l'environnement dans lequel ils baignent avant de vous emmener avec eux dans un univers alternatif. Comme vous avez pu le constater, ils obéissent tous les quatre à des règles diverses.

 

- Seamus est dans la révolte permanente, au point d'en oublier les stratégies mises en place par la résistance après la torture dont a été victime Wayne et, par voie de conséquence, de mettre en danger Anthony.

 

- Wayne est une perpétuelle victime. Il maintient la peur et la colère jusqu'à ce moment, face à Amycus, où il craque et se laisse submerger par ses émotions. Wayne n'a pas de règles, hormis celle de survivre au mieux.

 

- Theodore obéit aux règles des Carrow, mais il lui arrive d'en dériver. C'est un esprit analytique, qui doute énormément et remet les valeurs qu'on lui a transmises en question. Il pense à sa survie et à ses intérêts personnels pour survivre.

 

- Anthony est un esprit cartésien. Il établit des stratégies en sa qualité d'espion comme s'il était sur un jeu d'échecs.

 

J'espère que mes personnages vous plaisent, que leur évolution et ce nouvel univers vous intriguent. Si vous avez l'envie de me laisser votre avis, n'hésitez pas ! ;)

 

Lyssa

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