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News

Programme de juillet des Aspics


Bonsoir à toustes !

Un peu de lecture pour vous accompagner en cette période estivale... Vous avez jusqu'au 31 juillet pour, d'une part, voter pour le thème de la prochaine sélection ici et, d'autre part, lire les textes de la sélection "Romance" du deuxième trimestre 2024, et voter ici !

Les sélections sont l'occasion de moments d'échange, n'hésitez pas à nous dire ce que vous en avez pensé sur le forum ou directement en reviews auprès des auteurices !


De L'Equipe des Podiums le 11/07/2024 22:30


Assemblée Générale 2024


Bonjour à toustes,

L'assemblée générale annuelle de l'association Héros de Papier Froissé est présentement ouverte sur le forum et ce jusqu'à vendredi prochain, le 21 juin 2024, à 19h.

Venez lire, échanger et voter (pour les adhérents) pour l'avenir de l'association.

Bonne AG !
De Conseil d'Administration le 14/06/2024 19:04


Sélection Romance !


Bonsoir à toustes,

Comme vous l'avez peut-être déjà constaté, sur notre page d'accueil s'affichent désormais des textes nous présentant des tranches de vie tout aussi romantiques ou romancées les uns que les autres ! Et oui, c'est la sélection Romance qui occupera le début de l'été, jusqu'au 31 juillet.

Nous vous encourageons vivement à (re)découvrir, lire et commenter cette sélection ! Avec une petite surprise pour les plus assidu.e.s d'entre vous...

Bien sûr, vous pouvez voter, ça se passe ici !


De Jury des Aspics le 12/06/2024 22:31


145e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 145e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Vendredi 14 juin à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
À très bientôt !


 


De L'équipe des nuits le 12/06/2024 12:33


Maintenance des serveurs


Attention, deux interventions techniques prévues par notre hébergeur peuvent impacter votre utilisation de nos sites les 28 mai et 4 juin, de 20h à minuit ! Pas d'inquiétudes à avoir si vous remarquez des coupures ponctuelles sur ces plages horaires, promis ce ne sont pas de vilains gremlins qui grignotent nos câbles ;)

De Conseil d'Administration le 26/05/2024 18:10


144e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 144e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Samedi 18 mai à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits et à vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De L'équipe des Nuits le 12/05/2024 11:00


With a little help (from my friends) par Violety

[14 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

J'ai écrit cette histoire à l'occasion de l'Echange de Noël 2020, pour Spiritos. Elle avait notamment envie de lire sur la solitude d'Hermione, en première année, et sur divers personnage de cette génération que vous verrez apparaître au fil de cette fanfic. Elle précisait aussi apprécier un peu d'angst et de douce amertume. Vous en trouverez pas mal dans cette histoire.

C'est la première fois que j'écris avec Hermione - c'était un peu impressionnant, de prime abord. Cela m'a demandé pas mal de réflexion sur sa famille, sur qui elle était avant Poudlard - et sur qui elle est à Poudlard quand elle n'est pas avec Harry. C'est très agréable à explorer. J'ai sans doute projeté sur elle, plus ou moins volontairement, pas mal de mon propre ressenti, de ma propre solitude à certains moments, et de ma propre angoisse adolescente.

Les cinq premiers chapitres suivent le récit du canon, à différents moments de sa scolarité, revisités selon son point de vue. Vous y trouverez donc des passages familiers - avec quelques dialogues directement tirés des livres - mais aussi de nombreux missing moments.

Trois chapitres sont déjà écrits ; la fanfiction en comptera 6. Bonne lecture ! :)

 

Avertissement : Cette fanfiction parle de harcèlement scolaire et de racisme, entre autres.

 

 

Note de chapitre:

Merci à mes chères fleurs AliceJeanne et CacheCoeur pour leurs relectures. Merci à mon amie Sélène pour ses précieux conseils. Merci à toutes pour les encouragements, ainsi qu'à Ella C. et Fleur d'épine pour les séances de brainstorming.

Les personnages, l'univers et la majeure partie de l'intrigue sont issus de Harry Potter. Je me suis simplement à me glisser dans les interstices.

Avertissement : Cette fanfiction parle de harcèlement scolaire et de racisme, entre autres.

Octobre 1991

 

 

 

Elle pensait que ce serait différent, cette fois. Elle l’a espéré, de toutes ses forces. Dès l’instant où elle a su qu’elle était une sorcière, elle a attendu, impatiemment, de rencontrer des gens qui comprendraient. Ses gens.

 

 

 

 

 

Hermione Granger n’est pas une enfant malheureuse. Elle a deux parents aimants qui, malgré leur travail prenant, trouvent toujours du temps pour jouer avec elle, lui lire des histoires ou répondre à ses questions. Ses grands-parents l’adorent, et la gâtent dès qu’ils le peuvent. Ses tantes sont amusantes et il y a souvent des amis de la famille à la maison, dont elle apprécie écouter les conversations. Elle aime particulièrement Cori, l’amie de lycée de sa mère, qui lui apporte toujours un nouveau livre quand elle vient.

 

 

 

Hermione Granger adore lire, et apprendre, comprendre de nouvelles choses. Elle est la première de sa classe à l’école, dans toutes les matières, et reçoit des félicitations de ses professeurs chaque année. Elle est bonne en musique, grâce aux leçons de piano qu’elle a prises très tôt, et, si a plus de mal en cours de dessin, le professeur écrit toujours : « Élève très sérieuse » dans ses bulletins.

Hermione Granger semble ne manquer de rien. Elle est d’ailleurs, la plupart du temps, tout à fait contente.

 

 

 

Une chose l’empêche toutefois de l’être en permanence. Plusieurs choses, à vrai dire.

 

 

 

 

 

Il y a les regards que lui jettent certains adultes, quand elle se lève pour aller chercher ses récompenses à la remise de prix en fin d’année ; la surprise qu’elle lit sur les visages, parfois, lorsqu’elle déclare fièrement que ses parents sont dentistes ; les gestes et les remarques sur son apparence qui la mettent mal à l’aise, sans qu’elle n’ose dire quoi que ce soit. Il y a les recommandations de ses parents, quand elle est invitée chez des camarades de classe, la lueur d’inquiétude dans les yeux de sa mère quand elle lui fait promettre d’être polie, de rester sage et de les appeler s’il y a le moindre problème. Il y a ces moments où elle sent son père se tendre, dans la rue, quand ils passent à côté d’agents de police. C’est une somme de petites choses. C’est cette sensation, quand elle regarde autour d’elle en classe et qu’elle se souvient que seuls deux autres enfants ont la même couleur de peau qu’elle.

Il y a les choses inexpliquées, aussi. Les moments étranges, les coïncidences bizarres. La fois où Kevin Pence a tenté de lui piquer son livre, dans la cour, et qu’il s’est soudainement retrouvé face contre terre, ses chaussures attachées entre elles par les lacets. Le jour où Monica Wilson, qui s’était encore moquée de ses cheveux crépus la veille, est sortie des toilettes en pleurant, sa belle chevelure blonde disparue soudainement. Le moment où sa grand-mère a failli tomber, dans les petits escaliers qui mènent à son hall d’immeuble, mais s’est miraculeusement retrouvée debout sur ses deux pieds, bien droite. Toutes ces choses surnaturelles, dont Hermione ne comprend la signification que bien plus tard, un jour de juillet 1991, quand une belle dame à l’air sévère et au chignon serré vient annoncer aux Granger que leur fille est une sorcière ; toutes ces choses ne font que renforcer cette sensation – toujours là, dans un coin de sa tête. Une impression d’être à part.

 


Il y a surtout le fait que ses meilleurs amis sont des livres trop gros pour ses petites mains, le vieux chat roux de son grand-père qui passe désormais la plupart de son temps à dormir, et – des adultes. Hermione Granger n’a pas vraiment d’amis de son âge, et elle n’a toujours pas vraiment compris pourquoi. Elle a des camarades de jeu, des copains et des copines. Elle sympathise avec les autres enfants facilement, sa grand-mère paternelle est toujours ébahie de l’aisance avec laquelle Hermione aborde les autres quand elle l’emmène au parc. Cela fonctionne, un temps. Les conversations d’enfant, les jeux, les « on dirait que toi tu étais une princesse et moi une fée », les cache-caches et les chats perchés. Et puis vient toujours le moment où sa nouvelle copine, son nouveau copain, rencontre d’autres enfants et oublie Hermione. Le moment où Hermione dit quelque chose, et l’autre enfant ne veut plus jouer avec elle. Ou pire – le moment où une chose étrange se produit, que personne ne peut expliquer, mais cela n’empêche pas les regards suspicieux.

 

 

 

A l’école, certaines filles l’acceptent dans leur groupe, le temps d’un jeu ou d’une discussion. Elles l’invitent même à leurs anniversaires, plus rarement à leurs soirées pyjama. La plupart ne sont pas méchantes. Elles ne sont juste pas… Permanentes. Elles sont amies, entre elles, et elles n’ont pas vraiment besoin d’Hermione. Il y a tout de même eu Emma, la nouvelle arrivée au milieu de l’année, qui a pris Hermione en amitié, l’a invitée à dormir chez elle, lui a appris les chorégraphies de ses clips préférés, et lui a transmis tout le savoir qu’elle tient de sa grande sœur - qui est au lycée et sort avec des garçons. Et puis Emma a déménagé à nouveau, et Hermione est retournée à ses livres et à ses jeux occasionnels quand un groupe a besoin d’une personne en plus.

La plupart du temps, cela ne la gêne pas beaucoup. Elle a ses livres, et puis l’école est faite pour apprendre, et elle sait qu’à la maison l’attendront un bon goûter, un baiser de sa mère et des chatouilles de son père, peut-être même qu’elle verra sa cousine Tess et son cousin Jordan ce week-end, et qu’ils iront manger des glaces avec leurs grand-parents.

 

 

 

Mais parfois, elle lève les yeux de son livre, elle entre en classe, ou elle attend son tour dans la salle de gym, et elle voit autour d’elle les groupes d’enfants, les confidences dont elle est exclue et les rires dont elle se demande toujours un peu s’ils ne la visent pas. Elle est alors à nouveau envahie par cette sensation. Quelque chose d’un peu froid, d’assez triste, qui est toujours là dans un coin de sa tête et qui prend plus ou moins de place. Qui est parfois si présent qu’elle pense ne plus pouvoir respirer. Cette sensation qu’elle peut nommer, depuis qu’elle a trouvé le mot dans un livre – solitude.

 

 

 

 

 

* * *

 

 

 

Une fois de plus, Hermione attend.

 

 

 

A côté d’elle, Neville tente laborieusement de transformer sa cuillère à café en cuillère à soupe – le professeur McGonagall leur enseigne le charme d’Extension. Hermione entend Ron Weasley pester, et ne peut s’empêcher de sourire. Elle se reprend rapidement – ce n’est pas gentil de se moquer des autres – mais Ronald est parfois tellement désagréable avec elle. Depuis leur escapade nocturne, il y a quelques semaines, et leur rencontre avec le chien à trois têtes, elle ne lui a quasiment pas reparlé, ni à Harry. Mais elle entend bien ses ricanements lorsqu’elle se trompe – rarement – ou qu’elle se fait remettre à sa place par le professeur Rogue – bien plus souvent.

 

 

 

Son voisin émet un gémissement. Neville a le visage tordu de concentration, mais sa cuillère fait toujours la même taille. Sa baguette semble montrer des signes d’agacement – elle vient de lancer quelques étincelles. Hermione se tourne vers Neville, et pose doucement sa main sur le poignet du garçon, arrêtant ses mouvements brusques.

 

« Attention, Neville, prévient-elle patiemment. Si tu t’énerves trop, ta baguette risque de ne pas comprendre ce qu’il se passe et de n’en faire qu’à sa tête. »

 

 

 

Neville gémit de nouveau, mais abaisse son poignet. Il lance un regard envieux à la cuillère à soupe parfaite d’Hermione. Voilà déjà dix minutes qu’elle a terminé l’exercice, et elle a même pris le temps d’y ajouter des arabesques – l’enseignante lui a attribué quinze points pour cela.

 

« Comment tu as fait ? geint Neville. Tout semble tellement facile quand tu le fais…

 

- Ce n’est pas si facile que ça en a l’air, Neville, répond Hermione. Ça ne se voit pas, mais je passe beaucoup de temps à m’entraîner, et quand j’ai le temps j’essaye de prendre de l’avance sur le programme… Le plus important, c’est la diction – tu dois bien prononcer le sort – et la concentration...

 

- Mais je suis concentré !

 

- Mais tu es tout… serré ! », remarque-t-elle en désignant son visage. Neville se détend un peu, relâche son expression crispée crispé. « Il faut être concentré, mais calme, reprend Hermione. Vas-y, essaye un truc : pose ta baguette, et inspire bien fort… »

 

 

 

Elle s’attend presque à ce que Neville la rembarre, mais il obtempère. Inspire. « Ok, maintenant, souffle bien fort... » Neville expire, et son corps se détend un peu plus. Hermione lui fait répéter ce petit manège trois fois de plus. C’est ce que son père lui fait faire quand elle est tellement stressée qu’elle n’arrive plus à respirer.

 

 

 

« Reprends ta baguette, sans trop la serrer, et concentre-toi sur la cuillère à soupe. Tu as l’image d’une cuillère à soupe dans ta tête ? » Neville hoche la tête. « Très bien, maintenant, essaye de lancer le sort, fermement, mais calmement.

 

 

 

Neville respire profondément à nouveau, serre un peu le poing sur sa baguette, mais la relâche – et toute sa position est bien plus détendue. D’un air déterminé, il prononce le sort. Sur le bureau devant lui, le manche de la cuillère à café s’allonge et s’élargit. Hermione laisse échapper un petit cri de contentement :

 

« Regarde, Neville ! Tu y es presque ! » Celui-ci semble tout étonné du résultat – il parvient encore trop rarement à réussir des sorts, même incomplets.

 

 

 

C’est le moment que choisit le professeur McGonagall pour revenir à l’avant de la classe. Son regard perçant s’arrête sur la cuillère de Neville, partiellement agrandie, avant de passer sur les deux élèves devant elle.

 

« C’est bien, Monsieur Londubat, vous êtes sur la bonne voie, deux point pour Gryffondor. Continuez comme ça ! »

 

 

 

Dean Thomas se penche par-dessus sa table, derrière Hermione et Neville, pour adresser une petite tape sur le dos de ce dernier en guise de félicitations. « Bien joué, Neville ! »

 

 

 

 

 

En sortant de la salle de classe, Neville est de nouveau félicité, par Parvati Patil cette fois. Il est rare que le garçon rapporte des points à Gryffondor. Tandis qu’ils descendent vers la Grande salle pour déjeuner, il remercie Hermione à profusion.

 

« C’est vraiment très gentil de m’aider comme ça, Hermione, merci ! Sans toi je n’y serais jamais arrivé !

 

- De rien, c’est normal ! Mais surtout n’oublie pas, pour la prochaine fois, la clé c’est l’entraînement et la concentration ! »

 

Neville hoche la tête distraitement alors qu’ils passent la porte de la Grande salle. Hermione s’attend à ce qu’il s’assoit avec elle à la table des Gryffondor, comme ils font souvent. Mais Dean, déjà en bout de table avec d’autres de leur camarades, lui fait de grands signes. Neville se dirige vers lui avec un grand sourire, oubliant Hermione. Celle-ci s’apprête à le suivre, mais il ne reste qu’une seule place, à côté de Ron. Il a mis son sac à côté de lui, il doit garder la place pour Harry.

Hermione s’assied donc en milieu de table, avec des élèves de cinquième année. Ils sont plongés dans une conversation sur d’autres élèves de leur année, et ne prêtent pas attention à la fillette. Percy Weasley finit toutefois par remarquer sa présence, et par lui poser des questions sur ses cours. Percy est assez gentil – de sa façon maladroite, un peu donneuse de leçons – mais il s’écoute beaucoup parler et Hermione n’a pas vraiment envie de ça aujourd’hui. Elle lui répond poliment, sans s’étendre, et il finit par la laisser tranquille.

Elle commence par manger trop vite, se reprend, pensant à ce que lui a dit sa mère sur l’importance de bien mâcher. Un éclat de rire, à sa gauche, lui fait relever la tête. Elle aperçoit Seamus Finnigan qui raconte quelque chose d’hilarant, à en croire les visages de Neville et des autres autour de lui. Malgré elle, elle sent les larmes monter dans sa gorge. Elle inspire, expire, les ravale, boit une gorgée d’eau, inspire, expire. Hermione a depuis longtemps appris à ne pas trop montrer son émotivité en public. D’autant qu’elle serait bien en mal d’expliquer pourquoi elle pleure à ce moment.

 

 

 

 

 

Comment résumer les émotions qui la traversent en une phrase simple ? Elle se sent abandonnée, utilisée, oubliée, rejetée – seule. Neville ne pensait pas à mal, elle le sait bien. Il n’a juste pas pensé du tout – à elle, du moins. Ils passent beaucoup de temps ensemble, tous les deux. Neville est maladroit, a peur de tout, et se comporte encore comme un enfant. Les autres Gryffondor l’aiment bien – lui, murmure une cruelle petite voix dans la tête d’Hermione – et ne se moquent quasiment pas de lui – la petite voix se fait plus insistante – mais ne pensent pas toujours à l’inclure avec eux. Et puis les duos se sont vite formés – Ron et Harry, Seamus et Dean, Parvati et Lavande. Ne restent qu’Hermione, la miss-je-sais-tout, et Neville, le lourdaud. Les deux que personne ne veut se coltiner finissent souvent ensemble. Cela ne dérange pas Hermione, au contraire. Elle aime bien Neville, il est amusant quand il se détend, et bien plus intelligent que tout le monde ne le pense. Elle sent qu’avec le temps ils deviendront de bons amis.

 

 

 

Mais il a suffi d’une fois, un petit accès de popularité, pour que Neville l’oublie et rejoigne les autres. Il reviendra sûrement bien vite, et Hermione l’accueillera sans rien dire, mais ce repas est difficile à avaler. Cela fait déjà un mois qu’elle est entrée à Poudlard, et elle n’y a pas tout à fait trouvé ce qu’elle espérait. L’école est fabuleuse – malgré les animaux inquiétants qu’on y trouve – les cours passionnants, elle en apprend tous les jours un peu plus sur la magie, les professeurs sont compétents, et ses camarades de Gryffondor sont sympathiques, même si certains sont un peu trop prompts à enfreindre les règles à son goût. Mais la sensation, celle qui la suit depuis des années, est toujours là – cette solitude qui ne la lâche pas.

 

 

 

Elle pensait pouvoir se fondre dans la masse, ici – elle n’est plus la seule à qui il arrive des choses étranges, et il y a beaucoup d’autres enfants à la peau aussi sombre, voire plus, que la sienne, à Gryffondor. Elle pensait pouvoir se faire des amis, rencontrer d’autres petits sorciers avec qui elle partagerait un lien.

Mais elle se fait toujours remarquer, car elle ne peut pas s’empêcher de répondre aux questions des professeurs, de montrer qu’elle sait de quoi on parle, ou d’effectuer ses sorts et potions comme il faut. Elle n’a jamais vraiment compris pourquoi c’était si mal vu, de répondre correctement et volontairement aux questions des enseignants.

 

Elle s’entend assez bien avec Parvati, une fille de son dortoir, qu’il lui semble avoir déjà rencontrée auparavant, même si elles n’en ont jamais parlé. Elles se prêtent des romans et elles discutent parfois, quand Parvati n’est pas avec sa sœur jumelle Padma, ou son amie Lavande. Dès que l’une des deux est là, Parvati ne lui prête plus attention. Quant à Lavande, Hermione ne sait pas vraiment comment l’approcher – elles n’ont rien en commun. Il y a bien Dean, avec qui elle partage un certain vécu, et qui a essayé de lui apprendre à dessiner. Mais il passe tout son temps avec Seamus et les autres garçons. En début d’année, elle partageait parfois sa table avec Harry, et il avait l’air gentil. Mais depuis le chien à trois têtes… Elle préfère ne pas y penser.

 

 

 

Les autres élèves de Gryffondor font déjà tous partie de groupes d’amis soudés, et les gens des autres maisons… Il n’y a guère que Susan Bones, sa partenaire en Botanique, qu’elle se verrait appeler un jour une « amie ». Mais la Poufsouffle en a déjà d’autres, des amis, et si ils sont très gentils, Hermione sent bien qu’elle les agace souvent.

 

 

 

 

 

C’est comme à l’école primaire. Hermione discute souvent avec ses camarades, elle mange rarement seule et elle a toujours des gens avec qui travailler à la bibliothèque. Mais dans les moments qui comptent – les autres moments, le soir après le dîner et les devoirs, ou les week-ends ensoleillés – ceux qui ne sont fait que pour rire et s’amuser, raconter des histoires et échanger des secrets – elle ne sait jamais vraiment vers qui se tourner.

 

 

 

 

 

* * *

 

 

 

Octobre est bien avancé, et la nuit tombe de plus en plus tôt. Hermione marche vite dans le couloir du premier étage, serrant sa cape contre elle. Elle sent déjà les larmes couler sur ses joues, et hâte le pas – hors de question qu’on la voie dans cet état.

Cette fois, c’était en cours de potion – c’est souvent en cours de potion. Elle a tenté de répondre à une question du professeur Rogue, il s’est moqué d’elle, et tous les Serpentard ont ri. Que les Serpentard, heureusement – même Ron Weasley ne ricane plus quand Rogue s’en prend à elle – solidarité de Gryffondor. A la fin du cours, alors qu’elle rangeait ses affaires, Pansy Parkinson est passée devant elle, suivie de Millicent Bulstrode et Daphné Greengrass, et a lâché :

 

« Vraiment, non seulement Granger est insupportable, mais en plus elle a toujours l’air débraillée ! Regardez ses cheveux, on dirait un Nifleur mal peigné ! » Et elle a attrapé les cheveux d’Hermione. Elle a tiré dessus, ricanant avec ses amies, comme si la chevelure d’Hermione était un objet qu’elle pouvait manipuler à sa guise.

 

 

 

Pendant une demie-seconde, Hermione a failli lui jeter un sort. Mais cela se serait retourné contre elle, alors elle s’est contentée de jeter un regard noir aux Serpentard, et de filer vers les toilettes pour laisser couler ses larmes et sa fierté blessée.

 

 

 

Enfin, les voilà devant elle. Les larmes obstruent déjà sa vue. Elle a à peine le temps de reculer lorsque la porte s’ouvre en grand et qu’en sort une Gryffondor élancée, ses tresses noires élégamment posées sur une épaule.

 

 

 

« Oh ! Pardon ! », s’exclame Angelina Johnson, reculant à son tour. Hermione doit lever les yeux pour la regarder, l’adolescente fait bien une tête et demie de plus qu’elle. Elle ravale ses larmes à toute vitesse – faire bonne figure, faire bonne figure. Mais trop tard.

 

« Oh, mais… Hermione, c’est ça ? Mais pourquoi tu pleures ? demande gentiment Angelina, se penchant légèrement.

 

- Je… je ne pleure pas », répond rapidement la fillette, levant le menton en signe de défi. Sa voix tremble malgré elle.

 

« Alors tu as pleuré... Qu’est-ce qu’il t’arrive ? »

 

 

 

Hermione serre les poings, ferme les yeux un instant. C’est toujours pareil. Quand on lui fait remarquer qu’elle pleure ou qu’elle est au bord des larmes, elle se retrouve incapable de les retenir. Cette fois-là ne fait pas exception – elles recommencent à couler sans qu’elle puisse les en empêcher. De plus en plus vite, de plus en plus de larmes, et voilà qu’elle hoquette. Elle ne peut plus s’arrêter, elle sent son visage humide se tordre et son corps trembler.

Angelina, l’air inquiet, attrape la main d’Hermione et l’amène dans les toilettes, la fait asseoir sur un petit banc à côté des lavabos. Elle attend, patiemment, que la crise de larmes se calme. Elle se lève un instant, va chercher du papier toilette dans l’une des stalles, et le tend à l’autre Gryffondor, qui se mouche bruyamment.

 

 

 

Quand Hermione se calme enfin, après un temps qui lui paraît une éternité, Angelina transforme le papier restant en verre, et rapporte de l’eau à sa camarade. Elle lui demande à nouveau, encore plus doucement :

 

« Tu veux me raconter ce qu’il s’est passé ? »

 

 

 

Hermione lui raconte. Le cours de Potions, les remarques de Rogue, ce qu’a fait Pansy Parkinson. Angelina fronce les sourcils en entendant cela, la colère apparaît sur son beau visage. Hermione la sent aussi monter en elle, cette colère, alors qu’elle déroule son récit – Pansy n’avait pas le droit de toucher ses cheveux, répète-t-elle à plusieurs reprises, d’un ton dur. Elle voit Angelina qui acquiesce, et, encouragée, elle lui raconte le reste. Dans les grandes lignes – pas la peine que cette troisième année si cool, joueuse de Quidditch appréciée de tous, voie à quel point Hermione est perdue, seule. Mais elle lui explique, avec ses mots, cette solitude qui la suit, elle qui pensait trouver un havre de paix à Poudlard.

 

 

 

Quand elle s’arrête, sa camarade ne dit rien, pendant un long moment. Puis :

 

« Bon. Est-ce que tu veux que j’aille régler son compte à Parkinson, déjà ? »

 

 

 

Hermione sursaute. « Régler… son compte ? », répète-t-elle avec hésitation. Elle ne s’attendait pas à cela.

 

« Je ne parle pas de lui faire du mal, la rassure Angelina. Enfin… Si elle se tient à carreau », marmonne-t-elle d’un ton féroce. Devant l’air effrayé d’Hermione, elle se reprend :

 

« Je l’ai déjà remarquée, tu n’es pas la seule qu’elle emmerde ainsi. Disons qu’on peut aller la voir, avec des copines, et lui expliquer qu’on peut lui rendre la vie difficile si elle continue à te prendre la tête… Je suis sûre que je pourrais convaincre les jumeaux Weasley de lui faire une « blague »…

 

- Je… je ne suis pas sûre d’être très à l’aise avec ça, avoue Hermione. Je n’ai pas envie d’entrer dans son jeu.

 

- Je comprends. Mais si je la reprends à faire un truc pareil, je ne garantis rien… »

 

Angelina se tait un instant, soupire, puis reprend.

 

« Tu sais… Je comprends un peu ce que tu ressens, cette solitude et cette impression d’être « hors-sujet »…

 

- Quoi ?! s’exclame Hermione malgré elle. Toi, tu comprends ? »

 

A chaque fois qu’elle voit Angelina, dans les couloirs et dans la salle commune, elle est frappée par l’assurance de son aînée, toujours accompagnée d’un groupe d’amis. Elle a dû mal à l’imaginer être aussi perdue qu’elle.

 

 

 

Angelina sourit, d’un air un peu triste :

 

« Tu me vois maintenant, je suis en troisième année, je suis dans l’équipe de Quidditch, j’ai enfin trouvé ma place… Mais ça m’a pris un peu de temps. Je n’étais pas comme ça en première année. Je suis arrivée, je ne connaissais personne à part mon grand-frère, mais il était déjà en sixième année et il avait sa vie à gérer. Toutes les filles de mon dortoir se connaissaient déjà ou s’étaient rencontrées dans le train, et les garçons étaient persuadés qu’on n’était pas assez cool pour traîner avec eux…

 

- Mais… Tu ne viens pas d’une famille de sorciers, toi non plus ?

 

- Ah, si, si, tu peux pas faire plus sorcière ! Mais je suis née aux États-Unis, puis mes parents ont bougé en Australie avant de venir en Angleterre, juste avant ma première année. Je ne sais pas ce que c’est, de débarquer ici en étant né-moldue, par contre, avoir l’impression que tout le monde se connaît sauf toi, je l’ai vécu. Et puis quand tu es une des seules noires, c’est pas évident non plus… Enfin, moi, j’avais Alicia au moins. C’est grâce à elle que je me suis intégrée d’ailleurs, on est devenues copines en cours de Vol…

 

- Tu sais, par rapport à mon école primaire, il y a beaucoup plus d’enfants noirs à Poudlard… lui dit Hermione.

 

- « École primaire » ? C’est quoi ?

 

- Chez les moldus, on va à l’école à partir de 6 ans, pour apprendre à lire et à compter. Et moi j’étais dans une école où j’étais toujours la seule fille pas blanche de la classe…

 

- Ah ouais, dur... Bon Poudlard ça doit être un changement sympa mais je vais pas te mentir : des petits racistes comme Parkinson, il y en a d’autres. C’est pour ça que c’est important de t’entourer de gens bien…

 

- Oui, je sais bien… Il y a des enfants sympas, dans mon année, mais… Je crois que je les énerve », termine Hermione d’une petite voix. Angelina lui lance un regard compréhensif :

 

« C’est toi, la première de la classe qui a réponse à tout ? » Hermione rougit, et souffle : « Oui. »

 

 

 

« Franchement, c’est cool que tu saches autant de choses, déjà. J’imagine qu’il y a des gens qui ont du mal avec ça… Mais ne t’en fais pas, je suis sûre qu’ils vont se rendre compte à quel point tu es cool ! En attendant, tu peux traîner avec mes amies et moi, si tu veux.

 

- Vraiment ? s’écrie Hermione, rougissant de plus belle. C’est gentil mais… Je ne veux pas m’imposer…

 

- N’importe quoi, si c’est moi qui te propose ! Allez viens, ça va être l’heure de dîner », rappelle Angelina en sortant dans le couloir.

 

 

 

Hermione reste un instant, hésitante, sur le banc des toilettes. Arrivée à l’entrée, Angelina se retourne vers elle.

 

« Tu viens ? »

 

Hermione la suit. Et l’espoir remplace la solitude.

 

 

 

 

 

 

 

* * *

 

 

 

Les choses s’arrangent, un temps. Angelina et ses amies sont bienveillantes, elles n’oublient jamais Hermione aux heures des repas, et viennent souvent vérifier que la fillette va bien. Parfois, elles travaillent à la bibliothèque avec elle. Il y a même eu cet après-midi particulièrement ensoleillé où elles l’ont invitée à se joindre à elles dans le parc, et elle les a écoutées parler de musique et se raconter les deux semaines où Janet est sortie avec un Serdaigle de quatrième année.

 

 

 

Un dimanche après-midi, Alicia et Angelina sont venues la chercher dans son dortoir. Elles lui ont proposé de lui faire des tresses, et lui ont montré tous les produits magiques – encore plus efficaces que les moldus – dont elles disposent pour prendre soin de leurs cheveux crépus. Hermione a poliment décliné les tresses – elle n’aime pas la sensation sur son crâne, et puis sa grand-mère lui a toujours dit d’être fière de ses cheveux au naturel. Elle a quand même emprunté à Alicia, un petit pot d’une potion Lissenplis développée spécialement pour les cheveux comme les siens.

 

 

 

Pansy Parkinson n’a pas recommencé. Elle lui jette toujours des regards noirs et elle rigole aux piques du professeur Rogue, mais elle ne s’approche plus d’elle. Hermione n’est pas sûre de ce qu’il s’est passé, mais un jour, en sortant de la Grande salle elle a croisé les jumeaux Weasley qui semblaient remonter des cachots. Fred lui a fait un clin d’œil, George l’a saluée avec enthousiaste, et ils ont continué leur chemin. Pansy ne s’est pas montrée aux repas des trois jours suivants.

 

 

 

Les choses s’arrangent. Hermione n’a pas encore rencontré les amis dont elle rêvait, mais elle se sent un peu moins seule. Elle a même réussi à participer aux discussions de ses voisines de dortoir, plusieurs soirs de suite, et Neville lui a proposé de travailler ensemble pour un projet en Botanique. Un soir, elle terminait un devoir à côté de Dean, et ils ont longuement discuté de tous les trucs moldus qui leur manquent depuis qu’ils sont à Poudlard. Ils ont quand même conclu que la magie, c’est vachement mieux.

 

 

 

 

 

Le matin d’Halloween, Hermione se lève de bonne humeur. Elle a cours de Sortilèges ce jour-là, et si elle ne se trompe pas, ils en sont arrivés au point du programme concernant le sort de Lévitation. Elle descend dans la Grande salle avec Lavande et Parvati. Les couloirs embaument la citrouille, la délicieuse odeur leur parvient dès qu’elles sortent du trou derrière le portrait de la Grosse Dame. Angelina l’a prévenue qu’au moment des fêtes, Poudlard était toujours brillamment décoré par les professeurs. Et selon Alicia, Halloween est l’une des meilleures fêtes de l’année.

 

 

 

Hermione a un sourire aux lèvres quand elle entre dans la salle de classe du professeur Flitwick. Elle s’assoit à sa place habituelle, sort sa baguette, et s'entraîne à répéter le mouvement du poignet qu’ils ont appris ces dernières semaines. « Poignet bien souple… Lève, tourne… Lève, tourne... » La sonnerie qui annonce le début des cours coupe sa concentration. Ron Weasley, en retard comme souvent le matin, passe devant son bureau pour s’asseoir derrière. Elle ne manque pas le regard de mépris qu’il lui lance. Ils ne se sont plus reparlé depuis le jour où Harry Potter a reçu un balai.

 

 

 

Le professeur Flitwick annonce qu’il va leur apprendre à faire voler des objets, comme elle l’avait prévu. Toute la classe s’agite, enthousiaste. Depuis qu’ils ont vu Trevor, le crapaud de Neville, s’envoler d’un coup de baguette, ils n’attendent que ça.

 

 

 

L’enseignant leur demande de former des équipes de deux. Hermione soupire, elle déteste ce genre de moment. Tout va très vite. Neville, son partenaire le plus fréquent, est assis loin d’elle et vient de proposer à Dean de faire équipe. Elle se tourne vers Parvati, de l’autre côté de la rangée, mais celle-ci est déjà avec Lavande. Les Serdaigle ont fait équipe entre eux, et Seamus Finnigan a choisi Harry comme partenaire. Ce qui lui laisse…

 

« Mr Weasley ! Miss Granger ! Je crois que vous êtes les derniers à ne pas avoir de partenaire. Si vous voulez bien vous déplacer devant pour vous asseoir avec votre partenaire, Mr Weasley... »

 

 

 

Mince. Hermione soupire de nouveau, fronce les sourcils. Elle tente de faire bonne figure, mais le regard noir que Ron lui envoie en s’asseyant à côté d’elle la décourage de dire quoique ce soit.

 

 

 

Le professeur Flitwick leur apprend la formule magique, et la leur fait énoncer plusieurs fois.

 

« Wingardium Leviosa », répète Hermione de la manière la plus articulée possible. Chaque équipe reçoit ensuite une plume, qu’il doivent essayer de faire voler de quelques centimètres.

 

 

 

La pratique commence. Ron sort sa baguette très rapidement et tire la plume de son côté de la table. Hermione le laisse faire ; son camarade est déjà suffisamment hostile à son égard. Elle essayera après. Elle le regarde un moment répéter « Wingardium Leviosa ! » d’un ton de plus en plus agité. Ses longs bras tournent dans tous les sens, lui font l’effet d’un moulin à vent.

 

 

 

Hermione jette un regard autour d’elle. Le sort semble très difficile : les autres élèves arrivent à peine à faire bouger la plume, encore moins à la faire léviter. A la table à côté d’elle, Parvati et Lavande essayent à tour de rôle, sans succès. De l’autre côté de Ron, Harry tente d’éteindre la plume à laquelle Seamus a mis le feu à l’aide de son chapeau. Hermione serre le poing autour de sa baguette, souffle un bon coup, essaye de se reconcentrer. Elle n’a pas encore tenté de jeter ce sort, elle sait qu’il demande beaucoup de précision, et elle n’est pas sûre d’y arriver – surtout à voir comme ses camarades ont du mal.

 

 

 

A côté d’elle, Ronald continue ses mouvements des bras. Il articule de moins en moins à chaque tentative, et Hermione prend peur – un accident est vite arrivé. Elle tente d’intervenir :

 

 

 

« Tu ne prononces pas bien, lance-t-elle à son voisin. Il faut dire Win-gar-dium Leviosa en accentuant le « gar ».

 

- Tu n’as qu’à le faire si tu es si intelligente », réplique Ronald.*

 

 

 

Hermione lève sa baguette magique, inspire, expire, concentre ses intentions sur la plume. Elle relève les manches de sa robe, inspire, s’assure que son poignet est bien souple, lève, abaisse sa baguette, et prononce distinctement : « Wingardium Leviosa ! »* 

 

 

 

A sa grande surprise, la plume s’élève immédiatement dans les airs, et s’immobilise à plus d’un mètre au-dessus de leurs têtes.

 

 

 

« Bravo, très bien ! s’écrie le professeur Flitwick en applaudissant. Regardez tous, Miss Granger a réussi ! »*

 

 

 

A côté d’elle, Ron pousse un long soupir exaspéré. Hermione s’efforce de maintenir sa concentration, le temps de faire redescendre la plume. Elle remercie poliment le professeur, qui ne cesse de la féliciter, et pousse la plume vers son voisin, sans le regarder. Elle n’est pas prête à affronter sa frustration. Elle se réjouit un instant d’avoir réussi le sort, mais elle n’arrive pas à faire abstraction de l’hostilité de son camarade, et des chuchotements autour d’elle.

 

 

 

« Comme par hasard, c’est toujours elle qui réussit… », entend-elle Lavande Brown marmonner un peu plus loin.

 

Elle croise le regard agacé de Mandy Brocklehurst, qui excelle habituellement en sortilège, mais dont la plume n’a fait que bouger sur place. Celle-ci se penche vers Padma Patil pour lui chuchoter quelque chose à l’oreille, et Hermione sent les larmes lui monter aux yeux.

 

 

 

La reste du cours lui semble sans fin, elle n’ose plus rien faire ou dire de peur de se faire remarquer à nouveau. A côté d’elle, Ron n’a pas réessayé le sort, il lui tourne ostensiblement le dos et bavarde avec Harry et Seamus. La cloche sonne la délivrance. Elle prend son temps pour ranger ses affaires, garde la tête baissée entre les épaules. Mandy et Padma ricanent en passant devant sa table, et sa gorge se serre. « Ne pleure pas, ne pleure pas… Attends d’être aux toilettes, ne pleure pas... »

 

 

 

En sortant de la classe, elle se retrouve derrière Ron et Harry, et elle entend alors :

 

« … m’étonne pas que personne ne puisse la supporter. C’est un vrai cauchemar, cette fille-là ! »*

 

C’en est trop. Elle se met à pleurer sans pouvoir s’en empêcher, et elle dépasse les garçons, bouscule Harry, la vue brouillée par les larmes. Elle n’entend pas leur réaction, se contente de marcher le plus vite possible vers les toilettes.

 

 

 

Elle y trouve refuge quelques minutes plus tard, qui lui paraissent des heures. Elle s’enferme dans une cabine, et laisse sa peine s’écouler pleinement.

 

 

 

Elle se traite de tous les noms. Qu’a-t-elle cru ? Que parce qu’une troisième année avait pitié d’elle, elle allait enfin se faire des amis ? Qu’elle ne serait plus toute seule ? Mais Angelina ne va pas pouvoir s’occuper d’elle tout le temps, et tous les élèves de son année la détestent – ou en tout cas, n’essayent jamais de la défendre. Quoiqu’elle fasse, qu’elle réussisse ou qu’elle rate, il y aura toujours des gens pour le lui reprocher... On l’a toujours encouragée à faire de son mieux, à écouter les professeurs et à apprendre ses leçons – et puis, elle avait tellement envie de montrer qu’elle aussi, fille de parents moldus, pouvait y arriver ! Mais plus elle réussit, plus ses camarades semblent la détester. Elle a même essayé d’être plus discrète – c’est plus fort qu’elle, les sorts lui viennent naturellement, la magie et les connaissances coulent en elle et elle sait presque toujours quoi faire.

 

 

 

Hermione pleure, pleure, pleure pendant des heures. Elle n’ose pas sortir des toilettes, même pour aller manger. Maintenant que tout le monde l’a vue pleurer… Sûrement, au déjeuner, ils ont dû tous parler d’elle, se plaindre de Miss-Je-Sais-Tout et de sa tendance à tout faire mieux que tout le monde. Ou pire – ils ne se sont même pas rendus compte qu’elle n’était pas là. Les pleurs reprennent de plus belle. Elle sortira ce soir, après le festin, quand tout le monde sera assez occupé par Halloween pour oublier qu’elle a fondu en larmes dans les couloirs.

 

 

 

Le temps passe, elle n’en a plus vraiment conscience. Elle essaye de lire, mais elle n’arrive pas à se concentrer, les larmes reprennent à chaque fois. Après un temps, elle entend des voix appeler son nom. Ce sont Angelina et Janet, qui la cherchent, vraisemblablement.

 

 

 

Elle laisse échapper un reniflement, et Janet l’entend.

 

« Hermione ? Tu es là ?

 

- On ne t’a pas vue au déjeuner, on s’inquiétait, ajoute Angelina.

 

- Je… je suis là, bafouille-t-elle. Je… je veux rester seule, s’il vous plaît.

 

- Hermione… Viens, sors, tu veux qu’on en parle ? propose Angelina.

 

- Tu ne vas pas rester là, c’est le festin d’Halloween, ce soir…

 

- Non, s’il vous plaît, vraiment, je ne préfère pas sortir. Ce n’est pas grave pour le festin… »

 

Les deux filles insistent, malgré ses protestations, et Hermione ne tient plus.

 

« Laissez moi tranquille ! », s’exclame-t-elle avec plus d’agressivité qu’elle ne l’aurait voulu.

 

 

 

Elle veut s’excuser, mais les larmes obstruent sa gorge de nouveau, et les mots ne sortent pas. Elle entend les pas des deux filles s’éloigner, la porte des toilettes claquer. Elle est seule de nouveau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Note de fin de chapitre :

 

[*]Les dialogues suivis d'une astérisque sont tirés de Harry Potter à l'école des sorciers.

 

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