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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Confession d'une Auror en mission par jalea

[41 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

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Note de chapitre:

Bonjour :)

Voila enfin le retour de Marlène, j’espère qu'elle ne vous a pas trop manqué xD

L'ambiance est quelque peu différente puisqu'on est plus à Poudlard et je fais l'introduction de nouveaux personnages, n'hesitez pas à me dire ce que vous en pensez :)

un grand MERCI à Wapa, marlyse, Sifoell, Maloux, Elowl, Enireves Lechemin pour leurs reviews très encourageantes et aussi SumiShann pour sa correction.

Bonne lecture.
Chapitre 1 : Un Auror expérimenté.






— Chef Caldwell ?

Mes talons claquent le sol à toute vitesse, tandis que j'essaie de rattraper le sorcier devant moi. Mes cheveux gigotent dans mon dos, mon souffle est court, et mes pieds sont en feu. J'ignore qui est le créateur de ses instruments de torture, mais une chose est sûre : il devait haïr passionnément les femmes. J’accélère le pas, courant presque, en esquivant les personnes se trouvant sur mon passage.

— Chef Caldwell ! Chef... CALDWEEEELL ?!

Le vieil Auror s'arrête subitement et se retourne pour me faire face. Lorsque son regard bleu acier se pose sur moi, ses épaules s'affaissent et il pousse un soupir à fendre l'âme. Puis, il poursuit tranquillement sa route, m'ignorant royalement. Il croit vraiment pouvoir se débarrasser de moi comme ça, l'ancêtre ? Je le rattrape en quelques enjambées : il ne va pas vite, avec les varices que l'âge et le temps lui ont infligées. «  Chef Caldwell ! » je lance une énième fois, alors que nous atteignons le bureau des Aurors.

Le concerné ôte sa lourde veste et l'accroche à un vieux portemanteau en bois sombre, avant de se tourner vers moi, l'air extrêmement irrité.

— Miss McKinnon... seriez-vous, par le plus grand des hasards, rémunérée à chaque fois que vous hurlez mon nom dans les couloirs ?

Je fais mine de réfléchir.

— Non. Mais si c'était le cas, ma vie serait bien plus confortable, je rétorque en lui adressant un sourire éblouissant.

J’espère qu'il a saisi l'allusion, hein ? Un Auror gagne à peine le salaire minimum. Et un Auror en devenir (qui est en formation, j'entends) gagne que dalle. Rien du tout ! Pas même un Gallion symbolique. C'est pour cette raison que je vis toujours chez mes parents, à dix-neuf ans. Je me console en me disant que ça pourrait être pire : je pourrais habiter dans un appartement miteux, en ayant pour seul compagnie un chat de gouttière.

— J'aimerais interroger Travis, Chef.
— Qui ça ? grogne-t-il, perdant déjà patience.
— John Travis. L'homme que j'ai interpellé hier soir.
— Hors de question !
— Mais c'est moi qui l'ai...
— Interpellé, je sais ! me coupe-t-il sur un ton bourru. Vous n'aviez pas à le faire, vous êtes toujours en formation, McKinnon.
— Je veux seulement cinq minutes avec lui, Chef.
— N'êtes-vous pas censée être en formation ? insiste-t-il en me faisant les gros yeux.

J'ouvre la bouche pour répondre, quand un toussotement se fait entendre à ma droite. Un homme très élégant, au visage avenant et à l'allure impeccable tend un dossier au Chef. Je salue Marcus Denworth d'un bref hochement de tête, un peu ennuyée d'être interrompue de la sorte.

— C'est le dossier Bellingham ? Bien. J'ai besoin de tes comptes-rendus avant demain matin, Marcus. Penses-tu avoir le temps de t'en occuper ?
— Oui, sans problème. Il vous faut aussi le dossier sur l'affaire Atkinson ?


J'observe leur échange en silence, avant de plonger la main dans l'horrible sac à main fleurie de ma mère, pour en saisir un paquet de gomme à mâcher. Au bout de quelques minutes, je commence à trouver le temps long, et reviens à la charge :

— Et pour Travis, alors ? Je me permets d'insister, Chef Caldwell.

Étincelant d'un éclat féroce, ses yeux se braquent à nouveau dans ma direction.

— Ma réponse est toujours NON, McKinnon ! Marcus Denworth va l'interroger. Marcus, qui est un Auror expérimenté, contrairement à vous. Me suis-je bien fait comprendre ? ajoute-t-il d'un ton sans appel.
— Oui. Est-ce que je peux assister à l’interrogatoire ?
— Par Merlin, McKinnon ! gronde-t-il à nouveau, attirant l'attention du reste de l'équipe. Vous êtes la pire tête de mule qu'il m'a été donné de rencontrer !

Ses cris ne m'impressionne pas. Xiphias Caldwell aime hurler sur ses employés, je crois que c'est son hobby préféré ; il m'arrive parfois de l'entendre depuis l'étage du dessous.

Je le regarde sans ciller, en mâchant mon chewing-gum.

— Ça veut dire non ?

Il ne répond rien, mais ses joues deviennent violacées. Je patiente en faisant une bulle avec mon chewing-gum, ce qui parait l'agacer davantage. Marcus m’entraîne aussitôt à l'écart.

— Tu ferais bien de retourner en classe, Marlène, me souffle-t-il à l'oreille. Caldwell est sur le point d'exploser, là...
— Des paroles, toujours des paroles, je nargue. Tu me raconteras comment ça s'est passé, avec Travis ?

Il sait probablement où se cache Gordon Wilkes, il suffit juste de lui cuisiner un peu...

— Comme si tu me laissais le choix, soupire Marcus. Si je garde ça pour moi, tu vas me harceler pendant des jours. Comment ça se passe, les cours ? enchaîne-t-il immédiatement, pour clore cette conversation.

Je me contente de hausser les épaules.

— Pas trop mal.

Je le suis, tandis qu'il se dirige vers son bureau. Il griffonne quelque chose sur un morceau de parchemin, avant de lever les yeux vers moi. Un sourire illumine son beau visage, creusant ses fossettes. Je le trouve toujours aussi séduisant, mais je ne me sens plus du tout attirée par lui. Mon petit béguin d'adolescente a totalement disparu.

A mon arrivée, Marcus m'a prise sous son aile. Il m'a parlé, m'a écoutée quand j'ai eu besoin de vider mon sac, et il m'a même aidée à faire mes devoirs les deux premiers mois de ma formation. J'éprouve une amitié sincère à son égard et une grande admiration pour ses connaissances ; Marcus possède une mémoire étonnante, il retient absolument tout, et il est très fin et perspicace dans ses analyses.

— Pas trop mal ? Il paraît que tu es la première de ta promotion, rétorque-t-il en riant.

Je sens mes joues s'empourprer. Je ne pense pas mériter cette distinction. Le niveau est certes élevée, mais la plupart de mes camarades ont de mauvaises notes parce qu'ils ne travaillent pas assez.

Nous étions une vingtaine au départ. Une dizaine de personnes ont abandonné la formation en cours de route. Certains avaient surestimé leurs capacités physiques, ou manquaient de force mental. D'autres étaient seulement à la recherche du prestige social ; ils ont pris la tangente à la seconde même où ils ont compris que le salaire minimum d'un Auror était moins élevé, voire inexistant en temps de crise.

Je m'assieds sur le bureau de Marcus, qui est parfaitement rangé.

— C'est bien la première fois que je suis la numéro un.

Mes anciens professeurs de Poudlard en ferait une syncope, s'ils venaient à l'apprendre !

— Pour être totalement honnête avec toi, je trouve certains cours ennuyants...
— Laisse-moi deviner : celui sur les créatures magiques ?

Je manque d'en avaler mon chewing-gum ; lui aussi n'aimait pas cette matière ? Je pensais être la seule, mes camarades attendent tous le mardi matin avec impatience !

— C'est encore plus barbant que l'Histoire ! Et je ne vois vraiment pas à quoi ça va nous servir... tu savais que le Grapcorne était animal extrêmement agressif à la peau particulièrement résistante ? Parce que moi, non.

Mais je suppose que c'est utile de le savoir, dès fois qu'on se perdrait en forêt, qu'on croiserait un Grapcorne et qu'il nous viendrait comme idée de le bouffer.

— Je trouvais ce cours très reposant, sourit Marcus.

Ça, pour être reposant, il est reposant. Et d'un ennui mortel.

— Bon, je ferais mieux d'y aller. Je suis en retard.
— Pour changer...

Je me lève d'un bond, et lui donne une grosse tape à l'épaule en guise de vengeance.

Je me faufile entre les bureaux, ce qui n'est pas une mince affaire : la pièce est petite, et encombrée de dossiers, journaux, caisses et cartons. Il y fait sombre alors qu'il est neuf heures passée. L'air sent la poussière et le tabac froid. Cette odeur m'est désagréable, je suis plus que ravie de quitter les lieux. Rien qu'à l'idée de savoir que cet endroit est mon futur environnement de travail, j'en ai des sueurs froides.

Je me demande si le bureau des Aurors a un syndicat ? Il faudrait que je me renseigne car j'ai déjà plusieurs revendications. Comme avoir une fenêtre à côté de mon bureau, une chaise ergonomique, et une machine à café en état de marche.

Alors que j'atteins la porte, une sorcière blonde me percute de plein fouet. D'environ vingt-cinq ans, elle est d'une grande beauté, avec son teint de porcelaine et ses yeux couleur ambre. Il n'est pas difficile de la remarquer, c'est la seule femme travaillant dans ce service (du moins, pour l'instant). Dayla Winters est assez petite ; elle doit lever le menton pour croiser mon regard.

La blonde me fustige et me toise avec animosité, les poings plantés sur ses hanches.

— Je peux savoir ce qui ne tourne pas rond, chez toi ? assène-t-elle enfin, l'air furieuse.

Je soupire, m'attendant au pire. Je l'évite depuis des jours ; il fallait bien qu'on se croise à un moment ou à un autre.

— Bonjour, Dayla. Comment vas-tu aujourd'hui ?

Ses yeux triplent de volume. Elle fait un pas dans ma direction, menaçante.

— Tu oses me demander comment je vais ? Peux-tu m'expliquer... (elle ferme les yeux un instant comme pour essayer de se contenir) ce qui s'est passé dans mon restaurant préféré, samedi dernier ? Je t'écoute.

Je sens mes joues s'empourprer contre ma volonté.

— Hum, alors voilà... je suis bien allée à ce rendez-vous arrangé que tu m'as organisé avec ton meilleur ami. J'ai aussi porté cette horrible robe rouge que tu m'as obligée à acheter...
— Incité, rectifie-t-elle sèchement. Jusque-là tout va bien ! Et puis ?

C'est là que les choses se corsent. Je force un grand sourire, gênée. Je ne peux pas lui dire ce qui s'est réellement passé dans ce restaurant ! Elle me tuerait.

— Et il se trouve que j'ai passé une excellente soirée, je t'en remercie. Maintenant si tu veux bien m'excuser, j'ai un cours sur les créatures magiques de la plus haute importance...

Je fais un pas de côté pour la contourner, mais Dayla fait de même et me bloque le passage.

— Une excellente soirée ? répète-t-elle d'un air à la fois désabusé et ironique. Mon meilleur ami, qui est un jeune homme tout ce qu'il y a de plus équilibré, s'est pointé chez moi à trois heures du matin en pleurant comme un bébé et tu me dis avoir passé une excellente soirée ?

Pff, quelle chochotte ! Je savais bien que j'aurais dû me méfier d'un garçon se prénommant Edwin ; c'est clair qu'avec un nom pareil, il doit avoir des problèmes à régler avec sa mère et les femmes en général. Qu'est-ce qui m'a pris d'accepter ce rendez-vous arrangé ? J'admets que ma solitude me pèse parfois, mais de là à sortir avec le premier venu...

— Ah, je... j'ai peut-être omis deux ou trois détails insignifiants.
— Ben tiens !
— Nous étions tranquillement attablés, quand j'ai repéré un individu suspect parmi les clients. Je me suis donc excusée auprès de ton ami et je suis allée voir cet individu louche qui se trouvait être un vendeur de potions douteuses, recherché par nos services.

Dayla me regarde en arquant un sourcil.

— Comment pouvais-tu savoir qu'il était recherché par nos services ?
— Il m'arrive de lire votre tableau d'affichage. Il y a une tonne d'avis de recherches, d'ailleurs... où en étais-je ?

La blonde me lorgne, en croisant les bras sur sa poitrine.

— Je vais poursuivre, si cela ne te dérange pas. Tu as voulu procéder à une arrestation bien que tu n'en avais pas le droit, alors que tu te trouvais en plein rencard avec MON meilleur ami, et comme ton suspect chéri n'a pas obtempéré, tu lui as fichu la raclée de sa vie, juste avant de foutre le feu à mon restaurant préféré ! énonce-t-elle d'une traite, sans même reprendre sa respiration. Espèce de pyromane ! ajoute Dayla, en haussant le ton.

Je lève les bras en l'air pour tenter de la calmer.

— Je dis oui pour la raclée mais je ne suis pas responsable de cette incendie.

C'est de la faute de ce vendeur louche, il a balancé une fiole qui a provoqué une explosion.

Dayla pousse un soupir d'exaspération.

— Crois-tu que cela serait arrivé si tu t'étais simplement contentée de dîner comme une jeune femme normale ? me demande-t-elle, sur un ton découragé.
— Peut-être pas, mais... enfin Dayla, que voulais-tu que je fasse, laisser filer ce dealer ?
— Oui Marlène, cent fois oui ! Sérieusement, tu es encore en formation ! Combien de fois va-t-on devoir te le répéter ?

Je lève les yeux au ciel. Je ne comprends pas ce qu'on me reproche. Ce n'est pas parce que je suis en formation que je suis inutile et incompétente ! Qu'est-ce que le Chef et les autres attendent de moi, exactement ? Que je ne lève pas le petit doigt lorsque je croise un dealer ou un Mangemort ?

— Comment va ton ami Edwin ? j'élude en soupirant.
— Il s'appelle Marvin !

Ah ouais ? Ben c'est encore pire qu'Edwin.

— Il est traumatisé, le pauvre chéri, répond Dayla sur un ton accusateur.
— Tu exagères un peu, non ?

Une lueur meurtrière passe dans son regard.

— Il envisage de faire une thérapie, Marlène. Je te rappelle que son bras a pris feu comme une banane flambée !

A ce souvenir, mon cœur manque un battement.

— Je suis allée à sa rescousse dès que je m'en suis aperçue !
— Alors ça, c'est vraiment trop d'honneur mademoiselle l'Auror ! riposte-t-elle, sarcastique.

Sans plus de cérémonie, elle retourne s'asseoir à son bureau. Son visage est dissimulé par une pile de dossiers. Plutôt que de s'occuper de toute cette paperasse, Dayla préfère siroter son café en feuilletant un magasine féminin. J'éprouve une pointe de culpabilité pour son ami Darwin. Juste une pointe.

— Est-ce que ça veut dire que tu ne vas plus m'arranger de rendez-vous avec des inconnus ? je lance sur un ton léger, dans l'espoir qu'elle me pardonne.

La blonde jette un coup d’œil dans ma direction, sans pouvoir retenir un petit sourire.

— Tu peux toujours courir. Il faut juste que je te trouve quelqu'un de plus... viril, disons. Un homme avec de l'assurance et un tel charisme que tu ne songeras pas une seconde à l'abandonner pour arrêter des malfrats.

Je roule des yeux.

— Fais-moi signe quand tu l'auras trouvé, j'ironise.

En regardant ma montre, je constate que je suis vraiment en retard.

Tant pis ! C'est pas comme si c'était une nouveauté.


******



— Qu'est-ce que j'ai manqué ? je demande à mon voisin.

Joe Burnett se tourne dans ma direction en baillant à s'en décrocher la mâchoire. Comme moi, il est vêtu d'un costume gris clair, d'une chemise bleu pâle et d'une cravate marine : la tenue réglementaire pour les employés du ministère en formation. Ma tenue n'est pas exactement la même que mes homologues masculins, cependant. J'ai la chance de porter une jupe fendue sur le côté, ainsi qu'une paire de talons hauts. Je déteste cette uniforme, il est pire que celui que j'avais à Poudlard. Pourquoi suis-je obligée de porter une jupe ? Ce n'est pas pratique, et en plus de ça, j'ai l'air tout droit sortie d'une école juridique !

Je jette un bref coup d’œil à notre enseignante, Miss Sullivan, qui est perdue dans la contemplation et la description d'un petit animal se trouvant sur son bureau. C'est quoi, ce machin, un raton laveur ?

Joe se penche, pour répondre d'une voix fatiguée :

— Le Sautereton est un insecte magique particulièrement laid...
— Quelle connerie ! je marmonne pour moi-même.

J'ouvre mon pupitre, et attrape le cahier sur lequel j'ai l'habitude de prendre des notes.

— Où étais-tu passée, hier soir ? Je t'ai attendue comme un idiot à la librairie.
— J'avais un rendez-vous, dis-je simplement.
— Avec qui ?

Je lève les yeux vers le plafond. Joe est un tantinet trop curieux ; il veut tout savoir de moi, de ma vie, alors qu'il n'y a vraiment rien d'intéressant à en dire.

— Avec Morphée. J'étais épuisée...

Notre formation est intensive, tant physiquement que psychologiquement. J'ai l'impression que les profs veulent mettre nos nerfs à rude épreuve, nous forcer à regarder par-dessus notre épaule, toujours en alerte, de sorte que nous sursautions à la seule pensée de réussir nos examens de fin d'année.

En ce qui me concerne, cette pensée ne m’effraie pas, bien au contraire : je suis impatiente de terminer ma formation afin de pouvoir aller sur le terrain et contrôler les sorciers au faciès. Ça va, je plaisante. On peut bien rigoler un peu, non ? C'est pas comme si le délit de sale tronche existait réellement... quoique pour certains, ça devrait.

Le sourire niais que m'adresse Joe me laisse perplexe.

— Ce n'est pas ce que j'ai entendu dire, claironne-t-il à mi-voix. Pierson t'as vue au Chaudron Baveur.
— Ah oui, c'est vrai. Je m'y suis arrêtée pour boire un verre avant de rentrer chez moi.

J'avais donné à rendez-vous à... mince, comment s'appelle-t-il déjà ? Erwin ? Je crois que c'est ça. Je comptais lui présenter mes excuses pour la soirée désastreuse que nous avons passé ensemble. Malheureusement, je n'en ai pas eu l'occasion car à peine arrivé, le meilleur ami de Dayla a fait demi-tour et a quitté le bar à toute vitesse, comme si sa vie était menacée.

Je me demande bien ce qui l’a tant effrayé...

— Tu étais donc seule ? me demande Joe en arquant un sourcil dubitatif.
— Oui. Pourquoi cette question ?
— Parce que Pierson t'as vue t'en aller bras dessus bras dessous avec un type.... De dos, il a cru reconnaître Denworth.

Je tourne si vite la tête dans sa direction que je manque de me faire un torticolis. Je n'aime pas son insinuation et le fusille du regard.

— Non, mais vous êtes pas bien, tous les deux ? Pour qui vous me prenez ? Marcus Denworth est un homme marié ! je siffle à son attention, à la fois vexée et blessée que mon ami puisse s'imaginer que je puisse faire une chose pareille.

Joe n'a même pas la décence d'afficher une mine coupable. Il fronce les sourcils, l'air pensif.

— Ce n'était pas Denworth, alors ?
— Non.

Le jeune homme semble presque déçu. Il espérait sans doute que je lui raconte ma « folle nuit d'amour », pour passer le temps en classe.

— Tu comptes me dire qui c'était ? continue-t-il, brisant le silence entre nous.
— Rêve !

Un crissement de chaise se fait entendre et Joe se retrouve soudain tout près de moi, si près que je peux sentir sa tension, voir qu'il semble agacé. Ses cheveux châtains caresse mon front. Il pose sur moi ses grands yeux vert-doré, me mettant presque mal à l'aise. Euh, la notion d'espace personnel, il ne connaît pas ?

— Bon écoute Marlène, je ne vais pas y aller par quatre chemins : Pierson est intéressé par toi.

Cette drôle de révélation me laisse dans un premier temps sans voix. Puis, j'éclate de rire. Littéralement.

— Sans blague ? je ricane.
— Tu crois que s'il t'invitait à sortir, tu pourrais envisager... d'accepter ?

Ma réponse ne se fait pas attendre :

— Plutôt crever la bouche ouverte.

Matthew Pierson est... comment dire ? Un gros vantard qui casse pas trois pattes à un canard (et ouais, je suis de retour avec mes rimes !). Question vantardise et arrogance, je peux vous assurer que même les Maraudeurs au complet ne lui arrivent à la cheville. Je n'ai jamais rencontré un garçon aussi imbus de sa personne. Et pourtant hier soir, j'étais en compagnie de Sirius Black !

Oh, bon sang. Sirius Black. Je ne m'attendais franchement pas à le croiser au Chaudron Baveur. C'était une vraie surprise, à tel point que je n'ai pas su immédiatement comment réagir. Il a créé un tel raz-de-marée en moi que le simple fait de le revoir m'a toute chamboulée.

Un an plus tard, j'en suis toujours à me poser les même questions à son sujet : pourquoi a-t-il fait ça ? Pourquoi a-t-il brisé notre amitié au moment où j'étais enfin prête à lui révéler mes sentiments ? Tout cela me parait si loin, et pourtant, la douleur qu'il m'a infligée est toujours présente. Du jour au lendemain, je n'existais plus pour lui. Il ne m'a plus donné de nouvelles. Quand je pense que je me suis inquiétée pour ce... ce clébard trisomique et que James et Lily m'ont servi d'intermédiaire jusqu'à ce que je comprenne finalement que Sirius Black se fichait complètement de moi !

Je m'étais sentie si... ridicule. Et tous ces sentiments sont remontés à la surface, au moment où je m'y attendais le moins.

Pourquoi a-t-il fallu que je donne rendez-vous à Baldwin au Chaudron Baveur ?!

Et Black, franchement, il n'aurait pas pu faire un effort de présentation pour préserver mon pauvre petit cœur de la crise cardiaque ? Je ne demandais pas grand chose, juste une calvitie précoce, un ventre bedonnant ou une poussée d’acné tardive. Mais non, il n'avait rien de tout ça : Sirius était plus séduisant que jamais, encore plus beau que lorsque je l'avais vu pour la dernière fois. J'ai noté malgré moi quelques différences : il portait les cheveux plus courts et une barbe de quelques jours.

A son souvenir, je me mordille la lèvre inférieure. Mon cœur se met à battre violemment. Une onde de chaleur et de désir me traverse de la tête aux pieds, alors qu'il n'est même pas là.

Je suis vraiment pathétique.

— Un verre n'engage à rien, Marlène...

Mon corps se refroidit d'un coup, comme si on avait rempli mes organes d'eau glacée. Mon rictus moqueur s'évapore, laissant place à une expression méprisante.

— Pierson est odieux avec moi, Joe. Il l'est avec tout le monde !

Je ne suis pas désespérée à ce point, merci bien. Mon voisin soupire. Comment fait-il pour supporter Matthew Pierson ? Pour lui parler, l'écouter, sans avoir envie de lui foutre son poing dans la figure ? C'est une véritable énigme pour moi.

Le jeune homme s'agite sur son siège.

— Oui, je sais... mais c'est parce que tu l'impressionnes beaucoup. Il est intimidé, c'est tout.

Moi, j'impressionne ce gros tas de muscles imbécile, qui se croit plus intelligent que tout le monde ? J'hésite entre rire et m'énerver. De qui se moque-t-on, là ? Pierson passe son temps à me faire des réflexions désobligeantes et à me dénigrer. Je suis loin d’être une experte, mais comme technique de drague, il y a mieux.

— Nous parlons bien de cet abruti ?

Je pivote sur ma chaise pour pointer du doigt le concerné. Matthew Pierson, la petite vingtaine est déjà très grand et imposant ; il occupe une table à lui tout seul. Ses cheveux sont bruns foncés et ses yeux presque noirs lui donnent un air sûr de lui que renforce un menton légèrement en avant. Ses lèvres fines sont serrées en un rictus de défiance et d'arrogance. Cette moue-là, celle qu'il arbore dès lors qu'il se sait observé m'est parfaitement insupportable.

— Matt se montre parfois prétentieux, mais ce n'est qu'une façade, je t'assure. Si tu te donnais la peine de le connaître un peu, je suis sûr que...
— Pourquoi vous cherchez tous à me caser ? je l'interromps brutalement, courroucée. Je suis très bien toute seule !
— Qui d'autre essaie de te caser ?
— Dayla. La secrétaire du chef, je précise face à son regard interrogateur.

Ses yeux s'écarquillent comme ceux d'un enfant qui s'apprête à mordre dans une chocogrenouille surdimensionnée. Un petit sourire en coin se dessine sur ses lèvres.

— La blonde sexy de l'accueil ? Celle qui me déshabille du regard chaque fois qu'on se croise dans les couloirs ?
— Non, celle qui t'a regardé une fois dans l’ascenseur, quand tu lui as écrasé le pied.

Mon voisin rougit légèrement mais ne se laisse pas démonter.

— C'était intentionnel, répond-t-il en m'adressant un clin d’œil.

Je secoue la tête de droite à gauche. Il est pas croyable.

— Bon, et pour Pierson ? reprend Joe après quelques minutes de silence, tu ne m'as pas répondu.

Je pensais pourtant avoir été claire en disant que je préférais crever la bouche ouverte. Son insistance me rend soupçonneuse ; Joe Burnett n'a pas pour habitude de jouer les entremetteurs.

— Qu'as-tu à y gagner ?
— Qu'est-ce qui te fait croire que j'ai quelque chose à y gagner ? s'offusque faussement le brun, la main sur le cœur.

Je le dévisage longuement, la tête penchée sur le côté. Mon regard inquisiteur finit par avoir raison de lui ; ses épaules s'affaissent en signe de reddition.

— Si tu acceptes, Matt a promis de me filer deux places pour la Coupe du monde de Quidditch.

Ma bouche s'entrouvre sous l'effet de la surprise. J'ai bien entendu ?! Ce crétin a deux places pour la Coupe du monde de Quidditch ? Pincez-moi, je rêve ! Ça fait des semaines que j'essaie d'obtenir des tickets, sans succès ! Cette nouvelle me réjouit tellement que j'ai du mal à tenir en place. Un franc sourire éclaire mon visage.

— Tu aurais dû commencer par ça, Joe !

Je me retourne à une vitesse ahurissante et émet un petit sifflement pour attirer l'attention de monsieur « Grosses chevilles ».

— Eh, Pierson ! je l'interpelle à voix basse, rendez-vous au café du coin après les cours.

Ses yeux se posent sur moi. Ses sourcils se froncent. Ses traits se durcissent. Non, ne me dites pas que... Burnett ne m'aurait quand même pas fait ce coup-là ? Je sais qu'il aime plaisanter, mais ce serait aller trop loin ! Je lui jette un regard en biais, m'attendant à un sourire railleur mais je ne décèle aucune trace de moquerie sur son visage ; il parait simplement ravi de ma prise d'initiative.

Je me tourne à nouveau vers Pierson, craignant le pire. Vais-je avoir droit à des railleries, des insultes ? Étrangement, il garde le silence. Les yeux et la bouche ouverts, son visage pâle reste figé dans une expression embarrassée. Plus étrange encore : ses joues prennent une teinte rosée quand il plante son regard dans le mien.

— Qu...quoi ? bredouille-t-il, l'air interdit.

Eh, merde. Au fond de moi, j’espérais vraiment que ce n'était qu'une blague. Je le considère avec un mélange de répulsion et d'impatience.

— Ne me fais surtout pas répéter ce que je viens de dire !

Je me tourne ensuite vers mon voisin, qui me décoche un grand sourire satisfait.

— La deuxième place est pour moi, compris ? je l'avertis immédiatement, avant qu'il n'ait dans l'idée d'inviter quelqu'un d'autre.





Note de fin de chapitre :

Voilà pour ce chapitre, j’espère qu'il vous a plu :)

On démarre en légèreté mais il y aura quelques petites explosions dans les chapitres à venir... on est guerre, il ne faut pas l'oublier xD

A bientôt !
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