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Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


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De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


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A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Sélections du mois


Félicitations à AliceJeanne et TeddyLunard, qui remportent la Sélection Action/Aventure !

Vous voulez revenir dans le Futur ? Lors du mois de novembre c’est possible avec la Sélection Next-Gen ! Vous avez jusqu'au 30 novembre pour lire les 10 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter ici.

Et pour le mois de décembre, le thème et les textes vous attendent déjà avec la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez découvrir ces 12 histoires jusqu’à la fin de l’année et vous pourrez voter à partir de décembre. Pour en savoir plus, rendez-vous ICI !


De L'équipe des Podiums le 01/11/2022 19:00


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Le traditionnel Échange de fics de Noël est de retour pour sa 15ème édition !



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Ça se passe d'ici le 31 octobre sur ce topic du forum HPF !


De L'équipe de modération le 23/10/2022 17:22


126ème Nuit d'HPF


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De L'équipe des Nuits le 16/10/2022 11:07


Jingle bells par Lyssa7

[4 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

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Note d'auteur :

Comme mentionné sur le résumé, cette fanfiction a été écrite dans le cadre de l'échange de Noël 2020. Après avoir reçu l'adorable retour de Clairdo sur ce texte, j'ai eu envie de vous le partager (même si les fêtes de fin d'année sont terminées, il n'est jamais trop tard pour garder l'esprit de Noël <3).

 

Avec l'année 2020, je pense que nous avions tous besoin de voir nos proches, d'être portés par un espoir et de retrouver la chaleur d'un foyer. J'espère que 2021 sera meilleure que sa précédente, et je vous transmets encore une fois tous mes voeux de bonheur ! :)

 

PS : cette fanfiction comptera trois parties. Elle est actuellement terminée.

 

Lyssa

Décembre 2006

Chaque année, à l’approche de Noël, le Chemin de Traverse retrouvait une effervescence aux effluves de traditions hivernales.

La célèbre artère était ainsi animée de mille discussions sur les préparatifs du réveillon tandis que sorciers et sorcières affluaient d’une boutique à une autre, les bras chargés de paquets cadeaux, tentant de se frayer un chemin entre les passants et la neige qui tombait à gros flocons. Emmitouflés dans des capes épaisses, coiffés de bonnets en laine, le cou entouré d’une écharpe qui leur remontait jusqu’aux yeux, ils s’arrêtaient de temps en temps, émerveillés, pour contempler les devantures des magasins illuminées de décorations toutes plus fournies et exceptionnelles les unes que les autres.

Un livre géant était disposé devant Fleury et Bott et contait des histoires de Noël aux enfants en faisant tourner ses propres pages au fur et à mesure, ce qui expliquait l’attroupement des marmots et de leurs parents devant l’entrée de la librairie. Weasley & Jordan, Farces pour sorciers facétieux, s’était parée de couleurs éclatantes, étonnantes, scintillantes, et de mini-feux d’artifices dorés et argentés éclataient autour de ceux qui passaient près du seuil de leur boutique.

Florian Fortarôme s’était mis au diapason et au goût de la saison puisqu’il proposait chocolats chauds servis dans des chaudrons miniatures et mini-bûches de Noël. Le glacier avouait avec sa bonhomie coutumière que Le Chaudron Baveur lui occasionnait une certaine concurrence depuis que la charmante Hannah Abbot avait repris l’auberge après le départ de Tom à la retraite.

La jeune femme, même si les débuts avaient été rudes, gérait son acquisition d’une main de maître, notamment la restauration, ce qui lui octroyait une certaine popularité auprès des clients et des autres commerçants. En cette période, la mythique auberge, le toit serti d’une grosse couche de neige, avait l’allure d’un repaire chaleureux au coeur d’une journée glacée, une atmosphère renforcée par les bougies qui voletaient pour éclairer le chemin des badauds.

Un peu plus loin sur l’artère, la boutique de Mrs Guipure, prêt à porter pour mages et sorciers, ne désemplissait pas avant les fêtes de fin d’année. Les mannequins, installés dans la vitrine, avaient délaissé pour l’occasion les robes de travail aux ennuyeuses teintes noires pour se vêtir de robes festives aux couleurs traditionnelles de Noël, ce qui attirait inévitablement une foule de clients pressés de trouver la tenue parfaite pour le réveillon.

A l’intérieur, les femmes, virevoltant de portants en portants, attrapaient au vol une jupe dorée ou une robe en velours rouge avant d’interpeller les vendeuses pour savoir laquelle leur allait le mieux au teint ; les hommes, plus discrets ou moins habitués à ce genre d’agitation, regardaient le prix en premier lieu, manquant de s’étouffer s’il venait à être trop élevé pour leur bourse.

Et s’ils étaient venus tous les deux en tant que jeune couple comme c’était le cas pour Seamus Finnigan et Lavande Brown, alors c’en était fini de ce pauvre garçon qui devait, évidemment, faire plaisir à la jolie demoiselle. Cela ne l’empêchait toutefois pas de ruminer sa disgrâce une fois que son adorable compagne s’était détournée pour voguer vers de nouvelles robes tape-à-l’œil.

Cependant, l’homme en question avait beau geindre pour la forme, il l’aimait trop pour lui refuser quoi que ce soit car, contrairement à ce que cette scène pouvait laisser penser sur la superficialité de la femme qui l’accompagnait, il savait mieux que personne à quel point elle était plus complexe que cette allure frivole qu’elle se plaisait à donner à la face du monde.

Lavande méritait n’importe laquelle de ces tenues, pourvu qu’elle se sente belle dedans. Il avait mis tellement de temps après la guerre à lui faire comprendre qu’elle était toujours la même et que la cicatrice qui lui barrait la joue gauche ne changeait absolument rien à sa beauté, que les tenues qu’elle lui présentait à présent ne seraient finalement jamais suffisantes pour le lui prouver.

« Chéri, laquelle tu préfères ?
— Les deux sont parfaites pour toi, répondit-il avec un sourire tendre.
— S’il te plaît, Seamus, aide-moi à faire un choix ! »

Les lèvres de Lavande esquissaient brusquement cet air un peu boudeur qu’il aimait tant, celui qu’elle avait longuement revêtu durant leur adolescence. Il avait, de cette façon, l’agréable impression que la bataille de Poudlard n’avait plus aucune prise sur sa fiancée, que le temps s’était estompé pour lui redonner son innocence d’antan. Bientôt, ils seraient mariés et, Seamus, savourant cette pensée, désigna la robe en velours rouge que Lavande couvait du regard depuis qu’ils étaient entrés. La jupe dorée était très jolie elle aussi, mais elle n’était pas aussi éblouissante, extraordinaire, que ne l’était sa future femme.

« Tu devrais essayer la rouge. Gryffondor un jour, Gryffondor toujours, dit-il d’un ton empreint de fierté.
— Elle n’est pas trop voyante ? s’enquit Lavande, soudainement prise d’un doute confus.
— Elle vous ira très bien, j’en suis certaine. »

Une petite brune qui portait un badge démontrant son rôle au sein de la boutique de Mrs Guipure s’était approchée du couple avec un sourire de politesse. Courtoise, elle semblait prendre son métier à coeur puisqu’elle entraîna Lavande vers les cabines d’essayage en invitant Seamus à les suivre. Celui-ci, rassuré de voir que la vendeuse avait coupé court aux craintes de sa compagne, alla s’installer sur les fauteuils en tissu placés un peu plus loin tandis que sa fiancée refermait le rideau derrière elle afin d’enfiler la robe.

« Merci » , fit-il, mimant le mot en direction de la jeune femme brune dans un signe de tête.

La vendeuse lui répondit par un léger sourire de compréhension avant de se détourner pour proposer son aide à une autre cliente de la boutique. Seamus l’observa quelques secondes de plus, persuadé de l’avoir déjà vue auparavant sans parvenir à mettre un nom sur son visage. Ce fut Lavande qui, sortant la tête de la cabine sans pour autant dévoiler sa tenue, lui donna la réponse à sa question informulée.

« C’est Katie Bell. Elle était poursuiveuse dans l’équipe de Quidditch des Gryffondor, tu te souviens ?
— Je me disais bien qu’elle ne m’était pas inconnue ! commenta Seamus. Alors, cette robe ?
— Je l’aime beaucoup, elle est superbe, mais…
— Mais ?
— Mais elle n’est pas pour moi, termina la jeune femme blonde sur un ton résigné.
— Lavande… Je suis certain que tu…
— Est-ce que vous me permettez d’entrer pour que je puisse voir ce qu’elle donne sur vous ? »

Katie connaissait son métier sur le bout des doigts et était devenue une vendeuse hors pair, si bien qu’elle devançait les attentes et demandes de ses clients. Ayant commencé comme vendeuse à temps partiel trois ans auparavant, elle avait rapidement retenu l’attention de Mrs Guipure ; celle-ci avait alors établi un contrat à durée indéterminée avec la jeune femme en lui stipulant qu’elle y mettrait fin une fois qu’elle saurait ce qu’elle voulait faire de sa vie.

Par la suite, elle lui avait même appris à coudre et à repriser magiquement les robes des sorciers. Katie pouvait ainsi s’occuper de la boutique en son absence, bénéficiant de l’entière confiance et de la discrète affection de sa patronne. Et il semblait que l’ancienne joueuse de Quidditch avait finalement trouvé sa place dans la petite boutique de prêt à porter, en attendant de trouver sa voie.

« Eh bien… pourquoi pas… si vous voulez », hésita Lavande en guettant dans les yeux de son ancienne camarade de maison une raison de refuser mais, ne la trouvant pas, finit par accepter.

La petite vendeuse se faufila derrière le rideau de la cabine d’essayage. A l’intérieur, l’espace paraissait deux fois plus grand qu’à l’extérieur et comportait une rangée de miroirs qui permettaient aux clients de s’observer sous toutes les coutures. Si les clients le désiraient, l’une des cabines comportait un miroir spécial qui n’hésitait pas à dévoiler sa vérité, mais peu d’entre eux étaient prêts à la voir et à l’entendre et elle restait la plupart du temps vide.

Mrs Guipure disait que l’ego et les apparences étaient les plaies du monde dans lequel ils vivaient et qu’il était rare de rencontrer une personne qui n’hésitait pas à se voir telle qu’elle était vraiment. Katie, même si elle trouvait cette vision de la société relativement étriquée et bourrue ne pouvait décemment pas lui donner tort. Elle-même avait mis des années avant d’accepter de poser un regard bienveillant sur la personne que le miroir lui renvoyait.

Lavande, plantée au milieu de la cabine et les yeux rivés sur son reflet, se mordillait la lèvre inférieure. Comme par réflexe lorsqu’elle se vit de nouveau dans le miroir, elle porta une main à son visage, retraçant du bout de son index l’immonde cicatrice qui lui barrait la joue gauche. Cette cicatrice qui lui rappelait sans cesse qu’elle avait failli mourir lors de la Bataille de Poudlard, sous les griffes acérées de Greyback, et qu’elle en resterait défigurée à jamais.

« Vous êtes ravissante, déclara Katie avec un sourire que Lavande décrypta, étonnée, comme sincère.
— Vous n’avez pas besoin de me dire ça, répliqua la blonde après quelques secondes en secouant la tête.
— Je le pense. »

Lavande n’osa pas lui rétorquer qu’elle mentait et qu’il n’était pas nécessaire de la flatter pour qu’elle achète cette robe. Entre ses doigts fins, le tissu était d’une douceur presque affolante et exaltante. Adolescente, elle aurait rêvé de pouvoir la porter, mais dorénavant c’était différent. Elle n’était plus vraiment sûre de le vouloir. Dans ce miroir, elle ne voyait plus que son visage, ce visage déchiré qui n’était plus celui que les autres filles lui avaient longtemps envié. C’était difficile de l’accepter et de vivre avec, mais elle essayait. Elle essayait tous les jours. Ses doigts se resserrèrent un peu plus sur le tissu, comme pour se convaincre qu’elle prenait la bonne décision.

« Je vais la prendre.
— Votre petit-ami va en tomber à la renverse », déclara Katie avec un sourire.

Face à la moue sceptique de sa cliente, Katie se remémora brusquement ses propres doutes sur son avenir, ses propres angoisses et les crises incontrôlables après l’épisode du collier d’opale. Il avait fallu l’envoyer à Sainte-Mangouste pendant des mois durant sa septième année pour qu’elle recouvre sa santé mentale, et des années pour que sa vie reprenne un cours plus ou moins normal. Pourtant, il lui arrivait encore de repenser à ce jour d’octobre 1996, à cette sortie à Pré-au-Lard, et à toutes ces images horribles auxquelles elle avait dû faire face lorsque sa main avait frôlé le collier et qu’elle s’était élevée dans les airs comme possédée. Le sourire de la brune s’éteignit quelque peu tandis qu’elle s’approchait de Lavande, toujours figée devant le miroir.

« Je comprends ce que vous ressentez, et je sais que votre regard sur vous-même est bien plus impitoyable que ne l’est celui des autres. Je ne dis pas que ce sera facile mais, si vous faites ce pas en avant en vous aimant telle que vous êtes, ce sera une victoire, lui confia Katie. Une de plus à ajouter à votre liste, ajouta-t-elle sérieusement.
— Vous aviez… ce collier à Poudlard, fit Lavande dans un murmure, relevant les yeux vers la jeune femme.
— Oui, acquiesça Katie, son sourire se tordant en un rictus attristé. J’ai toujours été très malchanceuse. »

Pendant un bref instant, il y eut une sorte de connexion entre les deux jeunes femmes. Une entente silencieuse où les mots étaient superflus. Puis, Katie se détourna et s’empara, d’une main, d’un bout du rideau rouge qui les séparait du reste de la boutique de Mrs Guipure. Derrière ce rideau, sur l’un des fauteuils, Seamus attendait toujours.

« Vous êtes prête ? s’enquit Katie.
— Je le suis », affirma Lavande d’une voix un peu plus déterminée.

Le rideau s’ouvrit, dévoilant Lavande dans sa belle robe rouge. Seamus se félicita d’ailleurs de ne pas s’être levé et d’être resté assis sur le canapé confortable que lui avait suggéré la vendeuse. Il l’admira, la bouche entrouverte, pendant deux longues minutes si bien que sa fiancée s’en inquiéta :
« Elle ne te plaît pas ?
— J’avais entièrement raison, dit-il, tu es magnifique dans cette robe.
— N’exagérons rien, répliqua Lavande dont les joues avaient rosies.
— Je n’exagère pas, c’est un fait ! » trancha le jeune homme d’un ton prônant une évidence.

Il fallait être aveugle pour ne pas voir l’amour que se portait le couple, et Katie s’éclipsa vers les autres rayons du magasin avec sa discrétion habituelle. Que sa cliente achète ou non cette robe, sa mission était terminée et il était pratiquement l’heure, pour elle, de rendre son tablier.

Alors qu’elle se rendait dans l’arrière-boutique pour se changer, elle prit soin de jeter un coup d’oeil à l’entrée de la boutique et ne manqua pas la haute silhouette dégingandé d’Olivier Dubois qui tentait de se fondre dans le décor. Celui-ci avait toujours l’air de venir d’un autre monde quand il passait la chercher, et son malaise était si palpable que Katie ne pouvait empêcher un sourire de fleurir sur ses lèvres.

Une fois qu’elle eut troqué sa robe noire de vendeuse pour une tenue de ville, elle rejoignit son ami. Ce dernier, soulagé de la voir arriver, faussa aussitôt compagnie à une jeune fille rousse visiblement surexcitée. Tandis qu’ils sortaient de la boutique et que Katie lui jetait un regard interrogateur, le jeune homme haussa les épaules :
« Elle suit tous mes matchs.
— Une fan ?
— Apparemment. »

En 1994, juste après ses études, Olivier Dubois avait été recruté par le club de Flaquemare pour faire partie du club de réserve. S’il avait dû attendre presque deux ans pour intégrer l’équipe en tant que gardien, cela en avait valu la peine. Bien que la guerre avait ralenti la progression de sa carrière dans le Quidditch, plus de dix ans plus tard, il était l’un des joueurs les plus célèbres parmi les clubs de la ligue d’Angleterre. De ce fait, il ne passait jamais inaperçu, d’autant plus que son physique avantageux pour ses trente ans lui donnait un crédit supplémentaire auprès des demoiselles. Il ne s’en vantait jamais, préférant justement passer cette partie de sa vie sous silence.

« Tu as passé une bonne journée ? s’enquit-il, se tournant légèrement vers elle.
— Apparemment, le taquina-t-elle gentiment.
— Ne te moque pas, fit-il avec une grimace. Je ne sais jamais comment gérer ce genre de situation.
— Après tout ce temps ? répliqua-t-elle avec un sourire.
— Oui, même après tout ce temps. Je suis un joueur de Quidditch, pas une célébrité.
— L’un ne va pas sans l’autre, remarqua son amie, compatissante.
— Malheureusement », acquiesça-t-il, morose.

Du plus loin que la jeune femme se souvenait, Olivier avait toujours été un passionné de Quidditch. Lors des matchs à Poudlard, il n’hésitait jamais à reprendre ses joueurs, en tant que capitaine de l’équipe, si l’un d’entre eux prenait les entraînements de manière trop insouciante. Il avait ce sport dans le sang, contrairement à elle qui ne l’avait vu que comme un moyen de prendre de l’assurance. A l’époque, Katie manquait de confiance en elle, et son intégration dans l’équipe lui avait permis de s’ouvrir aux autres. Jusqu’à cette triste journée d’octobre 1996 qui avait, une fois de plus, fait pencher la balance dans le mauvais sens.

La jeune fille de dix-sept ans qu’elle était alors avait passé près de six mois au service de pathologie des sortilèges et maléfices, dans un état proche de la démence les premiers mois. Lorsque la paranoïa due à la magie noire du collier d’opale avait fini par s’apaiser, sans pour autant lui ôter toutes ses angoisses et les souvenirs sombres qui en avaient découlé, elle avait pu recevoir des visites. Olivier avait été l’un des premiers à se rendre à son chevet. Une forte amitié en était née et avait perduré toutes ces années.

« C’est la rançon de la gloire, ironisa-t-elle en resserrant son écharpe rouge autour de son cou.
— Je m’en passerais volontiers si je le pouvais, rétorqua-t-il, un mince sourire sur les lèvres.
— Je sais. C’était d’ailleurs assez drôle de te voir te cacher entre les rayons pour échapper à ton succès !
— Tu vois, tu te moques encore, l’accusa-t-il, faussement vexé.
— Désolée. »

Elle ne l’était pas du tout, et il n’eut aucun mal à s’en convaincre en voyant qu’elle tentait de camoufler un sourire en coin. Olivier fourra les mains dans les poches de son manteau et cala son pas sur celui de la jeune femme. Il aimait le bruit de leurs pas dans la poudreuse, c’était apaisant. Katie était l’une des rares personnes qu’il appréciait avoir à ses côtés, en dehors de ses parents.

Le jeune homme n’était pas particulièrement associable, mais il n’était pas pour autant quelqu’un de sociable non plus. Son cercle d’amis était restreint à quelques personnes proches et cela lui convenait parfaitement. Comme il se plaisait à le dire : « la quantité n’avait jamais fait la qualité ». C’était finalement comme au Quidditch. Il préférait axer son jeu sur la précision et l’expérience plutôt que sur son talent, ce qui avait fini par faire de lui un joueur aguerri.

« Au fait, tu ne devais pas dîner avec tes coéquipiers ? demanda soudainement Katie, se souvenant de ce détail.
— Si, mais j’ai réussi à me défiler cette fois. Ils sont sympas, mais je les vois suffisamment dans la journée.
— Boire un verre après les entraînements, ce n’est pas ce qui forge l’esprit d’équipe ? fit-elle, sarcastique.
— C’est bientôt Noël, éluda-t-il en lui accordant un sourire. Je peux bien m’accorder une pause... »

Katie haussa les sourcils, intriguée par cette réponse. Olivier Dubois était un perfectionniste, et un ambitieux. Il était conscient que ce dîner – ou ce verre – avec le reste de son équipe du club de Flaquemare était une sorte de tremplin qui le gardait suspendu au-dessus de la masse dans ce sport où la compétition était rude. Manquer l’un de ces rendez-vous, fixés par le capitaine en règle générale, pouvait vous amener à donner mauvaise impression ou à rater un événement qui se retranscrirait fatalement sur le terrain. Olivier, bien que réservé et peu enclin aux frivolités, avait dû également se plier à cette règle implicite dans le milieu du sport sorcier.

« Qui êtes-vous et qu’avez-vous fait d’Olivier Dubois ? le nargua son amie.
— C’est juste que… je n’avais pas envie de me forcer ce soir, déclara-t-il, amusé. Il faut croire que je vieillis. »

La jeune femme crut remarquer le regard en coin qu’il lui lançait, comme pour lui signifier qu’il lui avait réservé ce temps. Cette pensée lui réchauffa le coeur alors qu’ils poursuivaient une marche silencieuse dans la neige au gré du bruit feutré de leurs bottes dans la poudreuse. Une dizaine de minutes passa ainsi, sans que l’un ou l’autre ne prenne la parole, se complaisant dans cette complicité qui allait au-delà des mots. Puis, alors qu’ils finissaient par atteindre la petite ruelle où habitait Katie, Olivier se tourna vers son amie. Il hésita, réfléchissant à ses paroles avec soin.

« Est-ce que tu as prévu quelque chose pour le réveillon de Noël ?
— Eh bien, je dois aller chez mes parents le 25, mais… non, je n’ai rien prévu de spécial pour le réveillon.
— Tu… J’ai réservé une table au Chaudron Baveur, alors… fit-il, peu à l’aise. Tu veux venir ? »

Katie haussa les sourcils. Dire qu’elle était surprise par la proposition était un euphémisme. Olivier n’avait jamais été doué dans ses relations, qu’elles soient amicales ou amoureuses. Il était tellement rare qu’il fasse le premier pas qu’il était vu depuis des années comme un éternel célibataire, et certains allaient jusqu’à se demander s’il était vraiment intéressé par la gente féminine.

En réalité, les femmes qui trouvaient grâce à ses yeux n’étaient pas nombreuses et n’avaient jamais duré très longtemps dans son existence de passionné de Quidditch. Le jeune homme n’avait pas de temps à consacrer à une relation amoureuse, et ne l’avait jamais caché. Si Katie estimait que c’était dommage, il avait toujours balayé ses conseils d’un revers de la main, disant qu’il y penserait lorsque le moment serait venu.
« Je ne pensais pas que le réveillon qu’organise Hannah tous les ans t’intéresserait cette année, souleva-t-elle. Habituellement, tu profites de cette période pour élaborer toutes sortes de stratégies pour ton prochain match, donc je me suis dit que je lirais un bon livre devant un feu de cheminée et…
— Tu viendras ? insista-t-il en détournant le regard, les joues légèrement rougissantes.
— Bien sûr, je viendrais », acquiesça-t-elle.

Pendant quelques instants, il flotta dans l’air une forme de douce tendresse que les deux amis s’évertuèrent à ne pas remarquer. Une vingtaine de secondes plus tard, Katie rattrapa Olivier qui l’avait précédé de quelques pas, et glissa son bras sous le sien. Il ne leur restait que quelques dizaines de mètres à parcourir mais, dans ce silence qu’ils connaissaient si bien, ils ralentirent l’allure. Qu’il faisait bon de flâner pour sentir le vent d’hiver mordiller leurs joues rosissantes !

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