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Le Savant Fou - Effraction au Ministère - Deuxième Edition du concours !


Vous aviez aimé le concours du « savant fou » ? Les aurors Scamender et Gaunt sont de retour avec une nouvelle mission pour les cadets en formation!

Votre histoire sera cette fois centrée sur la médicomagie, et plus précisément sur les maladies sorcières et les accidents magiques. En effet, la communauté sorcière est en danger à cause d’un virus qui s’attaque aux noyaux des sorciers, et les forces de l’ordre ont besoin de mains supplémentaires. Etes -vous donc prêt à relever le défi et à rejoindre le bureau des aurors ? »

Les inscriptions seront ouvertes jusqu’au 16 mars 2024 . Une fois que vous serez inscrit, vous devrez choisir votre POV : écrire du côté des médicomages ou des patients.
Venez nous rejoindre au bureau des aurors . Nous avons vraiment besoin de vous ! C'est par ici pour transplaner ! !

A très vite, les cadets !


De Le Savant Fou - Effraction au Ministère ! le 24/02/2024 21:24


Journées Reviews de Février 2024 !


Aux membres d'HPF,

Les prochaines Journées Reviews auront lieu du vendredi 23 au lundi 26 février. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page jusqu'au jeudi 22 février.

A bientôt !


De Equipe des JR le 15/02/2024 22:17


141e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 141e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Vendredi 23 février à partir de 20h. Venez fêtes avec nous la fête des amoureux. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !



De L'équipe des Nuits le 11/02/2024 10:09


Nuit érotique de février !


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 140e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Vendredi 16 Fevrier à partir de 20h. A l'occasion de la St-Valentin, il s'agira d'une nuit érotique. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De L'Equipe des Nuits le 09/02/2024 19:58


JR de Janvier


Aux membres d'HPF,

Les prochaines Journées Reviews auront lieu du vendredi 26 au lundi 29 janvier. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page jusqu'au jeudi 25 janvier.

A bientôt !


De Journées Reviews le 23/01/2024 19:51


139e Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 139e édition des Nuits d'HPF se déroulera le Samedi 20 Janviet à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !



De L'équipe des Nuits d'HPF le 09/01/2024 19:07


Si morte au fond de moi par Juliette54

[14 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

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Note de chapitre:

Un petit retour au 12, Square Grimmaurd est prévu en cours de chapitre... L'ambiance va vite refroidir. 

Merci Ayli et PurplePink pour vos reviews <3

Chapitre 2 : Complications

.

La discussion avait dévié sur tous les animaux qu’Ignatius avait soignés dans sa vie. Son Fléreur devait se promener dans Flaquemare depuis ce matin, son hibou devait être arrivé en Roumanie à l’heure actuelle, chargé de la lettre d’excuse à l’intention du directeur de la Réserve de Dragons, et son Botruc n’avait pas quitté son chapeau. Il avait décidé de laisser une partie de ses animaux chez ses parents, et d’en donner une autre partie car il ne voulait pas leur faire traverser la moitié de l’Europe en train. Il n’avait pas pu se séparer d’une troisième partie qui était dans sa malle. Dans votre malle ? s’était exclamé Lucretia. Tous les Magizoologues dignes de ce nom ont une malle pour leurs animaux, Miss Lucretia, s’était-il contenté de dire avant qu’elle n’insiste pour voir ladite malle.

Et donc, voilà qu’il se retrouvait à lui présenter les quelques animaux qu’il n’avait pas relâché ou qu’il n’avait pas donné avant de partir en Amérique du Sud. Là, elle était en train de caresser Harvey l’Augurey qui ne pleurait pas. La pluie n’était donc pas pour tout de suite.

« Harvey est si doux ! se réjouissait-elle. Je ne comprends pas pourquoi les gens ont peur des Augurey, ils ont l’air si affectueux !

— Euh… ouais, marmonna-t-il en posant sa main dans le bas du dos de Lucretia pour la faire avancer. Leur cri est plutôt effrayant.

— Ils crient lorsqu’il va pleuvoir, c’est cela ? »

Il lui grimaça un sourire, heureux d’avoir enfin trouvé quelqu’un d’extérieur à ses collègues qui s’intéressait vraiment aux animaux magiques.

« Hum, approuva-t-il. Baissez-vous ! lui ordonna-t-il. »

Une volée de Billiwigs passa au dessus de leur tête, faisant éclater de rire Lucretia. Il se releva pour regarder la direction qu’avait prise l’essaim, et aperçut la tête de Charlus à côté de celle de Dorea.

« Tu sais vraiment pas draguer, Prewett ! lui lança son meilleur ami depuis l’extérieur de la malle.

— Va te faire voir, Potter, grogna-t-il avant d’attraper Lucretia par le coude pour l’éloigner des plantes carnivores. Remontons. Je vous présenterai aux autres animaux plus tard (Dirico, Focifère, Jorbabille, Verlieu, Lutin, Moke, Pimply, Rémora).

— Quand nous serons en Roumanie, Mr Prewett, nous pourrons les laisser en liberté dans un jardin, non ? lui demanda-t-elle avec enthousiasme. »

Il aimait vraiment qu’elle ne le regarde pas comme s’il était fou ou bizarre. C’était assez rare. Souvent, la première réaction était un mouvement de recul à la vue de Buzz son Botruc qui s’était aménagé une chambre dans son chapeau pointu. Au mariage de Charlus, Miss Lucretia s’était simplement attendrie et avait tendu son petit doigt à Buzz pour lui serrer la main. Personne n’avait fait ça spontanément. Pas même Charlus.

« Mr Prewett ? répéta-t-elle. »

Et c’était un vrai soulagement de la voir à nouveau sourire. Il y avait toujours un peu de retenue dans son attitude, mais ses grands yeux brillaient à nouveau.

« Pardon, euh, sûrement, il faudra aménager le jardin, marmonna-t-il. »

Il allait emménager avec une femme. Sa femme, plus précisément. Ceci l’inquiétait un peu, à la réflexion. Il avait l’habitude d’organiser ses affaires et son appartement comme il en avait envie. Il avait travaillé les deux dernières semaines de janvier au Ministère pour remplacer cet abruti d’Ulric Soliloque qui avait tout plaqué (y compris Miladora Edgecombe) pour partir en Asie. Edgecombe l’avait fait revenir en catastrophe, malheureuse et dépassée par les évènements. Il avait bien négocié son salaire, et il n’avait en plus jamais été autant respecté au Département de Régulation des Créatures Magiques que durant ces deux semaines. Aberdeen lui avait même dit qu’Edgecombe lui faisait à présent les yeux doux. Ben voyons. Ils se sautaient tous dessus dans ce département. De vrais animaux.

« C’est vrai que vous n’avez jamais été en Roumanie encore… se souvint Lucretia en commençant l’ascension hors de la malle.

— J’y suis allé à ma sortie de Poudlard, pendant six mois, puis j’ai passé six mois en Inde et six mois en Afrique Subsaharienne, l’informa-t-il en montant l’échelle à sa suite.

— Vous me l’avez déjà dit, mais oui, où ai-je la tête ? demanda-t-elle en riant. Vous comptez rester combien de temps auprès des dragons ?

— Je ne suis plus le seul à prendre la décision, marmonna-t-il en se sentant rougir. »

Il put entendre à nouveau l’éclat de rire de Lucretia. Comment est-ce qu’une nana de dix-neuf ans pouvait le faire rougir comme un gamin ? C’était risible.

« Bon Dieu, Prewett, j’ai joué comme un pied toute la journée parce que je me suis inquiété pour toi, l’accueillit Charlus en lui faisant une accolade bien brutale. Tu aurais pu courir prévenir ton vieil ami que…

— Ne t’emballe pas, je dois parler à son père et au vieux Black ce soir, l’arrêta Ignatius en rougissant à nouveau. »

Espérons que cet afflux sanguin des joues ne perdure pas à l’avenir. Il était déjà assez roux, pas la peine de faire virer sa peau à l’écarlate en plus.

.

« Et donc, j’ai demandé à Mathilda si…

— Qui est Mathilda ? lui demanda Mr Prewett.

— Mathilda Macmillan ? Ma cousine germaine du côté de ma mère. C’est la fille de mon Oncle Tomas. Elle a un an de moins que moi et jusqu’à ce que je quitte Poudlard, je passais beaucoup de temps avec elle, expliqua Lucretia. Et que disais-je ? Oui, j’ai demandé à Mathilda par lettre donc, comment se passaient ses cours de potion. Le Professeur Slughorn a la fâcheuse manie de la sous-noter, et ce n’est pas une idée, c’est véridique, insista-t-elle lorsqu’elle vit Mr Prewett et Charlus se jeter un coup d’œil équivoque.

— Oh je vous crois, Miss Lucretia, lui assura Mr Prewett dans son marmonnement habituel. Slughorn infligeait le même traitement à Charlus… Et à moi aussi, du jour où Charlus a fait exploser notre potion.

— C’est ton installation pour le mélange automatique qui a fait exploser notre chaudron, intervint Charlus. Mais, évidemment, il n’y a que moi que Slughorn a banni de son cours, fit Charlus avec une fausse amertume.

— Tu étais bien content d’être dispensé de ces cours que ta mère t’obligeait à suivre, marmonna Mr Prewett en retour.

— Il n’empêche, j’ai trinqué pour deux, insista Charlus. »

Lucretia fit la navette entre Charlus et Mr Prewett qui étaient assis sur les deux fauteuils du salon avant de revenir poser ses yeux sur Dorea, assise à côté d’elle sur le canapé. Ces interminables discussions et après-midi tous les quatre lui manqueraient à coup sûr. Mais elle découvrirait bien d’autres choses auprès de Mr Prewett.

« Et donc ? la relança patiemment Mr Prewett.

— Ah oui. Mathilda m’a raconté qu’elle hésitait à ne plus assister aux cours et à passer l’épreuve en candidate libre tant le Professeur Slughorn est imbuvable avec elle, reprit-elle. Personnellement, je l’y encourage. Le Professeur Slughorn lui fait perdre son temps en l’ignorant, et elle apprendrait bien plus par elle-même. Mais elle a peur d’être pénalisée à l’évaluation des ASPICs ou même que cette sécession la desserve lors de l’examen de son dossier à Ste-Mangouste.

— Son dossier à Ste-Mangouste ? s’étonna Charlus. Elle est malade ?

— Oh non, réfuta Lucretia. Elle veut devenir Guérisseuse. Mais c’est un secret pour le moment. Grand-père Sileas serait contre. Il la pousse à se fiancer à Alexander Rosier le plus rapidement possible et à l’épouser sans tarder. Son père, mon Oncle Tomas, lui a dit de ne pas en informer Grand-père Sileas pour le moment. Il lui a dit de faire son stage si elle est prise à l’essai, et d’informer Grand-père au moment où elle entrera véritablement dans le cursus. Bref, le Professeur Slughorn lui en fait voir de toutes les couleurs. Personnellement, je suis persuadée que Grand-père Sileas se doute de quelque chose et qu’il fait en sorte de la décrédibiliser devant le Professeur Slughorn avec lequel il est plus ou moins ami, ajouta-t-elle.

— Lucretia, je t’ai déjà dit que je doutais que le Professeur Slughorn se fasse manipuler aussi facilement par ton Grand-père, dit Dorea en soupirant avec désapprobation. Mathilda a simplement dû faire une remarque qui n’a pas plu au Professeur Slughorn par le passé. »

.

Ignatius laissa Miss Lucretia et Dorea débattre du caractère influençable du bon vieux Slug pour se tourner vers Charlus dont il sentait le regard insistant peser sur lui. Il haussa un sourcil broussailleux pour lui faire comprendre qu’il attendait la question ou la remarque qui brûlait les lèvres de Charlus et se pencha en avant en voyant son ami en faire de même.

« Tu ne veux pas en parler à ton père avant d’aller voir le père de la petite Lucretia ? lui demanda Charlus à voix basse.

— Pour quoi faire ? marmonna Ignatius. Mon père s’en fiche royalement. Il n’y a que son verger qui lui importe.

— Et ta mère ? insista Charlus.

— Lucretia ne conviendra pas à ma mère, et je ne changerai pas d’avis, alors je préfère éviter une discussion houleuse et sans issue.

— Et ton frère ?

— Par Merlin, mais il s’en fiche ! s’agaça Ignatius. Il a cette stupide Agatha Fawley qu’il doit épouser en août. Tu crois qu’il m’a demandé son avis, lui ?

— Non mais je ne parle pas de leur avis, mais de la manière dont tu dois t’y prendre pour faire ta demande. 

— Je ne suis pas si empoté niveau nana que ça, Potter, marmonna Ignatius en l’assassinant du regard. »

Charlus se retenait de dire autre chose, Ignatius le voyait bien. Charlus ne savait pas mentir, et il ne savait pas dissimuler le moindre secret. C’était d’ailleurs pour cette raison qu’il avait compris que Dorea Black était un plan plutôt sérieux pour son meilleur ami : il n’en avait pas entendu parler plus tôt, si ce n’est à ce nouvel an où Charlus s’était fait mener par le bout du nez un an plus tôt. S’il n’en avait pas entendu parler, c’était bien parce que c’était quelque chose (ou quelqu’un plutôt) de spécial qui permettait à Charlus d’adopter un comportement… spécial. Bref.

« Qu’est-ce que tu veux vraiment me dire ? demanda dangereusement Ignatius. »

Charlus hésitait, jetait des coups d’œil nerveux vers Dorea et Miss Lucretia avant de revenir le regarder avec hésitation. Il finit par se lever et lui faire signe d’aller dans le couloir. Il s’exécuta, tout à fait perplexe. Miss Lucretia et Dorea ne prirent pas garde à eux, à présent en plein débat sur la personne de Sileas Macmillan.

« Quel est le problème ? marmonna-t-il en suivant Charlus à l’étage.

— Je veux juste te montrer mon contrat de mariage, lui dit Charlus.

— Arrête de tourner autour de la Bouse de Dragon, par Godric, et déballe-moi les yeux de cafards, s’agaça-t-il pour de bon. »

Charlus entra dans sa chambre et ouvrit l’un des tiroirs de l’immense bibliothèque qu’avait fait installer Dorea. Il en tira un rouleau de parchemin et le déroula sur la petite table qui occupait une partie de la pièce. Il bloqua les coins supérieurs avec une lourde règle en bois et se pencha dessus. Ignatius en fit autant avec méfiance. Le début commençait par un tas de formules en latin.

« Je ne le savais pas sur l’instant, je me suis renseigné après coup. Mais le contrat de fiançailles qui devient contrat de mariage le jour de la célébration dont je t’avais parlé (on appelle cela un contrat traditionnel) est un peu problématique dans le cas de Lucretia. »

Qu’est-ce que c’étaient encore que ces histoires ?

« Développe, ordonna-t-il en croisant les bras devant lui.

— Eh bien, reprit Charlus avec hésitation, ce type de contrat, grosso modo, ne peut être rompu jusqu’au mariage sauf si les fiancés se mettent d’accord.

— Ce qui ne m’est pas très utile, marmonna Ignatius.

— Mais le mariage peut être rompu au bout de sept ans s’il n’y a pas d’enfant.

— Et alors ?

— Son père pourra la pousser à faire annuler votre mariage pour qu’elle puisse récupérer sa dot, car si c’est toi qui engage la procédure, elle perdra tout.

— Son père n’en fera rien, marmonna Ignatius.

— Ce n’est pas tout, reprit Charlus. Là, ajouta-t-il en pointant une ligne de son contrat de mariage. Si l’un de vous d’eux meurt alors qu’il n’y a pas d’enfant, un autre mariage se met quasi-mécaniquement en place entre le veuf et le plus proche parent célibataire. Pour faire simple…

— Pas de contrat traditionnel, j’ai compris, marmonna Ignatius.

— Ig, c’est sérieux, insista Charlus. Ne part pas là-bas à l’aveuglette. Ils… Les Black semblent normaux, mais ils sont assez cinglés sur les bords, ajouta-t-il à voix basse. Le père de Dorea faisait vraiment froid dans le dos et bon sang, chaque mot était calculé avec lui. Le père de Lucretia est complètement paranoïaque, tu l’as bien vu. Quant au vieux Black… un pointilleux fini de l’étiquette et des convenances. Lorsqu’il saura que tu ne vis plus chez tes parents…

— J’y vis à nouveau en ce moment, rappela Ignatius.

— … que tu vadrouilles à travers le monde, et que tu es un Magizoologue qui va en Roumanie affronter les dragons dans une semaine, il va te réduire en bouilli. Ne lui dis pas que tu n’as pas d’elfe, et habille-toi mieux que ça.

— Tu as honte de moi ? s’offusqua Ignatius.

— Mais non, je n’aime simplement pas beaucoup fréquenter les Black parce que le moindre regard est un jugement chez eux, conclut Charlus en enroulant le parchemin pour le ranger. Demande un contrat classique, et mieux encore, signe-le au Ministère lorsqu’un Mage de Mariage te l’aura très bien expliqué. Si le vieux Black insiste, il faudrait que la petite Lucretia…

— Tu sais qu’elle va devenir ma femme, releva Ignatius. Tu pourrais cesser de l’appeler Petite Lucretia.

— Il faudrait, répéta Charlus en haussant la voix, si jamais le vieux Black refuse un contrat classique, qu’elle dise à son Grand-père qu’elle ne peut pas avoir d’enfants. Apparemment, son père le sait puisque…

— Son père le sait ? le coupa Ignatius avec étonnement. Eh bien tout est réglé, il la laissera faire ce qu’elle veut. Et vu comment ceci l’a mise mal, j’ai de sérieux doutes sur son envie d’en parler à qui que ce soit. Ne t’inquiète pas, je…

— Fais attention, s’il te plaît. Les Black sont… ils sont bizarres, marmonna Charlus. Ils vivent au siècle dernier, persuadés que leur 12, Square Grimmaurd est un château et qu’ils sont la royauté sorcière.

— Nobles moyenâgeux, marmonna Ignatius avec amusement. »

Charlus se dérida pour exploser de rire. C’était l’expression qu’il avait utilisée pour qualifier les trois vieux frères Black, alignés en rang d’oignon dans la salle de bal, en train de détailler chaque couple qui valsait.

« J’y pense, cette histoire de sept ans pour avoir un bébé, se souvint Ignatius. Tu imagines vraiment ton Glaçon avec un bébé dans les bras ? J’ai bien cru qu’elle allait faire tomber Anatole lorsqu’Emily le lui a mis dans les bras. 

— N’appelle pas Dorea comme ça ! explosa une fois de plus Charlus. »

Ce surnom était tellement parfait pour Dorea. Elle le trainait depuis Poudlard, tout comme son côté princesse de glace. Pas crème glacé, non, plutôt glace d’un lac gelé. Et lorsqu’Emily Anderson, la femme de leur ami Jim et sœur de Bastian Carley, lui avait mis Anatole, son petit dernier, dans les bras pour courir à la cuisine, Dorea s’était tout simplement figée, le bébé tendu devant elle, avec une expression de stupeur. Il lui avait fallu dix bonnes secondes, il les avait comptées, pour qu’elle se reprenne et installe maladroitement le petit dans ses bras.

« Et puis… c’est plus ou moins en chemin, ajouta Charlus avec un sourire débile. »

Merlin. Le Glaçon était…

« Elle est enceinte ? s’exclama-t-il avec stupeur. Déjà ? Merlin, tu te fous de moi ? Et tu me le dis comme ça ? Félicitations ! Par Godric, Charlus Potter va être papa ! s’exclama-t-il en lui faisant une de ces accolades bien brutale dont Charlus le qualifiait toujours. »

.

« Elle est…Déjà ? Merlin, tu… ? Et tu… comme ça ? …tations ! Par Godric, Charlus Potter va être papa ! »

Lucretia en laissa tomber sa tasse de thé par terre. Elle se baissa aussitôt pour camoufler la boule de larmes qui s’était brusquement formée dans sa gorge et menaçait d’éclater. La voix de Mr Prewett était transportée de joie, elle était même euphorique à l’annonce d’un bébé à venir… mais pas d’un bébé à eux, d’un bébé pour Charlus et Dorea.

Elle respira à fond pour retenir ses larmes, et se réjouir pour Dorea. Mais c’était dur… C’était difficile parce qu’elle sentait à nouveau la jalousie insidieuse se glisser dans les veines de son cœur, et parce que Dorea ne le lui avait pas dit… comme si…

« Félicitation, souffla-t-elle comme elle put en posant d’une main tremblante la tasse de thé vide sur la table basse.

— Lucretia…

— Un instant, supplia-t-elle en levant les yeux au plafond pour retenir ses larmes. »

Elle devait se réjouir pour Dorea, et ne pas la jalouser. Elle devait…

« Je suis désolée, je… reprit Dorea en couvrant les éclats de joie de Charlus et Mr Prewett à l’étage.

— Tu n’as pas à l’être, la coupa Lucretia en respirant de plus en plus difficilement. Je… Je suis contente pour toi, et tu ne dois pas t’empêcher d’être heureuse à cause de moi, réussit-elle à dire avant de ne plus pouvoir parler tant sa gorge était serrée. »

Elle se détourna au moment où sa gorge lâcha et qu’une salve de sanglots la déchira à nouveau. Les mains de Dorea retrouvèrent leur place sur ses épaules, comme depuis bientôt un mois et demi. Elle ne voulait pas être jalouse, elle ne le voulait pas. Mais c’était plus fort qu’elle. Elle se réjouissait pour Dorea, et elle jalousait sa cousine en même temps. Ces deux sentiments devenaient habituels ces temps-ci. Et elle se détestait de les éprouver simultanément. Elle se détestait surtout d’être envieuse de Dorea. Et même d’être envieuse tout simplement. Elle avait l’amour, c’était déjà énorme, non ? Elle avait juste ce petit quelque chose qui lui manquait pour le concrétiser visuellement et charnellement.

« Tu as le droit d’être jalouse aujourd’hui, lui souffla Dorea. Et même tous les jours de ta vie. Mais essaie d’avancer et de ne pas penser que ta vie est terminée, s’il te plaît, Lulu. Je sais que c’est facile à dire pour moi mais… essaie de trouver un autre but ou quelque chose d’autre pour combler ce manque qui te fait souffrir. »

Le droit d’être jalouse… Avait-elle vraiment le droit ?...

« Qu’est-ce que ça fait d’avoir un bébé dans le ventre ? souffla-t-elle lorsque ses sanglots se furent enfin taris.

— Peu de chose pour l’instant, lui souffla Dorea. À vrai dire, c’est Charlus qui a insisté pour que j’aille consulter Mrs Bones hier midi, je n’y croyais pas moi-même.

— Ah oui ?

— Je perds facilement l’équilibre et puis je m’emporte un peu trop ces temps-ci, alors il m’a suggéré cette possibilité.

— Mais… Mais au niveau… émotionnel, qu’est-ce que ça fait de porter l’enfant de l’homme qu’on aime ? insista-t-elle en sentant son ventre froid se durcir comme la pierre.

— Je… Je ne réalise pas vraiment encore, souffla sa cousine en posant distraitement une main sur son ventre. »

Est-ce que c’était un mensonge ?... Dorea était si secrète, en permanence. Lucretia était certaine qu’il s’était passé quelque chose entre Charlus et elle avant qu’ils se fiancent, même si Dorea le niait. Il y avait… Il y avait un truc entre eux. Mais impossible d’obtenir quoi que ce soit avec Dorea. Et pourtant, Lucretia pouvait se targuer d’être la personne dont Dorea était la plus proche, au même niveau que Sylvestra, la meilleure amie de Dorea.

Elle décida de la croire et de ne pas insister, juste pour cette fois. Et puis, elle n’avait peut-être pas envie d’avoir une réponse à sa question maintenant. Dans quelques années, elle serait peut-être prête à entendre parler d’enfants et de bébés sans sentir son corps trembler de rage et de désespoir, mais pas plus tôt.

« Et Charlus est content ? préféra-t-elle demander.

— Oui, répondit simplement sa cousine. »

C’était rare que Dorea réponde aussi clairement. Elle disait généralement « assez » ou « plutôt », comme si elle jouait à ni oui ni non. Cette réponse était tout ce qu’il y avait de spontané et de plus vrai. Charlus était aux anges, si Lucretia décryptait ce simple mot et les yeux brillants de Dorea. Il était même fou de joie, c’était évident.

L’escalier grinça dans le couloir. C’était Mr Prewett et Charlus qui redescendaient. Son cœur se desserra un peu à cette idée. Mr Prewett ne voulait pas d’enfant de toute façon. C’était mieux comme ça, n’est-ce pas ?

« Mr Prewett, que… »

Elle s’était levée pour accourir dans le couloir et le retrouver. Mais elle s’était figée en reconnaissant la robe de cérémonie qu’il portait au mariage de Charlus et Dorea. Elle avait compris assez rapidement qu’il n’était pas un friand des tenues compliquées, ni même un friand de tenue vestimentaire en règle générale. Ses robes devaient toutes dater de plusieurs années, et elles étaient toutes reprisées en maints endroits. Avec un métier comme le sien, Lucretia le comprenait bien. Et puis, ceci complétait le côté aventurier de Mr Prewett qui lui plaisait plus que tout.

Alors qu’il ait revêtu une robe de cérémonie pour se rendre dans sa famille et pour la demander en mariage c’était… Ceci touchait beaucoup Lucretia. C’était un évènement, quelque chose d’important, et il le lui montrait.

« J’aime énormément votre côté baroudeur, Mr Prewett, mais je dois reconnaitre que les robes de cérémonie vous donnent encore plus de charme, osa-t-elle dire en se focalisant sur son nœud de cravate à redresser. »

Il la laissa faire, et elle se sentit déjà sa femme à s’occuper comme ça de sa tenue. Elle ignora le ricanement de Charlus et la réprimande de Dorea pour relever les yeux avec timidité vers Mr Prewett. Il avait au moins une tête de plus qu’elle, alors qu’elle portait des talons. Son torse devait être deux fois plus développé que son maigre buste de jeune fille, et ses yeux la laissaient toujours avec un drôle de tiraillement dans le bas du ventre. Dorea lui avait dit que c’était du désir… Et elle se sentit rougir en se rappelant les quelques explications gênées de sa cousine sur ledit devoir conjugal. Elle baissa à nouveau les yeux sur son torse et vérifia les boutons de sa tenue pour occuper ses mains. Les yeux bleus de Mr Prewett la déstabilisaient toujours car ils étaient… ils étaient profonds et lumineux à la fois. Et surtout, ils ne déviaient jamais son regard, ni le regard de personne. Ignatius Prewett parlait toujours en regardant son interlocuteur dans les yeux. C’était impressionnant. Elle n’avait jamais vu personne dégager autant de force, de confiance et d’assurance que lui, tout en restant d’une honnêteté incroyable.

« Mon côté baroudeur ? marmonna Mr Prewett avec une trace audible d’amusement.

— Je te l’avais dit, Prewett, intervint à nouveau Charlus. »

Lucretia avait bien envie de lui dire de se taire même si ceci ne se faisait pas. À la place, elle monta récupérer sa malle sans retenir un regard noir en direction de Charlus Potter. Insupportable. Comment Dorea pouvait-elle le supporter à longueur de journée ?

Elle rougit à nouveau en se rendant compte qu’elle avait laissé un peu trop traîner ses affaires dans la chambre, et que Mr Prewett avait dû avoir accès à ses dessous et ses affaires de beauté. Après tout, ils seraient bientôt mariés, elle n’avait pas à avoir honte, non ? Elle glissa ses gants à ses mains après avoir longuement contemplé sa bague de fiançailles une nouvelle fois, et descendit les escaliers avec sa malle. Mr Prewett s’empressa de la lui prendre et elle le remercia d’un sourire accompagné d’un hochement de tête.

« Je crois que nous pouvons y aller, intervint Dorea en enfilant ses gants à son tour. Passe la première, Lucretia. »

Elle accepta sans un mot et se dirigea vers la cheminée. La main ferme de Mr Prewett sur son épaule la retint. Elle se retourna vers lui en souriant. Il l’enveloppa de son regard bleu océan.

« Vous n’avez toujours pas changé d’avis, Miss Lucretia ? souffla-t-il en glissant le dos de sa main sur sa joue.

— Jamais, Mr Prewett, souffla-t-elle, complètement hypnotisée par les frissons que lui provoquait ce geste.

— Si jamais vous changez d’avis pendant la soirée…

— Ceci n’arrivera pas, lui assura-t-elle. »

Elle jeta un coup d’œil derrière elle. Dorea ne les regardait pas, et elle occupait l’attention de Charlus en lui parlant à voix basse. Elle posa sa main gantée sur sa joue, leva la tête vers lui, et déposa ses lèvres sur les siennes avec légèreté. C’était avec lui qu’elle voulait être, et avec personne d’autre. Surtout pas avec Dorea en ce moment…

« Pensez à féliciter aussi Dorea, c’est elle qui porte un bébé, non Charlus, dit-elle un peu plus fort avant d’éclaircir sa voix qui recommençait à faire des siennes. »

Elle se détourna en voyant la bouche de Mr Prewett se pincer derrière sa moustache et sa barbe rousse. Elle plongea la main dans le pot en terre cuite sur le linteau de la cheminée et entra dans l’âtre sans hésiter. Elle inspira le plus calmement possible pour donner sa destination, et partit pour Londres avec l’image inquiète de Mr Prewett derrière les yeux. Le réseau de Cheminette tourna longtemps autour d’elle avant qu’elle ne reconnaisse le conduit noir du 12, Square Grimmaurd. Elle tira sa baguette en faisant un pas dans le Grand Salon et enleva le plus gros de la suie. Elle espéra un instant ne croiser personne jusqu’à l’arrivée de Dorea, Charlus et Mr Prewett, mais sa mère et sa Grand-mère Hesper était dans la pièce, assises sur le canapé et discutaient, le visage marqué par l’inquiétude. Elle leur sourit largement. Elles n’auraient bientôt plus à s’inquiéter pour elle. Mr Prewett lui avait redonné le sourire et elle s’en irait avec lui dans une semaine, loin des mondanités de Londres.

« Ah Lucretia, vous voilà. Nous commencions à nous inquiéter, l’accueillit sa Grand-mère en se levant pour venir à elle.

— Vous n’avez pas reçu la lettre de Dorea ?

— Justement, insista sa mère. Ce n’est pas dans ses habitudes de prévenir si tard. Nous avons pensé qu’il t’était arrivé quelque chose.

— Dorea est encore plus à côté de la baguette depuis son mariage, rappela Lucretia avec amusement. Et j’ai passé la journée avec elle.

— Je croyais que tu n’allais jamais la voir le lundi car elle rendait visite à une amie, s’étonna sa mère.

— Elle m’a dit qu’elle irait demain, répondit patiemment Lucretia en jetant un coup d’œil nerveux à la cheminée. »

Il allait arriver. Mr Prewett allait arriver, ils dîneraient et juste après, il irait parler à son père et son grand-père.

« C’est heureux de vous voir sourire, mon enfant, reprit prudemment sa grand-mère.

— N’est-ce pas ? se réjouit Lucretia à son tour. »

D’autant plus que la cheminée crépita à cet instant. Dorea sortit de l’âtre et se débarrassa négligemment de la suie d’un coup de baguette. Un petit sourire étira sa bouche lorsqu’elle s’avança vers Melania et Hesper Black.

« Bonsoir Tante Hesper, commença-t-elle. Comment allez-vous ? Et vous, Melania ?

— Vous êtes certaine qu’il n’y a pas eu de problème ? insista sa grand-mère.

— Je l’ai dit dans mon courrier, répéta calmement Dorea sans se laisser déstabiliser un instant. Nous n’avons pas vu le temps passer avec Lucretia, c’est tout. »

C’est tout… Pas tout à fait, songea Lucretia en regardant Charlus émerger de l’âtre et s’ébrouer comme un chien mouillé pour faire tomber les cendres de sa tête. Dorea le débarrassa du reste d’un coup de baguette distrait.

« Bonsoir Mesdames, salua Charlus avec ce ton clairement moqueur qu’il adoptait en permanence. »

Dorea ne s’en rendait même pas compte. Elle était bien trop stupide lorsque Charlus entrait dans une pièce, de toute façon. Elle les laissa enchaîner sur des mondanités ennuyeuses pour guetter l’arrivée de Mr Prewett… de son fiancé. Plus que quelques heures, et ce serait su par tous… Quelques heures… Et dans une semaine…

Le voilà. Elle s’apprêta à quitter le cercle pour aller l’accueillir, mais Dorea le lui déconseilla d’un petit ordre par Légilimancie. Elle grimaça. Elle ne savait plus se tenir lorsque Mr Prewett entrait dans son champ de vision. Elle oubliait toutes ses bonnes manières.

« Melania, vous vous souvenez de Mr Prewett ? C’était notre témoin de mariage, le meilleur ami de mon mari, le présenta rapidement Dorea après avoir pris son bras.

— Bien sûr, Dorea, répondit sa mère. »

La voix de sa mère avait cette chaleur discrète et douce qui avait toujours rassuré Lucretia. Sa mère était… une boule de tendresse que son père cassait jour à après jour depuis vingt ans.

« Je me souviens, oui, compléta sa mère en lui jetant un coup d’œil. »

Lucretia sourit malgré elle et se sentit rougir en rencontrant les yeux suspicieux de sa mère. Sa Grand-mère eut sans doute la même analyse, puisqu’elle fit signe à Lucretia de la suivre.

« Sirius aimerait vous voir, Lucretia. Venez avec…

— Ah, Lucretia, tu es enfin rentrée. »

Son grand-père était devant elle, sur le seuil de la porte du salon. Il portait une robe noire traditionnelle mais tout ce qu’il y avait de plus élégant. Le chaîne de sa montre à gousset en argent brillait sous la lumière des bougies, sa cravate était parfaitement mise et lorsque Lucretia remonta les yeux jusqu’à son visage, elle y vit le même pli d’inquiétude sur son front qu’il arborait depuis un mois et demi dès qu’il la regardait. Elle lui sourit largement, sans se forcer. Les rides autour de ses yeux qu’elle avait toujours connues s’étaient un peu accentuées au fils des années, et sa barbe avait grisonné, mais c’était toujours son Grand-père adoré.

« Bonsoir Grand-père, s’empressa-t-elle de répondre en venant lui embrasser la joue. »

Elle se recula rapidement et resta devant lui lorsqu’il la détailla attentivement après avoir posé une main sur son épaule. Elle lui sourit un peu plus. Oui, je vais bien, je vais mieux, Grand-père.

« Tu as bonne mine, remarqua-t-il en souriant malgré son inquiétude évidente.

— Je vous remercie, répondit-elle avec soulagement. J’ai passé une très bonne journée. Je vous la raconterai plus tard, proposa-t-elle en venant prendre son bras. Grand-mère me disait que vous vouliez me parler.

— Te parler ? s’étonna-t-il en jetant un coup d’œil à son épouse. Qu’avais-je à dire à Lucretia, Hesper ?

— Si tu ne t’en souviens plus, je n’y peux rien, répondit vivement Grand-mère Hesper en regardant avec insistance Lucretia. Mais je crois que Lucretia à beaucoup à te raconter de sa journée d’aujourd’hui, non ? »

Lucretia retint son souffle. Pourquoi sa Grand-mère faisait une scène pareille ? C’était ridicule.

« Voyons Hesper, ceci peut attendre, j’en suis certain, temporisa son grand-père en proposant son bras à Lucretia. J’aimerais saluer Dorea, son époux et leur ami avant toute chose. C’est bien dommage que Pollux, Irma et Walburga soient de sortie. Et quelle idée a eu Regulus de demander à Cassiopeia de l’accompagner dîner chez l’Ambassadeur du Brésil. Dorea ne pourra voir ni sa sœur, ni son frère. Combien sommes-nous ce soir pour dîner, Hesper ?

— Nous serons onze, Sirius, lui répondit aussitôt Grand-mère Hesper.

— Il est mieux que Regulus soit absent alors, quitte à ce qu’il ait emmené Cassiopeia. Être treize à table n’est jamais de bon augure, rappela son grand-père avec sérieux. »

Lucretia ne manqua pas l’agacement visible de sa grand-mère qui reprochait souvent à son mari son penchant pour l’astronomie, la divination et les superstitions… Enfin, Grand-mère Hesper appelait cela des superstitions dès que Grand-père Sirius avait le dos tourné.

Elle regarda du coin de l’œil Mr Prewett saluer son Grand-père sans perdre une seconde son assurance et l’admira d’entretenir la conversation sans commettre un seul impair. Elle osa s’approcher et s’intercaler entre Dorea et Mr Prewett dans le cercle établi sans attirer l’attention. Elle serra brièvement sa main du bout de ses doigts à l’abri des regards et raccrocha aisément à la conversation en interceptant le sourire de Mr Prewett… Quelques heures, juste quelques heures, et il serait officiellement son fiancé.

.

D’accord, ils étaient cinglés, Ignatius le reconnaissait mille fois. Le vieux Black ne le lâchait pas d’un pouce, soit pour lui parler de ses désastreux locataires du Chemin de Traverse, soit pour parler de la politique du Ministre avec agacement, soit pour le questionner sur son métier et Ignatius, malgré les avertissements de Charlus, n’avait pu se résoudre à mentir. Il avait évoqué son emploi au ministère (ce qui avait détourné l’attention du Vieux Black qui s’était remis à pester après le ministre actuel) et il avait évoqué son futur emploi dans la Réserve de Dragons roumaine. Le vieux Black n’en avait pas encore fait de la bouillie. Il s’était même montré particulièrement intéressé sur la manière d’élever un dragon. Il avait un peu râlé sur le fait qu’il fallait se cacher des Moldus et donc cacher les dragons aux yeux des Moldus, mais une pirouette de Dorea plus tard (« mais de toute façon, Oncle Sirius, il faut les isoler des sorciers, alors des Moldus en plus… »), le vieux avait laissé tomber.

Et puis… encore une fois… Miss Lucretia avait un peu abusé du vin des elfes. Elle l’avait à nouveau regardé avec une passion et une admiration pas du tout dissimulées. Elle avait ri ouvertement lorsqu’il avait raconté quelques histoires à la ronde. Mais tout s’était réellement gâté lorsque, assise à côté de lui à table, elle avait posé sa petite main gantée sur son bras pour attirer son attention, ajouter quelques bons mots, et rire en se retenant à lui. Il sentait le regard lourd de son père, Arcturus Black, le fixer depuis que l’entrée avait été débarrassée. Le père de Lucretia ne clignait même pas des yeux. Les seuls moments où il ouvrait la bouche et détournait le regard, étaient pour répondre à une question de son épouse, assise à côté de lui. La grand-mère, Mrs Hesper Black, n’était pas beaucoup mieux. Elle jetait des coups d’œil agacés dans sa direction dès que Miss Lucretia riait. La mère de Dorea tenait des propos stupides à sa fille qui les écoutait sans l’interrompre. Le frère du Grand-père de Miss Lucretia, Arcturus de son prénom (oui, comme le père de Lucretia), fixait toute la table avec un air paisible et complètement allumé (à croire qu’il avait consommé une herbe ou une potion pas très légale). Sa femme, à côté de lui, parlait toute seule puisque la mère de Miss Lucretia ne l’écoutait pas… pour le fixer d’une manière aussi dérangeante que son mari, qui s’était déjà levé trois fois pour « prendre l’air ». En réalité, la plus normale… la seule normale, même, parmi celles et ceux portant le nom de Black, c’était Miss Lucretia. Dorea était froide comme un Glaçon, et ceci empirait de secondes en secondes depuis qu’ils avaient quitté Flaquemare, quant aux autres… eh bien, les autres étaient pires.

« Il suffit ! s’exclama d’un coup le vieux Black en tapant du poing sur la table. »

Il était debout, tout à fait furieux, et fixait l’endroit où Miss Lucretia et Ignatius étaient assis. Aïe. Ça sentait la bouse de dragon, pour le dire familièrement.

« Dans mon bureau ! Toute de suite, Lucretia ! explosa-t-il en pointant le couloir à Miss Lucretia. »

Ignatius fit dévier ses yeux une petite seconde sur Miss Lucretia. Elle regardait son Grand-père avec surprise. Il hésita à lui toucher le bras ou l’épaule pour la faire revenir parmi eux, mais le regard noir de Sirius Black le dissuada… une petite seconde. Si le grand-père de Miss Lucretia avait compris ses intentions, il n’aurait pas besoin de tourner autour du pot.

« Miss Lucretia, souffla-t-il à voix basse. »

Il aurait peut-être mieux fait de s’abstenir, puisque Miss Lucretia poussa le vice à se raccrocher à son bras comme si sa vie en dépendait. Les yeux de Sirius Black se réduisirent à deux fentes venimeuses, et il tira sa baguette aussi vite que l’aurait fait un Auror. La seconde d’après, Ignatius se sentit tomber dans un puits noir sans fond, Miss Lucretia toujours accrochée à son bras.

« Mr Prewett, ne m’abandonnez pas, lui souffla-t-elle dans cette tornade infernale. »

Il n’eut pas le temps de répondre puisqu’ils atterrirent dans une autre pièce, un bureau à tous les coups. Sirius Black se tenait droit et intransigeant, pendant qu’Arcturus Black, le père de Miss Lucretia, faisait les cents pas devant eux. Les fauteuils, le bureau et les étagères pleines de parchemins ; le parquet sombre, la fenêtre et l’immense cheminée : Ignatius évalua tout ce qui l’entourait en un clin d’œil avant d’attirer Miss Lucretia dans ses bras et de regarder le vieux Black devenir rouge de fureur par-dessus la jolie tête de sa fiancée. Parce que oui, Miss Lucretia était sa fiancée, et le vieux ne pourrait rien y changer.

« Expliquez-vous, Mr Prewett ! s’exclama brusquement Mr Sirius Black en allant s’asseoir derrière son bureau. Expliquez-vous vite ! »

S’expliquer ? Ce n’était pas évident ? Il voulait faire ceci rapidement ? Pas de problème.

« Je suis venu vous demander la main de votre petite-fille, dit-il tout simplement. »

Miss Lucretia tressaillit dans ses bras et laissa un cri de surprise lui échapper quand son grand-père tapa du poing sur la table du bureau. Ignatius ne le lâcha pas des yeux. C’était quoi le problème ? Sylvestra Selwyn avait peut-être raison. Peut-être que le vieux Black se prenait pour la royauté sorcière et qu’un insecte comme lui n’était pas assez riche et pas assez ambitieux pour Miss Lucretia.

« Sa main ? répéta le père de Lucretia qui avait arrêté d’arpenter le bureau pour faire trois pas vers lui et le regarder avec considération. »

Des tocs nerveux lui faisaient cligner de la paupière gauche de manière frénétique, les coins de sa bouche se levaient et s’abaissaient comme s’il essayait de sourire, et les doigts de sa main bougeaient tout seul le long de son corps. Son épaule craqua lorsqu’il la souleva trois fois de suite de manière trop rapide pour que ce fût volontaire.

« C’est cela, sa main, insista Ignatius sans détourner le regard.

— Eh bien c’est d’accord, accepta aussitôt Arcturus Black sans cesser ses sourires avortés. La famille est importante, la famille…

— Non ! Non, ce n’est pas d’accord, Arcturus ! s’exclama Sirius Black en tapant du poing sur son bureau. Lucretia a dix-neuf ans ! Elle est trop jeune !

— Melania avait le même âge lorsque je l’ai épousée, reprit Arcturus Black en se tournant vers son père. C’est très bien, la famille est importante, la famille…

— La situation est différente ! s’exclama Sirius Black.

— Mais non, mais non, la situation est similaire, réfuta calmement Arcturus Black comme s’il ne voyait pas que son père était furieux. Lucretia sourit à nouveau, comme Melania souriait à nouveau. Lucretia a déjà dix-neuf ans, Lucretia a le droit de vouloir se marier. J’avais peur que Mr Prewett ne le veuille pas immédiatement, mais puisqu’il demande sa main, je la lui accorde.

— Arcturus, c’est encore moi qui décide dans cette maison ! explosa le Vieux Black en se levant brusquement, tremblant de fureur. Réfléchissez, réfléchissez un peu ! Imaginez-vous Lucretia dans une Réserve de Dragons ? L’imaginez-vous dans un cagibi en Roumanie ? Réfléchissez ! »

Selwyn avait raison. Du moins, en partie.

« Lucretia le sait, Lucretia le veut puisqu’elle…

— Elle ne sait pas ce qu’elle veut ! Elle est trop jeune, elle ne connaît pas la vie ! s’écria le vieux Black avant de se tourner vers Ignatius. Mr Prewett, savez-vous qui est ma petite-fille ? »

Il sentait à présent Miss Lucretia sangloter silencieusement dans ses bras, et ceci eut le don de l’énerver. Non pas contre elle, mais contre son grand-père. Le vieux ne pouvait pas parler à sa petite-fille avant toute chose ?

« Miss Lucretia, chuchota-t-il à destination de sa fiancée en ignorant royalement Mr Sirius Black. Miss Lucretia, calmez-vous, tout va bien se passer, insista-t-il en caressant lentement son dos.

— Mr Prewett ! Je vous ai posé une question !

— Vous me demandez qui est la jeune fille qui pleure dans mes bras ? grinça-t-il tout à fait excédé. »

Il avait failli ajouter à cause de vous, il s’était retenu à la dernière seconde. Ce n’était peut-être pas malin d’énerver un peu plus le vieux Black.

« Ma petite-fille appartient à la Maison des Black ! reprit le vieux en le toisant sans ménagement. Depuis sa naissance, chaque mois, je place cent Gallions de côté pour compléter sa dot ! Elle est destinée à faire un grand mariage avec une personnalité importante ! »

Cent… cent Gallions par mois ? Depuis sa naissance ? Mais… cent Gallions, c’était le salaire d’Ignatius au ministère chaque mois ! Il gagnerait le double à la Réserve de Dragons en Roumanie, mais… Elle ne semblait pourtant pas dépensière ou… Elle ne lui avait jamais paru… Cent Gallions par mois ? Elle avait dix-neuf ans… Plus de vingt milles Gallions ?? Mais c’était démesuré ! C’était…

« Miss Lucretia, dit-il doucement. S’il vous plaît, pourriez-vous…

— Ne m’abandonnez pas, Mr Prewett, je vous en prie, le supplia-t-elle en relevant ses immenses yeux gris vers lui. »

Ils étaient rougis par les larmes et sa bouche tremblait comme si elle était sur le point de se remettre à pleurer. Comment pouvait-il lui refuser quoi que ce soit, hein ? Alors qu’elle le regardait comme si elle s’effondrerait au moindre mot ? Alors qu’elle se raccrochait à lui comme pour s’empêcher de se noyer ? Alors qu’elle lui disait qu’il était le seul à pouvoir l’aider ? Mais… Il est vrai qu’elle pouvait avoir… une vie plus… moins compliquée ici, à Londres, qu’avec lui en Roumanie. Elle…

« Vous êtes si jeune, dit-il encore une fois. »

Cette fois-ci, sa gorge laissait les sons sortir étrangement, un peu comme si un Lutin de Cornouailles essayait de l’étouffer. Il était en train de la perdre, et non parce qu’il le voulait, mais parce que… 

« Nous avons déjà eu cette discussion, Mr Prewett, dit-elle le cœur au bord des lèvres, deux sillons de larmes noires de mascara détruisant à nouveau tout espoir de son visage. Je vous en prie, vous m’avez promis, vous m’avez demandé et je vous ai dit oui, ne partez pas sans moi. 

— Dans six mois, je reviens en Angleterre, nous pourrons…

— Ne m’abandonnez pas maintenant, dit-elle avant d’exploser en sanglots silencieux. »

Il ne put rien faire d’autre que de la serrer contre lui. Il ne pouvait pas la laisser maintenant. Elle était aussi désespérée que ce matin et la lumière de son visage avait à nouveau disparu. Il ne pouvait pas la laisser derrière lui. Elle penserait qu’il la laissait parce qu’elle ne pouvait pas avoir d’enfants, et elle désespérerait à nouveau… et il n’en pouvait plus de l’entendre pleurer. Il voyait son corps se briser à nouveau de l’intérieur et toute force la quitter.

« Je… Je ne suis heureuse que lorsque vous êtes là. J’en veux à tout le monde, je jalouse tout le monde et je fuis tout le monde depuis un mois et demi, ajouta-t-elle. Je ne peux espérer continuer de vivre qu’auprès de vous, Mr Prewett.

— C’est indécent, Lucretia ! s’offusqua le vieux Black. Cesse ce chantage ridicule ! Et lâchez ma petite-fille, Mr Prewett ! Tout ceci va beaucoup trop loin ! Mr Prewett n’est pas quelqu’un pour toi, Lucretia ! Tu ne vas pas aller vivre en Roumanie, dans une Réserve de Dragons, nom de nom ! Avec des Sang-de-Bourbes et des Sangs-Mêlés ! Cesse ces enfantillages ! Tu n’as plus trois ans, tu as dix-neuf ans ! »

.

« C’est indécent, Lucretia ! s’écria Grand-père Sirius. Cesse ce chantage ridicule ! Et lâchez ma petite-fille, Mr Prewett ! Tout ceci va beaucoup trop loin ! Mr Prewett n’est pas quelqu’un pour toi, Lucretia !... »

Pourquoi dénigrait-il encore et encore Mr Prewett ? Il était quelqu’un de très bien ! Et il était le seul qui ne la regarderait jamais avec pitié ! Il était le seul dont le regard lui importait ! Il avait même le sang plus pur que Charlus ! Et Grand-père Sirius n’avait fait aucun commentaire désobligeant à Dorea ou à Oncle Cygnus à son propos alors que son attitude était impertinente en permanence ! Mr Prewett était distingué, parlait bien et il était respectueux, lui ! Il avait moins d’argent, et alors ? Elle n’en voulait pas, et elle n’en aurait pas besoin pour élever des enfants… puisqu’elle n’aurait jamais d’enfants.

« ... Tu ne vas pas aller vivre en Roumanie, dans une Réserve de Dragons, nom de nom ! Avec des Sang-de-Bourbes et des Sangs-Mêlés ! Cesse ces enfantillages ! Tu n’as plus trois ans, tu as dix-neuf ans ! 

— Je ne peux pas avoir d’enfants ! explosa-t-elle en quittant les bras de Mr Prewett pour faire face à son grand-père. »

Ses pleurs s’arrêtèrent d’un coup. Ça y est, elle l’avait dit. Et vu la réaction que son grand-père avait eue face à Ignatius alors qu’elle l’avait toujours connu doux et aimant avec elle, elle redoutait à présent de le voir la considérer avec mépris. Le même mépris teinté d’impatience qu’il accordait à Lycoris, la sœur de son père, la propre fille de son grand-père qui se couchait à droite à gauche et collectionnait les amants.

« Je te demande pardon ? Qui t’a mis ces idées en tête ? lui demanda sèchement son grand-père. »

Elle sentit la main de Mr Prewett se poser sur son épaule.

« Miss Lucretia, vous n’êtes pas obligée de…

— Vous voulez savoir pourquoi je ne vais pas bien depuis des semaines ? demanda-t-elle sans laisser Mr Prewett finir sa phrase. Parce que je ne peux pas avoir d’enfants, cracha-t-elle à son père qui la regardait comme s’il était terrifié. »

C’était peut-être la première fois qu’il n’était pas parcouru de tocs devant elle. À croire que la vérité le rendait normal.

« Qu’est-ce que tu me racontes là ? s’agaça Grand-père Sirius.

— Père vous l’expliquera très facilement, n’est-ce pas ? »

Depuis des semaines elle se retenait de demander des comptes à son père. Ils ne lui laissaient plus le choix à présent. Elle était au pied du mur et toute sa rage devait trouver un coupable et mettre ce coupable au tribunal. Et placer son père face à son grand-père était le meilleur tribunal qui soit. Si son père avait si facilement accepté la demande de Mr Prewett, ce n’était pas par altruisme ou parce qu’il s’inquiétait de son bonheur, c’était uniquement pour la caser et que son mari ne lui demande pas des comptes le jour où il se rendrait compte qu’elle ne pouvait pas avoir d’enfants.

« Lucretia… que… que dites-vous là ? demanda-t-il en faisant un pas vers elle. »

Elle fit aussitôt un pas en arrière, et Mr Prewett referma ses bras autour de sa taille. Elle n’avait pas donné d’explications à Mr Prewett, mais elle savait qu’à cet instant, il avait compris que son père n’était pas étranger à sa stérilité. Et c’aurait presqu’été comique de voir son père plus normal que jamais, si elle n’était pas si détruite de l’intérieur.

« Vous avez lancé ce sortilège à ma mère lorsqu’elle était enceinte, cracha-t-elle comme si elle vomissait des vipères. Vous ne vouliez qu’un fils… ou rien, assena-t-elle. »

Elle ne réussit même pas à se réjouir en le voyant devenir livide.

« Elle s’est tordue de douleur sous votre baguette mais vous n’avez pas arrêté de prononcer la formule. Vous lui avez fait mal et vous m’avez détruite parce que vous ne vouliez pas de moi, continua-t-elle. 

— Non, je n’ai pas fait ça, nia-t-il comme un enfant. Lucretia, je n’ai pas fait ça.

— Cessez de mentir ! cria-t-elle tout à fait hors d’elle. Vous…

— Ce n’est pas moi qui ai fait ça ! explosa-t-il en venant l’arracher à Mr Prewett pour la tenir contre lui. »

Elle se débattit comme jamais, cria et donna des coups pour se libérer. Mais il laissait ses sales doigts dans son dos et supportait sans broncher le bout de ses chaussures dans ses tibias encore et encore.

« Ce n’est pas moi, ce n’est pas moi, la famille est importante, la famille est importante, la famille…

— Arrêtez ! Vous allez me rendre folle moi aussi ! hurla-t-elle. Mr Prewett ! Mr Prewett ! Aidez-moi ! Ne me laissez pas avec lui ! Ne me laissez pas ici ! »

Son père la lâcha brusquement et elle s’effondra au sol. Elle marcha à quatre pattes jusqu’à Mr Prewett, déchira sans doute sa robe et réussit à se relever en s’emparant de la main qu’il lui tendait. Il referma ses bras autour d’elle et là, elle sut qu’il ne la laisserait plus jamais. Elle écouta quelques secondes sa respiration s’apaiser en inspirant profondément le parfum de Mr. Prewett.

« Je vous avais dit qu’il était dangereux ! Je vous avais dit ce qu’il avait fait ! hurla son père à son grand-père comme le fou qu’il était et elle sursauta. Mais vous m’avez dit que la famille était importante ! Vous m’avez dit qu’il y avait sans doute erreur ! Je vous avais dit que Melania pleurait ! Je vous avais dit qu’elle avait mal ! Je vous avais dit quel maléfice il lui avait fait subir ! Je vous avais parlé des conséquences ! Vous m’avez dit que je devais me tromper, qu’il ne pouvait pas avoir fait ça ! Vous m’avez encore une fois considérer comme un idiot sans penser une seule seconde que je pouvais dire la vérité ! Et voilà, voilà où nous en sommes !

— Arcturus, voulez-vous vous calmer ! reprit la voix sourde de son grand-père. Vous vous donner en spectacle, vous…

— Melania ! Melania ! MELANIA ! hurla son père comme un fou en ouvrant la porte du bureau. Melania, monte tout de suite ! Monte, je te dis ! »

Lucretia n’osait plus regarder son père. Elle savait qu’il était dans une de ses crises de paranoïa qu’il essayait sans cesse de cacher et de maîtriser. Elle savait quelle tête il avait quand l’une d’elles le saisissait. Il ressemblait à un fou, comme s’il était possédé. Il écumait presque comme un chien qui avait la rage. Ses yeux roulaient dans leurs orbites et il tremblait de partout. Le moindre objet qui rencontrait sa main ou son regard une poignée de secondes de trop finissait en morceaux pour toujours. Les objets commençaient d’ailleurs à tomber et à se briser sur le plancher. Elle sursauta en entendant une chaise exploser. Seuls les bras d’Ignatius autour d’elle l’empêchèrent de crier.

.

Note de fin de chapitre :

... je ferme doucement la page pour me cacher un petit peu et observer vos réactions :) 

Merci de me lire, de mettre la fic en favoris, de reviewer, ça me fait toujours très plaisir ! 

A lundi pour le prochain chapitre ! 

des bisous

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