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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
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A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Parent(s) ? par Whitewolf

[3 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Rendons à César ce qui est à César :
Le titre de cet OS a été donné par AliceJeanne, alors que je séchais complètement. Merci à elle :)
Note de chapitre:

Le thème de cette histoire est un sujet qui me tient à cœur. En effet, je suis un adulte (j'ai passé plus de temps majeur que mineur désormais) sans enfant et sans désir d'en avoir (même en adoptant, contrairement à nos héros dans ce texte). J'ai volontairement subi une vasectomie pour m'assurer de ce fait. Et j'ai subi une certaine pression, certes supportable, conséquemment à ce choix.
Une bonne partie des réflexions de Harry sont les miennes. Celles de Hermione sont celles que j'ai pu trouver dans des communautés ou des œuvres concernant les personnes dans mon cas.
Il était allongé dans le noir, la nuit était très calme, comme toujours aux alentours petit cottage qu’ils avaient fait construire au cœur de la Forêt de Dean. Mais depuis deux ans, ce calme était encore plus marqué les premiers jours de septembre. Savoir qu’ils n’étaient plus trois mais deux entre ces murs était une sensation un peu… perturbante. Il y avait maintenant environ une semaine que Hermione et lui avaient accompagné Teddy pour le départ du Poudlard Express pour sa troisième année, et ç’avait été une grande émotion, comme les fois précédentes. Il avait naïvement pensé la première année que les suivantes seraient plus faciles… Il comprenait aujourd’hui que ça ne le serait jamais. Et Molly avait vécu ça tant de fois ? Son admiration pour elle augmenta encore.


Se sentant un peu ankylosé, il se tourna sur le côté, et ses yeux restèrent ouverts, tentant de deviner la silhouette de sa compagne dans la pénombre profonde. Les volets ne laissaient passer presque rien, et sa mauvaise vue n’aidait pas. Mais après toute ses années, même sans la voir, il pouvait la deviner toute proche. Comme par mimétisme, elle bougea elle aussi et lui fit face. Il entendait sa douce respiration, et l’odeur de menthe et de parchemin de ses cheveux lui parvint et le fit sourire légèrement. Sa main s’était glissée à quelques millimètres à peine de la sienne, et il sentait sa chaleur contre sa peau. C’était pour des moments comme celui-là qu’il s’était battu il y a plus de dix ans, même s’il ne le savait pas encore. C’était dans des moments comme celui-là qu’il sentait les blessures des années noires se fermer un peu plus.


Le vide laissé par l’absence de Teddy n’était pas une source de déprime. Il l’acceptait comme une nouvelle preuve de l’amour qu’il portait pour son filleul et fils adoptif, mais plusieurs remarques récentes, notamment de ses amis, le poussaient à réfléchir. Ron et Jessica, la sorcière canadienne qu’il avait épousée, avaient maintenant trois enfants (et avaient prévu de ne pas en avoir d’autres, même si Molly aurait aimé avoir une autre petite-fille après ces trois garçons). Ginny avait sa fille Sélène depuis cinq ans (et Molly reportait beaucoup d‘affection sur elle), et l’élevait seule contre vents et marées, après la défection du père à peine la petite fille née. Luna et Rolf avaient leurs jumeaux, qui consommaient plus d’énergie qu’une centrale électrique ne devait en fournir. Hannah et Neville étaient aussi les parents de deux enfants, une fille et un garçon aussi sages et tranquilles que leurs parents. Et tout ce petit monde, et d’autres encore parmi les Weasley, les amis, les collègues de bureaux, la presse elle-même, ne pouvait (ou ne voulait) s’empêcher de s’interroger, et de les interroger, sur quand est-ce-qu’il y aurait un ou des futur(s) enfant(s) Potter-Granger.


Hermione et lui ne s’étaient jamais vraiment posé la question. Il y a eu tellement de choses à gérer. La fin de la guerre, avec les blessures à panser, les deuils à faire, les décisions à prendre rapidement. Il y a eu la gestion de leur nouvelle relation, née dans la tourmente et l’angoisse et le désespoir pendant qu’ils chassaient les Horcruxes. Il y a eu la relation avec les parents de Hermione, la difficile confrontation après les avoir retrouvés et guéris de leur amnésie, les liens qui se sont reconstruits petit à petit, et qui ne seront jamais les mêmes. Les questions sur leur avenir dans le monde Sorcier, la dernière année à Poudlard, les premières années en formation, elle au Ministère et lui à Gringotts. L’adoption définitive de Teddy pour son cinquième anniversaire, et Andromeda qui vivait alors encore mal son deuil de son mari, de sa fille et de son gendre. La décision de quitter Grimmauld Square et ses souvenirs trop lourds pour faire construire leur nid dans la forêt qui avait vu leur premier baiser. Les années à s’affirmer face au monde, à devoir gérer entre les attentes qui étaient inhérentes à leurs statuts de Héros, et la dure réalité qu’ils n’étaient que des êtres humains.


Finalement, la routine, s’il pouvait l’appeler comme ça, ne s’était installée que depuis deux ou trois ans, quelque part entre la rentrée en première année de Teddy et la fin de son année scolaire. Et à aucun moment Hermione et lui ne s’étaient arrêtés pour réfléchir là-dessus.
C’est ainsi que Harry se retrouvait cette nuit de vendredi (ou bien était-ce déjà samedi ?) à se poser la question.


Voulait-il des enfants en plus de Teddy ? Il avait déjà vécu beaucoup avec Teddy. Même s’il avait manqué ses premiers mois, et ne s’était que petit à petit impliqué jusqu’à son adoption. Son travail était prenant, et intéressant. Travailler avec les Gobelins était assurément une expérience toujours renouvelée. Il s’épanouissait réellement dedans. Tout comme Hermione, il avait dû apprendre à trouver un équilibre, et à ne pas se laisser déborder. Avait-il envie d’introduire un nouvel élément dans son équilibre ? Il voyait bien que ses amis étaient heureux avec leurs enfants. Il s’estimait lui-même assez chanceux de n’avoir aucun proche vivant mal sa parentalité. Même Ginny adorait sa fille, malgré toutes les contraintes d’être une mère célibataire et joueuse professionnelle de Quidditch. Elle réservait toujours du temps pour Sélène et ne le regrettait apparemment pas. Parfois, Harry s’imaginait lui aussi avec une petite fille, quand il babysittait la petite Weasley (qui pouvait faire de lui ce qu’elle voulait et le savait bien). Mais ça n’était jamais une réflexion sérieuse, plutôt un fantôme d’idée, qui ne durait que le temps d’une soirée.


Et Hermione ? Ils n’en avaient jamais vraiment parlé. Elle apportait énormément d’intérêt à l’éducation de Teddy et avait été essentielle, selon Harry, pour le bonheur actuel de son filleul. Teddy ne les appelait pas « maman » et « papa ». Il réservait ça lorsqu’ils allaient porter des fleurs sur les tombes de Tonks et Remus. Lorsqu’il était petit, il appelait Hermione « Onny » car il avait du mal avec son prénom, et Harry était « Harry » tout simplement. Quand il était intimidé et qu’il les accompagnait dans les événements publics auxquels ils ne pouvaient pas déroger, il métamorphosait instinctivement son visage et ses cheveux dans un mélange entre ceux de Hermione et de Harry : Les yeux verts, et les cheveux noirs avec l’aspect touffu de ceux de Hermione. Il adoptait aussi le menton volontaire et le nez fin de sa mère adoptive.


Hermione n’était jamais à l’aise avec les bébés. Au-delà même de l’hésitation naturelle face au risque de faire du mal par accident à un petit être aussi fragile, elle ressentait un certain malaise à l’idée de ne pas pouvoir communiquer avec eux. Les problèmes de communication avec les autres ont été la cause de toutes ses problèmes sociaux d’enfant et de jeune adolescente, et même adulte elle avait encore du mal à faire face à la frustration devant des interlocuteurs qui peinaient à la comprendre alors que son choix de vocabulaire lui paraissait le plus clair possible. Avec Teddy, la progression s’était faite graduellement. Les premières années, il passait plus de temps avec Andromeda qu’avec eux. Hermione avait pu travailler sur ses problèmes et les accepter. Mais même forte de cette expérience, voulait-elle risquer d’affronter un bébé à temps plein, et de ne pas savoir le gérer ?


Harry n’oubliait pas non plus l’un des points les plus importants, selon lui. Quelle que soit sa décision à lui, c’est Hermione qui subira physiquement la grossesse. Avec tous les impacts que ça pouvait avoir, autant sur le physique qu’émotionnellement, devoir affronter les variations hormonales, les douleurs, les tracas quotidiens. Le fait de ne pas pouvoir travailler efficacement pendant plusieurs mois. Pour en avoir eu plusieurs exemples autour de lui, il savait que la grossesse n’était pas une phase simple. Jessica était celle qui l’avait le mieux vécue, pour chacune des trois occurrences. Ginny avait cumulé sa grossesse avec ses problèmes de couple, et avait failli faire deux fausses couches. Après une première grossesse sans aucun souci, Hannah avait gardé de son second enfant des problèmes de dos pendant presque deux ans, qui ne s’étaient dissipés que très lentement sous les effets des traitements. Et la fragile constitution physique de Luna l’avait obligée à passer les quatre derniers mois alitée presque tout le temps, épuisée par les jumeaux. Certes, elles s’en étaient toutes bien remises, et Ginny avait très vite repris son niveau de Quidditch. Mais aucune ne niait que ces mois avaient été très éprouvants, même si elles ne regrettaient pas leurs enfants. Ce n’était qu’un petit échantillon parmi toutes les femmes du Royaume-Uni et du monde, mais ça suffisait à faire réfléchir Harry. Certes, « un enfant se fait à deux, mais se porte en solitaire » comme avait plaisanté Fleur une fois.


Harry avait envie que Hermione se réveille. Ses pensées tournaient en rond. Il se sentait oppressé et perdu. Que se passerait-il si Hermione et lui finissait par ne pas vouloir la même chose, si l’un des deux voulait un ou des enfants et l’autre pas ? Pouvait-il seulement imaginer sa vie sans Hermione ? Depuis ses onze ans, elle était un pilier irréductible de sa vie. Dans toutes les épreuves, elle avait été là. Et dans tous les bonheurs aussi. Il avança sa main pour saisir celle de sa compagne, doucement. Il avait besoin de la sentir, de ressentir sa chaleur, la douceur de peau. Il essaya d’être le plus doux possible, pour ne pas la réveiller. Il commença à inspirer doucement, se forçant à contrôler sa respiration. Demain. Il lui en parlerait demain. Une fois la décision prise, ses inspirations commencèrent à ralentir doucement, se faisant plus longues, plus silencieuses. Il ferma les yeux.


« Harry ? »


La voix était douce, ensommeillée, teintée d’une pointe d’inquiétude. Il se crispa, se sentant coupable de l’avoir réveillée.

- Harry, ça va ?
- Oui, ça va, ne t’inquiète pas. Je suis désolé de t’avoir réveillée.

Elle se rapprocha un peu, cherchant probablement à percer la pénombre pour étudier son visage. Elle le connaissait trop bien pour se laisser prendre au piège, mais il fallait qu’il essaye quand même.

- Harry, que se passe-t-il ?

Il soupira doucement et approcha lui aussi sa tête de la sienne, leurs visages à moins d’une dizaine de centimètres l’un de l’autre.

- Peut-on en parler demain, Hermione ?
- As-tu eu un cauchemar ?
- Non, non, rassure-toi. Je vais bien.

Elle dégagea sa main et lui poussa légèrement l’épaule pour qu’il se mette sur le dos. Elle s’installa ensuite en posant sa tête entre l’épaule et le torse, repoussant son bras sous sa nuque. Il s’émerveillait toujours de voir à quel point cet espace semblait fait pour elle. Ses cheveux lui frottaient doucement le visage, libérant encore plus leur odeur de menthe. Il plia le bras pour lui saisir délicatement l’épaule et la presser un peu plus contre lui. A ce moment, il la sentit ronronner contre lui, doucement. Un reste de sa malencontreuse expérience de Deuxième Année avec le Polynectar. Ils restèrent comme ça pendant quelques moments, à profiter l’un de l’autre.

- A quoi pensais-tu ?

Il soupira. Elle était tenace, et il n’avait jamais le cœur de lui tenir tête.

- Tu sais que tu vas possiblement
préférer reporter cette conversation à demain matin, quand nous serons mieux reposés ?
- Probablement, mais maintenant que je suis à la fois bien réveillée et bien installée, j’aimerais que tu me dises ce qui te tracasse.
- Je repensais à cette après-midi, quand Neville et Hannah sont venus prendre le thé avant de partir chercher les enfants chez les Abbott.
- Je ne me souviens pas qu’il se soit passé quelque chose de particulier.
- Pendant que tu discutais avec Neville des axes d’amélioration de l’enseignement à Poudlard, Hannah et moi avons abordé d’autres sujets. Vers la fin de la conversation, nous avons parlé des aventures de sa fille à l’entrée en maternelle. Et elle a dit un moment « vous verrez ça bientôt vous aussi ».
- Oh.

Ils restèrent silencieux un moment. Elle lui caressait distraitement l’abdomen et lui l’épaule, tous les deux au même rythme. Ce n’était pas un sujet qu’ils abordaient souvent, et jamais en profondeur.

- Penses-tu à avoir des enfants ? lui demanda-t-elle finalement.
- Pas souvent. Ponctuellement. Mais ça ne me travaille pas particulièrement. C’est juste que tout le monde nous en parle régulièrement.

Il essayait d’être honnête. C’était le meilleur moyen avec elle. Ne jamais chercher à lui dire ce qu’elle avait envie d’entendre, ou plutôt qu’il pensait qu’elle avait envie d’entendre. Elle le perçait à jour aussitôt.


Elle attrapa sa baguette sous son oreiller et alluma silencieusement les appliques, qui diffusèrent une lumière tamisée. Elle recule ensuite sur son oreiller en restant tournée vers lui. Il s’installa dans la même position, face à elle. La conversation était suffisamment sérieuse pour qu’ils se regardent dans les yeux. Comme elle était proche, il n’avait pas besoin de ses lunettes.

- Tu as raison sur un point, reprit-elle, il faudra sûrement que nous en parlions à nouveau demain matin. En attendant, je sais que si nous ne faisons rien, tu ne vas pas en dormir de la nuit.
- Désolé de te causer des soucis, Hermione, dit-il piteusement.
- Harry, tu sais que je préfèrerai toujours être réveillée et t’aider plutôt que d’apprendre après que tu as broyé du noir à côté de moi.
- Ca ne m’empêchera pas de me sentir coupable quand même…
- Revenons au sujet du jour. Ou de la nuit. Hannah t’a perturbé avec sa remarque.
- Il n’y a pas qu’elle. Elle est seulement la dernière à avoir abordé le sujet. Comme après chaque rentrée de Poudlard depuis trois ans, il y a une recrudescence d’intérêt autour de nous et de notre parentalité. Ou plutôt notre absence de parentalité biologique. Avant, il y avait toujours autre chose à faire, ou à penser, qui faisait en sorte que je n’accordais pas grand intérêt à tout ça. Maintenant que j’ai plus de temps devant moi, je ne peux plus éviter d’y faire attention. Non pas que je porte beaucoup de crédit à l’avis des autres, et en particulier l’avis des journalistes, mais ça me fait surtout me poser des questions sur moi. Et sur nous.
- Nous avons Teddy. Nous l’avons adopté complètement, même s’il a gardé le nom de Lupin. C’est notre enfant, quoiqu’en pensent le reste du monde. Il nous considère comme ses parents, même s’il ne nous appelle pas « maman » et « papa ». Ce sont nos noms qui sont dans les cases des formulaires sous les dénominations « mère » et « père ». Teddy est notre fils. Notre famille n’est peut-être pas « classique » mais elle est parfaite.
- Certains disent que nous allons faire se perdre la lignée Potter.
- Ca n’a aucun sens, renchérit-elle abruptement. Les familles naissent et meurent tout le temps. Lors des dernières guerres, que ce soit à cause de Grindelwald ou Voldemort, des dizaines de grandes familles ont disparu. Ca n’a rien changé, le monde ne s’est pas effondré, et leurs biens ont soit été remis à de lointains héritiers, soit revendus aux enchères au profit de diverses fondations, soit remis aux autorités compétentes lorsqu’ils étaient porteurs de sortilèges ou qu’ils pouvaient avoir des effets inconnus. Dans notre cas, Teddy héritera des familles Tonks, Granger, Potter et Black. Les différents biens seront assimilés sous le nom de Lupin, de la même manière que la famille Potter a absorbé le nom des Peverell il y a bien longtemps. Le monde évolue, et les vieux puristes et bigots qui trainent encore dans les alcôves du Magenmagot feraient mieux de s’en rendre compte. Plus personne ne porte d’intérêt aux fameuses 28 familles Sacrées, si ce n’est d’un point de vue historique. La magie coule égalitairement dans le sang de n’importe quelle sorcière, ou sorcier. Edward « Teddy » Lupin sera notre digne hériter et le monde ne pourra que le constater. Peut-être même qu’il n’aura pas d’enfant lui-même. Si c’est le cas, tant pis. Rien ne sera « perdu ». Les enfants ne sont pas les dépositaires de leurs parents. Il n’y a pas un contrat qui les oblige à perpétuer leur sang, si ce n’est une vague inclinaison biologique. Les êtres humains sont doués de conscience, et cette conscience les autorise à décider de ne pas suivre des instincts qui ne sont plus nécessaires.
- Wow. Tu y as bien plus réfléchi que je ne le croyais.
- Tu n’es pas le seul, Harry, à être interpelé par cet intérêt autour de nous. Je me suis posé beaucoup de questions aussi, et je pense que c’est une bonne chose que nous commencions à en parler. Demain, nous n’avons rien de prévu, et nous serons au calme.
- J’ai peur. Et si nous regrettons notre décision, quand il sera trop tard ?
- Nous n’avons pris aucune décision. Et dans les deux cas, il faudra apprendre à faire avec car il n’y a pas de retour arrière. Nous pouvons tout aussi bien regretter de ne pas avoir d’enfant que d’en avoir. Personnellement, aucune des deux situations ne me parait meilleure, ou en tous cas moins propice aux regrets, que l’autre.
- Pourquoi tant de gens ont des enfants alors ?

Il n’y avait aucune conviction dans son ton. Il jouait juste l’avocat du diable parce qu’il avait besoin d’entendre les arguments de Hermione.

- Il y a des milliers de raisons de faire des enfants. J’ai entendu plusieurs fois ma mère dire qu’il y avait autant de différents parents qu’il y a de différents enfants. Probablement qu’il y a autant de raisons aussi. Et crois-moi, il y a plus de parents qui regrettent d’avoir des enfants qu’on ne le croit. Ca ne veut pas dire qu’ils ne les aiment pas, ça ne veut pas dire qu’ils veulent s’en débarrasser. Mais ils doivent faire le deuil de choses qu’ils ne peuvent pas faire ou d’objectifs qu’ils ne peuvent pas atteindre. Nous arrivons à un âge où nous commençons à être considéré comme suffisamment matures pour des postes à grandes responsabilités. Tu sais que j’ai toujours voulu devenir Ministre de la Magie ou bien Sorcière-en-Cheffe du Magenmagot, pour essayer de faire évoluer la société sorcière. Avoir des enfants risquerait de ralentir, voire peut-être de compromettre, ces possibilités à court ou moyen terme. Nous avons élevé Teddy. Et nous serons attachés à lui tout le reste de nos vies. Nous avons dû faire des choix en fonction de lui, et je serai malhonnête de dire que pour certains d’entre eux, je ne l’ai pas regretté. Même si ce ne sont que quelques gouttes d’eau dans l’océan de bonheur et d’amour qu’est notre famille, elles existent et je les accepte. Chez d’autres parents, ces regrets sont plus nombreux, plus profonds, plus prégnants. Il n’y a pas juste une dichotomie entre avoir des enfants ou ne pas en avoir. Il y a une infinité de variations entre les deux états.

Elle laissa passer un silence.

- Ce n’est pas parce que quelqu’un choisit de ne pas avoir d’enfant qu’il est égoïste. Et tout le monde n’a pas des enfants par altruisme. Et réciproquement.

Il l’écoutait, fasciné par sa réflexion. Elle prit quelques inspirations avant de continuer.

- Nous ne sommes pas sans enfant, Harry. Que j’ai porté Teddy ou non, il est mon fils. Ton fils. Notre fils. Et tu le sais aussi, sans aucun doute. Le fait que tu soulèves ce point, cependant, me fais réaliser une chose. Nous aimons trop souvent oublier que nous sommes des personnalités reconnues dans la société sorcière du Royaume-Uni. Nous avons adopté Teddy discrètement, pour le protéger au début. Peut-être qu’il est temps, maintenant qu’il est assez grand pour se protéger et comprendre, de faire une annonce officielle. Mais nous devons nous mettre d’accord sur son contenu. Teddy est notre héritier. Il y en aura peut-être d’autres plus tard, ça reste à définir, mais il ne sera jamais moins qu’eux.
- Tu as raison. Comme toujours. Nous devrons discuter des détails demain.
- Tu te sens mieux ?

Il se tut, prenant le temps de réfléchir un peu. Le discours de Hermione lui avait permis de se recentrer et de prendre un peu de recul. Hermione était littéralement magique, à tous points de vue, pour lui. Elle avait raison. Ils ne devaient rien à personne, Teddy était leur fils, et il était temps de mettre les points sur les i pour clarifier les choses.

- Oui, ça va mieux, merci Hermione. Nous devrions essayer de dormir maintenant. Ca va aller.
- Il reste une chose à résoudre, au moins pour ta tranquillité d’esprit.
- Laquelle ?
- J’ai une question à te poser, et je veux une réponse au jeu des pouces.

Le jeu des pouces avait été mis au point pendant Poudlard, alors qu’ils étaient les deux Préfète et Préfet-en-Chef. Quand ils s’étaient rendu compte tous les deux qu’ils étaient incapables de ne pas essayer d'accommoder l’autre lorsqu’il s’agissait de prendre des décisions, ils avaient adopté un système qu’ils espéraient le moins biaisé possible. Lorsque l’un des deux avait une question sensible à poser, avec une réponse de type oui/non, il annonçait le jeu des pouces à l’autre. Ils fermaient le poing avec le pouce levé, le plaçaient à l’horizontale en fermant les yeux et en attendant que le demandeur pose la question. Pour que le jeu soit efficace la question devait être courte, et ne pas laisser de place à l’ambiguïté. Une fois la question posée, le pouce était levé pour répondre oui, ou baissé pour répondre non, et devait l’être dans la seconde. La réponse devait être instinctive.


Harry leva sa main en même temps que Hermione et se mit en position.

- A ce moment précis, veux-tu que nous ayons d’autres enfants ?

Il ouvrit les yeux. Les eux pouces étaient tournés vers le bas. Moins d’une heure plus tard, ils dormaient tous les deux, le sourire aux lèvres.
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