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128ème Nuit d'écriture


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Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
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De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


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A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


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De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Perdre par Red Plumette

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Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

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Note de chapitre:

Voici le tout premier chapitre, qui vise à planter le décor et à présenter les premiers personnages. Je rappelle que seuls les OC sont issus de mon imagination.

Je vous souhaite une bonne lecture !

CHAPITRE I

« Puis ce fut la fin. J'eus uniquement le temps d'apercevoir la marque qui planait dans le ciel, émanant de son infâme éclat d'émeraude. » Victoire Duchesne


 

[...] Je courais. Trempée et à bout de souffle, je tentais de calmer les battements de mon cœur qui martelait ma poitrine à m'en faire mal, sans me retourner ni même ralentir. M'enfonçant un peu plus dans les bois, ma robe auparavant blanche comme la neige qui recouvrait le sol était retenue par les branchages, se déchirant sur mon passage. À ce moment, elle était en lambeau et maculée de sang. L'odeur métallique de ce dernier me donnait la nausée. Je sentis ma robe se déchirer une nouvelle fois et, tirant sur le morceau de tissus emprisonné par une nouvelle branche, je perdis l'équilibre et cassai le talon de mon escarpin. Il était fichu. Un hurlement presque inhumain retentit, proche, et tout en frissonnant, je me débarrassai de mes chaussures afin de continuer de courir. Tant pis. À pieds nus, je repartais. Mais peu m'importait. Je courais, sans jamais m'arrêter. Si vite que je semblais voler.

Les flocons glacés me mordaient la peau, me fouettaient le visage, se cramponnaient à mes cheveux emmêlés par ma course effrénée. Je tremblais. De peur, de froid. Mes bras nus étaient griffés et ensanglantés, la couleur rouge se mêlait aux traces dont était imbibée ma robe de mariée. Des larmes s'écrasaient le long de mes joues, laissant apparaître de longues traînées de mascara noir. On aurait dit une véritable sorcière, celle des contes moldus qui vit au fin fond de la forêt et dévore les enfants tout crus. Mais rien de tout cela ne me semblait aussi douloureux que les images qui défilaient dans ma tête. Comment avais-je pu être stupide à ce point ? Pourquoi n'avais-je pas compris plus tôt ce qui se préparait ?

Pour n'importe quelle jeune fille, le mariage doit être le plus beau jour de sa vie. Peu importe l'élu, peu importe les circonstances. Alors pourquoi devais-je terminer le mien ainsi, m'enfuyant dans les bois au péril de ma propre vie ?

Un craquement sourd me fit sortir de mes pensées, et une silhouette se dressa devant moi, me barrant la route. Je tombai de fatigue. Il était trop tard.

Abaissant le capuchon de sa cape noire, l'homme me permit de voir son visage, un sourire carnassier sur les lèvres. Je laissai échapper un hoquet de surprise, paralysée par le spectacle qui s'offrait à moi. Mon fiancé se tenait devant moi. Il était l'un des leurs.

« Victoire, ma chère et tendre... se délectait-il, qu'il est triste que cela se termine ainsi. À quoi t'attendais-tu ? Comment le Seigneur des Ténèbres pourrait-il accepter que la propre femme de l'un de ses fidèles côtoie des sang-de-bourbes ? »

Je ne répondis pas, toujours figée dans ma stupeur. Pas lui. C'était impossible. Il ne pouvait pas effectuer ce sale travail que le Seigneur des Ténèbres avait dû lui confier. Il ne pouvait pas me tuer.

Je revins à la réalité lorsque je sentis ses doigts m'empoigner le menton avec violence, m'obligeant à le regarder dans les yeux. Ces yeux gris et froids qui m'effrayaient tant à ce moment, et qui ne lui ressemblaient pas lorsque nous étions enfant. Où était passé ce petit garçon innocent que j'avais connu ?

« C'est fini, Vickie. »

Je sentis ses lèvres se plaquer violemment sur ma bouche, m'arrachant de force un dernier baiser empli d'amertume et de révulsion. Puis ce fut la fin. J'eus uniquement le temps d'apercevoir la marque qui planait dans le ciel, émanant de son infâme éclat d'émeraude. [...]


La jeune fille lut une énième fois ce passage de la lettre, pinçant les lèvres dans un rictus fébrile. Les ratures s'y accumulaient, de telle sorte qu'elle devait relire plusieurs fois certains mots presque illisibles. Heureusement qu'elle avait pris le temps de la recopier au propre avant de l'envoyer à son amie, pensa-t-elle, car celle-ci se serait arraché les cheveux devant un tel torchon.

Depuis quelques jours, après le moment où elle lui avait écrit, la jeune fille se sentait abattue. Elle se rappelait le léger tremblement de sa main qui tenait la plume, et son incapacité à retranscrire ce qu'elle ressentait clairement à ce moment-là. Une certaine tension l'habitait, et elle n'avait pas réussi à fermer l'œil de la nuit tant ce qui lui était arrivé l'angoissait.

Elle espérait seulement que la longueur de son récit n'ennuierait pas son amie, cette dernière n'aimant pas beaucoup la lecture.

Le bruit d'un bec claquant contre la vitre la sortit de ses pensées, et lorsqu'elle se retourna, elle aperçue une Chouette de l'Oural qui lui était familière. Elle ouvrit la fenêtre, caressa affectueusement le plumage de l'oiseau et prit la lettre qui lui était adressé. Elle ne fut pas surprise par l'absence du sceau des Karkaroff, à la suite de la précédente lettre qu'elle avait envoyée à son amie et dans laquelle elle lui racontait son étrange rêve - ou plutôt son horrible cauchemar - qui la hantait encore. Elle décacheta l'enveloppe puis sortit le papier qu'elle déplia avec soin.


Ma chère Victoire,

J'ai failli, de peu, être aperçue par Igor à la volière. J'ai pourtant toujours été prudente, j'ai donc attendue que le soir tombe pour m'y rendre. J'ignore ce qu'il fabriquait dehors en pleine nuit, mais il ne s'amusait certainement pas à planter des citrouilles ou autres courges dans le jardin !

Je tâcherais d'être plus méfiante, à l'avenir. Qui sait ce qu'il pourrait me faire, s'il me surprenait...

Concernant ce rêve que tu m'as décrit... ou plutôt ce cauchemar, tu ne devrais pas autant te tourmenter. Tout d'abord, tu ne risques pas de te marier avant un moment, tu as encore le temps. Et même si ta famille est aussi dérangée que la mienne, je ne pense pas qu'ils risqueraient ta vie. Ils n'y gagneraient rien, après tout...

J'ai juste une petite remarque : je sais pertinemment, lorsque tu parles de l'homme avec « les yeux gris et froids », de qui il s'agit. Je ne suis pas crédule ton esprit n'a pas dû le choisir par le plus grand des hasards...

Je pense surtout qu'il y a des choses dont tu ne me parles pas. Tu ne me dis pas tout, Victoire. Et ça m'attriste, vraiment.

S'il te plait ne répond pas à cette lettre. Je me sens observée depuis qu'Anska est revenue à la volière avec ta lettre précédente.

On se voit à la gare 9 ¾ après-demain, de toute façon.

Je t'embrasse,

Nastya.


PS : Tu as intérêt à tout me raconter à Poudlard, amie indigne ! J'en profite également pour te remercier grandement concernant le pavé que j'avais à lire. Tu ne fais jamais dans la dentelle...


Victoire sourit en lisant les dernières lignes, laissant échapper un petit rire. Elle imaginait Anastasiya devant elle, répétant ces lignes avec énervement. Agacement dans lequel se retrouverait son accent russe encore très présent malgré les cinq années passées à Poudlard.

Victorie s'écroula sur son lit et ferma les yeux, la lettre toujours à la main. Plus que deux jours... comme elle avait hâte. Et peur, à la fois. Peur de la réaction de sa meilleure amie. Qu'elle ne la comprenne pas. Même si elle l'adorait, elle redoutait parfois ses pensées et ses remarques. Certes, toutes deux appartenaient à une famille noble et de sang-pur, et aucune des deux ne s'y sentait à sa place. Mais Anastasiya ne l'avait jamais totalement comprise, et lui reprochait souvent de lui cacher beaucoup de choses. Mais comment la Victoire pouvait-elle lui annoncer que ses parents l'avaient déscolarisée de Beauxbâtons en seconde année pour l'envoyer à Poudlard car elle s'était liée d'amitié avec une sang-de-bourbe, et pire encore, parce que cette fille lui prêtait des livres moldus ?

Non, elle ne se voyait décidément pas lui raconter ce genre d'épisode de sa vie qu'elle espérait définitivement gommer de sa mémoire.

Elle pourrait au moins lui conter ses rêves de plus en plus dingues, celui conté dans sa lettre n'étant pas le seul. Et elle espérait que cela suffirait à la russe.

Une fois, elle avait rêvé que son petit-frère arborait fièrement la marque des ténèbres, lui soufflant ainsi du bout des lèvres que lui n'était pas un raté. La veille, elle était redevenue une enfant. Une enfant d'à peine huit ans, à qui l'on arrachait des mains le livre contenant la fabuleuse histoire de Peter Pan, avant qu'on ne la batte à coups de ce fameux bouquin.

Victoire soupira longuement, avant de se remémorer les souvenirs de son enfance. Des pensées écœurantes lui traversèrent l'esprit.

Lorsqu'elle était plus jeune, elle pensait tout savoir sur le monde qui l'entourait. Elle croyait que la vie ne se résumait qu'à une succession d'évènements heureux qu'elle partagerait avec ceux qu'elle aimait. Elle imaginait que les seuls problèmes qui l'attendaient seraient par exemple de quelle façon se vêtir lors des banquets, quel ordre elle pourrait bien donner aux elfes de maison, ou encore de quoi serait faite la lecture qui l'attendait sur le coin de sa table de chevet. Mais surtout, lorsqu'elle était enfant, elle ignorait totalement ce qui l'attendrait en grandissant. Elle ignorait que son père ne la regarderait plus de ses yeux bleu clair identiques aux siens, remplis de tendresse, mais plutôt avec cet air aigre et dur qui en attend un peu plus de ses progénitures au fil des jours. Elle ignorait que l'on choisirait à sa place de quoi serait fait son avenir, que cela concerne l'homme qui partagerait sa vie comme sa carrière professionnelle qui s'annonçait inexistante. Elle ne s'attendait pas à ce que sa vision du monde change autant en si peu de temps. Elle ignorait que les enfants nés-moldus n'étaient pas fréquentables, et que tout ce qui était étranger à la sorcellerie était « mal ». Son père disait souvent que rien ne valait un bon livre de magie comme ceux qui se trouvaient dans la bibliothèque du manoir. Mais ces vieux ouvrages à la reliure de cuir usé et aux pages jaunies par les décennies lui faisaient peur. Elle préférait les œuvres moldues que lui prêtait en secret Sirius, le fils des amis de ses parents, à ceux de la réserve des Duchesne avec leur couverture si sombre et rongée. Mais ça, elle ne pouvait l'avouer à son père. Elle avait bien trop peur des conséquences. Conséquences lourdes, comme ce jour-là lorsqu'il découvrit son affection pour Peter Pan et son pays imaginaire.

« Victoire ! »

Elle se leva, un sourire pendu aux lèvres en se remémorant cette histoire, toujours plongée dans ses souvenirs. Elle aurait voulu être Wendy Moira Angela Darling, recousant l'ombre d'un garçon aussi mystérieux qu'aventurier avant de s'envoler pour un monde où fées, sirènes, pirates et indiens cohabitaient. Elle aurait aimé posséder elle aussi un baiser caché, qu'elle aurait pu offrir au garçon qu'elle aimait.

« Victoire Adélaïde Duchesne, veux-tu descendre immédiatement ! »

Peter Pan. Cendrillon. Blanche Neige. Jack et le Haricot Magique. Le Petit Poucet. Le Vilain Petit Canard. Le Chat Botté. La Belle et La Bête. La Belle aux bois dormant. Ali Baba et les quarante voleurs. Puis elle avait grandi, quittant le Pays Imaginaire. Et ses rêves changèrent. Elle courait les rues avec Oliver Twist. Elle visitait le Pays des Merveilles en compagnie d'Alice. Echouait sur une île avec les garçons de Sa Majesté des Mouches. Parcourait la Terre du Milieu avec Bilbo, le Hobbit. Vivait ses premiers émois avec Les Hauts de Hurlevent, Orgueil et Préjugés ou encore Roméo et Juliette. Elle côtoyait les fées du Songe d'une Nuit d'Eté.

« Miss, votre père s'impatiente... » tenta d'intervenir une voix fluette et apeurée.

Victoire se tourna vers son interlocuteur, et vit Rany, l'elfe de maison du manoir recroquevillé dans le coin derrière la porte. Levant les yeux au ciel, elle ouvrit avec agacement cette dernière, manquant d'écraser la pauvre créature contre le mur, puis descendit au rez-de-chaussée. Dans le salon, elle trouva ses parents et son frère, ainsi que trois invités qui la regardèrent de travers.

Elle se gifla mentalement pour avoir oublié ce léger détail.




« Va donc te changer, par Merlin ! Après la honte que tu nous as infligée avant-hier, ne crois pas que cela se reproduira aujourd'hui. Tu as d'autres robes de sorcière plus présentables que ce chiffon. Dépêche-toi... Si tu rates le train, ne crois pas que je t'amènerai à Poudlard par la cheminette ! »

Theobald Duchesne lança une œillade courroucée à sa fille, qui se hâta de dévaler les escaliers. Derrière elle, Rany peinait à transporter ses valises. Quant à Edouard, son fils cadet, il s'apprêtait visiblement à aider l'elfe de maison. Theobald trancha d'un ton autoritaire :

« Laisse. Cette créature est là pour ça. »

Victoire déglutit et fit la moue à l'entente de la voix persifflante du chef de famille, tandis que son frère, égal à lui-même et silencieux, lui lança un regard dénué d'émotions avant de hausser les épaules. Sans plus attendre, la famille Duchesne transplana jusqu'à la Voie 9 ¾, où le train ne tarderait plus à partir.

Dès que ses pieds foulèrent le sol pavé du quai, Victoire ferma les yeux un instant afin de reprendre ses esprits. Elle avait horreur d'accompagner son père lorsqu'il transplanait, ce dernier lui serrant l'avant-bras à l'en broyer et une sensation de tournis succédant le transplanage. Lorsqu'elle rouvrit les paupières, son regard croisa des yeux gris qui la figèrent instantanément. Brisant directement le contact avec leur détenteur, la jeune fille se hâta de se tourner vers ses parents, un grand sourire forcé sur les lèvres. Sourire qui se fana en voyant l'air navré de son père.

« Il est évident que lui aussi, est désolé de ton comportement des plus indignes pour une jeune femme de ton rang. »

La voix cinglante de Theobald lui fit l'effet d'une douche froide. Ne pouvait-il pas être agréable rien qu'une minute ? Victoire désespérait. L'image, l'étiquette, rien d'autre ne lui importait. S'il savait qu'en réalité, elle se fichait bien de ce qu'il pouvait penser d'elle. Elle avait fait bien trop d'efforts ces dernières années afin qu'il la reconnaissance comme sa fierté pour qu'elle s'en souciât davantage.

« Je compte sur toi pour nouer des liens avec ton fiancé durant ces deux courtes années qu'il vous reste à Poudlard. Ne me déçois pas. »

La mère de Victoire, qui était restée silencieuse jusque-là, s'approcha de sa fille et l'embrassa tendrement sur la joue. D'une quarantaine d'années tout comme son mari, elle avait hérité de beauté froide des Malefoy. De son visage fin et délicat jusqu'à ses yeux gris et sa chevelure d'un blond presque blanc, tout en elle indiquait qu'elle venait de cette illustre famille sang-pur britannique. Son visage, bien que marqué par le souci, restait jeune et harmonieux, n'enlevant rien à son charme. Léda Malefoy-Duchesne était une femme très séduisante, et ses enfants avaient, selon les dires de Théobald, la chance d'avoir hérité de la même beauté noble et délicate. Victoire se demandait bien comment et de quelle façon, sa propre chevelure tirant sur le blond pâle mais bien plus foncé que celle de sa mère, et ses yeux étant l'exacte réplique que ceux de Theobald, à l'image de son petit frère.

Léda planta son doux regard dans celui de Victoire, du même bleu extrêmement clair que son père, et lui sourit.

« Ne t'en fais pas, ma chérie. Tu as tout ton temps pour cela. Concentre-toi avant tout sur tes études. »

Elle embrassa ensuite Edouard sans davantage le retenir, ce dernier et Victoire devant se dépêcher de monter à bord du Poudlard Express.

Cette année ne va pas être une partie de plaisir..., songea Victoire tout en secouant mollement la main en direction de sa mère à travers la vitre du compartiment dans lequel elle s'était installée. Edouard ayant déjà rejoint son ami, le fils cadet de la famille Nott, elle se retrouva rapidement seule. Avec un soupir, elle se pencha sur la cage qui reposait à ses pieds. Une petite boule de plumes brunes s'y trouvait, hululant de joie lorsque la jeune fille passa son doigt à travers les barreaux pour caresser son plumage duveteux.

La porte s'ouvrit à la volée, et deux têtes à la chevelure blond vénitien apparurent. Le sourire aux lèvres, les adolescentes s'assirent dans le compartiment.

« Salut ma belle, s'enquit la première. »

Son insistance sur le mot français qu'elle avait tenté de prononcer correctement amusa Victoire.

« Comment se sont passées tes vacances ? » poursuivit la seconde, en parfaite synchronisation avec la première.

Victoire détailla les nouvelles arrivantes. Leur peau hâlée révélait une exposition au soleil visiblement excessive, ce qui contrastait avec la sienne qui était d'une blancheur d'albâtre. Leurs cheveux, plus clairs qu'à l'accoutumée, étaient bordés de mèches cuivrées, ce qui leur procurait un reflet des plus vifs. Leurs yeux d'ambre pétillaient de malice et d'excitation, probablement à l'idée de passer une nouvelle année à Poudlard.

« Cela se passera de commentaire » souffla Victoire. « J'imagine que les vôtres étaient paradisiaques. »

La première afficha un sourire éblouissant, qui fut rapidement suivi d'un rire cristallin. Ses longs cheveux cascadaient ses épaules en ondulations souples pour retomber juste en-dessous de sa poitrine. Elle se saisit de l'une des mèches qu'elle enroula autour de son doigt, - tic que Victoire avait l'habitude de voir chez elle -, et regarda sa jumelle d'un air moqueur.

« C'était parfait, oui. Nous avons passé du bon temps. Surtout Amalia. »

Amalia fusilla sa sœur du regard, et ne tarda pas à répliquer :

« Pardonne-moi de m'amuser, se rebiffa-t-elle. Ce qui n'est visiblement pas ton cas. Tu ferais mieux de te lâcher de temps en temps, Ophelia...

- Comptez-vous m'expliquer, ou dois-je deviner seule ? les interrompit Victoire en levant les yeux au ciel. 

- Amy a rencontré quelqu'un lorsque nous sommes parties en Grèce. Je ne l'ai pas vue des deux semaines passées là-bas. C'est d'ailleurs pour lui qu'elle s'est coupée les cheveux, afin de paraître plus « mature », soi-disant » se moqua Ophelia.

Victoire jeta un coup d'œil à Amalia et haussa un sourcil. C'était donc pour un garçon que son amie s'était fait couper les cheveux au carré ? Elle qui aimait tant sa longueur... La française ne put s'empêcher de trouver cela stupide, mais ne fit aucun commentaire.

« Tu n'avais qu'à flirter toi aussi, si tu ne voulais pas te retrouver seule, soupira Amalia, excédée. Cesse donc d'attendre désespérément que ton prince charmant daigne te regarder ! Il ne t'a pas adressé la parole en cinq ans de temps.

- Tu ne vas pas remettre ça sur le tapis, maugréa Ophelia en rougissant. Il n'est pas question de moi, que je sache.

- Et comment s'appelle l'heureux élu ? demanda Victoire, bien que peu intéressée par la romance estivale de son amie.

- Antoine Delaval. Peut-être vois-tu de qui il s'agit ? Il est en septième année à Beauxbâtons. Lui semblait connaître ton nom, en tout cas. »

Victoire blêmit. Antoine Delaval ne lui disait rien, mais si en revanche lui, la connaissait, cela ne signalait rien de bon.

« Que veux-tu dire, par « connaître ton nom » ?

- Il ne te connaît pas en personne, d'après ce que j'ai compris. C'est l'une de ses amies qui lui a déjà parlé de toi une certaine Marie. Marie comment, déjà... Levent ? Legand ?

- C'était Legrand » soupira Ophelia.

Cela ne signalait rien de bon du tout, même. Amalia plissa les yeux, voyant son amie devenir de plus en plus pâle.

« Victoire, tout va bien ?

- O-oui ! bégaya la jeune fille. Pourquoi cela n'irait pas ? Je vais aller voir mon frère pour m'assurer qu'il n'ait rien oublié. Je reviens tout de suite ! »

Elle sortit sous le regard surpris des jumelles, et ferma la porte avant de se plaquer contre le mur attenant. Elle ferma les yeux et se pinça l'arête du nez. Comment ses amies le prendraient-elles, si cet Antoine leur balançait la vérité à propos son départ de Beauxbâtons ? Ophelia et Amalia Dhont descendaient elles aussi d'une famille de sang-pur, quoique bien moins élevée dans la société sorcière. Même si ses deux amies avaient davantage été éduquées à la manière des enfants sang-mêlé, Victoire ignorait si elles comprendraient ou même accepteraient la situation. Pire encore, elles se rendraient compte qu'elle leur mentait là-dessus depuis quatre ans. Elle craignait que ses amies ne le lui pardonnent pas, Amalia étant de nature rancunière et Ophelia suivant la première comme son ombre.

« Victoire, depuis quand passes-tu le voyage dans le couloir, adossée à un mur ? »

Le roulement du « -r » final lui fit l'effet d'une bouée de sauvetage, et sans même daigner relever la tête vers son interlocutrice, elle se jeta dans ses bras.

« Es-tu si heureuse de me voir ?

- Si tu savais à quel point, Nastya ! souffla Victoire en desserrant son étreinte. Cet été était si long, sans Poudlard, sans toi !

- Et ne parlons pas du mien...

- La réunion est déjà terminée ?

- Oui. D'ailleurs, tu ne devineras pas qui a été désigné comme nouveau préfet-en-chef cette année... grimaça la russe.

- Qui ?

- Lupin.

- Attends... ils n'ont tout de même pas choisi le si bon ami de Potter et Black - les têtes à claque, pour être préfet-en-chef ? C'est le meilleur moyen de laisser ces deux-là se permettre tout et n'importe quoi... Même le préfet-en-chef ne dira plus rien face à leurs âneries ! Ils ne sont pas vraiment pas intelligents, dans cette école...

- J'ai pensé la même chose lors de l'annonce. Une belle bande d'inconscients. Tiens, en parlant de Lupin, où sont nos deux tornades ?

- Là-dedans, répondit Victoire en désignant la porte. Je te souhaite bon courage en entrant. Les frasques romantiques d'Amalia sont une fois de plus au centre de la discussion. »

Anastasiya entra dans le compartiment où se trouvaient les jumelles Dhont et se laissa choir sur l'une des banquettes. Remarquant qu'aucune de ses trois amies ne portait l'uniforme tandis que le train arriverait à destination d'une minute à l'autre, elle les réprimanda, son accent russe s'accrochant péniblement aux mots comportant l'éternelle lettre « -r » contre laquelle elle luttait depuis des années. Son agacement, qui l'accentua, fit redoubler les rires de ses amies qui aimaient en jouer sans s'en lasser.

Lorsque le train s'arrêta, Victoire jeta un regard au ciel gris et sombre à travers la vitre. Les gouttes de pluie s'écrasaient contre celle-ci dans un ballet fou, ne semblant plus vouloir s'arrêter. Elles se mêlaient entre elles en un tourbillon plat qui finissait en trainées coulant le long de la vitre, semblables à des larmes. À travers elles, le château se dessinait au loin. La jeune fille sentit une chaleur naître au niveau de son cœur.

Après deux longs mois d'attente, elle rentrait enfin chez elle.

Note de fin de chapitre :

Ainsi se clôture le premier chapitre de cette histoire, dans lequel est introduite Victoire, le personnage principal bien que la narration ira régulièrement faire un tour chez les autres présents...

Je tiens à souligner qu'en ce début d'intrigue, les dialogues entre pairs peuvent paraître " légers " et frivoles par rapport à ce qui lance le début du chapitre. Cependant, n'oublions pas qu'en dépit de l'année choisie pour cette histoire (1977) et du contexte de conflit très particulier qui s'installe progressivement pour les années à venir, ainsi que de la maison à laquelle appartiennent les personnages sur lesquels l'histoire est centrée, ces derniers restent des adolescents. Il me semblait donc important de faire ressortir ce trait, qui les rend d'autant plus humains.

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