S'identifier | | Identifiants perdus | S'enregistrer |
Lien Facebook

En savoir plus sur cette bannière

News

127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Sélections du mois


Félicitations à AliceJeanne et TeddyLunard, qui remportent la Sélection Action/Aventure !

Vous voulez revenir dans le Futur ? Lors du mois de novembre c’est possible avec la Sélection Next-Gen ! Vous avez jusqu'au 30 novembre pour lire les 10 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter ici.

Et pour le mois de décembre, le thème et les textes vous attendent déjà avec la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez découvrir ces 12 histoires jusqu’à la fin de l’année et vous pourrez voter à partir de décembre. Pour en savoir plus, rendez-vous ICI !


De L'équipe des Podiums le 01/11/2022 19:00


15ème Échange de Noël


Le traditionnel Échange de fics de Noël est de retour pour sa 15ème édition !



Et cette année, vous pouvez écrire et recevoir : des fanfictions Harry Potter, des histoires originales... mais aussi des fanfictions sur d'autres fandoms ! Envie de nous rejoindre ?


Ça se passe d'ici le 31 octobre sur ce topic du forum HPF !


De L'équipe de modération le 23/10/2022 17:22


126ème Nuit d'HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 126 édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 21 octobre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De L'équipe des Nuits le 16/10/2022 11:07


Sélections du mois


Félicitations à Fleur d’épine, Ella C, Eejil9 et CacheCoeur, qui remportent la Sélection Femslash !

Vous voulez de l’action ? De l’aventure ? Ce mois de Sélections est fait pour vous ! Le Jury des Aspics vous invite à lire sur ce thème en octobre avec la Sélection Aventure/Action ! Vous avez jusqu'au 31 octobre pour lire les 5 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter par ici.

Et au mois de novembre, partez dans le futur avec la Next-Gen ! Vous avez jusqu’à la fin du mois d'octobre pour nous faire découvrir sur ce thème si vaste vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots. Pour proposer des textes, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news !

Il y a également la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos nuits d’insomnies ! Jusqu’au mois de décembre, venez découvrir 12 histoires incroyables ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De L'équipe des Podiums le 03/10/2022 23:05


Les enfants de Phantom Alley par bellatrix92

[37 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Second chapitre posté!!

Alors, je n'en suis pas super contente mais j'espère quand-même que vous supporterez la lecture!

 

Par moment, il se demandait s’il ne devait pas cesser de chercher le sens de sa mission.

Après la journée bien plus qu’horrible qu’il avait passé la veille et rien qu’à l’idée de ce qui l’attendait aujourd’hui, Cornelius Fudge se sentait si tendu qu’il n’avait même pas avalé une tasse de thé ce matin-là, provoquant la vive inquiétude de sa femme.
En en ce début de matinée de la fin du mois de novembre, il se tordait les mains tout en faisant les cent pas dans le bureau ministériel, attendant l’épouse Malefoy qui avait demandé une audience auprès de lui.

Tout était prêt heureusement, la cheminée de marbre luisait comme un sou neuf tandis qu’un feu ronronnait à l’intérieur, les fauteuils disposés non loin sur un tapis oriental vert et or, autour d’une belle table basse assortie à l’imposant bureau de chêne qui trônait à côté d’une bibliothèque tout aussi assortie et tout aussi imposante. L’ensemble des ouvrages concernant le droit magique y était représenté, de même que différents plans, cartes et même quelques archives.
Cornelius avait décidé de recevoir Mrs Malefoy autour d’un thé, pas parce que c’était une femme, mais plutôt parce ce qu’avec ce qu’il s’apprêtait à lui apprendre, mieux valait qu’elle soit bien assise.
De toute manière, songea t-il avec une certaine ironie, même s’il n’avait pas eu lui-même une si bonne raison qu’aujourd’hui de la rencontrer, la demande d’un membre de cette famille se refusait difficilement quoique ce soit généralement Lucius et non Narcissa Malefoy qui attende après lui.
Il espérait juste qu’elle ne soit pas simplement venue pour, comme le pensait Filia jusqu’à la veille, se rassurer quant-à l’entrée de son fils à Poudlard. Car si tel était le cas, elle risquait vraiment de tomber de haut.

Le moins que l’on pouvait dire, c’est que Cornelius avait de bonnes raisons de s’inquiéter en prévision de ce qui allait suivre. Cette entrevue n’aurait pas du avoir lieu et le tout nouveau Ministre de la Magie le savait parfaitement. Si le moindre journaliste avait vent de ce qu’il était en train de tramer au fin-fond de son bureau, il savait qu’il pouvait faire une croix sur sa carrière, purement et simplement. L’opinion en effet ne tarderait pas à se soulever en apprenant ce qui se préparer, même si l’opinion n’aurait pas du avoir le moindre droit de regard sur la chose, pensait-il avec un agacement mêlé d’amertume.

Mais l’opinion était ce qu’elle était, toujours encline à se mêler de ce qui ne la regardait pas et préférant commenter son excès pondéral ou la forme de son chapeau plutôt que de s’intéresser aux conséquences profondes des lois qu’il avait faites passer au moment où il travaillait dans les transports magiques.
Par Merlin ! Le réseau des cheminettes sur tout le Royaume Uni, c’était lui ! L’amélioration des hiboux postaux et le transport de marchandises, c’était également lui ! Autant d’éléments qui avaient permis aux Sorciers de se passer de bien des services fournis uniquement par les moldus, et de gagner en confort de vie.
Alors qu’est-ce que cela pouvait leur faire aux gens s’il avait pris vingt kilos en dix ans ? Est-ce qu’ils se rendaient seulement compte de la pression que l’on subissait à longueur de journée en travaillant au Ministère ? Des horaires extrêmes au stress permanent en passant par la toxicité de la politique ?

Il y avait beaucoup de choses qui le rendaient amer depuis sa prise de fonctions et qui avaient tendance à lui emmener ce genre de pensées noires comme celles qui le hantaient à présent.
Et pour ne rien arranger à la situation, Cornelius se sentait particulièrement éprouvé aujourd’hui. Il revenait en effet d’une visite d’urgence à Azkaban, qu’il n’avait effectuée pour la première fois que la veille, pour deux raisons :
La première c’est que, depuis son accession au pouvoir, Albus Dumbledore en personne le poussait à aller voir par lui-même ce qui s’y passait afin de se rendre compte de la situation sur place. Le directeur de Poudlard étant un de ses mentors politiques, l’avis avait de quoi le faire réfléchir. Et même si la chose le répugnait et que son emploi du temps était très chargé, il avait très vite guetté une occasion de faire le voyage.
La seconde raison venait compléter la première : il avait finalement trouvé pour cette visite une bonne occasion, lorsque cet échange de courrier suspect entre deux membres des plus anciennes familles de sorcier d’Angleterre avait été porté à sa connaissance par le Département de la Justice magique.

Cornelius se faisait donc beaucoup de souci : il n’ignorait pas en effet que les vieilles familles sorcières, en particulier celles des 28 Sacrés, avaient la main sur le monde magique anglais, et que c’était de toute manière quelque-chose d’assez général dans le monde. Aussi des échanges, surtout désespérés comme celui qui l’avait alerté quelques jours plus tôt, ne pouvaient que l’alerter.

« Hé bien Cornelius, je ne vois pour vous aucune autre solution que de vous déplacer. » Lui avait répondu Dumbledore avant d’ajouter : « Je suis sûr que l’air marin vous revigorera après cette semaine éprouvante que vous venez de vivre ».

Sur la fin, Cornelius aurait pu rire à ce qui se voulait sans doute une boutade, mais il avait remarqué avec un étonnement mêlé d’inquiétude l’amertume qui avait soudain percé dans la voix de Dumbledore ainsi que l’étrange froideur de son regard.
Cela ne l’avait pas empêché de suivre son conseil, pour son plus grand malheur puisqu’il aurait à présent largement préféré tout ignorer de ce qui venait d’être porté à sa connaissance. Il se sentait las et complètement dépassé.

Prenant rapidement sa décision après le conseil alambiqué de Dumbledore, il s’était immédiatement rendu sur les lieux accompagné seulement d’un jeune auror du nom de Dawlish, qu’il avait d’ailleurs laissé par mesure de sécurité dans l’entrée de quartier de haute sécurité. Quelque-chose lui disait alors, malgré la répugnance et la crainte que lui inspiraient les lieux, qu’il valait mieux qu’il poursuive seul. Et la suite lui avait d’ailleurs largement donné raison.

Pourtant, visiter la prison pour la première fois de sa vie l’avait littéralement vidé de toutes ses forces en plus de le plonger dans un état de délabrement psychologique avancé, si bien qu’à son retour chez lui, il en tremblait encore et n’avait même pas touché au dîner que sa femme lui servait. Ce qui faisait que, s’il calculait bien, il n’avait rien avalé depuis la veille au matin.
Et le pire, c’est que ce n’était même pas la seule (ni la première) affaire sordide qu’il devait traiter cette semaine. Il était déjà sorti épuisé des quelques jours précédents, alors qu’il ne savait même pas encore ce qu’il aurait à gérer aujourd’hui. Rien d’étonnant à ce qu’il soit en train de craquer, n’importe qui en aurait fait autant.

Il faut dire que son mandat avait démarré sur les chapeaux de roues en cette fin d’automne 1990, alors que Cornelius Fudge venait juste d’arriver au pouvoir et qu’il se sentait à la fois peu sûr de lui et terriblement vulnérable. C’est qu’il n’était là que par défaut et qu’il le savait parfaitement. Personne ne lui voyait les épaules pour une chose pareille.
Et pour être honnête, Fudge se sentait complètement ballotté dans tous les sens, quelques semaines seulement après sa prise de fonction. Ce n’était ni les lois ni la charge de travail qui lui posaient problème, pour cela non, il y était habitué. C’était plutôt le côté sordide qui malmenait sa sensibilité.

Tout d’abord, environ une semaine plus tôt, il avait eu à gérer ce qui s’était finalement révélé un tragique accident sur fond de violences intra-familiales dans la ville de Hastings, là où vivait une partie non négligeable de la population sorcière du pays, notamment les descendants de nombreuses familles anciennes comme les Munch, les Malefoy et des personnes plus ou moins recommandables comme les Murray, les Finch et d’autres encore.
Si ces familles-là évoluaient en temps normal sans heurts avec les moldus, ce jour-là c’était la précarité extrême d’un mélange entre les deux qui s’était brutalement révélée. Et en cela, le récit de Mrs Munch qui avait assisté à une partie de la scène s’était révélé des plus éclairants.
La mère, cracmole, avait assisté totalement impuissante au déclenchement de colère de sa fille sorcière, déchaînement qui avait provoqué la mort du père de famille.

Cornelius avait clôt l’incident avec énormément de peine ainsi que l’aide d’Albus Dumbledore, épargnant la prison à une adolescente incapable de maîtriser quoi que ce soit, contre l’avis de beaucoup de monde, et étouffant au mieux le scandale.
Finalement il était retombé sur ses pattes et il n’hésitait pas à se dire aujourd’hui qu’il s’était plutôt bien débrouillé, du moins il lui semblait.

Mais depuis la veille et à son grand désespoir, une autre affaire encore plus embarrassante s’était révélée au Ministre, qui avait cru défaillir en comprenant de quoi il s’agissait véritablement au beau milieu du quartier de haute sécurité d’Azkaban.
Car ce qu’il avait appris lors de sa visite dans la prison se révélait à présent une vraie bombe et il se demandait s’il devait vraiment prendre le risque de la lâcher au milieu du monde magique anglais.
Il y avait là de quoi réveiller de bien mauvais souvenirs, datés de l’époque où Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-le-Nom faisait régner la terreur.

Dumbledore lui-même avait son avis sur la question :
« Vous avez le choix Cornelius, du moins dans la mesure où Bellatrix Lestrange supporte la chose jusqu’à son terme, et je pense d’ailleurs que sa puissance magique ainsi que l’aide que vous vous êtes empressé de lui fournir va le lui permettre. » Lui disait encore Albus Dumbledore la veille au soir, lorsqu’il s’était empressé de venir le trouver en revenant d’Azkaban.
- Comment cela, j’ai le choix ? Lui avait répliqué Cornelius qui se sentait encore totalement bouleversé.
- Hé bien, lui avait répondu le vieux sorcier. Disons que vous avez deux solutions : soit vous ne mettez personne d’autre dans la confidence et vous abandonnez la situation à la nature, ce qui aura sans aucun doute possible les conséquences funestes que nous devinons. Soit vous tentez de sauver ce qui peut l’être… Si je ne m’abuse, c’était déjà votre idée lorsque vous avez dépêché un médicommage à Azkaban.
- Pour des questions de sécurité, je ne suis pas sûr qu’il soit véritablement efficace, avait répondu Cornelius. Les détraqueurs ont consenti à quelques aménagements, mais ils ont posé des conditions drastiques afin d’éviter tout risque d’évasion.
- Vous avez fait ce que vous pouviez Cornelius, avait répondu Dumbledore d’une voix douce. Maintenant si suite il y a, il va falloir l’assurer…

Ils s’étaient regardés tous les deux d’un air malheureux, avant que Dumbledore lui-même n’aille plus loin :
- Pour commencer, lui avait-il dit. Que comptez-vous faire de l’enfant ?

La question avait de quoi troubler en effet :
- Hé bien, lui avait répondu Cornelius sur un ton mesuré. En admettant que l’enfant de Bellatrix et Rodolphus Lestrange survive, il lui restera pour toute famille son grand-père maternel, Cygnus Black, sa tante Narcissa Malefoy, Son autre tante Androméda Tonks… Ou bien du côté de la famille Lestrange, des cousins du nom de Frühehof qui vivent en Allemagne ou en Autriche, je ne sais plus très bien… Une ancienne et respectable famille en tout cas mais je ne sais pas s’ils se sentiraient de la prendre avec eux.
- Oui, j’ai eu l’occasion de les côtoyer il y a quelques décennies, en effet… Avait répondu Dumbledore sur un ton mesuré qui n’augurait rien de bon.
- Qu’en pensez-vous Dumbledore ?

Le vieil homme s’était levé de son bureau qu’il avait contourné à pas lents et avait observé la fenêtre avec inquiétude, avant de répondre :
- Nous avons un enfant, qui s’il atteint l’âge adulte, sera l’héritier, ou l’héritière, d’une des fortunes les moins négligeables du monde sorcier anglais et même de l’Europe, autrement dit un parti de choix et une sacrée pièce de l’échiquier politique. Il nous faut être vigilant quant-à son devenir Cornelius, et même au-delà de la vigilance qu’il nous faut apporter au devenir de chaque enfant, je suis bien placé pour le savoir.
- Très bien, mais que me conseillez-vous ?
- Malheureusement, je ne peux vous être d’une grande utilité, car la situation présente est à mes yeux assez insoluble.
- Par Merlin, pourquoi donc ?
- Hé bien… Le plus proche parent et, à priori, le plus approprié pour prendre en charge ce bébé, s’il survit, ce serait Cygnus Black. Mais au-delà de convictions très personnelles qui pourraient m’engager à éviter ce choix à tout prix, c’est un vieil homme, qui est largement sur sa fin et il ne sera pas en mesure de l’élever.
- J’avais entendu que, dans la sphère privée, c’était un homme brutal, avait soufflé Cornelius.
- On peut le dire, oui. Les cousins Frühehof m’inquiètent également mais pour d’autres raisons, et de plus ils vivent à l’étranger… Androméda Tonks a un passif beaucoup trop difficile avec sa sœur pour accepter une telle chose, du moins je le pense. Et surtout, au vu de ses relations très tendues par rapport à d’autres familles de Sang-Pur, ce serait la mettre clairement en danger que lui confier l’enfant de Bellatrix et Rodolphus Lestrange. Il ne reste donc plus que les Malefoy, et là encore je ne suis guère rassuré. Si nous parlions d’Abraxas encore… Mais vous n’ignorez pas ce que je pense de Lucius…
- Non, avait répondu Cornelius. Je ne l’ignore pas. Personne ne l’ignore au Ministère.
- Cela dit, avait fait observer Dumbledore. Je crois que ce qui vous a alerté est une lettre de Bellatrix Lestrange à sa sœur, suivie d’une demande d’audience de la part de celle-ci.
- Oui c’est bien cela. Je vois Mrs Malefoy demain matin d’ailleurs.
- Très bien, répondit Albus. Il y a fort à parier qu’elle tient à la plus grande discrétion possible et c’est en effet le mieux. Aussi, ne parlez de cela à personne. Recevez-la seule et assurez-vous de n’être pas écoutés. Exposez-lui la situation. Je crois qu’elle est encore la mieux placée pour envisager une solution. »
- Vous pensez que Narcissa Malefoy saura quoi faire ?
- Elle connaît sa sœur, pour le meilleur et pour le pire. Et dans une certaine mesure elle a évité de faire les mêmes choix qu’elle… Répondit Dumbledore. Paradoxalement ce serait le meilleur choix en effet, un arrangement raisonnable. Sans doute n’a t-elle encore aucune idée de la raison pour laquelle elle a reçu ce courrier cependant. Il va vous falloir jouer fin et surtout l’empêcher de mettre trop de monde dans la confidence… Le mieux serait même que, durant le plus longtemps possible, l’identité de l’enfant soit connue du moins de monde possible.
- Bien Dumbledore…


Alors qu’il ressassait le souvenir de cet entretien avec Dumbledore tout en faisant les cent pas au milieu de son bureau, Cornelius fut soudain tiré de ses sombres pensées par le bruit que fit son assistant en ouvrant la porte du bureau :
- Monsieur le Ministre, votre rendez-vous de neuf heure est arrivé, lui dit le jeune homme.

Cornelius regarda sa montre, et constata qu’il était huit heure cinquante-cinq, preuve que Mrs Malefoy devait être elle-même très agitée car, habituellement, les gens comme elle avait une fâcheuse tendance à se faire attendre.
A l’idée qu’elle sache déjà, ou bien qu’elle ait deviné, sa propre anxiété monta encore d’un cran.

Non, c’était trop difficilement envisageable. Aujourd’hui, c’était bien lui qui avait la main sur les informations et il avait la ferme intention d’en profiter pour gérer au mieux ce qui était une question de vie ou de mort.
Et il était d’autant plus décidé que Dumbledore lui-même l’avait encouragé à faire preuve de courage dans cette affaire qui pourtant, il en était sûr à présent, le dépassait de très loin.
- Ne la faîtes pas patienter, dit-il en affichant sa bonhommie habituelle, celle qui mettait à l’aise les plus récalcitrants de ses interlocuteurs et lui avait déjà permis d’éteindre pas mal d’incendies.
- Comment ? Lui demanda le jeune homme.
- Qu’elle entre tout de suite. Et veuillez nous porter quelque-chose à boire.

Ils allaient en avoir besoin, cela au moins était une chose sûre. Le plus remarquable cependant, ou le plus incongru suivant l’angle que l’on prenait, c’est qu’à présent que Cornelius Fudge se levait pour accueillir Mrs Malefoy et quand-bien-même c’était elle et non lui qui lui avait demandé cet entretien, c’est lui qui allait lui apprendre des choses.
Pourtant, il était soulagé que la demande soit venue de la sorcière, d’autant qu’elle avait agi par l’intermédiaire de son épouse, ce qui rendait la chose compréhensible sinon totalement habituelle.

L’épouse de Lucius Malefoy s’était en plus montrée extrêmement prudente, précisant simplement à Filia qu’elle doutait fortement de l’authenticité d’un courrier à son adresse expédié depuis Azkaban. Et elle avait ajouté craindre une attaque contre sa réputation, d’autant que Drago entrait à l’école l’année suivante. Le prétexte était parfait mais voilà, Cornelius en savait bien davantage à présent.

Il savait parfaitement pourquoi la mangemort avait envoyé cette lettre désespérée depuis Azkaban, et en cela il se félicitait de s’y être rendu. S’il avait du recevoir Mrs Malefoy sans être au courant de quoi que ce soit, la situation se serait probablement trouvée dans l’impasse.
Certes, il aurait pu trouver un moyen de lui donner le privilège d’aller à Azkaban si elle l’avait demandé avec insistance, ainsi que le demandait Bellatrix Lestrange dans sa lettre. Mais ensuite ?

Non, rien n’aurait été simple, ou plutôt la situation se serait révélée encore plus compliquée qu’elle ne l’était déjà.
Mais déjà la dame entrait, et même s’il l’avait déjà aperçue de loin, Cornelius ne put s’empêcher de penser qu’elle était d’une grande beauté, quoique l’air de famille avec la mangemort de sinistre réputation qu’il avait visité la veille soit clairement perceptible.
- Mrs Malefoy, bonjour, dit-il en faisant un baisemain à la jeune femme à l’air altier qui venait d’être introduite dans son bureau.

Il l’invita sans tarder à s’asseoir sur un des fauteuils qui se trouvait devant la cheminée, demandant qu’on leur apporte du thé et expliqua directement :
- Nous allons avoir à parler ma chère. Je me suis rendu moi-même à Azkaban hier. L’affaire est d’importance, croyez-moi.

Narcissa Malefoy était déjà tendue en entrant, mais à ces mots elle pâlit tandis que ses yeux s’écarquillaient et Fudje comprit qu’il avait pris le pas sur la conversation.
- Vous y êtes allé ? Souffla t-elle.

Ainsi effrayée, elle ne ressemblait plus guère à la mangemort de sinistre réputation qui était sa sœur.
Cornelius Fudge ignorait d’ailleurs comment la dîte-mangemort pouvait avoir trouvé la force d’écrire à sa famille avec la présence des détraqueurs, mais c’était un droit donné aux prisonniers et elle l’avait tout de même fait :
- Pour commencer, dit Cornelius Fudge. La lettre que vous avez reçue est bel et bien authentique. Votre sœur me l’a confirmé.

Pâle, Narcissa acquiesça et murmura d’une voix faible :
- Merci infiniment d’avoir fait le déplacement. Je dois dire que j’ai sérieusement douté de l’authenticité de ce courrier en voyant la piètre qualité de la graphie employée. De plus, c’était la première lettre que je recevais d’elle depuis son incarcération.
- Ne me remerciez pas trop vite, répondit Cornelius. Nous avons encore à discuter de l’affaire. Mais qu’en savez-vous tout d’abord ?
- Seulement ce que m’en a dit le courrier, répondit Narcissa. Bellatrix me disait qu’il fallait absolument qu’elle ait la possibilité de me parler. Qu’il fallait que je sollicite une visite auprès d’elle et que je fasse vite ainsi que dans le plus grand secret possible. Elle me suppliait littéralement de ne rien dire à Lucius et ajoutait que je devais vous expliquer que, si vous laissiez la situation telle, vous devriez plus tard en gérer les conséquences...

La jeune femme avait beau avoir l’air inoffensive et presque naïve, Cornelius ne s’y trompait pas. Il devinait la suite sans aucune peine d’ailleurs. Comme son fils Drago devait rentrer à Poudlard l’année suivante, Narcissa Malefoy avait pris prétexte de vouloir préparer le terrain auprès du nouveau ministre (lui-même donc) pour avoir une raison de venir le voir rapidement, et sans que cela n’éveille les soupçons de son mari. Elle devait même avoir embobiné celui-ci en expliquant que sa visite, obtenue par l’intermédiaire de son épouse Filia, serait beaucoup plus discrète...
- Vous vous êtes bien gardée de prévenir Mr Malefoy, si je devine bien.
- Il ne sait rien de tout cela en effet. Du moins je l’espère. Par chance, la lettre de Bellatrix est arrivée alors qu’il était en déplacement et je l’ai réceptionnée immédiatement. Mon fils non plus n’a rien vu.
- A ma connaissance, répondit Cornelius. Je suis le seul au courant à part le chef du Département des Mystères qui a autorisé la lettre à vous parvenir, après m’en avoir avisé. Personne n’aura rien dit à votre mari, car personne ici ne sait quoi que ce soit et heureusement. Quoi qu’il en soit, je suis bien en mesure de vous confirmer que Bellatrix Lestrange vous a envoyé la lettre que vous avez reçue, et qui a d’ailleurs intrigué aussi les langues de plomb dans les mains de qui elle est tombée…
- Par Merlin, souffla Mrs Malefoy.

Cornelius acquiesça, conscient qu’il abordait à présent la partie cruciale de l’entretien, il déclara :
- J’ai eu la connaissance des faits il y a deux jours et je me suis donc rendu hier à Azkaban où, après beaucoup de difficultés, j’ai obtenu de connaître la raison qui poussait Bellatrix Lestrange à vous contacter.

A présent, Narcissa Malefoy était plus pâle qu’une momie, comme si elle avait compris que ce qu’il allait lui annoncer était très grave et Cornelius poursuivit :
- Elle a fini par tout m’avouer lorsque je lui ai fait comprendre qu’il n’y avait aucune chance que sa requête aboutisse. Comme j’étais seul, elle n’avait pas grand-chose à perdre et d’ailleurs Rodolphus Lestrange qui était avec elle a achevé de la convaincre... Mrs Malefoy, votre sœur est enceinte. Elle attend un bébé.
- Comment ?

Narcissa avait poussé un cri. Elle s’affaissa légèrement sur son fauteuil et, sous l’effet de la stupeur et sans doute de la gêne, elle rougit.
- Comme sa grossesse était déjà très avancée, ajouta Cornelius. J’ai pu constater la véracité de la chose une fois qu’elle a cessé de cacher son état. Cela m’a permis de prendre rapidement la mesure de la situation, ainsi que de son urgence et j’ai dépêché sur place un médicomage.
- Comment… Je n’y crois pas… Murmura Narcissa.
- C’est invraisemblable en effet, mais pas impossible cependant. Car les détraqueurs sont aveugles et ils ne font pas la différence entre homme et femme. Bellatrix et Rodolphus Lestrange partageaient la même cellule lorsque je suis arrivé à la prison. Cela va changer, je dois vous le dire...

Il n’en dit pas plus, soudain lui-même gêné par le contenu de la conversation.
- Comment, comment se porte t-elle ? Souffla Narcissa Malefoy d’une voix effrayée.
- On pourrait dire pas trop mal, au vu de son état. Fatiguée et perdue je dirais. En tout cas elle est véritablement proche du terme. C’est pour cela que je l’ai faite immédiatement surveiller et examiner par le médicomage qui est affecté à la prison jusqu’à nouvel ordre.
- Proche du terme ?
- Je dirais que c’est aujourd’hui une question de jours. Quoi qu’il en soit, ce problème doit être réglé.
- Réglé comment ? Demanda Narcissa Malefoy.
- Et bien cet enfant, s’il survit, devra être pris en charge. Comment, cela reste à définir.
- Mon père n’est pas en état de prendre cet enfant avec lui, souffla Narcissa. Mon autre sœur… Il en est hors de question bien entendu… La famille des Lestrange est trop éloignée, sans compter qu’elle vit à l’étranger et que je ne les apprécie guère… Il ne reste plus que mon mari et moi.

Cornelius se tut un instant et ajouta :
- Vous allez donc mettre votre mari au courant de la chose, pensez-vous qu’il acceptera ?

Narcissa Malefoy l’arrêta d’un geste de la main, mais elle ne répondit pas tout de suite, elle prit quelques secondes pour réfléchir avant de relever les yeux vers lui et de murmurer :
- Si cet enfant est reconnu comme celui des Lestrange, sa vie va être un enfer et je peux même garantir qu’elle risque d’être très courte…
- C’est un problème oui. Mais nous pouvons le cacher, et si sa sécurité le demande, nous pouvons l’intégrer à un orphelinat moldu ou personne n’ira jamais le chercher…
- Cela non ! S’écria Narcissa Malefoy.

A présent, la colère perçait dans son regard et Cornelius s’empressa d’ajouter :
- Je reconnais que c’est paradoxal, mais ce serait une couverture excellente.
- Non, souffla Narcissa Malefoy. Je ne peux pas permettre cela. Je… Peut-être y a t-il une autre solution.
- Laquelle ? Demanda Cornelius.
- A mes yeux il vaut mieux que le moins de personnes possibles soient au courant de la véritable identité de ce bébé. Nous sommes déjà deux, et je connais deux autres personnes de confiance qui pourraient nous êtres plus qu’utiles…

Cornelius fut si surpris de voir apparaître un sourire sur ce visage si pâle qui lui faisait face qu’il murmura :
- Dîtes-moi donc tout.
- Hé bien, répondit Narcissa Malefoy. Je pense que le plus judicieux, en admettant que le bébé survive, serait de le confier à mon beau-frère Ignacius ainsi qu’à son épouse.
- Vous parlez d’Ignacius et Hortense Malefoy ?
- Oui… Je pense que ce serait la meilleure solution.
- Pourquoi demander à votre beau-frère une telle chose ? Demanda Cornelius, quoiqu’il commence lui aussi à se douter de la raison. Pourquoi à eux précisément ?

Narcissa Malefoy lui répondit :
- Hortense n’arrive pas à avoir d’enfants et en souffre énormément, depuis des années, de même qu’Ignacius. Ils m’avaient confié il y a quelque temps qu’ils envisageaient sérieusement de se lancer dans des demandes d’adoption. Bien entendu comme il n’était question pour des Malefoy que d’adopter un enfant de Sang Pur, cela avait donc peu de chances d’aboutir, vu le contexte. Ils ont fini par y renoncer la mort dans l’âme…
- Vous pensez donc qu’ils accepteraient ce bébé qui n’est pas le leur ? Et si je vous suis, vous espérez même qu’ils le feront passer pour le leur.
- J’en suis pratiquement sûre, répondit Narcissa Malefoy. Ainsi seules quatre personnes seront au courant de l’identité de cet enfant. Ce serait sans doute le mieux pour lui comme pour tout le monde.
- Vous cacherez donc la chose à votre mari ?
- Je pense qu’il vaut mieux pour lui qu’il l’ignore en effet, Lucius vit dans le souci absolu de sa famille et une telle interversion le bouleverserait et le pousserait sans doute à commettre des actes imprudents ou à tout divuulguer. Il a un orgueil un peu à fleur de peau vous voyez…

Elle ajouta après une brève hésitation :
- De toute manière, l’enfant étant de Sang-Pur, il ne portera pas atteinte à notre famille, loin de là. Laissons donc Lucius croire, tout comme mes beaux-parents, et croisons les doigt pour que tout se passe bien...


Cornelius fixait à présennt son interlocutrice avec indécision. Il ne connaissait le couple dont elle parlait que de réputation, et pas forcément dans le bon sens, au moins pour Ignacius Malefoy qui s’était déjà fait remarquer deux fois : la première à cause d’un tapis volant mal réparé qui avait provoqué un incident indésirable chez les moldus, et la seconde pour quelque-chose de bien plus grave : Il avait ni plus ni moins entravé l’action des aurors, justement lors de l’arrestation des Lestrange !

S’il ne s’était pas retrouvé à Azkaban après cela, c’est simplement parce que sa bonne foi avait finalement été établie, lui évitant un procès.
- Si je ne m’abuse, fit remarquer Cornelius à Narcissa Malefoy. Votre beau-frère était assez proche des Lestrange, avant leur arrestation ?
- De Rabastan Lestrange surtout, répondit Narcissa Malefoy sur un ton gêné. Ils se connaissaient de Poudlard. Ignacius est tombé de très haut ce fameux soir que vous savez…

Narcissa Malefoy avait donc deviné le fond de sa pensée et ses réticences :
- J’imagine, répondit Cornelius. S’il ne savait rien de leurs activités…
- Et étant donné qu’il était sous Imperium surtout… Tout comme Lucius d’ailleurs.

Cornelius acquiesça gravement et eut la prudence de changer de sujet :
- Maintenant, dit-il. Si vous êtes sûre de votre choix, il serait de bon ton de contacter votre beau-frère et son épouse. Pensez-vous que nous puissions le faire rapidement.
- Ils sont chez eux, répondit Narcissa Malefoy sans hésiter une seule seconde. Si vous le permettez je vais les appeler immédiatement.
- Comment cela, maintenant ?
- Oui, maintenant c’est le mieux. Plus tard, Ignacius risque d’être parti.

Sitôt qu’il lui eut donné son accord, Narcissa Malefoy se leva d’un pas énergique qui ne cachait pas sa profonde fébrilité, se dirigea vers la cheminée sur le manteau de laquelle elle saisit une poignée de poudre de cheminette et, quelques secondes plus tard, elle disparut dans les flammes vert émeraude.
Son absence cependant ne dura guère et, quelques minutes plus tard seulement, elle était de retour auprès de Cornelius :
- Nous pouvons y aller, dit-elle. Ignacius et Hortense vont nous recevoir.
- Chez eux ? S’étonna le Ministre de la Magie.
- C’est le plus pratique, répondit Narcissa Malefoy. Ma belle-sœur n’est pas en état de se déplacer, et certainement pas en transplannant ou par cheminée interposée. C’est une femme fragile, et pour cette décision il serait hors de question de la maintenir hors de la boucle des informations, ne serait-ce qu’un instant. Venez Cornelius.

Il fut surpris qu’elle ne l’appelle pas « Monsieur le Ministre », et encore davantage lorsqu’elle l’entraîna hors de son propre bureau et qu’il ne put que marcher à sa suite, traversant les couloirs et le hall, jusqu’à sortir du Ministère par l’entrée visiteur.
- Où allez-vous Mrs Malefoy ? Demanda t-il à la sorcière qui regardait précautionneusement autour d’elle, dans la rue presque déserte.
- Prenez mon bras, ordonna t-elle. Je vais vous conduire au manoir de Battle.

Cornelius comprit alors : le manoir était probablement incartable et soumis à un enchantement de protection spécial, interdisant l’accès à une bonne partie des sorciers du pays, sauf invitation expresse. Autant dire que sans Narcissa Malefoy, il n’avait aucune chance d’y accéder. Il saisit donc le bras de la sorcière et, moins de deux secondes plus tard, ils s’évaporaient de la rue à la cabine téléphonique sans que personne ne les ai vu le faire.
Vous devez s'identifier (s'enregistrer) pour laisser une review.