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128ème Nuit d'écriture


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A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


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Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


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A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


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De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Stèles par Roxane-James

[5 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

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Note de chapitre:

Hello, on se retrouve pour un chapitre moins poétique que les deux autres... Parce que Scorp' est juste moins poétique en fait XD 

Attention : Scène de sexe glauque en perspective et langage vulgaire

Playlist de l'histoire

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HIVER

 

3. Scorpius        

Scorpius avait un type de mecs. Il les désirait petits, minces, bruns, pâles, les yeux noirs, et vêtus des accoutrements les plus scandaleusement inappropriés au mauvais temps possible. « Bizarrement spécifique », avait déclaré Hugo une fois qu'ils étaient assis autour d'un verre après l'un de ses concerts et que Scorpius s'étalait en long, en large et en travers sur son absence de vie sentimentale et le sentiment de frustration qui en résultait. « Tu ne veux pas me dire son nom, plutôt ? », avait-il ajouté en arquant les sourcils d'un air suggestif. Pour la peine, Scorpius lui avait balancé sa paille en bambou à la figure. Hugo avait éclaté de rire. « C'est personne », avait menti Scorpius. « Je te dis que j'ai un type, c'est tout. Voilà, un genre de mecs qui me fait bander. Okay, c'est spécifique. Mais merde, c'est un type de mecs... Tu ne peux pas comprendre », avait rétorqué Scorpius sur la défensive - sans pouvoir s'empêcher de rire à son tour face à l'hilarité de son ami - « tu es plus hétéro que...que... Enfin tu vois », avait-il conclu avec un geste contrarié. Hugo avait hoché la tête, un sourire moqueur au coin des lèvres. Il était peut-être hétéro, mais il comprenait très bien. Peut-être même mieux que ce que Scorpius aurait souhaité.

Normalement, Scorpius réservait ce genre de confessions pour Rose, mais elle n'avait pas pu assister à la dernière représentation des Phantasms of Oz. Elle avait des « choses à faire », avait-elle déclaré à Scorpius lorsqu'il lui avait passé un coup de Cheminette pour savoir si elle se joindrait à lui. Des choses qui, visiblement, n'incluaient pas d'aller danser au son des hurlements de son frère ou ceux de sa guitare ensorcelée. C'était tout aussi bien.

Scorpius adorait passer ses soirées avec les frangins Weasmoche, comme il les appelait, mais il appréciait aussi les têtes-à-têtes entre copains. Il aimait les parties d'échecs silencieuses, les conversations à mi-voix et l'impossibilité de faire appel à une tierce personne pour combler le silence. Il aimait l'impression de proximité qui lui broyait les sens quand il était seul avec quelqu'un en qui il avait une totale et aveugle confiance. Un dialogue muet s'installait alors dans l'étroitesse de leur entretien, et Scorpius se gorgeait de ces moments avec un appétit immodéré. Je suis là, et tu es là, et je t'aime, et je sais que tu m'aimes aussi, scandaient ses gestes. Regarde-moi, je t'aime. Je te connais, et je t'aime. Je connais tes tics et tes tocs, ton rire, tes peurs, je connais tes gestes, je sais que tu détestes que je te prenne la main mais que tu adores les étreintes, je sais que tu mets des feuilles de menthe dans ton verre d'eau pour lui donner du goût, et je sais que tu as horreur de Shakespeare mais que tu me laisseras quand même parler de mes pièces préférées pendant des heures si j'en ai envie. Il aimait cette sensation étrange qui germait dans sa poitrine lorsqu'il « connectait » avec quelqu'un. C'était puissant. Indescriptible. Addictif. Ça lui rappelait avant, quand Albus était encore là, pourpre, bouillonnant, réel, que Scorpius n'avait pas l'impression de devoir courir après les distractions pour combler le cratère béant dans sa poitrine. Alors non, Hugo et Rose, ce n'était pas comme Albus, ça n'avait pas sa saveur âpre ou son arrière-goût calciné, mais c'était ce qui s'en approchait le plus, et Scorpius ne pouvait imaginer une seconde ce que sa vie serait sans eux. Il les aimait comme on aime les gens avec lesquels on a grandi, qui nous ont blessés, détruits, reconstruits. Il les aimait comme on aime les gens qui connaissent nos cicatrices, portent les mêmes à leurs poignets, qui sont familiers de nos monstruosités, nos échecs et nos doutes. Il les aimait parce qu'ils l'aimaient, parce qu'ils savaient tout du néant, qu'ils partageaient le sien, qu'ils l'avaient fait leur.

« Tu parles beaucoup de tes amis », lui avait un jour reproché l'une de ses conquêtes alors qu'ils étaient au lit. « Tu en parles tout le temps, comme on parlerait de ses amants. » Scorpius avait haussé les épaules. « Je ne pourrais pas vivre sans eux », avait-il répondu. L'autre avait ri. Il ne comprenait pas. « Tu es tellement mélo, Malefoy ». Mais Scorpius ne pensait pas qu'il était mélo, ou dramatique, ou qu'il exagérait. Il savait que c'était vrai, que ses amis vivaient en lui et mourraient en lui quand il fermerait les yeux pour la dernière fois. Il savait qu'il était autre, que, parfois, il était eux. Qu'ils le laissaient se glisser dans leur peau, entre leurs secrets et leurs terreurs, tout comme eux l'habitaient à toute heure du jour et de la nuit, jusque dans les serres de ses cauchemars. Parfois, sa multiplicité lui faisait peur. Il craignait de se disloquer sous les ailes de leur amour. Parce que l'amour ébrèche au moins autant qu'il adoucit les maux. Parce que le leur était une sorte de monstre auquel ils avaient donné des griffes. « Je ne pourrais pas vivre sans eux », avait-il répété, intraitable. L'autre n'était pas resté.

Scorpius voyait souvent Rose, à Oxford ou ailleurs, mais Hugo, c'était plus compliqué. Suite à la sortie de leur dernier album, Hugo et sa bande n'étaient presque plus de passage à Londres, ni même en Angleterre. Ils tournaient en Europe, distribuant des flyers multicolores qui donnaient la migraine - au moins autant que leurs chansons - et accordaient des interviews aux magazines musicaux qui voulaient bien les écouter jacasser pendant des heures à propos des lyrics obscurs de leur dernier succès en date. Scorpius n'avait pas vraiment l'oreille musicale, mais il ne ratait jamais une occasion de voir son ami lorsqu'il se trouvait dans les parages. A force, il connaissait les collègues d'Hugo presque autant que les siens. « Salut, Malefoy ! », le saluait Skylar North, la trompettiste, lorsqu'il déambulait dans les coulisses de la salle de spectacle où les Phantasms of Oz se produisaient ce soir-là. « Toujours vivant, Malefoy ? Les études n'ont pas encore eu ta peau ? » plaisantait Quill, quand il le trouvait dans la loge d'Hugo, flairant d'un air faussement désapprobateur les potions d'euphorie et les élixirs de sommeil surdosés qui s'empilaient sur les étagères.

Scorpius aimait bien Quill. Avant de devenir bassiste, il avait poursuivi une carrière de Médicomage en Hongrie mais il avait fini par comprendre qu'il n'était pas fait pour ça et s'était reconverti dans la poterie, puis dans la poésie, et enfin dans la musique. Ils étaient déjà allés prendre un verre une fois ou deux sous prétexte d'aider Scorpius à réviser ses examens de Médicomagie (mais Quill avait déjà tout oublié, et, de toute manière, ça n'avait pas d'intérêt), puis avaient fini la nuit chez lui. Parfois, quand Quill faisait un saut à Oxford et que Scorpius avait besoin de tirer un coup, ils se donnaient rendez-vous, passaient une bonne soirée, et s'en allaient chacun de leur côté quand l'heure était venue. « Je n'aime pas me prendre la tête », affirmait Quill en se rhabillant le matin. Scorpius hochait la tête. Lui non plus n'aimait pas se prendre la tête. Ça ne l'empêchait pas de le faire.

Quill ne remplissait aucun des critères du « mec idéal de Scorpius Malefoy », comme se plaisait à répéter Hugo avec un sourire entendu. En fait, aucun des hommes avec lesquels Scorpius avait couché ne répondait à ses exigences. Sans doute parce qu'il ne pouvait pas s'imaginer faire ça avec quelqu'un qui lui ressemblait vraiment. Peut-être parce qu'il était plus facile de prétendre qu'il l'avait oublié, et ses envies avec. (Et les souvenirs, leur goût tiède, leur odeur de rires éraillés par la nuit). Quoiqu'il en soit, ce « désagrément » n'avait jamais empêché Scorpius de prendre son pied avec qui que ce soit, et il continuait bien continuer ainsi. Alors quand un type à l'allure de cow-boy qui partageait ses cours d'Alchimie Sanguine le lundi matin de neuf à dix lui avait proposé de se rendre à une soirée ensemble, il avait accepté.

Scorpius raffolait de ce genre d'évènements. Les soirées était le lieu idéal pour croiser du monde et tisser des liens, même dérisoires, avec des gens de son âge, affligés comme lui d'une chappe austère qui venait avec la réalisation que l'enfance vous tournait le dos sitôt que vous aviez un pied dans le monde des grands.

Le mal du siècle coûtait trois livres cinquante, le prix d'une bouteille de vin rouge et d'un paquet de chewing-gum goût nostalgie à la supérette Moldue du coin.

« C'était mieux avant », disaient les autres. Ils étaient affalés sur des canapés d'où sortait de la mousse, déjà torchés à vingt heures, en bonne voie pour une gueule de bois réussie. Scorpius acquiesçait en riant (jaune). C'était mieux avant. Avant, quand le monde possédait encore ses charmes saccharins, que le cratère n'existait pas. Oui, c'était mieux Avant, mais Avant faisait mal, aussi, surtout Maintenant, quand on prenait le temps d'y penser, de s'y replonger, de s'y immoler. Scorpius n'était pas un penseur. Les philosophes du bourdon, il les laissait près du comptoir à l'arrivée. Lui, ce qu'il voulait, c'était trouver le salut dans le divertissement. Il se vautrait dans l'effervescence générale avec un sourire félin, se laissait entraîner par la musique, des mains inconnues, des rires pétulants, des lèvres imbibées d'alcool, et il sombrait dans la lumière, sombrait, sombrait, sombrait, jusqu'à se perdre complètement de vue. Jusqu'à se désintégrer dans la vaste foule des autres, dans l'anonymat délirant du monde estudiantin.

Et Scorpius dansait. Il dansait. Et les mots perlaient sur sa peau, et les larmes affluaient à ses lèvres, et il tournait dans le vide, tournait, tournait, tournait, et les autres disaient « J'adore cette musique ! » et Scorpius hochait la tête, de la bière dégoulinant le long de son menton.

(I think of two young lovers
Running wild and free
I close my eyes and sometimes see
You in the shadows of this smoke-filled room

No telling how many tears
I've sat here and cried or how many lies that I've lied
Telling my poor heart
You will come back one day

I spend most every night
Beneath the light of a neon moon

If you lose your one and only
There's always room here for the lonely
To watch your broken dreams, dance in and out of the beams
Of a neon moon)

Là-bas, avec eux, à la lueur des néons et des pulsations de couleurs qui résultaient d'un sortilège d'éclairage particulièrement réussi, Scorpius parvenait à négliger l'Absence qui lui perforait l'abdomen.

Le manque, pendant un bref instant, s'estompait, recouvert par le vacarme ambiant. Scorpius respirait plus librement. Il disparaissait en lui-même, se fondait dans les autres, silhouette abstraite dans un océan de rêves contrariés, d'espoirs saturés de désirs, de joies commandées par la peine. Ici, tout le monde était tristement bienheureux, le rire faux et gras, théâtral, la peau suintante de la carapace que l'on abandonnait à l'orée des festivités pour l'enfiler de nouveau le lendemain comme si de rien n'était. Ici, dans le désastre pluriel d'une fête universitaire, il pouvait échapper à ses stupides ruminations pour la nuit. Il cessait un instant d'être Scorpius, le petit garçon et le jeune homme, l'adolescent coincé dans ses baskets.

Et son visage à lui s'effaçait, oui, se désagrégeait dans les limbes du plaisir, et rien n'avait plus d'importance, car Scorpius ne pouvait plus sentir son souvenir tambouriner contre son cœur, ses lèvres articulant son nom aux heures les plus noires. En soirée, il était minuit jusqu'à six heures, la fin du monde jusqu'au lendemain. En soirée, Scorpius l'oubliait juste le temps de reprendre son souffle, de mourir peut-être, heureux.

Sauf que ce soir, son imbécile de cerveau en avait décidé autrement.

« Malefoy », gémit une voix à son oreille, le ramenant brusquement à la réalité.

Scorpius cligna des yeux et baissa la tête vers ses mains, pour se rendre compte qu'il... Oh. D'une manière ou d'une autre, il avait oublié ce qu'il était en train de fabriquer. Cela n'était pas le cas de son compagnon qui, indifférent au flot indistinct de pensées qui lui encombraient l'esprit, pressait ses hanches contre les cuisses de Scorpius en ponctuant ses mouvements de halètements erratiques. Son sexe, sur lequel Scorpius exerçait des caresses circulaires d'un geste mécanique, était dur contre le sien. Le frottement prolongé de leurs membres envoyait des ondes de chaleur dans son bas-ventre, comme des éclats de rire. Scorpius ferma les yeux, se demanda comment il en était arrivé là, se souvint vaguement avoir monté un escalier, ouvert une porte à la volée, murmuré qu'il avait besoin de... Scorpius rouvrit les yeux. Merde. Il ne pouvait pas faire ça.

Au moment où il se résignait à ouvrir la bouche pour faire part de sa décision à son compagnon, celui-ci émit un soupir de frustration. Il se laissa tomber sur le matelas, entraînant Scorpius dans sa chute, et ils roulèrent tous les deux sur le côté, leurs jambes nues se heurtant dans un méli-mélo de blanc. Le type à l'allure de cow-boy se redressa sur son coude, plantant un regard décidé dans celui de Scorpius.

« Ecoute, Malefoy, dit-il. Tu peux continuer à m'appeler James si tu veux, Okay ? J'en ai rien à foutre. On a tous nos délires, je ne vais pas juger les tiens. Juste... Je pensais que tu voulais ça.

-      Je... Oui, répliqua Scorpius, le souffle court, les yeux piquants. Oui, je voulais ça », termina-t-il d'une petite voix.

Il voulait ça. Il se souvenait, maintenant. (Douleur). Il se souvenait d'avoir vidé le quart d'une bouteille de Whisky Pur Feu avant qu'une main invisible ne la lui arrache, du goût suave de la Bièraubeurre sur sa langue, du pétillement acide du Gin de Lutin qui circulait dans le salon, en bas, où la musique se répercutait en un fracas de sonorités déliées contre les murs et les corps collés-serrés sur la piste de danse. Il se souvenait de la chaleur, de la sueur qui coulait dans son dos, du fumet âpre qui emplissait ses narines à chaque inspiration. Il se souvenait de lèvres trouvant les siennes, d'avoir gémi lorsque des mains expertes avaient dénoué sa ceinture. Il se souvenait du nom qui enflait sur ses lèvres, du nom qu'il appelait en vain en cherchant un corps chaud, une retraite, la promesse d'une nuit d'ivresse.

(Des chaleurs lancinantes de l'été.)

« Tu ne veux pas me dire son nom, plutôt ? » résonnait la voix d'Hugo dans la pièce.

James. James. James.

« C'est personne. »

Scorpius plongea son regard dans celui du type. Il ne lui avait pas demandé son nom. Il ne voulait pas le savoir.

« Je suis désolé, dit-t-il.

-      T'inquiète, Malefoy, je savais dans quoi je m'embarquais en acceptant, soupira l'autre. Appelle-moi James, si tu veux, je m'en fous. Je m'en fous, Malefoy, Okay ? Merde... tu pleures ? »

Scorpius secoua la tête. Il avait seulement une boule dans la gorge. Un vieux chagrin qui ne passait pas.

« Malefoy... »

Le cow-boy le regarda d'un air embarrassé tandis que Scorpius essuyait son nez dégoulinant de morve sur son t-shirt. Scorpius détourna la tête. Il n'avait pas besoin de sa pitié. Il avait besoin de faire la peau à l'Absence, au rire aigre d'Albus qui palpitait à ses oreilles, aux sourires clairs de Rose, au regard intelligent d'Hugo, au silence sépulcral de Lily, aux putains de souvenirs qui remontaient comme un raz-de-marée dans sa trachée. Distraction, l'implorait son esprit. Oui. D'accord, céda-t-il. Distraction.

Il attrapa le type par le coude et hocha la tête. Vas-y, disait-il. Vas-y. Baise-moi, je suis prêt. Baise-moi jusqu'à ce que je ne sois plus rien. Et je t'appellerai James, pensa-t-il. Et tu deviendras James. Tu deviendras lui, une pâle réplique, un mime sans vie.

 Il s'en foutait. Une imitation valait toujours mieux que le vide.

Les yeux incandescents d'Albus lui transpercèrent le front dans le noir. Scorpius les ignora, lui et sa présence maladive dans un coin de sa tête, la culpabilité tortueuse qui rampait dans son ventre comme un cancer qui ne veut pas guérir. Au fond, il savait qu'il commençait à se souvenir, à se remémorer... Tout. Cinq ans aujourd'hui, comme Rose l'avait prévu. Bientôt, il se mettrait en route, rebrousserait chemin, comme il l'avait promis. Pas ce soir. Ce soir, il crierait le nom de James dans les bras d'un autre homme. Ce soir encore, il feindrait l'amnésie.

Le type le suçait à présent, presque hargneux, et Scorpius savait plus qu'il ne sentait qu'il répondait aux caresses brutales en gémissant un nom au parfum d'interdit, arc-boutant ses hanches contre celles de l'autre, creusant son dos pour mieux goûter au contact de la peau moite contre la sienne, et... Oh. Scorpius enfonça ses ongles dans le dos de James, des perles de sueur dévalant sa nuque.

« James... je... j'y suis presque », soupira-t-il.

« Vraiment ? »

Le ton mordant d'Albus lacéra l'air. Scorpius hoqueta. Ce fut comme s'il l'avait giflé.

Il devina avant même de le voir ce qu'Albus s'apprêtait à faire. Scorpius se cambra, le supplia, enfonçant ses ongles si profondément dans la peau de James qu'il sentit du sang couler le long de ses poignets. Rien n'y fit. Albus ne lui obéit pas. Albus n'obéissait jamais à personne. Longtemps Scorpius l'avait aimé pour ses vipères, toujours il regretterait de l'avoir fait. Il aurait dû savoir, alors, qu'Albus exigerait sa mise à mort. Il aurait dû savoir que leur lutte se terminerait dans un bain de sang. Mais il l'aimait, il l'aimait en dépit de la haine, il l'aimait pour tout le mal qu'ils s'octroyaient, il l'aimait pour les désastres qu'il provoquait, il l'aimait en le tuant quand Albus le faisait plier.

Te souviens-tu, Albus, du temps ou tu me comptais parmi les tiens ? Ou ai-je rêvé cela aussi, la douceur dans ton regard, ton pouce essuyant mes larmes, tes mots de réconfort ?

Cet Albus ne sentait ni le miel ni la cannelle de leur enfance. La chaleur avait déserté ses traits. Il était un étranger, le reflet d'une réalité abhorrée et le phantasme de la vengeance compromise.

Albus se glissa entre leurs corps fébriles, son souffle glacial rasant les clavicules de Scorpius. Non. Non, pas maintenant. Albus, pas maintenant, ne me vole pas ce moment. Mais Albus continua, imperturbable, tandis que Scorpius contenait ses larmes. James, qui n'avait rien remarqué, émit un râle de plaisir. L'espace d'un instant horrifiant, le visage éclaté d'Albus se superposa à celui de James, et ses lèvres remplacèrent les siennes autour du sexe douloureux de Scorpius, suçant, léchant, aspirant et frôlant l'extrémité de son sexe avec ses dents, réduisant Scorpius à un magma de soubresauts incontrôlables. Albus se retira tandis que des convulsions déferlaient dans le corps de Scorpius, lui arrachant un cri de détresse.

Tu n'es pas réel, voulut-il hurler. Tu n'es qu'un fantôme, une hallucination, tu n'as pas le droit de me toucher...

Pantelant, Scorpius appela le nom de James, priant pour qu'il comble le vide qu'Albus avait laissé derrière lui, priant pour l'oublier, lui, et la lame d'un couteau maculée de sang, le froid qui lui glaçait les os. Le goût de rouille sur sa langue... Albus, qu'avons-nous fait ?

« Tu aimes ça, Scorp' ? se moqua Albus d'une voix doucereuse, son souffle chatouillant sa poitrine.

-      Je t'en prie, je t'en prie... »

Mais Albus poursuivit, impassible, ses lèvres ourlées en un rictus dédaigneux.

« Tu croyais vraiment que je ne savais rien de tes petites fantaisies tordues au sujet de mon propre frère ? Tu croyais peut-être que je te laisserais faire ? Que je te laisserais me le prendre sous prétexte que nous étions amis ? Oh, Scorpius, susurra-t-il d'un air mesquin, tu as toujours été tellement naïf... Tu devrais savoir, depuis le temps, que je ne partage pas. James est mien jusque dans l'os.

-      C'est... C'est faux, s'étrangla Scorpius. Je l'ai eu aussi. Je l'ai encore.

-      Tu mens », cracha Albus.

Puis son regard s'éclaira, et il se pencha vers Scorpius, presque langoureux, ignorant James et ses soupirs étouffés.

« Il t'a quitté une fois et il te quittera encore. Mais toi et moi, Scorpius... Toi et moi, ce sera différent. »

 Scorpius voulut se débattre, se soustraire au supplice qu'exerçait la langue gelée d'Albus entre ses cuisses, à la chair de poule qui naissait sur sa peau, mais déjà Albus reprenait sa place à droite du lit, son visage pâle brillant comme un cierge dans la nuit, veillant Scorpius comme on veillerait un mort. Tout rituel demande un sacrifice. Mais lequel d'entre eux avait prononcé ces mots pour la première fois ? Scorpius s'abandonna sur l'autel de ses souvenirs. La terreur le pénétra tandis que James s'effondrait sur lui, anéanti par le plaisir.

Scorpius donna un dernier coup de reins, la tête rejetée en arrière, les lèvres ouvertes sur un cri d'épouvante.

« Profite tant que tu peux, Scorp' », siffla Albus à ses oreilles avec un horrible sourire. « Mais n'oublie pas que ta place est auprès de moi. »

Souviens-toi que tu vas mourir.

 

L'orgasme le terrassa.

Note de fin de chapitre :

La musique présente dans le texte est Neon Moon, de Cigarette After Sex :)

 

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