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127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Sélections du mois


Félicitations à AliceJeanne et TeddyLunard, qui remportent la Sélection Action/Aventure !

Vous voulez revenir dans le Futur ? Lors du mois de novembre c’est possible avec la Sélection Next-Gen ! Vous avez jusqu'au 30 novembre pour lire les 10 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter ici.

Et pour le mois de décembre, le thème et les textes vous attendent déjà avec la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez découvrir ces 12 histoires jusqu’à la fin de l’année et vous pourrez voter à partir de décembre. Pour en savoir plus, rendez-vous ICI !


De L'équipe des Podiums le 01/11/2022 19:00


15ème Échange de Noël


Le traditionnel Échange de fics de Noël est de retour pour sa 15ème édition !



Et cette année, vous pouvez écrire et recevoir : des fanfictions Harry Potter, des histoires originales... mais aussi des fanfictions sur d'autres fandoms ! Envie de nous rejoindre ?


Ça se passe d'ici le 31 octobre sur ce topic du forum HPF !


De L'équipe de modération le 23/10/2022 17:22


126ème Nuit d'HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 126 édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 21 octobre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De L'équipe des Nuits le 16/10/2022 11:07


Sélections du mois


Félicitations à Fleur d’épine, Ella C, Eejil9 et CacheCoeur, qui remportent la Sélection Femslash !

Vous voulez de l’action ? De l’aventure ? Ce mois de Sélections est fait pour vous ! Le Jury des Aspics vous invite à lire sur ce thème en octobre avec la Sélection Aventure/Action ! Vous avez jusqu'au 31 octobre pour lire les 5 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter par ici.

Et au mois de novembre, partez dans le futur avec la Next-Gen ! Vous avez jusqu’à la fin du mois d'octobre pour nous faire découvrir sur ce thème si vaste vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots. Pour proposer des textes, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news !

Il y a également la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos nuits d’insomnies ! Jusqu’au mois de décembre, venez découvrir 12 histoires incroyables ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De L'équipe des Podiums le 03/10/2022 23:05


Une ombre au tableau par Juliette54

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Imprimante
Table des matières

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Note d'auteur :

Participation à un CrackFest. >.<

Précisions :

Obscurus Books éditions ; La gazette du sorcier

Recueil pour cueillir l'amour ; Commérages en règle et règles pour commérer

Lisez bien les titres de chapitres et les préfaces je me suis creusée la tête

Et les notes aussi elles sont censées être drôles

Qui est Aime Labelle ? J'attends vos suppositions

Crackage post-mémoriel vous inquiétez pas pour ma santé mentale

Bonne lecture vous avez de la chance les notes ne sont pas écrites en tout petit riquiqui !

 

Préface de l’éditrice

Dans les méandres des réserves du siège de la célèbre maison d’édition Obscurus Books au 18a sur le Chemin de Traverse, on peut toujours trouver ce recueil qui fit rêver plus d’une fois une vieille dame pleine de rêves. Je vous propose, pour la première fois, de lire ce témoignage sulfureux d’une épopée et d’un amour hors du commun qui surent défier les limites établies par une vision froide et fermée d’une époque toujours racontée par de pauvres petits écoliers en mal d’aventures.

Je vous propose enfin une édition du recueil d’articles que cette vieille dame voulait faire publier sous le pseudonyme de « Aime Labelle » en 1995, mais que la maison d’édition Obscurus Books dut refuser par craintes de représailles.

Je vous propose un témoignage d’une époque aujourd’hui révolue où « les étudiants commettaient des meurtres, entendaient des voix, libéraient des criminels, se combattaient à mort, et terrorisaient des tableaux »1.

Je vous propose de relire la presse de l’époque, les articles de Rita Skeeter réunis par Aime Labelle en l’année scolaire 1995-1996, sous le titre dramatique de Une ombre au tableau.

Je vous propose d’entrer dans l’intimité de deux grandes personnalités de leur temps.

Je vous propose de rêver et de découvrir l’Histoire.

Leur histoire.

Alphonsine-Firmine Yaxley,

Critique littéraire à la Gazette du Sorcier et responsable éditoriale aux éditions Obscurus Books

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Notes de A.-F. Yaxley : 1. Voir Partie 1, Chapitre 1.

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Préface de l’autrice

La plus grande journaliste et critique du vingtième siècle écrivit un jour avec clairvoyance au sujet d’un livre inutile mais qui est d’une popularité crasse : « J’ai lu pire »1. J’espère que Rita Skeeter n’en dira pas de même de ce recueil que j’ai réalisé pour lui rendre hommage, au sujet d’une période tout à la fois ô combien douloureuse et ô combien merveilleusement enchanteresse de sa vie. Comme je n’ai guère le talent pour ses commentaires incisifs et savoureux, j’ai préféré me contenter de vous proposer tels quels les articles que j’ai recueillis à force de recherche ces dernières années2.

Je vous laisse admirer la plume fabuleuse de la grande Rita Skeeter avec moi. Ne soyez pas trop dure avec elle : rappelez-vous que l’histoire ne se passe qu’en 1995, bien avant la prise du Ministère par Vous-Savez-Qui, et avant que bon nombre de Mangemorts ne révèlent leur vrai visage et terrorisent la population sorcière.

Rappelez-vous qu’une idylle arrive si vite, même aux meilleures.

Aime Labelle

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Notes de A.-F. Yaxley :

  1. Aime Labelle parle ici du livre vide d’intérêt mais portée aux nues Le Quidditch à Travers les âges de Kennilworthy Whisp, éd. WhizzHard Books, 1952, qui mérita ce commentaire pertinent de Rita Skeeter.
  2. Je me suis permis d’ajouter, pour ma part, quelques éléments en notes afin que ce qui pourrait paraître obscures à nos lecteurs, plus de soixante ans après les années 1990, devienne clair et limpide à leurs yeux.

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Corpus

Partie 1, septembre 1995 : Ramener la lumière (au château et sur les derniers évènements)

Chapitre 1 : Lorsque l’éclair frappa Poudlard (ou comment les étudiants commettaient des meurtres, entendaient des voix, libéraient des criminels, se combattaient à mort, et terrorisaient des tableaux)

[…]

Chapitre 2 : La lueur venue du Ministère (ou la nomination de Dolores Ombrage au poste maudit de Professeure de Défense Contre les Forces du Mal)

[…]

Partie 2, septembre-décembre 1995 : L’obscurité de la catabase (du grec κατάϐασις, action de descendre – i.e. descente aux Enfers)

Chapitre 1 : Le ciel s’assombrit… (ou comment Albus Dumbeldore est obtus, inutile, vieillissant, sénile, corrompu par les sourires d’adolescents stupides, fait du favoritisme, ne pense qu’aux chaussettes et aux bonbons aux citrons ce qui en dit long sur son esprit aveugle et complètement déconnecté de la dure réalité de notre monde)

[…]

Chapitre 2 : … mais l’étoile naquit (ou comment Dolores Ombrage est le Messie, lumière et œil de la vérité, du souci de l’éducation positive et sérieuse des bambins, reprend les choses en mains et propose une méthode révolutionnaire d’instruction dans son rôle de Grande Inquisitrice de Poudlard)

[…]

Partie 3, janvier-mars 1996 : Les sombres conséquences de la non-autorité (de « Dumby »)

Chapitre 1 : Des révoltes sporadiques et pinailleuses d’élèves mollassons (ou comment est vain le pépiement de gamins et de feux d’artifices ridicules)

[…]

Chapitre 2 : Des inspections qui révèlent la médiocrité du casting professoral de « Dumby » (ou comment la divination est divinement nourrie de vin dans la vilaine bouche Sibylle Trelawney ; ou comment le saint scélérat1 dispensait ses cours poisseux de potions à des polissons ; ou comment les chats chantonnent au lieu d’éduquer avec acharnement ; etc.)

[…]

Notes de A.-F. Yaxley : 1. Voir la merveilleusement biographie de Severus Rogue réalisée par Rita Skeeter elle-même, Rogue : scélérat ou saint ?, éd. Obscurus Books, 2005.

.

Chapitre 3 : Une rébellion et une ingérence scandaleuse dans les affaires ministérielles (qui assombrissent définitivement la réputation de « Dumby » : les boutons de la pauvre Marietta, l’AD, l’évasion du directeur, la nomination de Dolores Ombrage)

[…]

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Partie 4, avril-juin 1996 : Les ultimes résistances et solutions (apportées par la grande Dolores Ombrage) et la venue de Rita Skeeter à Poudlard (qui rétablit l’unique vérité)

Chapitre 1 : L’affaire centrale et non cadrée de la révolte des tableaux (ou comment Dolores Ombrage a brillé sans une ombre au tableau)

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13 mai 1996 – Une ombre de plus au tableau de la célèbre école de Sorcellerie Poudlard...

Est-il utile de rappeler les événements de ces dernières années ? Est-il utile de rappeler combien notre célèbre école de Sorcellerie a subi le laisser-aller, la faiblesse éducative, la compassion insolite face aux débordements d’un élève orphelin et bien trop connu pour lui remettre les idées en place ?

Nous avions pensé voir une sauveuse en la personne de Dolores Ombrage, que notre Ministre avait finalement suggérée avec bon sens au Directeur Albus Dumbledore, pour les cours de Défense Contre les Forces du Mal. Est-il besoin de rappeler combien Dolores est qualifiée ? Soucieuse de bien faire ? Ses compétences ont été très clairement reconnues lorsqu’elle fut nommée Grande Inquisitrice de Poudlard, afin de rétablir une discipline stricte et fructueuse à l’École de Sorcellerie.

Mais voilà qu’un nouveau drame survient depuis quelques temps.

Aah qu’il est loin le temps des cerises, du respect, de l’ordre militaire et ferme de la Sorcellerie ! Voilà que même nos créations se révoltent contre nous. Pff vous en faites trop, Rita, on dirait un oiseau qui fait cui-cui à tout bout de champ, diront certains. Bof, ils ne peuvent nous atteindre, diront d’autres.

Eh oh, réveillez-vous, voilà l’ultime signe que rien ne va plus !

Les plus éclairés d’entres vous reconnaîtrons bien que Dolores Ombrage avait averti et l’avait prédit : Il était temps qu’on se rende compte que le respect et l’autorité étaient devenues obsolètes à Poudlard !

Hélas, il est cependant trop tard. Vous pouvez vous la jouer avec des aïe, des ouille, des saperlipopette et des Oh mais keskispas : les tableaux ont repris le flambeau des révoltés, et, à leur tour, ils décident de manifester afin que nous, sorcières et sorciers, écoutions leurs doléances dérisoires de non-êtres peints sur des planches de bois et des morceaux de tissu.

Vos oups arrivent trop tard à présent : la guerre avec les tableaux poudlariens est déclarée et elle promet d’être aussi sanglante que la sanguine, aussi à casser que les œufs, aussi explosive que le célèbre sortilège d’explosion d’Alberta Toothill1 : BANG, BOOM, WIZZ !

La manifestation des tableaux de Poudlard se tiendra demain entre les murs du château. Vous recevrez mes commentaires le soir même.

Avec tout mon professionnalisme,

Rita Skeeter

.

Notes de A.-F. Yaxley : 1. Alberta Toothill (1391-1483) a une carte de Chocogrenouille à son effigie pour avoir, entre autres, remporté la compétition de duels de sorciers de Grande-Bretagne et d’Irlande en 1430 avec un simple Sortilège d’Explosion. Elle fut une figure très populaire au XXe siècle, notamment dans les mouvements militants des années 60 et 70.

.

14 mai 1996 – Vous ne direz plus « sage comme une image » !

J’attendais encore une réponse au courrier que j’avais envoyé à Poudlard lors de l’impression de mon article d’hier matin (« Une ombre de plus au tableau de la célèbre école de Sorcellerie Poudlard... »), quand la directrice, Dolores Ombrage, m’a répondu en personne1 : c’était avec un immense plaisir et une grande fierté qu’elle tenait à me recevoir en son domaine de Poudlard afin de constater avec elle le désastreux désordre dans lequel Albus Dumbledore avait laissé l’institution. Certes, Armando Dippet n’a pas aidé à la tâche de maintenir la réputation ancestrale de l’établissement (voir la biographie que j’ai rédigée à son sujet2), mais Dumbledore a tissé autour du château un filet de légèreté, de débraillage et de… de… de crétinerie absolument renversant.

Je suis donc allée moi-même entre les murs de l’école de Sorcellerie suite à l’invitation de Dolores Ombrage. Cette sorcière est d’une classe et d’une délicatesse qui me laisse encore toute chose. Le rose de ses tenues, et la douceur visuelle de ses portraits de chats est un délice de standing. Dire qu’elle est obligée de tremper la baguette dans un lieu aussi sale, froid et vulgaire qu’un château moyenâgeux et campagnard rempli de gamins braillards et méprisants, cela me glace d’effroi et de malheur pour elle. Ma venue a été une véritable « bouffée d’air frais » dans son quotidien « épuisant de bêtises », pour reprendre ses termes.

Fait est dit : j’ai pu constater l’aspect véridique des rumeurs que nombre d’élèves et de parents m’avaient rapportées (impolitesse, dévergondage, mauvaise tenue, etc.). Mais le pire, à n’en pas douter, fut cette manifestation de tableaux. Les portraits hurlaient, les dessins jetaient des boules de papier dans les couloirs, ils effrayaient les élèves tantôt en leur racontant des histoires d’horreur, tantôt en les menaçant de leurs épées, tantôt en leur crachant dessus. Peeves – que vous connaissez tous… – était évidemment de la partie et hurlait plus fort que les autres.

« Voyez, Rita, je ne sais plus que faire, se désolait Dolores. Quand ce ne sont point les élèves qui retourne le château, ce sont les tableaux !

— Mais pourquoi protestent-ils, Dolores ? demandai-je avec le même désespoir qu’elle.

— Au vu du nombre d’articles que nous devons ajouter au règlement, nous avons dû faire de la place sur le mur qui était dédié à l’affichage, reconnaissait-elle avec effroi en voyant l’un des chevaliers montrer – pardonnez-moi – son fessier de tableaux3. Nous avons seulement déplacé des tableaux dans les greniers de Poudlard le temps que les élèves apprennent la discipline… mais ces objets protestent ! »

Et oui, des objets protestent et demandent à réintégrer leur mur au mépris du bien être estudiantin. Nous aurons tout vu.

Avec tout mon professionnalisme et ma compassion pour Dolores,

Rita Skeeter

.

Notes de A.-F. Yaxley :

  1. Aime Labelle semble n’avoir malheureusement pas retrouvé ladite lettre puisqu’elle ne figure pas dans son manuscrit transmis des décennies plus tôt.
  2. Rita Skeeter parle de son best-seller biographique Armando Dippet : maître ou crétin ?, éd. Obscurus Books, 1983.
  3. Après enquête de ma part, le chevalier qui montra son fessier se révèle être le Chevalier du Catogan, qui joua un rôle clé dans la rébellion comme vous pourrez le lire ensuite. Comme il y a prescription, il ne fut malheureusement pas puni par l’actuelle directrice de Poudlard pour son indécence scandaleuse.

.

16 mai 1996 – Un jour, nos inventions nous domineront !

[…]

18 mai 1996 – Une bataille acharnée de peinture à l’eau et à l’huile

[…]

20 mai 1996 –  Traumatisé par les menaces d’un tableau, il finit à l’infirmerie pour cauchemars picturaux

[…]

21 mai 1996 – Une croûte qui ne guérit pas

[…]

22 mai 1996 – « Il vaut mieux l’avoir en image qu’en pension… » : pas tout à fait !

[…]

23 mai 1996 – Une seule solution : images en rébellion !

[…]

.

24 mai 1996 – La douleur des images, ou comment mater une guérilla sans une ombre au tableau !

Vous aurez enfin le fin mot de la rébellion sans précédent dont a été victime Poudlard. Après dix jours d’âpres manifestations au mépris de l’ordre, et même – osons le dire – dix jours de menaces, les tableaux se sont enfin assez calmés pour qu’aient lieu les pourparlers. En effet, Dolores, plus harcelée que jamais, a vu le point d’orgue de cette révolution en une demande audience auprès d’elle en la présence de tous les professeurs et des Préfets. Toute cette joyeuse foule – que Peeves n’a pas voulu quitter malgré les menaces du Baron Sanglant – s’est entretenue dans la Grande Salle sous les yeux curieux de malappris qui regardaient par les fenêtres de la pièce ce qu’il en était.

Cet insupportable Chevalier du Catogan a prononcé un discours sans queue ni tête – dont je vais vous rapporter quelques bribes – pendant que Dolores contrait point par point ses diatribes détestables avec une habileté qui me laisse encore pantoise d’admiration. Cette sorcière a une telle prestance et une telle adresse en société qu’elle en charme plus d’un avec son œil de velours et sa voix ronde d’autorité. J’en suis encore toute ébaudie.

« Dame Dolores, criait le chevalier depuis un tableau quelconque de la pièce, veuillez ouïr les doléance d’un très saint et très pauvre hère. En vertu de ma qualité de chevalier, je défends un peuple qui demande céans la considération qui lui est due pour cesser sa grève !

— Chevalier, vous n’êtes pas à la tribune, apportez des éléments.

— Dame Dolores, vous savez très bien le sujet de notre quête ! Nous souffrons, Dame Dolores. Vous dont le prénom divulgue cette douleur, ayez empathie pour nos pauvres carcasses de peinture et de papier et rendez-nous nos tableaux, nos lieux et nos murs ! Rendez-nous la vie !

— Vous n’avez pas la vie, Chevalier, reprenait Dolores. Vous êtes des non-êtres, des images. Votre douleur n’est qu’une projection de celle de vos créateurs : vous n’êtes rien. »

Le oh d’émois s’éleva avec une telle admiration de ma bouche que même ma fidèle Plume à Papote s’arrêta un instant avant de prendre frénétiquement en note ce coup d’éclat. Le Chevalier en perdit la parole, son panache, son armure et il ne fit plus que pleurer et gémir – de douleur… – sur le chemin du retour à son tableau.

« Tableaux, pensez aux écoliers, pensez à l’exemple que vous leur donner. Si… »

La partie était déjà gagnée, mais j’aurais aimé entendre davantage la divine bouche rose de Dolores dévoiler un discours qui m’aurait provoqué mille sensations. En effet, le concierge lui demandait des élèves pour l’aider à nettoyer les dégâts des tableaux.

« La négociation est terminée, préféra-t-elle conclure dans le silence général. Lorsque les élèves sauront se tenir, les tableaux de vos compatriotes retrouveront leur place sur le mur. Venez, Rita. »

Elle donna des noms d’élèves au concierge, et je la suivis dans son bureau où elle m’offrit une délicieuse infusion de pétales de rose. Nous fêtâmes la fin de cette révolte incadrable des tableaux en nous racontant moult anecdotes sur nos métiers. J’avais tant d’admiration pour tout ce qu’elle avait accompli que je dus le lui confesser. Elle me confessa en retour qu’elle lisait chacun de mes ouvrages et de mes articles avec attention.

C’est toutes deux roses d’émotion que nous passâmes une soirée enchantée… Que personne ne vienne me dire que Dolores Ombrage n’est pas une grande sorcière !

Avec tout mon professionnalisme et mon… amitié pour Dolores,

Rita Skeeter

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Chapitre 2 : Les sursauts de protestations menées par Harry Potter, sa stupide menace d’une arme secrète et le kidnapping de Dolores par des Centaures révoltés)

[…]

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Chapitre 3 : L’idylle secrète qui aurait pu bouleverser le monde (ou le grand amour de Rita Skeeter)1

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25 mai 19982,

Chère Dolores,

Notre soirée d’hier était… indescriptible. Durant dix jours, vous avez remis de la lumière dans ma vie, et hier soir, vous… avez réenchanté mon existence. Votre rire aigu est d’une pureté qui pourrait briser un verre. Votre voix a le goût du miel. Je me sens comprise sous votre regard, et je sens au plus profond de moi qu’il en est de même pour vous.

Pardonnez-moi d’être partie si tôt ce matin : je n’ai pu me résoudre à vous réveiller. Vous êtes de toute beauté lorsque vous êtes endormie dans cette robe de chambre rose, et votre petit ronflement est d’une mignonnerie renversante. Je ne pouvais interrompre un sommeil que j’avais écourté la veille par une discussion fantastique.

Pouvons-nous nous retrouver le 29 mai au soir à Pré-au-Lard ?

Bien à vous,

Rita

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Notes de A.-F. Yaxley :

  1. Ce chapitre est composé uniquement de lettres personnelles afin de clore définitivement les implications que cette visite à Poudlard eut sur la vie personnelle et professionnelle de Rita. Ces lettres prennent place durant le temps que suivit la révolte des portraits. Gardez à l’esprit que Dolores Ombrage n’avait pas encore révélé son visage de crapaud à la solde des Mangemorts et voyez-la avec les yeux de cette douce personne qu’était Rita Skeeter.
  2. Voilà la plus ancienne lettre rapportée par Aime Labelle entre Rita Skeeter et Dolores Ombrage.

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26 mai 1996,

Chère Rita,

Ne sois plus si cérémonieuse après la soirée que nous avons passée... Pour ma part, je parlerai bel et bien d’un coup de foudre te concernant. C’est fabuleux comme nos chemins et nos vies se ressemblent et comme nous nous comprenons. Je te rejoindrai devant le pub des Trois-Balais pour 19h. Nous pourrons alors dîner ensemble…

Bien à toi,

Dolores

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30 mai 1996,

Chère Dolores,

J’ai passé un moment si… si… bon et incroyable avec toi. Tu es une femme merveilleuse comme j’en ai peu rencontrée dans ma vie. Il est si tragique que nous n’ayons pas été à Poudlard en même temps.

À demain,

Rita

.

1er juin 1996,

Chère Dolores,

Je… Je ne sais plus que dire face à toi. J’ai l’impression d’avoir seize ans, de vivre à nouveau. Tout est de couleur rose quand tu entres dans mon champ de vision et je comprends enfin cette chanson française « Je vois la vie en roooooseuuuuuh ». […]

Je t’embrasse,

Rita

.

[…]

.

10 juin 1996,

Chère Dolores,

Je m’inquiète davantage pour toi de jour en jour. Mes plis ne reçoivent point de réponse – ce qui ne m’étonnerait pas de ta part si j’avais pu te voir entre temps ! C’est sans joie aucune que je te supplie de me faire signe de vie. Le château de Poudlard, même s’il n’est plus aux mains de Dumby, reste un lieu dangereux pour nous autres, âmes sensibles à l’ordre, au rangement, à la vérité révélée à tous et à la beauté d’une belle plume…

Avec toute mon amitié… et mon amour,

Rita

.

[…]

.

25 juin 1996,

Chère Dolores,

C’est avec stupeur que j’apprends ce qu’il t’est arrivé, ce que les Centaures t’ont fait, comment tu as été traitée. Mais n’oublie pas, nous formons une équipe Dolores : moi, j’ai les piquants, bruts et verts ; toi, les pétales, roses et glamours. Je serai à Pré-au-Lard chaque soir de la semaine.

Je t’embrasse,

Rita

.

29 juin 1996,

Chère Dolores,

Mon courrier s’est-il perdu ?

Rita

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4 juillet 1996,

Chère Dolores,

Je… Ai-je fait quelque chose de mal ?

Rita

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7 juillet 1996,

Dolores, réponds-moi s’il te plaît, dis-moi quelque chose, n’importe quoi, mais empêche-moi de m’inquiéter plus longuement ! Tu… Tu n’as pas le droit de m’ignorer après tout ce que nous avons vécu ! 

Rita

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15 juillet 1996,

Viens donc dans mon bureau au ministère, nous parlerons.

Dolores Ombrage

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Conclusion de Alphonsine-Firmine Yaxley sur le recueil d’Aime Labelle

            Nous pouvons aisément imaginer l’affreux dilemme de Rita au fur et à mesure que Lord Voldemort prenait de la puissance. Elle devait être complètement dépendante affectivement d’Ombrage. Comme le disait Aime Labelle (si vous avez des hypothèses sur l’identité qui se cache derrière ce pseudonyme, je suis preneuse, mais pas trop : il faudrait alors que je verse des droits d’auteurs à la vieille dame ou plutôt à ses descendants puisqu’elle est sûrement décédée à présent) : même les meilleures sont victimes de l’amour.

            Ahhh, ainsi le résuma une grande poétesse française qui connut elle aussi sa Dolores, Louise Labé, Sonnet VIII :

            […] Ainsi Amour inconstamment me mène ;

            Et, quand je pense avoir plus de douleur,

            Sans y penser je me trouve hors de peine. […]

            Effectivement, Rita Skeeter ne reçut aucune peine judiciaire pour son errance amoureuse : la fin de la guerre et les grands procès furent l’occasion pour elle d’ouvrir les yeux sur l’ombre au tableau qu’avait été l’ombrageuse Dolores Ombrage dans le réenchantement de son existence… Elle rencontra par la suite ma grand-tante Ursula Yaxley, journaliste à Sorcière Hebdo, avec qui elle fila le parfait amour, toute concentrée à tenir d’une main de maître et de fer les rênes du célébrissime magasine !

 

Note de fin de chapitre :

- Le prompt crack (un concept complètement absurde et rigolo lié spécifiquement à l'univers de Harry Potter) : les tableaux de Poudlard sont en grève
- Le prompt sérieux (un thème poétique, philosophique ou social) : réenchanter l'existence
- Un crackship ou crack amitié : Rita Skeeter et Dolores Ombrage

 

Plus de détails sur la publication AO3 ! 

Merci d'avoir lu :)

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