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127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Sélections du mois


Félicitations à AliceJeanne et TeddyLunard, qui remportent la Sélection Action/Aventure !

Vous voulez revenir dans le Futur ? Lors du mois de novembre c’est possible avec la Sélection Next-Gen ! Vous avez jusqu'au 30 novembre pour lire les 10 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter ici.

Et pour le mois de décembre, le thème et les textes vous attendent déjà avec la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez découvrir ces 12 histoires jusqu’à la fin de l’année et vous pourrez voter à partir de décembre. Pour en savoir plus, rendez-vous ICI !


De L'équipe des Podiums le 01/11/2022 19:00


15ème Échange de Noël


Le traditionnel Échange de fics de Noël est de retour pour sa 15ème édition !



Et cette année, vous pouvez écrire et recevoir : des fanfictions Harry Potter, des histoires originales... mais aussi des fanfictions sur d'autres fandoms ! Envie de nous rejoindre ?


Ça se passe d'ici le 31 octobre sur ce topic du forum HPF !


De L'équipe de modération le 23/10/2022 17:22


126ème Nuit d'HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 126 édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 21 octobre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De L'équipe des Nuits le 16/10/2022 11:07


Sélections du mois


Félicitations à Fleur d’épine, Ella C, Eejil9 et CacheCoeur, qui remportent la Sélection Femslash !

Vous voulez de l’action ? De l’aventure ? Ce mois de Sélections est fait pour vous ! Le Jury des Aspics vous invite à lire sur ce thème en octobre avec la Sélection Aventure/Action ! Vous avez jusqu'au 31 octobre pour lire les 5 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter par ici.

Et au mois de novembre, partez dans le futur avec la Next-Gen ! Vous avez jusqu’à la fin du mois d'octobre pour nous faire découvrir sur ce thème si vaste vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots. Pour proposer des textes, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news !

Il y a également la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos nuits d’insomnies ! Jusqu’au mois de décembre, venez découvrir 12 histoires incroyables ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De L'équipe des Podiums le 03/10/2022 23:05


La malédiction des treize convives et autres histoires d'une fête normale par Carminny

[6 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Bonjour, bonjour !

Voici donc ma participation au Concours officiel pour les 25 ans de Harry Potter. Le thème est que le personnage doit célébrer l'anniversaire d'un évènement, mais quelque chose perturbe la fête.

De plus, il fallait choisir une contrainte par menu, j'ai choisi :
Menu 1, 1/ Le texte doit comporter une phrase de 25 mots (en gras dans le chapitre 1 ; d'après le compteur de mot habituel aux concours)
Menu 2, 2/ Avoir une phrase (au moins 5 mots) où chaque mot comporte la lettre Y (en gras dans le chapitre 2)
Menu 3, 1/ L'anniversaire central dans votre texte est un multiple de 25 (en gras dans le chapitre 1)

Bon, je crois qu'il faut mettre un warning aux âmes sensibles mais vraiment il ne se passe rien de gore - à la limite ils en parlent.

Bonne lecture !

Le ciel était d’un bleu immaculé au-dessus du Chemin de Traverse. Avec le soleil éclatant qu’il y avait, il n’était pas étonnant de constater un nombre incroyable de personnes qui étaient sorties pour en profiter. La file devant le glacier Leonard Fortescue était assez longue pour remplir à elle seule la rue. C’était un concept qui échappait entièrement à Mercy Whitefay : passer des heures dans une file d’attente en plein soleil pour une glace qui ne permettrait même pas de se rafraîchir ? Ce serait sans elle.

De toute manière, elle avait des choses bien plus importantes à faire. La sorcière fendait la foule d’un pas décidé, élégant et rapide. Une honte que sa voiture n’avait pas le droit de la déposer à sa destination. Son cocher n’allait pas écraser ces pauvres gens, que le Ministère n’ait crainte. Le sang et la chair faisaient si tâche sur le pelage blanc immaculé de ses chevaux volants. Et quitte à avoir des tâches à nettoyer, autant dresser des sombrals alors !

Mercy n’eut aucun mal à atteindre l’Allée des Embrumes. Elle n’avait jamais aucun mal à aller là où elle voulait. Pourtant elle était une sorcière tout ce qu’il y avait de plus normal. Peut-être était-ce dû à son impressionnante ombrelle noire. C’était le genre d’objet qui était dangereux dans les mauvaises mains, elle le savait : on pouvait éborgner quelqu’un ou même le transpercer avec le pic, on pouvait assommer quelqu’un en frappant suffisamment fort, on pouvait même projeter de la potion dangereuse au contact en la tournant, et on pouvait même l’imprégner d’un subtil poison auquel on était immunisé et… Oui, une ombrelle pouvait se montrer tout à fait dangereux. Les autres avaient raison de s’en méfier.

Cela dit, la plupart des gens ne se mettaient sur son chemin qu’une seule fois. Mais pas à cause de son ombrelle. C’était son autorité naturelle. Sa suprématie en tant que sang pure sur les autres… Bien, sûr, qui pouvait y croire ? Cette prétendue supériorité faisait aussi partie des concepts qui lui échapperaient toujours. Ce n’était pas son sang qui la rendait supérieur mais ses compétences. C’était pourtant évident.

 

L’Allée des Embrumes n’était pas affectée par le beau temps qui avait envahi Londres comme les Billywig avaient envahi l’Indonésie au début du siècle dernier. Ici, le sombre était de rigueur. Le ciel noir et recouvert de nuages ne pouvait être qu’entraperçu entre les toits des maisons qui se rejoignaient. Mercy comprenait parfaitement l’intérêt de rendre l’endroit parfait pour les commerces moins ouverts à tous, mais franchement cette saleté ambiante… Elle avait envie de faire une réclamation au Ministère pour la propreté des lieux publics. C’était honteux qu’avec les sorts de nettoyage qu’ils avaient, ils devaient encore vivre dans ça ! Cela dit, les différents magasins du Chemin de Traverse n’étaient pas mieux et au moins, ici, elle pouvait trouver ce qu’elle cherchait. Mais elle n’était pas là pour le plaisir.

Mercy poussa la porte – miteuse soit dit en passant – de la taverne Au princeps. Elle ne prêta aucune attention aux magasins qui l’entouraient. Elle les connaissait trop bien pour savoir ce qu’ils proposaient dans la vitrine – ou justement ce qu’ils n’y proposaient pas. En plus, elle savait bien que leurs propriétaires avec famille étaient invités à la même fête qu’elle. Son oncle Bertam l’accueillit à l’entrée comme il se le devait.

– Pourquoi avoir choisi ce local poussiéreux pour ta fête ? salua-elle l’hôte. Tu aurais vraiment pu faire mieux. Ce ne sont pas les moyens qui te manquent pourtant, ne viens-tu pas d’enterrer ton frère aîné.

– Que sous-entends-tu par-là ?

– Oh, un rien, cher oncle Bertram. Un rien du tout.

Elle lui envoya un bisou moqueur en se débarrassant de son ombrelle et de son châle. Puis, elle passa à côté du vieil homme pour s’engouffrer dans la salle pour le traditionnel tour de salutation. Commençant par les membres les plus importants de sa famille, elle s’approcha de sa mère. Fraîchement revenue d’Autriche où elle avait été enterrée l’année passée, elle n’était même pas venue la voir depuis. C’était vraiment une honte, vu qu’elle était quand même sa seule enfant… Parfois Mercy avait envie de la tuer. Et puis elle se souvenait à quel point ça lui faisait du travail pour la faire revenir, alors elle se retenait.

 

– Maman, quel plaisir de te voir. Aurais-tu quitté ta dernière demeure seulement pour ce cher oncle Bertram, ou as-tu d’autres projets pour la suite ?

– Mercy, sa mère lui fit la bise. Je vois que tu n’as toujours pas perdu tes mauvaises habitudes. Quand te trouveras-tu un mari ?

– N’est-ce pas votre rôle, chère mère ?

– Pff.

Mercy leva un sourcil qui indiquait clairement ce qu’elle en pensait – à peu près tout autant de mal que sa mère. Celle-ci pouvait très bien parler puisqu’elle ne s’était encombrée de ses époux que le temps de récupérer leurs relations et leur argent. Il n’était donc pas du tout étonnant qu’elle préférait garder les jeunes hommes riches et influents qui pourraient convenir à sa fille pour elle. Jamais elle ne trouverait un mari à Mercy. Elle l’épousait toujours bien avant. Et la grande majorité ne s’en remettait pas… Du moins pas de manière à ce que Mercy puisse encore accepter de les fréquenter. Elle ne fréquentait jamais ses marionnettes.

Elle ne resta pas plus longtemps auprès de Sigrun Whitefay. Sa mère avait le même mauvais caractère qu’elle mais en plus elle éveillait tous les possibles complexes qu’elle pouvait avoir – correction : Mercy n’avait des complexes sur son apparences uniquement face à sa mère. Quelle idée aussi de paraître plus jeune que sa fille à soixante ans. Que ce soit une vampire n’avait rien à faire dans cette histoire d’ailleurs, même si cela pouvait expliquer le manques de rides et de cheveux blancs. Mercy, qui était juste une sorcière comme les autres – même si elle ne comprenait toujours pas comment sa mère avait pu se retenir de la mordre entre sa transformation quand Mercy avait été nourrisson et le moment où sa fille avait été assez grande pour se défendre, soit six ans et l’intervention du prêtre local –, ne pouvait pas se plaindre pour autant. Elle avait hérité des traits élégants de sa mère – en bref, elle avait des traits quelconques et non grossiers comme un bon nombre de sorciers de sang pur –, ses cheveux sombres aux reflets dorés et surtout ses yeux d’un rouge perçant. Et tout ça, sans l’aide de la magie vampirique ! Et même sans magie noire. C’était naturel chez elles. La couleur des cheveux, tout le monde l’avait chez les Whitefay. Par contre, les autres avaient des yeux bleus d’un ennui mortel.

 

D’ailleurs en parlant des autres… Mercy s’approcha de l’épouse de l’oncle Bertram :

– Tante Elfried, quel plaisir, la salua la sorcière. Toujours aussi accrochée à la vie à ce que je vois. Vous devriez penser à faire hériter Bertie, il va s’impatienter à force.

– Ah, Mercy, ma chérie, se réjouit Tante Elfried. Rapproche-toi, que je puisse mieux te voir. Tu as bien grandi, ma petite.

– Et toi, tu es devenue complètement gâteuse, ma pauvre, répondit Mercy qui n’aimait pas qu’on lui parle sur un ton d’enfant.

Heureusement que sa tante Elfried n’entendait plus très bien. Enfin, que son vis-à-vis l’entende ne l’avait jamais empêchée de dire la vérité. Sa tante lui sourit gentiment avant de lui répondre complètement à côté :

– Je crains que Bertie n’ait attrapé la dragoncelle, il est cloué au lit, mon pauvre garçon.

Mercy acquiesça, bien au courant de ce fait puisque c’était elle qui lui avait envoyé le rat contaminé, puis choisit une retraite stratégique avant de devoir répondre à cela. Elle n’aimait pas beaucoup son cousin Bertie, du moins elle ne l’aimait plus depuis qu’il l’avait laissée toute seule à Poudlard sous prétexte que les préfets de Serpentard n’avaient pas à s’occuper de petits Poufsouffle. Le rat n’était qu’un petit entremet, il apprendrait bientôt à quel point elle pouvait être rancunière – même s’il aurait dû le savoir.

 

– Mercy ! l’interpella son autre cousin. Je ne pensais que tu viendrais.

– Et rater l’occasion de te conseiller un potionniste en contraception ?

La sorcière rejoignit Damien Whitefay et son épouse Ludivina. Cette dernière était encore enceinte. Non, Mercy n’avait rien contre les mômes braillant qui formaient la famille de son cousin. En revanche, elle ne pensait pas que c’était vraiment la meilleure chose pour une jeune femme d’en être à son cinquième enfant et de se contenter de les élever. Cela dit, ce n’était pas comme si elle avait le choix puisqu’elle n’avait même pas passé ses BUSE à cause de Damien et de sa première grossesse. Mercy ne la méprisait pas mais presque. Elle méprisait surtout son cousin en fait.

– Toujours aussi agréable à ce que je constate, remarqua Damien en la dardant d’un regard noir. On n’est pas tous aussi égocentrique que Tante Sigrun et toi, incapable de vous lier à qui que ce soit.

– Damien, souffla Ludivina en caressant son ventre proéminant d’un regard rêveur.

– Désolé, ma chérie, se calma l’homme immédiatement. Je ne veux que te protéger de cette langue de vipère.

Ludivina avait vraiment un caractère d’ange, son époux aurait dû avoir honte de lui imposer une vie pareille. Mercy était sûre qu’elle aurait pu faire des merveilles en diplomatie si quelqu’un lui avait laissé une chance. Malheureusement pour sa belle-sœur, elle avait aussi les boucles dorées et les traits magnifiques d’un ange… Et elle était tombée dans les bras d’un jeune tireur d’élite en quête d’aventure. Alors Mercy n’avait que du mépris pour son cousin. Enfin, au moins, il l’avait épousée au lieu de la laisser tomber – même si elle avait dû le menacer.

– Langue de vipère ! s’exclama Mercy en éclatant de rire. Tu es devenu complètement fou, Damien !

Personne ne l‘insultait jamais. Ou seulement une seule fois d’habitude. Peut-être que son métier n‘était plus assez dangereux à son goût, ou alors il en avait assez de ses moufflets. En tout cas, Damien la provoquait bien… Enfin, elle était de bonne humeur et il avait le privilège d’être de la famille, alors elle passait l’éponge. Pour le moment.

– C’est toi qui frimes avec la folie dans la famille, insista-t-il.

– Si tu veux, fit Mercy avec un sourire en coin tout à fait détestable.

Puis elle partit rapidement avant de ressentir le besoin de le vider de son sang – même si contrairement à sa mère, elle utilisait un couteau et non des crocs. La tête de Damien fera très bien dans le couloir d’entrée du manoir qu’elle venait tout juste de récupérer. Juste à côté de celles des elfes de maison par exemple, il serait en compagnie digne de son niveau. Bon, bah c’était trop tard. C’était pour ça qu’elle évitait les fêtes de famille d’habitude. Elles éveillaient toujours des envies meurtrières en elle.

 

– Cassandra Trelawney, Pythie, bonjour, salua-t-elle les deux voisines et se mordit la joue pour ne pas rajouter une impertinence. Comment allez-vous ?

Les deux femmes possédaient la boutique miteuse mais prospère juste à côté, cela même si la plus jeune n’avait aucun talent pour la divination. Enfin après tout Cassandra en avait pour deux et Pythie savait tenir des comptes, un talent pas moins rare.

– Mal, mal, soupira la voyante. J’ai vu dans mes feuilles de thé que cette fête ne se passera pas comme prévue.

– Même qu’un sinistros serait apparu dans sa tasse, commenta sa fille d’un ton un peu nerveux.

– Je t’ai dit que je n’étais pas certaine que ça en soit un, la réprimanda Cassandra. Ça pourrait aussi avoir été un âne.

– Bah, des gens têtus qui ne veulent pas changer d’avis, il y en a plus qu’assez ici.

Mercy adorait les Trelawney. Elles n’avaient pas du tout besoin d’elle pour se disputer et pourtant mère et fille étaient très proches. Elle aurait aimé être aussi complice avec sa mère. Quoique… la dernière fois qu’elles avaient été complices, ça avait été pour le premier ministre de la Fédération Sorcière de Prussie et elles avaient dû s’échapper de prison ensuite... Fini les vacances à la mer de l’Est – enfin, ce n’était pas vraiment une mauvaise chose.

 

– Monsieur Prince, madame Prince, Aisling.

Mercy passa aux invités suivants – et heureusement les derniers. Exceptionnellement, elle n’avait pas grand-chose à dire sur leur sujet. Rien d’intéressant en tout cas, ce qui était vraiment une honte quand on savait que c’était les voisins de magasin de son oncle et qu’un jour prochain elle allait devoir les faire chanter. Enfin, en tant que potionniste, irlandais de surcroît, Tadgh Prince avait bien dû empoisonner quelqu’un par le passé. Cela suffirait dans le pire des cas. Mais peut-être qu’elle apprendrait encore quelque chose durant la fête.

– Mademoiselle Whitefay, bonjour, la salua le potionniste. Quel plaisir de vous revoir.

– Je l’imaginais plus jeune, plus comme Aisling, souffla son épouse se croyant probablement discrète.

Mercy haussa un sourcil, c’était certes la première fois qu’elle rencontrait Roisin Prince mais elle avait déjà entendu parler d’elle de la part de son oncle et de son cousin. Pas vraiment en bien, d’ailleurs. Enfin, ce n’était pas à elle de juger les invités de son oncle – même si elle n’allait pas se priver.

– Moi, je vous imaginais plus polie, trancha-t-elle avec un grand sourire.

– Mercy, râla Aisling. Je t’ai dit que ta franchise allait te causer encore des ennuis, alors arrête.

La jeune femme avait un don de voyance et faisait son apprentissage chez Cassandra Trelawney, c’était pourquoi c’était le membre de la famille que Mercy connaissait le mieux. Elle était plus qu’agaçante en réalité avec sa manie de se vanter de son don.

– Je n’écoute jamais les conseils de voyantes en apprentissage, déclara-t-elle donc. Elles ne voient que ce qui les intéresse de toute façon.

– Continue alors, tenta Aisling.

– Tu devrais te contenter de ce que tu sais faire et la psychologie inverse n’en fait pas partie, se moqua Mercy.

– Tout à fait d’accord, enchérit Laurentia Jorkins en apparaissant à côté d’elles, un plateau d’apéritifs à la main. Monsieur Prince, Madame.

Immédiatement Aisling cessa de considérer Mercy d’un œil taquin – c’était bien l’une des seules personnes à avoir le droit de lui parler sur ce ton d’ailleurs – et focalisa son attention, ainsi qu’un regard noir, sur la nouvelle arrivante. Ce n’était pas étonnant, Aisling et Laurentia étaient ennemies jurées depuis Poudlard, c’était d’un ridicule. Qui avait un ennemi juré ? C’était une énorme perte de temps et d’énergie. Surtout qu’au fond et même si elles ne se l’avoueraient jamais, elles étaient amies plus qu’ennemies. Ridicule en somme.

– Merci, Laurentia, se servit monsieur Prince.

Mercy les laissa à leurs retrouvailles et laissa passer son regard dans la pièce. Elle était toujours aussi sombre même si Tiberius Jorkins, le propriétaire, avait allumé les plafonniers pour l’apéritif. C’était le moment préféré des repas de famille de Mercy, après tout, c’était le plus propice à passer d’un groupe à l’autre et d’écouter les nouvelles rumeurs sur tout leur entourage. C’est probablement pour cela que ça se passait toujours beaucoup trop rapidement.

 

– Nous pouvons passer à table ! annonça Bertram, très content de lui-même. Allez, allez, prenez place !

Mercy se retrouva donc, comme à son habitude puisqu’ils suivaient toujours le même plan de table en fonction des positions sociales par rapport à l’invité d’honneur – Bertram cette fois-ci –, coincée avec sa mère en face et entre Aisling et Laurentia qui se fusilleraient du regard tout le long du repas. Le seul réconfort était qu’ils étaient suffisamment peu nombreux pour qu’elle pouvait entendre tout le monde depuis sa place au centre.

– Oh non ! Par Merlin ! s’exclama Cassandra Trelawney en faisant passer son regard sur tous les convives. Nous sommes treize à table ! Le malheur s’abattra sur nous !

– Tant pis, fit sa fille. Nous sommes déjà tous assis, il n’y a rien à faire maintenant…

– Et puis tu n’y crois pas de toute manière, on sait, répliqua Aisling d’un ton agacé. Mais c’est vrai : le premier qui se lève, mourra.

– Je peux aider, si vous voulez, proposa Mercy avec un sourire aux lèvres.

Elle avait une très bonne idée comment éviter le fait que le treizième se lève et meure. Etonnamment les autres ne semblaient pas autant enthousiasmer par cette perspective. Bon, en même temps, elle n’allait quand même pas se fatiguer pour rien. Autant vérifier si la théorie des voyantes était vraie. Et espérer que cela touche Damien. Ça arrangerait bien ses affaires mine de rien. Ou même quelqu’un d’autre, elle n’était pas bien compliquée sur le sujet.

– C’est triste que Bertie ne peut pas être là. Il est cloué au lit par la dragoncelle, expliqua Tante Elfried pour ce qui lui semblait la vingtième fois.

– Grand bien lui fasse, retorqua Mercy. Ce qui m’étonne, c’est qu’il n’essaye pas de nous contaminer. J’en attendais plus de sa part.

– Oh, si, justifia Tante Elfried. Il m’a donné un peu de sa salive et de sa morve à mettre dans la soupe. Il a dit que ce serait bien plus efficace que s’il venait en personne.

Mercy évita le coup de pied de sa mère qui voulait qu’elle se taise. Mais du coup elle ne répondit pas. En revanche elle constata que les Prince fixaient avec un effarement tout à fait incompréhensible la vieille sorcière. Ils auraient dû être habitués aux empoisonnements, non ?

– Pas de soupe aujourd’hui, vous avez de la chance ! déclara Tiberius pour détendre la situation. Au menu : ailes de chauve-souris et épinards. Un vrai régal !

Du moins c’était plus compliqué à infecter avec de la salive… La conversation reprit difficilement après cette entrée en jeu. Apparemment cela dérangeait les gens de parler de maladie et de germes à table.

– Du coup, maman, demanda Mercy. Les chauves-souris, ce ne serait pas du cannibalisme par hasard ?

– Je ne suis pas une chauve-souris ! s’offusqua Sigrun Whitefay. En revanche, elles sont trop cuites, je te l’accorde.

Rien que pour voir le regard dégoûté de Ludivina qui se dépêcha de s’éloigner de sa mère – enfin autant que possible en restant assise à sa place – cela avait valu la peine de faire ce commentaire. Oui… elle n’aimait pas plus que ça être honnête, mais elle adorait voir les réactions des gens. C’était si distrayant quand le reste n’était qu’ennui.

 

Ce fut finalement au dessert que Bertram se leva avec son verre pour le discours obligatoire de toute fête digne de ce nom – quel malheur de gâcher un si bon flan vanille.

– Merci à vous d’être venus. Nous fêtons aujourd’hui, en ce 23 juin 1902, le 175ème anniversaire de fondation de l’apothicaire de la famille Whitefay !

– Tu vois, Pythie, notre boutique ne pourra jamais atteindre cet âge-là, ronchonna Cassandra Trelawney à voix basse. Tu connaissais pourtant ton rôle. Mais non, faut que tu te jettes au cou du premier venu.

– Tu n’avais qu’à me transmettre ton don de voyance, répliqua la jeune femme d’un chuchotement agacé. Et Aisling la reprendra très bien.

– Hum, hum, fit Bertram pour ramener l’attention vers lui – il aurait mieux fait de commencer à danser parce qu’il aurait eu une petite chance. Le premier apothicaire de notre famille était Merlin Whitefay. Il ouvrit ce magasin il y a donc cent-soixante-quinze ans. A son ouverture, il aurait prononcé la célèbre devise de notre famille : « Ne soignons que ce que nous pouvons causer. »

A ces mots, il porta un toast en levant encore davantage son verre, renversant une bonne partie de son contenu. Mercy et les autres convives levèrent également leurs verres et répondirent en chœur, comme le voulait la tradition familiale :

– Longue vie à l’apothicaire.

Sur ce, ils burent une gorgée. Mercy constata que Ludivina versa son vin derrière elle – probablement sa nouvelle lubie de meilleure vie sans alcool. Puis, devant leurs yeux à tous, Bertram s’effondra, les yeux exorbités et la bouche entrouverte. Mercy vit immédiatement qu’il était mort.

Note de fin de chapitre :

Un petit commentaire pour deviner ce qui s'est passé ? ;)

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