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Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


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Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
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De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Sélections du mois


Félicitations à AliceJeanne et TeddyLunard, qui remportent la Sélection Action/Aventure !

Vous voulez revenir dans le Futur ? Lors du mois de novembre c’est possible avec la Sélection Next-Gen ! Vous avez jusqu'au 30 novembre pour lire les 10 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter ici.

Et pour le mois de décembre, le thème et les textes vous attendent déjà avec la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez découvrir ces 12 histoires jusqu’à la fin de l’année et vous pourrez voter à partir de décembre. Pour en savoir plus, rendez-vous ICI !


De L'équipe des Podiums le 01/11/2022 19:00


15ème Échange de Noël


Le traditionnel Échange de fics de Noël est de retour pour sa 15ème édition !



Et cette année, vous pouvez écrire et recevoir : des fanfictions Harry Potter, des histoires originales... mais aussi des fanfictions sur d'autres fandoms ! Envie de nous rejoindre ?


Ça se passe d'ici le 31 octobre sur ce topic du forum HPF !


De L'équipe de modération le 23/10/2022 17:22


126ème Nuit d'HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 126 édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 21 octobre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
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A bientôt !


De L'équipe des Nuits le 16/10/2022 11:07


Les fleurs fragiles par Seonne

[7 Reviews]
Imprimante
Table des matières

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Note d'auteur :

Ce one-short répond à la troisième manche du concours sur Barbara organisé par Amnesie et Juliette. L'objectif était de faire le plus possible de clins d'œil à des titres de chanson de Barbara. Tout est indiqué en note de fin !

Il s'agit également d'une suite à mon histoire Les femmes fânées. La lecture n'est pas nécessaire pour comprendre, mais si le cœur vous en dit, vous pouvez aller y faire un tour ;)

Note de chapitre:

TW : maladie mentale (dépression), psychophobie, mention d'alcoolisme, mention d'infanticide supposé.

 

 

Les rails crissèrent lorsque le train s'arrêta en gare de Lyon. Lavande serrait la main de Pansy dans la sienne : pas très fort, juste un peu, comme une présence rassurante. Lors de leur premier trajet toutes les deux, elle était restée cramponnée à l'accoudoir, trop effrayée pour garder les yeux ouverts. Elle considérait qu'elle avait fait des progrès.

— On est presque arrivées. Tu es sûre que tu te sens prête ?

— Certaine.

Des deux, c'était toujours Lavande qui avait été la plus craintive, bien sûr. Mais quelque chose lui soufflait que si Pansy tentait tant de la rassurer – ou de la dissuader ? – c'était parce que c'était elle qui craignait leur destination.

— Je n'ai pas très envie de prendre le métro, ça t'irait de finir à pied ? Il y a une petite heure de marche, mais on n'est pas pressées, pas vrai ?

— Je te fais confiance, Pansy. Moi, je ne connais pas Paris.

Elles avaient voyagé, plus âgées que ce que faisaient habituellement les sorciers, pour voir le monde. L'étape ultime de leur guérison. Elles avaient vu l'Italie, comme dans les chansons ; elles avaient doré leur peau comme dans les pays chauds, s'étaient ensoleillées près des gondoliers. [1]

Et leur périple les conduisait vers cet hôtel particulier, en plein cœur de Paris, comme leur dernier examen d'écolières.

*

À voyager comme des Moldues, elles avaient appris à découvrir le monde sous un autre jour.

— Et là-bas, au bout, on aperçoit le palais Garnier.

— C'est l'opéra, c'est ça ? Je n'en ai jamais écouté. D'opéra.

— Moi non plus, ma famille considérait que c'était un truc de Moldu auquel on ne s'abaisserait pas. On ira visiter, si tu veux. On devrait avoir le temps.

Elles avaient prévu de rester une semaine à Paris, mais leur séjour se devait d'être flexible. Pansy avait prévenu Lavande : les choses pouvaient basculer du jour au lendemain. Cette instabilité ne les perturbait pas tant que ça. Elles avaient appris à conjuguer avec les aléas du quotidien : les crises d'angoisse de Lavande, les crises de manque de Pansy. Elles allaient mieux – on ne les aurait pas laissées quitter le centre de réhabilitation, autrement – mais chacune se battait encore de temps à autre avec ses démons.

— On y est presque. Faut juste remonter la rue.

Lavande l'avait remarqué, depuis le temps : les phrases de Pansy se raccourcissaient lorsqu'elle était angoissée. Elle lui prit la main pour la réconforter. Au-dessus d'elles, les façades des immeubles haussmanniens s'alignaient presque sans discontinuer. Tout était si démesuré, dans la capitale française ! Et il ne s'agissait que de la partie Moldue de Paris. Lavande était impatiente de découvrir les lieux sorciers.

Il y avait tant de monde sur les trottoirs qu'elles durent presque jouer des coudes pour atteindre leur destination.

— Voilà. C'est là.

La devanture gigantesque était faite de verre et d'une charpente de métal, accolée à un ancien fronton de pierre blanche. Le bâtiment devait être ancien.

— Pour les Moldus, c'est un hôtel de vente. L'hôtel Drouot. Ils y font des enchères pour des œuvres d'art. Il ne faut pas le répéter mais certains sorciers se servent dans leur stock en douce. Et il y a un accès qui mène aux résidences... par là.

Elles s'étaient approchées d'une des vitrines : une large vitre qui courait sur tout un pan du mur. De l'autre côté, on apercevait des bijoux ouvragés et des pierres précieuses. Pansy fit glisser sa baguette dans sa manche en veillant à rester discrète.

— Les passages vers le monde sorcier ne sont-ils pas tous supposés être dans des endroits délabrés ou difficile d'accès ? des endroits qu'on entoure de sortilèges Repousse-Moldus ? On est en plein boulevard et il y a du monde partout. Tous les passants pourraient s'en apercevoir.

— Tu ne connais pas la bourgeoisie huppée du début du siècle. Les vieilles familles sorcières parisiennes ont toujours été mégalomanes. Et puis, il y a un gardien qui se charge de jeter quelques sortilèges d'amnésie lorsque c'est nécessaire. Les passants s'en vont plus vite que leur mémoire. [2]

Pansy tapota la vitre en murmurant ce qui devait être un mot de passe, en français, que Lavande ne comprit pas. Le carreau glissa sur le côté comme un trompe-l'œil, et au lieu de voir apparaître devant elles les trésors exposés sous verrière, elles se retrouvèrent face à un grand escalier de marbre.

— Après toi, très chère.

Elles grimpèrent les marches. Tout l'intérieur était sublime et avait un côté daté et intemporel à la fois. Lavande, qui avait grandi dans la banlieue londonienne, avait du mal à se représenter une petite Pansy gambader joyeusement dans ce décor victorien à la française.

— Une gloire déchue des folles années trente [3], commenta Pansy comme si elle lisait dans ses pensées.

— Je trouve que ça a beaucoup de charme.

— Si on aime vivre dans un musée, oui. Voilà, c'est cet étage, sur la droite. Quatrième porte.

— Tous les autres habitants sont des sorciers de la haute société française, alors ?

— Si par ça tu entends « des aristocrates au Sang-Pur qui auraient fait de bons adeptes pour Tu-Sais-Qui », oui. Les gens vivent en vase clos, ici. Attends, recule, je vais frapper moi-même.

Un peu brusque, elle tira Lavande en arrière. Celle-ci aurait pu s'offusquer d'être ainsi malmenée mais elle avait appris à reconnaître les sautes d'humeur de sa compagne. Le comportement de Pansy était dicté par la peur.

Comme bien d'autres mauvaises décisions au cours de sa vie.

Elle se saisit du heurtoir et l'abattit trois fois. La porte s'ouvrit si vite que Lavande s'étonna : les attendait-on avec tant d'impatience ?

— Oh, mademoiselle Pansy, quel plaisir de vous retrouver, enfin ! Entrez donc, ne faites pas trop de bruit, Madame se repose.

— Bien sûr, siffla Pansy entre ses dents.

—Les insomnies ne s'améliorent pas. Je crains qu'elle ne dorme encore une partie de l'après-midi mais... Oh, excusez mon manque de manière, pardon ! Vous devez être mademoiselle Brown, l'amie de notre chère Pansy ?

Soulagée que la discussion change de sujet Lavande acquiesça en s'avançant d'un pas.

— Je suis ravie de vous rencontrer. Et vous êtes... ?

— Lucy, la présenta Pansy d'un ton sec. C'était notre gouvernante, quand j'étais petite, et elle s'occupe toujours de ma mère. Viens, on va aller poser nos bagages et puis on sortira faire un tour, voir les fantômes au Père Lachaise ou faire les boutiques sur la Place Cachée.

Elle l'entraîna à sa suite en la tirant par la main. Lavande jeta un regard à Lucy, par-dessus son épaule : cette femme au visage sans âge leur souriait avec une tendresse étrange et bouleversante à la fois, sans paraître s'émouvoir de la brusquerie de Pansy. Elles passèrent par plusieurs couloirs, dans cet appartement gigantesque sur trois étages, dans lesquels des portraits s'alignaient sans que Pansy ne lui laisse le temps d'en regarder aucun.

Elles trouveraient sûrement le temps plus tard.

*

Dans l'atmosphère lourde de la fin de l'été, Lavande s'était endormie comme une masse. Ses pieds lui faisaient mal d'avoir tant marché et ses yeux remplis d'étoiles étaient eux aussi fatigués. La ville de lumière méritait bien son nom et leur retour à l'hôtel Drouot s'était fait en titubant, bras dessus bras dessous, à s'échanger quelques baisers.

Comme elle s'en était doutée, un orage éclata au milieu de la nuit. Les éclairs, qui zébraient le ciel derrière les volets de ferraille, illuminaient par moment la chambre dans laquelle les filles dormaient l'une contre l'autre, les baignant d'une lueur fantomatique.

Le tonnerre, quant à lui, ne manqua pas de réveiller la jeune femme dans un sursaut.

Lavande sentit son cœur battre à tout rompre et sa respiration lui manquer. Elle eut le réflexe de se recroqueviller un peu plus contre Pansy. Sentir son parfum de rose l'aidait à calmer ses angoisses.

Pourtant, l'air lui manqua. Le cauchemar refit surface, comme un rêve éveillé.

Elle était de nouveau à Poudlard, en fin de sixième année, lorsque les Mangemorts avaient envahi l'école et tué Dumbledbore, et que tout avait basculé, et que...

Non.

Elle se força à inspirer, à remplir ses poumons jusqu'à ce que son cerveau se taise. Elle s'imagina une rose, comme celle du Petit Prince dans le conte pour enfant qu'on leur avait raconté cet après-midi. Et elle souffla.

Elle n'était pas à Poudlard. Elle n'était pas seule. Elle était avec Pansy, la guerre était finie. Elle n'avait pas de raison d'avoir peur.

En sueur, elle roula sur le dos. Elle ne pourrait pas se rendormir tout de suite. Elle se leva et retrouva bien tant que mal son chemin jusqu'à la cuisine pour se servir un verre d'eau. Elle tremblait encore.

Elle se laissa tomber sur l'une des chaises. La plupart des fenêtres donnaient sur la cour intérieure de cet immeuble secret : ainsi, les sorciers ne vivaient vraiment qu'entre eux et n'avaient même pas à voir les Moldus avec lesquels ils cohabitaient. Lavande trouvait cette idée particulièrement stupide mais elle s'était bien gardée d'en parler à Pansy. Celle-ci semblait déjà assez gênée de devoir l'amener dans sa résidence d'enfance.

Un nouveau coup de tonnerre résonna et Lavande ne put retenir un gémissement de surprise, un peu apeurée. Mais ce qui l'effraya encore davantage fut d'entendre, quelques pas derrière, un murmure :

— Vos cris me dérangent, je rêve. [4]

Elle se retourna d'un coup en regrettant d'avoir laissé sa baguette sur la table de chevet. Elle n'eut pas le temps d'apercevoir la personne qui lui avait parlé : une silhouette vague qui se détachait dans le clair de lune s'empressa de déguerpir dans le couloir.

Lavande resta paralysée un instant, incapable de bouger. Lorsqu'elle eut le courage de se relever, elle s'approcha de la porte, parcourue par un frisson.

Au bout du corridor, une voix connue retentit :

— Retournez vous coucher, Madame. Vous ne pouvez pas déambuler ainsi, vous allez faire peur aux petites. Je peux continuer de vous veiller pendant vos insomnies, mais il ne faut pas me fausser compagnie, chuchotait Lucy du bout des lèvres. C'est lourd à supporter, Madame. [5]

— Si s'endormir c'est mourir, ah laissez-moi mes insomnies [6], répondit l'inconnue qui avait fait si peur à Lavande dans un chuchotement.

— Mais le chagrin m'égare, il faut me pardonner ; j'ai mal de votre mal, Madame. [5]

Il y eut un bruit plus léger, comme le frôlement de deux tissus. Lavande risqua un regard : les deux dames s'étreignaient avec tendresse. Si elle parvenait à distinguer Lucy, le visage de l'autre lui était invisible. De dos, elle n'apercevait qu'une dame brune.

Se sentant comme une intruse, elle regagna son lit en silence.

*

Lavande avait espéré en découvrir plus sur l'histoire de Pansy et sur sa famille, et elle était profondément déçue. Après trois jours de séjour, elle n'avait toujours pas été présentée à Mrs Parkinson – de façon officielle – et Pansy fuyait l'appartement en l'emmenant toujours plus loin dans leurs balades.

Après la scène dont elle avait été témointe durant leur première nuit à Paris, Lavande pouvait comprendre que son amie ait quelques réserves à lui présenter sa mère. Mais elle ne lui avait jamais parlé de son père, si ce n'était pour lui dire que lui était Anglais et qu'il était décédé lorsqu'elle était petite. Et quand Lavande lui avait demandé si elle avait des frères et sœurs – à l'époque où elles étaient encore internées et se confiaient l'une l'autre leurs secrets – Pansy s'était contenté d'un « plus maintenant » pour toute réponse.

Cet appartement gigantesque, avec sa galerie d'illustres personnages, dont elle n'avait pas pu découvrir une miette, semblait renfermer tant de secrets que l'atmosphère l'oppressait. Et dans ses cauchemars, un nouveau personnage avait fait son apparition. La dame brune, qui ne pouvait être nulle autre que Mrs Parkinson, la hantait.

Elle s'en voulait de penser à elle avec une fascination morbide.

Elle s'en voulait de ne pas réussir à dormir et de trop cogiter, la nuit, succombant elle aussi à ces insomnies qu'elle avait tant lutté pour chasser.

Elle s'en voulait d'être Lavande Brown, la commère, la fouineuse, la curieuse de service.

Elle s'en voulut mais ne put pas résister à son besoin d'air, son besoin de respirer, de sortir de ces quatre murs dans lesquels elle s'enfermait avec Pansy alors que tout un monde existait autour d'elle.

La quatrième nuit, elle se leva comme une ombre et se faufila hors de la chambre. Elle descendit l'escalier qui menait au plus haut étage et promena son regard, écoutant les bruits de la nuit. Depuis le petit salon de l'étage le plus bas, une mélodie lui parvint, fredonnée comme un secret. Elle s'approcha avec douceur, de crainte d'effrayer qui que ce soit. Sur le seuil, elle l'aperçut, de dos : la dame brune se balançait dans un fauteuil à bascule.

— Entre, chuchota-t-elle.

— Pa... pardon de vous interrompre.

— Entre.

Elle obéit. Sa voix était suave et désaccordée à la fois, comme si quelque chose clochait mais qu'elle ne parvenait pas à mettre le doigt dessus.

— Vous... Vous êtes Mrs Parkinson, c'est bien ça ?

— Je voulais te donner quelque chose.

Lavande s'approcha un peu plus et elle vit enfin son visage : long et pâle, creusé de rides. Était-ce la lune qui lui donnait ce teint grisâtre ? Ses cheveux sombres faisaient ressortir sa figure triste. Elle avait des iris claires et des paupières tombantes.

— Approche. Prends. Tiens.

Elle lui tendait un pendentif en or.

— Mrs Parkinson, je ne peux pas accepter... vous me confondez peut-être avec votre fille, Pansy ? Je suis...

— Un vieux bijou donné par quelque amour d'antan. [3] Prends-le. Les choses ont leurs secrets, les choses ont leurs légendes ; mais les choses nous parlent si nous savons entendre. [3]

Trop déconcertée pour savoir quoi répondre, Lavande finit par se saisir de la chaîne. Le médaillon pesait lourd. Elle sentit une aspérité sur le côté : un petit fermoir ouvragé. Sans réfléchir, elle l'ouvrit.

À l'intérieur se trouvaient deux photographies.

Sur celle de gauche, un très jeune couple en costume et robe blanche lui faisait des signes de la main : la jeune mariée ne pouvait être que la dame brune qui se trouvait devant elle, elle avait les mêmes traits, quoi qu'ils n'eussent pas encore été abîmés par l'âge.

Sur la photographie de droite, deux enfants en robe de sorcier se bagarraient gentiment. Une petite fille à l'air espiègle que Lavande reconnut comme Pansy, et un petit garçon à peine plus âgé qu'elle.

Son cœur manqua un battement.

— Qui est le garçon, sur la photo, Mrs Parkinson ?

Elle s'était remise à chantonner et Lavande se demandait si elle l'entendait quand elle lui parlait. Elle faillit insister puis elle se dit que cela ne valait pas la peine.

— Croyez-vous que vous serez assez en forme, demain matin, pour que nous puissions vous voir toutes les deux, avec Pansy ?

— C'est chagrin petit matin. [7]

— D'ailleurs, je suis désolée, je ne me suis pas présentée. Je suis...

— L'amoureuse.

— P... pardon ?

Elle s'était retournée vers Lavande et elle l'avait attrapée par le poignet. Elle la regarda dans les yeux, pour la première fois. Et derrière le voile de tristesse, on apercevait une conscience à la douleur aiguë.

— Tu es l'amoureuse, l'amoureuse de Pansy. Celle qui tend les bras, celle qui aime si fort... [8] Elle a parlé de toi dans ses lettres, oui, Lucy me les a lues.

Après ce bref instant de clarté, elle se détourna à nouveau et ses paroles se firent plus éthérées :

— Chante encore au clair de la lune, je viens vers toi. [9]

Comprenant qu'elle l'avait perdue à nouveau, Lavande s'assit à ses côtés, et l'écouta fredonner jusqu'à ce que la fatigue ne la rattrape à nouveau.

*

Les rayons de l'aube tirèrent Lavande de son sommeil et elle se précipita dans la chambre pour rejoindre Pansy sans que celle-ci ne s'aperçoive de son escapade nocturne. Mrs Parkinson, quant à elle, avait déjà dû regagner son lit car elle ne se trouvait plus dans le petit salon.

Quand elle s'allongea aux côtés de son amoureuse, elle ne put se rendormir. Elle avait gardé le point serré sur le médaillon.

Qui était ce petit garçon ?

D'une main tremblante, elle sortir la photographie de son emplacement et dissimula le pendentif sous son oreiller. Le mouvement qu'elle fit dérangea Pansy qui ouvrit les yeux dans un grognement.

— Lavande, qu'est-ce que tu fiches à bouger comme ça ? T'as été mordue par des Doxys pendant la nuit ?

Pansy se redressa sur ses coudes et elle vit tout de suite à la mine de Lavande que quelque chose clochait.

— Qu'est-ce qui ne va pas ?

— Je... j'ai une question.

— Eh bah, fais pas cette tronche. Pose-la, ta question.

Parcourue par un frisson, Lavande se dit qu'il était trop tard pour revenir en arrière. Elle lui montra l'image.

— C'est qui, ce petit garçon, avec toi ?

— Où est-ce que tu as trouvé ça ?

La Pansy mal réveillée avait disparu en une seconde pour laisser la place à la furie de Lavande avait connue à Poudlard. Son visage s'était fermé d'un coup et sa voix était devenue glaciale.

— Je... je...

— Je ne t'ai pas amenée ici pour que tu fouilles dans mes affaires de famille, Lavande. Réponds-moi. Où est-ce que tu as trouvé cette photo ?

— Je n'ai pas fouillé, je te jure, c'est simplement que...

— Alors comment tu as mis la main dessus ? Ne me prends pas pour une conne, Lavande, ça n'a pas pu apparaître comme ça dans ta main par magie !

Pansy s'était redressée et Lavande se recroquevillait comme une enfant, apeurée. Sa bouche, si douce, crachait le feu et les serpents [10] quand elle se mettait dans une colère noire. Lavande tâtonna sous l'oreiller pour ressortir l'origine de son méfait.

— Elle était là-dedans, la photo et c'est... Je n'arrivais pas à dormir, cette nuit, et je me suis levée et je suis tombée sur ta mère et elle m'a donné...

— Ma mère ?

Ce hurlement aurait pu être un cri de rage comme de désespoir, voire de douleur.

— Pour qui tu te prends, hein, Lavande Brown ? À fouiner dans la vie privée des gens ?

— Tu avais dit que tu m'amenais à Paris pour me la présenter ! Enfin, Pansy, ça va faire cinq jours qu'on est là et...

— Et tu me laisses faire les choses à mon rythme, comme je veux ! Tout le monde n'a pas ta petite famille parfaite avec sa jolie petite maison et son chien, Lavande ! Espèce de... tu sais quoi ? Tu ne mérites même pas que je gâche ma salive pour toi.

Sans plus d'explications, elle attrapa sa baguette et transplana, laissant une Lavande seule, perdue, en larmes entre les draps.

*

Étaient-ce ses pleurs, le vacarme de la dispute ou le boucan du transplanage de Pansy qui avaient attiré la gouvernante affolée ? Lavande ne le saurait jamais. Toujours est-il que quelques secondes à peine après que son amoureuse l'eut délaissée, furieuse, elle fut rejointe par Lucy, essoufflée d'avoir couru en montant les marches.

— Que se passe-t-il ? Où est mademoiselle Pansy ?

— Je... Je suis désolée si nous vous avons inquiétée, c'est juste que... Je suis bête, je suis très bête... Oh, pardonnez-moi, vous n'avez sûrement pas envie de m'entendre m'apitoyer sur mon sort. Nous nous sommes disputées pour des bêtises, voilà tout. Et je... je...

Elle était reprise de plus belle par ses sanglots. La panique laissa place à la pitié sur le visage de Lucy et celle-ci s'approcha de la jeune femme, recroquevillée sur elle-même, pour lui tapoter gentiment le dos.

— Ne pleurez pas, mademoiselle Lavande. Notre petite Pansy a toujours été comme ça : elle rentre dans des colères noires et il est impossible de la raisonner. Il faut juste attendre qu'elle revienne à la raison. Même si cela peut prendre du temps. Suis-je indiscrète si je vous demande ce qui a causé tant de débordements ?

— Je... J'ai parlé avec Mrs Parkinson, hier soir, avoua Lavande, misérable. Je sais bien que je n'aurais pas dû, mais...

— Personne ne vous l'a interdit, que je sache. Mademoiselle Pansy n'aurait pas pu vous la cacher éternellement. Et puis, vous êtes bien venues à Paris pour la rencontrer, non ? Il ne faut pas croire que mademoiselle Pansy a honte de sa mère, non-non. Elle est très protectrice, vous voyez ? Parce que Madame est toute la famille qu'il lui reste ; toute sa vraie famille, j'entends.

Lavande avait fini par calmer ses pleurs. Elle se redressa et après avoir fait passer ses reniflements, elle osa demander :

— Puisque nous sommes dans les confidences, Lucy, pourriez-vous... Enfin, ne serait-il pas trop indiscret de vous poser quelques questions sur la famille de Pansy ? Elle est toujours très discrète et je...

Lavande sentit qu'elle risquait de s'emmêler sans fin dans ses mots : prenant le devant de ses hésitations, elle montra les deux photographies à Lucy. Celle encore dans le médaillon qui devait représenter les parents dans leur jeunesse, et celle des deux enfants.

— Cela aussi, vous finirez bien par l'apprendre un jour aussi. Alors, autant que je vous raconte toute l'histoire, vous ne croyez pas ? Habillez-vous et descendez au salon, que nous soyons mieux installées.

*

— L'homme sur la première photographie, aux côtés de Madame, c'est bien sûr Lord Parkinson ; Monsieur William, son époux. Toujours exact et toujours plein de zèle, Monsieur William. [11] Un charmant jeune homme, oui. Ils se sont connus assez jeunes ; ils se sont rencontrés à Marienbad, Madame était à peine sortie de l'adolescence. Elle est tout de suite tombée sous son charme : un Apollon solaire de porphyre et d'ébène [12], vous pensez ! Il avait l'air d'un drôle de cinéma... [13]

Lucy avait sorti plusieurs albums-photos et elle montrait à Lavande une image datée, de jeunes gens en tenues raffinées qui posaient devant un grand château. Un gigantesque parc s'étirait tout autour d'eux.

— Je connaissais déjà bien Madame : avant d'être la gouvernante de ses petits, j'ai été sa dame de compagnie. Les parents de Madame étaient toujours très occupés, alors, c'était moi qui l'accompagnais dans ses sorties, lors de ses vacances... À l'époque, Marienbad était comme Bath, pour les sorciers européens ! Il existe toute une société de loisirs, aujourd'hui un peu désuète... mais c'était très chic dans les années 1970, de prendre ses vacances à Marienbad. Oui, très chic.

— Mrs Parkinson parlait déjà l'anglais, à l'époque ?

— Oh, non ! Trop fiers, ses parents ne lui ont donné qu'une éducation strictement française et francophone – à l'époque, elle était Flora Bazelaire de Rémusat et les Bazelaire de Rémusat se considéraient comme le centre du monde – ce qu'ils étaient. Elle était toute fraîche et innocente, notre Flora. Fort heureusement pour elle, je pouvais lui faire la traduction. Très vite, elle a voulu apprendre toute seule, pour que je n'ai plus à lire sa correspondance avec ce charmant Lord Parkinson qu'elle avait rencontré... Je ne peux qu'imaginer le contenu sulfureux des lettres que ces petits polissons ont dû s'échanger !

Lavande regardait les images sur papier glacé sans oser les toucher des doigts. Il était incroyable de se dire que ces clichés n'avaient même pas un demi-siècle : les accoutrements guindés et les postures des sujets donnaient l'impression de plonger dans un roman des sœurs Brontë.

— Tout a l'air de sortir d'un conte de fée, commenta-t-elle.

— La société sorcière française au Sang-Pur a toujours eu un entre-soi très peu progressif, très axé sur le traditionalisme... Et je crois que c'est aussi en cela que Lord Parkinson plaisait à Madame : il apportait un vent de nouveauté et de fraîcheur, tout en étant du même statut qu'elle. Naturellement, ses parents n'approuvaient pas qu'elle corresponde avec un Anglais. Ils ont eu beau vouloir retenir leur pauvre petite... C'était triste, Rémusat [14] : alors un beau jour, Monsieur William est venu l'enlever et ils se sont mariés en secret ! Elle m'a emmenée avec elle, bien sûr, j'ai été sa complice dans toute cette folie...

Lavande détourna son regard des albums pour le poser sur le visage de la gouvernante. Étaient-ce des regrets, qu'elle venait d'entendre dans sa voix ? Lucy maintenait une figure neutre en racontant son histoire mais Lavande pouvait percevoir, par instants, qu'elle vacillait.

Monsieur Victor est né à peine un an plus tard. On pourra dire ce que l'on veut, ils s'aimaient vraiment, Madame et son William.

— Victor ?

Lavande avait voulu paraître décontractée en répétant le prénom mais, bien sûr, elle avait manqué de s'étouffer. Victor. Pansy avait donc bien un frère – ou avait eu ? Elle pouvait mettre un nom sur ce visage espiègle sur la photographie. Ce petit garçon pas tellement plus vieux qu'elle.

Cette fois, Lucy ne parvint pas à cacher sa tristesse. Ses épaules s'affaissèrent et elle ne put revenir un soupir.

— Le grand frère de mademoiselle Pansy. Ils avaient deux ans d'écart et elle le suivait partout. Elle l'adorait. Je suis persuadée que ce sont leurs petites escapades qui ont donné à mademoiselle Pansy le caractère bien trempé qu'elle a aujourd'hui.

— Et que lui est-il arrivé ?

— Eh bien... Tout d'abord, nous avons perdu monsieur William. Une tragédie, bien sûr. Au début des années 1980, quand mademoiselle Pansy est née, la famille vivait en Angleterre, dans le Somerset, dans le manoir Parkinson. Et monsieur... monsieur s'est engagé avec le Seigneur des Ténèbres, durant cette stupide guerre ; il disait que c'était son devoir... Et comme tant d'autres, il y a laissé sa vie. La petite ne l'a pour ainsi dire pas connu.

Le père de Pansy avait donc été un Mangemort. Lavande accueillit la nouvelle avec un détachement qui la surprit elle-même : elle l'avait toujours soupçonné.

— Et les gens d'la famille Parkinson... ah, comment vous expliquez – on en a beaucoup voulu aux Anglais. Madame se retrouvait veuve de guerre, elle était si triste qu'elle peinait à s'occuper des mômes et... il fallait bien qu'on vive. [15] Les Parkinson, ils voyaient pas d'un bon œil de lui laisser le domaine à elle toute seule ; d'autant que d'après leurs lois stupides, l'héritier de Monsieur William était forcément un garçon. Tout revenait donc à Monsieur Victor, qui avait trois ans à l'époque. Heureusement, Madame avait encore l'appartement de Paris où ils prenaient leurs vacances.

Lucy parlait de plus en plus vite : Lavande sentait qu'elle arrivait à un point de l'histoire où elle ne parviendrait plus à rester neutre. Sa langue fourchait parfois et elle perdait son vocabulaire châtié.

— Alors ils ont dépêché un des cousins ; on devait l'appeler l'oncle Archibald, même s'il s'appelait même pas Parkinson. Un Nott, je crois. Tous les mêmes. Tous les cafards, les charlatans [16] – enfin, l'oncle Archibald est venu s'installer au manoir, pour aider à élever les petits. Ça s'passait pas trop mal. Après quelques années, Madame a fini par se remettre de tout ça, le mal de vivre qui la clouait au lit. Elle a voulu reprendre un peu le contrôle des choses. Elle aimait pas trop ce qu'il enseignait aux petits, sur l'idéologie du sang pur... Les Britanniques étaient bien plus extrémistes que les Français là-dessus, paradoxalement avec leurs mœurs plus légères, et c'est ce qui avait fait tuer son mari. Alors comme il voulait pas l'écouter, eh bien, elle a voulu se rebeller, éjecter l'oncle Archibald de chez elle. Ça chauffait drôlement, à cette époque.

Lavande avait fait tourner les pages des albums : il y avait de moins en moins de photographies de cette période. Et elle voyait avec horreur les visages de Pansy et Victor changer, pour se rapprocher de plus en plus du portrait qu'elle avait trouvée dans le médaillon.

— En 1985, mademoiselle Pansy avait cinq ans et monsieur Victor en avait sept. Cette année-là, il y a eu une dispute, une dispute particulièrement virulente durant laquelle Madame a fini par chasser l'oncle Archibald. Et... et...

Les lèvres de Lucy tremblaient.

— Et une semaine plus tard, monsieur Victor s'est tué en tombant du haut d'un arbre, dans le jardin. Quand on l'a retrouvé, il n'y avait plus rien à faire. On n'a jamais su comment il avait bien pu grimper jusque là-haut. Si vous voulez mon avis, il y a un des amis de l'oncle Archibald qui a son sang sur les mains. Parce qu'avec la mort du petit, le domaine lui revenait à lui. Ils ont fait déclarer Madame malade, trop malade pour s'occuper de sa petite fille. Ils l'ont renvoyée en France, pour la faire soigner, qu'ils disaient ! Et ils ont gardé la gamine.

Lavande avait fini d'éplucher le dernier volume qui contenait des traces de Victor. Et sur la toute dernière page, on apercevait une jeune Pansy avec un homme qui ne pouvait être que l'oncle Archibald. Elle referma la couverture et repoussa le livre le plus loin d'elle possible.

— Vous savez le pire ? Quand elles ont dû se dire adieu, les deux, il rigolait. L'oncle Archibald. Il avait le rire en coin. [17]

Lucy dut s'interrompre pour contenir une crise de larmes. Lavande elle-même sentait les gouttes salées rouler sur ses joues. Comment pouvait-on se construire dans un environnement pareil ? Pourquoi fallait-il que le monde soit si horrible ? La gouvernante et l'invitée se consolèrent l'une l'autre, bien tant que mal, jusqu'à ce qu'elles puissent terminer le récit.

— Mademoiselle Pansy a grandi loin de sa mère, loin de sa famille, et loin de la vérité, aussi. On l'avait juste pour les vacances et il a fallu attendre ses quinze ans pour qu'elle s'intéresse à ce qui était arrivé à son père. Et à son frère. À cette époque-là, madame était déjà... proche de l'état dans lequel elle se trouve aujourd'hui. La solitude a achevé de lui prendre le peu que sa tristesse lui avait laissé. C'est moi qui lui ai tout raconté, à mademoiselle Pansy. Elle est partie en furie, comme ce matin. On ne l'a pas revue pendant plus d'un an. Et puis elle est revenue en larmes, en disant qu'elle ne remettrait plus jamais les pieds au manoir Parkinson.

Jamais Lavande n'avait entendu une histoire si triste.

*

Pansy rentra à la fin de la journée, comme une fleur, si tard que le soleil commençait à se coucher. Elle se matérialisa dans la chambre, où se trouvait Lavande, qui tentait de se distraire en lisant un roman que lui avait prêté Hermione. En guise de salutation, elle lui balança :

— T'as la mine du désespoir. [18] Qu'est-ce qui t'arrive, Lavande ?

Celle-ci se leva d'un bond et se jeta dans ses bras, en la serrant de toutes ses forces. Elle luttait pour ne pas se remettre à pleurer.

— Lucy m'a raconté. Tout raconté, murmura-t-elle. Pour... pour ton père. Et ton frère. Ne m'en veux pas, d'accord ? J'aurais fini par l'apprendre un jour. Et je crois que... que c'était important que je le sache. Je suis... je suis si désolée, Pansy.

Pansy se dégagea de son étreinte, pour redevenir aussi froide que le matin. Elle émit un ricanement sombre.

— Alors, tu sais tout. Tu sais tout sur ma famille de fous. Pas étonnant que j'ai sombré dans l'alcool, hein ? Les docteurs, au centre de réhabilitation, ils étaient persuadés que je finirai comme elle. Comme ma mère. « Avec une histoire familiale pareille... », qu'ils m'ont dit. C'est bon, Lavande. Tu peux te casser. Barre-toi, barre-toi maintenant.

Lavande se jeta de plus belle vers elle, tandis que Pansy la repoussa.

— Barre-toi ! criait-elle pour masquer sa voix tremblante. Casse-toi avant qu'il ne soit trop tard, avant de te retrouver enchaînée à une tarée !

— Mais tu ne comprends pas ! Arrête de me rejeter ! Par pitié, écoute-moi...

— Toi, écoute-moi ! Je ne veux pas que tu gâches ta vie avec moi. Si j'ai coupé les ponts avec mes amis c'est... C'est parce que j'ai peur de voir s'endeuiller... [19] Écoute, je ne peux pas continuer si un jour tu risques de m'abandonner. J'ai perdu trop de gens. A peine vus, déjà disparus. [20] Je ne peux pas me permettre de revivre...

— Vas-tu me laisser parler, à la fin ? Regarde-moi, Pansy. Je m'en fiche. Non, je ne m'en fiche pas – toute cette histoire me touche parce qu'elle me rend triste, si triste pour toi... Parce que je ne supporte pas qu'on te fasse du mal ; et d'apprendre que tu as vécu toutes ces choses... Ça m'est égal, que ta mère soit malade : moi aussi, je le suis, et je pense que je la comprends d'autant mieux. Ça m'est égal qu'on soit folles, tant qu'on est folles ensemble. Parce que je t'aime.

Pansy l'avait enfin laissée approcher, et Lavande en profita pour l'embrasser, pour lui transmettre toute l'intensité de ses sentiments, toute la force de ce qu'elle ressentait pour elle.

— Tu es une imbécile, Pansy Parkinson. Je ne te quitterai jamais, encore moins pour un motif aussi bête ! Ça me donne envie de te protéger, de prendre soin de toi, comme tu as pris soin de moi... Tu sais, avec moi, tu peux laisser tomber ta carapace.

Elle remarqua quelques larmes qui pointaient dans les yeux de Pansy. Il était si rare qu'elle se laisse aller aux sentiments...

— Oh, Lavande... Ma plus belle histoire d'amour... C'est toi.

Elle lui rendit son baiser, et le grincement de la porte les fit sursauter. Enlacées, en pleurs dans les bras l'une de l'autre, elles aperçurent Mrs Parkinson qui les couvait du regard, sur le seuil.

— Maman, je te présente mon amoureuse, Lavande.

 

Note de fin de chapitre :

[1] © adapté des paroles de Gare de Lyon, Barbara

[2] © adapté des paroles de Tous les passants, Barbara

[3] © Drouot, Barbara

[4] © Du bout des lèvres, Barbara

[5] © Madame, Barbara

[6] © Les insomnies, Barbara

[7] © Lucy, Barbara

[8] © adapté des paroles de L’amoureuse, Barbara

[9] © La dame brune, Barbara

[10] © adapté des paroles de Colère, Barbara

[11] © Monsieur William, Barbara

[12] © Marienbad, Barbara

[13] © adapté des paroles de Monsieur Victor, Barbara

[14] © Rémusat, Barbara

[15] © adapté des paroles de Veuve de guerre, Barbara

[16] © Oncle Archibald, Barbara

[17] © Le mal de vivre, Barbara

[18] © La solitude, Barbara

[19] © Parce que je t’aime, Barbara

[20] © Ma plus belle histoire d’amour, Barbara

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Lieux : Marienbad, Rémusat, Gare de Lyon, Drouot (4)
Émotions, sentiments : La colère, La solitude, Le mal de vivre, Parce que je t’aime, Ma plus belle histoire d’amour, Du bout des lèvres, Les insomnies (7)
Personnages/Prénoms : Monsieur Victor, Monsieur William, Oncle Archibald, L’amoureuse, Madame, Tous les passants, Veuve de guerre, Lucy, La dame brune (9)

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Cette fic m'a demandé beaucoup de travail, j'espère que la lecture sera plaisante... N'hésitez pas à me laisser une petite review !

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