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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Comment tuer les fantômes ? par CacheCoeur

[8 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Used to the Darkness - Des Rocs

This too could Change - Philip Daniel

Don't be afraid of the dark - Tom Odell

Blood // Water - grandson

 

 

And then my eyes got used to the darkness
And everyone that I knew
Was lost and so long forgotten after you

 

 

 

 

 

Daniel Kosa, unsplash

Chine, 21 mars, 00h001, heure de Pékin

Nilam avait un sourire malin sur le visage. Un sourire qui n’avait rien de très gentil et qui, sur deux seules lèvres maquillées d’un rouge pourpre, exprimait toute la rancœur du monde. Les yeux braqués sur Allénore, elle s’amusait de la voir s’agiter dans tous les sens et avec inquiétude.

Les origamis qui s’agitaient derrière elle, peinaient à la suivre. Les colibris volaient en arrière et prenaient gracieusement leurs compères fennecs entre leurs griffes pour les faire avancer au même rythme que leur créatrice. Ils jappaient gaiement, heureux de voler.

Nilam avait un mécanisme de défense assez particulier dans ce genre de situations – parce que oui, au bout de trois disparitions, dont la sienne, on commençait à développer certains réflexes – et s’attachait à ne pas croire le pire, même lorsqu’on le prononçait à voix haute. Ainsi, Nilam refusait de croire en la disparition de Louis Weasley. Elle préférait largement s’amuser de voir Allénore se ronger les sangs. Elle en retirait même un très grand plaisir.

– Arrête ça, chuchota Scorpius.

– Quoi donc ?

Nilam oubliait trop souvent que Scorpius était très bon observateur.

Il était une force tranquille, toujours un sourire léger et polie sur le visage. Nilam s’était toujours étonnée que les autres le trouvent froid. Il était distant, réservé, taciturne, certes… Mais il émanait de Scorpius une bienveillance naturelle qui ne s’en allait que lorsqu’il se laissait aller à quelques sarcasmes.

– De sourire. C’est grave.

– Oh peut-être. Mais au moins maintenant, elle sait ce que ça fait, soupira Nilam en continuant de sourire. Regarde-la…

– Elle savait déjà ce que ça fait ! grogna Scorpius. Allénore a collé plus d’affiches que n’importe qui il y a six ans, lorsque les détraqueurs et les Autres t’ont enlevée. Albus a été obligé de la ramener de force chez elle.

Le sourire de Nilam disparut tout aussi tôt.

Merlin ce qu’elle pouvait être conne parfois…

– Pardon… je …

– Arrête ça, répéta Scorpius d’un ton plus doux. Je sais que tu lui en veux, pour ce qu’elle a fait, d’avoir disparu et de ne pas nous avoir prévenu pour les Autres.

Nilam resta silencieuse.

– Je ne devrais pas lui en vouloir, marmonna Nilam.

– Je n’ai jamais dit ça.

Une partie de lui en voulait aussi à Allénore, pour ces deux années volées durant lesquelles elle s’était arrachée à eux.

– Elle l’a fait pour nous protéger mais ça n’enlèvera jamais le fait que cela nous a fait souffrir. Alors oui, tu as le droit de lui en vouloir. Mais tu n’as pas le droit de jubiler parce qu’elle souffre.

– Weasley n’a pas disparu, réfuta l’ancienne Serdaigle.

Scorpius regarda sa montre, un cadeau de Rose. Un objet précieux et beau dans lequel elle avait mis beaucoup de soin et de magie. Les douze roses indiquant l’heure étaient closent et la première commençait à peine à s’ouvrir, indiquant que la première heure de la journée commençait tout juste. Il se concentra sur l’objet et prit une grande inspiration.

Dans ce genre de moment, Rose lui dirait de se faire confiance. Elle lui dirait qu’il était largement capable de gérer la situation…

– Louis n’aurait jamais planté Allénore sans la prévenir. Ça va faire plus de six heures maintenant. Il lui est arrivé quelque chose.

– Alors qu’est-ce qu’on fiche encore ci ? intervint Emmalee.

– On attend qu’Allénore se calme, répondit Scorpius en croisant les bras sur sa poitrine. Maintenant qu’il est certain que Louis ne viendra pas, elle va vouloir agir.

– Merlin, elle va être intenable, gémit Nilam.

– Si tu la distrais je peux lui jeter un petrificus totalus, sourit Emmalee qui avait déjà sorti sa baguette.

– Eh Allénore, tu …, commença Nilam pour attirer son attention.

Scorpius se jeta entre sa cousine et sa meilleure-amie. Les colibris et les fennecs qui voletaient derrière Allénore s’arrêtèrent et foncèrent tout droit vers Emmalee en l’attaquant férocement. Une de ses mèches tressées tomba, coupée par une aile de colibri s’y étant plantée. D’un geste de la main, la polyglomage arrêta les autres et, subitement redevenus calmes, les animaux de papier se repositionnèrent à ses côtés.

La chambre d’hôtel était plongée dans un silence pesant et gênant.

– Pardon, s’excusa Allénore. Je ne maîtrise pas encore assez bien le sort d’animation et quand ils me sentent en danger… Ils ont tendance à réagir de manière excessive.

– Bon, quand est-ce que tu as vu Louis pour la dernière fois ? lui demanda fébrilement Emmalee en regardant sa tresse tombée à terre.

Elle la ramassa et à l’aide de sa baguette, se recoiffa.

– Eh, on parle d’un être humain. Pas d’un livre qu’elle aurait pu égarer dans le frigo, fit narquoisement Nilam.

– Qui perd un livre dans un frigo ?

– T’as tellement de choses à apprendre au contact de Rose et Allénore ma pauvre, s’amusa Nilam.

– Louis devait me rejoindre au marché de la grande place, commença Allénore. Sa mission avec les boutefeu-chinois s’est terminée à 17 heures.

– Il suffit de contacter son superviseur pour savoir si Louis s’est bien présenté…, haussa les épaules Nilam.

– Il est minuit passée Nilam. On ne va pas réveiller tout le quartier pour vérifier que Weasley a bien pris son poste.

– J’ai vu Gippy, son mentor, au marché de Pékin tout à l’heure. S’il était arrivé quelque chose à Louis, il me l’aurait dit. Or, il s’est contenté de me saluer poliment … , secoua la tête Allénore. Et de me faire remarquer que j’avais une tache sur mon pull.

Elle s’empara subitement de sa cape et enfila ses chaussures avant d’emprunter la paire de gants de Scorpius. Ce-dernier, avant qu’elle ne parte, fit de nouvelle fois barrage, mais cette fois-ci, entre Allénore et la porte :

– Tu ne peux pas partir toute seule. Pas comme ça, et pas au beau milieu de la nuit.

– J’ai fait des choses bien plus dangereuses que ça…

– Oh pitié, ne joue pas les dures, c’est ridicule, pouffa Nilam en se levant d’un bond. Je crois que vous paniquez un peu trop. Louis ne va pas tarder à arriver, et on rira d’avoir eu peur.

– Nilam… Richards est peut-être mort, mais les Autres existent toujours, articula prudemment Allénore. Les Aurors ne les ont pas tous arrêtés et le visage de Louis…

– Oui, oui, on sait, il est beau à se damner, s’extasia Emmalee.

Allénore se tourna lentement vers la cousine de Scorpius, et la foudroya des yeux, avant de sourire. On aurait dit une folle. Sur le point de commettre un meurtre.

– Oh ça va ! Je ne fais qu’énoncer une vérité ! se défendit Emmalee.

– Le visage de Louis est connu des Autres. Sans parler de tous les trafiquants de créatures magiques qu’il a fichu en pétard au fil des ans…

– Alors quoi ? Tu penses que d’anciens membres des Autres s’en seraient pris à lui ? l’interrogea Scorpius.

– Eux ou des trafiquants, affirma Allénore. Qu’importe dans quel guêpier il a encore mis les pieds, je le sais : il est arrivé quelque chose à Louis.

Scorpius posa une main sur la poignée de la chambre d’hôtel et acquiesça :

– Allons-y dans ce cas…

Nilam passa la première et lorsque Emmalee s’apprêta à en faire de même, Scorpius l’arrêta d’un geste ferme :

– Quelqu’un doit rester ici si jamais Louis réapparaissait.

– Je serais ravie de l’accueillir, sourit Emmalee.

Elle évita de justesse l’un des colibri d’Allénore, les mains sur les hanches, et croisa les bras sur sa poitrine.

– Désolée Emmalee, s’excusa la polyglomage.

Elle ne semblait pas l’être tant que ça cette fois-ci…

– Si vous n’êtes pas tous rentrés ici sains et saufs, je repars tout de suite en Grande-Bretagne et je préviens les Aurors, promit Emmalee.

Allénore jeta à Scorpius sa baguette avant de sortir à son tour.

– Sois prudent Scorp’…, l’implora Emmalee. Je n’aime pas ça…

L’ancien Poufsouffle haussa les épaules et tapota celle de sa cousine :

– Bienvenue dans mon groupe de potes, Emma. Chaque jour est une nouvelle aventure… Et Rose a déjà oublié quatre fois l’un de ses manuels dans le frigo. Alors oui, c’est possible.

***

Pékin était l’une des plus belles villes que Scorpius avait eu la chance de visiter un jour. Interdit de quitter le sol britannique, Drago Malefoy n’avait jamais pu emmener son fils ailleurs qu’en Cornouailles, où sa famille possédait quelques terres. En devenant Briseur de sorts, Scorpius avait rattrapé le temps perdu et apaisé sa soif de découvrir le monde et de voyager.

Tout le monde savait que Scorpius Malefoy, n’était pas le plus grand fan de Louis Weasley qui soit. C’était sûrement même une très belle litote. Alors c’était bien par amitié pour Allénore, que Scorpius se gelait le bout du nez à chercher un petit con arrogant et imbu de sa personne. Si ça n’avait tenu qu’à lui, Scorpius aurait dit à Allénore qu’il y avait bien d’autres hippogriffes dans le ciel…

La place rouge s’étendait à perte de vue devant eux. La musique aux mélodies pentatoniques retentissait sur un rythme joyeux et entraînant. Les feux d’artifices et pétards multicolores explosaient partout dans la nuit noire. Ils formaient des dragons, des lotus et pétillaient jusqu’à mourir éteints. Il y avait de nombreux stands juste devant eux, où une sorcière vendait des brochettes de cœur de lotus caramélisées, un autre, des choux-mordeurs de Chine, encore un autre, des pierres précieuses et des gemmes aux pouvoirs magiques. Il y avait des joueurs de Mah-Jong sorciers, des jongleurs de cognards en plein milieu du marché et des cracheurs de phénix perchés sur certains toits…

Les piliers rouges, les tuiles de jades, les statues de tigres qui s’animaient chaque fois qu’un passant les regardaientt, les nœuds porte-bonheurs, qui se faisaient à l’infini, les bébés zouwus qui se chamaillaient dans la rue, les éventails que se lançaient les enfants et qui revenaient vers eux, les peintures de soie qui semblaient bouder les touristes qui les ignoraient… Scorpius adorait découvrir un autre monde que le sien.

Il se promit d’y emmener Rose, très prochainement.

Il était persuadé qu’elle adorerait…

Allénore tendit la main pour que ses origamis s’y posent. Elle tourna délicatement sa baguette et chuchota à leur attention :

Invenire !

Les animaux repartirent à toute allure, se frayant un chemin parmi la foule dense qui affrontait la nuit et le froid de la ville.

– Ils vont nous ramener Louis ? demanda Nilam.

– Non. Mais ils nous guideront peut-être au dernier endroit où il a été aperçu, au dernier objet qu’il aura touché ou à la dernière personne à qui il aura parlé.

– Faudra que tu m’apprennes ce sort, commenta son amie.

Scorpius remit la capuche d’Allénore sur sa tête, en interceptant quelques regards trop appuyés sur son amie.

– Je n’aime pas ça.

Cette phrase aurait pu être leur devise à tous à force…

Nilam partit un peu plus loin devant eux, devant un stand présentant plusieurs élixirs de transformation instantanées. Scorpius surveilla que la jeune femme ne se fasse pas arnaquer et la regarda placer dans la paume de l’homme ce qui lui sembla être, un juste prix. Nilam, toute contente, trottina jusqu’à eux, les mains pleines de fioles qu’elle rangea consciencieusement dans sa mallette de potionniste qui ne la quittait jamais. Elle réajusta la bandoulière et la passa sur ses épaules avant de défroisser sa cape, fait du même tissu que celle d’Allénore.

Rose avait la même.

Elles les avaient achetées ensemble, à Dominique. Si Nilam avait râlé au début, Scorpius et Albus l’avaient vue caressé l’étoffe et sourire en tournoyant sur elle-même pour faire voler le vêtement. Nilam, Rose et Allénore avaient acheté le même modèle de capes, comme ces filles dans ces vieux films… Et elles avaient adoré le faire.

– C’est fou c’est qu’ils inventent des potions marrantes, les chinois ! Celle-ci, par exemple, fit Nilam en sortant de sa mallette une fiole orangée, fait cracher du feu ! Et celle-ci, transforme celui qui la boit en souris !

– Merveilleux, Nilam… Absolument merveilleux, la félicita Scorpius avec un enthousiasme feint.

Ils évitèrent de justesse un cognard qui s’approchait trop près d’eux, quand Allénore réceptionna l’un de ses colibris qui s’agita dans tous les sens. Elle le refit s’envoler et le suivit un peu en-dehors de la place, Scorpius et Nilam sur les talons.

– Je ne vois rien, fit Nilam sans cacher sa déception.

Allénore était sur le point de se mettre à pleurer. Nilam n’en menait par large non plus. Scorpius, plus calme, habitué à se trouver face à des énigmes à résoudre, observa le paysage avec plus d’attention, le passant au peigne fin de ses yeux.

– Si. Par terre. Regardez ! les alerta Scorpius.

Il se pencha pour ramasser une tige couverte d’épines, d’une fleur dont tous les pétales étaient manquants. Les origamis d’Allénore, rendus comme fous en voyant le végétal, s’apaisèrent quand Scorpius le tendit à leur maîtresse.

– C’est une rose ?

– Il semblerait.

D’un geste souple et assuré, Scorpius lança un nouveau sortilège de traçage. Une poudre scintillante sortie de sa baguette et traça un chemin, menant à un pétale de rose bleu, à quelques pas de leur position. Allénore le ramassa en souriant tendrement.

– Une rose bleue. Il allait m’offrir une rose bleue…

Scopius leva les yeux au ciel devant l’air énamouré de sa meilleure-amie.

Bon ok… Au fond, très, très au fond de lui, il trouvait ça mignon. Très niais, mais très mignon.

– Une seule ? s’étonna Nilam. Quel radin !

Le blond approuva en silence.

– Il y a un autre pétale plus loin, remarqua-t-il. Weasley a dû les semer pour qu’on le retrouve.

– Je n’aime pas ça. Je n’aime pas ça du tout, marmonna Allénore.

Une devise…

– Grave, il a détruit la rose qu’il comptait t’offrir.

L’ironie de Nilam fit mouche. Elle glissa alors sa main dans celle d’Allénore, qui se laissa faire. Nilam n’était pas très douée en communication, pour autant, la dernière chose qu’elle souhaitait, était bien de blesser une personne qu’elle aimait.

– Louis est intelligent et doué. Je suis sûr qu’il va bien, tenta-t-elle de la rassurer.

– S’il a fait ça… S’il a semé des pétales comme un petit poucet, c’est qu’il se savait en danger et qu’il savait aussi qu’il ne pourrait pas s’enfuir et que son seul moyen de s’en sortir, serait d’être retrouvé.

– Suivons les pétales, commanda Scorpius.

 

Il n’aurait jamais pensé prononcer cette phrase un jour dans sa vie.

Enfin si.

Mais dans un autre contexte.

Et sûrement pas pour retrouver ce Weasley ci !

 

Scorpius lança plusieurs sortilèges derrière eux, pour s’assurer qu’ils ne seraient pas suivi et laissa ses deux amies longer le fil de poudre scintillante qui se dessinait à mesure qu’ils avançaient. Ils sortirent finalement de la partie de la ville la plus animée, pour se retrouver à déambuler dans le quartier pauvre de Pékin.

– C’est aussi charmant que l’Allée des Embrumes, siffla Scorpius.

Les colibris d’Allénore ramassaient les pétales en silence et repartaient à tire d’aile pour l’entourer. Les fennecs devenaient de plus en plus agités et battaient l’air de leurs queues.

– Mais qu’est-ce qu’il a encore fait…, gémit Allénore en soupirant.

Le dernier pétale ramassé, Scorpius baissa sa baguette sans trop savoir quoi faire ensuite. Nilam désigna une porte de laquelle s’échappait par l’interstice, une faible lumière. Sur la porte, les pictogrammes chinois et dorés se baladaient gaiement sur le bois pourri.

– 笑龙. Le dragon rieur. C’est un bar clandestin, commenta Allénore, les yeux plus lumineux. Main Rouge y faisait de nombreux trafics. Je l’y ai déjà rencontré. Il y a une fosse, au milieu de la salle… Des sorciers, des vampires, des elfes, des gobelins… beaucoup y descendent et peu en remontent. Il y a des épreuves et les gens du bar parient tous sur qui y survivra. L’adresse change tous les soirs…

– Tu as rencontré Main Rouge ? fit Scorpius effaré.

– Tu as déjà été dans un endroit où on envoie des gens se faire tuer ? l’interrogea Nilam en frissonnant.

– Une fois ou deux, marmonna Allénore.

Elle toqua fermement à la porte et un voile transparent laissa apparaître un œil gigantesque sans pupille, qui la détailla attentivement. Il cligna, émettant un bruit humide particulièrement dégoûtant. Allénore enleva sa capuche et affronta son regard, persuadée que sa double identité, que Mistinguette, lui permettrait d’entrer sans trop de difficulté. Lorsque le voile commença à s’effacer, Allénore y plongea la main et saisit l’œil sans grimacer :

– Sais-tu qui je suis ? siffla-t-elle méchamment. Si tu n’ouvres pas cette porte…

Elle relâcha l’œil, qui s’était considérablement humidifié, la pupille faisant d’étranges mouvements circulaires et aléatoires . Nilam intercala son pied entre la porte et son embrasure pour s’assurer qu’on ne la leur refermerait pas au nez, et s’engouffra dans le bar.

 

***

Les fumées multicolores du bar donnaient mal à la tête. Scorpius commençait déjà à tituber. Allénore se massait les tempes et Nilam regardait d’un air émerveillé les volutes scintillantes qui s’accrochaient à ses cheveux. Scorpius attrapa un verre et en but le contenu sans s’interroger plus que de raison. Il grimaça en sentant l’alcool dévaler le long de son œsophage. De la tequilala. Il allait chanter faux… Il avait la tequilala fausse, à défaut d’Albus, qui avait la tequilala juste et qui était capable d’entonner avec brio des airs d’opéra avec un talent certain. Scorpius appréciait le goût sucré de cet alcool. Rose aimait beaucoup et avec Albus et Allénore, ils étaient capable de terminer une demi-bouteille et de chanter jusqu’à pas d’heures…

– Ah non Scorpius ! La tequilala ne te réussit jamais ! Tu nous casses toujours les oreilles !

Nilam prit un verre à son tour. Une bulle géante sortie de sa bouche et éclata devant elle. Elle se retrouva trempée de la tête aux pieds. Sa robe en laine noire ne ressemblait plus à rien. Elle jura avant de se sécher.

Allénore avait les yeux partout.

Depuis la disparition de Louis, elle avait la sensation de vivre en apnée et d’attendre douloureusement la prochaine remontée jusqu’à la surface. Ses poumons allaient exploser. Elle s’accrocha mécaniquement au bras de Scorpius, pour ne pas sombrer. Elle n’était pas sûre d’être capable de le faire. De rester ici. De leur montrer cet aspect de sa vie. Cette facette de sa personnalité.

Lorsqu’ils étaient entrés dans le bar, elle avait enlevé sa cape, s’était redressée et avait enfilé le masque de criminelle qu’elle avait porté pendant deux ans.

Revenir dans un endroit comme celui-ci, signifiait renfiler le costume de Mistinguette, redevenir la fille de Richards qui marchandait quelques pauvres créatures magiques contre la vie sauve. Elle fit glisser ses doigts sur les fines lettres gravées dans sa peau, qui écrivaient son pseudonyme. Scorpius, surpris, laissa Allénore s’appuyer sur lui sans rien dire. Il la sentait fébrile et tremblante.

La polyglomage ferma les yeux un instant, pour ne pas perdre pieds. Cela faisait plus de six mois qu’elle était rentrée en Grande-Bretagne et que sa vie avait retrouvé un semblant de normalité. Elle s’était réinstallée dans sa chambre, à la colocation. Rose, Albus et Scorpius l’avaient aidé à refaire toute la décoration. Ils avaient même changé les meubles et modifié la couleur des murs. Ils avaient compris que plus rien ne serait comme avant, et qu’ils allaient tous devoir aller de l’avant. L’important, était qu’ils étaient tous réunis et enfin ensemble. Louis était resté à l’écart, par obligation car il avait dû suivre les premiers cours de formation à la dragonologie en Roumanie, mais aussi volontairement, pour laisser le temps à Allénore et ses amis de reprendre leurs marques. Si le manque s’était installé en elle lorsqu’il lui avait annoncé qu’il ne rentrerait pas avant le mois prochain, elle l’avait finalement remercié quelques semaines après, consciente que ses amis et elle, avaient eu besoin de ce temps entre eux pour pleinement se retrouver.

Louis manquait à Allénore dès qu’elle ne le voyait plus. Ce n’était pas une question de temps. C’était une question de distance.

Il y avait encore tant de non-dits et de silences entre Rose, Albus, Scorpius, Nilam et elle. Allénore avait dû s’adapter à toutes les nouveautés, à savoir l’amitié nouvelle d’Emmalee et Scorpius, le fait que Louis vivait désormais en colocation avec James, devenu Auror et qui y invitait régulièrement Citlali Tucker, sa petite-amie… Contenir Gribouille, son chat, et Roméo, le rat de Citlali, avait été un nouveau défi. Allénore avait dû apprendre à marcher dans les rues du Chemin de Traverse la tête en haute, en ignorant les regards pesants sur elle et les insultes des sorciers blessés par les actions des Autres. Tout le monde savait qu’elle était une espionne. Mais tout le monde savait aussi qu’elle était la fille du criminel qui les avait fait souffrir et qui avait mis en péril le secret magique.

Allénore s’était réinscrite à l’École des Enchantements et Sortilèges Supérieurs. Elle avait pris sa place en tant que consultante diplomate pour le Ministère de la magie, qui lui versait une pension assez généreuse pour ses services. Elle avait commencé à apprendre à maîtriser ses dons de polyglomage. Elle avait veillé sur Tommy. Elle avait évité sa famille.

Un pas après l’autre…

Et là, dans ce bar, Allénore reculait.

Elle replongeait dans un monde de débauches, de crimes, de délits et de crasse.

Mille émotions vinrent chuchoter à son oreille. L’homme accoudé au bar avait peur. La femme à la table de billard, avait envie de sexe. Le petit blond, assis au milieu de grands barbus, était en train de fomenter un mauvais coup. L’une des serveuses, une toute petite femme aux cheveux verts et aux yeux bleu, était inquiète et soucieuse. Son collègue, lui, était joyeux et léger. Allénore concentra ses forces sur Scorpius, troublé par ses réactions et son silence, et sur Nilam, tendue mais curieuse.

– Allénore… Tout va bien ?

Elle hocha la tête et offrit un sourire forcé à Scorpius.

— Tu mens…

— Pardon.

Il y avait trop d’émotions ici.

Les hommes qui jouaient aux cartes pour s’échanger des botrucs. Ce groupe d’amis qui volaient dans les poches de tout ceux qui s’approchaient d’un peu trop près… Et puis, il y avait cette rousse, qui tenait dans le creux de sa main, des pilules jaune canaris.

Du conscidisti.

Le fantôme de Han Derrick soufflait à son oreille.

« Crois-tu qu’elle s’en sortira, même si vous gagnez ? Crois-tu qu’elle se remettra de son addiction au conscidisti ? ».

Parfois, elle avait peur que non. Elle avait peur qu’il ait raison.

– Woah…

Nilam avait la bouche grande ouverte face au trou béant qui était creusé à même le sol.

– C’est une arène…

– Quel intérêt si on ne voit pas les combats ?

– Le frisson. Le pari. Les gens n’ont connaissance de ce qu’il y a au fond du trou qu’au moment où le ou les combattants du jour ont été descendus …, expliqua Allénore. Eux-mêmes ne savent pas ce qu’ils vont affronter.

Une arche traversait la fosse, de laquelle pendait dans le vide abyssal une corde. Nilam s’approcha, Allénore sur les talons, et lorsque la potionniste se pencha au-dessus de la fosse, qui n’était délimitée par aucune barrière ou protection qui auraient pu empêcher les maladroits de mourir dans l’obscurité sans fin de ce trou, elle en eut quelques vertiges.

Un bruit d’explosion venu d’en-bas les fit sursauter. Les murs se mirent à trembler mais imperturbables, les clients du bar continuaient de rire, de parier et de s’amuser. Lorsque de la fumée s’échappa du trou, ils s’arrêtèrent un instant. Nilam recula et un cri bestial déchira le nouveau silence.

– Oh, le nundu a dû avoir ce pauvre gobelin, va ! s’écria quelqu’un.

Il y eut quelques applaudissements, quelques mines réjouies, quelques mains soudainement pleines d’or et de pièces, mais aussi quelques larmes et visages attristés.

– Un gobelin vient de mourir et…

– Main Rouge a popularisé les combats abyssaux, répondit Allénore en le regardant avec tristesse. C’est comme ça que ça s’appelle…

– Est-ce que tu …

Scorpius se tut sans terminer sa question. Est-ce qu’Allénore avait participé à ce genre de combats ? Pour prouver aux Autres qu’ils pouvaient lui faire confiance ? Pour se faire des contacts ?

– Les épreuves et les créatures présentes au fond du trou changent tous les soirs. Parfois, il y a des sirènes et des strangulots. L’eau déborde de l’abysse. D’autres fois, ce sont des détraqueurs. Le seul moyen de remonter, est par cette corde, désigna Allénore. C’est le tenancier qui la remonte, une fois que la cloche de la victoire sonne… En deux ans et quatre-vingt soirées passées ici, je ne l’ai entendue que quatre fois …

– QUI A DU CONSCIDISTI ? hurla une voix désespérée dans le bar, faisant se soulever une vague de rires.

Scorpius serra la main d’Allénore et l’obligea à le regarder, alors qu’elle avait baissé la tête, honteuse des souvenirs de son sevrage qui l’assaillaient.

Derrière l’épaule de Scorpius, elle revit cette petite serveuse aux cheveux verts, qui ne la lâchait pas des yeux.

Son visage lui disait quelque chose…

– La serveuse, là…, se reprit Allénore. Elle est anormalement préoccupée. Elle me regarde étrangement… Je crois que nous pourrions l’interroger.

Ses colibris et fennecs, surexcités, volaient tout autour d’elle, prêts à attaquer.

– Ça ne sera pas nécessaire, indiqua Nilam en pointant du doigt le fond du bar. Cet idiot était en train de se saouler depuis le début…

Allénore tourna la tête et son cœur rata un battement lorsqu’elle aperçu Louis, bien portant et sur ses deux jambes. Il était assis entre deux femmes qui gloussaient et dont il avait enveloppé les épaules de ses bras. Il riait à gorge déployée.

Un sourire se mit à naître sur son visage, comme chaque fois qu’elle voyait Louis.

Mais sa mine réjouie se fana rapidement.

Elle fronça les sourcils.

Quelque chose n’allait pas.

Louis ne ferait jamais ça.

Il ne lui ferait jamais ça.

Il ne serait jamais allé au bar clandestin du coin. Pas sans la prévenir.

Et il n’agirait pas ainsi. Certes, il était aussi taquin que câlin, mais la façon dont il tripotait ces deux femmes… Ce n’était pas Louis. Il ne ferait jamais ça à Allénore…

Quelque chose n’allait pas.

– Je vais le tuer, grogna Scorpius.

Allénore l’arrêta d’une main ferme. D’un sortilège informulé, elle ordonna à ses oiseaux d’aller vérifier l’identité de cette personne. Le premier colibri qui revint à elle, lui confirma qu’il s’agissait bien de Louis.

Ses doigts se crispèrent davantage sur sa baguette.

– Je n’arrive pas à y croire.

– Polynectar ? supposa Nilam.

– On va vite le découvrir, grommela Allénore en s’avançant.

Elle marcha d’un pas pressé jusqu’à Louis, qui immédiatement, avala sa gorgée de travers et repoussa précipitamment les deux femmes à ses côtés.

– Nore ! Je suis désolé, j’ai complètement…

Il savait qui elle était, et assez bien pour utiliser le surnom que Louis attribuait à Allénore lorsqu’ils étaient tous les deux.

Seulement et uniquement lorsqu’ils n’étaient que tous les deux.

– Oublié que t’existais ? T’es aussi débile qu’un véracrasse ma parole ! s’emporta Scorpius.

– Les veracrasses sont des créatures bien plus malignes qu’il n’y paraît, les défendit Louis avec conviction.

Le froncement de sourcils d’Allénore s’était accentué au point qu’il creusait son front d’un pli disgracieux. Elle fit aller ses fennecs de papier jusqu’à Louis, qui se frottèrent à sa joue, signe qu’ils le reconnaissaient. Louis et Allénore avaient fabriqué ces origamis ensemble … Elle prit le verre de Louis et le renifla, avant de le tendre à Nilam.

– Ce n’est que de l’alcool, All.

La potionniste le goûta en se pinçant le nez.

– Du mauvais alcool. Mais il n’y a ni drogue ni potion dans ce verre.

Allénore rappela ses origamis près d’elle et poussa l’une des filles, pour se faire une place entre Louis et elle, muée d’un instinct primaire qu’elle détesta.

Louis était son copain.

– Qu’est-ce qui t’a pris, bon sang ! Nous étions morts d’inquiétude ! le gronda Scorpius.

– Oh du calme Malefoy ! Je n’ai pas de compte à te rendre.

Le magizoologiste effleura l’une des tempes d’Allénore de ses lèvres qui restait de glace alors qu’elle savait, qu’elle aurait dû fondre de bonheur.

Elle, elle l’observait avec attention, cherchant le moindre détail qui lui permettrait de démasquer l’imposteur.

Le tatouage derrière son oreille était bien là. Le grain de beauté à la lisière e ses cheveux, juste à droite, était bien présent.

Lorsqu’il l’embrassa, elle se laissa mollement faire mais rompit rapidement leur baiser. Il la regarda, surpris, avec une expression qu’elle connaissait par cœur, en tout point fidèle à celle qu’il lui aurait habituellement faite dans les mêmes circonstances.

Allénore en avait l’intime conviction.

Cet homme n’était pas Louis.

– Je me suis inquiétée.

– Pardon, Nore… Je suis vraiment désolé, s’excusa-t-il.

Allénore intercepta son regard, posé sur la tige pleine d’épines que tenait Louis, et les pétales de rose bleus que les colibris de papier tenaient entre leurs pattes. La serveuse de tout à l’heure leur tournait autour et lançait des coups d’œil insistant envers Allénore. Trouvant un prétexte pour la faire venir, Allénore l’appela pour commander de quoi manger. Nilam et Scorpius prirent deux chaises et s’installèrent en face de Louis, qui ne semblait pas décidé à bouger d’ici. Allénore sortit de la poche arrière du jean de Louis, sa baguette :

– Tu sais ce que ta mère dit à propos des gens qui laissent leur baguette à cet endroit ?

Le coeur d’Allénore était alarmé : comment cette personne avait-elle pu se procurer la baguette de Louis ?

Parce qu’il s’agissait bien d’elle.

Allénore reconnaissait la tache de café présente sur le manche.

– Qu’ils sont des inconscients et qu’ils mériteraient d’y perdre l’une de leurs deux fesses, répondit-il en reprenant sa baguette.

Comment cette personne pouvait-elle savoir autant de choses sur Louis et lui ressembler autant ?

Rien ne trahissait l’imposteur.

Lorsque la serveuse revient avec une assiette de soupe locale sorcière, dans laquelle baignait deux fleurs de lotus qui sifflaient un air joyeux, elle fut vite rappelée par son patron. Allénore n’eut pas le temps de lui dire quoi que ce soit… Elle prit une cuillère anormalement trop grande et l’amena au niveau de son visage. Elle commença à manger sa soupe, tout en cherchant un nouveau prétexte pour parler à la serveuse en toute discrétion. Elle ne voulait pas éveiller les soupçons de qui que ce soit et aurait mis sa main à couper qu’elle était observée.

Nilam ne disait rien. Scorpius était à deux doigts de sauter à la gorge de Louis. Et Louis, lui… Il lui chuchotait des mots, des phrases si… parfaitement Louisesque… qu’Allénore commençait à douter de son instinct et de sa propre intuition. Elle était sur le point de terminer sa soupe, lorsqu’elle leva de nouveau la cuillère à hauteur de son visage. Elle s’arrêta sur son reflet et sursauta lorsque Louis entortilla l’une de ses mèches autour de ses doigts.

Louis n’avait pas de reflet.

Elle n’eut pas le temps de réagir.

Un éclat pourpre s’abattit à leur table et muée d’un réflexe qui la quitterait plus jamais, elle planta le manche de sa cuillère dans la cuisse de l’imposteur, qui hurla à s’en éclater la voix. Elle se jeta sous la table, après l’avoir paralysé et se retrouva nez-à-nez avec Scorpius et Nilam, qui l’avaient imité en se réfugiant sous la table.

Ils étaient tout un groupe, à leur dire de sortir de leur cachette et à les attaquer.

— Bordel…, maugréa Nilam.

— Certains Autres sont sûrement ici, comprit Allénore. C’était un repère pour eux.

Scorpius fit pousser du sol d’immenses lianes qui vinrent emprisonner leurs assaillants. Nilam examina le terrain et son regard s’illumina. Elle pointa sa baguette sur le verre à pied qu’une femme tenait dans ses mains et sortit l’une des fioles de potions qu’elle avait acheté au marché :

Reposita !

Lorsque la femme trempa ses lèvres dans sa boisson, Nilam sourit machiavéliquement.

– Chaud devant !

Sa pauvre victime se mit à cracher d’immenses flammes qui leur donnèrent quelques secondes de diversion et de répit. Nilam en profita pour désarmer quelques sorciers et remplacer d’autres boissons. Bientôt, le bar ne fut remplis plus que de souris, de cracheurs de feu, de bulles, ou de crapauds. Scorpius avait fait prisonniers plusieurs attaquants, qui se débattaient les pieds empêtrés dans ses lianes. Il les libéra et d’un claquement doigt, les fit tomber à terre. Son sort de gravité fonctionna un peu trop bien et Allénore sentit son corps se plaquer un peu trop vers le sol. Scorpius en reprit la maîtrise et l’aida à se relever.

La table derrière laquelle ils s’étaient réfugiés, explosa devant eux. Allénore, plus rapide, lança un protego avant de multiplier ses origamis. Ils blanchirent l’espace, serrés en rangs bien droit et alignés, battant de leurs ailes rapides ou jappant, attendant l’ordre de leur maîtresse. Lorsqu’Allénore lança l’assaut, les créatures de papier fendirent les airs et coupèrent profondément plusieurs joues, bras et jambes, avant de se planter férocement dans les peaux de ses ennemis. Elle les changea de matière, les faisant devenir tantôt de métal, tantôt d’eau, de feu ou d’air. Insaisissables et rapides, les origamis d’Allénore se battaient intelligemment, suivant chaque indications mentales de leur créatrice. Scorpius fit s’abattre un coup de poing bien maîtrisé à un homme qui s’approchait un peu trop près.

– Il faut qu’on sorte d’ici, fit Nilam. Je n’ai bientôt plus de potions et je ne sais pas combien de temps elles feront effet.

Elle en jeta une devant devant eux et une immense vague bleue et collante se mit à gonfler. Pris dans la substance visqueuse, il était impossible de bouger ne serait-ce qu’un doigt de pied.

– Albus est une catastrophe en potion… Mais celle-ci est sa création.

— Severus Rogue doit s’en retourner dans sa tombe, plaisanta Scorpius.

— Il voulait faire un philtre pour faire pousser les plantes. Je lui ai proposé de la lui faire mais sa petite fierté potterienne a pris le dessus…

– Une chance qu’il n’ait jamais arrosé celles de Rose avec cette chose ! ricana Scorpius.

– On ne va pas tenir très longtemps, s’alarma Allénore. Ils ont sûrement verrouillé toutes les issues.

Scorpius contre-attaqua et répondit :

– Je peux faire sauter les sorts de …

– On ne peut pas partir sans savoir ce qui est arrivé à Louis !

– Scorpius, fait sauter ces putains de verrous ! hurla Nilam.

Une explosion les fit taire et l’imposteur qui avait l’apparence de Louis, se mit à hurler à l’aide. Allénore lui arracha sa baguette et s’en servit pour dégager ses cheveux qui gênaient sa vue pour se faire un chignon. Il était hors de question que cette personne garde plus longtemps sur elle la baguette de Louis ! Avec Scorpius, ils se regardèrent d’un commun accord et leurs baguettes tendues vers le ciel, lancèrent le même sort :

Morabor !

Nilam se joignit à eux, et toutes les personnes – et animaux – se mirent à avancer au ralenti. Scorpius s’attacha à en désarmer le plus possible, alors qu’Allénore avait un pied enfoncé dans la poitrine de Louis, et le relevait en le tenant par le col :

– Qui es-tu ?

– Nore… Voyons, c’est moi !

– Louis ne m’appelle « Nore » que lorsque nous sommes tous les deux. Alors je te le demande une dernière fois : qui es-tu ?

– Louis Weasley.

– Bon j’en ai ras le chapeau pointu, pince lui le nez, All ! ordonna Nilam.

La potionniste sortit de son sac une nouvelle fiole qu’elle déboucha rapidement. Elle força Louis a ouvrir la bouche et la referma pour le forcer à avaler son contenu.

– Qui es-tu ? redemanda Nilam.

– Louis Weasley.

La prise d’Allénore se relâcha.

– C’est du veritasserum, All. Il dit la vérité…

– Ce n’est pas possible. Ce n’est pas Louis…, bredouilla Allénore. Fais-moi confiance…

Nilam faisait confiance à Allénore. Elle l’aurait suivie jusqu’au bout du monde.

Mais seulement parce qu’on s’éclatait toujours avec une fille à problèmes comme Allénore.

– Où est le vrai Louis Weasley ? insista Nilam.

– Sous-sol, troisième porte à gauche au bout du couloir.

Allénore soupira de soulagement.

Son intuition avait été la bonne.

– Comment accède-t-on au sous-sol ?

Le faux Louis avala sa salive avec peine, se débattit un instant et pointa finalement du doigt une porte dans leur dos.

Allénore le jeta à terre et reprit sa grande cuillère, toujours fichée dans la cuisse de Louis. Elle fit sortir des chaînes de sa baguette et obligea Louis à se relever.

– Je ne vais pas pouvoir maintenir le sort bien longtemps, gémit Scorpius.

Nilam se précipita pour lui prêter main forte, alors qu’Allénore guidait le faux Louis jusqu’à la porte de service qui menait au sous-sol. Allénore plongea le bar dans une nuit noire et obscure, après fait éclater toutes les ampoules et sources de lumières de la pièce, avant de lancer un sortilège de vision nocturne à ses amis. Elle fit signe à Nilam et Scorpius de la rejoindre et écarquilla les yeux lorsque l’ancienne Serdaigle sortit de son sac la cape d’invisibilité des Potter.

– Non mais je rêve ! Tu l’as volée à Albus ! s’exclama Scorpius.

– Oh ça va ! Ce qui est à lui et à moi aussi.

– On dit ça après le mariage…, nota Allénore.

– Oui bah il sera bien content de savoir que je l’ai empruntée quand je rentrerai à la maison avec tous mes membres.

– On ne tiendra jamais à quatre en-dessous…, fit remarquer Allénore.

La faux Louis recommença à hurler et elle le fit rapidement taire en se servant de sa baguette.

– C’est pour ça que vous allez me faire un plaisir de boire cette connerie ! sourit Nilam en lançant deux fioles à ses amis.

Ils échangèrent un regard sceptiques, et entendirent des bruits qui attestaient du fait que les personnes présentes dans le bar recommençaient à bouger. Allénore jeta quatre nouveaux sorts après avoir rappelé ses origamis : quatre illusions parfaites, quatre corps semblables aux leurs, qui serviraient de distraction et qui avaient pour commandement de s’échapper au plus vite. Scorpius déglutit bruyamment et Allénore et lui, burent le contenu des fioles sans perdre de temps. Ils se sentirent rapetisser et Nilam devenue géante, les prit dans sa main pour les positionner sur ses épaules. Elle les drapa, eux et le faux Louis, de la cape d’invisibilité des Potter.

A leur grande surprise, leur plan plus que bancal fonctionna. Les lumos lancés par leurs assaillants n’étaient pas assez forts pour bien éclairer la pièce, toujours plongée dans le noir. Les illusions d’Allénore filèrent droit vers les portes déverrouillées par Scorpius. Quand la moitié des clients et trafiquants du bar se mirent à les suivre, les trois compères se mirent à respirer plus normalement. Nilam souleva le corps de Louis d’un levicorpus et elle leur fit emprunter la porte dans leur dos, qui conduisait au sous-sol. Elle la referma derrière eux et prit soin d’insonoriser la pièce et de lancer un collaporta. Elle déboucha une nouvelle fiole qu’elle porta aux museaux des souris perchées sur ses épaules et hurla de les sentir prendre du poids à toute vitesse. Ils tombèrent tous à la renverse dans le long escalier jusqu’à atterrir les uns sur les autres en bas, le dos endoloris et les jambes toutes emmêlées.

– Je crois que je me suis cassé le nez, geignit Scorpius.

– Attends, tu saignes, le soigna Allénore en lançant un sort de guérison.

– J’aurais dû vous poser à terre avant de vous donner l’antidote…, grimaça en se relevant péniblement. Heureusement que Louis était là pour amortir ma chute…

Ils se regardèrent tous les trois.

L’adrénaline retomba d’un coup.

Et ils éclatèrent de rire.

***

Leurs trois baguettes dans le dos du faux Louis, Nilam, Allénore et Scorpius avançaient depuis plusieurs minutes dans le long couloir, attendant impatiemment la troisième porte à gauche… Ils désespéraient même de trouver la première.

– Bon, tu t’es fichu de nous c’est ça ? s’agaça Nilam.

– Peut-être bien ! répondit l’imposteur.

Nilam jeta un regard alarmé à ses amis.

– Ce n’est pas normal… Le veritaserum devrait continuer à faire effet. Il ne devrait pas mentir. Une telle résistance n’est pas… normale.

Guidés à la lumière de leurs baguettes, ils continuèrent d’avancer jusqu’à ce que Scorpius les arrête. Ils n’auraient pas dû mettre tant de temps à trouver cette maudite porte…

Revelatio Totalum !

Le fond du couloir se mit à avancer jusqu’à eux, sans s’arrêter. Scorpius prit ses deux amies par la main et les poussa brutalement loin du mur qui se rétractait sur eux. Attrapant le faux Louis par la veste, il le jeta au loin à son tour avant de lever son sort. La poussière dégagée et soulevée par les murs qui s’étaient mis à bouger les firent tousser de concert. Le couloir reprit son apparence initiale.

Exitus !

Quelques portes se dessinèrent à gauche, mais seulement trois à droite. Allénore fut la première à ouvrir celle qu’ils cherchaient et se retrouva nez-à-nez avec des caissons en bois empilés les uns sur les autres.

– Louis ?

Le silence lui répondit. Scorpius lança plusieurs sortilèges et brisa quelques sorts de camouflages qui firent apparaître des caisses supplémentaires, qui bougeaient et grondaient.

– Il y a quoi dedans ?

– Quelque chose de très en colère, répondit Nilam en frissonnant.

Patefactio ! marmonna Allénore.

Le bois du caisson devint transparent et leur permit de voir à l’intérieur quelques dizaines de focifières. Elle répéta le sort sur plusieurs caisses. Nombreuses d’entre elles contenaient des miroirs, des objets moldus qui paraissaient inoffensifs. D’autres, étaient remplies de botrucs, de nifleurs, ou d’œufs sur le point d’éclore …

– Louis est peut-être à l’intérieur de l’un d’eux…

– Je n’ai pas d’autre veritaserum sur moi, je suis désolée Allénore, s’excusa Nilam. Je doute que cette… créature nous révèle quoique ce soit.

Allénore soupira. Elle avait déjà commandé à ses origamis de retrouver Louis, mais ces-derniers restaient collés à l’imposteur qui secouait la tête dans tous les sens pour s’en débarrasser. L’un des caissons se mit subitement à bouger et le couvercle se souleva.

L’homme coiffé d’un chapeau de cow-boy qui en sortit se retrouva nez-à-nez avec trois sorciers passablement énervés et à bout de nerf.

– Woah woah ! Du calme…, fit-il en levant les mains.

– Un américain, commenta Nilam en grimaçant.

– Où retenez-vous vos prisonniers ? l’interrogea Allénore.

– Nos prisonniers ? Mais ma jolie, on n’a pas de prisonnier ici. Rien d’aussi illégal.

– Oh non, jamais que des créatures magiques que vous devez vendre sur le marché noir…, cracha Scorpius.

– A qui sont destinés ces caisses ? Où doivent-elles aller ? reprit fermement Allénore en pointant sa baguette sur le sorcier.

– Je serais bien inconscient de vous répondre…

L’homme sortit prudemment de la caisse, enjambant lentement les parois. Sa moustache en « u » au-dessus de sa minuscule bouche pleine de suie, il épousseta sa robe avec cérémonie :

– Je vous connais… , murmura-t-il en examinant le visage d’Allénore. Vous êtes … une amie de Main Rouge.

Le masque d’impassibilité d’Allénore manqua de s’effondrer. Elle reprit contenance en hochant simplement la tête. Le nom de Main Rouge était resté célèbre dans le milieu des trafiquants de créatures magiques. Il les protégerait. Cet abruti de Jed le lui devait bien…

Cet homme semblait sortir d’un autre monde et ne pas être au courant des dernières actualités.

– Ça fait combien de temps que vous…

– J’ai été missionné dans les hautes montagnes japonaises en début d’années. Coupé de toute magie, à la recherche de créatures magiques assez rares que je viens de ramener. Main Rouge sera sûrement ravi que je lui offre quelques spécimens.

Allénore abaissa sa baguette.

– Je suis Main Rouge, se présenta-t-elle.

Le mensonge était gros. Très gros. Mais Allénore tendit le poignet, fit remonter ses bracelets et d’un coup de baguette, montra le sceau magique que seuls les membres de l’ancien réseau créée et dirigé par Main Rouge portaient. Elle l’activa de sa baguette et le montra, en retenant ses tremblements.

Les voix de Han, d’Ombrage, d’Alexeï et de son père remontaient dans sa tête.

Noanne chantait. Polly la grondait. Jia Li riait.

Et Allénore redevenait Mistinguette.

Une menteuse.

« Tu sais qu’elle sera toujours habitée par ses démons ? Qu’elle n’ira jamais bien ? ».

Han Derrick avait prononcé ces mots à Louis, la nuit où il était mort. Et Allénore n’avait jamais oublié ces questions, qui tournaient en rond dans sa tête.

Tout impressionné, le sorcier s’inclina poliment.

Nilam eut la nausée.

Scorpius sentit son cœur tourner au plomb et devenir trop lourd.

Allénore pointa du doigt l’imposteur que ses amis tenaient.

– On cherche cet homme, bredouilla-t-elle sans trop savoir comment s’expliquer.

– Il est droit où pointe votre doigt, sourcilla le sorcier.

– Ce n’est pas vraiment lui. Je cherche le vrai.

– Aaaah je vois… C’est un ungaikyō !

Le faux Louis commença à s’agiter.

– Un ungaikyō ? demanda Nilam.

– C’est une créature magique japonaise très rare qui vit dans les miroirs…, expliqua Allénore. On raconte que l’espèce est presque éteinte. Elle est… malfaisante au possible et très puissante. On ne les détecte seulement parce qu’elle n’a pas de reflet.

Le sorcier enleva son chapeau et s’avança dans un coin de la pièce.

– J’en ai ramené un, hier. Tenez, il est juste là.

Ils tournèrent tous les trois la tête par réflexe pour découvrir un grand miroir rond et sertie de pierres précieuses.

– Ne regardez pas ce miroir, les prévint Allénore. Si vous croisez directement les yeux d’un ungaikyō il vous possédera et enfermera votre essence dans le miroir qui le retient.

– Si votre ami s’est fait prendre par un ungaikyō, il n’y a pas de danger. Les ungaikyō ne peuvent posséder qu’une personne que tous les cent ans. Il pourra vous influencer à la limite... Faites simplement en sorte que l’ungaikyō se regarde dans le miroir, commanda le sorcier en coupant Allénore.

Scorpius posa sa main sur la nuque du faux Louis et le força à se planter devant le miroir. Toujours enchaîné grâce au sort d’Allénore, la créature magique se débattit avec force. Allénore fixait le miroir en attendant un miracle. Elle sourit.

Comme dessiné à l’arrière-plan d’un immense néant, Louis Weasley, piégé à l’intérieur du miroir, semblait dormir paisiblement.

Finalement, la surface solide du miroir se mit à ondoyer et un souffle argenté en sortit, aspirant l’air autour d’eux. Le corps de Louis cessa de se débattre et se ramollit. Il tomba en arrière et Scorpius le rattrapa juste avant qu’il ne tombe.

Allénore lui en aurait voulu de le laisser s’éclater sa petite gueule de faux ange sur le sol crasseux…

Dans le miroir, la créature de nouveau enfermée grondait et tapait son front contre la surface de verre. Ses grandes dents acérées prenaient toute la largeur de l’objet et ses yeux noirs, sans fond, étaient terrifiants.

Allénore s’accroupit à hauteur de Louis et lui caressa la joue.

– Bon… Maintenant… Si vous n’y voyez pas d’inconvénient, je vais prendre congé…, marmonna le sorcier.

Scorpius n’eut pas le temps d’agir. Le sorcier descella d’un sortilège informulé le caisson le plus proche et prit la fuite en prenant soin de fermer la porte derrière lui.

Le blond fit immédiatement face à son double, habillé en clown, et trébuchant tous les deux pas.

Riddikulus !

Le nez du clown grossit au point d’éclater et Scorpius le renvoya dans le caisson avant de se tourner vers Nilam, qui faisait face à une adolescente, nue, simplement habillée de tennis rose fushia. Complètement paralysée, Nilam tenait sa baguette devant elle sans rien dire.

Cora Hennings. La fille qui avait été violée et tuée sous ses yeux, lorsque Nilam était dans l’arène des Autres.

Nilam avait envie de s’arracher les yeux.

– NILAM !

La jeune femme se reprit et lança son riddikulus sur l’un des épouvantards alors que Scorpius s’occupait de l’autre.

Allénore était blanche. Il y avait un troisième épouvantard, attaqué par les origamis en forme de colibri et de fennec.

Son épouvantard avait changé. Ce n’était plus une immense pièce noire où elle était isolée de tout.

C’était une personne.

Un humain. Un visage connu qu’Allénore voyait dans ses cauchemars. Un visage qui lui donnait envie de ne plus rien ressentir, qui lui broyait le cœur et l’immobilisait de frayeur ; Un visage qu’elle se forçait à ne jamais oublier, parce qu’il était en partie responsable de nombreuses de ses angoisses…

« Tu sais qu’elle sera toujours habitée par ses démons ? Qu’elle n’ira jamais bien ? ».

Han Derrick était en face d’elle et allait tuer Louis.

Riddikulus !

Nilam venait de neutraliser et d’enfermer le dernier épouvantard.

Allénore, assise à même le sol, retenait ses larmes. Ses colibris revinrent à elle. Nilam ramassa le chapeau de cow-boy que le trafiquant avait laissé tomber en prenant la fuite.

Louis Weasley reprit conscience avec un Scorpius Malefoy en sueur à sa droite, une Nilam pâle comme la mort et en train de s’admirer avec son nouveau chapeau dans le miroir de l’ ungaikyō à sa droite, et une Allénore tremblante. Il lui offrit un sourire un peu faible qui alerta immédiatement la polyglomage. Alors, il prit sa main dans la sienne, l’air de dire « J’arrive, promis. Dès que ma tête aura arrêté de tourner et les étoiles de danser ! ». Allénore dégagea son front de quelques mèches blonde et hocha la tête, simplement heureuse de le voir relativement bien-portant.

– J’ai l’impression qu’une armée de sombrals m’a piétinée …, gémit-il après quelques instants.

Allénore lui sauta dans les bras et le serra contre elle. Il étouffa un cri en sentant sa cuisse lui faire anormalement trop mal. Il l’examina par-dessus l’épaule d’Allénore et y découvrit une plaie encore sanguinolente qui avait transpercé son jean.

– Désolée, s’excusa Allénore. Je t’ai planté une cuillère dans la cuisse.

– Je te pardonne, sourit-il.

— Qu’est-ce qu’il s’est passé ? lui demanda Allénore.

Scorpius aida Louis à se relever :

– J’ai suivi ce groupe d’hommes, qui se vantait de faire une grosse transaction et de vendre des œufs de Pansedefer-Ukrainien. Alors…

– Tu les as espionné et tu t’es fait prendre comme un abruti ?

– Non. Je me suis infiltré et j’étais pas loin de reprendre les cargaisons avant de croiser le regard d’un ungaikyō. J’ai à peine eu le temps de détourner les yeux que j’étais piégé…

Nilam le coiffa de son chapeau avec un sourire :

– Allez princesse ! Maintenant qu’on t’a sauvé, on peut rentrer. Tu nous expliqueras tout ça plus en détail quand on sera à l’hôtel.

– Je trouve que ça me va bien, commenta Louis en admirant son reflet.

– Je trouve aussi, sourit Allénore.

– Tu m’as manqué, évidemment. Mais je suis particulièrement heureux de te voir. Plus que d’habitude, j’entends.

Il passa une main dans son chignon pour reprendre sa baguette magique et déposa ses lèvres sur les siennes.

Là, Allénore fondit de bonheur.

Elle l’épaula pour l’aider à avancer et Nilam sortit de sa mallette une nouvelle fiole :

– Allez les souris, sortons d’ici.

– Et pourquoi ce serait à nous de nous transformer et à toi de nous faire sortir ? se plaignit Scorpius.

– Parce que c’est moi qui ai la cape d’invisibilité. Celui qui a la cape, décide. C’est la règle, c’est comme ça !

– Tu fais chier Nilam…

– Allez mon petit rat ! Avale ! fit jovialement Nilam en lui tendant la fiole.

Allénore riait légèrement.

Elle s’arrêta bien vite.

Dans l’une des caisses rendue transparente par l’un de ses sorts, le visage de Han Derrick lui faisait face et lui souriait avec malice.

Il lui fit un clin d’œil et Allénore cilla, pourtant figée de terreur.

Lorsqu’elle rouvrit les yeux, Han Derrick avait disparu.

– Partons d’ici. Immédiatement, exigea-t-elle froidement.

Ils s’exécutèrent sans poser de questions, et quittèrent le bar clandestin rapidement. La pagaille qui y régnait toujours permit à Nilam de se glisser parmi les nombreux clients, avec trois souris sur les épaules, drapée dans la cape d’invisibilité des Potter.

– Sacrée expérience…, marmonna-t-elle avant de refermer la porte de bois pourri derrière elle.

 

 

Note de fin de chapitre :

When you go sailing, take good care
I know that you'll find what you need out there
Even the bravest of hearts they get scared
They get scared

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rachel Aimy, pinterest

 

 

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